07.06.2008

Flambée du pétrole et attaque contre l'Iran

Après un début de séance positif, les Bourses européennes n'ont cessé de creuser leurs pertes cet après midi dans le sillage de la remontée en flèche des cours du pétrole et de statistiques décevantes outre atlantique.

Les indices du vieux continent ont également été pénalisés par l'avertissement de Jean-Claude Trichet concernant une éventuelle hausse des taux au mois de juillet.

Le CAC 40 a terminé en repli de 2,3% à 4795 points et le DJ Eurostoxx 50 a cédé 2,3%. Sur les autres places européennes, la correction était également à l'ordre du jour, le Dax de Francfort a abandonné 2% et la Bourse de Londres s'est repliée de 1,4%, l'Ibex de Madrid signe le plus lourd repli des valeurs européennes avec une baisse de 2,5%.

Wall Street est en lourd repli, le Dow Jones plonge de 2,1% et le Nasdaq affiche un repli de 1,8%.

Les employeurs américains ont supprimé quelque 49 000 emplois, selon le Département du Travail. Ces pertes d'emplois s'avèrent conformes à celles attendues par les économistes (en moyenne 60 000 destructions), mais le taux de chômage a cependant largement augmenté, passant de 5% à 5,5% le mois dernier, soit son niveau le plus important depuis octobre 2004.

Ces nouvelles inquiétantes sur le front de l'emploi aux Etats-Unis ont favorisé une nouvelle rechute du dollar face à l'euro, qui progresse de 0,7% à 1,57 dollar pour un euro.

Ce repli du billet vert nourrit à son tour la flambée du pétrole: le baril de "light sweet crude" a connu une nouvelle poussée en début d'après-midi, s'envolant actuellement de 5,1% et culminant à 134,3 dollars le baril.

Dans un tel contexte, la bonne nouvelle de l'après-midi ne semble pas peser lourd au regard des investisseurs.

Les ventes des grossistes ont progressé de 1,4% en avril par rapport à mars, selon le département du Commerce, soit une progression de 12,7% en rythme annuel.

Sur le DJ Eurostoxx 50, Repsol profite de la hausse des cours de l'or noir et affiche la meilleure performance avec un repli de 0,1%, Total céde quant à lui 1%.

D'autres titres tels qu'Arcelor Mittal, très exposés aux cours des matières premières, figure dans le trio de tête des replis les plus mesurés du jour.

L'ensemble du secteur énergétique a moins souffert de la hausse des prix du pétrole. Ainsi, E.ON et Eni cèdent 0,9%, RWE recule de 1,2%, ces scores sont parmi les meilleurs du jour.

A l'inverse, d'autres titres ont pâti de la hausse des cours de l'or noir comme les valeurs automobiles.
Renault recule de 5,6% et signe la plus lourde perte des valeurs paneuropéennes, Daimler recule de 4,7%.

Hors DJ Eurostoxx 50, la chaîne de supermarchés néerlandaise Ahold rétrocède 3,3% après l'annonce une hausse d'environ 8% de son bénéfice net au premier trimestre, notamment grâce aux performances "impressionnantes" de son enseigne Albert Heijn en Europe.

Article original : Cercle Finance

 

Note de P&P : Ce qui n'est pas précisé dans cet article est le caractère exceptionnel de cette hausse, en effet c'est la toute première fois que le baril de pétrole augmente de 11 dollars en un seul jour.

Ce qui n'est pas non plus mentionné est la hausse tout aussi brusque de l'or qui a gagné plus de 25 dollars par once ce même jour.

Cela peut nous rappeler les mouvements spéculatifs qui eurent lieu les jours précédant le 11 septembre 2001 où d'énormes volumes d'options à la vente sur les actions des compagnies aériennes étasuniennes furent prises.

Bien évidemment aucune enquête n'a été mené sur ces délits d'initiés et plus grave sur l'identité de ceux qui connaissaient à l'avance les événements du 11 septembre alors que selon la thèse officielle ces attentats étaient totalement inattendus.

Alors sur quels événements imminents les initiés ont-il spéculé ?

La hausse sensible du pétrole suggère l'anticipation d'une brusque chute de l'offre et/ou d'une brusque hausse de la demande, la hausse du prix de l'or, valeur refuge par excellence marque l'anticipation d'une crise majeure imminente.

Une forte baisse de l'offre de pétrole couplée à une crise majeure pourrait correspondre à une attaque menée contre l'Iran.

Le scénario exact reste à préciser.

Qui attaquera : Israël / les Etats-Unis / une coalition ?

Quand l'attaque aura-t-elle lieu : immédiatement pour que les mouvements de protestations soient pris de vitesse ? Pendant les jeux du cirque (Euro et JO) au cours desquels l'attention des citoyens sera totalement absorbée par les exploits des gladiateurs modernes ? Après les vacances, lorsque la crise mondiale aura vraiment commencé et que les citoyens submergés par l'angoisse et la précarité de leur situation n'uaront plus d'yeux sur l'agonie des enfants iraniens ?

Comment les forces impérialistes justifieront-elles un tel acte d'agression alors qu'il est de notoriété publique que les Etats-Unis comme Israël disposent de centaines de têtes nucléaires et que les rapports de l'AIA et des services secrets étasuniens certifient que les seuls programmes nucléaires iraniens visent une production civile d'électricité.

Comme les attentats du 11 septembre ont permis d'offrir un semblant de justification à l'invasion de l'Afghanistan et les soi-disant armes de destructions massives de Saddam Hussein ont constitué l'excuse préalable à l'invasion de l'Irak, peut-être qu'un ou plusieurs événements terroristes (mini bombe nucléaire par exemple) attribués bien évidemment à des forces liées à l'Iran permettront de justifier une attaque contre cet Etat souverain et multimillénaire abritant plus de 80 millions d'âmes.

04.01.2008

Benazir Bhutto – un avertissement pour nous tous

Note de P&P : Après Jean Jaurès, John Fitzerald Kennedy, Robert Fitzerald Kennedy, Martin Luther King, Che Guevara Yitzhak Rabin, Anouar el-Sadate, Indira Gandhi, Rajiv Gandhi, Benazir Bhutto vient rejoindre le panthéon des grands personnages politiques qui tentèrent de défendre l'intérêt du peuple face à la pathocratie, l'exploitation, le mensonge, les guerres et les souffrances.

Lorsque les pathocrates ne peuvent pas diffamer ou corrompre ou manipuler, alors leur absence de conscience les amène à ce qui sert au mieux leur intérêt personnel : l'assassinat.

Benazir Bhutto ne cadraient pas avec les plans retenus pour le Pakistan, à savoir le développement d'un état à la botte des Etats-Unis (afin de piller aisément ses ressources en échange de quelques os jetés à ses dirigeants corrompus) ou bien le basculement du pays dans l'extrêmisme religieux(afin d'alimenter le mythe du choc des civilisations et de justifier la course aux armements, à la sécurité et à la guerre.

Benazir Bhutto n'était rien de cela, elle souhaitait seulement soutenir la croissance d'une nation laïque défendant avant tout son peuple. Pour cette faute-là, le jeudi 27 décembre 2007, Benazir Bhutto a été lâchement assassinée. Paix à son âme.

 

 

Joe Quinn pour sott.net, traduction Henri R. pour Futur Quantique

Benazir Bhutto – Assassinée par les pathocrates

L’ancien Premier ministre du Pakistan Benazir Bhutto a été assassinée jeudi 27 décembre 2007 à Rawalpindi, une ville près de la capitale du Pakistan, Islamabad. Ayant survécu à une tentative d’assassinat en octobre, aujourd’hui sous le couvert d’un « attentat suicide », Mlle Bhutto à été tuée à bout portant dans le cou et à la tête.

Fortuitement (ou non) il y a presque 29 ans son père, Zulfikar Bhutto, également ancien Premier ministre du Pakistan, fut pendu dans la même ville par le dictateur d’alors, le général Zia Ul-Haq. En 2003, le prétendu cerveau du 11 septembre, Khalid Shaikh Mohammed fut arrêté à Rawalpindi. Les preuves de l’implication de Khalid venaient largement des enregistrements des tortures de la CIA maintenant détruits. Le monde est petit. Cela ne devrait donc pas être une surprise que, bien que séparées par des décennies, les morts prématurées de Mlle Bhutto et de son père soient inextricablement liées, dans le contexte de la guerre contre le terrorisme menée par les Américains. Il suffit de dire que les empreintes des Pathocrates sont partout.

L'empire arrogant

Pour comprendre pleinement les forces qui ont modelé notre monde moderne et l’ont amené au bord du précipice socio-politique sur lequel il se trouve assis maintenant, nous ne pouvons parler de « l’Amérique » ou même du « gouvernement étasunien » en termes d’une seule nation isolée et de groupe de leaders politiques. L’Amérique d’aujourd’hui est un empire bien établi depuis longtemps dont les sièges du pouvoir s’étendent bien au-delà de Washington D.C. Avec des bases militaires dans au moins 121 des 187 des pays du monde et une empreinte économique qui est de portée mondiale, « l’Amérique » d’aujourd’hui est un phénomène mondial plutôt qu’une simple nation occidentale.

 

Zulfikar Bhutto

Comme des dizaines de cas similaires dans le monde entier au cours des 100 dernières années, l’éviction de 1977, et l’assassinat 18 mois plus tard, de Zulfikar Bhutto démocratiquement élu, n’auraient pas pu se produire sans le soutien du gouvernement étasunien et de la CIA de l’époque. Ramsey Clark, ancien attorney général étasunien et critique ouvert de la politique étrangère des États-Unis, s’était directement impliqué en essayant de commuer la condamnation de Zulfikar Bhutto, bien qu’il fût empêché à la dernière minute de le représenter au procès par le général Zia. Clark a pointé directement l’implication de la CIA :

« les similarités dans la mise en scène des émeutes au Chili (où la CIA a aidé au renversement du président Salvador Allende en 1973) et au Pakistan [en 1977] sont bien trop semblables. »

Géostratégie

Jusqu’en 1989 et la « chute » de la Russie soviétique, le Pakistan se trouvait à la frontière sud de la Russie et représentait le seul accès de la Russie aux mers chaudes du Golfe Persique. D’un point de vue stratégique et dans le contexte de la « guerre froide », il était tout à fait logique pour un empire d’essayer d’étendre son influence mondiale et en même temps donner un coup économique significatif aux Russes. Le Pakistan et son voisin l’Afghanistan étaient tous les deux fermement dans les visées de l’empire.

Le problème de l’empire avec Zulfikar Bhutto était idéologique. Comme tous les véritables leaders politiques humains, il n’était pas enclin à permettre au peuple pakistanais de devenir de la chair à canon pour l’avance implacable de l’empire étasunien. Dans un discours en octobre 1966, Bhutto proclama : « L’Islam est notre foi, la démocratie notre politique, le socialisme notre économie. Tout le pouvoir au peuple. »

En termes des desseins de l’empire envers l’Asie du Sud, (qui comprenait le but à long terme d’établir une future fausse « dispute des civilisations » entre l’Islam et l’ « Occident chrétien »), Bhutto ne pouvait pas être autorisé à établir un Pakistan socialiste, largement laïc, et devait simplement disparaître. En effet, au cours des 60 dernières années, aucune pitié n’avait été accordée à tout chef d’une nation musulmane qui n’était pas par nature d’inclination fasciste, ou bien préparé à se soumettre à l’empire.

Islamisation

Le général Zia reçut alors le soutien et les assurances nécessaires par les représentants de l’empire étasunien dans le but de se sentir confiant pour forcer Bhutto hors de son poste et plus tard de le pendre sur de fausses accusations de corruption. Il établit ensuite la stricte loi islamique et un code pénal cruel. Zia changea la condamnation pour dommage contre la propriété d’une amende ou un emprisonnement (ou les deux) en une amputation de la main droite du délinquant. Pour le vol, le prix était la main droite et le pied gauche. Pour l’adultère, la nouvelle condamnation était la flagellation (100 coups) à la fois pour les hommes et les femmes non mariés, et s’ils étaient mariés, l’accusé était lapidé à mort. Zia promouvait également les officiers militaires sur la base de la dévotion religieuse. Le Coran et autres textes religieux devinrent des textes obligatoires dans l’entraînement militaire et selon la journaliste Kathy Gannon, « l’idéologie radicale islamiste commença à s’infiltrer dans l’armée et l’influence des groupes les plus extrêmes se faufila dans l’armée. » La BBC a confirmé que la politique auto-déclarée « d’islamisation » de Zia créa une « culture du Jihad » à l’intérieur du Pakistan qui continue jusqu’à présent. Et tout ça estampillé par la « plus grande démocratie sur Terre. »

 

Général Zia

Le général Zia créa aussi des dizaines de milliers de madrasas, ou pensionnats religieux, exactement les mêmes madrasas auxquelles se référait Donald Rumsfeld quand il disait :

« Est-ce que nous capturons, tuons ou décourageons et dissuadons plus de terroristes chaque jour que ne recrutent, entraînent et déploient contre nous les madrasas et les ecclésiastiques radicaux ? »

Peu après, (1979-80) de grandes quantités de dollars américains commencèrent à affluer dans les coffres du bon général, et Zia avait visiblement bien conscience de sa position de commandement. Quel prix paierait l’empire pour sa nation positionnée de manière géostratégique ? Quand le président Carter lui offrit une « aide » de 400 millions de dollars, Zia ricana et dit «des cacahuètes[1] ». (Carter avait été un producteur de cacahuètes).

Renversement de la démocratie

En final, l’empire déversa des milliards de dollars à Zia, à la condition qu’il en utilise l’essentiel pour fonder une horde de seigneurs de la guerre féodaux connus comme les Taliban à la frontière de l’Afghanistan. L’Afghanistan, voyez-vous, avait pris récemment un virage vers le pire de la même manière que le Pakistan l’avait fait sous Bhutto. En 1973, le Dr Mohammad Daoud avait déclaré une nouvelle République d’Afghanistan, renversant le gouvernement royaliste de Mohammed Zaher Shah dans un coup d’état sans effusion de sang. Daoud était un extrême conservateur et régnait en dictateur absolu. En réponse à la politique oppressive du nouveau régime, le Parti Démocratique du Peuple d’Afghanistan, PDPA, fut formé, mais en 1978, Daoud ordonna l’arrestation de presque tous les dirigeants du PDPA.

Les foules progressistes de Kaboul virent les arrestations comme une tentative d’annihiler le PDPA, comme la junte militaire l’avait fait contre les partis des travailleurs au Chili en 1973 (avec le soutien des États-Unis). Un soulèvement des gradés inférieurs de l’armée libéra le chef du parti populaire, Nur Mohammad Taraki. En une journée, Daoud fut renversé et un gouvernement révolutionnaire proclamé, dirigé par Taraki.

Selon le propre recueil de la CIA en Afghanistan :

Avant la révolution, 5 % des propriétaires terriens de l’Afghanistan détenaient plus de 45% des terres arables. Un tiers des ruraux étaient des travailleurs sans terre, des agriculteurs ou des fermiers.

Les dettes envers les propriétaires et les prêteurs « étaient une caractéristique régulière de la vie rurale ». Un fermier endetté donnait la moitié de sa récolte chaque année au prêteur.

« Quand le PDPA prit le pouvoir, il s’activa à enlever les inégalités de propriété des terres et l’usure. » Le décret n°6 de la révolution annulait les dettes des emprunts des travailleurs agraires, des fermiers et petits propriétaires.

Le régime révolutionnaire mit sur pied des programmes d’alphabétisation étendus, surtout pour les femmes. Il imprima des manuels dans plusieurs langues – Dari, Pashto, Ouzbek, Turc et Baloutchi. « Le gouvernement forma encore plus de professeurs, construisit des écoles et des maternelles, et institua des garderies pour les orphelins », raconte l’histoire du pays.

Avant la révolution, l’analphabétisme des femmes avait été de 96,3% en Afghanistan. L’analphabétisme des deux sexes était de 90,5%.

En 1985, il y avait eu une augmentation de 80% du nombre de lits dans les hôpitaux. Le gouvernement avait initié des unités médicales mobiles et des brigades de femmes et de jeunes gens pour aller dans les campagnes sous-développées et fournir des services médicaux aux paysans pour la première fois.

Les tous premiers décrets du régime révolutionnaire furent de prohiber la dot et de donner aux femmes la liberté de choix dans le mariage. « Historiquement, les rôles sexuels et le statut des femmes avaient été liés aux relations de propriété. Les femmes et les enfants tendaient à être assimilés au concept de la propriété et à appartenir à un homme. »

Avant la révolution, une jeune mariée qui ne montrait pas de signes de virginité la nuit de noces pouvait être tuée par son père et/ou ses frères.

Après la révolution, les jeunes femmes dans les villes, où l’autorité du nouveau gouvernement était forte, pouvaient ôter le voile, sortir librement en public, aller à l’école et obtenir un travail. Elles étaient regroupées dans l’Organisation Démocratique des Femmes de l’Afghanistan, fondée en 1965 par le Dr Anahita Ratebzada.

La révolution et l’establishment du gouvernement social sous Taraki défiaient l’ancien ordre islamique fondamentaliste. L’Afghanistan était transformé lentement en un pays progressif et libertaire avec un gouvernement quelque peu laïc donnant des droits égaux pour tous.

Donc, comme je l’ai dit, l’Afghanistan avait pris un ‘tournant vers le pire’ du point de vue de l’empire, et était maintenant dirigé par un gouvernement socialiste, laïc (lire ‘communiste’). Quelque chose devait être fait. Ainsi, la CIA commença à mettre sur pied une armée de mercenaires, recrutant des seigneurs de la guerre féodaux et leurs servants pour une « guerre sainte » contre les « communistes » qui avaient libéré « leurs » femmes et leurs « paysans ».

Appâtage des "communistes"

Mais l’empire a toujours eu envie de maximiser ses gains, et en rectifiant ‘l’aberration’ politique croissante en Afghanistan, il y avait une chance d’enfoncer les Communistes.

Zbigniew Brzezinski était le conseiller à la Sécurité nationale étasunienne du président Jimmy Carter de 1977 à 1981. Dans une interview au « Nouvel Observateur », 15-21 janvier 1998, p.76, il nous dit :

Brzezinski : Selon la version officielle de l’histoire, l’aide de la CIA aux Moudjahidins commença en 1980, c’est-à-dire, après l’invasion soviétique de l’Afghanistan, le 24 décembre 1979. Mais la réalité, gardée secrète jusqu’à maintenant, est complètement différente : En effet, ce fut le 3 juillet 1979 que le président Carter signa la première directive pour un aide secrète aux opposants du régime pro-soviétique de Kaboul. Et ce même jour, j’ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu’à mon avis, cette aide allait induire une intervention militaire soviétique.

Le « régime pro-soviétique » mentionné ici était le gouvernement socialiste de Taraki qui se faisait l’avocat des droits des femmes et de l’éducation pour tous.

Question : Malgré ce risque, vous étiez un avocat de cette action secrète. Mais peut-être désiriez-vous vous-même l’entrée en guerre des Soviétiques et cherchiez à la provoquer ?

Brzezinski : Ce n’est pas tout à fait ça. Nous n’avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous avons accru sciemment la probabilité qu’ils le fassent.

Le fait est que les Russes étaient attirés pour intervenir en Afghanistan à cause de l’aide et l’armement mentionnés ci-dessus que les États-Unis fournissaient aux seigneurs de la guerre féodaux qui cherchaient à renverser le gouvernement socialiste de Taraki – celui qui avait commencé à réformer et ouvrir la société afghane.

Question : Quand les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu’ils avaient l’intention de combattre la implication secrète des États-Unis en Afghanistan, les gens ne les croyaient pas. Cependant, il y avait une base de vérité. Vous ne regrettez rien aujourd’hui ?

Brzezinski : Regretter quoi ? Cette opération secrète était une excellente idée. Elle eut l’effet d’attirer les Russes dans le piège afghan et vous voulez me la faire regretter ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j’ai substantiellement écrit au président Carter : Nous avons maintenant l’opportunité de donner à l’URSS sa guerre du Viêt-Nam. En effet, durant presque dix ans, Moscou dut poursuivre une guerre insupportable par le gouvernement, un conflit qui apporta la démoralisation et finalement l’effondrement de l’empire soviétique.

Question : Et vous ne regrettez pas non plus d’avoir soutenu les fondamentalistes islamiques, leur avoir donné des armes et des conseils à des futurs terroristes ?

Brzezinski : Qu’est-ce qui est le plus important pour l’histoire du monde ? Le Taliban ou l’effondrement de l’empire soviétique ? Quelques musulmans agités ou la libération de l’Europe Centrale et la fin de la guerre froide ?

Donc là vous pigez. L’empire américain est engagé actuellement dans une « guerre à la terreur » sans fin avec « quelques musulmans agités » comme opposition, que l’empire lui-même à « agités ».

Drogues pour le monde

Mais il y avait aussi à considérer les butins de l’empire. Avec l’aide du président Zia, l’Afghanistan était considéré comme un pays parfaitement adapté à la production de vastes quantités d’opium, ces revenus seraient utilisés par l’empire pour alimenter son progrès et en même temps inonder certains centres de population avec des narcotiques et s’engager dans une petite « manoeuvre sociale » (les quartiers noirs de l’Amérique étant un cas en vue).

Les envois par la CIA d’armes secrètes étaient assurés par l’armée pakistanaise et l’ISI vers des camps de rebelles dans la province frontalière du Nord-Ouest près de la frontière avec l’Afghanistan. Le gouverneur de cette province, le lieutenant-général Fazie Haq, que l’auteur Alfred McCoy appelle « le plus proche confident et de facto suzerain des guérillas moudjahidines » du président du Pakistan Muhammad Zia ul-Haq, permit à des centaines de raffineries d’héroïne de s’établir dans sa province. Commençant vers 1982, les camions militaires pakistanais transportant des armes de la CIA de Karachi (Pakistan) arrivaient dans la province de Haq et revenaient chargés en héroïne, protégés des recherches de la police par des papiers du renseignement pakistanais (ISI). En 1982, Haq était fiché par Interpol comme un trafiquant de drogue international, sans mentionner un actif pour la CIA. Malgré sa réputation qui se détériorait, des politiciens étasuniens en visite, comme le directeur de la CIA William Casey et le vice-président George H. W. Bush continuèrent à le rencontrer quand ils allaient au Pakistan. Haq déplaça ensuite son argent de l’héroïne vers les Banque de Crédit et Commerce International. (BCCI) criminels. Un fonctionnaire étasunien haut placé déclara plus tard que Haq « était notre homme… tout le monde savait que Haq dirigeait aussi le commerce de la drogue » et que la « BCCI était totalement impliquée. »

Les polices européennes et pakistanaise se plaignaient toutes les deux que les enquêtes sur le trafic d’héroïne dans la province étaient « avortées au plus haut niveau. » En 1989, peu après la prise de pouvoir au Pakistan par Benazir Bhutto, la police arrêta Haq et l’accusa de meurtre. Il était considéré comme un multi-milliardaire à ce moment-là et il fut abattu en 1991 avant d’être jugé. Même le président Zia était impliqué dans le trafic de drogue. En 1985, une enquête du gouvernement norvégien a conduit à l’arrestation d’un dealer de drogue pakistanais qui se trouvait être le directeur financier personnel du président Zia. Une fois arrêté, son attaché-case contenait les relevés bancaires personnels de Zia.

Echos du 11 septembre

Washington dépensa des milliards de dollars chaque année à financer sa guerre russe par procuration, avec le fils d’une prestigieuse et riche famille saoudienne ayant des liens proches avec les membres de la famille royale saoudienne, Oussama Ben Laden, servant de figure de proue aux seigneurs de la guerre (et au public occidental). Durant tout cela, l’homme de l’empire, le général Zia avait la tâche de surveiller le déboursement de l’argent, les armes et la fabrication de l’héroïne. Avec la défaite soviétique, l’Afghanistan aux mains des seigneurs de guerre talibans ultra-conservateurs et le Pakistan appauvri économiquement et politiquement sous les dictateurs militaires soutenus par les États-Unis, l’empire étasunien s’était procuré à la fois un laboratoire pour y créer-diriger une « menace islamique terroriste » et un théâtre dans lequel mener une guerre contre cette menace.

De manière intéressante, Zia mourut dans un crash d’avion mystérieux en août 1988. Peu après un décollage sans problème, la tour de contrôle perdit le contact avec l’avion et des témoins ont rapporté qu’il volait irrégulièrement. L’avion piqua ensuite avant d’exploser à l’impact, tuant le général Zia et plusieurs généraux de l’armée, de même que l’ambassadeur américain au Pakistan Arnold Raphel et le général Herbert Wassom, attaché militaire en chef à Islamabad. Pour plusieurs raisons, dont la moindre n'était pas que beaucoup de gens souhaitaient la mort de Zia, il est hautement improbable que le crash de Zia fût un accident. Plusieurs théories du complot ont été proposées dont la plus intéressante est que le Mossad israélien abattit l’avion. Barbara Crossette qui était chef du bureau du New York Times en Asie du Sud de 1988 à 1991 interviewa l’ambassadeur américain en Inde en 1988, John Gunther Dean.

Dean prétend qu’Israël voulait empêcher le Pakistan d’accéder aux armes nucléaires et pressait le Congrès américain d’enquêter sur l’axe Israël-Inde. Comme récompense pour avoir dit ce qu’il pensait, Dean fut accusé de déséquilibre mental et fut envoyé en Suisse pour « se reposer » pendant six semaines avant qu’on lui demande de démissionner. Le plus intéressant de tout, cependant, est la méthode utilisée pour abattre l’avion de Zia. Le rapport officiel pakistanais sur le crash trouva des traces de produits chimiques sur les débris de l’avion, dont une grande partie était enfouie dans la terre sablonneuse ou éparpillée autour du site dû à l’impact du crash. Ces produits chimiques, ont dit les Pakistanais, étaient : phosphore, chlore, potassium, antimoine et tétra nitrate de pentaerythritol. Spécifiquement, le phosphore fut trouvé sur des graines et des pelures de mangue dans les débris. Plusieurs caisses de mangue avaient été chargées dans l’avion avant le décollage et les fruits avaient été chargés avec un gaz incapacitant, voire mortel. Khalid Hasan, un analyste pakistanais écrivant dans le journal indépendant « Friday Times » en 2004, a dit que c’était du gaz VX. L’ambassadeur Dean prétend qu’on lui a dit à New Dehli qu’il y avait du gaz VX dans l’avion. Ceux qui ont lu notre livre 11 septembre : L’ultime vérité comprendront immédiatement pourquoi la suggestion qu’Israël était impliqué dans l’usage d’un gaz mortel pour abattre un avion de passagers est particulièrement intriguant.

Benazir

A l’âge tendre de 24 ans, Benazir Bhutto se trouva aux arrêts à la suite de l’emprisonnement de son père par le général Zia en 1977. Elle fut autorisée à quitter le Pakistan pour la Grande Bretagne en 1984 tout en dirigeant en exil le Parti Socialiste du Peuple du Pakistan (PPP) de son père. Elle deviendra plus tard la première femme Premier ministre du Pakistan et de toute nation islamique quand elle prit la direction du gouvernement de 1988 à 1990 et à nouveau de 1993 à 1996. Dans les deux cas, elle fut évincée par de fausses accusations fabriquées par les mêmes élites et puissantes familles de propriétaires du Penjab qui s’étaient opposés à son père et avaient empêché les deux de mettre en place la politique réformiste et laïque si désirée par le peuple pakistanais.

Tout au long de sa carrière, la jeune et séduisante Benazir se dépeignait elle-même avec succès et précisément comme un contraste rafraîchissant par rapport à l’establishment politique primordialement dominé par les hommes. En 1988, Benazir s’auto-exila à Dubaï où elle resta jusqu’à ce qu’elle retourne au Pakistan le 18 octobre 2007 après un compromis avec le président Musharraf, actif de la CIA, qui prit le pouvoir lors d’un coup d’état militaire en 1999. Selon les termes de l’accord avec Musharraf, on lui garantissait l’amnistie et toutes les accusations de corruption (inventées) étaient retirées. Puisque l’ordre d’expulsion était levé, Benazir faisait campagne furieusement pour le PPP et on s’attendait à ce qu’elle pose un sérieux challenge au dictateur Musharraf installé par la CIA aux prochaines élections générales.

En route pour un rassemblement à Karachi le 18 octobre 2007, deux explosions se produisirent peu après l’atterrissage et le départ de Benazir de l’aéroport international Jinnah. Elle ne fut pas blessée par les explosions, supposées plus tard être un attentat suicide, tuant 136 personnes et en blessant au moins 450. Malgré la menace évidente pour sa vie de ceux qui avaient le plus à gagner avec sa mort, y compris, mais non limité, au dictateur pakistanais et l’actif de la CIA Musharraf, Benazir resta fidèle à sa croyance que le leadership politique est défini par le service au peuple ordinaire de ce monde. En tant que telle, elle insista pour continuer à aller à des rassemblements publics dans le pays. Elle déclara récemment :

« J’ai décidé de ne pas rester prisonnière dans ma maison comme un prisonnier virtuel, » a-t-elle écrit. « Je suis allée à mon village natal de Larkana pour prier sur la tombe de mon père. Partout, les gens se rassemblaient autour de moi dans une frénésie de joie. Je me sens humble devant leur amour et leur confiance. »

Mais dans un monde comme le nôtre, l’amour et la confiance sont assaillis de plus en plus de tous les côtés par une obscurité qui cherche à étouffer violemment tous les nobles idéaux, et d’un point de vue, nous pourrions dire que la bravoure de Benazir était imprudente. D’un autre point de vue, cependant, il est possible que son sacrifice allume chez des millions d’autres personnes une colère juste qui peut déjouer l’obscurité qui menace de nous engloutir tous. Il y a une chose que nous pouvons dire à coup sûr, et c’est que Benazir à fait face à la menace psychopathique contre son propre avenir et celle de toute humanité avec les yeux ouverts. Après la première tentative d’assassinat en octobre elle déclara :

« Peu après, les autorités me demandèrent de ne pas voyager en voitures avec des vitres teintées – ce qui me protégeaient de l’identification des terroristes – ou de voyager avec des gardes armés privés. Je commençais à sentir le filet se resserrer autour de moi quand la sécurité policière en dehors de ma maison à Karachi fut réduite, même quand on m’a dit que d’autres complots d’assassinats étaient en vue. »

Quand le chef du parti PPP annonça sa mort, les Pakistanais surent instantanément où trouver les coupables quand ils clamèrent « Musharraf est un chien ». N’oublions pas qui sont ses maîtres.

Benazir Bhutto, est morte comme un agneau sacrifié mais est aussi un avertissement parfait de ce que nos dirigeants ont en réserve pour nous tous. La conclusion est : réveillez-vous avant qu’il ne soit trop tard.

 

 

 


[1] Cacahuètes, signifiant bagatelle, bouchée de pain dans le langage courant (NdT) 

 

31.12.2007

Récession aux USA : 13 États fédérés menacés de faillite





Aux États-Unis, la crise des subprimes ne touche pas que les institutions bancaires et les fonds de placement : elle atteint désormais les États fédérés. La chute des revenus des taxes foncières s’ajoute à une faiblesse structurelle des ressources des États fédérés, trop longtemps adeptes des théories libertariennes de baisses des impôts locaux.

Si rien n’est fait, en 2009, le déficit cumulé de 13 États fédérés (Arizona, Californie, Caroline du Sud, Floride, Kentucky, Maine, Massachusetts, Minnesota, Nevada, New Jersey, New York, Rhode Island et Virginie) atteindra au moins 23 milliards de dollars et la crise s’étendra progressivement à d’autres États en 2010 (Alabama, Illinois, Maryland, Michigan, Missouri, Ohio, Oklahoma, Texas, Vermont et Wisconsin). Pour prévenir la faillite, les gouverneurs vont devoir d’urgence à la fois augmenter les impôts locaux et réduire les services publics de santé et d’éducation qu’ils gérent, plongeant le pays dans une spirale récessive.

 

Article issu du Réseau Voltaire 

05.11.2007

L'illusion du progrès

Note de P&P : Ci dessous un article publié par le monde diplomatique en 2001 et qui met en perspective ce que Nicolas Sarkozy qualifie de grande démocratie 

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a élaboré un nouvel indicateur mesurant le nombre d’années passées en bonne santé : l’espérance de vie corrigée de l’incapacité (EVCI) (1). Auparavant, on mesurait l’espérance de vie à partir de sa durée générale. On se basait alors simplement sur les chiffres de la mortalité. Pour calculer le nouvel indice, les années de maladie sont pondérées en fonction de leur gravité et soustraites à la durée de vie escomptée. Les chiffres publiés en juin 2000 évaluent ainsi le nombre d’années qu’un bébé, né en 1999, peut espérer vivre en bonne santé.

L’EVCI jette ainsi une lumière nouvelle sur la situation de chaque pays au regard du développement et il réserve quelques surprises. En effet, si l’espérance de vie ajustée est basse dans les pays les plus pauvres (moins de 40 ans pour 32 pays, la plupart étant africains, contre 74,5 ans pour le Japon qui réalise la meilleure performance), les Etats-Unis n’arrivent qu’en 24e position derrière la France (3e), l’Espagne (5e), l’Italie (6e), la Grèce (7e), le Royaume-Uni (14e)... « En gros, un Américain meurt plus tôt et passe plus de temps malade et invalide que n’importe quel habitant d’un pays industrialisé », estime M. Christophe Murray, responsable du programme de collecte des données factuelles sur la santé à l’OMS.

Dans les pays les plus pauvres, le nombre d’années de maladie ou d’invalidité est plus élevé en raison de facteurs touchant principalement les enfants et les jeunes adultes : cécité, blessures, sida, séquelles de maladies tropicales... Dans les pays qui obtiennent la meilleure « espérance de vie avec l’équivalent d’une pleine santé », les variations résultent des régimes alimentaires, maladies de coeur, tabagisme, et du niveau de protection sociale.

17.09.2007

Kouchner s'en va-t-en guerre.

Dans sa version numérique du dimanche 16 septembre 2007, Le Monde écrit :

La crise du nucléaire iranien impose de "se préparer au pire" qui "est la guerre", a déclaré dimanche lors d'une interview radio-télévisée le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, tout en affirmant que la négociation devait primer."Il faut se préparer au pire" et le pire, a dit M. Kouchner en répondant à une question, "c'est la guerre".

"On se prépare en essayant d'abord de mettre au point des plans qui sont l'apanage des états-majors, et ça ce n'est pas pour demain", a-t-il poursuivi. "Mais on se prépare en disant "nous n'accepterons pas que cette bombe (atomique iranienne) soit construite, suspendez l'enrichissement de l'uranium et on vous montre que nous sommes sérieux" (...) en proposant "que des sanctions plus efficaces soient éventuellement mises au point".

"Nous devons négocier jusqu'au bout", a dit le ministre. Mais la possession de l'arme atomique par Téhéran serait un "vrai danger pour l'ensemble du monde", a dit M. Kouchner.

Si nous nous penchons sur le parcours de Bernard Kouchner plusieurs éléments convergents peuvent retenir notre attention :


Un certain nombre d'intégristes prennent au pied de la lettre le contenu de l'ancien testament dont ce passage où le "dieu" vengeur et jaloux s'en va d'une tirade psychopathique de plus emplie de haine et de violence :

Deutéronome 7 :

"...Quand l'Éternel, ton Dieu, t'aura introduit dans le pays où tu entres pour le posséder, et qu'il aura chassé de devant toi des nations nombreuses, le Héthien, et le Guirgasien, et l'Amoréen, et le Cananéen, et le Phérézien, et le Hévien, et le Jébusien, sept nations plus nombreuses et plus fortes que toi, et que l 'Éternel, ton Dieu, les aura livrées devant toi, et que tu les auras frappées, tu les détruiras entièrement comme un anathème; tu ne traiteras point alliance avec elles, et tu ne leur feras pas grâce...."


La guerre des 6 jours a vu la défaite de l'Egypte (1). La Palestine (2) subit une occupation illégale et un génocide depuis 50 ans. L'Irak (3)est à feux et à sang. L'Arabie Saoudite (4) est à la botte des Sioconservateurs. Le Liban (5) a subi une attaque majeure. La Syrie (6) est dans la ligne de mire depuis plusieurs années. Et voici maintenant que la guerre contre l'Iran (7) est imminente.

Fort de cets différents constats nous pouvons nous demander qui Kouchner sert réellement ? Les citoyens de notre planète (français et iraniens inclus) ou ceux qui tirent sur ses ficelles ?

10.08.2007

Nicolas Sarkozy est "admiratif" du modèle politique américain

Il y a plusieurs mois que Pouvoir et Psychopathie souligne les similitudes entre les approches politiques de Bush et de Sarkozy. Voici un élément de plus qui confirme cette tendance.  

 

Nicolas Sarkozy est "admiratif" du modèle politique américain


AFP - Jeudi 9 août, 10h00 PARIS

 Nicolas Sarkozy est "admiratif devant le modèle démocratique américain", dont la France pourrait partiellement s'inspirer, a déclaré jeudi le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, sur France Inter.

"Je pense que Nicolas Sarkozy est admiratif devant le modèle démocratique américain et qu'il considère qu'il a beaucoup de défauts et beaucoup d'éléments plus modernes que la France. Il faut trouver dans le modèle américain ce qui peut être bon pour la France tout en refusant le reste", a-t-il dit.

"Ca ne veut pas dire qu'on imagine que le modèle américain est transposable, ou même qu'il est favorable à la France. On a une autre Histoire", a-t-il dit.

Il a jugé "normal" que Nicolas Sarkozy, en vacances dans le New Hampshire, rencontre samedi son homologue américain George W. Bush, dans la résidence familiale de la famille Bush à Kennebunkport.

"Lorsque (l'ancien Premier ministre britannique) Tony Blair venait en France, il rencontrait le président français, (...). Lorsque Lionel Jospin partait en vacances, il rencontrait les responsables du pays où il allait", a-t-il dit.

Nicolas Sarkozy "est Français, et il est d'abord le défenseur des intérêts français", a-t-il assuré.

Concernant l'incident qui a opposé dimanche Nicolas Sarkozy à des photographes de presse, il a estimé que le président français avait "droit à du repos, à une vie privée".

Il a trouvé naturel que la ministre de la Justice Rachida Dati soit en vacances avec lui, car elle est "très liée, très amie avec le couple présidentiel".

Notes de Pouvoir et Psychopathie :

1/     Il est intéressant de noter que Nicolas Sarkozy qualifie les Etats Unis de modèle de démocratie. N'oublions pas les élections de 2000 et de 2005 ont été volées par G. Bush grace à la manipulation de machines à voter dans le premier cas et à celle de l'opinion publique par l'invention d'armes de destructions massives dans le deuxième.

Au cours des années Bush, les Etats Unis auront connu entre autre grandes avancées démocratiques :

  • L'invasion de l'Afghanistan (au fait où est Oussama ?)
  • La guerre infondée contre l'Irak
  • La ré-autorisation de la vente d'armes d'assault
  • La légalisation de la torture
  • L'espionnage légalisé de tout citoyen étasunien
  • Les détentions illégales
  • ...
Voilà donc ce qui constitue aux yeux de Nicolas Sarkozy un modèle démocratique...

2/    Notons également que la ministre de la Justice Rachida Dati passe ses vacances avec Nicolas Sarkozy. Voilà une drôle de manière de fusionner sphère personnelle et sphère privée. Rares sont les chefs d'états qui partent en vacances avec leurs ministres. Quoique si l'on recherche bien, ce cas de figure a déjà eu lieu.

Nous avons retrouvés de vieux clichés en attestant :