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17/03/2008

Quand le créateur songe à sacrifier sa créature

Depuis quelques semaines le refrain entonné en choeur par les instituts de sondages et les médias de masse au sujet de Nicolas Sarkozy peuvent nous laisser perplexe. Voici ce qu'écrivait Opinionway le 12 mars 2008 :

La cote du Premier ministre continue de grimper à 55%, contre seulement 41% pour le président de la République.
41% des Français se disent satisfaits de l'action menée par Nicolas Sarkozy en mars, un taux inchangé par rapport à février, selon un sondage OpinionWay publié mercredi 12 mars dans Métro. De son côté, la cote de popularité de François Fillon progresse de 2 points à 55%.
Si l'action du président contente, comme le mois dernier, 41% des personnes interrogées, 56% des sondés se déclarent "mécontents", soit 2 points de moins qu'en février. 3% ne se prononcent pas. Le Premier ministre lui poursuit son ascension avec 55% d'opinions favorables, en hausse de 2 points. 39% des Français (-6 points) se disent "mécontents" de son action à la tête du gouvernement. 6% d'entre eux ne se prononcent pas.

Article original Challenge

Les autres instituts de sondage que ce soit Ipsos ou Sofres tiennent le même discours.

Comment se fait il que ceux-là même qui ont porté Sarkozy aux nues, qui ont manipulé l'opinion, enjolivé les faits, mutiplié les unes et les couvertures, obéré les dérives, muselé les concurrents se jettent soudain en pâture sur celui qu'ils idolâtraient encore il y a quelques semaines ?

Certainement qu'il est de plus en plus difficile d'entretenir le mensonge tant le décalage entre le discours médiatique sur Sarkozy et sa réalité devient gigantesque. A fortiori l'approche du naufrage de Sarkozy pendant les élections municipales rend de plus en plus suspects des sondages lénifiants.

C'est bien ici que se trouve la limite de l'exercice de propagande, vous devez mentir pour faire avaler les excès, délires, manipulation, injustices du régime mais vous ne pouvez pas trop mentir au risque de perdre votre crédibilité et d'éveiller la suspicion chez le citoyen. Quand les médias de masse parlent de "41% de français se disent satisfaits de l'action de Sarkozy", il semble sage d'interpréter "au grand maximum 41% de français se disent satsifaits de l'action de Sarkozy" et le chiffre réel doit plutôt fluctuer aux alentours de 20 ou 30%.

Au delà des exercices d'équilibristes des organes de propagande, peut-être aussi que Sarkozy commence à lasser voir à inquiéter ses "employeurs".  

Pour illustrer ce propos utilisons une analogie cinématographique. Nous connaissons tous les célèbres films de James Bond et autres oeuvres du genre qui nous ont initiés aux arcanes du métier d'agent secret et à ses principaux objectifs qui peuvent être résumés de la manière suivante :

Point n°1 : Mener à bien la mission.

Point n°2 : Ne pas être découvert.

Le problème avec notre bien-aimé président est que celui-ci ferait manifestement un bien piètre agent secret. Amusons-nous à évaluer l'agent Sarkozy sur les deux critères mentionnés ci-dessus.

Point n°1 : Passable 12/20.

Sarkozy a déboulonné systématiquement les droits et les libertés des français, il a encouragé les intégrismes et augmenté les antagonismes entre les populations chrétiennes et les populations musulmanes de France, il a encore appauvris les plus pauvres et enrichi les plus riches et il a fait émerger un état policier, il a mis en oeuvre une politique étrangère pro-américaine, pro-israélienne et anti-arabe.

Point n°2 : Catastrophique 3/20.

C'est bien ici que le bât blesse, force est de constater que l'agent Sarkozy n'est pas un modèle de discrétion. Même le citoyen le moins attentif aura peine à croire qu'il s'agit là d'un président habitant sa fonction, servant une vision politique ambitieuse et intelligente,  et oeuvrant au bonheur de la population française. Alors que dans le cadre de sa mission Nicolas Sarkozy aurait dû jouer les cartes de la tempérance, de la retenue, de l'élégance, du raffinement, de l'intelligence, enfin tous les attributs d'un chef d'état qui entretient l'illusion, l'intéressé s'est tout au contraire pris au jeu. 

Il a oublié les spécificités de sa mission, il a commencé à s' "y croire", à s'"enflammer": yachts privés, réception de dictateursjournalistes méprisés, doublement de salaire, jets privés, insultes, déclarations incohérentes, invectives, déclaration fiscale curieuse, divorce scabreux, mariage cocasse, dérives jet set, état d'ébriété au G8, ...

Ces dérives constituent un véritable problème car pour que celui qui accepte le rôle de président puisse mener à bien sa mission une condition
préalable est que l'illusion liée à cette fonction soit maintenue aux yeux des masses.

Et c'est certainement cette accumulation de bourdes qui a alerté ceux qui tirent les ficelles du pantin Sarkozy : "il fait n'importe quoi", "il a pété les plombs, "il ne suit pas le scénario", "il va tout faire capoter", "les français y croient de moins en moins", "on a beau enjoliver et censurer, les informations filtrent", "ça devient de plus en plus compliqué d'entretenir l'illusion"...

Alors à travers quelques articles beaucoup moins dithyrambiques qu'auparavant et la publication de sondages peu reluisants (souvenez vous ce sont ces mêmes faiseurs d'opinion qui annonçaient avec force certitude Balladur vainqueur en 95 et un duel Chirac-Jospin en 2002), ceux qui tirent les ficelles ont décidé de se distancier de cet individu dangereux.

Une autre régle fondamentale dans le métier d'agent secret est de ne jamais révéler l'identité de son employeur. Peut-être pouvons-nous tenter de mieux comprendre qui tire les ficelles du pantin Sarkozy.

Bien sûr le patronat français est clairement partie prenant : les cadeaux fiscaux, les accointances avec les dirigeants de médias, suppression de la pub sur les chaines publiques, le yacht de Bolloré,  le parrain Bouygues, la liste est tellement longue qu'elle en est presque risible. Et peut-être que ces liens sont un peu trop évidents.

Si l'on y regarde de plus près, une seconde piste apparait. Vous vous souvenez certainement de la série de nominations d'individus ayant ouvertement reconnu leur vision sioniste comme Attali, Strauss-Kahn, Zimeray, Kouchner ou Klarsfeld.

Vous pouvez également ajouter à cette liste substantielle de personnalités toutes nominées par notre cher président les liens présumés entre celui-ci et les services secrets israéliens.

En outre, il est intéressant de constater que depuis le revirement de situation qui a débuté en février Sarkozy a fait plusieurs mouvements notables et convergents :

1/ Il a effectué une intervention très remarquée devant le CRIF le 14 février 2008,

2/ Il a envoyé Kouchner le 17 février 2008 à Jérusalem

3/ Il a reçu en grande pompe Shimon Perez le 11 mars 2008,

4/ Il a annoncé un voyage en Israël pour mai 2008 avec un discours devant la Knesset. 

Etonnante activités autour d'Israël pour un président qui, c'est le moins qu'on puisse dire, fait actuellement face à des dossiers de politiques interne assez urgents.

Ces rencontres rapprochées peuvent nous rappelez ces films où l'agent secret est dans la panade et appelle, frénétique et haletant, son QG avec son super téléphone miniature multifonction afin de recevoir les instructions de ses chefs.

Quel pourrait être le contenu de ces instructions ? Améliorer la forme ? Accélérer le dossier iranien ? Fermer les yeux sur Gaza ? Accélérer l'embrasement des cités ?

Un peu de tout cela peut-être. Nous ne pouvons que conjecturer, l'avenir dira si nous étions dans le vrai. 

03/03/2008

"Sauver la recherche", selon Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy s’est invité lors de la cérémonie en l’honneur d’Albert Fert, le 28 janvier 2008 à l’université Paris-Sud. Son discours a oscillé entre la confirmation des orientations qu’il avait affichées pendant la campagne électorale, et l’énoncé de contre-vérités flagrantes. C’est donc un discours de passage à l’acte, confirmant les analyses que nous avions faites depuis des mois en ce qui concerne les intentions du pouvoir politique, que nous avons écouté avec consternation.

Citons : "les organismes de recherche devenus agences de moyen davantage qu’opérateurs, mettront en oeuvre la politique scientifique" définie par le gouvernement. "Les organismes pourront ainsi, en étroite concertation avec l’ANR, se consacrer pleinement à leur mission, à savoir le pilotage des recherches menées dans les universités". Comme nous l’avions dit, la loi sur les universités n’est pas destinée à donner à ces dernières une plus grande autonomie scientifique : la perte d’initiative des organismes de recherche ne sera pas à leur profit, mais bien à celui du gouvernement. Cela s’organisera notamment grâce à l’Agence Nationale de la Recherche au détriment du financement de base des laboratoires.

En ce qui concerne les personnels, on retiendra la mise en extinction du statut de chercheur. La seule possibilité pour pouvoir consacrer pendant plusieurs années "l’essentiel de son activité à la recherche" serait de passer par un statut d’enseignant-chercheur contractuel : "la loi sur l’autonomie [1] et les responsabilités des universités comporte tous les outils permettant de le faire" ! Naturellement, aucune perspective de développement de l’emploi scientifique n’a été annoncée.

Au chapitre des approximations, détournements, et contre-vérités, on relèvera d’abord un chiffre surprenant : la France consacrerait 0,51% de son PIB à la recherche fondamentale. Ce chiffre n’existe nulle part, car il est impossible à mesurer fiablement au niveau de chaque pays. Dans un autre registre, Nicolas Sarkozy se lamente que "si peu de brillants esprits étrangers [soient] attirés par notre pays", alors qu’ils forment le quart des recrutements de chercheurs du CNRS. Cela sera-t-il encore le cas quand le statut de chercheur aura disparu ?

Autre aspect, le président de la République oppose le financement "récurrent" des laboratoires, dont il est sous-entendu qu’il est "indéfiniment reconduit sans évaluation", au financement sur projet, alors que justement dans ce dernier cas il n’y a pas d’évaluation a posteriori, et que ce sont les laboratoires qui sont évalués sur leur activité passée.

La tactique de communication est claire : il s’agit de noircir le tableau à l’excès pour mieux imposer ses "solutions". Des solutions dont il prétend qu’elles vont "sauver la recherche". Nous oscillons, là aussi, entre l’exaspération de la petite récupération politicienne, et l’indignation face aux propos prononcés (qui n’étaient dans le discours écrit) laissant entendre que nos positions se résumeraient à l’immobilisme. Nicolas Sarkozy feint de ne pas comprendre que le mouvement peut s’effectuer dans plusieurs directions, pas une seule, pas seulement celle qu’il nous impose. Celle-ci est en contradiction flagrante avec le message qu’Albert Fert a développé juste avant lui, où il nous expliquait le profit qu’il a pu tirer des atouts de la recherche française.

Nous ne sommes plus dans la politique-fiction. Après le rapport Attali, le discours de Sarkozy confirme que nous sommes face à une déstabilisation effective de notre système de recherche. L’heure n’est plus à l’exégèse des discours, nous appelons tous les responsables d’organismes et d’universités, les directeurs de laboratoires, les membres d’instances scientifiques, tous les personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur, à prendre ouvertement position contre la politique qui nous est imposée. Nous proposerons dans les jours qui viennent des modalités par lesquelles nous tenterons de faire obstacle à sa mise en place.


 

[1] sic ! le vrai terme est libertés...

 

Article original publié par Sauvons La Recherche le 28/1/2008 

31/01/2008

Diviser pour mieux régner.

Jacques Delpla, de la commission Attali, explique pourquoi il faut ouvrir la profession.

Recueilli par ALEXANDRA SCHWARTZBROD pour Libération.


La Fédération nationale des artisans du taxi (Fnat) appelle aujourd’hui les taxis à «cesser le travail» pour protester contre «la déréglementation de la profession» préconisée par le rapport Attali. Jacques Delpla, économiste, est membre de la commission Attali. Il a publié en 2007 avec Charles Wyplosz la Fin des privilèges : payer pour réformer (Hachette).

Note de P&P : Jacques Delpla est accessoirement Senior Advisor Fixed Income chez BNP-PARIBAS depuis 2005. Vu l’état actuel du secteur bancaire vous pouvez faire entière confiance aux brillantissimes analyses d’un représentant de ce domaine.

Vous aurez également noté le titre de son livre : "la fin des privilèges : payer pour réformer".  Le seul hic est qu’un cheminot qui gagne 1400 euros en fin de carrière n’est pas un privilégié c’est un esclave, un taxi qui paye une licence 200000 euros pour passer 10 heures par jour dans les bouchons n’est pas un privilégié, c’est un esclave.

Pour trouver des privilégiés ce n’est pas bien compliqué, regardez en haut de la pyramide les administrateurs, les grands patrons, ceux qui contrôlent les médias, les hommes politiques et bien sûr les Senior Advisor de chez BNP-PARIBAS.

   

Pourquoi voulez-vous libéraliser le secteur des taxis ?

Pour le comprendre, il faut faire l’historique du secteur. Paris comptait 25 000 taxis dans les années 20. En 1937, après la grande crise des années 30, le ministre de l’Intérieur du Front Populaire, Max Dormoy, imprégné de l’idéologie malthusienne d’alors, décide de réduire l’offre de taxis à 14 000 pour sauver la profession et augmenter les prix. Quand la croissance est repartie, après 1945, on n’y a pas touché. Charles Pasqua, en 1995, a refait une loi qui redéfinit la profession et autorise la revente des licences. Mais l’article 6 de ce texte dit que, si le nombre de licences de taxi augmente, il ne peut y avoir dédommagement de ceux qui en possédaient déjà une.

Note de P&P : L’interviewé, imprégné de l’idéologie libéraliste - qui prouve toute sa pertinence dans le naufrage abyssal que vivent les Etats-Unis - utilise force références historiques et termes techniques pour donner un vernis de vérité et d’expertise à son discours. Le message subliminal est : « le sujet est compliqué et moi je sais donc tais-toi et écoute ».


 
Pour être professionnel, il faut un CAP de taxi, avec épreuves générales et locales, une autorisation de la préfecture et une licence. Celle-ci est achetée à un autre taxi ou obtenue gratuitement auprès de l’Etat qui n’en délivre pas plus de 150 par an pour limiter l’offre. Pouvoir être taxi est devenu une sorte de droit féodal. C’est une économie de privilèges dont sont victimes ceux qui doivent acheter le droit de travailler.

Note de P&P : L’inteviewé disposerait-il d’une connaissance très parcellaire de la société française ? Moultes professions y voient leur nombre de praticiens limitée : avocats, pharmaciens, dentistes, médecins, notaires, députés, … Et c’est plutôt de ce côté-là qu’il faudrait chercher les vrais privilèges et les droits féodaux.



Le nombre de licences a-t-il beaucoup augmenté ?

Très peu (1 000 de plus depuis quinze ans), alors que le PIB par habitant, lui, a été multiplié par six depuis 1945 ! Aujourd’hui, il y a environ 15 500 taxis sur Paris et la région parisienne, ce qui est notoirement insuffisant. Et l’offre est encore plus rare en province (46 000 pour toute la France). Les besoins de la population en transport augmentent bien plus vite que le PIB.

Note de P&P : Le PNB /habitant tombe soudain du ciel comme l'indicateur miracle. Prenons l’exemple de la Suisse, le PNB par habitant y est bien plus élevé qu’en France et à ma connaissance la Suisse ne croule pas sous les taxis, non ?

Deuxième manipulation dans ce passage : l’amalgame entre besoins en transports et besoins en taxi.

A l’heure où soi-disant l’activité humaine est responsable d’un vaste réchauffement climatique qui devrait tout emporter sur son passage, le rapport Attali ne trouve rien de mieux que de rajouter des véhicules dans des embouteillages. En revanche aucune mention du développement des trains, des métros, des bus, des tramways,…


Au Japon, aux Etats-Unis, en Suède, en Irlande, aux Pays-Bas… il y a deux à quatre fois plus de taxis rapportés à la population !

Les professionnels disent que leurs revenus vont baisser si on change le système…

Mais c’est la règle pour tous les métiers du secteur privé ! Pourquoi y aurait-il des monopoles ? Pourquoi faudrait-il acheter le droit de travailler ? Les taxis disent qu’à New York et Londres, ils sont aussi nombreux qu’à Paris : c’est vrai, sauf que ces villes-là ont libéralisé les «voitures de petite remise» - les mini-cabs -, ces taxis qu’on ne peut commander que par téléphone. A New York, on compte 15 000 taxis et 42 000 mini-cabs. A Londres, il y en a respectivement 15 000 et 50 000. Les taxis parisiens, eux, ont tout fait pour empêcher l’offre de mini-cabs (94 en Ile-de-France). Tout cela est géré par la préfecture de police où les taxis sont très entendus. En échange d’une certaine protection, ils sont souvent «l’œil» de la préfecture de police.

Note de P&P : Ah les vertus illimitées de la libéralisation et le modèle exemplaire qu’est New York. Les étasuniens sont endettés jusqu’au cou, leur monnaie ne vaut plus rien, leurs usines sont délocalisées en masse vers la Chine, une personne sur cent y est emprisonnée, des dizaines de millions de personnes y (sur) vivent sans abris, la torture et la peine de mort y sont légalisées et c’est ce grand modèle que veut nous vendre Delpla ?
 

Que préconise précisément la commission Attali ?

La libéralisation complète des voitures de petite remise (avec des véhicules plus «verts») ; une licence gratuite de taxi à tous ceux qui sont inscrits sur les listes d’attente de la préfecture au 31 décembre (on en compte environ 6 000 à Paris, ce qui créerait immédiatement autant d’emplois) ; et l’autorisation de concurrencer la RATP et la SNCF. L’offre va forcément créer la demande. Regardez ce qu’a donné la libéralisation de l’aérien, des télécoms… Il faut savoir ce que l’on veut : créer des emplois ou préserver des rentes ? D’ailleurs, le secteur est divisé. Ceux qui ont la licence sont vent debout contre la réforme. Ceux qui sont salariés et rêvent d’une licence ou les indépendants, qui louent leur plaque de taxi 3 000 euros par mois, y sont favorables.

Note de P&P : Franchement vous croyiez vraiment que la réglementation des taxis va changer quoique ce soit à la croissance française ? 

En stigmatisant les taxis privilégiés Attali poursuit le grand projet initié contre les fonctionnaires paresseux, les cheminots millionnaires, les chômeurs profiteurs, les étudiants réactionnaires, les jeunes de banlieues racailles, les immigrés parasites, les sdf oisifs.

Le régime de Sarkozy est en train de détruire le dernier rempart contre le fascisme : le lien social. Sarkozy attise nos rancœurs et nos haines. Il divise pour mieux régner.

Les citoyens esclaves sont poussés à haïr l’esclave d’à-côté et à chérir leurs maîtres. Sarkozy et ses laquais stigmatisent les derniers restes de droits de tel ou tel esclave pour s’en accaparer et augmenter encore leurs propres privilèges.

Lorsque que chez l’autre vous ne verrez plus votre semblable, lorsque chez l’autre vous ne verrez plus celui qui souffre comme vous, lorsque chez l’autre vous ne verrez plus un esclave du système, lorsque chez l'autre vous envierez le peu qu'il possède, lorsque chez l’autre vous ne verrez plus quelqu’un digne de confiance et de partage, lorsque chez l’autre vous ne verrez plus la soif de justice et de vérité, lorsque chez l'autre vous ne verrez plus une part de vous-même, ce jour-là vous pourrez dire qu’assurément Nicolas Sarkozy aura accompli sa mission.

13/07/2007

1933 - 2007, deuxième partie.

Il y a quelques semaines nous nous sommes penchés sur les parallèles inquiétants entre l'élection d'Adolf Hitler en 1933 et l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy en 2007. L'article intitulé 1933 - 2007 traite des similitudes entre les spécificités des ces deux individus et entre la situation de leur deux nations d'origine. 

Maintenant que quelques mois de mandat se sont écoulés, nous pouvons commencer a étudier la mise en oeuvre politique de Nicolas Sarkozy et les éventuelles analogies avec des dirigeants comme Adolf Hitler ou Georges W. Bush.

Elimination des adversaires politiques : 

La neutralisation des opposants a constitué l'un des premiers objectifs d'Hitler dès son arrivée au pouvoir.

Voyons le fil des événements à l'issue de l'élection d'Hitler :

Grace à une alliance avec le Parti populaire national (DNVP), Adolf Hitler est élu chancellier le 30 janvier 1933. Moins d'un mois plus tard le Reichtag est en flamme. 

Certains historiens pensent que le soir du 27 février, un détachement de Sections d'Assaut (SA) nazies aurait emprunté un passage souterrain menant de la demeure de Hermann Goering (ministre de l'Intérieur du Land de Prusse) au Reichstag et y aurait répandu des produits hautement inflammables.

La présence de Van der Lubbe sur place au même moment, allumant de son côté de petits foyers d'incendie, n'aurait été qu'une coïncidence à moins que des agents nazis aient poussé le Hollandais à la faute. Toujours est-il que Hitler tire habilement parti de la présence de ce pyromane.

Sitôt après l'incendie, le chancelier révèle sa véritable nature. Dès le 28 février, il attribue l'incendie à un prétendu complot communiste et fait arrêter 4000 responsables du parti. Le même jour, il fait signer par le président von Hindenburg un décret qui suspend toutes les libertés.

Un communiste bulgare, Georgi Dimitrov, est présenté comme la tête du complot. Il est jugé mais échappe à la mort... et deviendra plus tard le maître tout-puissant de son pays !

Le 23 mars 1933 est ouvert près de Munich, à Dachau, le premier d'une longue série de camps de concentration. Il va recevoir les opposants politiques et les suspects. Les nazis peuvent dès lors mener une campagne électorale qui mêle terreur et propagande sans qu'aucun opposant soit en mesure de se faire entendre.

 

[Il est intéressant de constater l'utilisation d'un bouc émissaire (Van der Lubbe dans ce cas) qui participe au complot mais n'y joue finalement qu'un rôle secondaire.

Quelques décennies plus tard Lee Harvey Oswald, un fou solitaire, se retrouvait seul responsable de l'assassinat de John Fitzerald Kennedy alors qu'un complot d'envergure nationale impliquant la CIA, les lobbys pétroliers et militaires, la mafia, les milieux conservateurs du sud et bien sûr le futur président Lyndon Johnson étaient les véritables perprétateurs de l'assassinat. Un tout nouveau documentaire offre une analyse exhaustive et pertinente de ce dossier)

Robert Fitzerald Kennedy connaissait le même sort au moment d'accéder à la présidence des USA. Un détraqué du nom de Shiran Shiran tirait de face sur le candidat. A nouveau un déséquilibré solitaire faisait basculer le destin d'une nation. Le seul problème est que les balles qui tuèrent Bob Kennedy furent tirées à bout portant et derrière le président.]

Terminons ici cette digression et revenons au cas qui nous intéresse.

Avant l'élection de 2007 quatre grandes forces politiques co-existent en France : Le parti socialiste, l'UDF de François Bayrou, l'UMP de Nicolas Sarkozy et le front national. Ces quatres mouvances représentent alors plus des 80 % des votes français.

Grâce à un discours xénophobe fondamentalement similaire à celui de Jean Marie Le Pen mais bénéficiant d'un marketing plus soigné, le candidat Sarkozy rafle l'essentiel des votes du Front National, celui-ci se retrouve à genoux et envisageait il y a quelques jours de vendre son siège.

1er ennemi éliminé par usurpation.

A l'issue du premier tour des élections présidentielles, François Bayrou est crédité de  18,7% des votes, ce résultat flatteur lui donne l'espace pour créer une dynamique centriste qui transcenderait la classique dualité gauche-droite. Dès le 25 avril, François Bayrou annonce la création du mouvement démocrate. Mais,parallélement une trentaine de députés UDF sarkosistes créent le parti du nouveau centre, ils tuent ainsi dans l'oeuf ce que Bayrou avait mis des années à créer.

2e ennemi éliminé par division.

A l'issue du deuxième tour Nicolas Sarkozy est élu alors que deux des trois forces politiques d'"opposition" sont déjà éliminés. Il n'en reste plus qu'un, le parti socialiste. Nicolas Sarkozy va faire basculer un à un des cadres du parti socialistes. Avant même le premier tour, la taupe Eric Besson, porte parole du PS rejoint Nicolas Sarkozy et crache au passage sur son ancien camp. Le bal des girouettes continue avec  l'intégration de Bernard Kouchner et de Jacques Attali. Il y a quelques jours, nous apprenions que Nicolas Sarkozy soutenait la candidature de Dominique Strauss Kahn à la présidence du FMI et que Jack Lang quittait la direction du PS tout en demandant une démission collective de ce parti.

3e et dernier ennemi éliminé par infiltration.


Sarkozy : 3 - Démocratie  : 0
       

05/06/2007

Attali et le sionisme subtil

En plus de tenir des propos eugénistes aussi primaires et dépourvus de consciense que ceux de Nicolas Sarkozy, Jacques Attali a développer dans son ouvrage intitulé "Les juifs, le monde et l'argent" une réthorique bien particulière.

Voici un extrait de l'analyse qu'en fait l'ex ambassadeur Aïssa Benchekroun dans son blog :

"Selon l'auteur, les rapports de ce métal/symbole avec les descendants d'Adam, n'auraient singularisé que les Juifs  avec  des termes souvent péjoratifs, et  auraient, du coup  épargné d'autres peuplades, vivant aux mêmes époques et  non moins « adorateurs » de ce   instrument  de la richesse et de la puissance ; sans penser que  plus tard ces mêmes rapports devaient bénéficier d'une approche plue réaliste et plus humaine ,instituée par une autre Religion. M. Attali semble également prendre de bonne grâce  ces diverses qualificatifs,  comme s'ils étaient innés spontanément  dans une seule et même société, constituant désormais des facteurs spécifiques communs à un groupement humain particulier, devenu avec le temps une « Ethnie » bien distincte.

Au-delà de la vision eugéniste du monde à laquelle M. Attali nous a habitué. Celui-ci mène à bien une maneuvre  particulièrement subtile.

En synthèse au cours de ses centaines de pages de prose, M. Attali acte les croyances relatives aux rapports que les juifs entretiendraient avec l'argent.

Soulignons tout d'abord que la thèse de Jacques Attali relève de la généralisation grossière. Il n'y a pas une judaïté mais des millions de judaïtés. Il ya autant de relations au judaïsme qu'il y a de juifs. Comme il y autant de relations à l'Islam qu'il y a de musulmans.

La validation de ces clichés par un homme du crû ne fait qu'alimenter un des principaux fondements de l'antisémitisme, qui comme tout autre xénophobie provient d'une haine liée à l'ignorance, à la jalousie, à l'illusion de différence.

En exacerbant un soit-disant rapport privilégié des juifs à l'argent, il alimente l'antisémitisme découlant de la jalousie, de la haine envers celui qui possède plus.

La judaïté n'a pas de spécificités géographiques, linguistiques ou ethniques, elle inclut la grande variété de la population humaine. Les rapports à l'argent y sont donc aussi variés que dans les autres communautés. Vous y trouverez des riches comme des pauvres, des radins comme des généreux. 

En plus d'être antisémite cette thèse est fondamentalement sioniste.

Cela vous semble contradictoire ?

 Et pourtant...

Le fait de valider l'un des fondements de l'antisémistisme renforce d'autant le sentiment d'antisémitisme. Le haineux aveugle se verra conforté dans ses croyances. "Tu vois même Attali le polytechnicien juif le reconnaît".

Et le principal moteur de l'émigration vers Israël est le sentiment de peur que ressentent les populations juives intégrées dans les autres pays du monde.

Pourquoi un juif intégré et heureux hors d'Israël quitterait ses racines, ses amis, ses souvenirs pour aller participer à un génocide au milieu du désert ?

La seule solution est de générer chez ces juifs les sentiments (justifiés ou non) de peurs, de menaces, de différences.

Et ainsi l'idéologie politique sioniste peut se réaliser, grâce aux peurs et aux manipulations rassembler les juifs en un même lieu.

Nous traiterons dans un article à venir de la genèse et des objectifs de ce concept de terre promise.

 

Attali et Sarkozy, communauté de vision

 Dans son édition du 3 juin 2007, le Nouvel Observateur nous informe que Jacques Attali se dit prêt à accepter une mission au sein du gouvernement Sarkozy.

L'on pourrait s'interroger sur ce qui peut bien rapprocher un ex-conseiller de François Miterrand, président de gauche de Nicolas Sarkozy actuel président d'(extrême) droite. 

Au-delà de la connexion sioniste, il est intéressant de se pencher sur les analyses de Jacques Attali en terme d'eugénisme tout en gardant à l'esprit les positions de Nicolas Sarkozy à ce sujet révélées au cours de son entretien avec Michel Onfray :

"...J’inclinerais, pour ma part, à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, ..."

Jacques Attali semble appartenir à la même communauté de pensée que Nicolas Sarkozy, où l'être humain constitue une race subalterne comparable à une marchandise (souvenez vous que les psychopathes considèrent les êtres humains comme une race à part, comme une race inférieure, méprisable en raison de ses doutes, de ses hésitations, de ses états d'âme).

Voici quelques extraits de l'interview de M. Jacques Attali publié par Michel Salomon dans son livre "l'Avenir de la Vie" (Seghers éd.) :

" La production de consommateurs et leurs entretien coûtent cher, plus cher encore que la production de marchandises elles-mêmes. Les hommes sont produits par des services qu'ils se rendent les uns aux autres, en particulier dans le domaine de la santé, dont la productivité économique n'augmente pas très vite." (p. 265)


" La productivité de la production de machines, augmente plus rapidement que la productivité relative de la production de consommateurs. Cette contradiction sera levée par une transformation du système de santé et d'éducation vers leur marchandisation et leur industrialisation. " (p. 265)
 

" Mais dès qu'on dépasse 60/65 ans, l'homme vit plus longtemps qu'il ne produit et il coûte cher à la société. "
 
" D'où je crois que dans la logique même de la société industrielle, l'objectif ne va plus être d'allonger l'espérance de vie, mais de faire en sorte qu'à l'Intérieur même d'une durée de vie déterminée, l'homme vive le mieux possible mais de telle sorte que les dépenses de santé seront les plus réduites possible en terme de coûts pour la collectivité. Alors appareil un nouveau critère d'espérance de vie : celui de la valeur d'un système de santé, fonction non pas de l'allongement de l'espérance de vie mais du nombre d'années sans maladie et particulièrement sans hospitalisation. En effet, du point de vue de la société, il est bien préférable que la machine humaine s'arrête brutalement plutôt qu'elle ne se détériore progressivement. C'est parfaitement clair si l'on se rappelle que les deux tiers des dépenses de santé sont concentrées sur les derniers mots de vie. De même, cynisme mis à part, les dépenses de santé n'atteindraient pas le tiers du niveau actuel (175 milliards de francs en 1979) si les individus mouraient tous brutalement dans des accidents de voiture. Ainsi force est de reconnaître que la logique ne réside plus dans l'augmentation de l'espérance de vie mis dans celle de la durée de vie sans maladie."
 
Et plus loin: " l'euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figures. Dans une logique socialiste, pour commencer, le problème se pose comme suit : la logique socialiste c'est la liberté et la liberté fondamentale c'est le suicide ; en conséquence, le droit au suicide direct ou indirect est donc une valeur absolue dans ce type de société. Dans une société capitaliste, des machines à tuer, des prothèses qui permettront d'éliminer la vie lorsqu'elle sera trop insupportables ou économiquement trop coûteuse, verront le jour et seront de pratique courante. Je pense donc que l'euthanasie, qu'elle soit une valeur de liberté ou une marchandise, sera une des règles de la société future. " (pp. 274-275).

 

Pour information Jacques Attali est nè le 1er novembre 1943. Il aura donc 64 ans cette année. Comme "charité bien ordonnée commence par soi même", il serait exemplaire que Jacques Attali montre la voie de la réduction des dépenses de santé.