18.11.2008
Flashback : Afghanistan – quand les Français filment leur bombardement
P&P : Suite aux récentes menaces des Talibans concernant la présence française en Afghanistan, rappelons quelques faits :
EXCLUSIF BAKCHICH TV / lundi 25 août par ÉMILE BORNE
Bernard Kouchner et Hervé Morin étaient auditionnés ce mardi 26 août par nos députés sur la situation en Afghanistan. Le ministre de la Défense n’a pas reculé et a prévenu son monde : « Nous n’avons pas d’autre choix que de continuer l’effort entrepris par la communauté internationale, cet effort sera nécessairement long ». La guerre n’est pas prête de s’arrêter et les soldats français ne reviendront pas de sitôt au pays… Et le ministre de prédire que de nouvelles pertes sont à craindre. Et oui, cette guerre qui ne disait pas son nom commence à montrer son vrai visage. Il était temps. Cité par le Canard Enchainé, le patron des armées, Jean Louis Georgelin, confiait récemment à ses collaborateurs. "Comme je le répète depuis un moment, l’Afghanistan devient un merdier ingérable". On comprend pourquoi, ces jours ci, il s’est fait discret ! « Bakchich » a mis la main sur des images inédites d’une frappe aérienne menée fin 2005 par l’armée française sur les Talibans. A voir avant de lire l’interview d’un officier « proche du dossier », comme on dit.
Ces images d’Afghanistan devaient rester secrètes. Filmées fin 2005 par des soldats français (vidéo de 4’10’’), elles montrent notamment nos forces spéciales en train de bombarder une base de Talibans dans une zone frontalière avec le Pakistan. Ces frappes interviennent dans le cadre de l’opération militaire américaine Enduring Freedom (« Liberté immuable »), lancée en octobre 2001 par les Etats-Unis. Objectif : chasser les Talibans du pouvoir en Afghanistan et traquer Al Qaïda. Les forces spéciales françaises ont participé à Enduring Freedom de 2003 à 2006 avec environ 200 hommes sur le terrain. Ceux-ci appartenaient aux commandos marine, au 1er RPIMa (Régiment de parachutistes d’infanterie de marine), au 13è RDP (Régiment de Dragons parachutistes) et au CPA10 (commandos parachutistes de l’air). Ils opéraient sous commandement américain et, manifestement, l’armée américaine leur a sous-traité différentes actions. Dont ce bombardement.
INTERVIEW
« La visite précipitée de Nicolas Sarkozy à Kaboul a fait apparaître les Français comme des faibles aux yeux des Talibans »
Bakchich a également rencontré un officier français spécialiste de l’Afghanistan qui souhaite conserver l’anonymat. Il revient de ce pays où des combattants talibans lui ont raconté comment ils perçoivent les troupes françaises et leurs bombardements.
Comment les Talibans voient-ils les troupes étrangères présentes en Afghanistan dans le cadre de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) ?
Les Talibans se considèrent du côté du bien et estiment que les forces étrangères se comportent en barbares. Surtout les Américains. Par exemple, ils ne comprennent pas que ces derniers ne procèdent pas à des échanges de prisonniers, ce que les Talibans avaient l’habitude de faire dans le passé. La doctrine de guerre de l’administration Bush les considère en effet comme des terroristes et non comme des soldats. Les Talibans se plaignent aussi que les Américains torturent leurs prisonniers alors qu’eux-mêmes affirment qu’au nom de l’Islam, ils n’ont pas – et ne peuvent pas avoir – recours à ces pratiques. Enfin, ils perçoivent avec le plus grand mépris les bombardements de ce qu’ils appellent les « forces occupantes ». Pour eux, le combat d’homme à homme est une vertu masculine. Le bombardement qui tue sans discernement est considéré comme une pratique injuste.
Justement, l’armée française bombarde régulièrement leurs positions. Quel impact cela a-t-il sur la perception qu’ont les Talibans des soldats français ?
La seule chose que les Talibans disent des Français est : « ils bombardent ». Ce qui, à leurs yeux, nous place moralement du mauvais côté. On est donc loin de l’image des Français qui nous est restituée par les grands médias nationaux faisant l’éloge de la « French touch » et du comportement humain des soldats sur le terrain ainsi que dans les villages afghans. Aujourd’hui, les Talibans ne font plus aucune différence entre les Français présents en Afghanistan avec des armes et ceux présents sans armes, comme les humanitaires. Ils se disent que dans les deux cas de figure ce sont des étrangers qui les occupent.
Selon vous, comment a été interprétée la visite de Nicolas Sarkozy en Afghanistan après le décès de dix militaires français au cours d’une attaque talibane le 18 août dernier ?
La visite précipitée de Nicolas Sarkozy à Kaboul leur a fait apparaître les Français comme les faibles ou le ventre mou de la coalition internationale présente en Afghanistan. Ce qui ne peut que les inciter à concentrer désormais sur eux leurs attaques.
Source : Bakchich.info
21:12 Publié dans Ponérologie française | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, vidéo, bombardement, taliban, torture, états-unis, terrorisme
16.11.2008
Dessins de Noël
20:03 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : propagande, dessins de noël, afghanistan
23.08.2008
"Pas la patrouille" (lol) : Sarkozy pouffe devant les cercueils des militaires à Kaboul
Psychopathie en action :
« Si c'était à refaire, je le referais. Pas la patrouille ! Pas le même enchainement des événements !», dit le Président avec un petit rire. A Kaboul mercredi, militaires français et officiels étaient réunis pour rendre hommage aux soldats tués dans une embuscade talibane lundi. Le Président assume peut-être, mais ce petit gloussement était du plus mauvais effet, comme l'explique notamment arrêt sur images.
Source : Marianne
Note de P&P : ce rire compulsif que notre ami Sarkozy a visiblement du mal à réprimer fait irrémédiablement penser à une autre scène, celle de Neil Entwistle, un psychopathe bien propre sur lui qui, durant son procès, s'esclaffe devant la vidéo montrant les corps de sa femme et de son bébé – qu'il a assassinés :
Ainsi, Sarkozy pouffe-t-il impunément et avec la plus totale désinvolture devant ses propres méfaits (10 morts, 21 blessés). Il semble que son masque de santé mentale ait une fâcheuse tendance à glisser de plus en plus régulièrement...
15:11 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, afghanistan, morts, guerre, soldats, patrouille, psychopathe
21.08.2008
La colère des proches de Julien, tué en Afghanistan
J’ai juste envie de dire que faire un choix c’est facile, l’assumer c’est autre chose. J’ai juste envie de dire que la mort est devant moi et qu’elle est terrifiante. » Voilà ce que Julien Le Pahun a écrit sur son blog le 16 juillet dernier, à la veille de prendre l’avion pour rejoindre les forces de l’Otan en Afghanistan.
Ce jeune soldat du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa), est l’un des dix combattants tués lundi dans une embuscade des talibans, à une cinquantaine de kilomètres de Kaboul.
A quelques heures de rencontrer le chef de l’Etat pour l’hommage solennel aux Invalides (Paris), ses proches et parents, réunis hier au domicile familial à Montévrain, ne cachaient pas leur colère et leur « rancoeur » devant le destin de Julien.
« Les images qu’on nous montre à la télévision ne reflètent pas la réalité, estime le père du soldat, Joël Le Pahun. La vérité, c’est qu’on envoie des gamins se faire tuer comme des cibles au ball-trap. Pourquoi est-ce que des jeunes de 20 ans, formés depuis six mois ou un an, se retrouvent sur ce terrain, le plus difficile ? Qu’est-ce qu’ils défendent exactement là-bas ? » Toutes ces questions, Joël Le Pahun compte les poser aujourd’hui à Nicolas Sarkozy, qui doit rencontrer les familles des victimes en marge de la cérémonie parisienne.
«La mort est devant moi, elle est terrifiante », a écrit Julien sur son blog
Marine, la petite soeur de Julien, âgée de 17 ans, jurait hier « ne pas avoir envie de parler au président et aux politiques ». Tout comme ses amis, elle préfère se souvenir du jeune homme sociable et rigolard, plus que du soldat engagé en juin 2007 au prestigieux RPIMa de Castres (Tarn). « L’armée l’a changé, notent-ils. Ces derniers mois, il semblait beaucoup plus tendu que d’habitude, comme aux aguets, même quand il dormait. Les soldats, à force, ne sont plus des hommes. Ils deviennent des armes. »
Peu intéressé par les études, Julien avait lâché l’école à 17 ans. « Il pensait qu’il ne lui restait que l’armée, racontent ses amis. Il a passé les tests sans conviction, mais quand il a été admis chez les parachutistes, il était tellement fier qu’il a voulu continuer. » L’Afghanistan était sa première mission. Avec un téléphone portable acheté à Kaboul, il restait en contact quotidiennement avec sa famille et ses copains.
« Il n’avait pas le droit de raconter précisément ce qu’il faisait, raconte son frère Aurélien, âgé de 15 ans. Mais en substance, on comprenait que c’était horrible. » Selon son père, le jeune homme semblait particulièrement tendu à la fin de la semaine dernière : « Vendredi, il était en larmes après une sortie près de Kaboul, relate-t-il. Il me disait que s’il y avait eu des talibans dans ce défilé où ils patrouillaient, ils seraient tous morts. »
Article original : Le Parisien.
10:51 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : afghanistan, julien, castres, armée, guerre, rpima
20.08.2008
Morts sur l'autel de la folie sarkozienne
CASTRES (Tarn), (AFP) - "C'est catastrophique", "c'étaient des membres de la famille", "la ville est marraine du régiment", entendait-on mardi à Castres alors que se répandait la nouvelle de la mort de 10 soldats français en Afghanistan, dont huit basés dans la sous-préfecture du Tarn.
Le 8e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) de Castres a envoyé plus de 550 hommes cet été vers l'Afghanistan dans le cadre des renforts décidés par le gouvernement français.
"Il n'ont pas eu beaucoup de temps d'adaptation. On s'inquiétait de les voir partir pour une destination si risquée, les femmes de militaires ne voulaient pas parler de cette mission", dit tristement Laurent Pasquet, patron du tabac de la rue Gambetta au centre-ville.
Des Castrais ont ressorti mardi le ruban jaune qu'ils arboraient en juillet au moment du départ des troupes en soutien aux soldats et à leurs familles. Le député Philippe Folliot (app. NC) est venu à la caserne du régiment, familièrement surnommé le "8", arborant le fameux ruban jaune.
Laurent Pasquet se rappelle en avoir vendu de nombreux en juillet. "C'était une initiative de la femme du chef de détachement, on les a vendus à deux euros au bénéfice des familles", confie-t-il.
M. Pasquet explique qu'il existe un lien profond entre les 47.000 habitants de Castres et le régiment. "Beaucoup sont restés près de Castres après avoir terminé leur carrière, ça enrichit le lien", dit-il en citant un cas dans sa famille.
Philippe Folliot rappelle "les liens très forts qui se sont tissés depuis 1963 et l'implantation du "8" à Castres". "C'est un élément de symbole fort de la ville, tout comme l'équipe de rugby du Castres Olympique. Beaucoup se disent: "c'est ma famille"", souligne le député.
"Ce n'est pas le moment de remettre en cause notre engagement en Afghanistan", ajoute-t-il, en soulignant qu'un hommage national aux victimes se prépare aux Invalides à Paris.
Une pharmacienne, qui requiert l'anonymat, souligne que "pas mal de jeunes filles d'ici ont rencontré leur mari au 8e RPIMa".
"On a beau dire que ce sont les risques du métier, il ne faut pas oublier la dimension humaine, les enfants qui perdent leur papa, la France doit s'incliner devant eux", ajoute-t-elle.
A la mairie, les drapeaux sont en berne depuis le milieu de l'après-midi et les hommages s'accumulent: "A la foi, la force et le courage", a signé un ancien de la coloniale, tandis qu'un autre salue les "actions menées par nos militaires".
Dans un café de la place Jean Jaurès, au coeur de la ville, Florian Castillan, jeune serveur, ne connaît pas encore les noms des victimes mais il s'inquiète: "J'en connais sans doute, il y a peut-être un ami". Son patron, Gilles Liégeois, visiblement marqué, répète: "C'était une destination à risques, c'est catastrophique!".
Les familles des victimes ont été prises en charge par une cellule d'aide. Les rencontres se font dans la caserne, à l'abri du public. Tout aussi discrètement, des bouquets ont commencé à orner le mur d'enceinte.
Article original : Yahoo News
Note de P&P : Quelques jours après que Sarkozy ait déclaré que les militaires français étaient des incapables et que Fillon ait annoncé le démantélement de l'armée française, 10 soldats français sont morts en Afghanistan et 21 sont blessés dont certains dans un état grave puisqu'ils n'ont toujours pas tous été rapatriés.
Il est difficile de ne pas penser aux épouses, aux orphelins, aux familles, aux amis, qui parfois porteront pour le reste de leur existence les stigmates de ces dramatiques disparitions.
Et bien sûr une question lancinante revient encore et encore : "A quoi auront servi ces morts ? Pourquoi ?"
Face à tant de douleurs on ne peut que s'interroger sur la présence de 2600 militaires français en Afghanistan qui participent à l'occupation et la destruction de l'Afghanistan.
Même les différentes raisons officielles invoquées au fil du temps laissent songeur :
1/ pourchasser Oussama Ben Laden ?
Soi disant insaisissable depuis plus de 7 ans alors que les satellites militaires détectent des têtes d'épingles, on peut se demander si Oussama Ben Laden ne joue pas le rôle idéal du méchant terroriste introuvable, prétexte d'une occupation sans fin. Remarquons également que selon Benazir Buttho, les services secrets saoudiens et les services secrets français, Oussama Ben Laden est mort depuis plusieurs années.
2/ Eradiquer les talibans ?
Ne serait-il pas paradoxal que les Etats Unis et leur vassaux tels que Sarkozy ou Brown se mettent soudain en quête de démocratie alors que tant de nations souffrent sous le joug de dictatures, elles-même mises en place par les Etats-Unis.
Non les armées américaines ne sont nullement libératrices, depuis des décennies que ce soit en Corée, au Vietnam, au Guatemala, au Panama, en Iraq... c'est toujours la même histoire. Un prétexte généralement créé de toutes pièces par la CIA (agression, dictature, guerre civile...) est invoqué pour envahir le pays cible puis le piller (appropriation des ressources minières, pris de contrôles des marchés publics et privés, exploitation de la main d'oeuvre, contrôle du territoire,...)
A ce sujet il est piquant de constater que le mouvement des talibans a été créée dans les années 70 par la CIA dans le cadre du développement de plusieurs mouvements islamistes dans les pays entourant la Russie afin d'attaquer à terme cette dernière.
3/ Libérer l'Afghanistan ?
Quel paradoxe, aujourd'hui l'Afghanistan est occupé, bombardé depuis des années, des milliers de civils ont été sacrifiés par l'armée étasunienne et ses laquais, auparavant la population afghane était victime des talibans formés, financés et entrainés par la CIA.
Dans cette histoire la CIA et le Pentagone se situent aux antipodes du libérateur. Le jour de leur arrivée sur la terre afghane a signé le début de l'asservissement et d'immenses souffrances pour le peuple afghan.
Alors pourquoi ? Pourquoi dix jeunes Français sont allés mourrir à des milliers de kilomètres de leurs familles et de leurs amis ?
Comme souvent l'examen des bénéficiaires d'une opération permet également d'en identifier les auteurs.
Cui bono ? A qui profite la situation ? Si l'on se penche sur la situation de l'Afghanistan on se rend rapidement compte que depuis l'invasion étasunienne deux éléments macro économiques ont sensiblement changé :
-d'une part l'Afghanistan est devenu le premier producteur mondial d'héroïne, sachant que la production d'opium avait été initiée dès le début des années 80 par la CIA.
-d'autre part les accord concernant un gazoduc majeur permettant d'éviter le territoire russe a été signé en juin 2008.
P.S. : Nous recherchons désespérement des images prises pendant ou après l'accident , et nous n'osons écouter nos tendances paranoïaques qui répétent insidieusement : "les médias et les politiques vont main dans la main, aucune image des victimes ne sera donc publiée, ce serait mauvais pour la côte de popularité de notre très cher président".
17:11 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : armée, ben laden, afghanistan, talibans, cia, héroine, gazoduc
19.06.2008
Impeach Bush
Parmi les nombreuses pétitions soutenant l'impeachment de Georges Bush, l'une d'entre elle permet aux non-étasuniens de participer. Vous pouvez donc ajouter votre nom à la pétition initiée par democrats.com
15:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bush, impeachment, kucinich, politique, irak, afghanistan, crime contre l'humanité
15.05.2008
L'Iran va rejoindre l'Afghanistan, l'Iraq et le Liban
15/5/8 - Article original : Réseau Voltaire , traduction : Marie-Ange Patrizio
Silence assourdissant en Italie sur les perspectives d’une grande guerre moyen-orientale amorcée par une attaque balistique et aérienne états-unienne et israélienne contre une présumée base iranienne d’entraînement des terroristes qui tuent les GI’s en Irak. Silence du gouvernement Berlusconi, silence de la majorité et de la minorité parlementaire, silence des politologues et experts militaires, silence des mass médias. On en parle et on en écrit aux États-Unis et en Europe, pas en Italie. La dernière, et la plus alarmante, annonce d’une apocalypse éminente a été donnée par le périodique de droite The American Conservative : sous le titre « La guerre avec l’Iran peut être plus proche qu’on ne l’imagine » Philip Giraldi, ex fonctionnaire de la CIA, se réfère à une réunion du Conseil de sécurité nationale qui a approuvé les plans d’attaque par missiles Cruise contre une base d’Al-Qods (les gardiens de la Révolution) où seraient entraînés les militants irakiens engagés dans la guérilla contre les troupes d’occupation. La secrétaire d’État Condoleeza Rice, le secrétaire au Trésor Henry Paulson, le conseiller pour la Sécurité nationale Stephen Hadley, le président Georges Bush et le vice-président Dick Cheney ont approuvé le plan opérationnel, tandis que le secrétaire à la Défense Robert Gates s’est exprimé en faveur d’un renvoi de l’opération. Deux jours avant, le 7 mai, la Maison-Blanche, par l’intermédiaire des dirigeants de la région kurde en Irak, avait envoyé une communication officielle au gouvernement iranien, demandant à ce dernier d’admettre ses interférences dans le pays voisin et de prendre l’engagement formel d’interrompre son appui aux différents groupes de militants qui se battent contre les troupes d’occupation. Réponse immédiate de Téhéran : aucune discussion n’est possible tant que les États-Unis ne suspendront pas les infiltrations d’agents et le soutien qu’ils fournissent aux dissidents iraniens. D’où la décision de l’Administration Bush d’envoyer un signal « non équivoque », c’est-à-dire balistique, à la direction iranienne. On peut présumer — conclut la note informative de The American Conservative — qu’il s’agira d’une attaque de précision ciblée contre les dispositifs d’Al-Qods sur une base aux environs de Téhéran, qui évitera des pertes chez les civils : il reviendra au président de donner l’ordre de mission dès que les préparatifs seront au point.
Le 10 mai, la Maison-Blanche a admis officieusement qu’une réunion du Conseil de sécurité nationale avait eu lieu et qu’elle avait eu pour thème la visite du président à Jérusalem cette semaine, pour participer aux célébrations du 60ème anniversaire de l’État d’Israël, ainsi que pour relancer les négociations de paix, argument repris ensuite par Georges Bush le 12 mai.
Non moins alarmants sont les développements de ces dernières semaines : un second porte-avions avec chasseurs bombardiers et navires d’appui a rejoint l’imposant déploiement aéronaval états-unien dans le Golfe Persique ; on voit croître de jour en jour le barrage de dénonciations contre le gouvernement de Téhéran, de la part du Département d’Etat, pour de présumées interférences militaires en Irak, alors que se montent désormais à 5 les interceptions d’unités légères iraniennes dans les eaux territoriales par des unités de la marine US ; de vastes champs de mines ont été installés aux frontières ; et malgré les démentis de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA) et de seize agences de renseignement états-uniennes, le vice-président Cheney et le secrétaire d’État Rice ont continué, de concert avec le gouvernement israélien, à dénoncer la potentielle menace nucléaire de Téhéran ; la tentative manquée au Liban de neutraliser le Hezbollah, prélude probable d’une seconde offensive israélienne, peut avoir induit Washington à accélérer le calendrier de l’offensive contre l’Iran.
Gary Leupp, professeur d’histoire à la Tufts University, orientaliste et expert des questions moyen-orientales, a tracé, à partir des révélations publiées par The American Conservative, les possibles conséquences catastrophiques de l’attaque états-unienne prévue : d’une réaction militaire iranienne spasmodique et généralisée, à l’engagement dans la guerre de la Syrie et du Liban ; des insurrections armées chiites au renversement des régimes pro-occidentaux jusqu’à de nouvelles alliances, impensables aujourd’hui, comme celle de Téhéran et des Talibans sunnites. Gary Leupp est on ne peut plus pessimiste sur l’éventuelle opposition de l’opinion publique états-unienne qui serait prise dans une grande flambée patriotique de soutien à « nos boys au front » ; quant aux deux candidats démocrates à la présidence, tant Hillary Clinton que Barak Obama ont déjà assuré que, contre l’Iran, « toute option est valable » ; sans parler du républicain McCain, qui a même été décrit par un de ses partisans comme « un Bush aux stéroïdes ». Une grande guerre moyen-orientale rendrait certaine sa déjà probable victoire en novembre ; elle aiderait les États-Unis à dépasser leur plus grave crise économique depuis celle des années Trente ; et dans le projet insensé des neocons, l’interruption des flux énergétiques moyen-orientaux vers la Chine, l’Inde et l’Europe, ainsi qu’une utilisation possible d’armes nucléaires tactiques contre l’Iran, renforcerait l’hégémonie politique militaire du grand empire d’occident sur le monde entier.
Et l’Italie ? « L’Italie fera sa part » comme l’a anticipé l’ex-ministre de la Défense et ultra atlantiste Martino, avec sa proposition de changer les règles d’engagement au Liban, et d’employer directement nos valeureuses troupes sur les champs de bataille afghans. Tous les autres, opposition et gouvernement, journaux et télé journaux préfèrent ignorer le drame imminent qui risque de s’abattre sur l’humanité. C’est ainsi que nous ne savons pas si nous avons augmenté —comme tous les autres pays européens— nos réserves stratégiques de pétrole, si le ministère de la Défense a déjà préparé des plans d’évacuation pour nos soldats dépourvus de tous moyens militaires propres à combattre dans une guerre ouverte, en Afghanistan et au Liban, et de ces centaines de carabiniers et forces spéciales employées à l’entraînement de l’armée et de la police en Irak.
Le gouvernement du bel paese et l’opposition de Sa Majesté préfèrent s’occuper de la nécessité urgente de bâillonner Travaglio [1], de réduire à néant Anno Zero [2]et d’actualiser les diktats contre les femmes de Joseph Ratzinger [3].
| Lucio Manisco Journaliste ; il a été le correspondant de la Rai, et de titres de la presse écrite, pendant plusieurs dizaines d’années aux États-Unis ; ex-fondateur du quotidien Liberazione (organe du Prc), et ancien député européen. |
[2] Émission politique de la chaîne RAI Due, qui a donné plusieurs fois à Travaglio un droit de réplique.
[3] Le 22 mai sera le 30ème anniversaire de la loi 194, autorisant l’interruption volontaire de grossesse en Italie. En recevant avant-hier 800 représentants du Movimento per la vita, qui demande l’abrogation de cette loi, le pape Benoït XVI a ouvert sa remise en question. Une manifestation à l’appel de nombreuses associations laïques, féministes, gays et de centres sociaux, est organisée sous le nom de « Pride laico » en défense de la loi 194, à l’occasion de la visite du pape à Gênes, samedi 17 mai, voir dirittinrete.org
17:21 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irzan, iraq, afghanistan, invasion, guerre, cheney, cia
03.04.2008
Troupes françaises en Afghanistan
Mesdames, Messieurs les Députés et Sénateurs,
A l'heure où les députés PS déposent une motion de censure contre le gouvernement Fillon suite à la décision de renforcer de près de 1000 hommes la présence française en Afghanistan (après que notre ex-candidat président eût affirmé le contraire en Avril avant les élection), il apparaît de plus en plus nécessaire de resituer le débat sur les origines de ce conflit.
Après les terribles attentats du 11 septembre 2001 G.W. BUSH déclare la guerre aux terroristes estimés responsables de cette tragédie et l'Afghanistan est désigné comme hébergeant leur chef: Oussama Ben Laden.
Le 21 septembre 2001, en direct sur CNN, le porte parole du gouvernement afghan a déclaré qu'il livrerait Oussama Ben Laden à la justice américaine sur présentation de preuves, dont l'existence "accablante" avait été simplement affirmée la veille par Colin Powell. Où sont les preuves? Elles n'ont jamais été présentées. Oussama Ben Laden n'est à ce jour même pas recherché par le FBI pour les attentats de 2001…
La situation actuelle en Afghanistan
Où en est l'Afghanistan aujourd'hui ? Depuis l'occupation étrangère, la production de pavot a atteint des records en 2007 et 47 civils en moyenne meurent pour chaque militaire tombé. Les complexes souterrains afghans de Tora Bora décrits dans les journaux comme des installations dignes d'un James Bond, n'étaient finalement que de simples grottes vides. Mais tout cela est resté dans l'imaginaire collectif, comme suffisant pour justifier une invasions et des bombardements souvent meurtriers pour une population sous le feu de la guerre depuis des décennies.
L'arrestation de Ben Laden fut un véritable échec. On se souviendra aussi de la fuite du mollah Omar en moto. Ben Laden n'a jamais été capturé alors que des militaires français affirment l'avoir eu dans leur viseur. Bref l'invasion punitive de l'Afghanistan, déclarée le 7 octobre 2001 sous le nom pompeux de "Liberté immuable" a surtout servi à justifier l'occupation d'un pays stratégiquement important pour l'acheminement des ressources pétrolières de la mer Caspienne. Ainsi Amid Karzaï, ancien conseiller de l'industrie pétrolière américaine Unocal, fut parachuté président par le biais de négociations financières et de fausses élections « démocratiques » …
De la même manière, L'ancien secretaire d'etat Colin Powell a menti sur les ADM en Irak , l'administration Bush ayant finalement reconnu en 2005 que ces armes n'existaient pas. De même l'Anthrax brandi par Colin Powell en plein hémicycle de l'ONU s'est avéré être de la simple farine et les seules souches détectées aux USA provenaient de laboratoires américains. Il est donc urgent de réfléchir au raisons qui justifieraient la présence de militaires français dans dans croisades justifiées par des manipulation médiatiques.
L'exemple Japonais
Le 10 janvier dernier, le Sénat japonais a refusé de voter la prorogation de l'aide aux troupes de l'OTAN stationnées en Afghanistan (2 navires japonais ravitaillent les troupes de l'OTAN en carburant). Le Premier ministre japonais n'a dû son salut vis-à-vis de Washington qu'avec l'aide d'une procédure exceptionnelle dite du vote à la majorité des 2 tiers, employée pour la première fois depuis que le Japon a recouvré sa souveraineté en 1952. Pourquoi ? L'AFP n'a pas diffusé les raisons : Un sénateur japonais centriste, M. Yukihiro Fujita, a publiquement, et avec le soutien de son parti, mis en doute les allégations de Washington quant à la responsabilité de l'Etat afghan dans les attentats de Septembre 2001. Aucune enquête japonaise indépendante n'a été menée. Tout a été décidé sur la foi de simples "renseignements confidentiels" fournis par Washington, attitude qu'une contre-enquête citoyenne internationale en cours remet en cause, et dont le courageux Sénateur s'est fait l'écho. Cette contre-enquête appelle à la réouverture officielle du dossier 11 Septembre 2001. Car c'est bien là l'origine du déclenchement de la guerre globale contre les terroristes .
Familles des victimes, Commission d'enquête
C'est seulement parce que des familles de victimes ont forcé la Maison Blanche à le faire, qu'une simple enquête à valeur administrative a été consentie par la Maison Blanche plus d'un an après (un record de lenteur dans l'histoire de l'administration américaine)… Et le rapport de la Commission d'enquête ne vaut rien car la méthodologie suivie ne permet pas de « judiciariser » ses conclusions.
Ainsi le plus grand attentat de tous les temps sur le territoire des Etats-Unis est en panne d'enquête judiciaire nationale et de procès depuis 6 ans et demi, seules des procédures privées sont en cours, promises au non lieu, et la torture (cf. Guantanamo et les propos de GW BUSH ) a remplacé le renseignement et les investigations, sans résultats crédibles comme vous avez pu le constater depuis.
A la lumière de ces simples constatations préoccupantes, nous vous demandons instamment de surseoir à l'envoi de nos soldats et compatriotes en Afghanistan, car ce serait au nom de raisons que nous sommes à ce jour bien en peine d'identifier avec certitude. Réfléchissons ensemble, ne nous laissons pas gagner par la tentation de l'Atlantisme forcené, mais par une collaboration raisonnée avec avec la nation américaine.
Avec la solennité qui sied à ce risque de tournant diplomatique français, recevez, Mesdames, Monsieurs les Députés et Sénateurs, l'assurance de notre profond respect envers votre fonction et nos institutions.
Paris, le 1er avril 2008
Association ReOpen911
www.ReOpen911.info
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