06/07/2007
Ponérisation aggravée
Les Etats Unis illustrent parfaitement les processus de ponérisation qu'une société peut connaitre. Dans ses stades les plus avancés, ce phénomène élimine toute notion d'éthique, de justice ou d'équité.
Le cas de Lewis "Scooter" Libby est un modèle du genre :
WASHINGTON (Reuters) - George Bush a partiellement gracié lundi Lewis Libby, ancien directeur de cabinet de son vice-président Dick Cheney, condamné à deux ans et demi de prison pour parjure et obstruction à la justice dans le cadre de l'affaire Valerie Plame.
Un responsable de la Maison blanche a déclaré que le président américain "a commué la peine de prison (...), maintenant la période de mise à l'épreuve et les amendes décidées par le tribunal". "Cela signifie qu'il ne va pas en prison", a ajouté ce responsable.
"Je respecte le verdict du jury. Mais j'ai estimé que la peine de prison infligée à M. Libby était excessive", a déclaré Bush dans un communiqué. "Par conséquent, je commue la part de la peine de M. Libby qui prévoyait qu'il passe 30 mois en prison".
La justice américaine a enquêté sur l'origine de la fuite ayant permis de révéler que Valerie Plame était un agent de la CIA, ce qui constitue un crime fédéral aux Etats-Unis.
Valerie Plame est l'épouse de l'ancien ambassadeur Joseph Wilson, qui avait dénoncé les raisons avancées par l'administration Bush pour le déclenchement de la guerre en Irak. Wilson a interprété la révélation du statut de son épouse comme des représailles de la Maison blanche.
Libby n'a pas été condamné pour la révélation en elle-même mais pour son rôle dans le cadre de l'enquête.
Certains éléments ultra-conservateurs du Parti républicain faisaient pression sur le président pour qu'il gracie Libby et voyaient en lui la victime d'un procureur particulièrement zélé qui l'avait condamné en juin à deux ans et demi de prison.
"AU-DESSUS DES LOIS"
Les démocrates, qui avaient obtenu l'ouverture de plusieurs enquêtes sur la conduite de l'administration Bush dans l'affaire Plame, ont aussitôt fustigé la décision prise par Bush.
Le chef du groupe démocrate au Sénat, Harry Reid, a jugé "honteuse" la décision du chef de la Maison blanche. Selon lui, la condamnation de Libby était "un faible écho des comptes que doit rendre la Maison blanche pour ses tentatives de manipulation des renseignements et de la mise au pas des adversaires de la guerre contre l'Irak".
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