08.05.2008
Tunguska, les cornes de la Lune et l’évolution
![]() ©Peter Grego Impression de l’événement lunaire de 1178 La dernière fois, j'annonçais mon intention de vous exposer la manière dont nos « glorieux leaders » vous haïssent, vous méprisent et comment ils complotent votre mort tandis que la plupart d’entre vous sont dans un tel état de confusion que non seulement vous ne vous en rendez pas compte, mais aussi que vous vous dirigez allègrement vers un désastre pour vous-mêmes et vos enfants. Je vais y venir, mais tout d’abord, je voudrais peaufiner quelques détails et réitérer quelques points. Comme je le mentionnais dans mon précédent article sur ce sujet « La comète Biela et la vache de Mme O’Leary », l’émission spéciale de Discovery Channel, « Super Comet – After the Impact », simule la comète qui a éliminé les dinosaures à notre époque moderne, en utilisant le même type de corps cométaire supposé avoir causé leur extinction : même taille, même point d’impact, en utilisant toutes les modélisations informatiques réalisées au sujet de cet événement passé pour essayer de montrer ce qui pourrait arriver (et ce qu’ils pensent être arrivé à cette époque). Des études de l’histoire de la Terre par diverses méthodes scientifiques nous montrent qu’il y a des périodes relativement longues d’ « évolution » ponctuées par des changements rapides et écrasants que nous appelons des catastrophes. De nombreux scientifiques ont noté la périodicité de ces événements. Ce que personne ne semble connaître à coup sûr est le mécanisme qui induit ces catastrophes absolument périodiques. On suggère que la périodicité de ces événements est reliée aux cycles galactiques et des preuves convaincantes sur ce point de vue ont été présentées par Victor Clube dans son livre « The Cosmic Winter » (L’hiver cosmique). (Vous pouvez vraiment oublier le non-sens tournant autour de la « Planète Nibiru » et du « Projet Camelot »). L'auteur suggère que les marées galactiques induisent des comètes géantes dans notre système solaire et que ce sont leurs produits de désintégration qui agissent fortement et directement sur la Terre avec des résultats variables à différentes (et très fréquentes !) périodes, en conséquence de quoi les données présentent des variations dans les archives géologiques. Clube démontre que la fragmentation d’une comète géante produit une grande variété de débris depuis des objets de 10 km, à des centaines ou des milliers de corps d'un km d'envergure, et à des essaims multiples de corps de moins d’un kilomètre. Beaucoup de ces corps ont des surfaces noires comme de la suie, ce qui les rend presque impossibles à voir et beaucoup d’entre eux se trouvent sur une orbite très similaire aux chutes de météores des Taurides, quoique quelques-uns puissent être sur une orbite orientée à 90 degrés environ. Clube avance que beaucoup (sinon la plupart ou la totalité) d'astéroïdes dans le système solaire proviennent de la fragmentation d’une ( ou d'un grand nombre de ) comète(s) géante(s) , il y a des milliers ou des dizaines de milliers d’années. Ce sont les flux de débris qui représentent les menaces les plus sérieuses et immédiates pour notre planète. Par exemple, un des grands astéroïdes sur une orbite croisant celle de la Terre est appelé Héphaïstos. Il fait environ 10 km de diamètre, à peu près la même taille que l’astéroïde qui est décrit comme frappant la Terre dans le film mentionné ci-dessus (le modèle d’extinction des dinosaures). Il est vrai que les effets de l’impact d’un tel corps seraient ressentis globalement, mais on ne peut affirmer qu’il serait aussi « global » que décrit dans le film.
©William Hartmann Une peinture montrant à quoi pouvait ressembler l’impacteur KT. Néanmoins, la connexion entre un seul impacteur et les extinctions en masse du passé a été faite et largement popularisée, et cela peut être malheureux si l’on considère les problèmes des événements plus fréquents et moins « globaux » que Clube signale. Le problème est, comme Clube le fait remarquer, qu’il est tout à fait improbable qu'un important impact solitaire se révèle du point de vue astronomique être le seul organisme responsable de ce type d’extinction. En outre, quand on considère les détails des preuves, à la fois astronomiques et géologiques, de nombreuses incohérences dans le scénario de l’impacteur solitaire commencent à apparaître. Quand les Alvarez, père et fils, découvrirent la couche d’iridium à la limite de l’extinction K-T, et annoncèrent que l’iridium dans ces quantités ne pouvait avoir été expulsé que du fait de l’impact d’une grande météorite, cette idée choquante fut accueillie allègrement par la presse et tout le monde se mit à chercher de l’iridium. Clube fait remarquer que plusieurs problèmes se posent, avec l’interprétation « impact unique » de la présence de l’iridium à la limite de l’extinction. Le premier problème est que la concentration de l’élément est trop élevée. Pourquoi ? Parce que s’il ne se produisait qu'une unique collision, un tel astéroïde excaverait plusieurs centaines de fois son volume de croûte terrestre et l’enverrait dans l’atmosphère, mélangée avec son propre matériau. Cela signifie que l’iridium serait significativement dilué et ne produirait pas sur la planète des concentrations de précipité telles qu’on en découvrit. Cependant, sur beaucoup de sites examinés, il est noté que l’iridium a été dilué à seulement 20 fois son volume (gardons à l’esprit que l’iridium dans la comète/astéroïde n’est déjà qu’un pourcentage du volume total du corps extraterrestre !) En outre, d’autres produits chimiques en liaison avec l’événement du soi-disant impact unique ne s'associent pas très bien avec la théorie de la météorite rocheuse. Il existe une abondance d’éléments rares comme l’osmium et le rhénium ; des éléments communs énormes et en surabondance comme l’antimoine et l’arsenic. Par rapport à cette découverte, Clube met en exergue le fait qu’après l’éruption du Kilauea en janvier 1983, des particules collectées du volcan contenaient des concentrations élevées en arsenic, sélénium et autres éléments trouvés en abondance à la limite de l’extinction. Ces particules volcaniques furent aussi analysées comme très riches en iridium. Clube suggère que l’anomalie de l’iridium peut, en conséquence, être une fausse piste. Il note : « …il est intéressant de spéculer sur ce point : si une source volcanique d’iridium avait été connue en 1980, est-ce qu’un impact de météorite aurait été suggéré par les Alvarez ? » Probablement pas. Ce fut donc probablement une bonne chose d'attirer l’attention de la presse sur le sujet, puisque Clube fait aussi remarquer qu’il existe une quantité impressionnante de preuves montrant que l’extinction ne fut pas qu’un processus de changement et de dégénérescence lors du processus diachronique d'évolution. Des changements catastrophiques – un choc écologique profond – eurent lieu dans la limite Crétacé-Tertiaire, et la dévastation fut certainement soudaine. La théorie des Alvarez ouvrit donc la porte pour considérer cela dans un monde qui était profondément enfermé dans l’Uniformitarisme. Parmi les découvertes intéressantes à ce niveau de l’histoire de la Terre, de grandes quantités de suie sont aussi présentes à la limite de l’extinction. La conclusion est, bien sûr, que des incendies firent rage au cours de l’événement de l’extinction. Le film essayait de dépeindre cela avec des modèles informatiques (faits selon l’hypothèse d’un impact de grand astéroïde unique) qui chauffaient toute l’atmosphère de la Terre à un point tel que tout s'embrasait spontanément. Cela ne peut être exactement un compte-rendu des évènements , même avec un impact dû à un énorme météore.
©Canadian Museum of Nature, Ottawa La mince couche qui marque la frontière entre les roches du Crétacé et du Tertiaire. Cette couche a été trouvée à beaucoup d’endroits sur toute la Terre. C’est une mince couche de matériau sur toute la surface terrestre qui contient une grande quantité du rare élément iridium, et de la suie provenant de vastes incendies. Un autre point que Clube souligne est qu’il n’y a pas de trace de débris météoriques sous forme d’inclusions pierreuses dans les sédiments. Je ne vais pas entrer dans les détails ; il suffit de dire qu’on commence à penser au fait que l’impact accidentel d’un seul astéroïde d’une envergure de 10 km ne soit pas en fin de compte la cause de l’extinction globale . Qu’est-ce qu’un scénario réaliste ? Clube présente les preuves que cette extinction fut un épisode de bombardements de nombreux (de douzaines, de centaines, de milliers...) fragments cométaires et/ou decorps de type météorite, certains d’entre eux de grande taille, libérant de copieuses quantités de poussière météorique dans l’atmosphère terrestre, beaucoup d’ autres explosant en altitude et se manifestant sous forme de pluies de feu. Ces essaims nageraient dans les flots de poussière de comète – des tonnes – qui chargeraient aussi l’atmosphère et précipiteraient sur la Terre au fil des mois et des années. Les hautes concentrations en iridium trouvées à la limite de l’extinction des dinosaures sur plusieurs sites, et l’absence de gros débris météoriques, sont difficiles à expliquer en termes d’un seul Big Bang, mais facilement compris en termes de poussière zodiacale comme cause initiale. De plus, des preuves croissantes de multiplicités d’impacts à la limite de la période d’extinction des dinosaures se font jour, de même qu’à d’autres moments de catastrophe globale comme l’événement d’extinction Permien-Triasique (P – Tr). La théorie de l’essaim rend compte aussi facilement des énormes quantités de suie à cette limite. Une Terre en feu est dans la capacité d’un essaim exceptionnellement intense, mais probablement au-delà de celle d’une seule impacteur de 10 km de diamètre. En bref, l’extinction des dinosaures peut très bien avoir été une affaire complexe, traumatique et prolongée.
©Inconnu Qu’ont vu les dinosaures ? Clube propose que la Terre elle-même soit un entrepôt d’informations sur ses interactions avec la Galaxie, et c’est la Galaxie elle-même, et sa position intérieure, qui pilote les cycles d’extinctions, principalement parce que les cycles des événements sont ajustés aux cycles galactiques connus. Ce qui ressort de toutes ces preuves est l’importance de très grandes comètes qui entrent dans le système solaire et se fragmentent, laissant des flux de débris qui interfèrent avec notre planète au cours de millénaires après que le corps parent ait été capturé et déchiré par les forces du système intra-solaire. Que ce type de bombardements de la Terre se soit produit à d’autres époques devient plus largement reconnu, en témoigne l’ouvrage de Richard Firestone, Alan West et Simon Warwick-Smith qui ont identifié les Carolina Bays comme des cratères d’« impact aérien » d’explosions cométaires en altitude exactement comme celle de la Tunguska. En fait, des « cratères » similaires furent trouvés dans la région de la Tunguska ayant exactement la même morphologie. Cela a même été daté de 12 500 ans et déclaré global en étendue, avec des effets cataclysmiques . La vie sur Terre arriva presque à sa fin. Ce qui est effrayant en ce qui concerne cet événement est le nombre absolu de cratères – jusqu’à 50 000.
©Inconnu Cette image montre de nombreux cratères dans le comté de Robeson en Caroline du Nord
©Inconnu Photo aérienne des cratères des Carolina Bays
©Inconnu Le plus grand cratère dans cette image particulière a une taille approximative de 1,4 miles (2,25 km) Etoile compagne ?Clube mentionne brièvement l’hypothèse de l’étoile compagne, notant que « Certainement l’hypothèse de l’étoile compagne adopte le mécanisme central de l’hypothèse galactique, à savoir la création de pluies de comètes au moyen de perturbations de nuages de comètes réguliers. » Il écarte ensuite ceci comme étant des « problèmes insurmontables. » Les « problèmes insurmontables » sont les périodes orbitales proposées pour le compagnon hypothétique et son idée qu’il y aurait bien plus de cratères si le mécanisme moteur était une étoile compagne. Il peut entièrement avoir raison et sa théorie de marées galactiques et de naissance de comètes dans les confins froids et sombres de l’espace correspond certainement aux principaux éléments de ce que nous connaissons de notre environnement céleste. Comme il le note :
Nous avons présenté quelques preuves incontournables dans cette série d’articles, montrant que les idées de Clube sont très probablement correctes ou au moins des plus proches de la réalité: la Terre a été arrosée de manière répétée et régulière par des débris extraterrestres d’une certaine sorte, et ces pluies ont eu généralement un effet désastreux depuis les échelles locales, jusqu’aux régionales, nationales et même continentales. À partir des preuves, il semble clair que l’histoire elle-même ne soit pas un processus d’évolution, mais plus souvent de dégénérescence quand de chaque crise cosmique résulta la « survie du chanceux, » par opposition au plus adapté, et les études les plus récentes ont été amplifiées ou utilisées par les élites dirigeantes pour poursuivre leur programme. À d’autres occasions, la Terre a souffert de graves dommages qui n’ont guère attiré l’attention de la population humaine. La Tunguska fut un de ces événements. Tunguska
©Inconnu Apparence possible de l’objet de la Tunguska
©Inconnu Conséquences de l’explosion de la Tunguska
©Inconnu Conséquences de l’explosion de la Tunguska
©Inconnu Cette image montre les directions du souffle
©Inconnu Ce diagramme montre la zone des dommages à Tunguska comparée à la taille de Washington D.C.
L’occurrence dans ce siècle d’un impact avec l’énergie d’une bombe à hydrogène justifie une inquiétude, et il est intéressant de spéculer si les perceptions historiques seraient tout à fait les mêmes si le bolide frappait une zone urbaine ou une ville. Il se trouve cependant que l’impact de la Tunguska soit assez superficiel :
Ce curieux rapport est écrit dans les chroniques du moine médiéval connu sous le nom de Gervase de Canterbury. L’année de l’événement était 1178 de notre ère et la date, le 18 juin selon le calendrier julien, qui se convertit en 25 juin dans le calendrier grégorien moderne. Si c’est réel, il est clair qu’un événement extraordinaire sur la Lune est décrit et l’expert en météorites Hartung a proposé que ce qui fut observé et enregistré il y a 800 ans était l’impact d’un corps sur la Lune. La flamme, suggéra-t-il était le mouvement déformé de gaz incandescents ou la réflexion du Soleil par la poussière expulsée du cratère. L‘apparence noirâtre de la Lune sur toute sa longueur était une suspension temporaire de poussière soutenue par une atmosphère transitoire. […] Hartung déduisit que s’il y avait un cratère, il serait d’au moins 7 miles (11,3 km) de diamètre, posséderait des rayons brillants s’étendant du centre au moins sur soixante-dix miles (113 km), et se trouverait entre 30 et 60 degrés de latitude nord, 75 et 105 degrés de longitude est sur la Lune. … Il se trouve qu’il existe un cratère avec ces caractéristiques particulières, un cratère nommé d’après l’hérétique du 17e siècle Giordano Bruno. Ce cratère est situé à 36 degrés de latitude nord et 105 degrés de longitude est, à l’intérieur de la zone prédite. Il fait 13 miles de diamètre et est distingué par sa remarquable brillance et par le système brillant de rayons qui s’étendent à partir de lui à plusieurs centaines de miles. […]
©Inconnu Le cratère lunaire Giordano Bruno a un diamètre de plus de 22 kilomètres
©Inconnu Cratère lunaire Giordano Bruno On devrait noter que la NASA a essayé de démentir la théorie de Hartung, en disant :
Nous savons de notre examen actuel que ce n’est pas nécessairement ainsi. Il aurait pu y avoir des impacts sur la Terre dont personne n’a eu connaissance – témoin Tunguska – et il ne s’ensuit pas nécessairement qu’un objet percutant la Lune déclencherait un blizzard de météores sur Terre. Revenons à Clube :
On a suggéré que les problèmes actuels de ‘changement de climat’ sont dus au passage de la Terre à travers des nuages de poussière cosmique. Il se pourrait même que le genre de choses comme les « chemtrails » soient un résultat de ce chargement de poussière dans la haute atmosphère.
Le célèbre astronome Fred Hoyle, ami et collègue de Clube, a fait quelques remarques intéressantes dans son livre : « The Origin of the Universe and the Origin of Religion » sur les mêmes idées.
Peut-être n’est-ce pas entièrement vrai ? Peut-être que les « capacités supérieures » avaient une valeur de survie en ce sens que ces individus pouvaient « lire les inscriptions sur les murs » d’une manière scientifiquement observatrice ? Ou, plus spéculativement, peut-être les capacités supérieures pouvaient-elles assurer la survie en avertissant un individu qu'une catastrophe était proche, lui permettant ainsi d’agir en préparant la survie ?
Les remarques de Hoyle citées ci-dessus soulèvent certainement beaucoup de questions, mais celle qui me vient immédiatement à l’esprit est celle-ci : les humains avec des « facultés supérieures » sont-ils des mutants ? Une question y est liée, qui pourrait être : les psychopathes sont-ils aussi des mutants dans un sens inverse? Mais je ne veux pas encore abordercet autre sujet immédiatement, nous garderons cela pour un article ultérieur. Je voudrais réitérer ce que j’ai écrit dans l’article précédent : Si des bombardements à courte période de notre planète par des comètes ou de la poussière cométaire est une réalité (comme ce semble être de plus en plus le cas), et que les effets d’un tel événement sont délétères à l’extrême, et si nous sommes en retard pour contempler le spectacle répété d’une telle punition du ciel (ce qui semble aussi être le cas), quel effet cela pourrait-il avoir sur la conscience du public concernant le statu-quo qui règne sur la planète à présent ? La fausse « guerre contre le terrorisme » ne deviendrait-elle pas obsolète instantanément et les gens n’exigeraient-ils pas immédiatement que leurs leaders politiques réévaluent les priorités et prennent toutes les mesures possibles pour atténuer la menace ? Et si ces leaders politiques refusaient de le faire et qu’il vienne à la connaissance de chacun que cette grave menace sur les vies de milliards de gens était un savoir commun depuis longtemps parmi l’élite politique (avec tout ce que ça implique), alors qu'adviendrait-il ? Un dernier hourra avant la 6e extinction ? Qui sait ? Nous savons seulement que ce savoir, dans son explication la plus totale, est supprimé et marginalisé. Les raisons des jeux et stratagèmes psychologiques peuvent être intéressantes à étudier en profondeur. C’est donc ce que nous examinerons la prochaine fois : Pourquoi l’Humanité est-elle si sourde, bête et aveugle ? Nous allons y venir ! Commentaires : Voir aussi : « Mass Extinctions - Interruptions in the Orderly Process of Evolution » (Extinctions massives – Interruptions dans le processus ordonné de l’évolution) pour certains graphiques impressionnants ! « Dinosaur Extinction Page » (Page sur l’extinction des dinosaures) « Crater Morphology; Some Major Impact Structures » (Morphologie des cratères, quelques structures d’impact majeures) [1] Nom désignant la Chine à l’époque de Marco Polo. (NdT)
Article original : http://www.sott.net (écrit par Laura Knight-Jadczyk) Article en français : Futur Quantique (traduction française: Henri R.) |
15:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunguska, météorites, astéroïdes, comètes, extinction, dinosaures, hiver cosmique
02.04.2008
Platon et Phaeton
Photographie de la comète Mc Naught au-dessus du Chili
Un des prêtres, très âgé, lui dit alors : « Ah ! Solon, Solon, vous autres Grecs, vous demeurez des enfants, et il n’est point de vieillard en Grèce. » À ces mots, Solon lui demanda ce qu’il entendait par là. « Ce que je veux dire, c’est que vous êtes tous restés jeunes en esprit, répondit le prêtre ; car vous ne l'avez instruit d’aucune opinion qui soit fondée sur une antique tradition, ni d’aucune science blanchie par le temps. Et en voici la raison.
L'humanité a subi bien des destructions, et en connaîtra encore, sous de nombreuses formes ; les plus grandes par le feu et l’eau, et les moindres par mille autres choses. Prenez par exemple l’histoire, qu’on raconte même chez vous, de Phaéton, le fils du Soleil qui, ayant un jour attelé le char de son père et ne pouvant le maintenir dans le sillage paternel embrasa tout ce qui était sur terre et périt lui-même foudroyé. Elle a, il est vrai, l’apparence d’une fable ; mais la vérité qu'elle recèle, c’est que les corps qui circulent dans le ciel autour de la terre dévient de leur course et qu’ils produisent, à de larges intervalles, de grandes conflagrations qui détruisent tout ce qui est à la surface de la terre. Alors ceux qui habitent les montagnes et les endroits élevés et arides sont plus exposés à la destruction que ceux qui demeurent aux rivages des fleuves et de la mer. Nous autres, nous avons le Nil, notre fidèle et constant sauveur, pour nous préserver de cette calamité.
Quand, d’autre part, les dieux submergent la terre pour la purifier sous les eaux, les habitants de vos montagnes, bouviers et pâtres, échappent à la mort, mais ceux qui résident dans vos villes sont emportés par les fleuves vers la mer. Chez nous au contraire, ni dans ce cas, ni dans aucun autre, l’eau ne dévale des hauteurs sur les campagnes ; elles montent naturellement toujours d'en-bas. C’est pourquoi sont conservées chez nous les traditions les plus anciennes. Mais en réalité, dans tous les lieux où le froid ou la chaleur excessive ne s’y opposent pas, la race humaine subsiste toujours, plus ou moins nombreuse. Aussi tout ce qui s’est fait de beau, de grand ou de remarquable, soit chez vous, soit ici, soit dans tout autre pays dont nous ayons entendu parler, tout cela se trouve ici consigné par écrit dans nos temples depuis les temps immémoriaux, et reste ainsi préservé. »
Platon, Timée, d’après la traduction d'Emile Chambry pour la version ici présentée.
10:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : platon phaeton, timée, critias, grèce, comète, astéroides, phaeton
















