13.05.2008

Sauvons la recherche

Dans la continuité du discours de N. Sarkozy sur la recherche et l'enseignement supérieur, le gouvernement poursuit une politique qui se caractérise notamment par une focalisation sur la recherche qui lui apparaît, aujourd'hui, comme utile, et par une limitation de l'investissement public à cette seule partie de la recherche, ainsi qu'au soutien aux entreprises, au détriment notamment de l'emploi scientifique. Le contrôle étroit de l'activité de recherche par le politique et l'économie est contreproductif et dangereux, l'histoire nous l'a largement appris. 

Pourtant, c'est manifestement l'objectif principal de notre gouvernement. Une des façons d'y aboutir est de fragmenter le CNRS Instituts qu'il veut rendre plus facilement orientables. Cette fragmentation du CNRS devrait être décidée par son conseil d'administration, le 19 juin. Elle aurait des conséquences dramatiques, en particulier pour l'avenir de secteurs jugés "inutiles" comme la biologie la plus fondamentale ainsi que pour une grande partie des SHS (Sciences Humaines et Sociales). 

La question se pose en effet de leur maintien au sein du CNRS, avec tout ce que cela suppose comme intégration à la politique scientifique et comme moyens humains et budgétaires. Quant aux personnels, c'est évidemment un non-sens de prétendre investir dans le domaine de la connaissance en refusant de proposer des conditions de travail dignes aux jeunes qui veulent s'y investir, et à qui on offre de plus en plus de courts CDD, dont la plupart n'ont pas de débouchés stables.

La politique du gouvernement en matière d'enseignement supérieur et de recherche ces dernières années a conduit la France à la 14e place en termes de dépenses de recherche et développement. Elle mène droit dans le mur non seulement les personnels qui y travaillent, les étudiants, mais toute la population qui a besoin que ce secteur soit en bonne santé. Nous vous appelons donc à vous joindre à nous à deux occasions en ce mois de mai.

- 15 mai : Journée de grève avec manifestations, pour défendre et améliorer la fonction publique. La recherche et l'enseignement supérieur font partie de ces services publics que le pouvoir actuel est en train d'affaiblir. Dans notre secteur, aucune création de postes n’a été prévue alors que les manques en personnels de toutes catégories sont criants. La priorité donnée à la réussite en licence, les conditions d’études afférentes, ne pourront se concrétiser sans création de nouveaux emplois scientifiques. Pour soutenir nos services publics, nous défilerons le 15 mai, à l'appel de SLR et de nombreux syndicats.  
Voir http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1879    

- 15 mai, 17h15 à 20h15 : les sciences humaines et sociales - quelle place, quel avenir, quels enjeux ? Réunion nationale à Paris sur la place des SHS, et plus largement des thématiques non-prioritaires aujourd’hui. Voir http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1876 

 - 27 mai : Academic Pride (La marche de tous les savoirs) à l'appel de SLR et de plusieurs syndicats. Nous, chercheurs, enseignants-chercheurs et ITA, marcherons le 27 mai, parce que nous sommes fiers de nos recherches, des plus discrètes jusqu’aux plus visibles, qui obtiennent des récompenses internationales (Médaille Fields en 2006 ou le prix Nobel en 2007) et qui consacrent le travail de très longue haleine mené par des équipes. Il faut que nous soyons nombreux dans la rue ce jour-là pour dire que nous sommes fiers de nos métiers, et que nous défendons un certain nombre de valeurs qui sont indispensables à ce type d'activité.  Voir http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1875 et http://www.academicpride.fr.nf/    

Vous trouverez sur notre site plusieurs articles sur ces questions :   

- sur la découpe de la recherche :http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1854  
- l'appel sur les SHS : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1867  
- une comparaison internationale des réformes universitaires en cours : chronique des ravages annoncés de la "modernisation" universitaire en Europe : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1872  
- le début d'une série d'articles analysant la réalité du budget de la recherche : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1878     

 

Note de P&P : Sarkozy et ses sbires poursuivent leur entreprise de démantèlement de la recherche publique française avec une attention particulière portée aux sciences sociales. Cette spécificité résonne fortement avec ce passage de Ponérologie Politique qui fut pourtant écrit il y a plusieurs décennies :     

La situation des sciences sociales et médicales, ainsi que des personnes qui y travaillent, ne peut être comprise que quand on a saisi la vraie nature de la pathocratie à la lumière de l’approche ponérologique. Imaginons donc quelque chose qui n’est  possible qu’en théorie, c’est-à-dire un pays soumis à une règle pathocratique, mais où il est autorisé de développer librement ces sciences, de laisser circuler tout aussi librement de la littérature scientifique, et d’avoir des contacts avec les hommes de science d’autres pays.  La psychologie, la psychopathologie, la psychiatrie, seraient florissantes et produiraient des représentants remarquables. Quels seraient les résultats ? 

Cette accumulation rapide de connaissances utiles permettrait d’entreprendre des études dont nous saisissons la portée. Les éléments manquants et les questions insuffisamment approfondies seraient complétés et approfondis grâce à des recherches détaillées. Le diagnostic de la situation pourrait donc avoir lieu, disons, dans la première douzaine d’années de formation d’une pathocratie, particulièrement si cette dernière est imposée. La base du scénario de déduction serait significativement plus large que tout ce que l’auteur peut présenter ici, et ces scénarios seraient illustrés grâce à un riche corpus de matériel analytique et statistique. Une fois communiqué à l’opinion mondiale, ce diagnostic serait promptement intégré, ce qui aurait pour résultat d’expulser de la conscience de la société les naïves doctrines politiques et la propagande. 

Il atteindrait les nations faisant l’objet de visées expansionnistes de la part de l’empire pathocratiques. Cela rendrait pour le moins caduque toute idéologie élaborée sur le modèle d’un Cheval de Troie pathocrate. En dépit de leurs différences, les pays gouvernés par des systèmes normaux seraient solidaires devant un danger déjà compris, leur solidarité étant semblable à celle qui lie les gens normaux forcés de vivre sous une règle pathocratique. Cette conscience, répandue dans les pays affectés par ce phénomène, renforcerait simultanément la résistance psychologique des sociétés normales et leur fournirait de nouveaux moyens d’autodéfense. Est-ce qu’un empire pathocratique peut se risquer à permettre cela ? 

Pendant les périodes où les disciplines susmentionnées se développent avec rapidité dans un certain nombre de pays,  le problème de la prévention de la menace psychiatrique devient une question de vie ou de mort pour la pathocratie. Tout risque de voir émerger une telle situation doit donc être étouffé dans l’oeuf, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’empire.     

 

09.05.2008

Après un an d'accoutumance, comment cesser d’être sarkomane ?

Un an. La mémoire collective retiendra que le 6 mai 2007 a généré deux nouvelles entités. Première, dans le temps officiel: naissance de Rue89, à 18 heures. Seconde, deux heures plus tard, quand le flipper claque le score: avènement d’un hyperprésident. Depuis le début de l’année, et à l’aune des quantités de livres qui paraissent, le Cabinet de lecture livre régulièrement son diagnostic. Un an, ça se fête. Nous continuons les soins avec deux ouvrages originaux.

Sarkozy sur le perron de l'Elysée le 5 mars 2008 (DR).

Après quelques pamphlets (Rambaud), essais (Mona Chollet, Howlett, Léotard) et romans (Pascale Clark), le Cabinet de lecture a choisi, en cette date-bilan, de sélectionner des essais récents aux accents pamphlétaires. Pour un anniversaire qui est, en tout point, le nôtre et le vôtre. Pour, au bout d’un an d’une déferlante ahurissante de livres sur l’occupant de l’Elysée, en finir avec la sarkodépendance.

"C’est la part la plus mauvaise de nous-mêmes qui s’est hissée au sommet de l’Etat"

'Il faut qu'il parte', de Sébastien Lapaque (DR).Le livre le plus marquant est subtilement pérecquien: "Il faut qu’il parte" de Sébastien Lapaque. Critique littéraire au Figaro, ne voulant se situer politiquement, Lapaque se dit lui-même "littérairement proche des écrivains qui étaient du côté du Général: Bernanos, Mauriac, Malraux". De culture catholique, Lapaque est de ceux qui exigent une religion discrète. L’ire lui est venue avec "le discours de réarmement identitaire catholique prononcé le 20 décembre 2007 en la basilique Saint-Jean-de-Lattran à Rome", où Bernanos (dont il fut offert un livre au pape) "sert de cache-misère au pharisaïsme".

La cible? Cette "hyperclasse politique" qui préfère les livres de management à Montesquieu et Aristote. Les livres à rendement visible et immédiat. Un nihilisme qui gouverne les discours ("L’absence d’arrière-pays littéraire, historique et philosophique autorise nos élites déculturées à manier des images dont elles ignorent
le sens complet"), et cisaille le rapport entre notre inconscient culturel collectif et réalité sociétale.

Quand il reprend le dramatique discours de Christine Lagarde ce 10 juillet 2007 à l’Assemblée ("Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire: assez pensé maintenant. Retroussons nos manches!"), la chose est claire: en France, actuellement, la nature grignote du terrain à la culture.

Lapaque place son livre dans l’Histoire: la droite sarkoziste est une copie déculturée de la bourgeoise au pouvoir… sous Louis-Philippe! Quelques valeurs contre-révolutionnaires en moins, le nihilisme en plus. Ce nihilisme de l’inconscient, un homme l’incarne assurément: Sarkozy. Qui, pour faire avancer le vide et triompher la finance, envahit tout l’espace.

"Il faut qu’il parte", virulent défenseur de l’inconscient historique et de la culture, mi-moraliste mi-pamphlet, parvient pourtant à ne jamais nommer Sarkozy. La couverture même du livre témoigne de l’entreprise: c’est la photo officielle, de laquelle Photoshop a effacé Sarkozy… Une disparition à la Pérec. L’ouvrage, profondément immergé dans la culture et dans l’Histoire, désincarne l’homme pour proposer une lecture ultra-critique de la dépolitisation de son exercice de la politique. Cinglant.

Ce rapport entre omniprésence du Président et désincarnation de son propre statut, c’est aussi ce qui est à l’œuvre dans l’ouvrage du psychiatre Serge Hefez, "La Sarkose obsessionnelle".



Fumer du Narcisse nuit à la santé

"Quand je pense à lui, je me sens envahie par une substance obscène dont je ne parviens pas à me débarrasser."

'La Sarkose obsessionnelle', de Serge Hefez (DR).Il y a quelques mois, on avait eu vent que de plus en plus de gens rêvaient de Sarkozy. Que nous étions de plus en plus sarkotox. Le psychiatre avait entendu ces témoignages dans son propre cabinet. Pour lui, le déséquilibre entre notre propre image et le lien non pas œdipien (ce qui aurait une logique), mais narcissique, avec le président élu est un symptôme typique de la névrose. Une sarkoze qui "consiste en une obstruction imaginaire par l’épopée sarkozienne et se traduit par l’impossibilité de détourner ses pensées de la figure du chef de l’Etat". L’heure est décidément bien grave.

Toute la démonstration de l’ouvrage repose sur la notion de perversion narcissique, qu’il illustre et démontre. Pour les "Homo Narcissus " que nous sommes, Sarkozy incarne l’enracinement et la personnification même d’une névrose propre à nos anticivilisations de la marchandise. Celles où l’avancée d’une société se mesure à l’avancée d’une maladie et non à celle du progrès…

"Car ce narcissisme qu’il exhibe à son paroxysme nous est très familier. Dans cette immense révolution des valeurs que représente le passage à nos sociétés individualistes, notre référent ultime est la figure de l’Individu tout-puissant, contenant en lui-même l’humanité entière, incarnation de l’autonomie absolue."

Libido, pulsions, frénésie. Et vulgarité.

Une perversion narcissique qui, en tant que telle, interroge notre propre complicité, consciente ou inconsciente. De nos jours, le narcissisme est collectif, consenti. Dans une démocratie représentative où Lapaque stigmatise le "substrat royaliste" (entendez, l'Ancien Régime"), il se réalise dans un homme qui n’est plus forcément un dictateur:

"La Sarkoze obsessionnelle, c’est la rencontre entre un peuple d’Homo Narcissus et un président hypernarcissique qui se gavent mutuellement des émotions l’un de l’autre."

Auparavant, le président entrait dans notre imaginaire par les voies autoritaires du surmoi. Sarkozy, lui, envahit notre psyché collective par effraction: par le "ça", cette espace psychanalytique où reposent libido, pulsions, désirs, frénésie. Et signe la prédominance de l’émotion sur la réflexion. D’où, aussi, sa vulgarité.

De même, pour Hefez, lorsqu’il investit le terrain de l’enfance (épisode de la mémoire de la Shoah dans chaque élève de CM2), il ne faut pas y voir autre chose qu’une "inflation narcissique par laquelle il peut embarrasser, humilier, blesser, tout en exultant de ses actions et de ses valorisations personnelles. Le narcissisme poussé à l’extrême, c’est utiliser les êtres humains comme des instruments de son propre pouvoir et comme un décor de son propre destin, de sa propre jouissance."

Par de multiples microdémonstrations, Hefez démonte la façon dont Sarkozy parvient à faire prédominer la puissance individuelle sur la puissance du collectif. Coupant le lien social. Fin du fin de la politique libérale. Hefez signe ici une surpuissante démonstration psychanalytique et politique.

Les deux ouvrages réfléchissent avec profondeur sur le politique dans notre civilisation. "C’est la part la plus mauvaise de nous-même qui s’est hissée au sommet de l’Etat", écrit Lapaque. Concernant le rapport entre cette droite financière et le désamour très thatchérien du pays à présent sous son joug, on trouvera chez Lapaque de nombreux parallèles avec le visionnaire "Misère du sarkozysme – cette droite qui n’aime pas la France" de Paul Ariès, paru en 2005 (éd. Parangon).



Et après?

'Psychanalyse d’un président', de l’Ecotais et Moscovitz (DR)."La Sarkose obsessionnelle" se lira accompagné de la "Psychanalyse d’un président" du journaliste Yann de l’Ecotais et du psychanalyste Jean-Jacques Moscovitz. Une confrontation des discours journalistiques et psychanalytique qui retisse les liens entre ses surexploitées blessures d’enfances, la judéité des ancêtres et le rapport au corps de notre jogger à talonnettes.

'Galipettes et cabrioles à l’Elysée', de Thierry Desjardins (DR).Pour finir en beauté, donc en colère, on pourra lire la lettre de Thierry Desjardins. Même à la retraite, l’ancien rédacteur en chef du Figaro continue d’écrire aux Présidents -une spécialité maison: "Galipettes et cabrioles à l’Elysée" revisite l’année qui s’est achevée hier. Une colère qui ne nous apprend rien, mais une rage qui fait un peu de bien et se pose en complément de "L’Aube, le soir ou la nuit" qui était le premier travaillant notre rapport au boss. C’était il y a longtemps déjà…

 
 
 
 
 
 
 

Il faut qu’il parte de Sébastien Lapaque - Stock - 137p. – 12€.
La Sarkose obsessionnelle de Serge Hefez - Hachette Littératures - 117p. - 12,50€.
Psychanalyse d’un président de Jean-Jacques Moscovitz et Yann de l’Ecotais - L’Archipel - 213p. - 17,95€.
Galipettes et cabrioles à l’Elysée de Thierry Desjardins - Fayard - 240p. - 16€.

08.05.2008

elle est belle, elle est belle ma Carla


 

 

 

 

 

Note de P&P : Remarquez comment notre brillantissime président, dont la dignité n'a d'égale que la prestance, hocquète nerveusement les mêmes phrases simplistes, puis, comme envoûté par une puissance supérieure il se rapproche hébété et fébrile de sa dulcinée à la manière de ces petits chiens animés par cette mauvaise tendance à épancher leurs pulsions séminales sur le tibia d'êtres humains  peu concernés par les nauséabondes souillures blanchâtres laissées sur leurs plus beaux pantalons.

Et dire que cet indvidu va tenter de traîner le peuple de France dans la guerre contre l'Iran...

Vidéo issue du site Rue 89

 

 

24.04.2008

Un grand homme d'Etat

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Une grenouille vit un boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur.
Disant : " Regardez bien ma soeur;
Est-ce assez ? dites-moi; n'y suis-je point encore ?
Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout.
M'y voilà ?
Vous n'en approchez point "
La chétive pécore.
S'enfla si bien qu'elle creva.

 

 

16.04.2008

Le test de l'orteil

La Tribune relève que la ministre de la Santé « a démenti hier avoir évoqué un éventuel déremboursement des frais d’optique, en dénonçant une «polémique ridicule» ».
Le journal observe que Roselyne Bachelot « a assuré que son objectif était au contraire d’obtenir que les Français soient «mieux assurés, mieux pris en charge pour l’optique» ».
Le quotidien ajoute que la ministre « a expliqué que des négociations sur le financement du système de santé allaient bien s’ouvrir avec les complémentaires santé ».
La Tribune note que « concernant l’optique, ce secteur est «tout à fait majoritairement pris en charge» par les organismes complémentaires et de «façon très, très marginale par l’assurance-maladie», a souligné [la ministre], expliquant qu’une réflexion avait bien été lancée mais pour «renforcer la prise en charge solidaire des dépenses d’optique qui peuvent grever le budget de nos concitoyens les plus modestes» ».
Le Monde aborde également ce « débat sur l'abandon de la prise en charge des frais d'optique par la Sécurité sociale ».
Le journal constate aussi que « le ministère de la Santé a assuré qu'il n'était pas question de "déremboursement" des frais d'optique ».
« Selon le ministère, les dépenses d'optique ne sont pas particulièrement ciblées. […] Pour Mme Bachelot, les complémentaires doivent prendre plus de place dans le remboursement des soins »,
poursuit le quotidien.
Le Figaro relève de son côté que « Bachelot tente de corriger le tir », observant que « la ministre de la Santé veut calmer les inquiétudes sur le remboursement des dépenses d’optique ».

Article original : Mediscoop

Note de P&P : Le mode opératoire du gouvernement Sarkozy est aussi pernicieux qu’affligeant.

La mission confiée à Sarkozy est simple : réduire le peuple français à l’esclavage et à la misère. Pour cela il suffit de détruire un à un tous ses acquis (éducation, retraites, droits chômage, transports publics, hôpitaux,…)

Puisque l’objectif est très clairement fixé, il n’y a donc plus aucune place à ces négociations, ces concertations si souvent invoquées par les laquais du gouvernement.

Néanmoins les déboulonnages systématiques de nos droits comparés aux mesures favorisant systématiquement les plus nantis alertent un nombre grandissant de Français qui commencent à entretenir de sérieux doutes quant à l’honnêteté du sémillant Sarkozy.

Les médias maintiennent leur propagande avec des articles qui évitent au maximum les sujets qui fâchent (augmentation de salaire pharaonique, revente douteuse de sa propriété de Neuilly, intervention salon de l'agriculture, altercation avec des marins-pêcheurs, intervention au G8,…) et qui entretiennent l’illusion de la popularité de Sarkozy (38% de satisfaits au dernier sondage, la réalité doit donc être aux alentours de  80% de mécontents).

Ceci dit certains commencent à voir les pieds derrière le rideau, il est donc devenu nécessaire que nos chères élites soignent un peu plus la forme (tout en conservant bien sûr un fond toujours aussi inhumain).

C’est pour cela qu’est de plus en plus utilisé le test de l’orteil. On met discrètement l’orteil dans le bain et si c’est trop chaud on le retire l’air de rien.

Innocemment donc Sarkozy ou l’un de ses sinistres sbires annonce ou fait annoncer par les médias un projet de réforme nous emmenant un peu plus vers ce grand idéal orwelien qui fait le bonheur du peuple étasunien.

Une fois l'annonce faite on attend la réaction.

Si le peuple reste coi, assommé par des journées de travail interminables (merci à la baisse du pouvoir d’achat), des heures de bouchon (merci au démantèlement des transports en commun), des programmes télés abrutissants (merci aux patrons de chaines et leur lobotomies à distance), et une nourriture aussi toxique que l’air ou que l’eau (merci aux industriels de l’agroalimentaire, de la chimie, de la pharmacie et des autres secteurs) alors la réforme est adoptée et on passe rapidement au prochain déboulonnage de l’édifice social.

Si malgré les nombreuses camisoles qui l’entravent, le peuple gronde alors on tergiverse un peu pour voir s’il s’agit d’une réaction durable. Si tel est le cas alors on retire la réforme avec toute l’hypocrisie crasse qui caractérise nos chers gouvernants. Le retrait de la réforme est un moment inoubliable où l’on assiste à une cacophonie de mensonges, de pseudo-justifications et de subites amnésies.

« Nous n’avons jamais dit cela », « il s’agissait seulement d’un projet », « au contraire nous pensons que », « une telle mesure n’aurait été adoptée qu’après négociations », « vous nous avez mal compris », « il s’agit d’un gigantesque malentendu », « l’inertie de la France la perdra », « une minorité a créé de toute pièce ce mouvement », « la France doit faire fi de son attitude passéiste », « le progrès a un prix », « cette déclaration n’a jamais été validée par l’Elysée », « pour rester compétitive la France doit », « il s’agit seulement d’une perspective de négociations », « parfois les journalistes s’avancent un peu trop »,…

Vous noterez combien les "grands" médias (La Tribune, le Monde, Le Figaro) accompagnent en souplesse ces changements de cap. Tout cela peut nous rappeler cette phrase célèbre du regretté Edgard Faure :  "ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent" 

08.04.2008

Stichomythie à Sarkozy

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Dans ce monde où les pathocrates jurent de protéger
le peuple des menaces qu’ils ont eux-mêmes créées

Dans ce monde où les psychopathes traquent la vermine
les humains trop nombreux devront connaître famine

Dans ce monde où les synocrates orchestrent savamment
révolutions, tortures, suicides et bombardements

Dans ce monde où les oligarques tirent ficelles
des journalistes, politiciens et maquerelles

Ici les psychopathes dictent ce que peuple sait
contrôlent média central, alternatif, opposé

Oswald, Ruby, rares sont les coupables désignés
auteurs des crimes et délits dont ils sont accusés

Oussama, pion des USA hèle ses talibans
terroristes depuis une grotte en Afghanistan

L’Irak déploie ses armes de destructions massives
livre pétrole, sable, misère mais point d’ogive

Libéralisme ou communisme, vaines illusions de choix
torturé par Charybde ou supplicié par Scylla

Conservent le peuple aveugle, esclave de ses peurs
guerre froide, choc des religions, leviers de la terreur

Flammes orientales siéent au pompier pyromane
péril jaune détrône peurs russes ou musulmanes

Israël, Europe, USA, empire colonial
traquent, pillent, brûlent tel un despote féodal

Médias et autres laquais s’émeuvent pour le Tibet
dans l’indifférence Iraq et Palestine sont démembrées

La Chine, de l’Occident nouveau bouc émissaire
occulte guerres, rapines, crises et cimetières

Ouvrier responsable dans son usine de Canton
de l’actionnaire rapace et ses relocalisations

Yuan, devise huée, coupable des maux financiers
paravent du chaos par les banquiers prémédité

Pestiférés, sorcières puis chinois portent l’opprobre
masquant le mal global grondent les discours sinophobes

Médias, patrons, politiques jouent la farce olympique
conspuent l’autocratique rejoignent le bal des cyniques

Courbettes et affection pour Israël ou la Lybie
plus tatillon avec Pékin parait le Sarkozy

Sarkozy abat l'oeuvre gaulliste.

Sarkozy en visite à Kaboul le 22 décembre (Eric Feferberg/Reuters)

1745298742.jpgQuelques pages dans un petit carnet de note illustrent la distance parcourue en un peu plus d'un an dans le positionnement international de la France. Mes premières notes portent sur un "briefing" d'un conseiller de l'Elysée à l'époque de Jacques Chirac, en novembre 2006:

"L'Otan ne doit pas apparaître comme le gendarme d'un monde occidental bien pensant"... "l'Otan n'est pas l'alpha et l'omega de l'organisation de la sécurité internationale"... "le risque est que l'Otan devienne le club occidental de sécurité qui s'étendra au monde entier."

Quelques pages plus loin, des notes toutes fraîches, lors d'un "briefing" de l'ère Sarkozy, il y a quelques jours:

"Pendant trente ans, la France a été hypocrite. Elle a fait chier tout le monde, et elle y allait. On a joué au gaullisme à peu de frais. Nicolas Sarkozy dit clairement des choses qui étaient déjà dans les faits... Sa vision du monde: la France est dans le bloc occidental, c'est assumé, et c'est une rupture... L'Otan devient globale, y compris en Afrique".

 

"Situer la France au sein de sa famille occidentale"

Ces deux postures, à un an d'intervalle, sont au coeur du virage de la politique étrangère française, et ce tournant passe par l'Afghanistan, où la France va envoyer des renforts militaires, et par Bucarest, où Nicolas Sarkozy participe mercredi et jeudi au Sommet de l'Alliance atlantique.

Le successeur de Jacques Chirac assume son positionnement en des termes que n'auraient jamais employés ses prédécesseurs. "Relisez son discours de politique étrangère le plus important, celui qu'il a prononcé devant le corps diplomatique le 18 janvier", souligne notre "briefeur". On est allé voir, et, de fait, il affiche la couleur:

"J’ai d’abord voulu situer, franchement et nettement, et là est la première rupture, la France au sein de sa famille occidentale. (...) En se plaçant clairement dans sa famille occidentale, la France, et c’était mon objectif, accroît sa crédibilité, sa marge d’action, sa capacité d’influence à l’intérieur comme à l’extérieur de sa famille. D'ailleurs, comment espérer avoir de l'influence sur sa famille politique si, dans le même temps, on n'y a plus sa place ou si les membres de cette famille politique se méfient de vous? La capacité d'influence de la France sur sa famille occidentale tient à la clarté de son engagement et de ses choix.".

Appelons cela l'Atlantisme décomplexé... C'est donc le choix de l'engagement au côté des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, signifié par les deux grands voyages et deux grands discours prononcés par le Président à Washington en novembre et à Londres la semaine dernière. Le choix du retour plein et entier dans les structures militaires de l'Otan qui semble quasiment acquis. Dans le même temps, on entend dans les allées du pouvoir des phrases comme "Kohl-Mitterrand, Verdun, le sentimentalisme franco-allemand, c'est fini"... Un choix stratégique qui tourne le dos à quarante ans d'histoire, et, de fait, renvoie le gaullisme au musée des lubies françaises: une partie de l'UMP appréciera.

Faire intervenir l'Otan en Afrique?

Les Américains ont répondu positivement à l'ouverture que leur a offerte Sarkozy. On a ainsi vu défiler à Paris des responsables américains qui venaient flatter l'égo national en soulignant que les Français étaient les seuls en Europe, avec les Anglais, à savoir se battre, et qu'on avait besoin d'eux en Afghanistan:

"Les Allemands arrivent là-bas avec le mauvais matériel et ne veulent pas se battre, alors que vous, les Français, vous êtes bien entraînés et motivés, et avez l'expérience du désert"...

Le choix de Sarkozy aurait du sens s'il y avait une stratégie clairement définie, au-delà du repositionnement dans l'espoir de prendre la tête d'une défense européenne ressortie de la naphtaline. L'Otan n'a pas de stratégie évidente, ni sur sa manière de gagner face aux talibans en Afghanistan, ce qui ne l'empêche pas d'accroître ses effectifs, ni sur son rôle dans l'organisation de la sécurité mondiale.

Or, les deux nouveaux meilleurs amis de la France trainent toujours le boulet de leur engagement en Irak, et le lègueront sans doute à leurs successeurs, très prochainement à Washington, et peut-être aussi à Londres. Et, dans une fuite en avant de dernière minute, George Bush force la main à ses alliés pour engager des démarches d'adhésion pour l'Ukraine et la Géorgie, au grand dam de Vladimir Poutine qui sera vendredi à Bucarest pour faire, lui aussi, des adieux fracassants à ses ennemis préférés de l'Otan, et, sans doute, leur dire ses quatre vérités.

L'Otan est devenue incontournable: cette alliance militaire qui n'avait pas tiré un seul coup de feu avant la chute du mur de Berlin, est aujourd'hui en plein essor, non seulement en récupérant les uns après les autres tous les pays ex-communistes, mais surtout en devenant, de fait, le bras armé occidental dans le monde entier. Oubliés les vieux débats sans fin sur le "hors zone", c'est-à-dire sur les interventions hors du "théâtre" historique de la guerre froide, au coeur de l'Europe. A Paris, on est même prêt à envisager de voir l'Otan intervenir en Afrique, drôle de rupture avec la Françafrique!

Dans un monde où les institutions multilatérales comme l'ONU ont perdu toute capacité d'intervention, où les menaces sont diffuses et multiples, le discours sarkozyste a une logique de "bloc" qui peut sembler rassurante. Elle a toutefois l'inconvénient de s'aligner sans conditions sur des pompiers pyromanes, qui portent, avec leur unilatéralisme de la guerre d'Irak et leur incapacité à favoriser la moindre avancée dans les conflits du Moyen-Orient en général, une responsabilité majeure dans la dégradation du climat international. Pas vraiment rassurant, et les prochaines années montreront si la France ne sera pas sortie de son ambiguité diplomatique à ses dépens, pour paraphraser le Cardinal de Retz que Nicolas Sarkozy a choisi d'ignorer

Article original publié par Rue 89.

Note de P&P : Sarkozy qui pendant des années a mangé au râtelier du gaullisme vient de fouler aux pieds l’un des acquis majeurs obtenu par Charles De Gaulles : une véritable indépendance militaire et donc stratégique et militaire pour la France.

En intégrant l’OTAN Sarkozy vient de sacrifier cette liberté. La France a remis sa destinée géostratégique et militaire dans des mains étrangères. La France a fait acte d’allégeance aux Etats-Unis et s’est soumise à l’idéologie de ceux qui tirent les ficelles de Bush comme de Sarkozy.

Cette idéologie est barbare, xénophobe et terrifiante  vise au conflit global. L’émergence d’un bloc « blanc occidental judéo chrétien dominant » incluant Israël, l’Europe et les Etats-Unis et légitimant son existence à travers la haine, la peur, la stigmatisation et la destruction de l’autre, pillant les ressources, exterminant ses opposants et contrôlant ses habitants.

Au premier rang de ces cibles nous retrouverons bien sûr les pays musulmans - au sein desquels Liban et Palestine tiennent une place de choix - mais aussi la Chine et la Russie.

Citoyens français nous payons des impôts qui servent à couvrir nos mains du sang des enfants d’Afghanistan. Demain les innocents d’Irak, de Palestine ou d’Iran rejoindront leurs rangs.

Sarkozy a sacrifié l’indépendance militaire de la France sur l’autel de l’allégeance étasunienne (sans consultation du parlement), de même il a sacrifiée l’indépendance politique et financière de la France sur l’autel de l’oligarchie européenne (dans le total mépris du choix populaire clair exprimé par le référendum d’avril 2006).

L’OTAN comme l’Union Européenne sont des entités opaques et technocratiques n’ayant aucune légitimité démocratique. Le citoyen n’y a pas de poids, pas de rôle, pas de pouvoir. Son seul droit y est de travailler de consommer et de payer. Le fruit de notre labeur ainsi collecté alimente ces mêmes organisations et les cliques qui les contrôlent.

01.04.2008

Nicolas Sarkozy annonce des élections anticipées

    Fragilisés par des sondages d'opinion en chute constante, victime d'une sévère défaite au cours des dernières élections municipales, contesté au sein de son propre parti et de son propre gouvernement, enlisé dans une crise économique et sociale grandissante, Nicolas Sarkozy vient d'annoncer par la voix de Luc Chatel, nouveau porte-parole du gouvernement, l'organisation d'élections présidentielles anticipées qui "devraient se dérouler avant la fin de l'année 2008".

    Les membres du gouvernement, rassemblés ce mardi matin pour un conseil des Ministres particulièrement chargé se sont refusé à tout commentaire. Même son de cloche à l'UMP où le Secrétaire Général, Patrick Devedjian a renouvelé sa confiance à l'égard de Nicolas Sarkozy et a déclaré que "les choix du Président Sarkozy sont souverains et seront en tant que tel respectés et appliqués".

    Au Palais Bourbon en plein projet de loi de programme pour la recherche, la nouvelle a fait l'effet d'une bombe, entre incrédulité dans les rangs de la majorité et effervescence du côté de l'opposition. François Hollande a salué "une décision courageuse qui a su prendre en compte l'opinion exprimée par le peuple français" et a demandé que ces élections anticipées soient suivies de nouvelles élections législatives "le divorce avec les Français était depuis longtemps consommé, cette élection anticipée est une opportunité pour vraiment remettre à plat le paysage politique français,..., cette élection n'aura de sens que s'il est suivie de nouvelles élections législatives".

    Ségolène Royal, adversaire malheureuse de Nicolas Sarkozy au cours des élections présidentielles de 2007 a appelé à une forte mobilisation et à une reconstruction : "au cours des dernières années, la France a connu de grandes régressions sociales, le temps de la reconstruction est revenue. La France mérite une politique d'éducation et de recherche ambitieuse, une vraie politique de santé et de solidarité...Nous devons rassembler, réconcilier, partager là où les années Sarkozy ont semé les peurs, les haines et le désespoir..."

    Un député UMP qui a tenu a conservé l'anonymat a décrit les difficultés et les doutes qu'a traversé Nicolas Sarkozy : "[il] a connu une année extrêmement chargée après l'euphorie de l'élection tout s'est enchainé tellement vite autant dans la sphère professionnelle que personnelle... le divorce avec Cécilia suivi d'un remariage quasi immédiat... On sentait depuis quelques semaines qu'il était à cran, ses dérapages verbaux qui se sont multipliés récemment, puis soudain son mutisme et les voyages et les soirées qui se répétaient...Déjà dans son dernier semblant de remaniement ministériel on sentait qu'il n'était plus vraiment là"

    De son côté Jean-Marie Le Pen s'est fendu d'un de ces commentaires laconiques qu'il affectionne : "manifestement Nicolas Sarkozy, le clown de la république a plus d'intérêt pour les strass de la jet-set que pour les responsabilités de chef d'Etat"

    Des élections présidentielles anticipées ont déjà eu lieu à deux reprises pendant la Ve République. Le Général de Gaulle fragilisé par les événements de mai 68 s'était retiré de la scène politique en 1969 avant la fin de son mandat . Quelques années plus tard, en 1974, Georges Pompidou, rongé par une longue maladie, décèdait pendant son mandat, entrainant à nouveau l'organisation d'élection anticipées.

 

Article original AFP


Note de P&P : En espérant que Nicolas Sarkozy tienne ses engagements, qu'il se retire réellement et surtout qu'un président moins pire lui succède.

17.03.2008

Quand le créateur songe à sacrifier sa créature

Depuis quelques semaines le refrain entonné en choeur par les instituts de sondages et les médias de masse au sujet de Nicolas Sarkozy peuvent nous laisser perplexe. Voici ce qu'écrivait Opinionway le 12 mars 2008 :

La cote du Premier ministre continue de grimper à 55%, contre seulement 41% pour le président de la République.
41% des Français se disent satisfaits de l'action menée par Nicolas Sarkozy en mars, un taux inchangé par rapport à février, selon un sondage OpinionWay publié mercredi 12 mars dans Métro. De son côté, la cote de popularité de François Fillon progresse de 2 points à 55%.
Si l'action du président contente, comme le mois dernier, 41% des personnes interrogées, 56% des sondés se déclarent "mécontents", soit 2 points de moins qu'en février. 3% ne se prononcent pas. Le Premier ministre lui poursuit son ascension avec 55% d'opinions favorables, en hausse de 2 points. 39% des Français (-6 points) se disent "mécontents" de son action à la tête du gouvernement. 6% d'entre eux ne se prononcent pas.

Article original Challenge

Les autres instituts de sondage que ce soit Ipsos ou Sofres tiennent le même discours.

Comment se fait il que ceux-là même qui ont porté Sarkozy aux nues, qui ont manipulé l'opinion, enjolivé les faits, mutiplié les unes et les couvertures, obéré les dérives, muselé les concurrents se jettent soudain en pâture sur celui qu'ils idolâtraient encore il y a quelques semaines ?

Certainement qu'il est de plus en plus difficile d'entretenir le mensonge tant le décalage entre le discours médiatique sur Sarkozy et sa réalité devient gigantesque. A fortiori l'approche du naufrage de Sarkozy pendant les élections municipales rend de plus en plus suspects des sondages lénifiants.

C'est bien ici que se trouve la limite de l'exercice de propagande, vous devez mentir pour faire avaler les excès, délires, manipulation, injustices du régime mais vous ne pouvez pas trop mentir au risque de perdre votre crédibilité et d'éveiller la suspicion chez le citoyen. Quand les médias de masse parlent de "41% de français se disent satisfaits de l'action de Sarkozy", il semble sage d'interpréter "au grand maximum 41% de français se disent satsifaits de l'action de Sarkozy" et le chiffre réel doit plutôt fluctuer aux alentours de 20 ou 30%.

Au delà des exercices d'équilibristes des organes de propagande, peut-être aussi que Sarkozy commence à lasser voir à inquiéter ses "employeurs".  

Pour illustrer ce propos utilisons une analogie cinématographique. Nous connaissons tous les célèbres films de James Bond et autres oeuvres du genre qui nous ont initiés aux arcanes du métier d'agent secret et à ses principaux objectifs qui peuvent être résumés de la manière suivante :

Point n°1 : Mener à bien la mission.

Point n°2 : Ne pas être découvert.

Le problème avec notre bien-aimé président est que celui-ci ferait manifestement un bien piètre agent secret. Amusons-nous à évaluer l'agent Sarkozy sur les deux critères mentionnés ci-dessus.

Point n°1 : Passable 12/20.

Sarkozy a déboulonné systématiquement les droits et les libertés des français, il a encouragé les intégrismes et augmenté les antagonismes entre les populations chrétiennes et les populations musulmanes de France, il a encore appauvris les plus pauvres et enrichi les plus riches et il a fait émerger un état policier, il a mis en oeuvre une politique étrangère pro-américaine, pro-israélienne et anti-arabe.

Point n°2 : Catastrophique 3/20.

C'est bien ici que le bât blesse, force est de constater que l'agent Sarkozy n'est pas un modèle de discrétion. Même le citoyen le moins attentif aura peine à croire qu'il s'agit là d'un président habitant sa fonction, servant une vision politique ambitieuse et intelligente,  et oeuvrant au bonheur de la population française. Alors que dans le cadre de sa mission Nicolas Sarkozy aurait dû jouer les cartes de la tempérance, de la retenue, de l'élégance, du raffinement, de l'intelligence, enfin tous les attributs d'un chef d'état qui entretient l'illusion, l'intéressé s'est tout au contraire pris au jeu. 

Il a oublié les spécificités de sa mission, il a commencé à s' "y croire", à s'"enflammer": yachts privés, réception de dictateursjournalistes méprisés, doublement de salaire, jets privés, insultes, déclarations incohérentes, invectives, déclaration fiscale curieuse, divorce scabreux, mariage cocasse, dérives jet set, état d'ébriété au G8, ...

Ces dérives constituent un véritable problème car pour que celui qui accepte le rôle de président puisse mener à bien sa mission une condition
préalable est que l'illusion liée à cette fonction soit maintenue aux yeux des masses.

Et c'est certainement cette accumulation de bourdes qui a alerté ceux qui tirent les ficelles du pantin Sarkozy : "il fait n'importe quoi", "il a pété les plombs, "il ne suit pas le scénario", "il va tout faire capoter", "les français y croient de moins en moins", "on a beau enjoliver et censurer, les informations filtrent", "ça devient de plus en plus compliqué d'entretenir l'illusion"...

Alors à travers quelques articles beaucoup moins dithyrambiques qu'auparavant et la publication de sondages peu reluisants (souvenez vous ce sont ces mêmes faiseurs d'opinion qui annonçaient avec force certitude Balladur vainqueur en 95 et un duel Chirac-Jospin en 2002), ceux qui tirent les ficelles ont décidé de se distancier de cet individu dangereux.

Une autre régle fondamentale dans le métier d'agent secret est de ne jamais révéler l'identité de son employeur. Peut-être pouvons-nous tenter de mieux comprendre qui tire les ficelles du pantin Sarkozy.

Bien sûr le patronat français est clairement partie prenant : les cadeaux fiscaux, les accointances avec les dirigeants de médias, suppression de la pub sur les chaines publiques, le yacht de Bolloré,  le parrain Bouygues, la liste est tellement longue qu'elle en est presque risible. Et peut-être que ces liens sont un peu trop évidents.

Si l'on y regarde de plus près, une seconde piste apparait. Vous vous souvenez certainement de la série de nominations d'individus ayant ouvertement reconnu leur vision sioniste comme Attali, Strauss-Kahn, Zimeray, Kouchner ou Klarsfeld.

Vous pouvez également ajouter à cette liste substantielle de personnalités toutes nominées par notre cher président les liens présumés entre celui-ci et les services secrets israéliens.

En outre, il est intéressant de constater que depuis le revirement de situation qui a débuté en février Sarkozy a fait plusieurs mouvements notables et convergents :

1/ Il a effectué une intervention très remarquée devant le CRIF le 14 février 2008,

2/ Il a envoyé Kouchner le 17 février 2008 à Jérusalem

3/ Il a reçu en grande pompe Shimon Perez le 11 mars 2008,

4/ Il a annoncé un voyage en Israël pour mai 2008 avec un discours devant la Knesset. 

Etonnante activités autour d'Israël pour un président qui, c'est le moins qu'on puisse dire, fait actuellement face à des dossiers de politiques interne assez urgents.

Ces rencontres rapprochées peuvent nous rappelez ces films où l'agent secret est dans la panade et appelle, frénétique et haletant, son QG avec son super téléphone miniature multifonction afin de recevoir les instructions de ses chefs.

Quel pourrait être le contenu de ces instructions ? Améliorer la forme ? Accélérer le dossier iranien ? Fermer les yeux sur Gaza ? Accélérer l'embrasement des cités ?

Un peu de tout cela peut-être. Nous ne pouvons que conjecturer, l'avenir dira si nous étions dans le vrai. 

Sarkozy, savant mélange de discrétion et de dignité

Nicolas Sarkozy semble avoir bien du mal à contrôler ses pulsions primaires. Au cours de la réception d'une délégation israélienne et en présence de sa femme, vous allez le voir, hypnotisé, plongé son regard plutôt deux fois plutôt qu'une dans le décolleté de Bar Rafaeli. Classe !