09.03.2008

Le PC accusant le nucléaire militaire iranien provenait d'Israël

Nucléaire Iranien et Faux Documents : ils ont été fournis par le groupe terroriste du MEK qui les a fort probablement obtenus du Mossad
L'administration de G.W.Bush a depuis longtemps mis en avant les « documents du PC portable « - des documents techniques de 1000 pages supposés venir d'un PC portable iranien volé – comme preuve solide des intentions iraniennes de fabriquer une arme nucléaire. Actuellement, les accusations basées essentiellement sur ces documents restent les seuls obstacles à la déclaration par l'AIEA que l'Iran a résolu toutes les questions en suspend concernant son programme nucléaire.

Mais ces documents ont depuis longtemps été considérés par des experts US et étrangers avec beaucoup de suspicion. Des responsables allemands ont identifié la source des documents du PC en novembre 2004 comme étant le MEK (Mujahideen e Khalq, qui en même temps que sa branche armée le NCRI (National Council of Resistance in Iran) est sur la liste terroriste du Département d'Etat US.

De plus, il existe certaines indications que le MEK a obtenu ces documents non pas de sources iraniennes mais du Mossad israélien.

Dans son dernier rapport sur l'Iran, mis en circulation le 22 février, l'AIEA, subissant une forte pression de l'administration Bush, a inclus des descriptifs de plans pour une centrale pour produire du « green salt », spécifications techniques pour tester des explosifs de forte puissance, et l'esquisse d'un porte missile de ré entrée qui semble capable de transporter une charge nucléaire. On a demandé à l'Iran de produire des explications complètes sur ces activités supposées.

Téhéran a dénoncé ces documents sur lesquels reposent ses accusations comme des faux fournis par le MEK, et a demandé des copies des documents pour les analyser, mais les US ont refusé de les fournir.

L'affirmation iranienne est soutenue par des déclarations de responsables allemands. Quelques jours après que le secrétaire d'état Colin Powell ait annoncé l'existence de ces documents de PC portable, Karsten Voight, le coordinateur des relations germano américaines au ministère des affaires étrangères allemand, a dit, et cela a été rapporté par le Wall Street Journal du 22 novembre 2004, que l'information avait été fournie par « un groupe dissident iranien ».

Un responsable allemand connaissant bien la question a confirmé à l'auteur de cet article que le NCRI était à l'origine des documents du PC portable. « Je peux vous assurer que ces documents venaient de l'organisation de résistance iranienne, » a-t-il dit.

Les Allemands ont été très impliqués dans la collecte de renseignements et d'analyse concernant le programme nucléaire iranien. Selon un article publié dans le Washington Post du reporter Dafna Linzer, après que Colin Powell ait fait mention pour la première fois en public des documents du PC portable fin 2004, des responsables US ont dit qu'il avait été volé d'un iranien que les renseignements allemands avaient essayé de recruter, et avait été donnés à des responsables de renseignements d'un pays non cité en Turquie.

Le compte rendu allemand des origines des documents du PC portable contredit l'insistance des responsables des renseignements US auprès des journalistes William J. Broad et David Sanger en novembre 2005, a affirmer que ces documents ne venaient pas de groupes de résistance iraniens.

Malgré le fait qu'il était porté sur la liste des groupes terroristes, le MEK était le favori des néo conservateurs au Pentagone, qui proposait en 2003-2004 de l'utiliser pour déstabiliser l'Iran. On sait que les Etats-Unis ont utilisé pendant des années des renseignements fournis par le MEK sur des questions concernant l'armée iranienne. Ce groupe a été considéré comme une source crédible de renseignements sur le programme nucléaire iranien après 2002, principalement parce qu'il avait identifier la centrale de Natanz comme un site nucléaire.

La source allemande a dit qu'il ne savait pas si les documents étaient authentiques ou pas. Cependant, des analystes de la CIA et des responsables européens et de l'AIEA, qui ont eu accès officiellement aux documents du PC portable en 2005, étaient très sceptiques quant à leur authenticité.

Un article de Julian Borger du Guardian de fin février citait un responsable de l'AIEA disant qu' « il y a un doute sur la provenance de l'ordinateur. »

Un diplomate européen de haut rang haut qui a examiné les documents a été cité dans le New York Times de novembre 2005 disant « je peux fabriquer ces données. Cela semble magnifique, mais le doute pèse sur elles. »

Scott Ritter, l'ancien officier des renseignements US qui a aussi été chef inspecteur en Irak pour l'ONU de 1991 à 1998 a fait remarqué dans une interview que la CIA a la capacité de tester et d'identifier les documents du PC portable par le biais de tests d'expertise qui révéleraient quand les différentes versions des différents documents ont été créées.

Le fait que l'Agence n'ait pu éliminer la possibilité d'une falsification, indique, selon Ritter, qu'elle avait choisi, soit de ne pas mener ses tests, ou que les tests avaient révélé la fraude.

Bien qu'ayant eu à son crédit le coup pour les renseignements sur Natanz en 2002, l'efficacité générale des renseignements du ME concernant le programme nucléaire iranien reste très médiocre. La CIA continue de fournir à l'AIEA des renseignements venant du groupe iranien sur des soit disant activités liées à des armes nucléaires depuis ces cinq dernières années, sans en identifier la source.

Mais ces renseignements se sont avérés être non crédibles. Un haut responsable de l'AIEA a dit au Los Angeles Times en février 2007, que depuis 2002 « pratiquement tous les renseignements qui nous sont parvenus se sont révélées faux. »

L'ancien sous directeur des renseignements au Département d'Etat pour le Moyen Orient et l'Asie du Sud, Wayne White, doute que le MEK puisse actuellement avoir les contacts nécessaires au sein de la bureaucratie et de la communauté scientifique iraniennes pour fournir des renseignements tels que ceux fournis sur Natanz ou les documents du PC portable. « Cela m'est très difficile de croire que les supporters du MEK n'ont pas été chassés de la bureaucratie iranienne » dit White. « Je pense qu'ils n'ont pas de sources clés au sein du gouvernement iranien. »

Dans son article de février 2006 sur les documents du PC portable, la journaliste du Post Linzer a dit que les analystes de la CIA ont d'abord spéculé qu'un « autre pays, tel qu'Israël, avait fabriqué la preuve » Ils ont ensuite « écarté cette théorie », écrivait-elle, sans expliquer pourquoi.

Depuis 2002, de nouvelles informations ont fait surface indiquant que le MEK n'a pas obtenu lui même les données sur Natanz mais les a reçu de l'Agence de renseignement israélienne le Mossad. Yossi Melman et Meier Javadanfar, qui sont co auteurs d'un livre sur le programme nucléaire iranien publié l'année dernière écrivent que « des officiers israéliens des renseignements très haut placés « leur avaient dit fin 2006 que les renseignements israéliens avaient eu connaissance de Natanz un an avant la conférence de presse du groupe iranien. Ils ont expliqué qu'ils avaient choisi de ne pas faire de révélation publique « pour protéger la sécurité des sources qui ont fourni les informations ».

Shahriar Ahy, un conseiller de l'héritier de la monarchie Reza Pahlavi a dit à la journaliste Connie Bruck que les informations détaillées sur Natanz n'étaient pas venues du MEK mais « d'un gouvernement ami et cela n'était pas parvenu seulement aux mujahideens mais à d'autres groupes d'opposition ».

Bruck a écrit dans le New Yorker le 16 mars 2006 que quand on lui a demandé si le « gouvernement ami » c'était Israël, Ahy a souri et a dit « le gouvernement ami ne voulait pas en être la source publiquement. Si le gouvernement ami le donne publiquement aux US, alors cela sera reçu différemment. C'est mieux que cela vienne d'un groupe d'opposition. »

Israël a maintenu des relations avec le MEK depuis la fin des années 90, selon Bruck, dont une assistance apportée à l'organisation, dans les transmissions radio/TV du NRCI de Paris vers l'Iran. Un diplomate israélien a confirmé qu'Israël a trouvé le MEK « utile » a rapporté Bruck, mais le responsable a refusé d'en dire plus.

Gareth Porter -  Source et Copyright Inter Press Service

Traduction Mireille Delamarre pour planetenonviolence 04 Mars 2008

Gareth Porter est historien. Son dernier livre « Penis of Dominance : Imbalance of Power and The road to War in Vietnam (University of Califormia Press).


18.09.2007

Nucléaire iraquien, nucléaire iranien, même combat.

L'article suivant est extrait du site canadien Cyberpress.  

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohamed ElBaradei, a récusé lundi la perspective d'un éventuel recours à la force contre l'Iran sur son programme nucléaire, jugeant que les «autres options» étaient loin d'être épuisées.

   
   
   

 
   

«Nous devons toujours nous souvenir que l'usage de la force ne peut être envisagé (que quand) toutes les autres options sont épuisées. Je ne crois pas du tout que nous en soyons là», a-t-il déclaré à la presse au premier jour de l'assemblée générale des 144 pays membres de l'AIEA à Vienne.

«Je crois que ce que nous devons faire, c'est encourager l'Iran à travailler avec l'agence pour clarifier les questions en suspend» sur la nature de son programme nucléaire, a-t-il ajouté.

«D'ici novembre ou décembre nous serons en mesure de savoir si l'Iran agit de bonne foi et si non, nous aurons clairement une autre situation», a souligné M. ElBaradei.

Le chef de l'AIEA s'exprimait au lendemain de propos du chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, selon qui le monde doit se «préparer au pire», c'est-à-dire à la possibilité d'une «guerre» avec l'Iran, si Téhéran persiste dans son refus de suspendre son programme nucléaire.

«Nous avons affaire à un dossier très lié à la paix, à la sécurité et à la stabilité régionale au Proche Orient et c'est pourquoi je demanderai à tout le monde de ne pas se laisser emporter jusqu'à ce que nous soyons parvenus au bout de la procédure» de vérification, a souligné M. ElBaradei.

«J'ai clairement signifié que je ne voyais pas en ce moment de danger clair concernant le programme nucléaire iranien», a ajouté le chef de l'AIEA sur la base des dernières inspections menées par l'agence en Iran.

L'évocation d'une guerre en Iran «relève beaucoup d'un battage politico-médiatique », a encore estimé M. ElBaradei.

L'AIEA s'efforce depuis quatre ans d'établir la nature du programme nucléaire iranien, dont les États-Unis et l'Union européenne redoute qu'il puisse servir à doter ce pays de l'arme atomique.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne Mohammad Ali Hosseini a pour sa part jugé que les déclarations du chef de la diplomatie française «concordent avec la position de la puissance dominante (les États-Unis, ndlr)» et de ce fait «portent atteinte à la crédibilité de la France devant les opinions publiques mondiales».