27.11.2007

Emeutes à Villiers le bel : revue de presse (bourgeoise)

Lu sur Indymédia Paris

 
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Parce que, le site ne reçoit pas d'infos du terrain, parce que tout le monde n'a pas le temps de faire le tour des sites, petite revue de presse.
Si le Figaro comme le Parisien reprennent tranquillement le point de vue policier qui vise à disculper les policiers dans l'"accident" qui a coûté la vie à Larami et Moushin et se contentent de compter (le nombre de voitures, de commerces, de lieux publics brûlés, d'autres journaux, tels Libération ou le Monde font la part belle aux témoignages des habitants de ces quartiers... et permettent de voir combien le harcèlement policier, les menaces récurrentes des cow-boys sèment la peur, la haine, la rage sur le "terrain"... et que les émeutiers ont raison d'avoir des doutes à propos du soi-disant accident. Au PS, Montebourg nous refait le coup de la police de proximité, tandis que les maires des communes touchées par les émeutes tartinent de nouveau sur la politique de la ville. Pendant ce temps-là dans le Parisien, on interviewe, comme en 2005, Laurent Mucchielli, sur la violence... pour que celui-ci répète les mêmes choses. Le pire étant les commentaires sur les sites : les fachos tranquilles se déchaînent plus que jamais, en appellent à l'armée, se félicitent de la leçon de code de la route faite aux deux jeunes... Bref les années de propagandes sarkozystes font leur effet plus que jamais.

"Solidaires, les gars !", "restons groupés !"

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Tout d'abord, l'article du jour qui me semble le plus intéressant :

Banlieues : scènes de guérilla urbaine à Villiers-le-Bel

Le Monde

Ca sent le gaz lacrymogène, le plastique brûlé et la rage. Celle d'une centaine de garçons bien organisés, qui disent vouloir "buter" le moindre "Schtroumpf" - le moindre policier. Lundi 26 novembre, entre 19 h 30 et 22 h 45, cinq rues de la ZAC et du Puy, à Villiers-le-Bel, dans le Val-d'Oise, là où, la veille, deux jeunes garçons de 16 et 15 ans, Larami et Mouhsin, sont morts dans le choc de leur mini-moto contre une voiture de police, ont rejoué des scènes d'une extrême violence.

Restés invisibles tout l'après-midi, les policiers se sont postés en masse, en fin de journée, devant la gare du RER D, après l'incendie d'un camion poubelle. A peine les premiers lampadaires allumés, les jeunes attaquent avec des pavés, des feux d'artifice et des pétards "mammouth" - les plus gros.

Dès qu'un policier est touché, les garçons fêtent ça, les bras levés au ciel. Même cri de victoire quand ils reculent. Ils se hissent sur les toits des voitures, ils se prennent en photo avec les téléphones portables. "Attraper un flic", un "keuf", un "porc" : pendant trois heures, une poignée de meneurs répètent ces mots d'ordre : "Restons groupés !", "Solidaires, les gars !". Et les émeutiers, disciplinés, suivent les consignes.

Les "petits" - certains n'ont même pas 10 ans - jouent les éclaireurs. Ils débusquent les policiers et jettent des cocktails Molotov ; les plus grands veillent à ce que la voie soit libre. Pour enflammer voitures et magasins, ils se ravitaillent aux réservoirs de trois voitures du "95", où sont remplis les jerricans puis les bouteilles de verre. Un gaillard en survêtement noir, talkie-walkie branché sur une fréquence de la police, guide l'équipe.

La troupe sait qu'il ne sert à rien d'attaquer la mairie : elle a fermé ses portes. Le conseil de crise des élus se tient ailleurs, dans un lieu tenu secret.

DES FEMMES JETTENT DE L'EAU DU BALCON

"Anelka !". Ils se donnent des surnoms de footballeurs, d'animaux ("chameau") ou de héros de télé ("Frelon", alias Bruce Lee). Ils cachent aussi leurs visages. Echarpes haut sur le nez, capuches, et même, pour certains, tenues de CRS, avec matraque et bouclier. Un ami, caméra numérique montée sur pied, filme chaque pavé lancé, dans chaque voiture brûlée. Quand certains s'y croient et s'attardent trop devant l'objectif, les meneurs sermonnent : "Oh les gars, c'est pas du cinéma, c'est la guerre !"

"Allez les frères !", encourage-t-on sur le trottoir, où les anciens, médusés de tant de violence, sont descendus regarder le spectacle, tandis que d'autres tentent de sauver leur voiture. Certaines femmes jettent de l'eau du balcon de leur HLM pour soulager les yeux rougis de leurs "fils". Quand la police charge, certains étages n'hésitent pas à la "caillasser".

Au sol, toute arme est bonne à prendre : des multiprises, une épée, un fusil à pompe… Mais la plupart se battent avec des bâtons en bois ou des barres de fer chipées dans les chantiers. On s'approvisionne en bouteilles dans les silos de recyclage du verre. Panneaux d'affichage électoral ou de signalisation, poteaux, arbres servent d'arme ou de bouclier. Des coins entiers se retrouvent dans le noir, comme l'avenue du 8-mai-1945. Parfois, un coup de pied dans les lampadaires crée un court-circuit.

Tas de pierres et de poubelles bloquent certaines routes, comme des check-points de fortune. "La guerre, c'est ça mon pote. C'est faire tourner en rond l'ennemi", lance un meneur, s'improvisant général. Comme la veille, certains magasins, certaines concessions automobiles passent à travers les flammes : avant de mettre le feu, on discute.

"Celui-là, il est à la famille", crie une jeune voix devant le pressing du 8-mai-1945. La bibliothèque Louis-Jouvet, le supermarché Aldi, le salon de coiffure, l'auto-école ont moins de chance : pillés et incendiés pour le dernier par un gamin âgé d'à peine 13 ans. "Faut brûler nos amendes", lâchent-ils en chœur. C'est chose faite à 22h30, lorsque "les impôts" prennent feu.

La jeunesse de Villiers est dehors depuis longtemps. L'après-midi, on a photocopié à la hâte les portraits des deux adolescents "morts pour rien" : le même cri de ralliement qu'après le drame de Clichy-sous-Bois, en octobre 2005, lorsque deux jeunes gens avaient trouvé la mort dans un transformateur électrique. Les collèges et les lycées se sont donnés le mot pour une "marche silencieuse" - si l'on peut dire : dans cette ville proche de Roissy, c'est rare qu'un long-courrier laisse la ville tranquille. Elèves et grands frères, bonnets ou capuches, sacs à dos sur lesquels ils ont fièrement écrit, au Tipp-Ex, le nom de leur cité, entre trois "killer" et deux "fuck the cops", une masse défile.

Frères, sœurs et copains expliquent : "Les policiers n'avaient pas à partir, on aurait laissé passer les secours !" Un grand râle : "Vous allez voir qu'ils vont lancer le débat sur les mini-motos, pour faire diversion. Mais est-ce qu'on fait une histoire quand à Neuilly un cavalier ne porte pas de casque ?"

Dans la foule tendue et sans larmes, on compte aussi quelques profs, bouleversés, mais un seul élu, sans écharpe, - Rachid Adda, conseiller régional (MRC) d'Ile-de-France - et des responsables associatifs, atterrés par ce nouvel épisode de guerre entre jeunes et police. "Moi j'ai vécu Charonne, le 17 avril 1961. Mais la police, ça restait quand même police secours , rumine ce fonctionnaire de mairie. Aujourd'hui, mes enfants je leur dis : quand tu vois la police, tu t'enfuis ."

Ariane Chemin et Mustapha Kessous dans le Monde

Celui de Libé :

La colère ne s'arrête pas à Villiers-le-Bel

Plus de 60 policiers blessés dans des violences qui ont gagné d'autres communes du Val-d'Oise. Cinq agents sont dans état grave mardi matin. De nombreux véhicules ainsi que des bâtiments publics ont été brûlés. DIDIER ARNAUD et STÉPHANIE BINET QUOTIDIEN : mardi 27 novembre 2007 Mis à jour à 7 heures.

Des CRS protégeant un commissariat de police en construction. Face à eux environ 300 jeunes, dont certains munis de portières de voiture, dérobées chez un concessionnaire, en guise de boucliers. C'était une des images fortes, hier vers 22 heures, à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), qui semblaient entamer une deuxième nuit de violences.

Promesse. Plus de 60 policiers ont été blessés par des tirs de grenailles dans le Val-d'Oise, selon un bilan de la police, mardi matin. Cinq d'entre eux restaient dans un état grave. Une trentaine de voitures auraient été brûlées, ainsi qu'une bibliothèque et des bâtiments publics. Des incidents ont éclaté dans cinq autres communes du Val-d'Oise, dont Goussainville, Sarcelles et Garges-lès-Gonesse. La soirée semblait confirmer la promesse d'une inscription écrite sur l'autoroute A1 hier matin : « Vengeance pour Villiers-le-Bel. »

A 11 heures, à l'entrée de la ville, des policiers, en nombre. La première chose remarquable, c'est une concession et quarante voitures, calcinées la veille. Son responsable veut déménager les derniers véhicules en prévision. « Apparemment, ça va recommencer », croit-il savoir. « C'est inadmissible, c'est grave, de la violence gratuite », commente Djamel, venu en voisin. Mohamed lui rétorque : « Ça dégénère parce qu'ils ont tué des jeunes. C'est à la police de prendre ses responsabilités. »

Depuis une voiture, des jeunes crient, à l'attention des journalistes présents, dont TV3 (espagnole) et ETB (basque) : « C'est que le début, bâtards ! » Devant la mairie, la presse piétine. Mourad, élève de BEP, dit que les gens sont en colère. « Des amis à vous se font tuer par des policiers, vous allez pas aimer. » Il assure avoir vu la course-poursuite, dit que la voiture a « traîné la petite moto ». Mais, ce qui l'énerve le plus, c'est que les policiers « ont fait le massage cardiaque et qu'ils sont partis ». Laissant les jeunes par terre, tout seuls. Une version qu'ici beaucoup répètent

« Meurtre ». A Villiers-le-Bel, il n'y a personne pour trouver l'accident « normal ». Ali, 35 ans, dit qu'en voyant l'avant de la voiture tout le monde a compris. « D'habitude, ils mettent un coup de portière, mais là ils ont foncé dessus. » Serge, 32 ans, parle carrément de « meurtre ». « Vous comprenez bien qu'ils n'ont pas voulu les arrêter. » Il pense que, si les autorités « tournent l'histoire en banal accident de la circulation », cela va « complètement brûler Villiers-le-Bel ».

13 heures. Dans la mairie, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, rappelle que la « violence et l'agitation ne font pas avancer les choses et ne servent à rien ». Elle voudrait que les « médias » tiennent leur « rôle, important dans ce contexte, dans un moment où il faut de la sérénité et un retour au calme ». Elle fait état d'une situation « tendue que certains peuvent utiliser pour entraîner d'autres personnes ». Après son intervention, les « médias » resteront bloqués à la mairie, pour éviter qu'ils ne la suivent dans sa visite des familles.

14 h 30. Une marche silencieuse rassemblant 300 personnes s'ébranle. Un journaliste de France 3 se fait voler sa caméra. Un homme lance : « Depuis hier, ils [les médias, ndlr] disent que des mensonges. » Avant de menacer : « On va te casser ta bouche. » En tête du cortège, des jeunes tiennent les photos de Larami et Moushin, avec la légende « Mort pour rien ». Devant, accompagné d'un enfant, le frère de Moushin confie que cette action est « pour faire entendre la vérité ». Ce qu'il en pense ? « C'est volontaire de la part des policiers. Avec un choc comme cela, ce ne peut être accidentel. »

Devant un chantier, les organisateurs demandent aux ouvriers de s'arrêter de travailler. Dans le cortège, on entend ceci : « Les keufs, ils ont tous les droits. Ils sont couverts maintenant. » Puis cela : « Il faut les venger, ils sont partis [les policiers, ndlr] comme s'ils venaient d'écraser un pigeon. » Devant la gare, de nombreuses vitrines ont sauté, remplacées par des panneaux de bois.
16 h 30. Salle Jacques Brel. Mouloud Aounit, le responsable du Mrap, a organisé une conférence de presse avec les parents des victimes. Il briefe le père de Larami. Juste avant, il évoquait le « syndrome de Clichy ». « Au moment où il y a une exigence de vérité, dire que la police n'y est pour rien, c'est vouloir éteindre un incendie avec un bidon d'essence ». Ce quinquagénaire a passé la nuit à se battre pour calmer les jeunes et s'avoue « désolé » que les policiers lui aient dit : « Rentrez chez vous, espèces de cons. »

Un autre dans Libé sur les deux jeunes : l'un devait devenir boulanger, l'autre devait commençait un stage de plombier...

Il apprenait la boulangerie

Les habitants décrivent un quartier calme et deux jeunes sans histoires. Stéphanie Binet QUOTIDIEN : mardi 27 novembre 2007

A la boulangerie de la place de la Tolinette, les clientes viennent compatir à la tristesse du patron. Une des deux victimes, Larami, 16 ans, était apprenti chez lui : « C'était un bon petit, confie-t-il. Vous vous rendez compte, à son âge, apprendre le métier de la boulangerie, il en voulait. » En face de la place de cet ensemble d'immeubles de trois étages, de son petit centre commercial, la rue Louise-Michel où a eu lieu la collision entre la voiture de police et la minimoto. Une rue pavillonnaire comme il en existe dans toutes les communes de France, avec des thuyas pour protéger les maisons des regards indiscrets. Au bout de la rue, une petite résidence de trois étages. C'est de la fenêtre de sa chambre que la fille de Robert a vu son copain du collège blessé : « Larami, la semaine dernière, il a aidé ma femme à porter ses courses. »

Hier, à 15 heures, alors qu'un expert judiciaire désigné par le parquet essaie de placer des plots entre le point d'impact et, trente mètres plus loin, le lieu où on a retrouvé la moto, le corps des deux ados et la voiture, les voisins cherchent à comprendre comment cela a pu arriver ici, dans leur quartier tranquille, avec ces deux jeunes qu'ils aimaient bien.

Larami habitait dans la barre HLM de dix étages la Cerisaie, à une centaine de mètres de là ; Moushin, beaucoup plus loin, dans une zone pavillonnaire. Moushin, 15 ans, en troisième, devait commencer son stage en plomberie aujourd'hui : « Ici, c'est calme, vous savez, raconte Cornely, 35 ans, ancienne surveillante du collège Martin Luther King, où était scolarisé Larami. Il y a quatre ou cinq ans, il y a eu quelques bagarres entre des bandes de garçons, mais rien à voir avec Sarcelles où j'habitais avant. Ici, les femmes sont employées de ménage, les papas travaillent dans le bâtiment. Cela fait quatorze ans que j'habite à la Cerisaie, et je ne me suis jamais fait agresser. » L'épicier pakistanais confirme : un seul cambriolage en vingt ans. Le pharmacien a pris son office depuis une semaine et n'a rien vu des émeutes de la veille. Seul le bar-tabac de la place de la Tolinette a été vandalisé et pillé dans la nuit : « Mais ça, c'est comme partout, philosophe l'épicier, il y a des bons et des mauvais, et cela n'a rien à voir avec la mort des deux enfants. » Un commissariat de police est en construction à côté de la gare : « Pourtant, en 2005, cela a bien moins brûlé que dans le 93, s'étonne Robert. Un commissariat, c'est moins utile qu'un terrain de cross pour les jeunes. Ils sont obsédés par leur moto parce qu'ils n'ont que cela à faire. La police ne veut pas qu'ils en fassent sur le terrain vague. Ça serait si cher que cela à faire, un terrain de cross ? » A la boulangerie, les mères de famille tentent de raisonner les jeunes qui entrent en disant : « Ne restez pas là ce soir, ça va chauffer. Faut qu'ils disent la vérité sur la mort des petits. »

L'article du Parisien

Nouveaux face-à-face entre jeunes et les forces de l'ordre

par Frédéric Naizot

Alors que la responsabilité policière semblait écartée selon les premiers éléments de l'enquête livrés par la justice hier, de nouveaux affrontements ont éclaté dans la soirée non loin du lieu où deux jeunes ont trouvé la mort dimanche.

Hier soir, les rues de Villiers-le-Bel étaient, pour la deuxième soirée d'affilée, le théâtre d'affrontements entre une centaine de jeunes gens encagoulés et des forces de police. Ces violences ont démarré en fin d'après-midi, non loin du lieu de l'accident qui a coûté la vie dimanche à deux adolescents. Des heurts ont aussi éclaté sur cinq autres communes au moins dans le département du Val-d'Oise.

Peu après 22 heures, on dénombrait trente-huit blessés parmi les forces de l'ordre, dont un policier atteint à l'épaule par un tir de gros calibre qui a transpercé son gilet pare-balles et vingt-cinq autres touchés par des tirs de grenaille. Dans tout le département, on comptait au moins trente-six véhicules en feu, dix incendies de poubelles et six bâtiments dégradés, dont la trésorerie et la bibliothèque de Villiers-le-Bel, totalement détruite. A Sarcelles, un garage Renault a été attaqué. Des coups de fusil de chasse ont été tirés. Un car de CRS a brûlé. Les forces de l'ordre ont vu leur stock de gaz lacrymogène et de flashballs sérieusement baisser. Au même moment, l'ordre était donné à Sarcelles de quitter la cité des Rosiers. « On se retire, on se retire », ont entendu des témoins. Dans l'Essonne, un bus de la RATP, vide de tout passager, a été incendié à Longjumeau par cinq jeunes, un camion a brûlé à Grigny et des policiers se sont fait caillasser à Montgeron.

Hier, neuf personnes se trouvaient en garde à vue après les violences de la première nuit. Trois autres ont été interpellées dans la soirée. Peu avant minuit, tous les feux avaient été maîtrisés et le calme semblait revenu dans le Val-d'Oise.

Une marche silencieuse

Un peu plus tôt dans l'après-midi, la procureur de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry, avait livré les premiers éléments de l'enquête tendant à écarter la responsabilité des policiers dans l'accident mortel entre leur véhicule et la minimoto des deux victimes. Elle a précisé que trois témoins entendus dimanche soir ont confirmé les explications fournies par les policiers. Selon les investigations, ces derniers patrouillaient dans Villiers-le-Bel et n'ont pu éviter la collision. « Nous allons reprendre les éléments un à un, avec objectivité », a-t-elle assuré. Elle a saisi l'IGPN (la police des polices) et la sûreté départementale d'une enquête pour « homicide involontaire et non-assistance à personne en danger ». Un expert a été désigné afin de mener les investigations techniques sur la voiture et la minimoto. Le parquet a également coupé court à la rumeur selon laquelle les policiers auraient immédiatement quitté le lieu de l'accident : « Les policiers ont appelé eux-mêmes les secours ». « Mais les pompiers eux-mêmes, qui sont intervenus très rapidement, ont eu des difficultés pour prodiguer les premiers soins en raison du regroupement de jeunes. Je ne laisserai pas dire que les services de police n'ont pas porté assistance aux jeunes. »

Une hypothèse battue en brèche par des jeunes de la cité, convaincus que c'est une bavure policière qui a emporté leurs deux copains. Au cours d'une marche silencieuse à laquelle près de 250 jeunes participaient hier après-midi, l'atmosphère était électrique. La plupart brandissaient des portraits de Moushin, 15 ans, et Larami, 16 ans. Dans la foulée, les familles des deux adolescents ont demandé que « justice soit faite, dans le calme et la sérénité ».

Celui du Figaremuche :

"Un cap franchi dans la violence"

Au lendemain d'une nouvelle nuit d'affrontements, les syndicats de policiers s'inquiètent de l'utilisation d'armes à feu à leur encontre. Michèle Alliot-Marie a demandé l'aide de la population.

« Nos collègues ont été confrontés à de véritables scènes de guérilla urbaine » témoigne mardi Bruno Beschizza, secrétaire général du deuxième syndicat d'officiers, Synergie. « Un cap a été franchi avec l'utilisation, contre eux, d'armes dont un fusil de chasse », ajoute-t-il. « Il y a un niveau de violences supérieur aux émeutes urbaines de 2005, c'est ce que nous disent depuis lundi nos collègues sur le terrain ». Même tonalité du côté du syndicat Unsa Police qui déplore « le niveau supplémentaire dans l'échelle des violences » contre les policiers ». Le syndicat demande « la plus grande sévérité contre ces casseurs et ces criminels s'attaquant aux policiers » et rappelle son souhait d'une présence policière « dans les endroits où cela est nécessaire, 7 jours sur 7 et 24h sur 24 ».

Après François Fillon mardi matin, Michèle Alliot-Marie doit se rendre à Villiers-le-Bel. La ministre de l'Intérieur a reçu « un certain nombre de recommandations » de la part de Nicolas Sarkozy, actuellement en visite en Chine. Interrogée sur RTL, Michèle Alliot-Marie a demandé l'aide de la « population » des communes où ont eu lieu des violences urbaines pour « isoler ceux qui sont des délinquants ». Elle a déploré qu'il y ait plusieurs blessés « sérieux » chez les policiers.

La ministre de la Justice, Rachida Dati, a donné des consignes de fermeté aux procureurs leur demandant de « procéder aux déferrements des personnes placées en garde à vue dès lors que les faits sont caractérisés et leur sont imputables ». « Aucune leçon n'a été tirée »

« Personne n'a envie de revivre le scénario de 2005 : la violence n'enlèvera rien à la douleur des familles, elle empêchera de reconstruire dans ces banlieues », a de son côté déclaré, le ministre du Travail Xavier Bertrand, mardi matin sur LCI. Le ministre du Travail a mis en avant le plan banlieue, assurant que « ce qui est en train de se préparer, c'est quelque chose de solide et de construit ». « On peut faire confiance à Fadela Amara (secrétaire d'Etat chargée de la politique de la Ville, ndlr), elle connaît bien les banlieues, elle a la confiance des acteurs », a-t-il ajouté.

Du côté de l'opposition, Arnaud Montebourg estimé qu' »aucune leçon n'a été tirée » des émeutes de 2005. Le député PS de Saône-et-Loire a mis en cause « une restriction, un désengagement des services publics, de l'Etat » dans les banlieues. Il a plaidé pour un rétablissement de la « police de proximité » pour restaurer « la confiance », faisant valoir, à titre d'exemple, qu' »il n'y a pas de commissariat à Villiers-le-Bel ». La situation est « pire qu'il y a deux ans », a jugé François Pupponi, maire socialiste de Sarcelles, dans le Val d'Oise.

« Le sinistre cortège de violences et exactions reprend en banlieue », a commenté Marine Le Pen estimant que « Les Français payent ici la politique folle de Nicolas Sarkozy en matière d'immigration et le sentiment d'impunité qu'il a laissé s'installer lors des émeutes de 2005 lorsqu'il était ministre de l'Intérieur ».

Sur ce, si vous avez des copains ou des copines sur place, demandez leur d'envoyer des infos ici...

03.10.2007

La liberté de la presse selon Sarkozy.

Dans une conférence de presse commune, les six syndicats français de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT, SJ-CFTC, SPC-CFE-CGC, SJ-FO) ont dénoncé les menaces qui pèsent sur l'indépendance des journalistes et le pluralisme de la presse. Selon David Larbre (SNJ, majoritaire), la situation n'a jamais été aussi grave depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les journalistes ont énuméré une longue liste d'exemple mettant en évidence trois tendances :
- censure des articles jugés défavorables par le président Nicolas Sarkozy (ainsi l'interdiction de publication d'un article sur Cécilia Sarkozy par la direction du Journal du Dimanche ou d'un sondage sur Nicolas Sarkozy par la direction de La Tribune) ;
- tentatives judiciaires de rompre le secret des sources (avec notamment la perquisition au siège du Canard enchaîné à la demande des avocats du président de la République) ;
- main-mise de Nicolas Sarkozy et des grands industriels qui lui sont liés sur les principaux organes de presse (allant jusqu'à la nomination du directeur adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy à la direction de la principale chaîne de télévision, TF1).

Les journalistes sont d'autant plus vulnérables à ces pressions que la moitié d'entre eux sont soit au chômage, soit employés avec des contrats précaires.

Interpellée par l'intersyndicale, le « ministre de l'Information », Christine Albanel, a refusé de recevoir les représentants de la profession.

19.09.2007

Nettoyage de l'Iran au Kouchner

Indalecio ALVAREZ AFP - Mercredi 19 septembre, 08h14

PARIS (AFP) - Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner se rend mercredi à Washington pour sa première visite officielle aux Etats-Unis au moment où la crise du nucléaire iranien accélère le rapprochement franco-américain en cours depuis l'élection de Nicolas Sarkozy.

...

La question de l'adoption de nouvelles sanctions contre l'Iran au Conseil de sécurité, ou, faute d'accord, en dehors de l'ONU dans le cadre européen, doit être au coeur de ses entretiens vendredi avec son homologue américaine Condoleezza Rice.

Le même jour, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité doivent se réunir au niveau des directeurs politiques dans la capitale américaine pour envisager un troisième train de sanction contre Téhéran.

M. Kouchner a estimé dimanche que le monde devait se "préparer au pire", c'est à dire à la possibilité d'une "guerre" avec l'Iran. Il a demandé des sanctions européennes, tout en appelant à "négocier jusqu'au bout" pour éviter que Téhéran ne se dote de l'arme atomique.

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Le 27 août, le président Nicolas Sarkozy avait donné le ton en déclarant que la politique de "sanctions croissantes" vis-à-vis de Téhéran avait pour but de "permettre d'échapper à une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran".

L'option de nouvelles sanctions contre l'Iran en dehors du cadre de l'ONU, reflétant la crainte que la Russie et la Chine ne s'opposent au troisième train de sanctions envisagé, ne pouvait que plaire à Washington.

D'autant plus que la visite de Bernard Kouchner intervient après une série de gestes français vis-à-vis des Etats-Unis qui ont instauré une nouvelle donne dans les relations franco-américaines, après une période de défiance sous la présidence de Jacques Chirac, qui s'était vivement opposé à l'intervention américaine en Irak.

Sa visite à Bagdad fin août -la première d'un membre du gouvernement français depuis la chute de Saddam Hussein en 2003- avait été saluée avec chaleur à Washington.

Lors de la guerre en Irak, il était allé à contre-courant de l'opinion dominante en regrettant que la France se soit désolidarisée des Américains. "Si nous avions continué à être à leur côté, nous aurions pu éviter la guerre", avait-il déclaré.

Aux Etats-Unis, "il est remarquablement placé pour dire 'moi j'incarne autre chose que ce que la politique française a incarné dans le passé'", estime François Heisbourg, président de l'International institute for strategic studies (IISS) de Londres.

En souhaitant un rapprochement avec l'Otan ou en redéployant des avions français opérant en Afghanistan à Kandahar (sud) au lieu de Douchanbé (Tadjikistan), Paris vient également de marquer sa volonté de rester solidaire des Américains.

M. Kouchner a toutefois cherché à se démarquer des critiques, en assurant que "la diplomatie française ne prend pas ses ordres à Washington".

Après sa visite à Washington, le ministre doit participer, ainsi que de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement ou ministres des Affaires étrangères, à l'assemblée générale de l'ONU à New York. Plusieurs réunions l'y attendent: sur le Darfour, dont il a fait l'une de ses priorités, le Kosovo ou, dès samedi, sur l'Irak.

 

Notes de Pouvoir et Psychopathie :  Pourquoi Kouchner cherche-t-il à se justifier en déclarant que la diplomatie française ne prend pas ses ordres à Washington ?

Après son soutien à la guerre d'agression contre l'Iraq, son rapport favorable à l'intervention des Etats Unis en Birmanie, ses mensonges au Kosovosa nomination aidée par le CRIF, son récent voyage en Iraq, seul un esprit particulièrement dérangé pourrait imaginer que Kouchner soit le laquais des faucons zioconservateurs. 

Sarkozy : faites ce que je dis mais pas ce que je fais

Cet article est extrait du site Contrinfo, il date du 15 mars 2007.
 

Selon le Canard Enchainé, Nicolas Sarkozy aurait consenti un rabais de 775 000 euros sur des terrains municipaux au promoteur immobilier Lasserre en avril 1997. Le promoteur lui aurait ensuite vendu « avec une ristourne » le duplex de 233 m2 sur l’île de la Jatte, à Neuilly-sur-Seine, ville dont Nicolas Sarkozy était maire.

Le journal satirique explique que la mairie de Neuilly et la Sem 92, une société d’économie mixte qui dépend du conseil général des Hauts-de-Seine, ont autorisé le promoteur à acheter en deux fois les terrains concernés, la deuxième partie de l’opération s’étant faite à un prix inférieur de 20%, « une sorte de crédit gratuit », selon un haut fonctionnaire cité par Le Canard enchaîné. La « ristourne » a permis au promoteur Lasserre d’économiser à l’époque 2 000 francs par mètre carré, soit les 775 000 euros.

Un joli coup de bonneteau

« L’opération peut se résumer à un joli coup de bonneteau sur les « droits à construire » que le groupe Lasserre était tenu à verser à la ville de Neuilly pour pouvoir édifier trois immeubles sur l’île de la Jatte », écrit le Canard. C’est dans l’un de ces immeubles que le couple Sarkozy a acheté son duplex avec 300 000 euros de réduction.

Nicolas Sarkozy répond dans les colonnes même du journal. Il affirme que « la ville de Neuilly et la Sem 92 ont fait face en 1997 à un effondrement du marché immobilier (...) Dans ce contexte les nombreux promoteurs contactés se refusaient à réaliser la troisième tranche de la ZAC de l’île de la Jatte. (...) Il était indispensable de vendre les terrains et c’est ainsi (que) les parcelles de la troisième tranche » ont été cédées « à un prix adapté à la réalité du marché au seul promoteur qui acceptait de s’engager sur la réalisation de cette troisième tranche ».

Le Canard enchaîné estime que « l’argument de la crise immobilière a bon dos ». Il écrit qu’« en réalité, la chute du marché date de 1992-1993, et non de 1997 », remarquant que la presse économique avait souligné, dès 1996, une amélioration du marché immobilier dans les Hauts-de-Seine, « et particulièrement à Neuilly ».

Montebourg somme Sarkozy de s’expliquer

"Ce n’est pas une question fiscale, là. Ce sont des rapports de mélange d’intérêts", a déclaré sur France 2 Arnaud Montebourg, estimant que le mélange d’intérêts concerne "le pouvoir exercé par le maire de Neuilly qu’il était, le président du Conseil général qu’il était, le président des sociétés d’économies mixtes qui construisaient et des promoteurs immobiliers avec des intérêts personnels au milieu."

"Donc je conseille à Nicolas Sarkozy de faire très vite la lumière. Car si tout ce qui est écrit dans le Canard est exact, cela est très préoccupant par rapport à la probité qu’on est en droit d’attendre d’un responsable public qui se présente à la candidature suprême", a-t-il dit. 

 

Note de Pouvoir et Psychopathie : 

Depuis cette affaire vient de connaitre une avancée supplémentaire avec l'ouverture d'une enquête préliminaire menée par le parquet de Versailles.

Il est piquant de se souvenir de la déclaration de Sarkozy au moment du lynchage de Gaymard en raison de son fameux duplex de 600 m2 : "les Français, confrontés à des difficultés quotidiennes, peuvent s’interroger et juger avec une certaine sévérité ce qui se passe".

 

18.09.2007

Nucléaire iraquien, nucléaire iranien, même combat.

L'article suivant est extrait du site canadien Cyberpress.  

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohamed ElBaradei, a récusé lundi la perspective d'un éventuel recours à la force contre l'Iran sur son programme nucléaire, jugeant que les «autres options» étaient loin d'être épuisées.

   
   
   

 
   

«Nous devons toujours nous souvenir que l'usage de la force ne peut être envisagé (que quand) toutes les autres options sont épuisées. Je ne crois pas du tout que nous en soyons là», a-t-il déclaré à la presse au premier jour de l'assemblée générale des 144 pays membres de l'AIEA à Vienne.

«Je crois que ce que nous devons faire, c'est encourager l'Iran à travailler avec l'agence pour clarifier les questions en suspend» sur la nature de son programme nucléaire, a-t-il ajouté.

«D'ici novembre ou décembre nous serons en mesure de savoir si l'Iran agit de bonne foi et si non, nous aurons clairement une autre situation», a souligné M. ElBaradei.

Le chef de l'AIEA s'exprimait au lendemain de propos du chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, selon qui le monde doit se «préparer au pire», c'est-à-dire à la possibilité d'une «guerre» avec l'Iran, si Téhéran persiste dans son refus de suspendre son programme nucléaire.

«Nous avons affaire à un dossier très lié à la paix, à la sécurité et à la stabilité régionale au Proche Orient et c'est pourquoi je demanderai à tout le monde de ne pas se laisser emporter jusqu'à ce que nous soyons parvenus au bout de la procédure» de vérification, a souligné M. ElBaradei.

«J'ai clairement signifié que je ne voyais pas en ce moment de danger clair concernant le programme nucléaire iranien», a ajouté le chef de l'AIEA sur la base des dernières inspections menées par l'agence en Iran.

L'évocation d'une guerre en Iran «relève beaucoup d'un battage politico-médiatique », a encore estimé M. ElBaradei.

L'AIEA s'efforce depuis quatre ans d'établir la nature du programme nucléaire iranien, dont les États-Unis et l'Union européenne redoute qu'il puisse servir à doter ce pays de l'arme atomique.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne Mohammad Ali Hosseini a pour sa part jugé que les déclarations du chef de la diplomatie française «concordent avec la position de la puissance dominante (les États-Unis, ndlr)» et de ce fait «portent atteinte à la crédibilité de la France devant les opinions publiques mondiales».

17.09.2007

Kouchner s'en va-t-en guerre.

Dans sa version numérique du dimanche 16 septembre 2007, Le Monde écrit :

La crise du nucléaire iranien impose de "se préparer au pire" qui "est la guerre", a déclaré dimanche lors d'une interview radio-télévisée le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, tout en affirmant que la négociation devait primer."Il faut se préparer au pire" et le pire, a dit M. Kouchner en répondant à une question, "c'est la guerre".

"On se prépare en essayant d'abord de mettre au point des plans qui sont l'apanage des états-majors, et ça ce n'est pas pour demain", a-t-il poursuivi. "Mais on se prépare en disant "nous n'accepterons pas que cette bombe (atomique iranienne) soit construite, suspendez l'enrichissement de l'uranium et on vous montre que nous sommes sérieux" (...) en proposant "que des sanctions plus efficaces soient éventuellement mises au point".

"Nous devons négocier jusqu'au bout", a dit le ministre. Mais la possession de l'arme atomique par Téhéran serait un "vrai danger pour l'ensemble du monde", a dit M. Kouchner.

Si nous nous penchons sur le parcours de Bernard Kouchner plusieurs éléments convergents peuvent retenir notre attention :


Un certain nombre d'intégristes prennent au pied de la lettre le contenu de l'ancien testament dont ce passage où le "dieu" vengeur et jaloux s'en va d'une tirade psychopathique de plus emplie de haine et de violence :

Deutéronome 7 :

"...Quand l'Éternel, ton Dieu, t'aura introduit dans le pays où tu entres pour le posséder, et qu'il aura chassé de devant toi des nations nombreuses, le Héthien, et le Guirgasien, et l'Amoréen, et le Cananéen, et le Phérézien, et le Hévien, et le Jébusien, sept nations plus nombreuses et plus fortes que toi, et que l 'Éternel, ton Dieu, les aura livrées devant toi, et que tu les auras frappées, tu les détruiras entièrement comme un anathème; tu ne traiteras point alliance avec elles, et tu ne leur feras pas grâce...."


La guerre des 6 jours a vu la défaite de l'Egypte (1). La Palestine (2) subit une occupation illégale et un génocide depuis 50 ans. L'Irak (3)est à feux et à sang. L'Arabie Saoudite (4) est à la botte des Sioconservateurs. Le Liban (5) a subi une attaque majeure. La Syrie (6) est dans la ligne de mire depuis plusieurs années. Et voici maintenant que la guerre contre l'Iran (7) est imminente.

Fort de cets différents constats nous pouvons nous demander qui Kouchner sert réellement ? Les citoyens de notre planète (français et iraniens inclus) ou ceux qui tirent sur ses ficelles ?