17.04.2008
Sous les pavés le sarkophage
Ce 17 avril 2008, une rapide recherche dans les actualités françaises illustrent le développement des mouvements de grèves un peu partout en France :
- enseignement
- sans papiers
- crèches d’enfants
- presse
- retraités
- ...
Face à l'accélération du démantélement des mesures protégeant les plus faibles (droits chomage, pension de retraite, allocations familiales, ...) et à la la totale surdité de Sarkozy et ses laquais, le peuple français n’a d’autre solution que les grèves et les manifestations afin d’exprimer sa révolte.
Ces revendications visant généralement à un maintien des acquis actuels ou à un modeste rattrapage en terme de qualité de service public ou de salaires font sens alors que les profits générés par les entreprises (et donc par les salariés) relève de l'obscénité.
Mais ces revendications vont à l’encontre de l’idéologie sarkozienne qui consiste en un démantèlement systématique de l’éducation, des transports publics, des hôpitaux, de la sécurité sociales, etc.
Tous ces acquis qui permettent à celui à ou celle qui se retrouve dans la difficulté de pouvoir malgré tout continuer à vivre dans la dignité.
Ces notions de solidarité n’existent pas pour les psychopathes. Pour qu’il y ait solidarité il faut qu’il y ait empathie, capacité à percevoir la souffrance de l’autre. Et pour qu’il y ait empathie il faut qu’il y ait conscience.
Sarkozy et ses tristes acolytes, tel le chat jouissant de l’agonie de la souris qu'il torture et qu'il mange, se délectent des drames qu’ils créent : le clandestin exploité dans une usine, le salarié en arrêt longue maladie qui ne peut plus payer ses médicaments, le sdf qui meurt de froid au milieu des immeubles inoccupés, le père de famille qui ne peut offrir une éducation décente à ses enfants car les bonnes écoles sont devenues trop chères,…
Et ne vous méprenez pas. Pour les psychopathes il n’y a pas de Blancs ou de Noirs, de salariés du public ou du privé, de chômeurs ou d’employés… la seule dualité qui existe dans ces cerveaux dénués de conscience c’est eux (les chats) et nous (les souris) et si nous ne faisons rien aujourd’hui nous nous retrouverons tôt ou tard dans les griffes de ces prédateurs.
Souvenez-vous de Staline qui commença doucement ses purges en ciblant quelques leaders de l’opposition, puis il élargit progressivement le spectre de ces "nettoyages" jusqu’à déporter des dizaines de millions de Russes. A la fin de son règne sanglant il commandait l'élimination de ses plus proches collaborateurs.
Après les sdf, les jeunes de banlieue, les sans-papiers, les cheminots, la fonction publique, les marins-pêcheurs voici donc les étudiants et les enseignants dans la rue.
Notez bien que l’éducation est une cible de choix de tout gouvernement fascisant. L’éducation est le levier qui permet à l’individu de comprendre, d’analyser, de connaitre. Il devient alors beaucoup moins susceptible aux mensonges, exploitations, manipulations, injustices, nécessaires à l’émergence et à la pérennisation d’une élite parasitaire.
Les enseignants et les étudiants connaîtront certainement les mêmes désillusions que ceux qui les ont précédés dans les rues de notre pauvre France. Comme nous pouvons nous y attendre, nos chères élites vont utiliser les mêmes techniques retordes pour détruire ce mouvement :
- sous estimer systématiquement l’ampleur du mouvement (nombre de manifestants, taux de grève, % de votes pour la reconduction de la grève, nombre d’établissements paralysés,...)
- diaboliser le mouvement en créant et en stigmatisant des comportements déviants au sein des grèvistes (voir le cas du sabotage des voies SNCF par exemple)
- infiltrer les manifestations avec de faux manifestants ayant pour mission de provoquer les forces de police, de « casser », de donner une mauvaise image du mouvement
- noyauter les syndicats, corrompre leurs leaders
- manipuler les données relatives aux revendications (sous estimation du nombre d’élèves par classes, sous estimation du nombre de départ à la retraite, …)
- accuser le mouvement populaire d’être créé de toute pièce par un syndicat, une corporation, un parti,…
- censurer systématiquement les images et les témoignages dérangeants (violences policières, paroles de vrais manifestants, preuves de faux manifestants, preuves de trahisons par les syndicats, …)
- monopoliserldes ondes (interventions des politiques, « experts », dirigeants, syndicalistes) démontrant avec force argument toute l’hérésie du mouvement social
- user de la violence (ciblage des leaders et des lieux de plus forte mobilisation, détention provisoires, interrogatoires, vol d’appareils photos et de caméras, matraquages, gazages,…
- activer la sphère juridique (peines rapides, exemplaires et médiatisées) à l’encontre de manifestants, faire des exemples pour effrayer la population.
- encourager la collaboration des dirigeants du secteur concerné (licenciements, réductions de salaires, rétrogradations, transmissions d’informations à la Police, …)
- détruire le soutien et le crédit dont les manifestants bénéficient auprès du reste de la population (association bidon des usagers SCNF, refrain de la prise d’otage des usagers, dramatisation des conséquences de la grève,...)
- créer des scissions au sein du mouvement (recevoir uniquement certains syndicalistes, stigmatiser le caractère non démocratique des décisions prises par le mouvement, souligner les divergences de discours et d’intérêts entre les différentes populations impliquées,… )
10:48 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : grèves, enseignement, éducation, sans-papiers
09.03.2008
Devoir de mémoire.
18:24 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, devoir de mémoire, éducation, shoah, holocauste, génocide, palestine
25.02.2008
Lettre de Claire Malbois
Voilà que, non satisfait de la glissade morale effectuée sur la peau de banane Guy Môquet qu’il s’était à lui-même étendue comme carpette, Mr Sarkozy prétend « faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah ».
Ma fille sera en CM2 en 2013. Elle porte en elle de par la grâce de ses parents la mémoire de ces milliers d’enfants, français et non français, qui au long de l’histoire humaine furent déportés, séparés des leurs, rendus orphelins, esclaves, choses sexuelles, assassinés…sur les 5 continents.
Et qui le sont encore.
Elle porte en elle la mémoire future de ces enfants violemment séparés de leurs parents ou familles, ici, maintenant, en France devant ses yeux de fillette de 4 ans.
Elle porte en elle en tant que future femme, citoyenne, lionne au combat, la mémoire de tous ces enfants qu’elle aura vus déportés de son supposé pays de cocagne vers des univers où ils disparaissent, de tous ces enfants qui n’ont pas d’enfance, en Palestine, au Liban,... de tous ces enfants marchandés cyniquement, au nom de l’enfance, au Tchad, ailleurs…
Ma fille porte en elle tout ceci parce qu’elle est vivante. Parce qu’elle a un papa et une maman vivants auprès d'elle. Qui animent son âme autant qu’ils le peuvent de toute l’actualité de leurs combats, à sa mesure de petite fille, en lui apprenant qu’il n’y a pas de différence, entre un enfant blanc et un noir, entre un enfant juif, catholique, sikh, musulman, bouddhiste, que tout enfant a droit au bonheur d’être enfant, dans la douceur de sa famille, les câlins, le jeu, les apprentissages.
Ma fille porte en elle tout cela, et elle ne se verra pas confier par l'école la mémoire de l’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah.
Ce travail, qui m’est dévolu en tant que parent, et qu’il n’appartient pas à mon sens au Président de la République de choisir de faire à ma place, je l’élabore dans le respect de mon enfant, et de ce qu’est notre famille.
Il n’y a pas que la Shoah, Mr. le Président. Maints massacres furent perpétrés, maintes mémoires furent et sont encore blessées qu’il vous semble vain d’honorer, maints enfants furent déportés et assassinés, dont vous semblez faire si peu de cas, en d’autres temps tout aussi atroces que celui de la Shoah.
Quel est ce besoin que vous nous démontrez donc là, un besoin de repentance ? Ce mot que vous refusez à tout crin à ceux qui ne vous le demandent même pas, mais qui voudraient juste prononcer le mot de mémoire sans se faire éconduire ?
Qu’allez-vous donc faire dans cette galère ? Quel besoin de s’aplatir dans le vent d’une seule direction, sous les tapis du souvenir d’une seule victime ? Vous nous avez suffisamment dit lorsque cela vous arrangeait que les enfants n'étaient pas comptables des fautes de leurs pères.
Ma fille ne se verra confier par vous la mémoire d’aucun enfant d’une seule confession, d’une seule déportation, d’un seul esclavage, d’un seul massacre.
Ma fille ne sera jamais l'objet de votre manipulation de l'histoire, de l'émotion, du drame humain au service de vos seuls biens et besoins personnels, politiques ou autres.
Elle ne croulera pas sous le poids de votre culpabilité ou de vos obédiences. Elle grandit libre dans sa connaissance de l’autre, des ses bonheurs et malheurs, grands et petits, auxquels nous désirons l'éveiller pour qu'elle puisse partager le poids, plus tard, avec ceux qui souffrent.
Mon enfant, nos enfants, grandissent à présent dans une France dont mes parents, humains généreux s'il en fut, auraient profondément honte. Si ma mère n'était pas morte, elle défilerait aujourd'hui du haut de ses 89 ans, pour vous faire savoir qu'il suffit.
Qu'il suffit de l'outrager.
Qu'il suffit de choisir dans les souffrances humaines celles qu'il vous agrée d'honorer et celles qu'il vous indiffère d'ignorer. Quand ce n'est pas celles qu'il vous arrange de rejeter dans de lointaines poubelles.
Qu'il suffit de gesticuler, justifiant toutes les exactions de la France dans l'Ailleurs en ne supportant pas que l'Ailleurs vienne vivre dans la France.
Qu'il suffit de faire la leçon à des enseignants sur ce qu'il convient de faire partager d'histoire à leurs élèves, alors qu'ils nous font tous les jours partager, à nous parents, la fin de l'histoire d'une éducation nationale que vous rendez exangue.
Qu'il suffit de tuer les familles, je pèse mes mots, en envoyant vos sbires arracher les portes, arracher les affaires personnelles, arracher les êtres de leur travail, arracher les hommes de leur famille, arracher les mères de leurs enfants, ce que vous faites tous les jours, ici, en France.
Quand vous offrirez de la France un autre spectacle aux yeux de nos enfants.
Quand vous cesserez de nous mettre en deuil chaque matin de l'une des qualités d'accueil, de soin, de solidarité, d'éducation, de liberté, d'égalité, de fraternité... qui devraient être la nature, l'essence, la colonne vertébrale de notre pays.
Quand vous vous préoccuperez, aussi, de ce qui se passe dans une salle de classe lorsque les maîtresse malades ne sont pas remplacées, au collège lorsque les adultes si dévoués soient-ils à leur mission, n'y sont pas assez nombreux.
Quand vous proposerez à nos enfants la prise en considération de toutes les souffrances des humains à travers l'histoire, sans quantification, sans classification.
Quand vous nous aiderez véritablement à les construire dans le respect de l'autre sous les yeux d'une République exemplaire.
Quand vous tiendrez vos promesses de protéger tous les opprimés, toutes les femmes opprimées, tous les déshérités, tous les enfants déshérités...
Quand vous ferez véritablement preuve d'un courage révolutionnaire et visible en cessant les exactions, en ramenant vos chiens.
Quand vous serez capable de ne plus fabriquer visiblement et incessamment un pathos bien ciblé, d'héroïsme ou de pitié, c'est tout comme, pour dissimuler la déconstruction de l'humain et de l'espoir que vous vous acharnez à promouvoir.
Quand vous serez ce que vous n'êtes pas, quand vous ne serez plus ce que vous êtes.
Je cesserai d'être en deuil de mon pays idéal.
Je cesserai de ne pouvoir plus lire les journaux et de pleurer chaque jour à la découverte des nouveaux nuages.
Un grand mal est toujours suivi d'un grand bien.
La citoyenneté profondément humaine, sincère, dévouée, invisible, muette pour l'instant, s'amplifie chaque jour qui passe avec son lot d'expulsés amis, de justes condamnés, ...
La réponse à votre action est dans cette résistance contre laquelle vous ne pouvez strictement rien.
La pensée et le coeur sont irréductibles.
Ma fille se construit, comme bien d'autres enfants, par la grâce d'adultes conscients de leur devoir d'"êtres au monde" parmi d'autres "êtres au monde".
Ces enfants seront des adultes, nombreux et imperturbables, des lions, auxquels il incombera de développer à une échelle jamais vue les valeurs de beauté et de bonté de la vie, pêchées dans le meilleur de chacune de leurs origines, passées au tamis du métissage, cimentées entre elles par la liberté et l'empathie réunies.
Vous ne sauriez apprendre à mon enfant cela que je choisis de lui apprendre.
Son espoir et sa force sont entre les mains de son père et de sa mère.
Claire Malbos, le 14 février 2008
19:28 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : claire malbois, sarkozy, france, shoah, deuxièmpe guerre, éducation, école



