30/01/2009

"Nous pouvons détruire n’importe quelle capitale européenne"

Bellaciao, Mercredi 28 janvier 2009

Un Professeur israélien : 

Nous avons les moyens de détruire n’importe quelle Capitale européenne.

Par Nadim Ladki

http://iraqwar.mirror-world.ru/arti...

www.martinvancreveld.com/biography/

(IAP News) - Ce professeur et historien militaire israélien a laissé comprendre qu’Israël pourrait se venger l’holocauste en exterminant des millions d’Allemands et d’autres Européens.

Lors d’une interview publiée à Jérusalem vendredi, le professeur Martin Van Crevel a déclaré qu’Israël avait « la capacité d’atteindre la plupart des capitales européennes avec ses armes nucléaires ».

« Nous possédons plusieurs centaines d’ogives atomiques et de fusées et pouvons atteindre nos cibles dans toutes les azimuts, et même Rome. La plupart des capitales européennes font partie des cibles potentielles de notre Armée de l’air ».

Creveld, un Professeur d’Histoire militaire à l’Université hébraïque de Jérusalem, a précisé que la « déportation collective » par Israël était la seule stratégie efficace à appliquer aux Palestiniens.

« Les Palestiniens doivent tous être expulsés. Les gens qui luttent dans ce but (Le Gouvernement israélien) attendent simplement la venue de "la bonne personne au bon moment". Il y a seulement deux ans, 7 ou 8 % des Israéliens étaient d’avis que ce serait la meilleure solution, il y a deux mois c’était 33 %, et maintenant, selon un Sondage Gallup, le chiffre est de 44 % pour ».

Creveld a déclaré qu’il était sûr que le Premier ministre israélien Ariel Sharon avait déjà voulu expulser les Palestiniens.

« Je pense qu’il est tout à fait possible qu’il ait voulu le faire. Il voulait intensifier le conflit. Il savait que rien d’autre ne pourrait réussir ».

A la question de savoir « s’il s’inquiétait du fait qu’Israël deviendrait un état voyou s’il mettait en oeuvre une déportation génocidaire à l’encontre des Palestiniens, Creveld a cité les paroles de l’ancien Ministre israélien de la Défense Nationale, Moshe Dayan, qui avait déclaré "Qu’Israël devait être comme un chien enragé, trop dangereux pour qu’on le contrôle ».

Creveld soutient qu’Israël ne se soucie pas du fait de devenir un « état voyou ».

« Nos forces armées ne sont pas au trentième rang, mais aux deuxième ou troisième rang mondial. Nous avons la capacité de détruire le Monde avec nous. Et je peux vous assurer que cela arrivera avant qu’Israël ne disparaisse ».

http://www.iap.org

http://www.rense.com/general34/esde.htm

Martin van Creveld

Biographie

Martin van Creveld, Ancien professeur de l’Université hébraïque de Jérusalem, est un des auteurs leaders mondiaux sur l’histoire militaire et la stratégie, avec une spécialité sur les guerres du futur.

Il a écrit vingt ouvrages : “Supplying War” (1978), “Command in War” (1985), “The Transformation of War” (1991), “The Changing Face of War : Lessons of Combat from the Marne to Iraq” (2006), and “The Culture of War” (2008).). Il a aussi publié largement sur d’autres sujets, y compris des histoire sur les états, les femme et le Féminisme et l’Histoire américaine. Ces ouvrages ont été traduits en dix-sept langues.

Traduct Gilong.

Vous ne croyez pas que ça mériterait la « Une » des médias européens. Plus quelques intervention au Sénat à l’Assemblée ou aux autres instances des autres états européens.

L’indignation des Partis et Syndicats, et une mobilisation des citoyens qu’une bande de fachos religieux azimutés de la calebasse menace d’exterminer ?

Pourtant si c’était un quelconque jobard Iranien, ou Russe, ou Chinois, ou Vénézuélien, qui faisait cette déclaration, et qui soit publié dans la presse, je n’ose imaginer le ramdam et les tambours qui nous gonfleraient à longueur de journée.

S’il y avait simplement UN seul « vrai » journaliste, et UN seul « vrai » organe de presse, en France et en Europe, cette nouvelle qui court depuis trois jours sur le Web international aurait, au minimum, été reprise. Au moins pour la dénoncer comme fausse, (Mais hélas après vérification elle est vraie. Et surtout on sait tous depuis des lustres qu’Israël a de quoi raser la moitié de la Planète), ou si elle était vraie afin d’exiger que ceux qui ont la responsabilité de notre protection « expliquent » à ces gens qu’on va s’occuper d’eux sérieusement. Comme on s’est occupé d’autres en d’autres temps.

Mais c’est vrai qu’avant qu’on s’occupe des Maîtres à penser nazis des Sionistes d’aujourd’hui, nos dirigeants d’alors les ont financé puis ont attendu qu’on assassine 50 millions de gens, dont 5 millions de Juifs, (entre autres), avant de décider de faire quelque chose.

Bonne nuit et dormez bien.

En 1933 y en a qui faisaient de même… Pendant que Grand-Papa Bush et Wall-Sreet finançaient Hitler.

En 1938 y en a qui faisaient de même… Pendant qu’on exterminait la Tchécoslovaquie et la Pologne.

Juste après il se sont réveillés… Un peu tard pour continuer à vivre.

G.L.

22/01/2009

Membres arrachés et lambeaux de chair dans la rue

Ewa Jasiewicz
The Sunday Herald
Samedi 10 janvier 2009 

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© Inconnu

« Un garçon à côté de moi est devenu fou, il était abasourdi, il a vu le massacre, la rue était pleine de sang, les clous provenant des obus étaient aussi longs que ma main »

Les membres de la famille Shadoura vivent dans le quartier de Moaskar Jabaliya au nord de la bande de Gaza. Ils sont originaires de la ville qui s’appelait Majdal à l’époque de la Palestine de 1948, et qui s’appelle Ashkelon dans l’Israël d’aujourd’hui. Leur maison blanche à un étage, toute simple, se trouve à seulement quelques mètres de l’école Al-Fakhoura de l’ONU où 42 personnes, dont 20 enfants, ont trouvé la mort lorsque des tanks israéliens ont ouvert le feu sur un carrefour fréquenté. Des ambulanciers et des témoins oculaires ont rapporté n’avoir vu alors rien d’autre que « des membres arrachés et des lambeaux de chair » dans la rue. D’après des témoins, 4 obus de tanks ont percuté le sol et projeté alentour une nuée d’éclats brûlants.

Mohammad Shadoura, 9 ans, était alors en train de jouer aux billes dans la rue avec des camarades. Bassem Ahmad Shadoura, le père de Mohammad, était près de lui. Il a décrit la scène en ces termes : « j’ai vu une explosion, suivie d’une fumée noire qui a tout envahi – toute la zone était complètement noire. J’ai vu un garçon pointer le doigt en l’air en disant : “ je suis témoin de Dieu”, je l’ai pris dans mes bras pour l’éloigner. C’est alors que j’ai vu mon fils, il avait été touché à la jambe et à la tête. Son cerveau sortait de sa boîte crânienne. »

Mahmoud, 15 ans, raconte ce qu’il a vu, ses yeux s’écarquillent tandis qu’il revit ce traumatisme : « Partout où nous regardions, ils y avait des jambes arrachées, des gens décapités, des morceaux de chair. Un garçon à côté de moi est devenu fou, il était abasourdi, il a vu le massacre, la rue était pleine de sang, les clous provenant des obus étaient aussi longs que ma main »

Je suis assis dans la maison des Shadoura. Les femmes sont dans leur deuxième jour de deuil collectif. La mère de Mohammad, prostrée et silencieuse, est soutenue par ses sœurs, ses tantes et ses filles : Najah, 17 ans, Iman, 12 ans et Shahed, 2 ans ; toutes pensent à Mohammad. Leur demeure est très simple, la salle de séjour est partiellement ouverte sur un toit en tôles ondulées où nichent des pigeons blancs. À travers l’espace d’un mètre entre le haut des murs et le début du toit, on peut voir tout autour des hélicoptères Apache balayer leurs projecteurs aveuglants.

Trois chats, dont un minuscule chaton roux, s’étirent au soleil. Le sol est couvert de tapis colorés, des matelas en mousse sont posés contre les murs ; et il y a le poster de Nidal, un cousin âgé de 24 ans, les cheveux courts, le regard serein. C’était un combattant du Jihad islamique.

Il a été tué par un missile israélien il y a deux mois. Comme dans toutes les familles du coin, il y a peu de consensus politique. Bassem était officier supérieur au sein du Fatah, et son frère était agent des renseignements pour la police.

Bassem ne travaille pas, mais il continue à percevoir un salaire de 700 dollars mensuels versé par la délégation du Fatah à Ramallah. Une telle somme n’est pas vraiment suffisante pour une famille de 7 enfants. La location de leur maison pourvue d’une seule chambre coûte 100 dollars par mois. Le gaz – dont le prix a plus que doublé depuis le début du blocus – coûte près de 120 dollars pour une bouteille de 6 kg. Si on peut en trouver une, elle dure approximativement deux semaines. Lorsque aucune bouteille n’est disponible, ils utilisent un four en terre cuite, chauffé au bois et au papier. Les neufs membres de la famille dorment dans la chambre unique.

Il n’y avait pas d’eau dans la maison. La ligne électrique a été détruite mardi par les obus tirés par le tank, et le réseau d’eau est alimenté par une pompe électrique. Même si cette attaque n’avait pas eu lieu, l’électricité n’est disponible que 4 heures par jour.

Najah, 17 ans, me demande mon numéro de téléphone. C’est une adolescente pleine de vie, dans ses vêtements de deuil noirs, la tête recouverte d’un hijab. Bien sûr, je lui donne mon numéro. Je lui demande de décrire son frère. « C’était le meilleur d’entre nous. Il était très gentil ».

« Lorsqu’il regardait la télévision, il était terrifié par tous ces meurtres – la mort de tous ces enfants. »

Nous dînons à la lueur des bougies. Une petite assiette de thon en boîte, deux petits bols de « salade de Gaza » - des tomates découpées avec des oignons et du piment – une sorte de sauce salsa à la palestinienne, des olives cueillies sur l’olivier familial, une mujadarra – mélange de riz et de lentilles - froide (pas de gaz pour la cuisson). Après le repas, je me retrouve avec toute la famille assis sous la même couverture ; tous les regards sont dirigés vers le nouvel invité. Les enfants constituent 51% de la population gazaouie, et ils voient tout.

« Tellement de voisins sont morts », explique Foad. Iman, 12 ans, connaissait l’une des filles de Nizar Rayan, un haut dirigeant du Hamas qui a été tué avec ses 4 épouses et ses 11 enfants. Aya Rayan, 12 ans, a trouvé la mort lorsque 8 bombes larguées par un F-16 ont détruit la maison familiale. 10 autres maisons ont été rasées au cours de cette attaque. J’ai vu ce site de mes propres yeux, un gigantesque amas de blocs de béton entassés les uns sur les autres, des maisons pulvérisées, un monticule de 100 mètres de diamètre, entouré d’au moins 4 appartements dont les murs s’étaient effondrés, révélant les salles de séjour, des murs colorés avec des photos de proches ou de soleils couchants, des cuisines dévastées, avec les familles cherchant dans les décombres, et, en dessous de tout cela, couvert de poussière blanche, le corps tordu d’un cheval mort.

« Regardez ça » me dit Mahmoud, 15 ans. Il me tend un rocher de la taille d’un ananas. « le jour de l’attaque, il a traversé le toit de ma grand-mère qui habite la maison à côté de la nôtre. Le rocher a transpercé le toit. Si nous avions été là, il nous aurait tués » ajoute-t-il.

Le père de Mohammad boit doucement son thé ambré au goût suave. « Les enfants sont très contents que vous soyez là », déclare-t-il.

Il tire sur sa cigarette. « J’ai travaillé en Israël, j’ai vécu avec des Israéliens, des juifs originaires d’Europe, d’Iraq, du monde arabe, et nous nous entendions bien ensemble, nous étions amis. Ce sont de braves gens, à 100%. J’ai travaillé douze ans là-bas, mais rien n’a changé. »

Bassam a été emprisonné en 1983, avant le début de la première intifada. Il avait seulement 16 ans et il a passé 3 années dans les geôles israéliennes. « Vous savez pourquoi ? », me demande-t-il, son visage fin, sage, déterminé s’évanouissant dans l’obscurité. «  Pour avoir lancé une pierre »

« Je n’ai pas pu terminer mes études, on me l’a interdit, et le Croix Rouge n’a rien fait pour nous. Ils nous ont juste donné des vêtements. »

Nous levons les yeux vers le poster de Nidal. « C’était un combattant » dit Bassem. « Mon fils avait 9 ans, il ne faisait rien de mal. Dans notre religion, on dit que notre fils est au paradis. Il boira l’eau du paradis. Notre fils est un martyr. »

Nous allons nous coucher. Il est 8 heures du soir et la bougie inonde toute la pièce d’un doux et discret halo orangé. L’explosion des bombes secoue la maison, un sifflement bref suivi d’une détonation sourde. « Ça dure toute la nuit », commentent les enfants.

Reem, la mère de Mohammad, a seulement 36 ans, mais elle semble en avoir 10 de plus. Elle sort les vêtements de Mohammad, les porte à son visage, les sent puis les replie.

Ses larmes commencent à couler dans la pâle lumière orangée. « Où, où ? », dit-elle doucement. Ses sœurs la réconfortent. Parmi elle, Im Qusam. « Vous savez, nous ne pouvons pas dormir. Nous ne pouvons pas vivre, pas de gaz, pas de pain, pas d’eau »

Bassem se rappelle la procession d’enterrement des 42 victimes. J’y étais aussi.

« C’était la première fois en un an et demi que nous avons tous marché ensemble, nous avons tous prié ensemble, toutes les factions, tous les drapeaux étaient là. Je voulais que pendant ces funérailles, mon fils soit le fils de tout le peuple palestinien ».

D’habitude, chaque faction organise ses propres processions de deuil et ses propres enterrements. Mahmoud 15 ans, se souvient de l’enterrement. « Nous venions d’enterrer les victimes lorsque les Israéliens nous ont tiré dessus, nous avions tellement peur que nous sommes partis en courant. Nous avons tout le temps peur, tout le temps peur d’être touchés. »

Assis sur une petite colline sablonneuse, écoutant une belle chanson triste interprétée par une voix grave, j’ai vu les participants aux funérailles courir, enjamber les pierres tombales pour atteindre la sortie du cimetière tandis que chaque tir dispersait un peu plus la foule. Des snipers « Kannaas », me souffla funestement mon ami.

Je demande à Ahmad, 16 ans, ce qu’il pense des roquettes de la résistance palestinienne. « Ils nous envoie des missiles et l’on devrait se taire ? Nos roquettes sont comme des jeux, ce sont des jouets comparés à leurs missiles. Mais elles nous donnent du courage »

Nous nous couchons dans le bruit des explosions de missiles, les plus proches secouent la maison. Nous sommes submergés de terreur. « C’était une maison ! C’était une maison ! » souffle Reem au milieu de la nuit. La maison de la famille Salha dans le quartier en développement de Beit Lahiya a été bombardée à 4 heures et demi du matin. 6 membres de la famille, dont 4 âgés de moins de 15 ans y ont trouvé la mort. D’après des proches, ils s’étaient réfugiés dans cette maison par sécurité.

Nous nous réveillons au son des bombes. Je compte 15 bombardements israéliens entre 7 heures et 8 heures 30. 2 vieilles roquettes palestiniennes fatiguées y répondent. Nous partageons à dix une assiette de 5 œufs brouillés assaisonnés de poivre et 4 galettes de pain blanc.

Tout le monde fait une pause. « Jabaliya était une ville si belle », dit Roweeya, 17 ans, tout en nous servant du thé. « Il y a un jardin juste à côté, il est rempli d’orangers. Les Israéliens n’arrêtent pas d’y envoyer des missiles ».

Axel D. pour Futur Quantique

20/01/2009

Un génocide n’a pas besoin de chambres à gaz !

Note : Face aux cris d'orfraie de certains indignés qui crient à l'antisémitisme lorsqu'on leur parle de génocide des Palestiniens ou de similitude entre le comportement des nazis vis à vis des juifs hier et celui des sionistes vis à vis des Palestiniens aujourd'hui... face à ceux dont le raisonnement légalistique limite pathologique leur fait nier une telle comparaison puisque "pour les Palestiniens, y a pas de camps de concentration, de chambres à gaz ou de fours crématoires", il est peut-être bon de leur rappeler qu'un génocide est (Wikipédia) : "l'extermination physique, intentionnelle, systématique et programmée d'un groupe ou d'une partie d'un groupe ethniquenationalreligieux ou racial" et que ce n'est pas parce que cela se déroule sur des années (années émaillées de massacres tels Deir Yassin, Jenine, Gaza ou même Sabra et Chatila) que ce n'est pas un génocide, comme le décrit très bien Shulamit Aloni dans cet article :

Journal "Ha’Aretz", Tel-Aviv

9 mars 2003

Cri de colère contre la politique d’Ariel Sharon dans les Territoires palestiniens, par Shulamit Aloni, ex-ministre de la Culture du gouvernement Rabin et leader de la gauche israélienne.

Nous n’avons pas de chambres à gaz ni de fours crématoires, mais il n’existe pas qu’une seule méthode pour commettre un génocide. Le Dr Ya’akov Lazovik écrit dans le journal "Ha’Aretz" que le gouvernement de l’Etat d’Israël et la nation ne sauraient projeter de commettre un génocide. Est-ce là de la naïveté ou de l’hypocrisie ? C’est difficile à dire. On sait bien qu’il n’y a pas qu’une façon de commettre un meurtre, et cela vaut également pour le génocide. L’écrivain Y. L. Peretz parlait de ce “chat vertueux” qui ne fait pas couler le sang, mais étouffe ses victimes.

Le gouvernement israélien, avec son armée et ses instruments de destruction, non seulement fait couler le sang, mais étouffe aussi ses victimes. Comment qualifier autrement le largage d’une bombe de 1 tonne sur une zone urbaine densément peuplée [le 22 juillet dernier, à Gaza], officiellement pour tuer un dangereux terroriste et sa femme ? Bien sûr, les autres personnes - dont des femmes et des enfants - qui ont été tuées ou blessées ne comptent pas. Comment peut-on expliquer qu’on expulse des citoyens de chez eux à 3 heures du matin sous la pluie, puis qu’on place des bombes dans leurs maisons et qu’on s’en aille sans rien leur dire ?

Et comment justifier ce qui s’est passé à Jénine ? Nous n’avons pas détruit tout le quartier, mais seulement 85 maisons ; ce n’était pas un massacre, nous n’avons tué qu’une cinquantaine de personnes. Combien de gens faut-il tuer, combien de maisons faut-il détruire pour que ce soit un crime ? Un crime contre l’humanité tel qu’il est défini par les lois de l’Etat d’Israël et pas seulement par les lois belges.

Mieux encore : un couvre-feu et le bouclage d’une ville entière pour permettre à quelques adeptes d’une bande raciste [les ultras des colonies juives] d’entrer dans le caveau des Patriarches à Hébron, des chars qui détruisent des étals de fruits et légumes, des bulldozers abattant des maisons et des généraux qui, dans leur immense orgueil, sont prêts à détruire tout un quartier pour un groupe de voyous de colons. Couvre-feu, bouclages, brutalités, meurtres, destruction des maisons des suspects... on a fait tout cela.

L’ordre qu’a donné Ariel Sharon aux soldats qui sont allés se venger à Qibiah [en Jordanie, en 1956] - “Maximisez les pertes en vies et en biens” - n’a pas été oublié. Aujourd’hui, le Premier ministre Sharon, [le ministre israélien de la Défense] Shaül Mofaz et [le chef de l’état-major] Moshe Yaalon, les trois généraux qui dirigent la politique de ce gouvernement, se comportent comme le chat hypocrite : ils s’emploient à étouffer leurs victimes. Benny Alon, ministre du gouvernement actuel, l’a bien dit : “Rendez-leur [aux Palestiniens] la vie tellement impossible qu’ils partiront d’eux-mêmes.”

C’est ce qui se fait tous les jours. Le chef d’état-major a annoncé qu’il détruisait “pour reconstruire”. Ses actions laissent supposer que, par “construire”, il entend : construire de nouvelles colonies. Pour ne pas être obligée de veiller au bien-être des habitants, l’armée pénètre dans un village, tue, détruit, arrête et se replie. Ceux qui restent au milieu des cendres et des ruines n’ont plus qu’à se débrouiller tous seuls.

Israël ne veut tout simplement pas savoir...

Nombre de nos enfants sont endoctrinés, on leur dit dans les écoles religieuses que les Arabes sont des Amalécites [tribu ennemie des Hébreux] et la Bible nous enseigne qu’il faut anéantir les Amalécites. Un rabbin (Israël Hess) a écrit une fois dans le journal de l’université Bar-Ilan que nous devions commettre un génocide car ses recherches avaient montré que les Palestiniens étaient des Amalécites.

La nation israélienne ne projette pas un génocide ; elle ne veut tout simplement pas savoir ce qui se passe dans les Territoires. La nation obéit aux ordres donnés par ses représentants légitimes. Depuis l’assassinat du Premier ministre légitime [Yitzhak Rabin, en 1995], qui voulait apporter la paix, le doigt est sans cesse sur la détente, la cupidité passe avant tout et il existe toujours une raison pour brutaliser l’ensemble des habitants d’une ville qui en compte des dizaines, voire des centaines de milliers - parce qu’il y a toujours des gens qui sont recherchés. Il suffit qu’une personne soit recherchée pour bombarder et tuer, par erreur bien entendu, des femmes, des enfants, des ouvriers et d’autres êtres humains - en admettant qu’on les considère encore comme des êtres humains.

Bien entendu, avec notre hypocrisie, avec l’adoration que nous vouons à notre “morale juive”, nous faisons en sorte que tout le monde sache que les victimes palestiniennes sont merveilleusement soignées dans nos hôpitaux. Mais nous nous gardons bien de faire savoir combien de Palestiniens sont exécutés de sang-froid dans leur propre maison.

Le génocide dont il s’agit aujourd’hui n’est pas le même que celui dont nous avons été victimes dans le passé. Comme me l’a dit l’un de ces généraux malins, nous n’avons pas de chambres à gaz ni de fours crématoires.

Shulamit Aloni

Futur Quantique

 

19/01/2009

Comment les nazis traitaient les Juifs – Comment les Israéliens traitent les Palestiniens

adc.org, commentaires de Sott.net

Dimanche 18 janvier 2009

Constamment, le gouvernement israélien nie traiter les Palestiniens comme les Juifs furent traités sous le régime nazi. Mais les nazis, eux aussi, niaient commettre un génocide et des crimes de guerre.

Plutôt que de tenter de prouver par l'écrit que les représentants de l'État d'Israël sont les héritiers idéologiques des nazis, nous publions ci-dessous une série de photos juxtaposées : à gauche, des images illustrant le quotidien des juifs, il y a 68 ans, en Allemagne et en Pologne ; à droite, des images illustrant le quotidien des Palestiniens, aujourd'hui, dans les territoires occupés : ces photos parlent bien plus qu'un long discours. (cliquer pour agrandir)

Murs et barricades pour emprisonner la population

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Postes de contrôle militaires pour empêcher les civils de circuler librement

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Arrestations et brimades
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Destruction des foyers et des moyens de subsistance
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Meurtres d'innocents, de femmes et d'enfants
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13/01/2009

Israël a exécuté des prisonniers, selon le député israélien Jamal Zahalka

Vendredi 9 janvier 2009, dabio.net (édité par Futur Quantique)

Extrait :

Des informations très graves faisant état des exécutions extrajudiciaires des prisonniers palestiniens.

L’information a été révélée par un député arabe israélien Jamal Zahalka. Selon le député, « des prisonniers palestiniens auraient été exécutés par l’armée israélienne ». Intervenant de la ville de Nassirya, en Israël, le député arabe israélien n’a pas hésité à donner le nom d’une des personnes sommairement exécutée qui s’appelle Samir Rachid Mahamat, exécuté à Jabalaya. Des femmes ayant reçu l’ordre de se rendre, auraient été exécutées et leurs corps gisaient jusqu’à hier, selon le député arabe israélien.  Difficile de croire qu'un pays comme Israël puisse commettre des exécutions aussi graves ! [Note de P&P : hélas non, il n'est pas difficile de "croire" une telle chose : il n'y a qu'à constater chaque jour les massacres et les horreurs commis par Israël, et ce depuis la création de cette pathocratie en 1948] Le député Jamal Zahalka a reconnu avoir envoyé en urgence une lettre au Ministre de la défense Ehoud Barak et à la Croix rouge demandant une enquête sur des rapports selon lesquels les forces de Tsahal auraient tué des prisonniers de guerre palestiniens à Gaza. 

Plus de détails dans cet article (en anglais)

09/01/2009

Les Palestiniens n'oublieront jamais

Susan Abulhawa
Dissidentvoice.org


Mercredi 7 janvier 2009 20h23 UTC

Comment peut-on regarder Gaza se consumer sans faire l'amer constat que l'histoire se répète ? Beaucoup comparent le traitement infligé aux Palestiniens par les Israéliens à celui subi par les Noirs durant l'Apartheid en Afrique du Sud. Mais jamais, même dans ses heures les plus cruelles, le régime d'Apartheid n'a détruit et assassiné de façon aussi gratuite. Ne mâchons pas les mots. Ce qui arrive aux Palestiniens aujourd'hui évoque Varsovie ou Lodz.

Les écoles, les universités, les mosquées, les postes de police, les maisons, les usines de traitement des eaux, les industries et toutes les infrastructures de la société civile, y compris l'unique clinique psychiatrique de Gaza, ont été réduits en miettes par des avions qui, depuis un ciel limpide, sèment la mort en toute impunité – puisque les Palestiniens n'ont ni forces aériennes pour riposter, ni armée, ni marine. Ni blindés, ni artillerie lourde. « Grâce » à Israël, depuis deux ans, l'électricité ou l'approvisionnement en fuel sont sporadiques. Idem pour la nourriture et les médicaments. Le siège et le blocus israéliens de Gaza empêchent l'entrée et la sortie des personnes et des biens – y compris les produits de première nécessité.

Une étude récente de la Croix Rouge rapporte que 46 pour cent des enfants gazaouis souffrent d'anémie. La malnutrition affecte 75 pour cent de la population, dont la moitié a moins de 17 ans. Le taux de surdité chez les enfants est très élevé, à cause des bangs soniques fréquents délibérément provoqués par les Israéliens qui survolent Gaza à basse altitude. Un nombre alarmant d'enfants ont des retards de croissance et de graves troubles mentaux causés par la malnutrition. S'ils ont survécu jusqu'ici, c’est grâce aux tunnels qui, depuis l'Égypte, convoient nourriture et provisions.

À Gaza, la moitié des enfants de moins de 12 ans ont perdu tout « désir de vivre ». Peut-on imaginer le genre d'oppression qui conduit des milliers de jeunes enfants à perdre leur désir de vivre ?

Voilà ce qu'Israël a fait à Gaza ces deux dernières années. Les Israéliens ont ghettoïsé Gaza et l'ont transformé en prison à ciel ouvert – en camp de concentration pour des civils qui n'ont aucun moyen de gagner leur vie, de se défendre, et nulle part où s'enfuir pour échapper au massacre, aux bombardements qui viennent du ciel, de la terre, et de la mer. Et au phosphore blanc qui éventre jeunes et vieux. Écoutez les témoignages directs.

Mais Gaza a eu l'audace d'essayer de résister, avec de pathétiques roquettes artisanales qui, jusqu'à l'agression barbare d'Israël, atterrissaient généralement dans le désert. Les roquettes symbolisaient surtout la résistance, tout comme le soulèvement des combattants du ghetto de Varsovie était symbolique. Mais qui, en 1943, aurait exigé des « deux parties » un cessez-le-feu, un « arrêt de la violence » ? Qui aurait accusé les combattants du Ghetto d'être responsables de leur sort ? Qui aurait dit qu'ils n'avaient pas le droit de résister ? De riposter ?

Le seul droit que les nazis donnèrent aux Juifs fut celui de mourir en silence. Israël fait de même en affamant et en assiégeant les Palestiniens. Le ghetto de Varsovie fut réduit en cendres ; de même laisse-t-on Gaza se consumer dans un brasier, ses hôpitaux suintant la mort et les blessures indicibles. Tout le monde à Gaza est terrorisé et traumatisé. Personne n'est à l'abri de l'insécurité et de la peur. S'il vous plaît, imaginez que vous êtes un habitant de Gaza.

Qu'ont donc fait les Palestiniens pour mériter pareil sort ? Pour être constamment pourchassés tels des animaux ? Pour voir leurs maisons démolies, leur histoire et leur héritage anciens jetés aux oubliettes ? Pour pourrir dans des camps de réfugiés et des bidonvilles, pendant que, des quatre coins du monde, des Juifs affluent et s'emparent de leurs maisons et de leurs fermes confisquées ? Pour être torturés, emprisonnés, niés de toutes les façons possibles et imaginables ?

Qu'avons-nous donc fait pour que les dirigeants refusent de se prononcer contre cette froide et massive agression contre notre peuple ? Par quelle logique peut-on qualifier les Palestiniens de terroristes, quand le sang de leur propres enfants se déverse dans leurs rues ? Quand on les a dépouillés de leurs possessions, de leur dignité, de leur espoir ?

Pourquoi ? Parce qu'ils ont élu le Hamas ? Le Hamas est au pouvoir depuis moins de deux ans. Et pourtant, les Palestiniens subissent ce martyre depuis 61 ans. Que ce soit aujourd'hui à Gaza, en 2002 à Jénine, en 1947 et 1948 à Deir Yassin, Balad el-Sha, Yehida, Tantura,… la liste est longue. Ou en 1982, à Sabra et Shatila.

Les Palestiniens sont tués comme de vulgaires insectes non à cause du Hamas ou, avant lui, de Yasser Arafat. Pas à cause des roquettes Qassam ou des lanceurs de pierres. Les Palestiniens brûlent et saignent parce qu'ils sont les indigènes non-juifs de cette terre. Il n'y a aucune autre raison. De même qu'on a tué les Juifs parce qu'ils étaient juifs, on tue les Palestiniens parce qu'ils sont les musulmans et les chrétiens qui possèdent un droit historique, légal et même génétique sur cette terre.

Mais contrairement aux Juifs d'Europe, les Palestiniens sont tués lentement, sur des décennies. Contrairement à Israël, l'Allemagne nazie n'a pas mis en oeuvre cette machine de propagande mondiale si efficace visant à diaboliser ses victimes et à les rendre responsables de leur épouvantable sort. Mais surtout, comme les combattants du ghetto de Varsovie, les Palestiniens ne marchent pas passivement vers la mort.En 60 ans d'oppression permanente et insoutenable, leur volonté n'a pas failli. Aujourd'hui encore moins qu'hier.Israël et les États-Unis – avec leur soutien inconditionnel – ne réussiront qu'à radicaliser toute une nouvelle génération de leurs victimes. Qu'à raviver le haine et le ressentiment du monde entier envers ce duo diabolique.

Les Palestiniens n'oublieront pas cela, comme ils n'ont pas oublié ces 60 dernières années. Mais de quoi vous rappellerez-vous, dans une semaine, un an ou dix ans, quand un Gazaoui, qui, debout devant les longues rangées de cadavres, crie aujourd'hui vengeance, accomplira votre 11 septembre ? Quand un jeune, parmi ces quelques millions d'enfants qui ont perdu tout désir de vivre, s'attachera une ceinture à la taille et fera éclater votre train-train quotidien ? Vous rappellerez-vous ce que nous leur avons fait ?

Susan Abulhawa est l'auteur de The Scar of David, oeuvre de fiction historique. Elle est aussi la fondatrice de Playgrounds for Palestine, et membre exécutif de Deir Yasin remembered.

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Traduction : Prayers for rain pour Futur Quantique

07/01/2009

La situation à l’hôpital de Gaza, sans anesthésiques, sans électricité, sans ambulances...

Cet article se passe de commentaires excepté sur un point quand il rappelle les conditions de la prise de contrôle de Gaza par le Hamas en omettant de rappeler la victoire de ce mouvement au terme d'un scrutin libre et régulier.

A l'hôpital de Gaza, chaos et désespoir

La stratégie israélienne de compartimentation de la bande de Gaza entrave les actions de secours

par Sudarsan Raghavan et Reyham Abdel Kareem

Washington Post (USA) 6 janvier 2008 traduit de l'anglais par Djazaïri

Jérusalem, 5 janvier – Mohammed Alwan comprime les blessures du jeune homme dans le couloir de l'hôpital Shifa de Gaza ville ce lundi. Le sang qui coule à flots de son corps rougit les mains gantées du chirurgien.

« Khalas, » dit une voix, le mot arabe pour dire «C'est fini.

Le médecin refuse d'abandonner. Il masse le cœur du blessé, dans l'espoir de le ranimer. Quelques minutes plus tard, ce dernier meurt.

«Qu'est-ce-que je peux dire ?» dit-il d'une voix lasse. «J'ai vu cette scène tant de fois. Je suis ici depuis quatre jours sans interruption et je ne suis pas rentré chez moi depuis.»

Alors que les tanks et l'infanterie israéliennes pénètrent plus profondément dans Gaza, la situation humanitaire déjà terrible a empiré. Le gouvernement israélien a imposé à la bande de Gaza ce que les Palestiniens appellent un siège – restreignant les livraisons de nourriture, de médicaments et d'autres produits de base – depuis la prise de contrôle par la force de Gaza par le Hamas au détriment du Fatah, le parti rival, en juin 2007. Lundi, la stratégie militaire israélienne consistant à couper le territoire en deux réduit encore plus la possibilité pour les Gazaouis de se rendre dans les hôpitaux et de porter secours.

Les attaques aériennes et les affrontements au sol ont paralysé l'essentiel des secteurs d'activité des 1,5 millions d'habitants – les hôpitaux, la production d'énergie et 'adduction d'eau, les marchés et les routes.

Environ 550 Palestiniens ont été tués et plus de 2500 blessés en 10 jours d'offensive ; les responsables palestiniens du secteur de la santé estiment que beaucoup d'entre eux – entre 24 et 30 % -- sont des femmes et des enfants. La plupart se trouve au Shifa, le plus grand hôpital de Gaza.

Ici, les médecins travaillent jour et nuit sur des sols inondés de sang pour secourir le nombre rapidement croissant des blessés. Dans les halls et les couloirs, des cris et des sanglots incontrôlables ponctuent les conversations tout comme le bruit des bombes et des mortiers, 

« Le nombre des tués et des blessés augmente. Nous avons un bombardement par minute, » déclare Hassan Khalaf, le directeur de l'hôpital Shifa. « Nous sommes submergés par le nombre de patients. Aucun hôpital au monde ne peut gérer ça. »

Aller chercher les victimes est devenu trop dangereux pour son personnel. Onze membres de son personnel soignant ont été tués depuis le début de l'offensive. « Ils étaient dans des ambulances, » explique Khalaf.

Ces trois derniers jours, il n'y a pas eu d'électricité. Les groupes électrogènes de secours de l'hôpital fonctionnent sans interruption. Même avant l'offensive, les groupes électrogènes fonctionnaient 16 heures par jour. L'hôpital, dit-il, n'a plus de carburant que pour deux jours.

«L'électricité et les communications sont coupées dans la majeure partie de la bande de Gaza en raison de manque de carburant et de dégâts sur des infrastructures vitales, » déclare Maxwell Gaylard, le coordonnateur de l'action humanitaire des Nations Unies pour les territoires palestiniens. « Plus d'un million de personnes sont privés actuellement d'électricité et plus de 250 000 sans eau courante, parfois depuis six jours. »

Selon Khalaf, il y a aussi des pénuries de médicaments et d'équipements médicaux, de nitrogène pour les anesthésies – pratiquement de tous les articles imaginables. De nombreux membres essentiels du personnel, notamment des infirmières, sont dans l'incapacité de venir travailler, empêchés du fait des combats, des positions des tanks israéliens et de la peur.

«Ceux du centre de la bande de Gaza ne peuvent pas venir travailler parce que les blindés israéliens ont coupé le territoire en deux parties, » explique Khalaf.

Fawzi Nabulsia, chef de l'unité de soins intensifs de l'hôpital indique n'avoir pas travaillé depuis le début samedi de l'invasion terrestre. Il réside au sud de Gaza ville près de l'ancienne colonie israélienne de Nitzarim. Les forces israéliennes sont maintenant dans ce secteur et coupent la route entre son domicile et Gaza ville, explique Nabulsi.

«Vous pouvez peut-être parler aux Israéliens et leur demander de m'autoriser à me rendre à l'hôpital, » dit-il au téléphone, une pointe de désespoir dans la voix. « Nous sommes dans la crise. »

D'après Khalaf, les employés de l'hôpital qui résident au nord de la ville, où se sont déroulés les attaques et les combats les plus rudes, ont trop peur pour quitter leurs maisons. « Se déplacer dans les rues de Gaza est trop dangereux,» dit-il.

A l'intérieur de l'hôpital Shifa ce lundi, les médecins s'efforcent de faire face. Imad Majdalawi a pratiqué 20 opérations en 24 heures. Il s'agissait presque toujours de réduire des fractures, soigner des brûlures et des coupures et de stopper des hémorragies. « Ce que j'ai vu de pire, ce sont les brûlures, dit-il. [P&P : dues à l'utilisation de phosphore blanc par les agresseurs israéliens]

Dans un cas, il avait voulu envoyer un patient qui avait perdu un œil suite à un bombardement israélien dans un établissement spécialisé en ophtalmologie. Mais sa requête avait été rejetée : le groupe électrogène du bloc opératoire du bloc opératoire de cet hôpital avait été réquisitionné pour alimenter le service des urgences.

Ce lundi, il a soigné Ghadeer, une fille âgée de 14 ans dont les mains sont recouvertes de gaze. Le sang coule à travers le bandage. Elle pleure et elle tremble. Elle ignore que sa mère et ses quatre frères ont été tués par une frappe aérienne. 

« J'ai froid. Je ne peux pas bouger, » gémit Ghadeer.

Majdalawi la rassure. « Ne t'inquiète pas Ghadeer. Tout ira bien. »

Mais il n'y a eu ni anesthésie ni même les ciseaux ou le fil chirurgical adaptés pour aider Ghadeer. « Nous laissons nos patients dans la souffrance, » observe Majdalawi.

Rami al-Sousi, neurochirurgien, a dû se lancer dans une délicate opération pour extraire des débris d'obus de la tête de Salim al-Ar, âgé de cinq ans. Le garçon survivra. Sousi a deux enfants en bas âge mais il ne les a guère vus ces trois derniers jours. 90 % des patients qu'il a soignés sont des civils, dit-il.

« Oui, je suis fatigué. Mais j'oublie tout quand je sauve des vies, » affirme Sousi.

Reportage d'Abdel Kareem depuis Gaza ville.

Source : Mounadil Al Djazaïri

27/11/2007

4,2 millions de réfugiés irakiens

Cet article est extrait du site Voltairenet.org

 

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 Les violences incessantes ravageant les régions centrale et méridionale de l’Irak forcent chaque mois des dizaines de milliers de personnes à abandonner leur foyer, confrontant la communauté internationale à une crise humanitaire encore plus grave que les bouleversements prévus par les agences humanitaires lors de la guerre de 2003.

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), plus de 4,2 millions d’Irakiens ont quitté leurs maisons. Parmi eux, quelque 2,2 millions sont déplacés à l’intérieur du pays et plus de deux millions ont fui dans les États voisins, surtout en Syrie et en Jordanie. Beaucoup étaient déjà déplacés avant 2003, mais un nombre croissant continue de fuir. En 2006, les ressortissants irakiens arrivaient en tête des demandeurs d’asile en Europe.

Note de P&P : Rappelons quez ces drames humanitaires sont le résultat d'une guerre lancée par les Etats-Unis en raison de la présence de soit-disants armes de destruction massive qui de l'aveu même d'un général des marines ont été inventées de toute pièce

 

Lors des trois premières années qui ont suivi la chute de l’ancien régime irakien en 2003, la plupart du travail de l’UNHCR se basait sur l’hypothèse que la situation interne se stabiliserait, permettant à des centaines de milliers d’Irakiens déjà déplacés de rentrer chez eux. En 2006, cependant, l’intensification de la violence a créé davantage de déplacements. Une réévaluation du travail de l’UNHCR et de ses priorités dans la région s’est avérée nécessaire – de l’assistance aux rapatriés et à quelque 50 000 réfugiés non irakiens en Irak, en passant par une aide plus importante aux milliers de personnes qui fuient tous les mois.

Entre 2003 et 2005, quelque 300 000 Irakiens sont rentrés chez eux depuis l’Iran, l’Arabie saoudite, le Liban, la Jordanie et d’autres pays. Toutefois, ces retours ont aujourd’hui cessé. Davantage de personnes fuient, dont un grand nombre de professionnels qualifiés d’une importance cruciale pour le redressement du pays.

En plus de ceux qui ont quitté le pays, plus d’un million d’Irakiens ont fui leurs maisons pour d’autres régions en Irak depuis le début 2006, la plupart d’entre eux à cause de la violence sectaire qui a suivi les bombardements d’une importante mosquée chiite dans la ville de Samarra, dans le centre de l’Irak, en février 2006.

Ces déplacements en Irak présentent un énorme défi humanitaire et une difficulté extrême à la fois pour les déplacés et pour les familles iraquiennes qui tentent de les aider dans les communautés d’accueil. L’importance des besoins, la violence et les difficultés pour atteindre les déplacés en font un problème qui dépasse en fait la capacité des agences humanitaires, y compris l’UNHCR. Et plus longtemps cette situation durera, plus elle sera difficile, car tant les déplacés internes que leurs communautés d’accueil en Iraq épuisent leurs ressources.

De nombreux Irakiens déracinés fuyant vers les pays voisins ne cherchent pas tout de suite l’aide de l’UNHCR. Ils s’appuient plutôt sur un réseau social d’amis et de proches qui, craint l’UNHCR, s’amenuise rapidement, augmentant encore les problèmes sociaux parmi les exilés et les tensions occasionnelles avec les communautés d’accueil.

Depuis le début 2007, l’UNHCR a étendu ses opérations dans la région et compte maintenant 300 employés travaillant sur la crise irakienne depuis des bureaux dans la région et Genève. L’agence des Nations Unies pour les réfugiés a enregistré plus de 180 000 Irakiens dans les pays avoisinant l’Irak. Environ 15 % d’entre eux ont besoin d’une assistance spécifique, dont des personnes ayant été victimes de tortures. En avril 2007, l’agence a convoqué une importante conférence internationale à Genève pour répondre aux besoins humanitaires des personnes déplacées par le conflit en Irak et mobiliser davantage d’aide internationale en leur faveur.

Note de P&P : Il est intéressant de constater que l'ONU à travers l'UNHCR, qui se veut pourtant être l'outil de garantie de la paix (création en 1945 suite à la deuxième guerre mondiale et pour éviter  les problèmes internationaux) est dotée d'un budget annuel de plus de 2 millards de dollars et  compte plus de 61000 employés. A ce jour 300 de ces salariés, soit moins de 0,5% des effectifs totaux sont "mobilisés" pour faire face aux 4,2 millions de réfugiés irakiens.

  

L’UNHCR soutient les pays hôtes en réhabilitant et en construisant des écoles, des cliniques et des centres communautaires, ainsi qu’en assurant un soutien psychologique et des soins spécifiques pour les Irakiens les plus vulnérables. À la mi-août 2007, l’UNHCR a présenté quelque 12 000 cas parmi les Irakiens les plus vulnérables en vue d’une réinstallation dans des pays tiers.

L’agence des Nations Unies pour les réfugiés, qui a lancé des appels d’un montant de 223 millions de dollars pour ses opérations irakiennes en 2007, s’inquiète aussi pour la situation de quelque 15 000 réfugiés palestiniens restés en Irak, dont environ 1 500 sont bloqués à la frontière entre l’Irak et la Syrie dans deux camps de fortune. Les Palestiniens à Bagdad sont victimes de menaces quotidiennes mais ne peuvent pas quitter l’Irak. Les chrétiens du pays et d’autres communautés minoritaires sont aussi menacés.

Note de P&P : L'objectif officiel des Ziocons n'était-il pas de rétablir paix et démocratie ? Un ambitieux programme de reconstruction de l'Iraq n'avait-il pas été annoncé dès 2003 ? Des dizaines de milliards de dollars sortis de la poche des contribuables étasuniens n'étaitent-ils pas destinés à ce programme de reconstruction ? Les grandes entreprises telles qu'Halliburton n'ont-elles pas obtenu des contrats visant à cette reconstruction