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16/10/2009

Le dessous du prix Nobel de la paix 2009

Si l’attribution du prix Nobel de la paix a donné lieu à un concert de louanges parmi les dirigeants de l’alliance atlantique, elle a aussi suscité le scepticisme dans le monde. Plutôt que de débattre des bonnes raisons qui pourraient a posteriori justifier ce choix étonnant, Thierry Meyssan expose la corruption du Comité Nobel et les liens unissant son président, Thorbjørn Jagland, aux collaborateurs d’Obama.


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Madeleine Albright et Thorbjørn Jagland, lors d’une réunion au siège de l’OTAN.

 

« Ce matin, en écoutant les nouvelles, ma fille est entrée et m’a dit : “Papa, tu es Prix Nobel de la paix” » [1]. Telle est la touchante histoire que le président des États-Unis a raconté à des journalistes complaisants pour attester qu’il n’avait jamais souhaité cette distinction et en était le premier surpris. Sans chercher plus loin, ceux-ci ont immédiatement titré leurs journaux sur « l’humilité » de l’homme le plus puissant du monde.

À vrai dire, on ne sait ce qui doit le plus surprendre : l’attribution d’une si prestigieuse distinction à Barack Obama, la mise en scène grotesque qui l’accompagne, ou encore la méthode utilisée pour corrompre le jury et détourner ce prix de sa vocation initiale.

En premier lieu, rappelons que, selon le règlement du Comité Nobel, les candidatures sont présentées par des institutions (des parlements nationaux et des académies politiques) et par des personnalités qualifiées, principalement des magistrats et les anciens récipiendaires. En théorie, une candidature peut-être présentée sans que le candidat en ait été averti. Cependant, lorsque le jury prend sa décision, il établit un lien direct avec l’impétrant de sorte qu’il en soit informé une heure avant la conférence de presse. Pour la première fois de son histoire, le Comité Nobel aurait omis cette courtoisie. C’est, nous assure son porte-parole, qu’il n’osait réveiller le président des États-unis en pleine nuit. Peut-être ignorait-il que des conseillers se relayent à la Maison-Blanche pour recevoir les appels d’urgence et réveiller le président si nécessaire. Au demeurant, le comité Nobel avait au moins informé le journaliste Gerhard Helsok qui avait annoncé la nouvelle la veille sur la chaîne norvégienne TV2.

La gentille saynète de la petite fille annonçant le Prix Nobel à son papa ne suffit pas à dissiper le malaise provoqué par cette distinction. Selon le vœux d’Alfred Nobel, le prix récompense « la personnalité ayant [au cours de l’année précédente] le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ». Dans l’esprit du fondateur, il s’agissait de soutenir une action militante et non de décerner un brevet de bonnes intentions à un chef d’État. Les lauréats ayant parfois bafoué le droit international postérieurement à la réception de leur prix, le Comité Nobel a décidé, il y a quatre ans, de ne plus récompenser un acte particulier, mais de n’honorer que des personnalités ayant consacré leur vie à la paix. Ainsi, Barack Obama aurait été le plus méritant des militants de la paix en 2008 et n’aurait commis aucune atteinte majeure au droit international en 2009. Sans parler des personnes toujours détenues à Guantanamo et Bagram, ni des Afghans et des Irakiens confrontés à une occupation étrangère, qu’en pensent les Honduriens écrasés par une dictature militaire ou les Pakistanais dont le pays est devenu la nouvelle cible de l’Empire ?

Venons-en au cœur du propos, à ce que la « communication » de la Maison-Blanche et les médias anglo-saxons veulent cacher au public : les liens sordides entre Barack Obama et le Comité Nobel.

En 2006, l’European Command (c’est-à-dire le commandement régional des troupes US dont l’autorité couvrait alors à la fois l’Europe et l’essentiel de l’Afrique) sollicita le sénateur d’origine kenyane Barack Obama pour participer à une opération secrète inter-agences (CIA-NED-USAID-NSA). Il s’agissait d’utiliser son statut de parlementaire pour mener une tournée en Afrique qui permettrait à la fois d’y défendre les intérêts des groupes pharmaceutiques (face aux productions hors brevets) et de repousser l’influence chinoise au Kenya et au Soudan [2]. Seul l’épisode kenyan nous intéresse ici.

La déstabilisation du Kenya

Barack Obama et sa famille, accompagnés d’un attaché de presse (Robert Gibbs) et d’un conseiller politico-militaire (Mark Lippert), arrivent à Nairobi dans un avion spécial affrété par le Congrès. Leur appareil est suivi d’un second avion, celui-ci affrété par l’US Army, et transportant une équipe de spécialistes en guerre psychologique commandée par le général prétendument à la retraite J. Scott Gration.
Le Kenya est alors un plein boom économique. Depuis le début de la présidence de Mwai Kibaki, la croissance est passée de 3,9 à 7,1 % du PIB et la pauvreté a reculé de 56 à 46 %. Ces résultats exceptionnels ont été obtenus en réduisant les liens économiques post-coloniaux avec les Anglo-Saxons et en leur substituant des accords plus équitables avec la Chine. Pour casser, le miracle kenyan, Washington et Londres ont décidé de renverser le président Kibaki et d’imposer un opportuniste dévoué, Raila Odinga [3]. Dans cette perspective, la National Endowment for Democracy a suscité la création d’une nouvelle formation politique, le Mouvement orange, et complote une « révolution colorée » à l’occasion des prochaines élections législatives de décembre 2007.

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Le sénateur Barack Obama faisant campagne pour son « cousin » Raila Odinga.

 

Le sénateur Obama est accueilli comme un enfant du pays et son voyage est hyper-médiatisé. Il s’ingère dans la vie politique locale et participe aux meetings de Raila Odinga. Il appelle à une « révolution démocratique », tandis que son « accompagnateur », le général Gration, remet à Odinga 1 million de dollars en liquide. Ces interventions déstabilisent le pays et suscitent les protestations officielles de Nairobi auprès de Washington.
À l’issue de cette tournée, Obama et le général Gration vont au rapport chez le général James Jones (alors patron de l’European Command et suprême commandeur de l’OTAN) à Stuttgart, avant de retourner aux États-unis.

L’opération continue. Madeleine Albright, en qualité de présidente du NDI (la branche de la National Endowmement for Democracy [4] spécialisée dans le traitement des partis de gauche) fait le voyage de Nairobi où elle supervise l’organisation du Mouvement orange. Puis John McCain, en qualité de président de l’IRI (la branche de la National Endowmement for Democracy spécialisée dans le traitement des partis de droite) vient compléter la coalition d’opposition en traitant de petites formations de droite [5].
Lors des élections législatives de décembre 2007, un sondage financé par l’USAID annonce la victoire d’Odinga. Le jour du vote, John McCain déclare que le président Kibaki a truqué le scrutin en faveur de son parti et qu’en réalité, c’est l’opposition conduite par Odinga qui a gagné. La NSA, de concert avec des opérateurs locaux de téléphonie, adresse des SMS anonymes à la population. Dans les zones peuplées par des Luos (l’ethnies d’Odinga), ils disent « Chers Kenyans, les Kikuyus ont volé l’avenir de nos enfants… Nous devons les traiter de la seule manière qu’ils comprennent… la violence ». Tandis que dans les zones peuplées par des Kikuyus, ils sont rédigés ainsi : « Le sang d’aucun Kikuyu innocent ne sera versé. Nous les massacrerons jusqu’au cœur de la capitale. Pour la Justice, établissez une liste de Luos que vous connaissez. Nous vous enverrons les numéros de téléphone où transmettre ces informations ». En quelques jours, ce pays paisible sombre dans les violences communautaires. Les émeutes font plus de 1 000 morts et 300 000 déplacés. 500 000 emplois sont détruits.
Madeleine Albright est de retour. Elle propose sa médiation entre le président Kibaki et l’opposition qui tente de le renverser. Avec finesse, elle s’écarte et place sur le devant de la scène l’Oslo Center for Peace and Human Rights. Le directoire de cette ONG respectée est nouvellement présidé par l’ex-Premier ministre de Norvège, Thorbjørn Jagland. Rompant avec la tradition d’impartialité du Centre, il dépêche deux médiateurs sur place, dont tous les frais sont pris en charge par le NDI de Madeleine Albright (c’est-à-dire in fine sur le budget du département d’État des États-Unis) : un autre ancien Premier ministre norvégien, Kjell Magne Bondevik, et l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan (le Ghanéen est très présent dans les États scandinaves depuis qu’il a épousé la petite nièce de Raoul Wallenberg).
Obligé pour rétablir la paix civile d’accepter le compromis qu’on lui impose, le président Kibaki accepte de créer un poste de Premier ministre et de le confier à Raila Odinga. Celui-ci entreprend immédiatement de réduire les échanges avec la Chine.

Petits cadeaux entre amis

Si l’opération kenyane s’arrête là, la vie des protagonistes continue. Thorbjørn Jagland négocie un accord entre la national Endowment for Democracy et l’Oslo Center, qui est formalisé en septembre 2008. Une fondation jointe est créée à Minneapolis qui permet à la CIA de subventionner indirectement l’ONG norvégienne. Celle-ci intervient pour le compte de Washington au Maroc et surtout en Somalie [6].
Obama est élu président des États-Unis. Odinga proclame plusieurs jours de fête nationale au Kenya pour célébrer le résultat de l’élection aux États-Unis. Le général Jones devient conseiller de sécurité nationale. Il prend Mark Lippert comme chef de cabinet et le général Gration comme adjoint.
Durant la transition présidentielle aux USA, le président de l’Oslo Center, Thorbjørn Jagland, est élu président du Comité Nobel, malgré le risque que représente pour l’institution un politicien aussi retors [7]. La candidature de Barack Obama au Prix Nobel de la paix est déposée au plus tard le 31 janvier 2009 (date limite réglementaire [8]), soit douze jours après sa prise de fonction à la Maison-Blanche. De vifs débats animent le Comité qui ne parvient toujours pas à s’accorder sur un nom début septembre, comme le prévoir le calendrier habituel [9]. Le 29 septembre, Thorbjørn Jagland est élu secrétaire général du Conseil de l’Europe à la suite d’un accord en sous-main entre Washington et Moscou [10]. Ce bon procédé en appelait un autre en échange. Bien que la qualité de membre du Comité Nobel soit incompatible avec une fonction politique exécutive majeure, Jagland ne démissionne pas. Il argue du fait que la lettre du règlement interdit le cumul avec une fonction ministérielle et ne dit rien du Conseil de l’Europe. Il rentre donc à Oslo le 2 octobre. Le jour-même, le Comité désigne le président Obama, Prix de la paix 2009.

Dans son communiqué officiel, le Comité déclare sans rire : « Il est très rare qu’une personne, à l’instar d’Obama, ait réussi à captiver l’attention de tous et leur donner l’espoir d’un monde meilleur. Sa diplomatie est basée sur le concept que ceux qui dirigent le monde doivent le faire sur un socle de valeurs et de comportements partagés par la majorité des habitants de la planète. Pendant 108 ans, le comité du prix Nobel a cherché à stimuler ce type de politique internationale et ces démarches dont Obama est le principal porte-parole » [11].

De son côté, l’heureux lauréat a déclaré : « Je prends la décision du comité Nobel avec surprise et une profonde humilité (…) J’accepterai cette récompense comme un appel à l’action, un appel lancé à tous les pays pour qu’ils se dressent face aux défis communs du XXIe siècle ». Ainsi donc, cet homme « humble » estime incarner « tous les pays ». Voilà qui n’augure rien de pacifique.

 

Article original : Thierry Meyssan, Réseau Voltaire


[1] « Déclaration de Barack Obama à l’annonce du prix Nobel de la paix 2009 » , Réseau Voltaire, 9 octobre 2009.

[2] Sur le détail de cette opération, voir Le Rapport Obama, par Thierry Meyssan, à paraître.

[3] Raila Odinga est le fils de Jaramogi Oginga Odinga, qui eut pour principal conseiller politique le père de Barack Obama.

[4] « La NED, nébuleuse de l’ingérence "démocratique" », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 janvier 2004.

[5] Jadis les États-Unis avaient créé un parti à eux au kenya, dirigé par Tom Mboya. Il s’agissait à l’époque de lutter contre l’influence russe et —déjà— chinoise.

[6] L’Oslo Center a également participé à la déstabilisation de l’Iran, lors de l’élection présidentielle, en acheminant des fonds vers l’ancien président Khatami.

[7] Vice-président de l’Internationale socialiste, Thorbjørn Jagland est un fervent partisan de l’OTAN et de l’entrée de la Norvège dans l’Union européenne. Il fréquente les élites mondialistes et a participé aux travaux du Council on Foreign Relations, de la Commission trilatérale et du Groupe de Bilderberg. Son bilan politique a été entaché par plusieurs scandales de corruption touchant ses proches, notamment son ami et ministre du Plan Terje Rød Larsen (l’actuel coordinateur de l’ONU pour les négociations au Proche-Orient).

[8] 205 candidatures ont été déposées. Mais, conformément au règlement seules 199 ont été jugées recevables. Ce chiffre ayant été atteint, le Comité Nobel n’avait pas la possibilité d’ajouter des noms supplémentaires au cours de ses délibérations.

[9] Le prix devait être décerné le 9 octobre. Pour des raisons d’organisation, le lauréat aurait dû être déterminé au plus tard au 15 septembre.

[10] Bien que les États-Unis ne soient pas membres du Conseil de l’Europe, ils y ont une grande influence. Moscou ne tenait pas à Jagland, mais voulait faire barrage au Polonais Wlodzimierz Cimoszewicz.

[11] « Communiqué du Comité Nobel norvégien sur le prix de la Paix 2009 », Réseau Voltaire, 9 octobre 2009.

 

 

30/05/2009

Les photos censurées montrent des prisonniers violés par des soldats US

Libertés Internets

28 mai 2009

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© The Alder
Scènes de tortures quotidiennes pratiquées en toute légalité dans les géôles étasuniennes

 

Seymour Hersh parle même de vidéos dans lesquelles on entend “le cri d’enfants violés et torturés devant leurs parents”…Et si tout cela vous paraît incroyable, si vous vous dites “Ce n’est pas possible, les Etats-unis ne font pas cela”, allez donc interroger un survivant de My Lai au Vietnam ou bien un paysan Salvadorien des années 1980…

[Gregor Seither - IES News Service - 27/05/2009]

(…) Antonio Taguba, l’officier de l’Armée U.S. qui a mêne l’enquête sur les actes de torture et de maltraitance commmis sur les prisonniers d’Abou Ghraib à Bagdad par des soldats U.S, a confirmé, dans un interview à la presse britannique, que parmi les photos saisies chez les geoliers tortionnaires, figurent en effet des images de soldats U.S. entrain de violer des prisonnières et de commetre des abus sexuels sur des prisonniers. Sur au moins une photo on pourrait voir un soldat U.S. entrain de violer une prisonnière irakienne et sur une autre, un soldat interprète entrain de sodomiser un prisonnier.

D’autres photos montrent les soldats entrain d’introduire des objets divers dans l’anus ou le vagin de prisonniers/ères, comme par exemple une matraque, des fils électriques ou encore un tube de néon. Une autre photo montrerait un géolier entrain d’arrcher les vètements d’une prisonnière, exposant sa poitrine.

Le Major General Taguba a précisé, dans son interview accordé au Daily Telegraph, que ces photos figuraient déjà dans son rapport de 2004 et qu’à l’époque il avait déjà signalé les nombreux témoignages de viols et d’abus sexuels commis par les soldats U.S. à Abou Ghraib.  L’Administration U.S. avait volontairement empéché la publication de ces photos.

Aujourd’hui encore, le nouveau président U.S. Barack Obama tente d’empécher la divulgation de ces 2 000 photos, affirmant qu’elles risquaient de provoquer la colère du monde arabe et donc mettre en danger les troupes U.S. à travers le monde. Les photos ne documentent pas seulement les abus et actes de torture commis à Abou Ghraib mais également des atrocités commises en Afghanistan et en Irak, de 2001 à nos jours.

Le Maj Gen Taguba, qui a demandé sa mise à la retraite de l’armée en 2007, a déclaré qu’il approuvait la décision d’Obama de ne pas publier ces photos :

“Ces images montrent des cas de torture, de viol et d’actes incroyablement indécents. Je ne vois pas l’utilité de les révélér au public à moins de les verser à un dossier légal. La seule conséquence d’une telle publication serait de mettre nos troupes en danger, les seuls défenseurs de notre politique étrangère, à un moment où nous avons le plus besoin d’eux.

Il n’est pas nécessaire de montrer ces images, leur seule description dans mon rapport est déjà suffisante pour se faire dresser les cheveux sur la tête. Vous pouvez me croire.”

En avril dernier, l’administration Obama avait déclaré qu’elle était prête à révéler ces photos, suite à un jugement en faveur de la American Civil Liberties Union (ACLU) qui en avait exigé la publication. Mais c’était sans compter avec le puissant lobby militaire à Washington qui a mené une campagne tenace pour faire disparaître ses photos en usant de l’argument de la “sécurité de nos troupes”.

Début mai, Barack Obama a donc fait volte face en déclarant : “A mon avis, l’unique conséquence directe de leur publication, sera d’enflamer l’opinion publique anti-Américaine et exposer nos troupes à un grand danger.”

26/05/2009

Indice Case shiller - mars 2009 (publié en mai)

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28/02/2009

Pourquoi le monde se sent-il mal ?

Strike the Root
Mardi 27 janvier 2009

 

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Considérez ces évènements:

1. Un président qui a commencé deux guerres 'agressives, qui porte la responsabilité de la mort de milliers d'Étasuniens, celle de centaines de milliers d'Iraquiens et d'Afghans, quitte ses fonctions en toute liberté, sans que le crime soit mentionné, sans qu'il en éprouve des répercussions négatives.

2. Pendant ce temps, la même population qui a pourtant une expérience intime avec les mensonges des politiciens semble complètement enthousiasmée par un président beau parleur qui promet du changement et qui demande des sacrifices.

3. Le Congrès qui avait un taux de satisfaction de 14 % et qui vient juste de voter un renflouement malgré l'objection d'une majorité d'Étasuniens, a eu un taux de réélection supérieur à 95 %

4. Des millions d'Étasuniens expriment leur soutien aux militaires alors que ces mêmes personnes sont tuées, blessées sans raison et qu'elles sont séparées de leurs familles et de leur travail productif au pays.

5. Une population qui a majoritairement cru que l'achat de biens non productifs comme ceux de l'immobilier pourrait les rendre riches à jamais. Et ce, sans expliquer de façon cohérente comment cela serait possible.

6. Les chercheurs qui sont sur des pistes alternatives pour expliquer le SIDA et le cancer voient leurs fonds de fonctionnement coupés et les résultats de leur recherche piétinés; tandis que d'autres qui essayent d'améliorer la vie en fournissant des aliments sains sont attaqués.

La criminalité évidente de nos dirigeants et la pensée troublée et passive des prolos sont devenues la norme. Les deux vont ensemble et créent un écosystème symbiotique de tyrannie. La fraude, le vol et le meurtre se sont généralisés autant que la somme des mensonges racontés et crus a atteint de nouveaux sommets. L'irresponsabilité a été socialisée et les honnêtes gens en quête du bien sont inquiétés.

Ceux parmi nous qui ne veulent guère plus que la paix et la liberté ne dirigent pas le monde. La quête de la liberté est en contradiction avec le contrôle exercé sur d'autres personnes. Il est ainsi facile d'en déduire que ceux qui cherchent le pouvoir ont des motivations étrangères aux nôtres.

Ce n'est que récemment que j'ai compris les implications de tout ceci. En dépit de toutes les preuves attestant du contraire, je supposais que tous ceux qui recherchaient le pouvoir avaient un ressenti similaire au mien à propos de la morale. Je ne pouvais tout simplement pas voir la raison pour laquelle ils avaient un comportement et des justifications non-éthiques. Je savais déjà que les États fonctionnent selon un code que la majorité d'entre nous ne suivent pas dans nos propres vies. Je supposais néanmoins qu'un homme qui agit en contradiction des lois morales devait s'en sentir coupable. Un jour pourtant une idée m'est venue : Et s'il ne se sentait pas coupable ?

Si son ambition est humble, il se comportera comme un criminel commun, un prédateur. Il ment pour obtenir des avantages, il utilise la force pour obtenir ce qu'il veut et vole sans problèmes de conscience. L'absence de sentiment de culpabilité au sujet de comportements non-éthiques le motive a poursuivre ses actes criminels.

Les petites opérations criminelles présentent un gros problème, celui de se faire prendre. La perspective de faire de la prison se révèle peu attrayante. Pourtant, même la grande probabilité de se faire arrêter et emprisonner n'empêche pas les criminels communs d'envisager leur carrière avec peu de sophistication et ils en paient d'ailleurs souvent le prix. D'autres personnes au fonctionnement similaire trouvent des manières d'éviter ces problèmes. Un esprit criminel peut tout autant que des gens normaux développer des intérêts croissants et trouver la manière de les poursuivre à des niveaux supérieurs. En usant de plus d'intelligence et d'une plus grande patience, il peut mener une carrière ambitieuse dans la criminalité. Avec cet objectif en tête, on peut aisément voir que l'État est le moyen le plus efficace pour y parvenir.

Dès lors qu'un criminel joint ses forces à celles de l'État en devenant un employé, il peut mentir dans son intérêt, utiliser la force pour parvenir à ses fins, et voler sans conscience tout comme le fait un opérateur à la petite semaine. Les opportunités de dommages potentiels n'ont pas de limites si l'on choisit intelligemment certains emplois. Si un homme aime, par exemple, soumettre les autres au supplice, il pourra devenir policier et poser lui-même les preuves. Un autre, qui voudrait tuer des gens, pourrait ainsi devenir un officier militaire et indiquer «accidentellement» les coordonnées d'une maison qu'il souhaite voir bombardée. Quoi qu'ils fassent, l'État les protégera des conséquences naturelles de leurs actions. S'ils sont malins, il y a de grandes chances qu'ils ne se fassent jamais prendre, jamais punir et il est même probable qu'ils soient cités.

J'ai trop souvent cru que les personnes qui travaillaient pour l'État appréciaient ces emplois uniquement à cause des horaires souples , des bons salaires et de la retraite. Ce type de carrière offre aux prédateurs, en plus de tout cela, le bénéfice alléchant de pouvoir satisfaire leurs pulsions criminelles sans risquer de châtiments.

Il se trouve que ce type de personnalité est désignée d'un nom scientifique : psychopathique. Au cas où vous penseriez que je vous raconte des sottises, voici une citation extraite de Scientific American:

Superficiellement charmants, les psychopathes ont tendance à donner aux autres une bonne impression à la première rencontre et les observateurs sont frappés par leur normalité. Pourtant, ils ne pensent qu'à eux-1 mêmes, ils sont malhonnêtes et ne sont pas fiables. Par moment, ils ont des comportements irresponsables sans raison apparente autre que le simple plaisir qu'ils procurent. Presque entièrement dénués de culpabilité, d'empathie et d'amour, ils ont des relations occasionnelles, détachées et romantiques. Ils trouvent couramment des excuses à leurs actes irresponsables et souvent infâmes, préférant plutôt accuser les autres. Ils apprennent rarement de leurs erreurs, pas plus des retours négatifs de leurs actions et ils ont du mal à contrôler leurs pulsions.

Cela ressemble à la définition exacte de ceux qui cherchent le pouvoir politique. L'article se poursuit en disant que les domaines dans lesquels ils sont surreprésentés pourraient inclure «la politique, les affaires et les activités de divertissement. Pourtant, les preuves scientifiques de cette conjecture intrigante sont à l'état d'ébauche. Il se trouve pourtant qu'il existe des preuves de cela, beaucoup plus solides que l'article ne le laisse entendre.

Dans son livre Ponérologie Politique, Andrew Lobaczewski déclare que 6 % de la population présentent des caractéristiques psychopathiques. Les implications de ce phénomène, qu'il a identifiées juste après la seconde guerre mondiale, sont atterrantes. Il suggère de plus qu'un autre 12 % de la population présentent de hauts risques d'avoir une pensée du type psychopathique. Dans un monde dominé par des structures hiérarchiques, ces individus prennent le contrôle des positions clés et engendrent ce que l'on peut appeler une «pathocratie ». Lobaczewski anticipe par ses écrits, la réalité actuelle:

À l'intérieur de ce système [pathocratique], l'homme normal est rendu coupable de ne pas être né psychopathe et il n'est considéré comme bon à rien sauf pour exécuter les plus durs labeurs, combattre et mourir afin de protéger un système de gouvernement qu'il ne peut suffisamment comprendre, ni même considérer comme étant le sien. Un réseau d'individus psychopathes ou apparentés, se renforçant en permanence, commence à dominer et à faire de l'ombre aux autres personnes.

Les gens normaux n'ont pas considéré la possibilité que certaines personnes apparemment ordinaires puissent n'avoir aucune inhibition morale. Ils font l'erreur de croire que leurs dirigeants ont de bonnes intentions. Ceux qui sont les employés des psychopathes mettent en oeuvre les plans de leurs patrons, aveugles à la réalité. Quelle que soit l'envergure de leur «échec», les dirigeants peuvent toujours rappeler leur bonne intention proclamée et se protéger du gibet. En fait, plus ils font de dégâts, plus on est appelé à donner plus de pouvoir à leurs services déficients afin qu'ils puissent «prévenir» qu'une telle chose ne puisse se reproduire.

Leur objectif principal est de trouver la limite de leurs actions tout en échappant aux conséquences et nous ne voyons aucun signe indiquant qu'ils ont atteint les limites que la population peut accepter. Peu importe les épreuves qu'ils provoquent, la majorité des gens leur donnent le bénéfice du doute à chaque fois et ils continuent ainsi à soutenir le système. Cette croyance qu'ont les bonnes personnes a conduit au démocide du XXe siècle qui n'est toujours pas mis en doute jusqu'aujourd'hui.

Lorsque l'on a accepté la possibilité que les psychopathes aient pris le contrôle de la société, on trouve des quantités de preuves pour soutenir cette hypothèse. Hitler, Staline, Mao et Pol Pot sympathisaient-ils avec leurs victimes ou ressentaient-ils de la culpabilité ? Plus proche de nous, parmi Bush, Cheney, Rove, Rumsfeld ou Clinton,peut-on désigner un seul d'entre eux qui ait présenté un semblant de normalité ? Non, de toute évidence. Ces listes contiennent les noms de personnages dont aucun ne peut répondre à une moralité rationnelle. Si de tels individus ont pu accéder aux plus hauts niveaux du pouvoir, que peut-on en déduire des services subalternes ?

Cela suggère que de tels individus régissent les leviers du pouvoir où que ce soit. Nous vivons une époque où la population dans son ensemble ne peut parvenir à satisfaire ses besoins, pourtant peu d'entre nous semblent en comprendre les raisons. Les sondages indiquent par exemple, que la population se sent concernée par l'éducation et pourtant de décennie en décennie, le système éducatif s'empire considérablement. Quel mystère ! Bien sur, si l'on croit nos maîtres bien intentionnés, la civilisation occidentale n'a pas su en 2000 ans déterminer des manières efficaces de transmettre les savoirs clés aux jeunes générations. Cependant, que se passe t'il si nous acceptons de remettre en question nos croyances en leur bonne volonté un seul instant et que nous envisageons d'autres possibilités ? Si le système éducatif n'arrive pas à remplir les objectifs annoncés depuis des décennies, peut être y a t'il des groupes qui considèrent cela comme un succès ?

De toute évidence, réussir à inhiber la pensée critique des masses profite à l'État et aux psychopathes. Lorsque des comportements irrationnels, immoraux, illégaux, irresponsables et intéressés sont considérés comme s'ils étaient normaux, on peut en déduire que le système éducatif fonctionne au mieux pour nos maîtres. Je n'ai cité qu'un seul exemple, mais il existe au sein de l'État, une multitude de fonctions à pourvoir procurant ainsi un emploi à ceux détenant toute sorte d'intérêt psychopathique. On devrait de plus, envisager que l'État agit non seulement comme un centre de recrutement pour psychopathes, mais que ce sont probablement des psychopathes qui ont inventé l'État pour prendre le dessus sur nous tous. Je ne peux pas fournir de meilleure explication de l'existence d'une organisation qui échoue dans le domaine éthique et qui suggère une pensée psychopathique un peu partout

Il apparaît que notre bataille pour la liberté n'est pas simplement un conflit entre ceux qui la veulent et ceux qui veulent dominer les autres, mais plutôt une bataille entre les gens normaux et les psychopathes. J'ai trouvé dans l'hypothèse de la psychopathie, une force de pouvoir explicatif incroyable de notre monde : Le monde se sent mal parce que les psychopathes le dirigent. Dans un pays habitué à dédaigner et à ridiculiser toute idée qui se distingue de la moyenne, les explications cohérentes d'un phénomène social observable ne sont pas beaucoup rapportées. Sans la compréhension des lois physiques, nous n'aurions jamais obtenu les améliorations considérables de notre qualité de vie découlant des développements technologiques. De la même façon, sans une compréhension de nos systèmes sociaux, nous ne nous sortirons jamais de la tyrannie que nous infligent les psychopathes. Nous devrions passer le mot et explorer ce filon de pensée avec la plus grande vigueur.

 

Traduction française: Lionel P. pour Futur Quantique

 

 

21/01/2009

« Nous sommes tous des Palestiniens » : Gaza, la guerre et la solidarité internationale

David Wiebe

Global Research

Vendredi 16 Janvier 2009

The Bullet

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© Jordanian Times

Les Jordaniens manifestent contre le massacre.


Aux quatre coins de la planète, les bombardements israéliens sur Gaza ont provoqué horreur et consternation. Le nombre élevé de victimes dans les territoires occupés à la densité démographique record a déclenché une vague mondiale de condamnations et de manifestations. En Europe, en Amérique du Nord, au Moyen-Orient, en Amérique Latine, en Afrique et en Asie, des millions de personnes ont manifesté contre la version israélienne de la doctrine « choc et effroi ». Le nombre et la taille des manifestations témoignent de la solidarité internationale pour la cause palestinienne, et ouvrent de nouveaux fronts contre le sionisme et la politique étrangère des États-Unis dans cette région.

Solidarité internationale envers la Palestine

Au Moyen-Orient, par exemple, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées et ont battu le pavé au Liban, en Turquie, en Syrie, en Jordanie, à Dubaï, en Arabie saoudite, en Libye et en Égypte. À de nombreuses reprises, ces manifestations ont critiqué la collusion des régimes arabes avec Israël et les États-Unis, ce qui a provoqué une sévère répression. Des manifestations et des émeutes ont également eu lieu dans les territoires occupés de la Cisjordanie et ont subi une répression organisée par Israël et le Fatah. À l’intérieur même des frontières d’Israël, se sont aussi déroulées des manifestations mobilisant des Arabes, des communistes, des anarchistes et des juifs, émaillées par quelques actes de « désobéissance civile ».

Les témoignages de solidarité à l’extérieur du Moyen-Orient n’ont pas été moins impressionnants, en particulier en termes de participation, d’implication et de représentation politique.

Dans le cadre de la journée mondiale de manifestation du 3 janvier, plus de 60 000 personnes se sont rassemblées dans les rues de Londres pour protester contre la guerre et la complicité du Royaume-Uni. Après la manifestation, plus d’un millier de chaussures ont été lancées sur la façade de la résidence du Premier ministre à Downing Street. Des manifestations de solidarité ont également eu lieu dans des villes anglaises plus modestes comme Birmingham, Manchester, Liverpool ou Newcastle. Le 10 janvier, plus de 100 000 personnes ont manifesté bruyamment et énergiquement à Londres.

La taille et la magnitude de ces manifestations ne peuvent être surestimées : pour la première fois, elles placent la lutte palestinienne comme symbole central et rassembleur du mouvement pacifiste en Grande-Bretagne, même dans les petites villes et agglomérations.

Les manifestations dans le reste de l’Europe ont été similaires. Le week-end des 3 et 4 janvier, plus de 20 000 personnes ont défilé dans les rues de Paris, et 10 000 à Berlin et à Francfort. Des manifestations ont également eu lieu à Stockholm, Helsinki, Rome, Lyon, Madrid, Amsterdam et d’autres grandes villes du vieux continent. Après une manifestation à Athènes devant les ambassades d’Israël et des États-Unis, une marionnette à l’effigie de Georges Bush a été brûlée, ainsi que de nombreuses banques. Fortes d’une longue tradition de solidarité avec la Palestine, les villes de Belfast et de Dublin ont organisé des manifestations. Le 8 janvier, en Norvège, au moins 40 000 personnes ont battu le pavé à Oslo et dans 5 autres villes dans le cadre d’un défilé organisé par près de 80 organisations. Le week-end dernier, les cortèges à Paris, Berlin et dans les autres grandes villes européennes ont rassemblé un nombre élevé de participants, dont 100 000 manifestants à Madrid. En Grèce, une manifestation prévue pour le 15 janvier a obligé le gouvernement à annuler un contrat avec l’armée étasunienne, qui espérait utiliser le port d’Astakos comme point de transit pour une livraison supplémentaire d’armements à destination d’Israël.

Ces manifestations en Europe ont projeté le problème palestinien sur l’avant-scène du mouvement pacifiste et ont déclenché de nouveaux appels à une campagne de boycott et de désinvestissement, et à une condamnation des dirigeants israéliens pour crimes de guerre. Les manifestations ont également obligé de nombreux gouvernements européens à demander un cessez-le-feu immédiat à Gaza et à geler le nouvel accord commercial liant Israël à l’Union Européenne.

Dans l’hémisphère Sud, des manifestations ont également eu lieu à Sydney et à Melbourne, en Australie, ainsi qu’à Auckland, en Nouvelle-Zélande, où un monument dédié à Israël a été couvert de sang et de peinture.

Dans la même veine, le 5 janvier, les étudiants de Delhi, en Inde, ont jeté 200 chaussures sur l’ambassade israélienne avant d’être arrêtés. Au cours des deux dernières semaines, à Srinagar, au Cachemire, la police a eu recours à plusieurs reprises aux gaz lacrymogènes et aux matraques contre des centaines de manifestants qui chantaient « Tous avec les Palestiniens » et « À bas Israël ».

En Afghanistan, des manifestations ont été organisées autour des mosquées de Kaboul et d’Herat où des milliers de personnes ont entonné : « Mort à Israël, aux États-Unis et à la Grande-Bretagne ».

Des manifestations ont également eu lieu la semaine dernière en Corée du Sud, en Indonésie, en Malaisie et en Thaïlande où des milliers de personnes ont exprimé leur colère.

En Amérique Latine, les gouvernements équatoriens et brésiliens ont accusé Israël de « crime contre l’Humanité » et de « terrorisme d’État », tandis que le président vénézuélien Hugo Chavez et le président bolivien Evo Morales expulsaient les ambassadeurs israéliens. Les citoyens ont manifesté dans tout le sous-continent américain, au Mexique, au Nicaragua, en Colombie, en Bolivie, en Argentine, au Costa Rica et à Cuba.

Les manifestations en Amérique du Nord

Même en Amérique du Nord, la colère contre les bombardements et l’invasion terrestre s’est clairement exprimée. Au Canada, des centaines de personnes se sont rassemblées à Ottawa, Halifax, Winnipeg et Vancouver. À Toronto, plus de 10 000 personnes ont participé à la manifestation du 3 janvier organisée par une large coalition de groupes pacifistes et d’organisations de soutien à la Palestine. Le 7 janvier, 8 femmes juives ont été arrêtées après avoir occupé le consulat israélien dans le centre ville de Toronto. À Montréal, 4 000 personnes se sont rassemblées pour une manifestation d’urgence contre la guerre. Jeudi dernier, 30 personnes ont occupé le consulat d’Israël à Montréal pour demander l’expulsion du consul général et l’arrêt immédiat de l’invasion israélienne et du siège de Gaza. Au Canada, ces manifestations et la campagne « Boycott, désinvestissement esanctions » ont été soutenues par nombre d’organisations syndicales, dont le syndicat canadien des postiers et le syndicat canadien de la fonction publique, qui ont tout deux diffusé un communiqué dénonçant les actions perpétrées par Israël à Gaza.

Le plus étonnant, peut-être, concerne les manifestations aux États-Unis. Dans plus de 100 villes étasuniennes, petites ou grandes, des milliers de personnes ont rejoint les manifestations depuis le début des bombardements le 27 décembre.

Par exemple, il y a deux week-ends, plus de 20 000 personnes se sont rassemblées dans le quartier de Manhattan à New York. Ce fut la manifestation de soutien à la Palestine la plus importante jamais organisée dans cette ville, elle a mobilisé de nombreux groupes issus des communautés arabes et des partis de gauche.

San Francisco en particulier a été le théâtre de manifestations animées. Au cours des deux dernières semaines, des centaines de personnes se sont lancées dans des manifestations et des actes de désobéissance civile, dont un « sit-in » dans la rue, organisé par 50 activistes juifs s’opposant à l’occupation. Les cortèges ont également rassemblé un nombre record de participants à Boston, Houston, Washington, Seattle, Chicago, Cleveland, Minneapolis, Nashville, Denver, Kansas City, la Nouvelle Orléans, Portland, Orlando, Philadelphie, Los Angeles, Atlanta, Greenville, Sioux Falls, Toledo, Dayton, Raleigh, Des Moines et Oklahoma City, sans compter les autres villes. Plus récemment, le 14 janvier, 15 activistes juifs ont tenté de paralyser le consulat d’Israël à Los Angeles en bloquant sa route d’accès et en s’attachant au portail d’entrée.

L’importance du mouvement grandissant de soutien à la Palestine.

Ces manifestations sont importantes à plus d’un titre.

Premièrement, elles ont à nouveau galvanisé une bonne partie du mouvement pacifiste qui était relativement inactif depuis la défaite du sénateur John Kerry, candidat démocrate aux élections présidentielles de 2004.

Deuxièmement, ce sont les premières manifestations sur le sol étasunien qui mettent la Palestine au cœur du mouvement pacifiste. Dans le passé, le mouvement avait été gravement divisé sur le fait d’inclure ou pas le problème de la Palestine dans une campagne plus large ciblant la politique étrangère des États-Unis au Moyen-Orient. Dans un tel contexte, les manifestations actuelles constituent un moment critique où le problème de la Palestine peut devenir le thème majeur défendu par le mouvement pacifiste. Tandis que l’UFPJ (United For Peace and Justice – Unis pour la paix et la justice) a pour l’instant évité d’organiser une manifestation de grande ampleur, il a appelé ses sympathisants à participer à la manifestation organisée à Washington par ANSWER (Act Now to Stop War & End Racism – Agir maintenant pour arrêter la guerre et mettre fin au racisme) et de nombreuses organisations arabes, musulmanes et palestiniennes. La pression et la mobilisation provenant de la base devront être maintenues afin que les grandes organisations pacifistes restent focalisées à long terme sur la Palestine.

Troisièmement, ces manifestations reflètent un changement important dans la manière dont le peuple perçoit la politique israélienne. D’après un sondage mené par l’institut Rasmussen, les Étasuniens sont extrêmement divisés quant au conflit actuel, avec 44% qui y sont favorables et 41% qui s’y opposent. Toutefois, parmi les sympathisants démocrates, 55% s’opposent à l’opération israélienne contre 31% qui la soutiennent. Ces chiffres ont une très grande importance étant donné le soutien total offert à Israël par les leaders du parti démocrate, les membres du Congrès et les grands médias. En effet, ce sondage suggère qu’un nombre croissant d’Étasuniens remettent en question et s’opposent au consensus des élites sur la question israélienne.

Quatrièmement, ces manifestations font naître l’espoir que le mouvement pacifiste soit indépendant de la future administration Obama. Bien que ce dernier ait un long historique d’échanges avec les communautés palestinienne et arabes de Chicago, et a promis une nouvelle approche de la politique étrangère des États-Unis au Moyen-Orient, ses dernières prises de position sur l’Afghanistan, l’Iran, l’Iraq et la Palestine exigent du mouvement pacifiste des protestations etune stricte opposition. Par exemple, la décision d’Obama de rester silencieux sur le conflit actuel qui sévit à Gaza contraste fortement avec ses condamnations des attaques terroristes de Bombay, et ressemblent à une approbation implicite des actions israéliennes. Dans un tel contexte, il est bon que les pacifistes et les activistes soutenant les Palestiniens aient d’ores et déjà manifesté devant l’hôtel de villégiature d’Obama à Hawaï et devant son quartier général temporaire à Washington. Ces manifestations entretiennent l’espoir que le mouvement anti-guerre ne sera pas récupéré et marginalisé par l’administration Obama, qui est remplie de vétérans issus des gouvernements Clinton et Bush II.

Cinquièmement, ces manifestations se trouvent justifiées par les actions de soutien à la Palestine qui sont organisées à l’échelle localedepuis quelques années. Toutes les grandes villes étasuniennes (et canadiennes, ainsi que la plupart des villes européennes) disposent d’un large éventail d’actions de soutien à la Palestine, depuis les festivals de films ou les groupes de poésie jusqu’aux campagnes sur le droit au retour des réfugiés, le siège de Gaza, et le « Boycott, désinvestissement, sanctions ». Des manifestations sont organisées régulièrement devant les consulats israéliens et des campagnes de boycott ciblent de nombreuses sociétés liées à Israël.

Les activistes palestiniens et arabes issus de la diaspora dirigent ces luttes à travers l’Amérique du Nord et sont généralement unis autour de (1) la critique d’Israël et de l’apartheid ; (2) l’appel à un boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël et (3) , pour résoudre le conflit, la demande d’n seul État avec bi-nationalité et d’un droit au retour pour les réfugiés palestiniens.

Comme démontré par ces manifestations, cette dynamique autour de la Palestine a gagné en ampleur et en signification. En fait, il est tout à fait possible que la Palestine devienne bientôt le problème central du mouvement pacifiste et de la gauche radicale aux États-Unis. Tandis que les médias et les élites politiques continuent à soutenir inconditionnellement Israël comme principal allié de l’impérialisme étasunien au Moyen-Orient, émergent parmi les activistes de base de tout le pays des signes distincts d’opposition à cette alliance et à l’oppression du peuple palestinien.

Aux États-Unis et dans le reste du monde, nous assistons à l’émergence d’un mouvement global de solidarité pour la cause palestinienne. De New York à Londres, de Caracas à Beyrouth, ce mouvement rallie des individus de toutes nationalités et de toutes confessions ; il affirme que « Nous sommes tous des Palestiniens »  et soutient le droit à la résistance contre l’occupation, la colonisation et le terrorisme d’État.

En tant que telles, ces manifestations posent les fondations potentielles permettant d’isoler et de sanctionner Israël à travers une campagne de boycottet de désinvestissement, comme demandé par les institutions civiles palestiniennes aux quatre coins de la planète. Tout comme le massacre de 1976 à Soweto, en Afrique du Sud, qui entraîna l’imposition de sanctions contre le régime de l’apartheid, la guerre contre Gaza pourrait déclencher le même type de réaction internationale à l’encontre de l’État sioniste.

La dimension mondiale des dernières manifestations fait naître l’espoir d’une telle perspective.

David Wiebe est écrivain, chercheur et activiste de gauche, il est originaire du Canada mais vit aujourd’hui aux États-Unis. The Bullet est un projet du Projet Socialiste.

Traduction : Axel D. pour Futur Quantique

14/01/2009

Envoi d’armes US d’une ampleur exceptionnelle en Israël : Les États-Unis et Israël projettent-ils d’étendre la guerre au Moyen-Orient ?

Global Research, Michel Chossudovsky, 11 janvier 2009

Original : www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=11743

Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info

 

Envoi d’armes des États-Unis d’une ampleur exceptionnelle en Israël : Les États-Unis et Israël projettent-ils d’étendre la guerre au Moyen-Orient ?

Une très grosse livraison d'armes des États-Unis pour Israël, se composant de 3000 tonnes de « munitions, » est prévue voguer vers Israël. La taille et la nature de cette expédition sont qualifiées d"« insolites » 

Sous couvert d’anonymat, un courtier a déclaré, « L’envoi inhabituel de 3000 tonnes de munitions en une seule fois, cela fait beaucoup.  « Cela (ce type de demande) est assez rare et il n'en a pas été mentionné beaucoup sur le marché toutes ces années, » a-t-il ajouté. À Londres, les courtiers maritimes qui s’étaient spécialisés dans le passé dans le transport d’armes pour l'armée étasunienne et britannique, ont dit que ce genre d’affrètement vers Israël est rare. (Reuters, 10 janvier 2009).

Une compagnie de la marine marchande grecque a été chargée par le Pentagone de livrer les armes à Israël :

Les documents du ravitaillement maritime vus par Reuters montrent que les États-Unis ont cherché à louer un navire marchand pour expédier des centaines de tonnes d'armes vers Israël depuis la Grèce en fin de ce mois-ci.

L'US Navy's Military Sealift Command a déclaré que le navire devrait transporter 325 conteneurs standards de 20 pieds de ce qui était enregistré sous le nom de « munitions, » en deux voyages séparés depuis le port grec de Astakos jusqu’au port israélien d'Ashdod dans la deuxième moitié de janvier.

Sur le manifeste de cargaison, l’identification de « matières dangereuses » évoque des substances explosives et des détonateurs, mais aucun autre détail n’y figure. (Ibid)

Il est à noter qu’une expédition similaire exceptionnellement importante de munitions des États-Unis vers Israël avait été programmée en début décembre :

Les documents indiquent que le navire allemand loué début décembre par les États-Unis transportait aussi une énorme cargaison d'armes, pesant plus de 2,6 millions de kg [2600 tonnes], et rempli de 989 conteneurs standards de 20 pieds, à Ashdod depuis la Caroline du Nord. (Press TV, 10 janvier 2009).

Ces grandes expéditions de munitions concernent-elles l'invasion de Gaza ?

Selon Reuters, la demande du Pentagone de transporter des munitions dans un navire de commerce a été faite le 31 décembre, 4 jours après le début des bombardements aériens sur Gaza par les avions de chasse F16.

Les analystes ont conclu à la légère, sans preuve, que les 2 expéditions de « munitions » sont destinées à approvisionner les forces armées d’Israël pour aider son invasion militaire à Gaza.

Un analyste militaire chevronné de Londres, qui a refusé d'être nommé, a indiqué que, à cause du calendrier, les expéditions pourraient être « irrégulières » et liées à l'offensive contre Gaza. (Reuters, 10 janvier 2009).

Ces rapports sont extravagants. La livraison de munitions précède toujours l'attaque d'une opération militaire. Les munitions requises pour l'« Opération Plomb Jeté » ont été déterminées en juin 2008. Suite à la demande de Tel Aviv dans le cadre du programme étasunien d'aide militaire à Israël, le Congrès a approuvé en septembre 2008 le transfert de 1000 Guided Bomb Units 39 (GBU-39), des bombes brise bunker, de petit diamètre, guidées par GPS et de haute précision.

Les bombes GBU-39 produites par Boeing ont été livrées à Israël en novembre. Elles ont été utilisées lors des premiers raids aériens sur Gaza :

L’Air Force d’Israël (IAF) a utilisé les nouvelles GBU-39 Small Diameter Bombachetées aux États-Unis dans les récentes attaques contre Gaza. Le [Jerusalem] Post a mentionné les nouvelles armes, commandées en septembre et arrivées le mois dernier [novembre], et déjà mises à l'action avec les avions de chasse de l’IAF. Ces armes ont été larguées par les F-15 Boeing de l’IAF, car jusqu'ici ces bombes de petit diamètre ne peuvent être utilisées que par ce type d'avion.

Il est hautement improbable que le gros de l'armement inclus dans ces deux grandes expéditions, qui doit arriver en Israël vers fin janvier, soit destiné à servir dans l'opération militaire menée par Israël à Gaza. La GBU-39 est légère (130 kg). Le poids total de l'expédition des GBU-39 (1000 unités) serait de l'ordre d'un modeste 130 tonnes. En d'autres termes, les spécifications de la GBU-39 ne correspondent pas à la description de l'expédition d’armement « exceptionnellement grande » et « lourde. »


GBU-39

 

Le scénario de l'escalade

L'expédition commandée le 31 décembre est de l'ordre de 3000 tonnes, une cargaison de « munitions » très grosse et pesante indiquant un transfert d’armes lourdes vers Israël.

Selon les déclarations de l'armée étasunienne, les munitions doivent être entreposées pour un usage « de toute urgence » dans l'éventualité d'un conflit :

Cette expédition programmée auparavant est routinière et non pour aider dans la situation actuelle à Gaza. ... Les militaires étasuniens pré-positionnent des stocks de sécurité dans certains pays, en cas de besoin de toute urgence. (Reuters, 10 janvier 2009, souligné par l’auteur)

Quelle que soit la nature de ces grandes cargaisons d'armes, elles sont destinées à servir lors d’une opération militaire future au Moyen-Orient.

Depuis le lancement de la Theater Iran Near Term Operation (TIRANNT) en mai 2003, un scénario d'escalade impliquant des actions militaires contre l'Iran et la Syrie a été envisagée. TIRANNT a été suivie par une série de plans militaires afférents à l'Iran. De nombreuses déclarations officielles et des documents militaires étasuniens indiquent l'élargissement de la guerre au Moyen-Orient.

Ces expéditions suggèrent que le « scénario de l'escalade, » non seulement existe, mais est passé en plus à une étape de planification militaire israélo-étasunienne plus active.

Si ces armes seront utilisées ou non n’est pas connu. La question centrale, à cet égard, est de savoir si l'invasion de Gaza fait partie d'une aventure militaire plus grande contre le Liban, la Syrie et l'Iran, dans laquelle des armes lourdes des États-Unis, bombes brise bunker comprises, seront utilisées.

L’histoire des envois d’armes étasuniennes en Israël

Le stockage en Israël de bombes brise bunker made in USA est en cours depuis 2005 :

Les États-Unis vendront à Israël près de 5000 bombes intelligentes lors de l'un des plus grands marchés d’armes entre ces deux alliés depuis des années.

Parmi les bombes que recevra l'armée de l'air [israélienne], il y a 500 bombes brise bunker d’une tonne capables de transpercer des murs de béton de deux mètres d'épaisseur, 2500 bombes ordinaires d’une tonne, 1000 bombes d’une demie tonne, et 500 bombes d’un quart de tonne. Les bombes achetées par Israël incluent des versions aéroportées, des unités guidées, le mode d’emploi des bombes et des détonateurs. Elles sont guidées par un satellite israélien utilisé par les militaires.

La vente augmentera les fournitures de bombes intelligentes israéliennes. Le Pentagone a déclaré au Congrès que les bombes sont destinées à maintenir l'avantage qualitatif d'Israël [contre l'Iran], et à mettre en avant les intérêts stratégiques et tactiques des États-Unis. (Jewish Virtual Library,  21-22 septembre 2004, Haaretz / Jerusalem Post).

Les expéditions actuelles de bombes brise bunker made in USA ont été mises en route en 2005. Les États-Unis ont approuvé en avril 2005 la livraison de :

quelque 5000 « armes intelligentes lancées des airs, » incluant quelque 500 bombes brise bunker BLU 109. Ces munitions (enrobées d’uranium) seraient plus « adéquates pour viser l'ensemble des cibles iraniennes, à l'exception peut-être de l'installation enterrée à Natanz, qui pourrait exiger la brise bunker BLU-113 [plus puissante, une variante de la GBU 28]. » (Voir Michel Chossudovsky, Planned US-Israeli Nuclear Attack on Iran, Global Research, 1er mai 2005).

La BLU-109 est plus petite que la GBU 28. « C’est une ogive de 2000 livres pouvant être utilisée avec un kit de guidage GPS [...], et qui peut percer jusqu'à 15 pieds de béton armé. » (Voir F16.net).

Selon le New York Times, en août 2006, au summum de la guerre contre le Liban, une importante cargaison de bombes GBU 28 de 2,2 tonnes a été envoyée en Israël.

La GBU 28 est produite par Raytheon. Utilisée contre l'Irak lors de la guerre du Golfe en 1991, elle a la capacité de percer quelque 20 pieds de béton armé. (Haaretz, 9 novembre 2008). Contrairement aux bombes GBU 39 (130 kg) contre Gaza, chaque GBU-28 a un poids important de 2,2 tonnes.

Selon Federation of American Scientists, « la Guided Bomb Unit-28 (GBU-28) est une arme spécialement développée pour transpercer les centres de commandement irakiens fortifiés, profondément enterrés. La GBU-28 est une arme conventionnelle de 5000 livres à guidage laser, qui utilise une ogive pénétrante de 4400 livres. »

(Pour une représentation visuelle, voir « Bob Sherman, How the GBU-28 works, » USA Today en ligne).

 


GBU-28


      Vidéo de démonstration de la GBU 28 sur YouTube

Ces expéditions d'armes récentes vers Israël, d’une importance exceptionnelle, financées par l'aide militaire étasunienne à Israël, font partie de l'accord de 2004 entre Washington et Tel-Aviv.

Comme mentionné ci-dessus, il y a une histoire de livraison de bombes brise bunker (incluant la GBU 28) qui remonte à 2005. Bien que la nature et la composition de ces dernières cargaisons d'armes soient inconnues, on soupçonne qu'elles comportent la version brise bunker lourde, notamment des bombes GBU-28.

Il convient de noter à cet égard que, l'été dernier, Israël a demandé au Pentagone de fournir des bombes brise bunker GBU-28. Le but déclaré était de les utiliser dans l'éventualité d'une opération militaire dirigée contre l'Iran.

En septembre 2008, selon la presse étasunienne et israélienne citant des fonctionnaires du Pentagone, la demande de Tel-Aviv a été rejetée. Selon ces rapports, Washington a refusé catégoriquement de livrer la cargaison de bombes brise bunker GBU 28, pour qu’elle soit utilisée pour attaquer les installations nucléaires iraniennes. « À la place, » Washington a accepté de livrer la légère GBU-39 pour l’utiliser contre Gaza.

Les États-Unis ont « rejeté une demande israélienne d'équipements militaires et l’aide qui permettrait d'améliorer la capacité d'Israël à attaquer les installations nucléaires iraniennes. »

Les Étasuniens ont considéré la demande [d'Israël], transmise au plus haut niveau (et rejetée), comme un signe du stade de préparation avancé d'Israël pour attaquer l'Iran. Ils ont donc mis en garde Israël contre toute attaque, disant que ce genre d’intervention saperait les intérêts étasuniens. Ils ont aussi demandé à Israël de leur donner un préavis au cas où ils décideraient malgré tout d’attaquer l'Iran. Début septembre, Haaretz a signalé que la demande comportait des bombes « brise bunker » GBU-28.

Selon AP, les États-Unis ont convenu à la mi-septembre de vendre à Israel 1000 bombes « brise bunker » GBU-39 à la place, qui, selon les experts militaires israéliens, « pourraient constituer une nouvelle arme puissante » contre Gaza.

De cette manière : quand Israël a demandé aux États-Unis des armes que ces derniers pensaient pouvoir servir à bombarder l'Iran, ils ont dit non, ajoutant explicitement qu'ils ne souhaitaient pas voir d’attaque israélienne contre l'Iran. Et il n'y a pas eu d’attaque israélienne contre l'Iran. (Defense Update.com, décembre 2008).

La désinformation médiatique

Les déclarations officielles et les communiqués de presse sont bidon. Israël et les États-Unis ont toujours agi en étroite coordination. Washington « n’exige pas qu’Israël lui fournisse un préavis » avant une opération militaire :

Le rapport d’Haaretz suggère que l'administration Bush était intransigeante et ne voulait pas que les Israéliens attaquent l'Iran. En fait, le rapport laissait penser que les États-Unis abattraient tout avion israélien essayant d'attaquer l'Iran :

Autorisation de l’espace aérien : Toute attaque contre l'Iran pourrait apparemment exiger de passer à travers l'espace aérien irakien. Pour ce faire, il y aurait nécessité d’un couloir aérien que le les avions de combat israéliens pourraient traverser sans être pris pour cible par les avions étasuniens ou les missiles antiaériens. Les Étasuniens ont aussi rejeté cette demande. Selon un compte rendu, pour esquiver le problème, les Étasuniens ont répondu aux Israéliens de demander l'autorisation au Premier Ministre irakien, Nouri al-Maliki, dans le style : « Si vous voulez, arrangez-vous avec lui. » (Haaretz 9 novembre 2008).

Ce rapport israélien est trompeur. Israël est l'allié des États-Unis. Les opérations militaires sont étroitement coordonnées. Israël n'agit pas sans l'approbation de Washington et les États-Unis n’abattent pas les avions de son plus proche allié.

Nature et composition des dernières livraisons d'armes des États-Unis vers Israël

Ces envois de munitions anormalement grands devraient en principe nécessiter l'aval du Congrès. À notre connaissance, il n'existe pas de dossier public sur l'approbation de ces envois exceptionnellement grands de « munitions » vers Israël.

La nature et la composition de l'expédition sont inconnues. La demande de livraison d’Israël de GBU 28 de 2,2 tonnes a-t-elle été acceptée par Washington, en contournant le Congrès ? Des bombes GBU 28, pesant chacune 2,2 tonnes, font-elles partie des expéditions de 3000 tonnes vers Israël. Des mini-bombes nucléaires tactiques brise bunker sont-elles incluses dans l'arsenal d'Israël ? Ce sont les questions à poser au Congrès des États-Unis.

Les deux expéditions de « munitions » sont prévues arriver en Israël respectivement au plus tard le 25 et le 31 janvier.

Le Secrétaire Robert Gates, qui reste à la tête du Département de la Défense, assure la continuité de l'ordre du jour militaire.

Préparation à une confrontation avec l'Iran : Renforcement du système de défense antimissile d’Israël

Début janvier, le Pentagone a envoyé en Israël quelque 100 militaires de l’US European Command (EUCOM) pour aider à installer un nouveau système radar d’alerte précoce sophistiqué en bande X. Ce projet fait partie de l'aide militaire pour Israël approuvée par le Pentagone en septembre 2008 :

Le gouvernement israélien a demandé ce système pour l’aider à se défendre contre une éventuelle attaque de missiles de l'Iran. Le Secrétaire à la Défense Robert M. Gates a signé l'ordre de déploiement à la mi-septembre. ....

Selon les fonctionnaires de l'US Missile Defense Agency, dès qu’il sera pleinement opérationnel, ce système pourra suivre et identifier tout petit objet à grande distance et à très haute altitude, notamment dans l'espace. La défense antimissile d’Israël s’intégrera aussi au réseau mondial de détection de missiles des États-Unis.

« Cela permettra aux Israéliens de suivre les missiles balistiques à moyenne et longue portée cent fois mieux que ce que permet leur radar actuel, » a déclaré Morrell. Il aura ... une portée plus que double de celle du radar de défense antimissile d'Israël et accroîtra son temps d’engagement disponible. »

Cela, dit-il, permettra d'améliorer grandement la capacité défensive d'Israël. « Il y a une menace grandissante de missiles balistiques dans la région, notamment en provenance d'Iran, » a déclaré Morrell. « Et personne dans la région ne devrait se sentir plus nerveux que les Israéliens au sujet de cette menace. Et il est clair qu'ils le sont, et ils ont demandé notre aide. (Defense Talk.com, 6 janvier 2009, souligné par l’auteur).

Le nouveau système radar en bande X « permet l'interception précoce, dès le lancement sur le territoire ennemi au lieu du territoire ami » (Sénateur Azzolina Joseph, Protecting Israel from Iran's missiles, Bayshore News, 26 décembre 2008).

Le radar en bande X intégrerait la défense antimissile d'Israël dans le réseau de détection mondial des États-Unis, qui comporte des satellites, des navires de l’Advanced Electronic Guided Interceptor System, en Méditerranée, dans le Golfe Persique et en Mer Rouge, ainsi que les radars et les intercepteurs au sol du système Patriot. » (Ibid)

Ce que cela signifie, c'est que Washington fait la pluie et le beau temps. Les États-Unis, plutôt qu’Israël, pourront contrôler le système de défense : « Ceci est, et restera, un système radar étasunien, » a déclaré le porte-parole du Pentagone, Geoff Morrell. « Alors ce n'est pas quelque chose que nous donnons ou vendons aux Israéliens, c'est quelque chose qui nécessitera du personnel des États-Unis pour fonctionner. » (Cité dans Israel National News, 9 janvier 2009, souligné par l’auteur).

En d'autres termes, l'armée étasunienne contrôle le système de la défense aérienne d'Israël, qui est intégré au système mondial de défense antimissile des États-Unis. Dans ces circonstances, Israël ne peut pas lancer de guerre contre l'Iran sans l’aval du haut commandement des États-Unis.

Les grandes expéditions de munitions des États-Unis, qui devraient arriver en Israël après la prise de fonction de Barack Obama à la présidence des États-Unis et comme Commandant en Chef, font partie du programme plus général de coopération militaire US-israélienne en relation avec l'Iran.

Le renforcement de la défense antimissile d'Israël conjugué aux grandes expéditions d’armes étasuniennes, font partie d'un scénario d'escalade, qui pourrait sous l’administration Obama entraîner le monde dans une guerre élargie au Moyen-Orient.

Une nouvelle Guerre froide ?

Il y a eu renforcement des capacités militaires des deux côtés. L'Iran a répondu à l'initiative israélo-étasunienne, en étoffant son propre système de défense antimissile avec le soutien de la Russie. Selon des rapports (21 décembre), Moscou et Téhéran ont tenu des pourparlers sur la fourniture par la Russie de systèmes de défense aérienne à moyenne portée, en particulier des systèmes sol-air de défense antimissile S-300. » (Asian Times, 9 janvier 2009).

30/12/2008

Indice Case Shiller octobre 2008

Sans titre.JPG

18/11/2008

Flashback : Afghanistan – quand les Français filment leur bombardement

P&P : Suite aux récentes menaces des Talibans concernant la présence française en Afghanistan, rappelons quelques faits :

EXCLUSIF BAKCHICH TV / lundi 25 août par ÉMILE BORNE

Bernard Kouchner et Hervé Morin étaient auditionnés ce mardi 26 août par nos députés sur la situation en Afghanistan. Le ministre de la Défense n’a pas reculé et a prévenu son monde : « Nous n’avons pas d’autre choix que de continuer l’effort entrepris par la communauté internationale, cet effort sera nécessairement long ». La guerre n’est pas prête de s’arrêter et les soldats français ne reviendront pas de sitôt au pays… Et le ministre de prédire que de nouvelles pertes sont à craindre. Et oui, cette guerre qui ne disait pas son nom commence à montrer son vrai visage. Il était temps. Cité par le Canard Enchainé, le patron des armées, Jean Louis Georgelin, confiait récemment à ses collaborateurs. "Comme je le répète depuis un moment, l’Afghanistan devient un merdier ingérable". On comprend pourquoi, ces jours ci, il s’est fait discret ! « Bakchich » a mis la main sur des images inédites d’une frappe aérienne menée fin 2005 par l’armée française sur les Talibans. A voir avant de lire l’interview d’un officier « proche du dossier », comme on dit.

Ces images d’Afghanistan devaient rester secrètes. Filmées fin 2005 par des soldats français (vidéo de 4’10’’), elles montrent notamment nos forces spéciales en train de bombarder une base de Talibans dans une zone frontalière avec le Pakistan. Ces frappes interviennent dans le cadre de l’opération militaire américaine Enduring Freedom (« Liberté immuable »), lancée en octobre 2001 par les Etats-Unis. Objectif : chasser les Talibans du pouvoir en Afghanistan et traquer Al Qaïda. Les forces spéciales françaises ont participé à Enduring Freedom de 2003 à 2006 avec environ 200 hommes sur le terrain. Ceux-ci appartenaient aux commandos marine, au 1er RPIMa (Régiment de parachutistes d’infanterie de marine), au 13è RDP (Régiment de Dragons parachutistes) et au CPA10 (commandos parachutistes de l’air). Ils opéraient sous commandement américain et, manifestement, l’armée américaine leur a sous-traité différentes actions. Dont ce bombardement.

INTERVIEW

« La visite précipitée de Nicolas Sarkozy à Kaboul a fait apparaître les Français comme des faibles aux yeux des Talibans »

Bakchich a également rencontré un officier français spécialiste de l’Afghanistan qui souhaite conserver l’anonymat. Il revient de ce pays où des combattants talibans lui ont raconté comment ils perçoivent les troupes françaises et leurs bombardements.

Comment les Talibans voient-ils les troupes étrangères présentes en Afghanistan dans le cadre de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) ?

Les Talibans se considèrent du côté du bien et estiment que les forces étrangères se comportent en barbares. Surtout les Américains. Par exemple, ils ne comprennent pas que ces derniers ne procèdent pas à des échanges de prisonniers, ce que les Talibans avaient l’habitude de faire dans le passé. La doctrine de guerre de l’administration Bush les considère en effet comme des terroristes et non comme des soldats. Les Talibans se plaignent aussi que les Américains torturent leurs prisonniers alors qu’eux-mêmes affirment qu’au nom de l’Islam, ils n’ont pas – et ne peuvent pas avoir – recours à ces pratiques. Enfin, ils perçoivent avec le plus grand mépris les bombardements de ce qu’ils appellent les « forces occupantes ». Pour eux, le combat d’homme à homme est une vertu masculine. Le bombardement qui tue sans discernement est considéré comme une pratique injuste.

Justement, l’armée française bombarde régulièrement leurs positions. Quel impact cela a-t-il sur la perception qu’ont les Talibans des soldats français ?

La seule chose que les Talibans disent des Français est : « ils bombardent ». Ce qui, à leurs yeux, nous place moralement du mauvais côté. On est donc loin de l’image des Français qui nous est restituée par les grands médias nationaux faisant l’éloge de la « French touch » et du comportement humain des soldats sur le terrain ainsi que dans les villages afghans. Aujourd’hui, les Talibans ne font plus aucune différence entre les Français présents en Afghanistan avec des armes et ceux présents sans armes, comme les humanitaires. Ils se disent que dans les deux cas de figure ce sont des étrangers qui les occupent.

Selon vous, comment a été interprétée la visite de Nicolas Sarkozy en Afghanistan après le décès de dix militaires français au cours d’une attaque talibane le 18 août dernier ?

La visite précipitée de Nicolas Sarkozy à Kaboul leur a fait apparaître les Français comme les faibles ou le ventre mou de la coalition internationale présente en Afghanistan. Ce qui ne peut que les inciter à concentrer désormais sur eux leurs attaques.

Source : Bakchich.info

06/10/2008

L'église de Sarah Palin

Regardez cette vidéo quelque peu... surprenante :

Bacchanales de fous furieux échappés d'un asile ? Possession démoniaque de masse ? Hystérie collective ? Fin de banquet bien arrosé ?

Non, il s'agit tout simplement d'une réunion de fidèles Pentecôtistes s'adonnant au Holy Laughter, le "rire sacré".

Et le vieux bedonnant en train de tituber, un curé défroqué pris d'une crise de démence ? Mais non voyons, c'est le pasteur Kenneth Hagin, un saint homme, ministre de Dieu sur Terre et digne pasteur de cet hilare troupeau.

Vous ressentez un certain malaise, une certaine impression d'obscénité devant ce glaçant témoignage d'intense piété ?

Pourtant, ce type de comportement hystérique** est considéré comme tout à fait normal, et même louable – signe d'un "adombrement" par l'Esprit Saint et d'une spiritualité élevée – au sein de la communauté religieuse de la future (vice) présidente des États-Unis Sarah Palin.

Quand on pense que ce merveilleux refuge de la démocratie et de la liberté que sont les États-Unis – 1ère puissance mondiale, détentrice de l'arme nucléaire – est gouverné par des individus aussi sensés et rationnels, que les décisions qu'ils prennent sont fondées non sur une compréhension objective du monde et sur le bien commun, mais sur une lecture de la Bible (attaque de l'Irak parce que Dieu l'a voulu, Alaska – fief de Palin – choisi par Dieu pour être un des seuls États épargnés lors de l'Apocalypse...), on se sent soudain RASSURE de constater que la population étasunienne est entre de bonnes mains.

Heureusement, nous n'avons pas ça en France, au moins nos gouvernants sont des êtres totalement sain(t)s d'esprit qui respectent parfaitement le principe de laïcité. OUF ! Nous pouvons donc continuer à dormir tranquilles.

 

**Hystérisation : C’est le processus par lequel une société devient plus égoïste/hédoniste (intéressée et égoïste), égotiste (suffisante), égocentrique (narcissique), mensongère (mépris de la vérité), histrionique (excessivement dramatique et émotionnelle), moraliste (critique), ouverte aux écrits schizoïdes (interprétations naïves des actions humaines), et la pensée devient de plus en plus conversive (illogique). Ce processus peut être, et est, manipulé par des éléments ponérogéniques au moyen du traumatisme de masse et de la terreur psychologique constante. Comme l’hystérie est contagieuse, la société devient ainsi de plus en plus arrogante, immorale, rigide. L’utilisation de paramoralismes s’étend de manière similaire. Le pic de l’hystérisation de la société conditionne et cache la genèse de la « pathocratie ». [A.Lobaczewski, Ponérologie Politique]

07/09/2008

Sarah Palin, mère modèle...ou presque

Depuis quelques jours le colistier de John Mac Cain – candidat républicain aux prochaines élections présidentielles est connu, il s’agit de Sarah Palin.

Malgré des études et une carrière fort modestes, Sarah Palin a d’ores et déjà cumulé un nombre impressionnant de casseroles dans de nombreux domaines.

Avant de commencer la lecture de cet article nous vous conseillons de vous munir d’un sachet en plastique ou tout autre récipient, en effet certains passages peuvent choquer les âmes les plus sensibles et légitimement provoquer quelques spasmes stomacaux.

Voici donc un florilège des petits détails qui ne collent pas totalement avec l’image de la mère modèle de 5 enfants, belle, sportive, courageuse, dynamique, humble, religieuse et honnête que veulent nous vendre les médias de masse.

  • En 5 ans, Palin a été exclue de 5 universités
  • Encore aujourd’hui elle est surnommée « Sarah le barracuda » par les anciens élèves de son lycée en raison de son agressivité et de sa méchanceté
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Sur le tee-shirt fiérement arboré par Sarah Palin, on peut lire :
"je suis peut-être pauvre mais je ne suis pas plate comme une limande"

 

  • Palin a trompé son mari avec un collègue de ce dernier
    • Palin a commencé son mandat à Wasilla (7000 habitants à l’époque) avec 4 millions de dollars de réserves et l’a terminé trois années plus tard avec 20 millions de dettes

     

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    Les parents de Sarah Palin entourés de dépouilles d'animaux morts
    regardent leur fille à la télévision

     

    • Malgré les énormes dettes cumulées Palin n’a pas réalisée la station d’épuration qui constituait l’équipement prioritaire, elle a également laissé les infrastructures routières et téléphoniques dans un état déplorable
    • Palin a dit de sa rivale politique Lyda Green, survivante d’un cancer, qu’elle « était un cancer pour l’Etat [de l’Alaska] et une salope. »
    • Palin a engagé une entreprise de lobbying pour obtenir 27 millions de dollars d’aides fédérales rien que pour la ville de Wasilla alors qu’officiellement elle dit s’opposer à ces pratiques
    • Palin a soutenu le projet de « pont vers nulle part » dont le budget approche les 400 millions d’argent public. Lorsque l’opinion publique s’est réveillée, elle a retourné sa veste et s’est opposée audit projet
    • Sarah Palin a menti sur son cinquième enfant qui est en fait celui de sa fille Bristol qui en outre est enceinte d’un deuxième enfant (et encore mineure)

     

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    Photo prise approximativement 3 mois avant la naissance de Trig Palin (qui est enceinte ?)

     

    • Palin soutient ardemment l’extraction pétrolière au sein des réserves naturelles de l’Arctique alors que même Mac Cain s’y oppose
    • Palin utilise le parcours militaire de son fils et sa mobilisation en Irak à partir du 11 septembre 2008 ( !) à des fins électoralistes
    • De 1995 à 2002 le mari de Sarah Palin a milité au sein du parti sécessionniste de l’Alaska. En 1994, Palin a assisté à la convention de ce parti.

     

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    Palin, le sourire au lèvre, pose devant un élan mort

     

    • Palin, intégriste et fanatique catholique, estime que les soldats américains sont en Irak par la volonté de Dieu ou que la construction d’un gazoduc sur une réserve naturelle est le fruit de la volonté divine : « Je pense que la volonté de Dieu doit être accomplie pour unifier les personnes et les entreprises afin de parvenir à la construction de ce gazoduc, donc priez pour cela »
    • Sarah Palin a été rebaptisée, à l’âge de 12 ans, à la Wasilla Assemblies of God, et elle a fréquenté cette église pendant au moins 25 ans avant d’en fréquenter trois autres, toutes ensemble
    • En 2000, Palin a soutenu la candidature de Pat Buchanan, le démagogue ultranationaliste d’extrême droite réputé pour ses déclarations et ses écrits antisémites, xénophobes et homophobes.
    • Palin s'est opposée à ce que les ours polaires et les baleines soient inscrits sur la liste fédérale des espèces menacées, ces animaux vivant dans des zones riches en gaz naturel et pétrole.

     

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    Palin arborant un col en fourrure pose avec le club des Barbares

     

    • Le parrain en politique de Sarah Palin n’est autre que Ted Stevens actuellement poursuivi pour corruption
    • Palin a voulu faire interdire des ouvrages dans la bibliothèque de Wasilla et tenté de virer son responsable qui refusait un tel autodafe
    • Palin a viré le chef de la police de Wasilla car il refusait de licencier l’ancien beau-frère de Sarah Palin (ce dossier a généré l'ouverture d'une enquête)


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    Résultats de la prime à la destruction des loups instituée par Palin

     

    Sarah Palin se retrouve donc co listière de John Mac Cain. Celui-ci est âgé de 72 ans est a subi un quadruple pontage coronarien et lutte actuellement contre un cancer de la peau.

    Si par le plus grand des hasards, John Mac Cain venait à se retirer de la scène politique à l’issue de son élection, Sarah Palin se retrouverait à la tête des Etats-Unis.

    Alors le dernier acte de la grande tragédie de l'empire étasunien pourra débuter.

    Le casting de cette farce grotesque ne peut que nous rappeler ce passage de l’Evangile de Thomas dont la dévôte Palin doit être familière : Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces. [Matthieu 7, 15-16]

     

    28/05/2008

    CHIRAC demande à une Europe ‘couchée' de rompre avec les Etats-Unis sur le blocus de Gaza

    CHIRAC demande à une Europe ‘couchée' de rompre avec les Etats Unis sur le blocus de Gaza

     
    Les dernières déclarations de l’ancien président Jacques Chirac en qualifiant le blocus de Gaza comme « l’un des plus grands crimes contre l'humanité sur Terre », et en demandant aux Européens de lever l’embargo et surtout de dialoguer avec le Hamas, ont provoqué beaucoup d’émoi et de réactions même au sein de sa propre famille politique.

    Le CRIF se dit choqué de l’appel de l’ex-président à « tendre la main à un mouvement terroriste » et rappelle que la politique franchement « pro-arabe », « anti-américaine » et pas suffisamment « pro-israélienne » était à l’origine de la montée de l’antisémitisme en France pendant son mandat. Ce qui a provoqué à l’époque l’appel de l’ancien premier ministre israélien Ariel Sharon aux juifs de France de quitter leur pays natal pour « retourner chez eux » en Palestine.

    Rassurez-vous mes amis, rien de tout cela ne peut arriver en France. La France est amie avec tout le monde, n’a été complice d’aucun crime, et n’a pas de problème sur la conscience. Mieux encore, depuis l’élection du président Sarkozy, avait récemment déclaré le premier ministre israélien Ehud Olmert, la France et Israël sont en train de vivre une histoire d’amour !

    Carter demande à une Europe ‘couchée’ de rompre avec les Etats Unis sur le blocus de Gaza

    L’ex-président dit que l’UE est complice dans un crime contre les droits de l’Homme

    Jonathan Steele et Jonathan Freeland - The Guardian (lundi 26 mai 2008).


    La Grande Bretagne et les autres gouvernements européens devraient s’écarter des Etats-Unis sur le blocus du Gaza, a déclaré hier au Gardian le précédent président US Jimmy Carter. Carter en visitant la ville de Hay située aux frontières avec le pays de Galles, pour e rendre au festival littéraire du Gardian, a décrit la position européenne sur le conflit israélo-palestinienne comme étant « couchée », et son échec à critiquer le blocus israélien de gaza comme « embarrassant ».

    En commentant la possibilité de l'Europe de rompre avec les États-Unis dans une interview avec le Guardian, il a dit: « Pourquoi pas ? Ils ne sont pas nos vassaux. Ils occupent une position égale avec les Etats-Unis ».

    Le blocus de Gaza dominée par le Hamas, imposé par les États-Unis, l’UE, l’ONU et la Russie - ce qu'on appelle le Quartet - après la victoire électorale du Hamas en 2006, était « l’un des plus grands crimes contre l'humanité sur Terre », car il impliquait « l’emprisonnement de 1,6 millions de personnes, dont un million de réfugiés ». « La plupart des familles à Gaza mangent un seul repas par jour. De voir les Européens approuver cela, c’est embarrassant », a dit Carter.

    Il a demandé à l’UE de reconsidérer sa position si le Hamas accepte un cessez-le-feu à Gaza. « « Que les Européens lèvent l’embargo, et qu’ils disent qu’ils vont protéger les droits des Palestiniens à Gaza, et qu’ils envoient même des observateurs au passage de Rafah [le passage de Gaza pour l’Egypte] pour garantir que les Palestiniens ne vont pas le forcer ».

    Bien que 27 ans se soient écoulés depuis qu'il a quitté la Maison-Blanche, Carter a récemment rencontré les dirigeants du Hamas à Damas. Il a déclaré une percée en convaincant l'organisation d'offrir un cessez-le-feu à Gaza et un arrêt des tirs des roquettes palestiniennes sur Israël, si Israël cesse ces attaques aériennes et terrestres dans le territoire.

    Carter a décrit l’autocensure des gouvernements occidentaux de parler au Hamas comme irréaliste et a déclaré que tout le monde savait qu’Israël négociait avec l'organisation via un médiateur égyptien, Omar Suleiman. C’est Suleiman a proposé l’offre du cessez-le-feu du Hamas à Jérusalem la semaine dernière.

    Israël hésitait encore à accepter le cessez-le-feu, a confirmé Carter hier. « J'ai parlé à M. Suleiman avant-hier. J'espère que les Israéliens vont accepter », a-t-il dit.
     
    Tout en restant scrupuleusement poli vis-à-vis du Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et du premier ministre, Salam Fayyad, qui représentent le mouvement Fatah, il a été sévère au sujet de leur exclusion du Hamas. Il a décrit le gouvernement du seul Fatah comme un « subterfuge » visant à contourner la victoire électorale du Hamas il ya deux ans. « Le principal sondeur d’opinions à Ramallah m'a dit l'autre jour que l’opinion publique en Cisjordanie est en train de changer pour le Hamas, parce que les gens croient le Fatah a capitulé devant Israël et les Etats-Unis », a-t-il dit.

    Carter a déclaré que la politique du Quartet de ne pas parler au Hamas, tant qu’il n’a pas reconnu Israël, et satisfait à deux autres conditions, a été dessinée par Elliot Abrams, un fonctionnaire du conseil national de sécurité à la Maison Blanche. Il a appelé Abrams « un supporter très militant en faveur d'Israël ». L'ex-président dont son « Centre Carter pour la surveillance des élections » venait de certifier la victoire électorale du Hamas comme libre et équitable, s’était adressé au Quartet durant 12 minutes à sa session de Londres en 2006. Il l'a invité à parler au Hamas, qui venait de proposer de constituer un gouvernement d'unité avec le Fatah, les perdants.

    « Le document final du Quartet a été rédigé à l'avance à Washington, et pas une ligne n’a été changée », a-t-il dit.
     
    Auparavant, Carter a déclaré à Sky News qu’Hillary Clinton devrait abandonner son combat pour devenir le candidat démocratique à la présidence après le dernier tour des primaires au début du mois de Juin. À l'instar de nombreux super-délégués, il doit encore déclarer son soutien soit à Clinton soit à Barack Obama, mais il a suggéré que l'issue de la course était à prévoir. « Je pense que beaucoup d'entre nous, les super-délégués, vont prendre une décision ... assez rapidement, après les dernières primaires du 3 juin », a-t-il déclaré. « Je pense qu’à ce moment-là, il sera temps pour elle d'abandonner ».

    Hier soir, devant une foule dense à Hay, Carter a parlé de son « horreur » de l’implication de l'Amérique (comme d’habitude, on réduit l’Amérique aux Etats-Unis, Ndt) dans la torture des prisonniers, en déclarant qu'il voulait que le prochain président des Etats-Unis s’engage de ne plus jamais le refaire.
     
    Il a aussi insinué que George Bush pourrait même faire l’objet des poursuites sur des crimes de guerre une fois qu'il aura quitté la Maison Blanche.
     
    Pressé par Philippe Sands QC à propos de la récente reconnaissance de Bush qu'il avait autorisé des procédures d'interrogation largement considérée comme s'apparentant à la torture, Carter a répondu qu'il était sûr que Bush serait en mesure de vivre une pacifique « vie productive dans notre pays ».
     
    Sands, un expert juridique international, a déclaré ensuite qu'il avait compris cela comme une « claire confirmation » que, si Bush ne devrait pas rencontrer des soucis dans son propre pays, « ce qui pourrait arriver à l'extérieur du pays est un tout autre sujet ».
     
    Article original : The Guardian.
    Traduction : Iyad Abbara pour Alterinfo

    Mardi 27 Mai 2008

    13/05/2008

    Les contradictions d'Amnesty International

    Article original issu de Voltaire Net, par Salim Lamrani

     

    Doit-on considérer comme « prisonniers d’opinion » des individus qui ont été condamnés parce qu’ils étaient stipendiés par une puissance étrangère pour déstabiliser leur pays ? À l’évidence non. Et pourtant, Amnesty International admet que les agents des États-Unis chargés de renverser un régime socialiste sont des « prisonniers d’opinion ».
    Salim Lamrani s’interroge sur cette étrange conception selon laquelle tout État aurait le droit de se protéger des ingérences étrangères, sauf lorsqu’elles proviennent des États-Unis et visent à imposer leur idéologie et leur modèle économique. 

     

    Amnesty International (AI) est sans aucun doute la plus célèbre organisation de défense des droits de l’homme à travers le monde. Créée en 1961 par l’avocat britannique Peter Benenson, cette organisation non gouvernementale dispose de sections dans plus de cinquante pays et de plus de deux millions d’adhérents à travers la planète. Son travail remarquable en faveur de l’abolition de la peine de mort et de la torture, contre les crimes politiques et pour la libération des prisonniers d’opinion lui a permis de bénéficier du statut d’organisme à caractère consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies, de l’UNESCO, du Conseil de l’Europe et de l’Organisation des États américains, entre autres [1].

    Les « prisonniers d’opinion »

    AI publie chaque année un rapport sur la situation des droits de l’homme dans le monde. Presque aucun pays n’échappe à son regard vigilant. Concernant Cuba, l’organisation internationale fait état de « 69 prisonniers d’opinion » dans son rapport 2007 et explique que ces derniers sont incarcérés pour « leurs positions ou activités politiques non violentes ». Le gouvernement cubain récuse cette charge et accuse AI de partialité. Les relations ont été rompues entre l’organisation et les autorités du pays depuis 1988, date de la dernière visite de AI à Cuba [2].

    Dans une déclaration du 18 mars 2008, AI a cette fois-ci dénombré « 58 dissidents toujours emprisonnés à travers le pays ». L’organisation souligne que « le seul crime commis par ces 58 personnes est d’avoir exercé de manière pacifique leurs libertés fondamentales ». Kerry Howard, directrice adjointe du programme Amériques d’Amnesty International, note qu’elle « les considère comme des prisonniers d’opinion. Ces personnes doivent être remises en liberté sans délai et sans condition [3] ».

    Dans son communiqué, l’organisation internationale reconnaît que « la plupart ont été inculpés d’’actes contre l’indépendance de l’Etat’ ». Amnesty International reconnaît également que ces personnes ont été condamnées « pour avoir reçu des fonds ou du matériel du gouvernement américain pour des activités perçues par les autorités comme subversives ou faisant du tort à Cuba [4] ».

    Pour se convaincre d’une telle réalité, en vigueur depuis 1959, il suffit de consulter, en plus des archives états-uniennes partiellement déclassifiées, la section 1705 de la loi Torriccelli de 1992, la section 109 de la loi Helms-Burton de 1996 et les deux rapports de la Commission d’Assistance à une Cuba libre de mai 2004 et juillet 2006. Tous ces documents révèlent que le président des États-Unis finance l’opposition interne à Cuba dans le but de renverser le gouvernement de La Havane. Il s’agit là du principal pilier de la politique étrangère de Washington à l’égard Cuba [5].

    Ainsi, la section 1705 de la loi Torricelli stipule que « les États-Unis fourniront une assistance, à des organisations non gouvernementales appropriées, pour soutenir des individus et des organisations qui promeuvent un changement démocratique non violent à Cuba [6] ».

    La section 109 de la loi Helms-Burton est également très claire : « Le Président [des États-Unis] est autorisé à fournir une assistance et offrir tout type de soutien à des individus et des organisations non gouvernementales indépendantes pour soutenir des efforts en vue de construire la démocratie à Cuba [7] ».

    Le premier rapport de la Commission d’assistance à une Cuba libre prévoit la mise en place d’un « solide programme de soutien favorisant la société civile cubaine ». Parmi les mesures préconisées, un financement à hauteur de 36 millions de dollars est destiné au « soutien de l’opposition démocratique et au renforcement de la société civile émergeante [8] ».

    Le 3 mars 2005, M. Roger Noriega, secrétaire assistant pour les Affaires de l’hémisphère occidental de l’administration Bush, a signalé que 14,4 millions de dollars avaient été ajoutés au budget de 36 millions de dollars prévu dans le rapport de 2004. M. Noriega a même poussé la sincérité jusqu’à dévoiler l’identité de certaines personnes travaillant à l’élaboration de la politique étrangère états-unienne contre Cuba [9].

    Enfin, le second rapport de la Commission d’assistance à une Cuba libre prévoit un budget de 31 millions de dollars pour financer davantage l’opposition interne. De plus, un financement d’au moins 20 millions de dollars annuels est alloué à ce même effet pour les années suivantes « jusqu’à ce que la dictature cesse d’exister [10] ».

    Ainsi, aucun doute n’est possible à ce sujet.

    Contradictions

    AI admet désormais que les personnes qu’elle considère comme des « prisonniers d’opinion » ont « reçu des fonds ou du matériel du gouvernement américain pour des activités perçues par les autorités comme subversives ou faisant du tort à Cuba ». C’est ici que l’organisation internationale entre en pleine contradiction.

    En effet, le droit international considère comme illégal le financement d’une opposition interne dans une autre nation souveraine. Une telle politique viole de manière flagrante les principes et les normes qui régissent les relations entre les États. Tous les pays du monde disposent d’un arsenal juridique leur permettant de défendre l’indépendance nationale contre ce type d’agression étrangère, en codifiant comme délits les conduites qui favorisent l’application de telles dispositions menant à la subversion. Il s’agit là d’un devoir primordial de tout État.

    La législation cubaine

    La législation cubaine punit de sanctions très sévères toute association avec une puissance étrangère dans le but de subvertir l’ordre établi et de détruire son système politique, économique et social. La loi n° 88 de protection de l’indépendance nationale et de l’économie de Cuba a été adoptée le 15 mars 1999, suite à la décision prise par les États-Unis d’accroître les sanctions économiques et le financement de l’opposition interne à Cuba.

    Cette législation a pour but, comme le stipule l’Article 1, de « définir et sanctionner les actes destinés à soutenir, faciliter ou collaborer avec les objectifs de la loi ’Helms-Burton’, le blocus et la guerre économique contre [le] peuple [cubain], destinés à briser l’ordre interne, déstabiliser le pays et liquider l’État socialiste et l’indépendance de Cuba [11] ».

    La loi prévoit des sanctions de sept à quinze ans de privation de liberté pour toute personne qui « fournirait, directement ou par le biais d’un tiers, au gouvernement des États-Unis d’Amérique, ses agences, dépendances, représentants ou fonctionnaires, des informations pour faciliter les objectifs de la loi ’Helms-Burton’. Cette sanction sera de huit à vingt ans de prison si le délit est commis conjointement par plusieurs personnes ou s’il est stipendié d’une manière ou d’une autre [12].

    La législation n° 88 sanctionne d’une peine de trois à huit ans de prison le fait d’accumuler, reproduire ou diffuser du matériel à caractère subversif du « gouvernement des États-Unis, ses agences, dépendances, représentants, fonctionnaires ou de toute entité étrangère » dans le but de soutenir les objectifs des sanctions économiques et déstabiliser la nation. Les peines seront de quatre à dix ans d’emprisonnement si le délit est réalisé avec le concours d’autres personnes ou s’il est rémunéré [13].

    Enfin, l’Article 11 stipule que « celui qui [...] directement ou par le biais d’un tiers, reçoit, distribue ou participe à la distribution de ressources financières, matérielles ou autre, en provenance du gouvernement des États-Unis d’Amérique, ses agences, dépendances, représentants, fonctionnaires ou d’entités privées, est passible d’une privation de liberté de trois à huit ans [14] ».

    Ainsi, comme l’admet explicitement Amnesty International, les personnes qu’elle considère comme étant des « prisonniers d’opinion » ont en réalité commis un grave délit sévèrement sanctionné par la loi cubaine. Ce faisant, ils sont passés du statut d’opposants à celui d’agents stipendiés par une puissance étrangère et sont donc condamnables au regard de la justice cubaine. Les « prisonniers d’opinion » sont en réalité des mercenaires au service d’une puissance étrangère hostile et belliqueuse.

    Spécificité pénale cubaine ?

    Il convient également de souligner que les États-Unis ont été historiquement l’ennemi acharné de l’indépendance et de la souveraineté de Cuba. En 1898, Washington est intervenu dans la guerre anticoloniale cubaine pour empêcher les Cubains d’accéder pleinement à l’autodétermination et a occupé le pays jusqu’en 1902. Par la suite, Cuba est devenue une espèce de protectorat dominé politiquement et économiquement jusqu’en 1958. A partir de 1959, les États-Unis ont tout tenté pour détruire la Révolution cubaine : attentats terroristes, invasion armée, menace de désintégration nucléaire, sanctions économiques, guerre politique, médiatique et diplomatique et subversion interne.

    Comme tout État responsable, le gouvernement révolutionnaire a adopté des mesures légales pour sa survie contre de tels agissements. Cependant, la législation pénale cubaine dispose-t-elle d’un caractère particulier ? Est-elle unique ? Voyons ce que prévoient les législations occidentales - qui, pourtant, ne font pas face aux mêmes menaces que Cuba - pour les individus qui se mettraient au service d’une puissance étrangère.

    Le Code pénal états-unien

    Aux États-Unis, de tels agissements sont fortement sanctionnés. Selon le paragraphe 951 du Code pénal, « quiconque, autre qu’un fonctionnaire diplomatique ou consulaire ou attaché, agit aux États-Unis en tant agent d’un gouvernement étranger sans notification préalable au Ministre de la Justice [...] est passible à ce titre d’une peine pouvant atteindre dix ans de prison ». Le point e/2/A du paragraphe précise que « toute personne engagée dans une transaction commerciale légale doit être considérée comme un agent d’un gouvernement étranger [...] s’il s’agit d’un agent de Cuba ». Ainsi, un Cubain qui achèterait un appareil médical aux États-Unis pour un hôpital de La Havane est légalement passible d’une peine pouvant atteindre dix ans de prison [15].

    Le paragraphe 953, connu sous le nom de loi Logan, stipule que « tout citoyen des États-Unis, quel qu’il soit, qui, sans autorisation des États-Unis, entreprend ou maintient, directement ou indirectement, une correspondance ou une relation avec un gouvernement étranger ou tout fonctionnaire ou agent de celui-ci, dans l’intention d’influencer les mesures ou la conduite d’un gouvernement étranger ou de tout fonctionnaire ou agent de celui-ci, par rapport à un conflit ou une controverse avec les États-Unis » est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison [16].

    Si une telle loi était appliquée à Cuba, l’immense majorité de ce que la presse occidentale considère comme étant la « dissidence cubaine » se trouverait sous les verrous. En effet, les opposants cubains se réunissent régulièrement avec le représentant des États-Unis à La Havane, Michael Parmly, dans les bureaux de la Section d’intérêts nord-américains (SINA) ou même dans la résidence personnelle de celui-ci.

    Le paragraphe 954 prévoit une peine de dix ans de prison pour toute personne qui émettrait de « fausses déclarations » dans le but de porter atteinte aux intérêts des États-Unis dans ses relations avec une autre nation [17]. Là encore, si l’opposant Oswaldo Payá - qui accuse le gouvernement cubain d’être responsable de disparitions et d’avoir assassiné plus de « vingt enfants » - était soumis à une législation aussi sévère que celle des États-Unis, il serait actuellement en prison, sans susciter aucun émoi auprès des âmes bien-pensantes occidentales. Pourtant le plus célèbre des dissidents cubains n’a jamais été inquiété par la justice cubaine, car celle-ci n’a pas de preuves qu’il reçoit de l’argent d’une puissance étrangère. À titre de comparaison, Raúl Rivero, qui était un opposant relativement modéré et frileux par rapport à Payá, avait été condamné à vingt ans de prison (et libéré un an plus tard) car il avait accepté les généreux émoluments offerts par Washington [18].

    Le paragraphe 2 381 stipule que « quiconque, devant allégeance aux États-Unis, mène une guerre contre le pays ou s’associe à ses ennemis, en leur fournissant une aide et un soutien aux États-Unis ou ailleurs, est coupable de trahison et est passible de la peine de mort, ou d’une peine de prison supérieure à cinq ans [19] ».

    Ainsi, si des citoyens états-uniens avaient eu les mêmes agissements que les individus reconnus coupables d’association avec une puissance étrangère par la justice cubaine, ils risqueraient la peine capitale. Le paragraphe 2 385 prévoit une peine de vingt ans de prison pour toute personne prônant le renversement du gouvernement ou de l’ordre établi [20].

    Comme cela est aisément constatable, le code pénal états-unien est, à maints égards, bien plus sévère que la législation cubaine.

    La legislation pénale française

    Le Code pénal français prévoit également des sanctions extrêmement sévères en cas d’association avérée avec une puissance étrangère. Selon l’article 411-4,

    « Le fait d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, en vue de susciter des hostilités ou des actes d’agression contre la France, est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d’amende.
    Est puni des mêmes peines le fait de fournir à une puissance étrangère, à une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents les moyens d’entreprendre des hostilités ou d’accomplir des actes d’agression contre la France [21] ».

    La loi française est, à cet égard, plus sévère que la législation cubaine.

    La loi espagnole

    Le Code pénal espagnol de 1995 prévoit des sanctions sévères pour ces mêmes délits. Selon l’Article 592, « les personnes maintenant des intelligences ou des relations de tout type avec des gouvernements étrangers, avec leurs agents ou avec des groupes, organismes ou associations internationales ou étrangères, dans le but de porter préjudice à l’autorité de l’État ou de compromettre la dignité ou les intérêts vitaux de l’Espagne, seront punis d’une peine de prison de quatre à huit ans [22] ».

    L’Article 589 prévoit une peine de un à trois ans de prison pour « toute personne qui publierait ou exécuterait en Espagne n’importe quel ordre, disposition ou document d’un gouvernement étranger qui porte atteinte à l’indépendance ou à la sécurité de l’État, s’oppose au respect de ses lois ou provoque leur violation [23] ». Si les fameuses Dames en Blanc cubaines avaient eu le même comportement en Espagne, elles seraient privées de liberté.

    Le Code pénal belge

    Le Chapitre II de la législation belge qui traite « des crimes et des délits contre la sûreté extérieure de l’État » et plus précisément l’Article 114, stipule que « quiconque aura pratiqué des machinations ou entretenu des intelligences avec une puissance étrangère ou avec toute personne agissant dans l’intérêt d’une puissance étrangère, pour engager cette puissance à entreprendre la guerre contre la Belgique, ou pour lui en procurer les moyens, sera puni de la détention de vingt ans à trente ans. Si des hostilités s’en sont suivies il sera puni de détention à perpétuité [24] ».

    La législation italienne

    Selon l’Article 243 du Code pénal italien, « quiconque entretient des intelligences avec l’étranger dans le but qu’un État étranger déclare la guerre ou réalise des actes d’hostilité contre l’État italien, ou bien commette d’autres faits dans le même but, est puni à une réclusion non inférieure à dix ans. Si la guerre s’ensuit, la peine de mort est appliquée ; si les hostilités se vérifient, la réclusion criminelle à perpétuité est appliquée. [La peine de mort est supprimée et substituée par la réclusion à perpétuité] [25] ».

    L’Article 246 traite du financement du citoyen par une puissance étrangère : « Le citoyen, qui, même indirectement, reçoit ou se fait promettre de l’étranger, pour lui-même ou pour autrui, de l’argent ou n’importe quel article, ou en accepte seulement la promesse, afin de commettre des actes contraires aux intérêts nationaux, est sanctionné, si le fait ne constitue pas l’acte le plus grave, de la réclusion de trois à dix ans ». La peine est augmentée si « l’argent ou l’article sont remis ou promis par le biais d’une propagande avec le moyen de la presse [26] ».

    Ainsi, la législation italienne est bien plus sévère que la loi cubaine. Si les célébrissimes dissidents tels que Payá, Marta Beatriz Roque ou Elizardo Sánchez se trouvaient en Italie, ils seraient en prison et non pas en liberté.

    La loi suisse

    Même la pacifique Suisse prévoit des sanctions pour délit d’association avec une puissance étrangère. L’Article 266 du Code pénal stipule que :

    « 1. Celui qui aura commis un acte tendant à porter atteinte à l’indépendance de la Confédération ou à mettre en danger cette indépendance, ou à provoquer de la part d’une puissance étrangère, dans les affaires de la Confédération, une immixtion de nature à mettre en danger l’indépendance de la Confédération, sera puni d’une peine privative de liberté d’un an au moins.
    2. Celui qui aura noué des intelligences avec le gouvernement d’un État étranger ou avec un de ses agents dans le dessein de provoquer une guerre contre la Confédération sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au moins.
    Dans les cas graves, le juge pourra prononcer une peine privative de liberté à vie ».

    L’Article 266 bis est également très clair :

    « 1 Celui qui, à l’effet de provoquer ou de soutenir des entreprises ou menées de l’étranger contre la sécurité de la Suisse, sera entré en rapport avec un État étranger, ou avec des partis étrangers, ou avec d’autres organisations à l’étranger, ou avec leurs agents, ou aura lancé ou propagé des informations inexactes ou tendancieuses, sera puni d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d’une peine pécuniaire.
    2 Dans les cas graves, le juge pourra prononcer une peine privative de liberté d’un an au moins [27] ».

    La législation suédoise

    En Suède, le Code Pénal prévoit une peine de deux ans d’emprisonnement pour « celui qui perçoit de l’argent ou d’autres dons d’une puissance étrangère ou de quiconque agit dans l’intérêt de celle-ci, afin de publier ou diffuser des écrits, ou d’influencer de quelque façon que ce soit l’opinion publique en ce qui concerne l’organisation interne de l’État [28] ».

    Cette démocratie scandinave sanctionne également « celui qui propage ou transmet à des puissances étrangères ou à leurs agents des informations inexactes ou tendancieuses, dans le but de créer des menaces pour la Sécurité de l’État ». Enfin, une peine allant de dix ans à la réclusion criminelle à perpétuité est appliquée à « celui qui constitue une menace contre la sécurité de l’État pour avoir utilisé des moyens illégaux avec l’appui d’une puissance étrangère [29] ».

    Agents au service d’une puissance étrangère et non « prisonniers d’opinion »

    Les exemples pourraient être multipliés à l’infini. Dans n’importe quel pays du monde, l’association avec une puissance étrangère est sévèrement sanctionnée par la loi et il n’est donc point possible d’accorder le qualificatif de « prisonniers d’opinion » aux individus stipendiés par un gouvernement étranger, comme cela est le cas pour les détenus cubains, ce que reconnaît d’ailleurs très honnêtement Amnesty International.

    Amnesty International est une organisation réputée pour son sérieux, son professionnalisme et son impartialité. Mais le traitement qu’elle réserve à Cuba est sujet à caution. Afin de continuer à jouir du même prestige et de la même objectivité, AI serait avisée de reconsidérer, sans plus attendre, son jugement à l’égard de ceux qu’elle considère comme étant des « prisonniers d’opinion » à Cuba, car la double mesure n’est pas acceptable.

     Salim Lamrani
    Enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les États-Unis. Auteur de Cuba face à l’empire : Propagande, guerre économique et terrorisme d’État, dernier ouvrage publié en français : Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme.
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    [1] Amnesty International, « L’histoire d’Amnesty International », pas de date. (site consulté le 23 avril 2008).

    [2] Amnesty International, « Cuba. Rapport 2007 », avril 2007. (site consulté le 23 avril 2008).

    [3] Amnesty International, « Cuba. Cinq années de trop, le nouveau gouvernement doit libérer les dissidents emprisonnés », 18 mars 2008. site consulté le 23 avril 2008).

    [4] Ibid.

    [5] Salim Lamrani, Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008), pp. 45-55.

    [6] Cuban Democracy Act, Titre XVII, Section 1705, 1992.

    [7] Helms-Burton Act, Titre I, Section 109, 1996.

    [8] « Le plan Powell pour l’après-Castro », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 16 juin 2004. Voir en annexe de l’article, le document téléchargeable : Commission for Assistance to a Free Cuba, par Colin L. Powell (Washington : United States Department of State, mai 2004).

    [9] Roger F. Noriega, « Assistant Secretary Noriega’s Statement Before the House of Representatives Committee on International Relations », Department of State, 3 mars 2005. (site consulté le 9 avril 2005).

    [10] « Le nouveau plan de Bush pour renverser les institutions cubaines », par Salim Lamrani, Réseau Voltaire, 2 août 2006. Voir en annexe de l’article, le document téléchargeable : Commission for Assistance to a Free Cuba, par Condolezza Rice & Carlos Gutierrez (Washington : United States Department of State, juillet 2006).

    [11] Gaceta Oficial de la República de Cuba, Ley de protección de la independencia nacional y la economía de Cuba (LEY NO 88), 15 mars 1999.

    [12] Ibid.

    [13] Ibid.

    [14] Ibid.

    [15] U.S. Code, Title 18, Part I, Chapter 45, § 951.

    [16] U.S. Code, Title 18, Part I, Chapter 45, § 953.

    [17] U.S. Code, Title 18, Part I, Chapter 45, § 954.

    [18] El Nuevo Herald, « Mensaje de Payá destaca que en la isla hay desaparecidos », 18 mars 2005, p. 23A.

    [19] U.S. Code, Title 18, Part I, Chapter 115, § 2381.

    [20] U.S. Code, Title 18, Part I, Chapter 115, § 2385.

    [21] Code Pénal Français, Livre IV,Chapitre I, Section 2, Article 411-4.

    [22] Code Pénal Espagnol de 1995, chapitre II, Article 592.

    [23] Code Pénal Espagnol de 1995, chapitre II, Article 589.

    [24] Code Pénal Belge, Chapitre II, Article 114.

    [25] Code Pénal Italien, Livre II, Titre I, Chapitre I, Article 243.

    [26] Code Pénal Italien, Livre II, Titre I, Chapitre I, Article 246.

    [27] Code Pénal Suisse, Article 266.

    [28] Code Pénal Suédois, Chapitre 19, Article 13.

    [29] Code Pénal Suédois, Chapitre 19, Article 8.

    08/04/2008

    Sarkozy abat l'oeuvre gaulliste.

    Sarkozy en visite à Kaboul le 22 décembre (Eric Feferberg/Reuters)

    1745298742.jpgQuelques pages dans un petit carnet de note illustrent la distance parcourue en un peu plus d'un an dans le positionnement international de la France. Mes premières notes portent sur un "briefing" d'un conseiller de l'Elysée à l'époque de Jacques Chirac, en novembre 2006:

    "L'Otan ne doit pas apparaître comme le gendarme d'un monde occidental bien pensant"... "l'Otan n'est pas l'alpha et l'omega de l'organisation de la sécurité internationale"... "le risque est que l'Otan devienne le club occidental de sécurité qui s'étendra au monde entier."

    Quelques pages plus loin, des notes toutes fraîches, lors d'un "briefing" de l'ère Sarkozy, il y a quelques jours:

    "Pendant trente ans, la France a été hypocrite. Elle a fait chier tout le monde, et elle y allait. On a joué au gaullisme à peu de frais. Nicolas Sarkozy dit clairement des choses qui étaient déjà dans les faits... Sa vision du monde: la France est dans le bloc occidental, c'est assumé, et c'est une rupture... L'Otan devient globale, y compris en Afrique".

     

    "Situer la France au sein de sa famille occidentale"

    Ces deux postures, à un an d'intervalle, sont au coeur du virage de la politique étrangère française, et ce tournant passe par l'Afghanistan, où la France va envoyer des renforts militaires, et par Bucarest, où Nicolas Sarkozy participe mercredi et jeudi au Sommet de l'Alliance atlantique.

    Le successeur de Jacques Chirac assume son positionnement en des termes que n'auraient jamais employés ses prédécesseurs. "Relisez son discours de politique étrangère le plus important, celui qu'il a prononcé devant le corps diplomatique le 18 janvier", souligne notre "briefeur". On est allé voir, et, de fait, il affiche la couleur:

    "J’ai d’abord voulu situer, franchement et nettement, et là est la première rupture, la France au sein de sa famille occidentale. (...) En se plaçant clairement dans sa famille occidentale, la France, et c’était mon objectif, accroît sa crédibilité, sa marge d’action, sa capacité d’influence à l’intérieur comme à l’extérieur de sa famille. D'ailleurs, comment espérer avoir de l'influence sur sa famille politique si, dans le même temps, on n'y a plus sa place ou si les membres de cette famille politique se méfient de vous? La capacité d'influence de la France sur sa famille occidentale tient à la clarté de son engagement et de ses choix.".

    Appelons cela l'Atlantisme décomplexé... C'est donc le choix de l'engagement au côté des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, signifié par les deux grands voyages et deux grands discours prononcés par le Président à Washington en novembre et à Londres la semaine dernière. Le choix du retour plein et entier dans les structures militaires de l'Otan qui semble quasiment acquis. Dans le même temps, on entend dans les allées du pouvoir des phrases comme "Kohl-Mitterrand, Verdun, le sentimentalisme franco-allemand, c'est fini"... Un choix stratégique qui tourne le dos à quarante ans d'histoire, et, de fait, renvoie le gaullisme au musée des lubies françaises: une partie de l'UMP appréciera.

    Faire intervenir l'Otan en Afrique?

    Les Américains ont répondu positivement à l'ouverture que leur a offerte Sarkozy. On a ainsi vu défiler à Paris des responsables américains qui venaient flatter l'égo national en soulignant que les Français étaient les seuls en Europe, avec les Anglais, à savoir se battre, et qu'on avait besoin d'eux en Afghanistan:

    "Les Allemands arrivent là-bas avec le mauvais matériel et ne veulent pas se battre, alors que vous, les Français, vous êtes bien entraînés et motivés, et avez l'expérience du désert"...

    Le choix de Sarkozy aurait du sens s'il y avait une stratégie clairement définie, au-delà du repositionnement dans l'espoir de prendre la tête d'une défense européenne ressortie de la naphtaline. L'Otan n'a pas de stratégie évidente, ni sur sa manière de gagner face aux talibans en Afghanistan, ce qui ne l'empêche pas d'accroître ses effectifs, ni sur son rôle dans l'organisation de la sécurité mondiale.

    Or, les deux nouveaux meilleurs amis de la France trainent toujours le boulet de leur engagement en Irak, et le lègueront sans doute à leurs successeurs, très prochainement à Washington, et peut-être aussi à Londres. Et, dans une fuite en avant de dernière minute, George Bush force la main à ses alliés pour engager des démarches d'adhésion pour l'Ukraine et la Géorgie, au grand dam de Vladimir Poutine qui sera vendredi à Bucarest pour faire, lui aussi, des adieux fracassants à ses ennemis préférés de l'Otan, et, sans doute, leur dire ses quatre vérités.

    L'Otan est devenue incontournable: cette alliance militaire qui n'avait pas tiré un seul coup de feu avant la chute du mur de Berlin, est aujourd'hui en plein essor, non seulement en récupérant les uns après les autres tous les pays ex-communistes, mais surtout en devenant, de fait, le bras armé occidental dans le monde entier. Oubliés les vieux débats sans fin sur le "hors zone", c'est-à-dire sur les interventions hors du "théâtre" historique de la guerre froide, au coeur de l'Europe. A Paris, on est même prêt à envisager de voir l'Otan intervenir en Afrique, drôle de rupture avec la Françafrique!

    Dans un monde où les institutions multilatérales comme l'ONU ont perdu toute capacité d'intervention, où les menaces sont diffuses et multiples, le discours sarkozyste a une logique de "bloc" qui peut sembler rassurante. Elle a toutefois l'inconvénient de s'aligner sans conditions sur des pompiers pyromanes, qui portent, avec leur unilatéralisme de la guerre d'Irak et leur incapacité à favoriser la moindre avancée dans les conflits du Moyen-Orient en général, une responsabilité majeure dans la dégradation du climat international. Pas vraiment rassurant, et les prochaines années montreront si la France ne sera pas sortie de son ambiguité diplomatique à ses dépens, pour paraphraser le Cardinal de Retz que Nicolas Sarkozy a choisi d'ignorer

    Article original publié par Rue 89.

    Note de P&P : Sarkozy qui pendant des années a mangé au râtelier du gaullisme vient de fouler aux pieds l’un des acquis majeurs obtenu par Charles De Gaulles : une véritable indépendance militaire et donc stratégique et militaire pour la France.

    En intégrant l’OTAN Sarkozy vient de sacrifier cette liberté. La France a remis sa destinée géostratégique et militaire dans des mains étrangères. La France a fait acte d’allégeance aux Etats-Unis et s’est soumise à l’idéologie de ceux qui tirent les ficelles de Bush comme de Sarkozy.

    Cette idéologie est barbare, xénophobe et terrifiante  vise au conflit global. L’émergence d’un bloc « blanc occidental judéo chrétien dominant » incluant Israël, l’Europe et les Etats-Unis et légitimant son existence à travers la haine, la peur, la stigmatisation et la destruction de l’autre, pillant les ressources, exterminant ses opposants et contrôlant ses habitants.

    Au premier rang de ces cibles nous retrouverons bien sûr les pays musulmans - au sein desquels Liban et Palestine tiennent une place de choix - mais aussi la Chine et la Russie.

    Citoyens français nous payons des impôts qui servent à couvrir nos mains du sang des enfants d’Afghanistan. Demain les innocents d’Irak, de Palestine ou d’Iran rejoindront leurs rangs.

    Sarkozy a sacrifié l’indépendance militaire de la France sur l’autel de l’allégeance étasunienne (sans consultation du parlement), de même il a sacrifiée l’indépendance politique et financière de la France sur l’autel de l’oligarchie européenne (dans le total mépris du choix populaire clair exprimé par le référendum d’avril 2006).

    L’OTAN comme l’Union Européenne sont des entités opaques et technocratiques n’ayant aucune légitimité démocratique. Le citoyen n’y a pas de poids, pas de rôle, pas de pouvoir. Son seul droit y est de travailler de consommer et de payer. Le fruit de notre labeur ainsi collecté alimente ces mêmes organisations et les cliques qui les contrôlent.

    10/01/2008

    Les États-Unis détiennent le record mondial d'emprisonnement

    Article publié par le Réseau Voltaire.




    Selon le Département de la Justice, le nombre total de prisonniers aux Etats-Unis (incluant les détenus des prisons fédérales, des prisons d’État, des prisons locales, des prisons militaires, des prisons indiennes, etc.) a atteint en 2006 le chiffre de 2 385 213 personnes. À ceux-là doivent être ajoutés 5 035 225 personnes placées sous contrôle judiciaire.

    Le total de cette population correctionnelle du « pays de la Liberté », soit 7 420 438 personnes, représente 3,2 % de la population adulte, record du monde absolu. Il s’agit d’une augmentation considérable depuis le 11-Septembre 2001 et le vote de l’USA Patriot Act, en moyenne de 2 % par an.

    Ces chiffres ne tiennent pas compte des prisonniers étrangers détenus par les États-Unis hors de leur territoire (Guantanamo, Bagram et autres prisons secrètes de la CIA).

    A titre de comparaison, pour plus d’un milliard d’adultes en Chine, il n’y a qu’1,5 million de prisonniers.

    Note deP&P : L'emprisonnement constitue un puissant moyen de contrôle des populations et de renforcement des dynamiques ponérogéniques.

    Il permet de neutraliser les ennemis du régime et parallélement il augmente la peur éprouvée parmi les citoyens non incarcérés. C'est cette même peur qui pousse le citoyen à accepter l'inacceptable.

     

    05/12/2007

    L'armée des Etats Unis a fait de moi un assassin pscyhopathe

    3d38dc43e6b1cf612f56f23159910889.jpg28 novembre 2007 - Voltairenet.org

    Pendant près de douze ans, le sergent Jimmy Massey a été un US Marine aux nerfs d’acier et au cœur de pierre. Il a servi en Irak où il a participé à des atrocités, avant d’ouvrir les yeux et de lutter contre la politique belliciste de son pays. Il anime aujourd’hui l’association des vétérans d’Irak contre la guerre. Au Salon du livre de Caracas, où il a présenté son témoignage Cowboys del infierno, il a répondu aux questions de la journaliste cubaine Rosa Miriam Elizalde, de Cubadebate.   

    « J’ai 32 ans et je suis un assassin psychopathe bien entraîné. Tout ce que je sais faire dans la vie, c’est vendre aux jeunes l’idée de s’enrôler dans les Marines et de tuer. Je suis incapable de conserver un travail. Pour moi, les civils sont des êtres méprisables, des arriérés mentaux, des faibles, un troupeau de brebis. Et moi, je suis le chien de berger. Le déprédateur. Dans l’Armée, on m’appelait « Jimmy le Requin ».

    Ceci est le deuxième paragraphe du livre écrit il y a trois ans par Jimmy Massey avec l’aide de la journaliste Natasha Saulnier. Kill ! Kill ! Kill ! a été présenté au Salon du livre de Caracas ; il s’agit du témoignage le plus violent jamais écrit par un ex-membre du corps des marines, arrivé en Irak avec les troupes d’invasion en 2003. Il a décidé de raconter aussi souvent qu’il le faudra comment il a pu jouer pendant douze ans le rôle d’un Marine impitoyable et pourquoi cette guerre l’a changé.

    Jimmy a participé au principal débat du Salon du livre, dont le titre était pour le moins polémique : « Une révolution est-elle possible aux États-Unis ? », et son témoignage est sans doute celui qui a le plus impressionné le public. Il a les cheveux courts (coupe militaire), des lunettes noires, une démarche martiale et les bras couverts de tatouages. Il a l’air, très exactement, de ce qu’il était : un Marine. Quand il parle, c’est autre chose : il est profondément marqué par une expérience hallucinante qu’il voudrait épargner à d’autres jeunes gens naïfs. Comme il le dit dans son livre, il n’est pas le seul à avoir tué en Irak : l’exercice était quotidien pour ses compagnons aussi. Quatre ans après avoir quitté le théâtre des opérations, ses cauchemars le poursuivent encore.

    Rosa Miriam Elizalde : Que signifient tous ces tatouages ?

    Jimmy Massey
    : J’en ai beaucoup. Je me les suis fait faire à l’armée. Sur la main (il montre la zone comprise entre le pouce et l’annulaire), le symbole de Blackwater, une armée de mercenaires qui s’est constituée là où je suis né, en Caroline du Nord. Je me le suis fait faire par esprit de contestation, parce qu’il est interdit aux Marines de se tatouer les poignets et les mains. Un jour, avec les membres de mon peloton, on s’est tous saoulés et on s’est tous fait faire le même tatouage : un cow-boy aux yeux injectés de sang sur plusieurs as, l’image de la mort. Oui, cela veut dire exactement ce que tu penses : « tu as tué quelqu’un ». Sur le bras droit, le symbole des marines, le drapeau des États-Unis et celui du Texas, où je me suis enrôlé. Sur la poitrine, du côté gauche, un dragon chinois qui déchire la peau et signifie que la douleur est la faiblesse qui s’échappe du corps. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts.

    Rosa Miriam Elizalde : Pourquoi dites-vous avoir trouvé chez les Marines les les pires individus que vous ayez jamais rencontrées ?

    Jimmy Massey : Les États-Unis utilisent leurs Marines de deux façons : soit dans l’humanitaire, soit pour assassiner. J’ai passé douze ans dans le Corps des Marines des États-Unis et je ne suis jamais parti en mission humanitaire.

    Rosa Miriam Elizalde : Avant de partir pour l’Irak, vous recrutiez des jeunes pour l’armée ? Qu’est-ce que cela représente d’être recruteur aux États-Unis ?

    Jimmy Massey
    : Pour recruter il faut mentir. L’administration Bush a forcé la jeunesse étasunienne à s’enrôler dans l’armée. De quelle manière ? En usant d’un procédé qui était aussi le mien : des offres économiques. En trois ans, j’en ai recruté soixante-quatorze, aucun ne m’a dit qu’il voulait entrer dans l’armée pour défendre son pays, aucun n’avait de motivation d’ordre patriotique. Ils voulaient de l’argent pour entrer à l’Université ou pour avoir une couverture de santé. Je commençais par leur parler de tous ces avantages, et seulement à la fin, je leur faisais valoir qu’ils allaient servir la cause de la patrie. Jamais je n’ai pu recruter un seul fils de riche. Pour garder son travail quand on est recruteur, il ne faut pas s’embarrasser de scrupules.

    Rosa Miriam Elizalde : Le Pentagone a revu à la baisse les conditions requises pour entrer dans l’armée. Qu’est-ce que cela signifie ?


    Jimmy Massey : Les standards du recrutement ont beaucoup baissé, parce que presque personne ne veut s’enrôler. Avoir des problèmes de santé mentale ou un casier judiciaire ne constitue plus un obstacle. Des personnes ayant commis des actes qui leur ont valu plus d’un an de prison, des délits considérés comme sérieux, peuvent entrer dans l’armée, de même que des jeunes qui n’ont pas fini leurs études secondaires. S’ils réussissent le test mental, ils sont admis.

    Rosa Miriam Elizalde : Vous avez changé après la guerre, mais quels étaient vos sentiments avant ?

    Jimmy Massey : J’étais un troufion quelconque, qui gobait tout ce qu’on lui disait. C’est quand je suis devenu recruteur que j’ai commencé à ressentir un malaise : il fallait tout le temps que je mente.

    Rosa Miriam Elizalde : Pourtant, vous étiez convaincu que votre pays s’engageait dans une guerre juste contre l’Irak.

    Jimmy Massey : Oui, les rapports que nous recevions indiquaient que Saddam possédait des armes de destruction massive. Ce n’est que plus tard que nous avons appris que c’était pur mensonge.

    Rosa Miriam Elizalde
    : Quand l’avez-vous appris ?

    Jimmy Massey : En Irak, où je suis arrivé en mars 2003. Mon peloton a été envoyé sur les lieux qui avaient été ceux de l’armée irakienne, et nous y avons trouvé des milliers et des milliers de munitions dans des caisses étiquetées aux États-Unis : elles s’y trouvaient depuis que les États-Unis avaient décidé de soutenir le gouvernement de Saddam dans sa guerre contre l’Iran.
    J’ai vu des caisses avec le drapeau nord-américain et même des chars nord-américains. Mes Marines —j’étais sergent de catégorie E6, un grade supérieur à celui de simple sergent, et je commandais 45 Marines—, mes hommes me demandaient pourquoi il y avait des munitions des États-Unis en Irak. Ils ne comprenaient pas. Les rapports de la CIA nous avaient convaincus que Salmon Pac était un camp de terroristes et que nous allions trouver des armes chimiques et biologiques. Or, nous n’avons rien trouvé de tout ça. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à soupçonner que le contenu de notre mission était le pétrole.

    Rosa Miriam Elizalde : Les passages les plus terribles de votre livre sont ceux où vous reconnaissez que vous êtes alors un assassin psychopathe. Pouvez-vous expliquer pourquoi vous le dites ?

    Jimmy Massey : Je suis devenu un assassin psychopathe parce que j’ai été entraîné à tuer. Je ne suis pas né avec cette mentalité. C’est le Corps d’infanterie de Marine qui a fait de moi un gangster au service des grandes multinationales étasuniennes, un vulgaire délinquant. J’ai été entraîné pour exécuter aveuglément les ordres du président des États-Unis et rapporter au pays ce qu’il avait demandé, hors de toute espèce de considération morale. J’étais un psychopathe parce que j’ai appris à tirer d’abord et à interroger après, comme un malade et non comme un soldat professionnel qui ne doit affronter qu’un autre soldat. Or, s’il fallait tuer des femmes et des enfants, nous le faisions. Par conséquent nous n’étions plus des soldats, mais des mercenaires.

    Rosa Miriam Elizalde : Comment êtes-vous parvenu à cette conclusion ?


    Jimmy Massey
    : À la suite de plusieurs expériences. Notre travail consistait à entrer dans des quartiers urbains déterminés et à nous occuper de la sécurité des routes. Il y a eu un incident, parmi tant d’autres, qui m’a mis au bord du précipice : une voiture qui transportait des civils irakiens. Tous les rapports des services secrets qui nous tombaient entre les mains disaient que les voitures étaient chargées de bombes et d’explosifs. Nous ne recevions pas d’autre information. Les voitures arrivaient et nous tirions quelques salves d’avertissement ; si elles ne ralentissaient pas pour rouler à la vitesse que nous indiquions, nous tirions sans hésiter.

    Rosa Miriam Elizalde : Avec des mitraillettes ?

    Jimmy Massey : Oui, et nous attendions des explosions puisque les véhicules étaient criblés de balles. Il n’y a jamais eu d’explosion. Après, on ouvrait la voiture, et que trouvait-on ? Des morts et des blessés, mais pas une seule arme, aucune propagande d’Al Qaeda, rien. Des civils arrivés au mauvais endroit et au mauvais moment.

    Rosa Miriam Elizalde
    : Vous racontez aussi que votre peloton a mitraillé une manifestation pacifique. Comment cela s’est-il passé ?


    Jimmy Massey : C’était aux abords du complexe militaire de Rasheed, au sud de Bagdad, près du Tigre. Il y avait des manifestants au bout de la rue. C’étaient des jeunes, et ils n’avaient pas d’armes. Nous avons avancé et nous avons vu un char stationné sur un côté de la rue. Le conducteur du char nous a dit qu’il s’agissait de manifestants pacifiques. Si les Irakiens avaient voulu faire quelque chose, ils auraient pu faire sauter le char, mais ils ne l’ont pas fait. Nous étions tranquilles, nous pensions : « s ‘ils avaient eu envie de tirer, ils l’auraient déjà fait ». Ils étaient à environ deux cents mètres...

    Rosa Miriam Elizalde : Et qui a donné l’ordre de mitrailler les manifestants ?


    Jimmy Massey :
    Le haut commandement nous a indiqué de ne pas perdre de vue les civils, parce que pas mal de feddayins de la Garde républicaine retiraient leur uniforme et s’habillaient en civil pour lancer des attaques terroristes contre les soldats étasuniens. Les rapports de renseignement étaient connus de chacun des membres de la chaîne de commandement. Tous les Marines avaient une idée très claire de la structure de la chaîne de commandement organisée en Irak. Je crois que l’ordre de tirer provenait des hauts fonctionnaires de l’Administration, tant des centres de renseignement militaire que gouvernemental.

    Rosa Miriam Elizalde : Qu’avez-vous fait ?

    Jimmy Massey : J’ai regagné mon véhicule, un humvee (une jeep fortement équipée) et j’ai senti passer une balle au-dessus de ma tête. Les Marines ont commencé à tirer et moi aussi. Il n’y a pas eu de riposte de la part des manifestants. J’avais tiré douze fois, et pas une riposte… J’ai voulu m’assurer que nous avions tué selon les normes de combat de la Convention de Genève et les procédés réglementaires des opérations. J’ai essayé d’oublier leurs visages et je me suis mis à chercher leurs armes, mais il n’y en avait pas une seule.

    Rosa Miriam Elizalde : Comment ont réagi vos supérieurs ?


    Jimmy Massey
    : Ils m’ont dit : « Ça arrive de merder ».

    Rosa Miriam Elizalde : Quand vos camarades ont appris qu’ils avaient été trompés, comment ont-ils réagi ?

    Jimmy Massey : J’étais chef en second. Mes Marines me demandaient pourquoi on tuait tant de civils. « Tu ne peux pas parler au lieutenant ? » me disaient-ils. « Dis-leur qu’il nous faut un matériel adapté ». La réponse a été : « Non ! » Quand mes Marines se sont rendus compte qu’il s’agissait d’un grand mensonge, ils sont devenus comme fous.
    Notre première mission en Irak n’avait pas pour objectif d’apporter une aide alimentaire, comme le disaient pourtant les médias, mais d’assurer le contrôle des exploitations pétrolières de Bassora. Dans la ville de Karbala nous avons utilisé notre artillerie vingt-quatre heures d’affilée. C’est la première ville que nous avons attaquée. Moi, je croyais que nous devions apporter de l’aide médicale et alimentaire à la population. Non. Nous avons suivi notre chemin jusqu’aux exploitations pétrolières. Avant l’Irak, nous étions allés au Koweït.

    Nous sommes arrivés en janvier 2003. Nos véhicules étaient pleins de vivres et de médicaments. J’ai demandé au lieutenant ce que nous allions en faire, parce qu’avec tout ce matériel à bord il n’y avait presque plus de place pour nous. Il m’a répondu que son capitaine lui avait donné l’ordre de tout laisser au Koweït. Peu après, nous avons été chargés de tout brûler : toutes les vivres et tout le matériel médical humanitaire.

    Rosa Miriam Elizalde : Vous avez aussi dénoncé l’usage d’uranium appauvri...

    Jimmy Massey
    : J’ai 35 ans et ma capacité pulmonaire a été réduite de 20 %. Selon les médecins, je souffre d’une maladie dégénérative de la colonne vertébrale qui s’accompagne de fatigue chronique et de douleurs dans les tendons. Autrefois, je courais tous les jours dix kilomètres pour le plaisir, et maintenant j’arrive tout juste à marcher sur cinq ou six kilomètres. J’ai même peur d’avoir des enfants. J’ai des inflammations du visage. Regarde cette photo (il me montre celle qui apparaît sur son badge du Salon du livre), elle a été prise peu après mon retour d’Irak. Je ressemble à une créature de Frankenstein et cela, je le dois à l’uranium appauvri. Imagine un peu ce que les Irakiens ont dû endurer...

    Rosa Miriam Elizalde : Que s’est-il passé à votre retour aux États-Unis ?

    Jimmy Massey
    : Je passais pour un fou, un lâche, un traître.

    Rosa Miriam Elizalde : Vos supérieurs disent que tout ce que vous dites n’est que mensonge.


    Jimmy Massey : Mais les preuves contre eux sont accablantes. L’armée nord-américaine est épuisée. Plus cette guerre durera, plus ma vérité aura de chances de se faire jour.

    Rosa Miriam Elizalde : Le livre que vous avez présenté au Venezuela existe en espagnol et en français. Pourquoi n’a–t-il pas été publié aux États-Unis ?

    Jimmy Massey : Les éditeurs ont exigé que les noms des personnes impliquées soient retirés et que la guerre en Irak soit présentée dans une sorte de brouillard, de manière moins crûe. Or, je n’y suis pas disposé. Des maisons d’édition comme New Press, censées être de gauche, ont refusé de me publier de crainte des poursuites judiciaires, les gens concernés par le livre pouvant porter plainte.


    Rosa Miriam Elizalde : Pourquoi des médias comme le New York Times et le Washington Post ne reproduisent-ils pas votre témoignage ?


    Jimmy Massey : Je ne répétais pas l’histoire officielle, selon laquelle les troupes étaient en Irak pour aider le peuple, je ne disais pas non plus que les civils meurent accidentellement. Je refuse de le dire. Je n’ai jamais vu de tir accidentel contre des Irakiens et je refuse de mentir.

    Rosa Miriam Elizalde : Cette attitude a-t-elle changé ?

    Jimmy Massey
    : Non, ils ont ouvert leurs pages à l’objection de conscience : les opinions et les livres de personnes qui sont contre la guerre mais qui n’ont pas vécu ce genre d’expérience. Ils ne veulent toujours pas regarder la réalité en face.

    Rosa Miriam Elizalde
    : Avez-vous des photographies ou d’autres documents qui prouvent ce que vous racontez ?

    Jimmy Massey : Non. Tout ce qui m’appartenait m’a été retiré quand j’ai reçu l’ordre de rentrer aux États-Unis. Je suis revenu d’Irak avec deux armes : ma tête et un couteau.

    Rosa Miriam Elizalde : Y a-t-il une issue à la guerre, à court terme ?

    Jimmy Massey : Non, ce que je constate, c’est que républicains et démocrates sont d’accord sur cette politique. La guerre est une grande affaire pour les deux partis, qui dépendent du complexe militaro-industriel. Il nous faudrait un troisième parti.

    Rosa Miriam Elizalde
    : Lequel ?


    Jimmy Massey : Celui du socialisme.

    Rosa Miriam Elizalde : Vous avez participé à un débat qui s’intitulait : « États-Unis : la révolution est possible ». Y croyez-vous vraiment ?


    Jimmy Massey : Elle a commencé. Dans le Sud, où je suis né.

    Rosa Miriam Elizalde
    : Mais le Sud est, traditionnellement, la région la plus conservatrice du pays.

    Jimmy Massey : Après l’ouragan Katrina, les choses ont changé. La Nouvelle-Orléans ressemble à Bagdad. Les gens du Sud s’indignent et se demandent tous les jours comment il est possible qu’on investisse des fortunes dans une guerre inutile à Bagdad et qu’on ait pas un sou pour la Nouvelle Orléans. Rappelez-vous que c’est dans le Sud qu’a commencé la plus grande rébellion du pays

    Rosa Miriam Elizalde : Iriez-vous à Cuba ?

    Jimmy Massey : J’ai beaucoup d’admiration pour Fidel Castro et pour le peuple de Cuba. Si je suis invité, bien sûr que j’irai. Je me fiche de ce que dit mon gouvernement. Personne ne décide où je peux ou ne peux pas aller.

    Rosa Miriam Elizalde : Savez-vous que le symbole du mépris impérial envers notre nation est une photographie de Marines en train d’uriner sur la statue de José Marti, le Héros de notre indépendance ?


    Jimmy Massey : Bien sûr. Lorsque j’étais au Corps des Marines on nous parlait de Cuba comme s’il s’agissait d’une colonie des États-Unis et on nous enseignait un peu d’histoire. Un Marine est censé apprendre des choses sur le pays qu’il va envahir, comme dit la chanson…

    Rosa Miriam Elizalde : La chanson des Marines ?


    Jimmy Massey : (Il chante) « From the halls of Montezuma, to the shores of Tripoli… » (Depuis les salons de Montezuma jusqu’aux plages de Tripoli...)

    Rosa Miriam Elizalde
    : Autrement dit, le monde entier...


    Jimmy Massey : Le rêve est effectivement de dominer le monde... même si pour le réaliser nous devons tous devenir des assassins.