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05/09/2009

Comment Nicolas Sarkozy bidonne sa visite d'usine à l'aide de figurants

 

Après Luc ChatelBrice Hortefeux et Fadela Amara, c'est au tour de Nicolas Sarkozy de bidonner ses visites sur le terrain. C'est ce que révèle ce samedi le JT de la télévision belge, la RTBF.

En effet, jeudi, c'était le premier déplacement de Nicolas Sarkozy depuis son malaise de fin Juillet. Une visite d'usine dans l'Orne, à Caligny, celle de l'Equipementier Faurecia.

Seulement, comme le démontre le reportage de la RTBFrien n'est laissé au hasard. Mieux, la mise en scène est très tellement soignée que l'on a désormais affaire à du bidonnage, devenu la marque de fabrique de l'UMP en déplacement dans la France.

Voici donc le reportage de la RTBF :


Des salariés figurants venant d'autres usines (mais volontaires), choisis sur un critère de taille, pour qu'aucune tête ne dépasse. Tous les accès de l'usine bouclés pour éviter les manifestants et le peuple.

Admirez le Président de la République chewing-gum à la bouche, expliquer sur un ton martial à la foule des figurants :
« Je suis payé pour agir, il faut se battre! ».

Drôle de manière de rester en contact avec la France!
Le journaliste de la RTBF a raison de conclure ainsi son reportage :
« Le Président ne veut voir qu'une seule tête, cela fait de belles images mais pas sûr que les Français soient dupes ».

En 2007, la RTBF avait déjà fait un beau travail en diffusant la vidéo d'un Nicolas Sarkozy visiblement éméché en conférence de presse au G8.

Merci la Belgique !

(Source: RTBF)

25/08/2009

Israël plaque tournante d'un trafic d'organes ?

Copie d'écran de l'article du Aftonbladet

Copie d'écran de l'article du journal suédois Aftonbladet

 

Un journal suédois, Aftonbladet, vient d'accuser les soldats israéliens de kidnapper des Palestiniens, de voler et de vendre leurs organes. Sous le titre " ils pillent les organes de nos fils", ce quotidien suédois à grand tirage a consacré deux colonnes entières à cette information s'attirant bien sûr immédiatement le qualificatif "d'antisémite".

Cet article est basé et cite des témoignages de Palestiniens affirmant que de jeunes hommes en Cisjordanie et à Gaza avaient été kidnappés par l'armée d'occupation israélienne, et que leurs dépouilles avaient été rendues à leurs familles avec des organes en moins.


L'auteur de cette article, Donald Boström, a compilé des témoignages accablants de familles palestiniennes. "Nos fils sont utilisés comme donneurs d'organes involontaires" ont dit des proches de Khaled, de la ville de Naplouse avec qui Donald Boström s'est entretenu. Idem pour les oncles de Machmod et Nafes de Gaza tous deux disparu pendant quelques jours et dont les corps autopsiés ont été retournés à leurs familles.

L'auteur de l'article cite également une affaire survenue en 1992, lors de la Première Intifada. Il dit que l'armée israélienne s'était emparé d' un jeune palestinien connu pour jeter des pierres sur les soldats israéliens dans la région de Naplouse, après lui avoir tiré dessus le touchant à la poitrine, aux deux jambes et à l'estomac. Mortellement blessé son corps avait été transporté par un hélicoptère militaire à "un endroit non connu de ses proches". Cinq nuits plus tard, le corps du jeune palestinien a été rendu à sa famille enveloppé dans des draps verts d'hôpital.

"Au bruit stridents des pelles se mêlaient le rire occasionnel des soldats qui plaisantaient entre eux attendant de rentrer chez eux. Quand Bilal a été mis en terre, sa poitrine s'est découverte et cela est devenu soudain évident à la personne présente qu'on avait abusé de son corps. Bilal est loin d'être le seul qui a été enterré le corps entaillé de l'estomac jusqu'au menton et les spéculations sur les raisons de ces entailles avaient déjà commencé" écrit-t-il.

Cet article établit un lien avec une scandaleuse affaire récemment dévoilée aux Etats Unis, de l'existence d'un syndicat du crime comprenant cinq rabbins américains du New Jersey et de New York, ainsi que des fonctionnaires de l'Etat du New Jersey (le maire de la ville de Jersey, et son 1er adjoint). Ils sont accusés de blanchiment d'argent et de trafic d'organes, de même que de vente de contre façons de sacs Gucci et Prada et autres produits. Ce réseau de rabbins opérant de Brooklyn au New Jersey est accusé d'avoir blanchi des dizaines de millions de dollars via des associations de bienfaisance qu'ils contrôlaient. Les rabbins envoyaient une partie de leurs recettes à des yeshivas (écoles religieuses) en Israël liées au parti politique religieux extrémiste Shas, dirigé de facto par le rabbin extrémiste Ovadia Yosef. Ce dernier a de nombreux adeptes ici en France au sein de la communauté sioniste qui le considère comme un grand "sage".

Les autorités policières ont également découvert qu'une partie de l'argent blanchi par ces rabbins provenait de la vente d'organes humains par un rabbin orthodoxe de Brooklyn, Levi Izhak Rosenbaum. Dans cette affaire de trafic d'organes, le suspect principal du blanchiment d' argent, Rabbi Elyahu Ben-Haim oeuvrait en Israël en étroite collaboration avec le Rabbi David Yosef, qui n'est autre que le fils de ce grand "sage" Ovadia Yosef. Celui-ci s'est fait remarqué à de multiples reprises pour avoir traité les Palestiniens de noms d'oiseaux, les comparant notamment à des cafards. Ben Haim et David Yosef appartiennent à un centre d'études avancées du Talmud à Jérusalem dirigé par la famille Yosef et donc financé par cet argent sale.

Un procureur général de l'état du New Jersey a dit : " il semble que chacun voulait une part du gâteau. La corruption était largement répandue, et envahissante". Les politiciens vendaient leurs services aux rabbins qui " dissimulaient leur activités criminelles derrière une façade de droiture". L'argent blanchi venait d'Israël, via des banques suisses, puis était ensuite transféré au New Jersey.Les complices israéliens achetaient des reins en Israël pour 10 000 $ pièce de "personnes vulnérables", et puis les envoyaient à leurs associés rabbins qui les revendaient aux Etats Unis 160 000 $ pièce selon ce qu'a dit le procureur, ses propos ayant été repris par une dépêche d'AP du 25 Juillet 2009.

Levy Izhak Rosenbaum, Juif orthodoxe de Brooklyn et trafiquant en chef se considérait comme un "entremetteur". Lors d'une conversation secrète enregistrée - car ce réseau de blanchiment et de trafic d'organes avait été infiltré par une taupe du FBI - Rosenbaum s'était vanté de s'arranger pour que les reins des "donneurs" (volontaires, involontaires ?) soient compatibles avec les receveurs. " J'ai amené à un type ce que je crois être compatible pour son oncle" a-t-il dit. Rosembaum avait déjà été repéré pour trafic d'organes en 2002. Il utilisait des paysans pauvres de Moldavie ( d'où est originaire l'actuel ministre israélien des affaires étrangères d'extrême droite, Lieberman, lui même accusé d'un autre type de corruption) comme donneurs. Il leur promettait un travail aux USA puis faisaient pression sur eux pour qu'ils soient "donneurs" de reins pour des receveurs qui se faisaient passer pour des membres de leurs familles. Il lui arrivait de menacer les récalcitrants avec un pistolet. Rosenbaum montrait alors son véritable pistolet et puis mettant ses doigts en forme de pistolet, le pointait à la tête du donneur contraint. ( (Somatosphere: Science, Medicine and Anthropology. July 27, 2009, http://www.somatosphere.net/).

Certaines des transplantations utilisant les donneurs de Rosenbaum étaient pratiquées au Mount Sinai Hospital à New York. Dans des enregistrements secrets du FBI, Rosembaum disait qu'il distribuait généreusement de l'argent aux médecins israéliens, à ceux qui préparaient des visas et à ceux qui s'occupaient des donneurs d'organe dans le pays. " L'une des raisons pour laquelle c'est si cher c'est qu'il faut tout le temps verser des pots de vin" a-t-il dit ( AP 25/07/09)

Dans ce contexte, l'information publiée par le journal suédois qui s'appuie aussi sur des témoignages de familles de victimes palestiniennes est tout à fait plausible. Des soldats et milices sionistes, conditionnés à considérer les Palestiniens comme des sous humains avec la bénédiction de rabbins haineux, corrompus, peuvent s'être faits une "spécialité" de ce genre de trafic d'organes avec la complicité de médecins véreux généreusement récompensés par Rosenbaum.

 

Article original : Planète Non Violence

13/08/2009

Hillary Clinton confirme que les USA ont manipulé la « révolution verte » en Iran




 

Les articles de James Petras et Thierry Meyssan, publiés par le Réseau Voltaire, dénonçant la « révolution verte » en Iran comme une manipulation des États-Unis pour déstabiliser ce pays ont fait le tour du monde et soulevé bien des polémiques. De nombreux médias se sont indignés de leurs analyses qui, par « anti-américanisme primaire », ne sauraient pas apprécier le grandiose soulèvement des Iraniens luttant pour leur liberté. Aux États-Unis, le département d’État a nié avoir connaissance de quelque ingérence que ce soit (photo : à Téhéran, les manifestants brandissent des pancartes… en anglais). Sur cette base, l’opposition républicaine a vivement critiqué la passivité de l’administration Obama.

Or, dans un entretien accordé à Farred Zacharia, le 9 août 2009 sur CNN, la secrétaire d’État US, Hillary Clinton, a confirmé ce que ses services niaient jusque là : les États-Unis ont joué un rôle très important dans la pseudo « révolution verte » en Iran et ont fabriqué de faux messages d’Iraniens sur Twitter.

En voici le script :

Fareed Zakaria : À propos de l’Iran, comme vous le savez, beaucoup de gens disent que le président et vous-même avez été trop lents à condamner ce qui paraît avoir été des élections frauduleuses ; trop lent à offrir un soutien aux gens d’en-bas parce que vous vouliez préserver l’option de négociations avec l’Iran. Pouvez-vous réellement négocier avec l’Iran dans cette situation ?
Je comprends, qu’en général, on négocie avec toutes sortes de régimes. mais en pratique, maintenant, avec Ahmadinejad intronisé dans une atmosphère très conflictuelle, n’allez vous pas le légitimer en négociant avec lui ?

Hillary Clinton : laissez-moi répondre à la première partie de votre question sur notre réaction. Il y avait un autre aspect très important. Nous ne voulions pas nous ne voulions pas nous trouver entre les protestations et manifestations légitimes du peuple iranien et le pouvoir. Et nous savions que si nous intervenions trop tôt, trop fort, l’attention aurait pu basculer et le pouvoir aurait essayé de nous utiliser pour unifier le pays contre les protestataires. C’était une décision difficile à prendre, mais je pense que, rétrospectivement, nous nous en sommes bien sortis. Ceci dit, en coulisses, nous avons beaucoup fait. Comme vous le savez, la jeunesse…, un de nos jeunes du département d’Etat a été twitté « Continuez », malgré le fait qu’ils avaient planifié un arrêt technique. Ainsi nous avons fait beaucoup pour renforcer les protestataires sans nous afficher. Et nous continuons à parler avec et à soutenir l’opposition.

 

Article original : Réseau Voltaire

17/07/2009

La police à Montreuil : vers la haine du citoyen !

Agoravox, 17 juillet 2009

Béatrice Turpin, réalisatrice, a décidé de filmer les incidents entre police et manifestants à Montreuil. Elle a hésité longuement pour livrer ce témoignage, pour prendre la caméra et montrer la vérité. La police ne protège plus ses citoyens, elle intimide.

Voici un témoignage hors norme de notre société actuelle. Ce sont nos rues, nos voisins .. c’est nous !

Les policiers amènent-ils la violence ? Déconnectés de la réalité, habillés comme des robots, réagissants comme des robots, aucune négociation... et ils sont cagoulés... pourquoi tant d’impunités ?

Ce qui est sidérant, c’est que la police et les politiques ne voient pas les signaux "faibles", le mécontentement croissant des citoyens. Jusqu’où veulent-ils aller ? Jusqu’au mépris des citoyens ?

 

10/07/2009

Un vidéaste de la FEMA, présent à Ground Zero rend public son témoignage

Réseau Voltaire, 9 juillet 2009

Un vidéaste de la FEMA, présent à Ground Zero rend public son témoignage

Vidéaste officiel du gouvernement des États-Unis, Kurt Sonnenfeld a été dépêché à Ground Zero le 11 septembre 2001 où il a enregistré 29 films durant un mois : « Ce que j’ai vu à certains moments et à certains endroits... est très troublant ! ». Il ne les a jamais transmis aux autorités, et a été persécuté depuis lors. Kurt Sonnenfeld s’est exilé en Argentine où il vient de publier El Perseguido (Le persécuté). L’ouvrage relate son interminable cauchemar et porte un nouveau coup au Rapport de la Commission présidentielle sur les événements du 11/9. Une interview exclusive réalisée par le Réseau Voltaire.

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Kurt Sonnenfeld avec un spécialiste en recherche et secourisme non identifié dans une poche souterraine des décombres de Ground Zero.

Kurt Sonnenfeld, diplômé de l’Université du Colorado (USA), a étudié les affaires internationales et l’économie ainsi que la littérature et la philosophie. Il a travaillé pour le gouvernement des États-Unis en tant que vidéaste officiel et comme directeur des opérations de diffusion de l’équipe d’intervention d’urgence pour l’Agence fédérale des situations d’urgence (FEMA). Kurt Sonnenfeld a également travaillé sous contrat pour diverses agences gouvernementales et des programmes pour des opérations confidentielles et « sensibles » dans des installations scientifiques et militaires sur le territoire états-unien.

Le 11 septembre 2001, la zone appelée "Ground Zero" a été fermée au public. Pourtant, Sonnenfeld y avait libre accès, ce qui lui a permis de documenter l’enquête (qui n’a jamais eu lieu) et de fournir des scènes « expurgées » à pratiquement toutes les chaînes d’information dans le monde. Les enregistrements révélant certaines anomalies qu’il a découvertes à Ground Zero sont toujours en sa possession.

Accusé, selon le scénario manifeste d’un coup monté, surtout à la lumière des événements qui ont suivi, d’un crime qui n’a pas eu lieu, Kurt Sonnenfeld a été persécuté sur deux continents. Après des années de peur, d’injustice et d’isolement, il a décidé de prendre publiquement position contre la version officielle du gouvernement ; il est prêt à soumettre les documents en sa possession à l’examen attentif d’experts fiables.

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Kurt Sonnenfeld.

Interview

Réseau VoltaireVotre livre autobiographique intitulé : El Perseguido, (Le persécuté), a récemment été publié en Argentine où vous vivez en exil depuis 2003. Dites-nous qui vous persécute ?

Kurt Sonnenfeld : Bien que ce soit une autobiographie, il ne s’agit pas de l’histoire de ma vie. Étant devenu un témoin gênant après mon service à Ground Zéro, c’est plutôt le récit des événements extraordinaires qui nous sont arrivés, à ma famille et moi-même, du fait des autorités US durant plus de sept ans et dans les deux hémisphères.

Réseau VoltaireVous avez expliqué que votre demande de statut de réfugié politique, selon la Convention de Genève de 1951, est encore à l’étude par le Sénat argentin, alors qu’en 2005 on vous garantissait l’asile politique, quoique sur des bases provisoires. Cela fait probablement de vous le premier citoyen états-unien dans cette situation ! Sans doute le premier officiel du gouvernement directement exposé aux événements entourant le 11 septembre 2001 qui soit devenu un "whistle-blower", une source publique Est-ce cela qui vous a conduit à l’exil ?

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Kurt Sonnenfeld vec sa femme Paula, témoignant devant le Sénat argentin.

Kurt Sonnenfeld : Un réfugié est une personne qui a été forcée de quitter son pays (ou ne peut y retourner) pour cause de persécution. Il est indéniable que de nombreuses personnes ont été injustement persécutées à cause des lois quasi- fascistes et des politiques issues du choc du 11 septembre 2001 et ils ont droit au statut de réfugié. Mais le fait est que demander le statut de réfugié est une démarche risquée et dangereuse. Les États-Unis sont la seule « super puissance » restant au monde, et la dissidence y a été réprimée de fait. Quiconque demande le statut de réfugié sur des bases politiques fait ainsi acte de dissidence extrême. Si votre demande est rejetée, que faites-vous ? Une fois que vous avez déposée la demande, il est impossible de revenir en arrière.

Personnellement, je n’étais pas obligé de quitter les États-Unis, je ne me suis certainement pas enfui. À l’époque, je n’étais tout simplement pas conscient de ce qui se tramait contre moi. Je n’avais pas encore établi les liens. Alors, quand je suis parti en 2003, c’était avec l’intention de revenir. Je suis venu en Argentine pour un court répit, pour tenter de récupérer après tout ce qui m’était arrivé. Je suis venu ici librement avec mon propre passeport, en utilisant mes propres cartes de crédit. Mais par une suite incroyable d’événements, j’ai été depuis forcé à l’exil, et je ne suis pas rentré.

Réseau VoltaireÀ quelles sortes d’événements faites-vous allusion ?

Kurt Sonnenfeld : J’ai fait l’objet de dénonciations mensongères à propos de « crimes » qui, d’évidence, ne se sont pas produits, d’un emprisonnement abusif, et de tortures suite à ces accusations, en plus de scandaleuses calomnies envers ma réputation, de menaces de mort, de tentatives d’enlèvement, et plusieurs autres violations des droits civils et humains telles que dénoncées par de nombreux accords internationaux. Mon retour aux États-Unis ne serait pas seulement une prolongation de ces violations, il aboutirait à une séparation - peut-être permanente d’avec ma femme et nos jumelles de 3 ans, la seule raison d’être qui me reste. Et puis, avec l’impossibilité d’obtenir un procès équitable pour un crime qui n’a jamais eu lieu, je risquerais même la peine de mort.

Réseau VoltaireEn 2005, le gouvernement états-unien a fait une requête pour vous extrader, ce qui a été refusé par un juge fédéral. Puis, en 2007, la Cour suprême argentine -dans une démonstration d’intégrité et d’indépendance- a refusé l’appel états-unien, mais votre gouvernement a persisté. Pouvez-vous nous éclairer sur la situation ?

Kurt Sonnenfeld : En 2008, absolument sans aucune base légale, le gouvernement états-unien a fait de nouveau appel auprès de la Cour suprême argentine, qui maintiendra certainement les deux décisions inattaquables déjà prises par le juge fédéral.

L’une de ces décisions rapportait qu’il y avait trop de sombras, ou des zones d’ombres dans mon cas. Il y avait de nombreux mensonges dans la demande d’extradition envoyé ici par les autorités US et heureusement, nous avons pu le prouver. Le fait qu’il y ait tant de mensonges a servi à soutenir ma requête de demande d’asile. Nous avons pu montrer que nous avons été victimes d’une longue campagne de harcèlement et d’intimidation de la part des services de renseignement états-unien. En conséquence, ma famille est depuis sous protection policière permanente. Comme l’a remarqué un sénateur à propos de mon cas : « leur comportement trahit leurs motivations réelles. »

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Kurt Sonnenfeld et sa famille sont fréquemment harcelés, suivis, et photographiés, comme le montre cette photo.

Réseau VoltaireIls veulent vous épingler pour un crime imaginaire. Comment justifiez-vous un tel acharnement ? En temps que fonctionnaire de la FEMA, le gouvernement aurait dû vous croire. À quel moment la situation a-t-elle basculé ?

Kurt Sonnenfeld : Rétrospectivement, je réalise que la situation a basculé peu avant que j’en prenne conscience. Initialement, la fausse accusation portée contre moi était totalement irrationnelle, elle m’a complètement démoli. C’est incroyablement difficile d’avoir souffert de la perte de quelqu’un qu’on aime et qui se suicide. Mais en être accusé, c’est insupportable. L’affaire s’est soldée par un non-lieu, car une montagne de preuves m’absolvait totalement (Nancy, ma femme, a laissé une lettre derrière elle, et des écrits suicidaires dans son journal ; il y a eu des cas de suicide dans sa famille ; etc.) L’accusation était sure à 100 % de mon innocence avant de demander le non-lieu.

Mais la garde à vue a été prolongée, même APRES qu’il ait été dit que je devais être libéré, ce qui m’a prouvé que quelque chose se tramait en coulisse. J’ai été incarcéré QUATRE MOIS après que mes avocats eurent été informés qu’un non-lieu était requis ; j’ai finalement été libéré en juin 2002. Pendant ce temps, une incroyable suite d’événements étranges s’est produite. Alors que j’étais encore détenu, j’ai eu une conversation téléphonique avec des fonctionnaires de la FEMA afin de résoudre le problème, mais j’ai réalisé qu’on me considérait comme « compromis », représentant un danger. On m’a dit qu’il était convenu que « l’Agence devait être protégée », surtout à la lumière du bouleversement qui menaçait avec la mise en application duPatriot Act et de l’intrusion attendue qui viendrait avec le nouveau Département de la Sécurité de la patrie (Department of Homeland Security). Après tous les risques que j’avais encourus, toutes les épreuves et les difficultés que j’avais endurées durant presque 10 ans, je me suis senti trahi. La déception a été terrible.

Parce qu’ils m’abandonnaient, je leur ai dit que je n’avais pas les enregistrements, que je les avais donnés à un bureaucrate de New York, et qu’ils devraient attendre que je sois relâché pour récupérer tout autre document en ma possession. Peu après cette conversation, ma maison a été « perquisitionnée » les serrures ont été changées, et des voisins ont vu des hommes entrer chez moi, bien qu’il n’y ait pas à la Cour de rapport mentionnant leurs entrées, comme cela se devait. Quand j’ai enfin été libéré, j’ai découvert que mon bureau avait été mis à sac, mon ordinateur n’était plus là et plusieurs vidéos avaient disparu de ma vidéothèque au sous-sol. Des hommes étaient constamment garés dans la rue près de ma maison, mon système de surveillance a été piraté plus d’une fois, les lampes de sécurité extérieures étaient dévissées, etc., au point que je me suis installé chez des amis, dans leur copropriété à la montagne, qui par la suite a AUSSI été cambriolée.

Quiconque cherche la vérité reconnaît qu’il y a eu des séries d’irrégularités extraordinaires dans cette affaire et qu’une scandaleuse injustice est faite contre moi et ceux que j’aime. Cette intense campagne pour me faire retourner sur le sol américain est un faux prétexte à des motivations plus obscures.

Réseau VoltaireVous avez suggéré que vous avez observé des choses à Ground Zero qui ne concordent pas avec le compte-rendu officiel. Avez-vous dit ou fait quelque chose pour éveiller le doute à cet égard ?

Kurt Sonnenfeld : Lors de ce même coup de fil, j’ai dit que je révélerais au public, non seulement mes suspicions sur les événements entourant le 11 septembre 2001, mais aussi sur divers contrats pour lesquels j’ai travaillé par le passé

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Sonnenfeld à Ground Zero, dans son travail de documentation sur le terrain.

Réseau VoltaireSur quoi se basent vos soupçons ?

Kurt Sonnenfeld : Rétrospectivement, il y avait beaucoup de choses dérangeantes à Ground Zero. Cela m’a paru bizarre d’être envoyé à New York avant même que le second avion ne frappe la tour Sud, alors que les médias rapportaient seulement encore qu’un « petit avion » était entré en collision avec la tour Nord - une catastrophe bien trop bénigne pour faire intervenir la FEMA. La FEMA a été mobilisée en quelques minutes, alors qu’il lui a fallu dix jours pour se déployer à la Nouvelle-Orléans en réponse à l’ouragan Katrina, malgré de nombreux avertissements préalables ! J’ai trouvé bizarre que les caméras soient si farouchement interdites dans le périmètre de sécurité de Ground Zero, que toute la zone soit déclarée scène de crime, alors que les pièces à conviction y étaient enlevées et détruites si rapidement. Puis j’ai trouvé très étrange d’apprendre que la FEMA et plusieurs autres agences fédérales étaient déjà en position dans leur centre de commande, au Pier (quai) 92, le 10 septembre, un jour avant les attentats.

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Des pneus du train d’atterrissage visibles dans un conteneur de pièces à conviction marqué « FBI Parties d’avion seulement ».

On nous demande de croire que les quatre boîtes noires « indestructibles » des deux avions ayant percuté les tours n’ont jamais été retrouvées car elles ont été complètement pulvérisées, pourtant j’ai un film montrant des roues du train d’atterrissage peu endommagées, et aussi des sièges, des morceaux de fuselage, une turbine d’avion, qui n’était absolument pas désintégrés. Ceci dit, je trouve plutôt étrange que de tels objets presque intacts aient pu résister à ce type de destruction qui a transformé la plus grande partie des Tours Jumelles en poussière. Et j’ai assurément quelques doutes quant à l’authenticité de la turbine de « l’avion ».

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Pièce à conviction : la turbine de Boeing présentée à la décharge de l’île de Fresh Kill.

Ce qui est arrivé au Bâtiment 7 est extrêmement suspect. J’ai une vidéo qui montre à quel point la pile de gravats était curieusement petite et comment les bâtiments de chaque côté n’ont pas été touchés par le Bâtiment 7 lorsqu’il s’est effondré. Il n’a pas été frappé par un avion ; il n’a subi que quelques dégâts mineurs quand les Tours Jumelles se sont écroulées, il n’y avait que des incendies mineurs sur quelques étages. Il est impossible que ce bâtiment ait pu imploser comme il l’a fait sans une démolition contrôlée. Pourtant l’effondrement du Bâtiment 7 a à peine été évoqué par les médias dominants et ignoré de manière suspecte par la Commission sur le 11/9.

Réseau VoltaireD’après certaines informations, les sous-sols du WTC7 contenaient des archives sensibles et indubitablement compromettantes. Avez-vous trouvé quelque chose à ce propos ?

Kurt Sonnenfeld : Le Service Secret, le Département de la Défense, le FBI, le Fisc (IRS), la Commission de réglementation et de contrôle des marchés financiers (la SEC) ainsi que la Cellule de crise [de la ville de New York, Ndlr] pour les situations d’urgence (OEM) occupaient énormément d’espace sur plusieurs étages du bâtiment. D’autres agences fédérales y avaient également des bureaux. Après le 11 Septembre, on a découvert que, caché dans le bâtiment 7, se trouvait le plus grand centre clandestin de la CIA dans le pays, hormis celui de Washington DC ; une base opérationnelle d’où l’on espionnait les diplomates des Nations Unies et d’où étaient menées les opérations de contre-terrorisme et de contre-espionnage (ainsi que l’Intelligence économique, Ndlr).

Il n’y avait pas de parking souterrain dans le bâtiment (World Trade Center) 7. Il n’y avait pas de caves. À la place, les agences fédérales du Bâtiment 7 rangeaient leurs véhicules, documents et pièces à conviction dans le bâtiment de leurs partenaires de l’autre côté de la rue. Sous le niveau de la place du Bureau des Douanes US (Bâtiment 6), il y avait un grand parking souterrain séparé du reste de la zone souterraine du complexe et hautement surveillé. C’est là que les divers services du gouvernement garaient leurs voitures résistantes aux bombes, leurs limousines blindées, les faux taxis et les camions de la compagnie de téléphone utilisés pour des surveillances secrètes et des opérations secrètes, des fourgonnettes spécialisées et autres véhicules. Dans cette zone de parking sécurisé, il y avait aussi un accès à la chambre forte inférieure du Bâtiment 6.

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Approchant l’entrée vers les niveaux inférieurs du bâtiment.

Quand la tour Nord est tombée, le Bureau des Douanes US (Bâtiment 6) a été écrasé et complètement ravagé par le feu. La plupart de ses étages souterrains ont également été détruits. Mais il y avait des cavités. Et c’est par une de ces cavités, récemment découverte, que je suis descendu pour enquêter avec la Force d’intervention spéciale. C’est là qu’on a découvert l’antichambre de sécurité de la cave sévèrement endommagée. Tout au bout du bureau de sécurité se trouvait la grande porte en acier de la chambre forte avec, à coté, le clavier à code dans le mur en parpaing. Mais le mur était fissuré et partiellement effondré, et la porte était partiellement ouverte. A l’aide de nos torches, on a regardé ce qu’il y avait dedans. Si ce n’est plusieurs rangées d’étagères vides, la chambre forte ne contenait que des débris et de la poussière. Elle avait été vidée. Pourquoi ? Et quand avait-elle pu être vidée ?

Réseau VoltaireEst-ce cela qui a fait résonner un signal d’alarme en vous ?

Kurt Sonnenfeld : Oui, mais pas immédiatement. Dans un tel chaos, il était difficile de réfléchir. Ce n’est qu’après avoir tout digéré que l’alarme s’est déclenchée.

Le Bâtiment 6 a été évacué 12 minutes après que le premier avion ait frappé la tour Nord. Les rues ont immédiatement été bouclées par des véhicules de pompiers, des voitures de police et les embouteillages, et la chambre forte était assez large, 15 mètres sur 15 selon moi, pour nécessiter au moins un grand camion pour évacuer son contenu. Après que les tours soient tombées et qu’elles aient détruit le niveau du parking, une mission pour récupérer le contenu de l’antichambre aurait été impossible. La chambre forte a donc dû être vidée avant l’attaque.

J’ai largement décrit tout ceci dans mon livre, et il semblerait que les choses d’importance aient été mises en lieu sûr avant les attentats. Par exemple, la CIA n’a pas semblé trop inquiétée par ses pertes. Après que l’existence de leur bureau secret dans le Bâtiment 7 soit découverte, un porte-parole de l’agence a dit aux journaux qu’une équipe spéciale avait été dépêchée pour fouiller les débris à la recherche de documents secrets et de rapports des services de renseignement, bien qu’il y ait des millions, si ce n’est des milliards de pages flottant dans les rues. Néanmoins, le porte-parole était confiant. "Il ne devrait pas y avoir trop de papiers dispersés." a t-il déclaré.

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Les vestiges insolites du Bureau des Douanes US (Bâtiment 6).

Et les douanes ont d’abord clamé que tout avait été détruit. Que la chaleur avait été si intense que toutes les pièces à conviction de la chambre forte avaient été réduites en cendre. Mais quelques mois plus tard, ils ont annoncé avoir mis un terme aux activités d’un important réseau de trafic de narcotiques et de blanchiment d’argent colombien après avoir récupéré des preuves cruciales de la chambre forte, dont des photos de surveillance et des enregistrements d’écoutes téléphoniques très sensibles. Et quand ils ont déménagé dans leur nouveau bâtiment au 1 Penn Plaza à Manhattan, ils ont fièrement accroché sur le mur du hall leur plaque honorifique et la grande enseigne ronde des Bureaux de la Douane US, elle aussi miraculeusement retrouvée, immaculée, dans leurs anciens bureaux du World Trade Center, écroulés et incendiés.

Réseau VoltaireVous n’étiez pas seul en mission à Ground Zero. Est-ce que les autres ont remarqué les mêmes anomalies ? Savez-vous s’ils ont également été harcelés ?

Kurt Sonnenfeld : En fait, j’ai entendu parler de quelques personnes sur deux sorties différentes. Certains d’entre nous en ont même discuté après. Ils savent de qui il s’agit et j’espère qu’ils se manifesteront, mais je suis certain qu’ils ont de fortes appréhensions sur ce qu’il leur arrivera s’ils le font. Je leur laisse le soin de décider, mais l’union fait la force.

Réseau VoltaireAvec la parution de votre livre, vous êtes devenu un « lanceur d’alerte »- mais à un point de non retour ! Il doit y avoir beaucoup de gens qui savent ce qui s’est réellement passé ou non en ce jour fatidique. Pourtant, personne n’est monté au créneau, surtout pas ceux qui étaient directement impliqués de manière officielle. C’est ce qui rend votre cas si convaincant. À en juger d’après vos épreuves, il n’est pas difficile d’imaginer ce qui retient de telles personnes.

Kurt Sonnenfeld : En fait, il y a aussi des gens très bien et crédibles qui ont lancé des alertes. Ils sont discrédités, ignorés. Certains sont persécutés et harcelés comme moi.

Les gens sont tenus par la peur. Tout le monde sait que si vous questionnez les autorités US, vous aurez des problèmes d’une façon ou d’une autre. Au minimum, vous serez discrédité, déshumanisé. Le plus vraisemblablement, vous vous trouverez accusé de quelque chose sans aucun rapport, comme une fraude fiscale - ou même quelque chose de pire, comme dans mon cas. Regardez ce qui est arrivé à Abraham Bolden par exemple [], ou au maître des échecs Bobby Fischer après qu’il ait montré son mépris à l’égard des États-Unis. Il y a une quantité d’exemples. Par le passé, j’ai demandé à mes amis et associés de parler pour moi pour raconter tous les mensonges diffusés dans les médias, mais ils avaient tous peur des retombées contre eux-mêmes et leurs familles.

Réseau VoltaireÀ quel degré vos découvertes à Ground Zero impliqueraient le gouvernement dans ces événements ? Êtes-vous au courant des enquêtes qu’ont mené plusieurs scientifiques et des professionnels qualifiés qui non seulement corroborent vos propres découvertes, mais dans certains cas les surpassent de loin ? Considérez vous ces personnes comme des « adeptes de la théorie du complot » ("conspiracy nuts") ?

Kurt Sonnenfeld : Au plus haut niveau à Washington DC, quelqu’un savait ce qui allait se produire. Ils voulaient tellement une guerre, qu’ils ont, au minimum, laissé faire, et plus vraisemblablement ils ont même aidé ces événements à se produire.

Parfois, il me semble que les « dingues » [les « adeptes de la théorie du complot » Ndlr.] sont ceux qui s’accrochent à ce qu’on leur a dit avec une ferveur presque religieuse malgré toutes les preuves du contraire - ceux qui ne veulent pas considérer le fait qu’il y a eu une conspiration intérieure. Il y a tant d’anomalies dans l’enquête « officielle » qu’on ne peut les attribuer à des erreurs ou à de l’incompétence. Je connais les scientifiques et les professionnels qualifiés auxquels vous faites référence, leurs découvertes sont convaincantes, crédibles et présentées selon le protocole scientifique, en totale opposition avec les découvertes de l’enquête « officielle ». De plus, de nombreux agents des services secrets et des fonctionnaires du gouvernement avancent leurs opinions très informées (disant) que la Commission sur le 11/9 était au mieux une farce, au pire une couverture []. Mon expérience à Ground Zero n’est qu’une pièce de plus à rajouter au puzzle.

Réseau VoltaireCes événements remontent à presque 8 ans. Pensez-vous que découvrir la vérité à propos du 11/9 est toujours un objectif important ? Pourquoi ?

Kurt Sonnenfeld : C’est de la plus haute importance. Il en sera de même dans 10 ou même 50 ans si la vérité n’a pas éclaté d’ici là. C’est un objectif important car, à ce point de l’histoire, beaucoup de gens sont trop crédules face à ce que les autorités leur racontent et trop enclins à les suivre. En situation de choc, les gens cherchent à être guidés. Les gens qui ont peur sont manipulables. Savoir manipuler les masses aboutit à d’inimaginables bénéfices pour de nombreuses personnes très riches et très puissantes. La guerre est incroyablement chère, mais l’argent finit bien quelque part. La guerre est toujours très profitable pour un petit nombre. D’une manière ou d’une autre, leurs fils finissent toujours à Washington DC, ils prennent les décisions, établissent des budgets, tandis que les fils des pauvres et de ceux qui ne sont pas pistonnés finissent toujours au front, recevant les ordres et livrant les guerres des premiers. Les énormes caisses noires du Département de la Défense US représentent une machine de financement illimité pour le complexe militaro-industriel, chiffré à plusieurs milliers de milliards de dollars, et il en sera ainsi tant que les masses ne se réveilleront pas, tant qu’elles ne redeviendront pas sceptiques et qu’elles ne demanderont pas des comptes. Les guerres (et les faux prétextes mis en avant) ne cesseront pas tant que les gens ne prendront pas conscience des réels motifs de la guerre et tant qu’ils n’arrêteront pas de croire aux explications "officielles."

Réseau VoltaireCe qu’on appelle le Mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre (9/11 Truth Movement) a demandé une nouvelle enquête indépendante sur ces événements. Croyez-vous qu’en ce sens il y ait un espoir avec l’Administration Obama ?

Kurt Sonnenfeld : Je le souhaite vraiment, mais je reste sceptique. Pour quelles raisons le leadership d’un quelconque gouvernement établi agirait volontairement à ce qui aboutirait à une sérieuse compromission de son autorité ? Ils préfèrent maintenir le statu quo et laisser les choses en l’état. Le chauffeur du train a changé, mais le train a-t-il changé de direction ? J’en doute. L’impulsion doit venir du public, non seulement au niveau national mais aussi à l’international, comme le fait votre réseau.

Réseau VoltaireNombre d’association de défense des droits de l’homme, de groupes d’activistes et de personnalités vous soutiennent dans la détresse, et non des moindres, le Prix Nobel de la Paix, Adolfo Pérez Esquivel par exemple. Comment les Argentins répondent-ils en général à votre situation ?

Kurt Sonnenfeld : Par un incroyable déferlement de soutiens. La dictature militaire est encore fraîche dans la mémoire collective de la plupart des gens ici, qui savent que la dictature (tout comme d’autres dictatures en Amérique du Sud à ce moment-là) avait été soutenue par la CIA, à l’époque dirigée par George Bush père. Ils se souviennent très bien des centres de torture, des prisons secrètes, des milliers de personnes « disparues » à cause de leurs opinions, la peur quotidienne. Ils savent que les États-Unis recommenceront aujourd’hui s’ils le jugent opportun, qu’ils envahiront un pays pour atteindre leurs intérêts politiques et économiques, puis pour manipuler les médias à l’aide de "casus belli" fabriqués de toute pièce pour justifier leurs conquêtes.

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Kurt Sonnenfeld et Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix 1980.

Ma famille et moi sommes honorés de compter parmi nos plus chers amis Adolfo Pérez Esquivel []et ses conseillers du Servicio de Paz y Justicia (SERPAJ). Nous avons travaillés ensemble à de nombreuses causes, dont les droits des réfugiés, les droits des femmes, des enfants sans familles, et des enfants porteurs du HIV/SIDA. Nous sommes également honorés d’avoir le soutien de : Abuelas de Plaza de Mayo ; Madres de Plaza de Mayo, Línea Fundadora [] ; Centro de Estudios Legales y Sociales (CELS) ; Asamblea Permanente de Derechos Humanos (APDH) [] ; Familiares de Detenidos y Desaparecidos por Razones Políticas ; Asociación de Mujeres, Migrantes y Refugiados Argentina (AMUMRA) ; Comisión de Derechos Humanos de la Honorable Cámara de Diputados de la Provincia de Buenos Aires ; Secretaría de Derechos Humanos de la Nación ; et le Programa Nacional Anti-Impunidad. Au niveau international, un "amicus curiae" a été présenté en notre faveur par l’ONG REPRIEVE de Grande-Bretagne, et nous bénéficions de la collaboration de NIZKOR d’Espagne et de Belgique. De plus, ma femme, Paula et moi avons été reçus au Congrès par La Comisión de Derechos Humanos y Garantías de la Honorable Cámara de Diputados de La Nación.

Réseau VoltaireComme nous le disions, décider d’écrire ce livre et de le rendre public a été un pas gigantesque. Qu’est-ce qui vous a poussé à le faire ?

Kurt Sonnenfeld : Sauver ma famille. Et faire savoir au monde que les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être.

Réseau VoltaireDernière question, mais pas la moins importante : qu’allez-vous faire de vos enregistrements ?

Kurt Sonnenfeld : Je suis certain que mes enregistrements révèlent plus de choses que je ne suis capable d’analyser vu mes compétences limitées. C’est pourquoi je coopérerai autant que je le peux avec des experts fiables et sérieux dans un effort commun pour faire éclater la vérité.

Réseau VoltaireMerci beaucoup !


Traduction : ReOpen911.info

[] Nommé par le président Kennedy, Abraham Bolden était le premier agent noir du Secret Service, le service chargé de la protection des hautes personnalités, dont le président. Après l’assassinat de J.F.K., il assura que le Secret service avait été prévenu à l’avance de l’attentat, mais avait failli à sa mission. Il fut brusquement écarté de la scène publique, accusé de corruption et incarcéré. En 2008, il a publié son témoignage dans The Echo from Dealey Plaza : The True Story of the First African American on the White House Secret Service Detail and His Quest for Justice After the Assasination of JFK. Ndlr.

[] « 41 anciens responsables états-uniens de l’anti-terrorisme et du renseignement mettent en cause la version officielle du 11-Septembre », par Alan Miller, Réseau Voltaire, 9 juin 2009.

[] Voir les articles en espagnol d’Adolfo Perez Esquivel sur le site de la Red Voltaire.

[] « Marche de la Résistance des Mères de la place de Mai », par Ines Vázquez, Réseau Voltaire, 24 janvier 2006.

[] Voir les interventions d’Alexis Ponce à la conférence Axis for Peace. Par exemple Alexis Ponce : « Le Mossad a formé la police équatorienne aux techniques de torture », Réseau Voltaire, 18 novembre 2005. Et ses articles en langue espagnole sur le site de la Red Voltaire.

26/06/2009

La différence entre les élections iranienne et mexicaine

par Jean-Christophe Mourrat
Mondialisation.ca, Le 25 juin 2009

Gouvernements et médias ne désarment pas : M. Ahmadinejad a volé les élections. Pourtant, il semble vraissemblable qu'il ait effectivement obtenu une majorité de voix. Comment expliquer alors le concert d'outrages ? Un coup d'oeil à l'élection présidentielle mexicaine de 2006, elle aussi contestée, nous permet d'y voir plus clair. Un candidat bien élu, c'est un candidat aux ordres, et M. Ahmadinejad ne l'est pas.

Qui a vraiment gagné les élections iraniennes ?

L'évidence même

Tout le monde le sait : M. Ahmadinejad a volé les élections.

Le Monde y consacre son éditorial du 16 juin. «Tout indique que la réelection du fondamentaliste Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de la république, vendredi 12 juin, a relevé du coup de force.» Oui, «tout», on vous dit. «Trop d'indices font régner plus que de la suspicion sur ses 63% de suffrages favorables soudainement proclamés dans la journée de samedi.» Le lecteur devra aller chercher ailleurs les indices, trop évidents pour que l'éditorialiste se donne la peine de préciser.

La «communauté internationale» n'est pas en reste. L'Union Européenne, les gouvernements britannique, allemand, tchèque, néerlandais, polonais, norvégien, australien, canadien, étasunien, japonais, néo-zélandais, israélien, mettent tous en doute le résultat des élections iraniennes []. En France, M. Sarkozy dénonce «l'ampleur de la fraude» et estime qu'elle est «proportionnelle à l'ampleur de la réaction» []. «Quand on voit des résultats à ce point incohérents, l'Europe qui se tairait ne correspondrait pas aux valeurs qui sont celles de l'Europe [...] Je suis toujours partisan du dialogue avec l'Iran mais quand nous avons à condamner nous condamnons» []. Il se dit «très heureux de voir l'Europe unanime déclarer des choses fortes et sans ambiguïté sur la situation iranienne» []. M. Kouchner, qui fin 2007 nous appelait à nous préparer à l'éventualité d'une guerre avec l'Iran [], se dit «convaincu» de la fraude, et «soutient les réformateurs» [].

Les fuites des experts

Libération pose quand même la question [] : «Y a-t-il vraiment eu une fraude et de quelle ampleur?» La réponse ne tarde pas :

««Cette fraude est la conséquence d’un plan très sophistiqué, machiavélique, préparé de longue date, avec une feuille de route», souligne le chercheur Michel Makinsky. Selon des fuites obtenues auprès d’experts dans ce même ministère, les vrais scores des candidats sont radicalement différents de ceux annoncés officiellement : le réformateur Mir Hussein Moussavi serait ainsi arrivé en tête avec 19 millions de voix (sur 42 millions de votants), devant le second candidat réformateur, Mehdi Karoubi, qui a recueilli 13 millions de suffrages, Ahmadinejad n’arrivant qu’en troisième position avec 5,7 millions. Dès lors, un second tour aurait dû avoir lieu sans la présence du candidat ultraradical.»

Commençons par remercier Libération qui, pour une fois, veut bien prendre la peine de nous indiquer un de ces fameux «indices» en trop grand nombre selon l'éditorialiste du Monde. L'argument central de Libération est, outre l'avis non argumenté d'un chercheur, une «fuite obtenue auprès d'experts». C'est maigre. Un détail particulier attire l'attention, c'est le score important attribué à M. Karoubi, les résultats officiels le donnant 4ème avec 0,85% des voix. L'explication, simple, est donnée dans un article du Guardian [] : c'est Ebrahim Amini, un conseiller de M. Karoubi, l'«expert» qui a donné ces chiffres aux journalistes ! Remarquez au passage comme le journaliste de Libération nous laisse imaginer qu'il est très introduit mais qu'il ne peut pas révéler ses sources, là où les journalistes du Guardian expliquent platement qui est à l'origine de ces chiffres fantaisistes.

Intermède comique

Une journaliste du Monde nous livre également des chiffres, eux aussi non sourcés, mais ce n'est pas étonnant : «Des sondages, pour ce qu'ils valent, montrent qu'en-dessous de 50 % de participation, 70 % des votes seraient en faveur de M. Ahmadinejad, mais qu'il n'aurait que 30 % seulement de suffrages au-delà de 50 % de participation.» []

Le vote des Iraniens

Mais alors, comment ont voté les Iraniens ? Deux ONG étasuniennes, Terror Free Tomorrow et la New America Foundation (que l'on peut difficilement suspecter de complicité avec le régime iranien), ont mené une enquête d'opinion par téléphone quelques semaines avant le scrutin []. La méthode de l'enquête téléphonique n'est pas sans défaut (un des problèmes étant que les personnes dépourvues de téléphone en sont exclues), mais elle a le mérite d'exister. Les résultats donnent à M. Ahmadinejad plus du double d'intentions de vote par rapport à son principal opposant M. Moussavi. Rappelons également qu'en 2005, M. Ahmadinejad avait remporté les élections avec 61,7% des voix, comparable aux 62,6% actuels. A l'époque, il affrontait le président sortant Ali Akbar Hashemi Rafsanjani, ce qui ne facilite pas l'organisation d'une fraude massive. La New America Foundation écrit : «Ahmadinejad a gagné, il faut vous en remettre» [].

Le Monde et les élections mexicaines de 2006

Pour comprendre le comportement des médias et des gouvernements devant une élection contestée, intéressons-nous maintenant au traitement de l'élection présidentielle mexicaine de 2006 par le journal Le Monde.

Rappel des faits

Au Mexique, l'élection présidentielle est un suffrage à un tour. En 2006, les deux candidats principaux étaient Felipe Calderón Hinojosa et Andrés Manuel López Obrador. Le résultat final donne M. Calderón vainqueur avec 35,89% des voix, contre 35,31% pour M. López Obrador. Des irrégularités importantes ont été rapportées [], et les partisans de M. López Obrador ont massivement contesté les résultats de l'élection, dès le 8 juillet []. Pour ne citer que les événements les plus marquants de la mobilisation, plus d'un million de personnes étaient dans les rues de Mexico le 16 juillet [], et plus de deux millions le 30, jour où un campement permanent a été installé au centre de Mexico [].

Petits calculs

La réaction des chefs de gouvernement étrangers fut simplement inexistante [].

Voyons comment les événements mexicains ont été rapportés par Le Monde. Sur la période du 1er au 31 juillet, 16 articles (et aucun éditorial) concernant les élections mexicaines ont été publiés (le vote ayant eu lieu le 2 juillet). A titre de comparaison, entre le 11 et le 20 juin 2009, soit une période trois fois plus courte, 37 articles (dont deux éditoriaux) ont été publiés sur les élections iraniennes (le vote ayant eu lieu le 12 juin) []. Mais la différence fondamentale n'est pas là, mais dans la façon dont les événements sont rapportés.

La faute à 1988

Dans l'article annonçant que M. López Obrador conteste le résultat du vote [], on nous présente le marché de la Merced, qui «regorde de richesses insolites», et où en ce moment, «on y parle aussi politique.» «Le peuple de la Merced» soupçonne en effet «un complot de «ceux d'en haut»». Ces pauvres gens réagissent sans raison apparente, mais il ne faut pas les blâmer, ils ont subi un «épisode traumatique» en 1988 (année où une «panne du système informatique» a vraissemblablement permis à Carlos Salinas de Gortari de battre Cuauhtémoc Cárdenas, candidat du même parti que M. López Obrador). Car il n'y a pas de doutes, si M. López Obrador parle de fraude, c'est «sans en apporter de preuve» [], apprend-on dans Le Monde du 13 juillet. Ou alors, peut-on lire dans un autre article du même numéro, c'est que «les «preuves irréfutables» divulguées à la presse par «Amlo» ne sont guère convaincantes.» []

Zizou au Mexique

L'une des rares analyses que le lecteur du Monde pourra lire en ce mois de juillet a pour titre «Pyrrhus et Zizou au Mexique» [].

«La patrie de Pancho Villa a aussi sa version tropicale de «Zizou». Comme le héros des Bleus, le champion de la gauche mexicaine, Andrés Manuel López Obrador (dit «Amlo»), est un joueur talentueux et vénéré des foules. Aujourd'hui, il ressemble à un footballeur outragé qui, juste après la fin du match, accuserait son adversaire de l'avoir insulté, l'arbitre d'être acheté, le ballon d'être truqué et certains de ses coéquipiers de le trahir, tout cela sous les clameurs indignées de la moitié du stade.»

A ceux qui se demanderaient quand même pourquoi des gens manifestent : «La réponse est sans doute plus complexe que la «fraude généralisée» dont [M. López Obrador] accuse le gouvernement.» On cherchera les appels à des «réponses complexes» quand il s'agit de l'Iran.

Quand Zizou devient la bête immonde

Le 15 août paraît un article au titre prometteur : «La démocratie mexicaine prise en otage». «En contestant les résultats de la présidentielle, le candidat de gauche Andres Lopez Obrador tente de jouer la rue contre les institutions.» Il s'agit selon l'auteur de «la méthode ad terrorem employée par les idéologies totalitaires pour imposer leur vérité à la société». Car M. López Obrador «employa le mot le plus terrible du vocabulaire politique mexicain, «fraude». Ce dénigrement de l'institution électorale [...], et les discours incendiaires qui se sont multipliés, jusqu'à un appel à la «résistance civile», font partie d'une stratégie qui représente une grave menace pour la paix au Mexique. [...] Voilà un film que le monde a déjà vu et revu. C'est la naissance de la bête dictatoriale. Un homme sourd à la réalité objective entend prendre en otage la démocratie mexicaine.»

Enfin, des explications claires

Tout venant à point à qui sait attendre, un éditorial sera finalement consacré à la question mexicaine, le 7 septembre, intitulé «danger au Mexique».

Pour lancer le mouvement de protestation, selon l'éditorialiste, «il a suffi d'un résultat encore plus serré que ce que prévoyaient les sondages, et d'un mot – «fraude» – lancé par le perdant, le candidat de la gauche Andres Manuel Lopez Obrador [...] Le précédent de 1988 [...] était encore trop vif dans les mémoires. [...] Depuis cette époque, le système électoral mexicain a été doté d'une série de «verrous» rendant impossible toute fraude massive. Mais la méfiance demeure.» Saluons les Mexicains qui doivent être les premiers à avoir un système où la fraude électorale est tout simplement «impossible». Sur de telles bases, on ne peut que conclure que «le nouveau décompte des bulletins [réclamé par M. López Obrador] ne se justifiait pas.»

La conclusion de cet éditorial nous éclaire davantage sur ce qui qualifie une bonne ou une mauvaise élection :

«M. Lopez Obrador semble pencher vers une gauche plus populiste que social-démocrate, tentée par les ambiguïtés du Bolivien Evo Morales et de son mentor, le Vénézuélien Hugo Chavez, plutôt que le réformisme responsable du Brésilien Lula da Silva ou de la Chilienne Michelle Bachelet. On peut dès lors se demander jusqu'où ira le «sous-commandant AMLO» [] dans sa volonté de susciter, par des moyens pacifiques, une nouvelle révolution au Mexique.»

Une bonne élection, c'est une élection où le vainqueur est une personne «responsable». Comprendre : aux ordres des grandes puissances.

La violence du régime

Certains pourraient penser que ce sont les violences contre les manifestants qui ont rendu la présidence de M. Ahmadinejad illégitime. Mais la situation n'était pas meilleure au Mexique. Un conflit extrêmement violent, qui commença en mai 2006 et prit fin sept mois plus tard, eut lieu dans l'état d'Oaxaca. De nombreux participants furent tués dans l'indifférence générale, notamment un journaliste étasunien, Bradley Roland Will [].

Retour sur l'élection iranienne

Il est donc probable que M. Ahmadinejad ait récolté la majorité des suffrages aux élections du 12 juin dernier. Je n'ai pas préparé une sélection d'extraits d'article du Monde traitant des élections iraniennes, mais en jetant un coup d'oeil sur le premier article qui vous tombe sous la main, vous devriez constater une légère différence de point de vue avec les extraits concernant le Mexique que l'on vient de voir. Cela s'explique facilement. Ce qui préoccupe les grandes puissances, ce n'est pas le manque de démocratie ou la violence du régime. Ces raisons ne sont invoquées que pour gagner le consentement de la majorité, et masquer leur vrai problème : ne pas pouvoir contrôler le dirigeant d'un pays considéré comme stratégique. 

Article publié par Le Grand Soir.info.


Notes

 

  1. Voir Wikipedia (page consultée le 21 juin), et les références qui y sont données.

  2. Iran: Sarkozy dénonce «l'ampleur de la fraude». AFP, 16 juin 2009. [lien]

  3. Sarkozy appelle l'Iran à ne pas commettre «l'irréparable». Le Parisien, 19 juin 2009. [lien]

  4. Iran: Sarkozy admiratif des manifestants. Le journal du dimanche, 19 juin 2009. [lien]

  5. Iran: Kouchner appelle à se «préparer au pire», plaide pour des sanctions UE. AFP, 16 septembre 2007. [lien]

  6. Kouchner : la France «soutient les réformateurs». Le Point, 17 juin 2009. [lien]

  7. Jean-Pierre Perrin. Les dessous d'une élection fabriquée, Libération, 16 juin 2009. [lien]

  8. Robert Tait, Julian Borger. Analysis: Iran election statistics muddy waters further, guardian.co.uk, Monday 15 June 2009 14.34 BST [lien]

  9. [5] Marie-Claude Decamps. Duel télévisé tendu en Iran entre Mahmoud Ahmadinejad et Mir Hussein Moussavi. Le Monde, 4 juin 2009. [lien]

  10. [3] Ken Ballen and Patrick Doherty. The Iranian People Speak. Washington Post, June 15, 2009. [lien] Voir aussi la version française traduite par le Grand Soir. [lien]

  11. [4] Flynt Leverett, Hillary Mann Leverett. Ahmadinejad Won. Get Over It. Politico, June 15, 2009. [lien]

  12. Voir Emilie E. Joly, Jaime Quintana Guerrero. Les élections présidentielles mexicaines : parodie électorale ou tragédie démocratique ? Chronique des Amériques 26, juillet 2006 [lien], et Alianza Cívica Chiapas, Centro de Derechos Humanos Fray Bartolomé de Las Casas, Peace Watch Suiza, Propaz Suiza, Servicio Internacional para la Paz. Proyecto de observación y vigilancia de los derechos políticos y civiles de los pueblos en Chiapas 2006 [lien].

  13. Andrea Becerril, Roberto Garduño. Convoca AMLO a marcha nacional por la democracia. La Jornada, 9 juillet 2006. [lien]

  14. Andrea Becerril, Enrique Mendez. Hay un millón y medio de votos sin sustento, dice López Obrador. La Jornada, 17 juillet 2006. [lien]

  15. Andrea Becerril, Enrique Mendez. AMLO: se juega el destino del país; democracia o simulación. La Jornada, 31 juillet 2006. [lien]

  16. Ignacio Ramonet. Le Mexique fracturé. Le Monde diplomatique, août 2006. [lien]

  17. Nombre d'articles obtenus en cherchant «Obrador OU Calderon» d'une part, «Ahmadinejad OU Mossavi» d'autre part, sur la base de données Europresse. Les éditoriaux mentionnés sont ceux des 16 et 18 juin 2009.

  18. Joëlle Stolz. A Mexico, le candidat de gauche, M. Lopez Obrador, conteste le résultat du vote. Le Monde, 5 juillet 2006.

  19. Au Mexique, les manifestants pro-Obrador exigent un nouveau décompte des voix. Le Monde, 13 juillet 2006.

  20. Joëlle Stolz. M. Lopez Obrado accuse la droite mexicaine de «fraude». Le Monde, 13 juillet 2006.

  21. Joëlle Stolz. Pyrrhus et Zizou au Mexique. Le Monde, 15 juillet 2006.

  22. M. López Obrador n'est pas sous-commandant, il s'agit d'un surnom donné par ses opposants afin d'évoquer le sous-commandant Marcos (cette note ne figure pas dans l'éditorial).

  23. Voir Enrique Mendez, Blanche Petrich. Represión policial y paramilitar en Oaxaca; tres muertos y 23 heridos. La Jornada, 28 octobre 2006 [lien] pour l'annonce de la mort de Bradley Roland Will (tué par balles) ainsi que de deux autres personnes. La Comisión Civil Internacional de Observación por los Derechos Humanos recense 26 décès causés par les affrontements [lien].


Articles de Jean-Christophe Mourrat publiés par Mondialisation.ca

Note de service

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La « révolution colorée » échoue en Iran

La technique des coups d’État par en bas

Réseau Voltaire, 24 juin 2009

par Thierry Meyssan

La « révolution verte » de Téhéran est le dernier avatar des « révolutions colorées » qui ont permis aux États-unis d’imposer des gouvernements à leur solde dans plusieurs pays sans avoir à recourir à la force. Thierry Meyssan, qui a conseillé deux gouvernements face à ces crises, analyse cette méthode et les raisons de son échec en Iran.

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Les « révolution colorées » sont aux révolutions ce que le Canada Dry est à la bière. Elles y ressemblent, mais n’en ont pas la saveur. Ce sont des changements de régime ayant l’apparence d’une révolution, en ce qu’ils mobilisent de vastes segments du Peuple, mais relevant du coup d’État, en ce qu’il ne visent pas à changer les structures sociales, mais à substituer une élite à une autre pour conduire une politique économique et étrangère pro-US. La « révolution verte » de Téhéran en est le dernier exemple.

Origine du concept

Ce concept est apparu dans les années 90, mais trouve ses origines dans les débats US des années 70-80. Après les révélations en chaîne sur les coups d’État fomentés par la CIA dans le monde, et le grand déballage des commissions parlementaires Church et Rockefeller [1], l’amiral Stansfield Turner fut chargé par le président Carter de nettoyer l’agence et de cesser tout soutien aux « dictatures maison ». Furieux, les sociaux démocrates états-uniens (SD/USA) quittèrent le Parti démocrate et rejoignirent Ronald Reagan. Il s’agissait de brillants intellectuels trotskistes [2], souvent liés à la revue Commentary. Lorsque Reagan fut élu, il leur confia la tâche de poursuivre l’ingérence US, mais par d’autres moyens. C’est ainsi qu’ils créent en 1982 la National Endowment for Democracy (NED) [3] et, en 1984, l’United States Institute for Peace (USIP). Les deux structures sont organiquement liées : des administrateurs de la NED siègent au conseil d’administration de l’USIP et vice-versa.

Juridiquement, la NED est une association à but non lucratif, de droit US, financée par une subvention annuelle votée par le Congrès à l’intérieur du budget du département d’État. Pour mener ses actions, elle les fait co-financer par l’US Agency for International Development (USAID), elle-même rattachée au département d’État. 
En pratique, cette structure juridique n’est qu’un paravent utilisé conjointement par la CIA états-unienne, le MI6 britannique et l’ASIS australien (et occasionnellement par les services canadiens et néo-zélandais). 
La NED se présente comme un organe de « promotion de la démocratie ». Elle intervient soit directement ; soit par ses quatre tentacules : l’une destinée à corrompre les syndicats, une seconde chargée de corrompre les patronats, une troisième pour les partis de gauche et une quatrième pour ceux de droite ; soit encore par l’intermédiaire de fondations amies, telles que la Westminster Foundation for Democracy (Royaume-Uni), l’International Center for Human Rights and Democratic Development (Canada), la Fondation Jean-Jaurès et la Fondation Robert-Schuman (France), l’International Liberal Center (Suède), l’Alfred Mozer Foundation (Pays-Bas), la Friedrich Ebert Stiftung, la Friedrich Naunmann Stiftung, la Hans Seidal Stiftung et la Heinrich Boell Stiftung (Allemagne). La NED revendique avoir corrompu ainsi plus de 6 000 organisations dans le monde en une trentaine d’années. Tout ça, bien entendu, étant camouflé sous l’apparence de programmes de formation ou d’assistance.

L’USIP, quant à lui, est une institution nationale états-unienne. Il est subventionné annuellement par le Congrès dans le budget du département de la Défense. À la différence de la NED, qui sert de couverture aux services des trois États alliés, l’USIP est exclusivement états-unien. Sous couvert de recherche en sciences politique, il peut salarier des personnalités politiques étrangères.

Dès qu’il a disposé de ressources, l’USIP a financé une nouvelle et discrète structure, l’Albert Einstein Institution [4]. Cette petite association de promotion de la non-violence était initialement chargée d’imaginer une forme de défense civile pour les populations d’Europe de l’Ouest en cas d’invasion par le Pacte de Varsovie. Elle a rapidement pris son autonomie et modélisé les conditions dans lesquelles un pouvoir étatique, de quelque nature qu’il soit, peut perdre son autorité et s’effondrer.

Premières tentatives

La première tentative de « révolution colorée » a échoué en 1989. Il s’agissait de renverser Deng Xiaoping en s’appuyant sur un de ses proches collaborateurs, le secrétaire général du Parti communiste chinois Zhao Ziyang, de manière à ouvrir le marché chinois aux investisseurs états-uniens et à faire entrer la Chine dans l’orbite US. Les jeunes partisans de Zhao envahirent la place Tienanmen [5]. Ils furent présentés par les médias occidentaux comme des étudiants a-politiques se battant pour la liberté face à l’aile traditionnelle du Parti, alors qu’il s’agissait d’une dissidence à l’intérieur du courant de Deng entre nationalistes et pro-US. Après avoir longtemps résisté aux provocations, Deng décida de conclure par la force. La répression fit entre 300 et 1000 morts selon les sources. 
20 ans plus tard, la version occidentale de ce coup d’État raté n’a pas variée. Les médias occidentaux qui ont couvert récemment cet anniversaire en le présentant comme une « révolte populaire » se sont étonnés de ce que les Pékinois n’ont pas gardé souvenir de l’événement. C’est qu’une lutte de pouvoir au sein du Parti n’avait rien de « populaire ». Ils ne se sentaient pas concernés.

La première « révolution colorée » réussit en 1990. Alors que l’Union soviétique était en cours de dissolution, le secrétaire d’État James Baker se rendit en Bulgarie pour participer à la campagne électorale du parti pro-US, abondamment financé par la NED [6]. Cependant, malgré les pressions du Royaume-Uni, les Bulgares, effrayés par les conséquences sociales du passage de l’URSS à l’économie de marché, commirent l’impardonnable faute d’élire au Parlement une majorité de post-communistes. Alors que les observateurs de la Communauté européenne certifièrent la bonne tenue du scrutin, l’opposition pro-US hurla à la fraude électorale et descendit dans la rue. Elle installa un campement au centre de Sofia et plongea le pays dans le chaos six mois durant, jusqu’à ce que le Parlement élise le pro-US Zhelyu Zhelev comme président.

La « démocratie » : vendre son pays à des intérêts étrangers à l’insu de sa population

Depuis lors, Washington n’a cessé d’organiser des changements de régime, un peu partout dans le monde, par l’agitation de rue plutôt que par des juntes militaires. Il importe ici de cerner les enjeux. 
Au-delà du discours lénifiant sur la « promotion de la démocratie », l’action de Washington vise à l’imposition de régimes qui lui ouvrent sans conditions les marchés intérieurs et s’alignent sur sa politique étrangère. Or, si ces objectifs sont connus des dirigeants des « révolutions colorées », ils ne sont jamais discutés et acceptés par les manifestants qu’ils mobilisent. Et, dans le cas où ces coup d’État réussissent, les citoyens ne tardent pas à se révolter contre les nouvelles politiques qu’on leur impose, même s’il est trop tard pour revenir en arrière. 
Par ailleurs, comment peut-on considérer comme « démocratiques » des oppositions qui, pour prendre le pouvoir, vendent leur pays à des intérêts étrangers à l’insu de leur population ?

En 2005, l’opposition kirghize conteste le résultat des élections législatives et amène à Bichkek des manifestants du Sud du pays. Ils renversent le président Askar Akaïev. C’est la « révolution des tulipes ». L’Assemblée nationale élit comme président le pro-US Kourmanbek Bakiev. Ne parvenant pas à maîtriser ses supporters qui pillent la capitale, ils déclare avoir chassé le dictateur et feint de vouloir créer un gouvernement d’union nationale. Il fait sortir de prison le général Felix Kulov, ancien maire de Bichkek, et le nomme ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre. Lorsque la situation est stabilisée, Bakaiev se débarrasse de Kulov et vend, sans appel d’offre et avec des dessous de table conséquents, les quelques ressources du pays à des sociétés US et installe une base militaire US à Manas. Le niveau de vie de la population n’a jamais été aussi bas. Felix Kulov propose de relever le pays en le fédérant, comme par le passé, à la Russie. Il ne tarde pas à retourner en prison.

Un mal pour un bien ?

On objecte parfois, dans le cas d’États soumis à des régimes répressifs, que si ces « révolutions colorées » n’apportent qu’une démocratie de façade, elles procurent néanmoins un mieux-être aux populations. Or, l’expérience montre que rien n’est moins sûr. Les nouveaux régimes peuvent s’avérer plus répressifs que les anciens.

En 2003, Washington, Londres et Paris [7] organisent la « révolution des roses » en Géorgie [8]. Selon un schéma classique, l’opposition dénonce des fraudes électorales lors des élections législatives et descend dans la rue. Les manifestants contraignent le président Edouard Chevardnadze à fuir et prennent le pouvoir. Son successeur Mikhail Saakachvili ouvre le pays aux intérêts économiques US et rompt avec le voisin russe. L’aide économique promise par Washington pour se substituer à l’aide russe ne vient pas. L’économie, déjà compromise, s’effondre. Pour continuer à satisfaire ses commanditaires, Saakachvili doit imposer une dictature [9]. Il ferme des médias et remplit les prisons, ce qui n’empêche absolument pas la presse occidentale de continuer à le présenter comme « démocrate ». Condamné à la fuite en avant, Saakachvili décide de se refaire une popularité en se lançant dans une aventure militaire. Avec l’aide de l’administration Bush et d’Israël auquel il a loué des bases aériennes, il bombarde la population d’Ossétie du Sud, faisant 1600 morts, dont la plupart ont la double nationalité russe. Moscou riposte. Les conseillers états-uniens et israéliens s’enfuient [10]. La Géorgie est dévastée.

Assez !

Le mécanisme principal des « révolutions colorées » consiste à focaliser le mécontentement populaire sur la cible que l’on veut abattre. Il s’agit d’un phénomène de psychologie des masses qui balaye tout sur son passage et auquel aucun obstacle raisonnable ne peut être opposé. Le bouc-émissaire est accusé de tous les maux qui accablent le pays depuis au moins une génération. Plus il résiste, plus la colère de la foule croît. Lorsqu’il cède ou qu’il esquive, la population retrouve ses esprits, les clivages raisonnables entre ses partisans et ses opposants réapparaissent.

En 2005, dans les heures qui suivent l’assassinat de l’ex-Premier ministre Rafik Hariri, la rumeur se répand au Liban qu’il a été tué par « les Syriens ». L’armée syrienne, qui —en vertu de l’Accord de Taëf— maintient l’ordre depuis la fin de la guerre civile, est conspuée. Le président syrien, Bachar el-Assad, est personnellement mis en cause par les autorités états-uniennes, ce qui tient lieu de preuve pour l’opinion publique. À ceux qui font remarquer que —malgré des moments orageux— Rafik Hariri a toujours été utile à la Syrie et que sa mort prive Damas d’un collaborateur essentiel, on rétorque que le « régime syrien » est si mauvais en soi qu’il ne peut s’empêcher de tuer même ses amis. Les Libanais appellent de leurs vœux un débarquement des GI’s pour chasser les Syriens. Mais, à la surprise générale, Bachar el-Assad, considérant que son armée n’est plus la bienvenue au Liban alors que son déploiement lui coûte cher, retire ses hommes. Des élections législatives sont organisées qui voient le triomphe de la coalition « anti-syrienne ». C’est la « révolution du cèdre ». Lorsque la situation se stabilise, chacun se rend compte et que, si des généraux syriens ont par le passé pillé le pays, le départ de l’armée syrienne ne change rien économiquement. Surtout, le pays est en danger, il n’a plus les moyens de se défendre face à l’expansionnisme du voisin israélien. Le principal leader « anti-syrien », le général Michel Aoun, se ravise et passe dans l’opposition. Furieux, Washington multiplie les projets pour l’assassiner. Michel Aoun s’allie au Hezbollah autour d’une plate-forme patriotique. Il était temps : Israël attaque.

Dans tous les cas, Washington prépare à l’avance le gouvernement « démocratique », ce qui confirme bien qu’il s’agit d’un coup d’État déguisé. La composition de la nouvelle équipe est gardée secrète le plus longtemps possible. C’est pourquoi la désignation du bouc-émissaire se fait sans jamais évoquer d’alternative politique.

En Serbie, les jeunes « révolutionnaires » pro-US ont choisi un logo appartenant à l’imaginaire communiste (le poing levé) pour masquer leur subordination aux États-Unis. Ils ont pris comme slogan « Il est fini ! », fédérant ainsi les mécontents contre la personnalité de Slobodan Milosevic qu’ils ont rendu responsable des bombardements du pays pourtant effectués par l’OTAN. Ce modèle a été dupliqué en nombre, par exemple le groupe Pora ! en Ukraine, ou Zubr en Biélorussie.

Une non-violence de façade

Les communicants du département d’État veillent à l’image non-violente des « révolutions colorées ». Toutes mettent en avant les théories de Gene Sharp, fondateur de l’Albert Einstein Institution. Or, la non-violence est une méthode de combat destinée à convaincre le pouvoir de changer de politique. Pour qu’une minorité s’empare du pouvoir et l’exerce, il lui faut toujours, à un moment ou à une autre, utiliser la violence. Et toutes les « révolutions colorées » l’ont fait.

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Srdja Popovic (à gauche), leader serbe du mouvement Otpor, Gene Sharp, fondateur de l’Albert Einstein Institution (au centre) et son adjoint le colonel Robert Helvey, doyen de l’École de formation des attachés militaires d’ambassade.

En 2000, alors que le mandat du président Slobodan Milosevic courait encore pour un an, il convoqua des élections anticipées. Lui-même et son principal opposant, Vojislav Koštunica, se retrouvèrent en ballotage. Sans attendre le second tour de scrutin, l’opposition cria à la fraude et descendit dans la rue. Des milliers de manifestants affluèrent vers la capitale, dont les mineurs de Kolubara. Leurs journées de travail étaient indirectement payées par la NED, sans qu’ils aient conscience d’être rémunérés par les États-Unis. La pression de la manifestation étant insuffisante, les mineurs attaquèrent des bâtiments publics avec des bulldozers qu’ils avaient acheminé avec eux, d’où le nom de « révolution des bulldozers ».

Dans le cas où la tension s’éternise et que des contre-manifestations s’organisent, la seule solution pour Washington est de plonger le pays dans le chaos. Des agents provocateurs sont alors postés dans les deux camps qui tirent sur la foule. Chaque partie peut constater que ceux d’en face ont tiré alors qu’ils s’avançaient pacifiquement. L’affrontement se généralise.

En 2002, la bourgeoisie de Caracas descend dans la rue pour conspuer la politique sociale du président Hugo Chavez [11]. Par d’habiles montages, les télévisions privées donnent l’impression d’une marée humaine. Ils sont 50 000 selon les observateurs, 1 million d’après la presse et le département d’État. Survient alors l’incident du pont Llaguno. Les télévisions montrent clairement des pro-chavistes armes à la main tirant sur la foule. Dans une conférence de presse, le général de la Garde nationale et vice-ministre de la sécurité intérieure confirme que les « milices chavistes » ont tiré sur le peuple faisant 19 morts. Il démissionne et appelle au renversement de la dictature. Le président ne tarde pas à être arrêté par des militaires insurgés. Mais le Peuple par millions descend dans la capitale et rétablit l’ordre constitutionnel. 
Une enquête journalistique ultérieure reconstituera en détail la tuerie du pont Llaguno. Elle mettra en évidence un montage fallacieux des images, dont l’ordre chronologique a été falsifié comme l’attestent les cadrans des montres des protagonistes. En réalité, ce sont les chavistes qui étaient agressés et qui, après s’être repliés, tentaient de se dégager en utilisant des armes à feu. Les agents provocateurs étaient des policiers locaux formés par une agence US [12].

En 2006, la NED réorganise l’opposition au président kenyan Mwai Kibaki. Elle finance la création du Parti orange de Raila Odinga. Celui-ci reçoit le soutien du sénateur Barack Obama, accompagné de spécialistes de la déstabilisation (Mark Lippert, actuel chef de cabinet du conseiller de sécurité nationale, et le général Jonathan S. Gration, actuel envoyé spécial du président US pour le Soudan). Participant à un meeting d’Odinga, le sénateur de l’Illinois s’invente un vague lien de parenté avec le candidat pro-US. Cependant Odinga perd les élections législatives de 2007. Soutenu par le sénateur John McCain, en sa qualité de président de l’IRI (le pseudopode républicain de la NED), il conteste la sincérité du scrutin et appelle ses partisans à descendre dans la rue. 
C’est alors que des messages SMS anonymes sont diffusés en masse aux électeurs de l’ethnie Luo. « Chers Kenyans, les Kikuyu ont volé l’avenir de nos enfants…nous devons les traiter de la seule manière qu’ils comprennent… la violence ». Le pays, pourtant un des plus stables d’Afrique, s’embrase soudainement. Après des journées d’émeutes, le président Kibaki est contraint d’accepter la médiation de Madeleine Albright, en sa qualité de présidente du NDI (le pseudopode démocrate de la NED). Un poste de Premier ministre est créé qui revient à Odinga. Les SMS de la haine n’ayant pas été envoyés depuis des installations kenyanes, on se demande quelle puissance étrangère a pu les expédier.

La mobilisation de l’opinion publique internationale

Au cours des dernières années, Washington a eu l’occasion de lancer des « révolutions colorées » avec la conviction qu’elles échoueraient à prendre le pouvoir mais qu’elle permettrait de manipuler l’opinion publique et les institutions internationales.

En 2007, de nombreux Birmans s’insurgent contre l’augmentation des prix du fuel domestique. Les manifestations dégénèrent. Les moines bouddhistes prennent la tête de la contestation. C’est la « révolution safran » [13]. En réalité, Washington n’a que faire du régime de Rangoon ; ce qui l’intéresse, c’est d’instrumenter le Peuple birman pour faire pression sur la Chine qui a des intérêts stratégiques en Birmanie (pipelines et base militaire de renseignement électronique). Dès lors, l’important est de mettre en scène la réalité. Des images prises par des téléphones portables apparaissent sur YouTube. Elles sont anonymes, invérifiables et hors contexte. Précisément, leur apparente spontanéité leur donne autorité. La Maison-Blanche peut imposer son interprétation des vidéos.

Plus récemment, en 2008, des manifestations estudiantines paralysent la Grèce à la suite du meurtre d’un jeune homme de 15 ans par un policier. Rapidement des casseurs font leur apparition. Ils ont été recrutés au Kosovo voisin et acheminés par autobus. Les centre-villes sont saccagés. Washington cherche à faire fuir les capitaux vers d’autres cieux et à se réserver le monopole des investissements dans les terminaux gaziers en construction. Une campagne de presse va donc faire passer le poussif gouvernement Karamanlis pour celui des colonels. Facebook et Twittter sont utilisés pour mobiliser la diaspora grecque. Les manifestations s’étendent à Istanbul, Nicosie, Dublin, Londres, Amsterdam, La Haye, Copenhague, Francfort, Paris, Rome, Madrid, Barcelone, etc.

La révolution verte

L’opération conduite en 2009 en Iran s’inscrit dans cette longue liste de pseudos révolutions. En premier lieu, le Congrès vote en 2007 une enveloppe de 400 millions de dollars pour « changer le régime » en Iran. Celle-ci s’ajoute aux budgets ad hoc de la NED, de l’USAID, de la CIA et tutti quanti. On ignore comment cet argent est utilisé, mais trois groupes principaux en sont destinataires : la famille Rafsandjani, la famille Pahlevi, et les Moudjahidines du peuple.

L’administration Bush prend la décision de commanditer une « révolution colorée » en Iran après avoir confirmé la décision de l’état-major de ne pas attaquer militairement ce pays. Ce choix est validé par l’administration Obama. Par défaut, on rouvre donc le dossier de « révolution colorée », préparé en 2002 avec Israël au sein de l’American Enterprise Institute. À l’époque j’avais publié un article sur ce dispositif [14]. Il suffit de s’y reporter pour identifier les protagonistes actuels : il a été peu modifié. Une partie libanaise a été ajoutée prévoyant un soulèvement à Beyrouth en cas de victoire de la coalition patriotique (Hezbollah, Aoun) aux élections législatives, mais elle a été annulée.

Le scénario prévoyait un soutien massif au candidat choisi par l’ayatollah Rafsandjani, la contestation des résultats de l’élection présidentielle, des attentats tous azimuts, le renversement du président Ahmadinejad et du guide suprême l’ayatollah Khamenei, l’installation d’un gouvernement de transition dirigé par Mousavi, puis la restauration de la monarchie et l’installation d’un gouvernement dirigé par Sohrab Shobani.

Comme imaginé en 2002, l’opération a été supervisée par Morris Amitay et Michael Ledeen. Elle a mobilisé en Iran les réseaux de l’Irangate. 
Ici un petit rappel historique est nécessaire. L’Irangate est une vente d’armes illicite : la Maison-Blanche souhaitait approvisionner en armes les Contras nicaraguayens (pour lutter contre les sandinistes) d’une part et l’Iran d’autre part (pour faire durer jusqu’à épuisement la guerre Iran-Irak), mais en était interdit par le Congrès. Les Israéliens proposèrent alors de sous-traiter les deux opérations à la fois. Ledeen, qui est double national États-unien/Israélien sert d’agent de liaison à Washington, tandis que Mahmoud Rafsandjani (le frère de l’ayatollah) est son correspondant à Téhéran. Le tout sur fond de corruption généralisée. Lorsque le scandale éclate aux États-Unis, une commission d’enquête indépendante est dirigée par le sénateur Tower et le général Brent Scowcroft (le mentor de Robert Gates). 
Michael Ledeen est un vieux briscard des opérations secrètes. On le trouve à Rome lors de l’assassinat d’Aldo Moro, on le retrouve dans l’invention de la piste bulgare lors de l’assassinat de Jean-Paul II, ou plus récemment dans l’invention de l’approvisionnement de Saddam Hussein en uranium nigérian. Il travaille aujourd’hui à l’American Enterprise Institute [15] (aux côtés de Richard Perle et Paul Wolfowitz) et à la Foundation for the Defense of Democracies [16]. 
Morris Amitay est ancien directeur de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC). Il est aujourd’hui vice-président du Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA) et directeur d’un cabinet conseil pour de grandes firmes d’armement.

Le 27 avril dernier, Morris et Ledeen organisaient un séminaire sur l’Iran à l’American Enterprise Institute à propos des élections iraniennes, autour du sénateur Joseph Lieberman. Le 15 mai dernier, nouveau séminaire. La partie publique consistait en une table ronde animée par l’ambassadeur John Bolton à propos du « grand marchandage » : Moscou accepterait-il de laisser tomber Téhéran en échange du renoncement de Washington au bouclier anti-missile en Europe centrale ? L’expert français Bernard Hourcade participait à ces échanges. Simultanément, l’Institut lançait un site internet destiné à la presse dans la crise à venir : IranTracker.org. Le site inclut une rubrique sur les élections libanaises.

En Iran, il appartenait à l’ayatollah Rafsandjani de renverser son vieux rival, l’ayatollah Khamenei. Issu d’une famille d’agriculteurs, Hachemi Rafsandjani a fait fortune dans la spéculation immobilière sous le Chah. Il est devenu le principal grossiste en pistaches du pays et a arrondi sa fortune durant l’Irangate. Ses avoirs sont évalués à plusieurs milliards de dollars. Devenu l’homme le plus riche d’Iran, il a été successivement président du parlement, président de la République et aujourd’hui président du Conseil de discernement (instance d’arbitrage entre le parlement et le Conseil des gardiens de la constitution). Il représente les intérêts du bazar, c’est-à-dire des commerçants de Téhéran. 
Durant la campagne électorale, Rafsandjani avait fait promettre à son ex-adversaire devenu son poulain, Mirhossein Mousavi, de privatiser le secteur pétrolier.

Sans connexion aucune avec Rafsandjani, Washington a fait appel aux Moudjahidines du peuple [17]. Cette organisation protégée par le Pentagone est considérée comme terroriste par le département d’État et l’a été par l’Union européenne. Elle a effectivement mené de terribles opérations dans les années 80, dont un méga-attentat qui coûta la vie à l’ayatollah Behechti ainsi qu’à quatre ministre, six ministres adjoints et le quart du groupe parlementaire du Parti de la république islamique. L’organisation est commandée par Massoud Rajavi, qui épouse en première noces la fille du président Bani Sadr, puis la cruelle Myriam en seconde noces. Son siège est installé en région parisienne et ses bases militaires en Irak, d’abord sous la protection de Saddam Husein, puis aujourd’hui sous celle du département de la Défense. Ce sont les Moudjahidines qui ont assuré la logistique des attentats à la bombe durant la campagne électorale [18]. C’est à eux qu’il revenait de provoquer des accrochages entre militants pro et anti-Ahmadinejad, ce qu’ils ont probablement fait.

Dans le cas où le chaos se serait installé, le Guide suprême aurait pu être renversé. Un gouvernement de transition, dirigé par Mirhussein Mousavi aurait privatisé le secteur pétrolier et rétabli la monarchie. Le fils de l’ancien Shah, Reza Cyrus Pahlavi, serait remonté sur le trône et aurait désigné Sohrab Sobhani comme Premier ministre. 
Dans cette perspective, Reza Pahlavi a publié en février un livre d’entretiens avec le journaliste français Michel Taubmann. Celui-ci est directeur du bureau d’information parisien d’Arte et préside le Cercle de l’Observatoire, le club des néo-conservateurs français. 
On se souvient que Washington avait prévu identiquement le rétablissement de la monarchie en Afghanistan. Mohammed Zaher Shah devait reprendre son trône à Kaboul et Hamid Karzai devait être son Premier ministre. Malheureusement, à 88 ans, le prétendant était devenu sénile. Karzai devint donc président de la République. Comme Karzai, Sobhani est double national états-unien. Comme lui, il travaille dans le secteur pétrolier de la Caspienne.

Côté propagande, le dispositif initial était confié au cabinet Benador Associates. Mais il a évolué sous l’influence de l’assistante du secrétaire d’État pour l’Éducation et la Culture, Goli Ameri. Cette iranienne-états-unienne est une ancienne collaboratrice de John Bolton. Spécialiste des nouveaux médias, elle a mis en place des programmes d’équipement et de formation à l’internet pour les amis de Rafsandjani. Elle a aussi développé des radios et télévisions en langue farsi pour la propagande du département d’État et en coordination avec la BBC britannique.

La déstabilisation de l’Iran a échoué parce que le principal ressort des « révolutions colorées » n’a pas été correctement activé. MirHussein Mousavi n’est pas parvenu à cristalliser les mécontentements sur la personne de Mahmoud Ahmadinejad. Le Peuple iranien ne s’est pas trompé, il n’a pas rendu le président sortant responsables des conséquences des sanctions économiques états-uniennes sur le pays. Dès lors, la contestation s’est limitée à la bourgeoisie des quartiers nord de Téhéran. Le pouvoir s’est abstenu d’opposer des manifestations les unes contre les autres et a laissé les comploteurs se découvrir. 
Cependant, il faut admettre que l’intoxication des médias occidentaux a fonctionné. L’opinion publique étrangère a réellement cru que deux millions d’Iraniens étaient descendus dans la rue, lorsque le chiffre réel est au moins dix fois inférieur. Le maintien en résidence des correspondants de presse a facilité ces exagérations en les dispensant de fournir les preuves de leurs imputations.

Ayant renoncé à la guerre et échoué à renverser le régime, quelle carte reste-t-il dans les mains de Barack Obama ?


 

[1] Les multiples rapports et documents publiés par ces commissions sont disponibles en ligne sur le site The Assassination Archives and Research Center. Les principaux extraits des rapports ont été traduits en français sous le titre Les Complots de la CIA, manipulations et assassinats, Stock, 1976, 608 pp.

[2] « Les New York Intellectuals et l’invention du néo-conservatisme », par Denis Boneau, Réseau Voltaire, 26 novembre 2004.

[3] « La NED, nébuleuse de l’ingérence démocratique », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 janvier 2004.

[4] « L’Albert Einstein Institution : la non-violence version CIA », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 janvier 2005.

[5] « Tienanmen, 20 ans après », par le professeur Domenico Losurdo, Réseau Voltaire, 9 juin 2009.

[6] À l’époque, la NED s’appuie en Europe orientale sur la Free Congress Foundation (FCF), animée par des républicains. Par la suite, cette organisation disparaît et cède la place à la Soros Foundation, animée par des démocrates, avec laquelle la NED fomente de nouveaux « changements de régime ».

[7] Soucieux d’apaiser les relations franco-US après la crise irakienne, le président Jacques Chirac tente de se rapprocher de l’administration bush sur le dos des Géorgiens, d’autant que la France a des intérêts économiques en Géorgie. Salomé Zourabichvili, n°2 des services secrets français, est nommée ambassadrice à Tbilissi, puis change de nationalité et devient ministre des Affaires étrangères de la « révolution des roses ».

[8] « Les dessous du coup d’État en Géorgie », par Paul Labarique, Réseau Voltaire, 7 janvier 2004.

[9] « Géorgie : Saakachvili jette son opposition en prison » et « Manifestations à Tbilissi contre la dictature des roses », Réseau Voltaire, 12 septembre 2006 et 30 septembre 2007.

[10] L’administration Bush espérait que ce conflit ferait diversion. Les bombardiers israéliens devaient simultanément décoller de Géorgie pour frapper l’Iran voisin. Mais, avant même d’attaquer les installations militaires géorgiennes, la Russie bombarde les aéroports loués à Israël et cloue ses avions au sol.

[11] « Opération manquée au Venezuela », par Thierry Meyssan,Réseau Voltaire, 18 mai 2002.

[12] Llaguno Bridge. Keys to a Massacre. Documentaire d’Angel Palacios, Panafilms 2005.

[13] « Birmanie : la sollicitude intéressée des États-Unis », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 novembre 2007.

[14] « Les bonnes raisons d’intervenir en Iran », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 février 2004.

[15] « L’Institut américain de l’entreprise à la Maison-Blanche »,Réseau Voltaire, 21 juin 2004.

[16] « Les trucages de la Foundation for the Defense of Democracies », Réseau Voltaire, 2 février 2005.

[17] « Les Moudjahidin perdus », par Paul Labarique, Réseau Voltaire, 17 février 2004.

[18] « Le Jundallah revendique des actions armées aux côtés des Moudjahidines du Peuple », Réseau Voltaire, 13 juin 2009.

25/06/2009

HADOPI 2 : le gouvernement envisage le recours à l'ordonnance pénale

Le blog de maître Eolas, 18 juin 2009

On commence à en savoir un peu plus sur la deuxième loi Titanic HADOPI, pour combler les brèches ouvertes par le Conseil constitutionnel. Le volet répressif est abandonné, dans le sens où la future HADOPI, et la Commission de Protection des Droits (CPD) qui est son prophète, n'auront aucun pouvoir de sanction propre. Tout passera par le juge.

Se pose donc un nouveau problème. La justice est engorgée et fonctionne à flux tendu. Lui confier un contentieux de masse crée une menace d'asphyxie, ou suppose l'abandon de poursuites dans d'autres domaines, mais lesquels ? Les violences conjugales, les vols de voiture, le trafic de stupéfiant ? L'hypothèse de fournir à la justice les moyens dont elle a besoin étant naturellement exclue, rien n'étant plus nocif qu'un juge qui a les moyens de juger.

Reste donc la trousse de bricolage, aussi connue sous le nom de : “ ce n'est pas une question de moyens, c'est une question de méthode. ”

Et le gouvernement a trouvé la rustine idéale à ses yeux : l'ordonnance pénale.

Oui, amis juristes, esclaffez-vous à l'envi : on va juger des affaires de contrefaçon par voie électronique par ordonnance pénale.

Oui, amis mékéskidis, je vais vous expliquer.

L'ordonnance pénale, c'est la technocratie appliquée à la justice. L'idée a d'abord été créée pour faire face aux contentieux de masse posant peu de problèmes de preuve, à savoir : les contraventions routières. Ces contraventions sont matériellement simples (feu rouge grillé, excès de vitesse constaté par un appareil) et obéissent à des règles de preuve qui limitent considérablement les droits de la défense et pour lesquels un extrait du casier judiciaire est suffisant pour que le juge fixe une peine adéquate. Le système est le suivant : le parquet présente le dossier avec ses preuves à un juge, qui soit va le rejeter, auquel cas libre au parquet de faire citer à une audience ordinaire ou de classer sans suite, soit le juge estime que les preuves sont réunies et va rendre une ordonnance pénale déclarant le prévenu qui en l'occurrence n'est pas prévenu qu'il est prévenu (si vous me suivez…) coupable et prononçant une peine. L'ordonnance est ensuite notifiée au condamné qui peut alors au choix ne rien faire, auquel cas l'ordonnance devient définitive, l'amende est due et les points de permis perdus (on peut être frappé de suspension de permis par ordonnance pénale) soit faire opposition dans un délai de 15 jours auquel cas le condamné est convoqué à une audience, au cours de laquelle le juge réduit à néant l'ordonnance pénale (c'est obligatoire) et rejuge l'affaire. Avec à la clef une peine plus forte si la culpabilité est établie, pour des raisons qui je l'avoue m'échappent : je ne vois pas en quoi une personne, fût-elle coupable (toutes ne le sont pas, une grande partie ne peut prouver son innocence, tout simplement), qui souhaite exercer ses droits de la défense mérite une peine plus lourde. Mais c'est un autre débat.

L'ordonnance pénale appliquée aux contraventions a donné des résultats satisfaisants. Pour le ministère s'entend : augmentation, à budget constant, du nombre de condamnations. Que cela se fasse au prix du sacrifice des droits de la défense n'est qu'un dommage collatéral non pris en compte dans les statistiques. Du coup, la procédure a été élargie aux délits par la loi Perben I du 9 septembre 2002. Selon la technique habituelle de l'exception qui s'élargit discrètement, cette procédure, baptisée “ procédure simplifiée ” (la simplification étant de se passer du prévenu et de son avocat…) était réservée aux délits du code de la route, dont une bonne part sont d'anciennes contraventions devenues délits selon la technique dite “ néanderthal ” du législateur, qui pense que pour lutter contre un délit il suffit de taper plus fort.

Puis, peu à peu, on a ajouté des délits à la liste, qui figure à l'article 495 du Code de procédure pénale :

Peuvent être soumis à la procédure simplifiée prévue à la présente section :

1° Les délits prévus par le code de la route et les contraventions connexes prévues par ce code ;

2° Les délits en matière de réglementations relatives aux transports terrestres ;

3° Les délits prévus au titre IV du livre IV du code de commerce pour lesquels une peine d'emprisonnement n'est pas encourue ;

4° Le délit d'usage de produits stupéfiants prévu par le premier alinéa de l'article L. 3421-1 du code de la santé publique ;

5° Le délit prévu par l'article L. 126-3 du code de la construction et de l'habitation (le fameux délit d'occupation de hall d'immeuble).

La différence étant que le délai pour l'opposition passe de 15 à 45 jours en matière délictuelle et surtout qu'aucune peine de prison ne peut être prononcée par cette voie (la contrefaçon est punie de jusqu'à cinq trois ans d'emprisonnement, et cinq en bande organisée, rappelons-le).

On voit donc l'idée de génie : le juge de l'ordonnance pénale fera le travail de la Commission de Protection des Droits. Il ne reste qu'à ajouter une peine complémentaire de suspension de l'accès à internet et le tour est joué : on a un juge qui suspend l'accès à internet sans avoir à rallonger d'un centime le budget de la justice. Si avec ça, la ministre n'est pas reconduite dans le prochain gouvernement !

Sauf que, vous vous en souvenez, je disais au début de l'article que le juriste s'esclaffe, alors que là, le mékéskidis reste placide, voire morose.

C'est parce que deux points font que cette idée est, pour le moins, très mauvaise. Un point de fait et un point de droit.

Le point de fait est que cette procédure ne peut fonctionner que pour des délits très simples à établir. Conduire sans permis, ou à plus de 180 km/h sur l'autoroute, avoir fumé du cannabis (prouvé par une analyse sanguine ou d'urine), être dans un hall d'immeuble…). La contrefaçon, surtout par voie informatique, c'est autre chose. Il faut que le parquet apporte la preuve : que l'œuvre téléchargée était protégée (on peut télécharger plein d'œuvres libres de droits sur bittorrent ou eMule…), que le téléchargeur savait qu'il téléchargeait une œuvre protégée (les noms de fichiers peuvent être trompeurs quant à leur contenu, et on ne peut savoir ce qu'il y a réellement dans un fichier avant qu'il n'ait été téléchargé), et tout simplement identifier le téléchargeur, ce que l'adresse IP ne suffit pas à établir. Bref, il est à craindre que la plupart des ordonnances pénales demandées sur la base des dossiers montés par la CPD soient refusées par le juge pour preuve non rapportée. Le parquet devra donc ouvrir une enquête de police, ce qui fait perdre tout l'intérêt simplificateur : la police étant le bras séculier du parquet, la faire enquêter sur des contrefaçons l'empêche d'enquêter sur d'autres affaires.

Le point de droit est que cette loi est contraire à l'intérêt des artistes, ce qui est un amusant paradoxe. En effet, l'ordonnance pénale suppose que la victime ne demande pas de dommages-intérêts (article 495 du CPP, al. 9). Donc les ayant droits ne pourront pas demander réparation de leur préjudice. Ils doivent sacrifier leur rémunération à leur soif de répression. Quand on sait que leur motivation dans ce combat est de lutter contre un manque à gagner, on constate qu'il y a pire ennemi des artistes que les pirates : c'est l'État qui veut les protéger.

Ajoutons que l'ordonnance pénale n'est pas applicable aux mineurs (article 495 du CPP alinéa 8) et que lesdits mineurs forment une part non négligeable des équipages de pirates du web, mais que la CPD sera incapable de garantir que l'auteur du téléchargement illicite est majeur, et on sent que la loi HADOPI 2 promet de bons moments de rigolade.

Si elle entre en vigueur.

Car la Némésis d'Albanel, le Conseil constitutionnel, veille. Et le Conseil a eu l'occasion de se prononcer sur la procédure simplifiée appliquée aux délits. Voici ce qu'il en a dit à l'époque (Décision n° 2002-461 DC du 29 août 2002) :

77. Considérant que, si le législateur peut prévoir des règles de procédure différentes selon les faits, les situations et les personnes auxquelles elles s'appliquent, c'est à la condition que ces différences ne procèdent pas de discriminations injustifiées et que soient assurées aux justiciables des garanties égales, notamment quant au respect du principe des droits de la défense, qui implique en particulier l'existence d'une procédure juste et équitable ;

78. Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article 495 du code de procédure pénale, le ministère public ne peut recourir à la procédure simplifiée que " lorsqu'il résulte de l'enquête de police judiciaire que les faits reprochés au prévenu sont établis et que les renseignements concernant la personnalité de celui-ci, et notamment ses charges et ses ressources, sont suffisants pour permettre la détermination de la peine " ;

Déjà, il n'y aura pas d'enquête de police judiciaire puisque c'est une autorité administrative qui réunira les preuves. Ensuite, déjà qu'une adresse IP ne permet pas d'identifier l'utilisateur de l'ordinateur, je doute qu'elle permettre de connaître sa personnalité et ses ressources (encore que : le pirate qui télécharge l'intégrale de Marilyn Manson est probablement une jeune fille mineure aux cheveux et ongles noirs, qui aime la mort et les poneys et n'a pas assez d'argent de poche).

79. Considérant, en deuxième lieu, que, si l'article 495-1 du même code donne au ministère public le pouvoir de choisir la procédure simplifiée, dans le respect des conditions fixées par l'article 495, c'est en raison du fait que la charge de la poursuite et de la preuve lui incombe ;

80. Considérant, en troisième lieu, que si le président du tribunal estime qu'un débat contradictoire est utile ou qu'une peine d'emprisonnement devrait être prononcée, il doit renvoyer le dossier au ministère public ;

81. Considérant, en dernier lieu, que les dispositions des nouveaux articles 495 à 495-6 du code de procédure pénale apportent à la personne qui fait l'objet d'une ordonnance pénale, quant au respect des droits de la défense, des garanties équivalentes à celles dont elle aurait bénéficié si l'affaire avait été directement portée devant le tribunal correctionnel ; qu'en effet, l'ordonnance doit être motivée ; que le prévenu dispose d'un délai de quarante-cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance pour former opposition ; que, dans cette hypothèse, l'affaire fait l'objet devant le tribunal correctionnel d'un débat contradictoire et public au cours duquel l'intéressé a droit à l'assistance d'un avocat ; qu'il doit être informé de ces règles ; que l'ensemble de ces dispositions garantit de façon suffisante l'existence d'un procès juste et équitable ;

Pour résumer : l'ordonnance pénale délictuelle est conforme à la constitution car le ministère public a le choix de recourir ou non à cette procédure, que le président peut refuser de condamner par cette voie, et que le prévenu peut toujours faire opposition, ces trois garanties assurant l'équité de la procédure pour le Conseil.

Il faudra donc que le texte qui sortira des débats parlementaires respectent ces principes. Le problème est que l'idée centrale du projet HADOPI est justement de contourner tous ces principes constitutionnels, qui ne sont, pour le Gouvernement, que des obstacles.

Pourvu que Christine Albanel ne soit pas reconduite dans ses fonctions, pour lui éviter de gravir une troisième fois le golgotha.

Note : Pas de 3e supplice pour la pauvre Christine, remerciée comme une malpropre. Maintenant, on a droit à un homme de "gôche", Frédéric Mitterrand, pour défendre le dossier Hadopire. Gageons qu'il sera autant aux ordres de Talonettes 1er que ne le fut Albanulle. Et aussi incompétent.

24/06/2009

Du rififi à France Inter : 22, v’là Philippe Val !

Acrimed

Publié le 23 juin 2009 par Mathias Reymond

Jean-Luc Hees – mauvais comédien lorsqu’il assurait ne pas avoir idée de ce que Philippe Val allait faire à Radio France – savait bien que tout le monde le savait : son protégé (par ailleurs son employeur à Charlie Hebdo durant la dernière élection aux Etats-Unis) devait débarquer sur France Inter.

Proche du philosophe Raphaël Enthoven et de la chanteuse Carla Bruni du temps de leur idylle, Val est resté, après leur séparation, dans les petits papiers de celle qui est devenue… madame Sarkozy. Selon Le Monde, qui rapporte ses propos, le chansonnier-philosophe dit « n’avoir parlé [à Carla Bruni-Sarkozy et à un conseiller de Nicolas Sarkozy] que de Jean-Luc Hees, puisqu’il était convenu que [sa] venue ne dépendrait, ensuite, que de lui. » (18 juin 2009) La suite, on la connaît : Sarkozy nomme Hees à la tête de Radio France, et Hees arrive avec Val dans ses bagages.

Val n’est pas le seul proche de Hees à venir sur France Inter. Effet domino : une autre heesophile bénéficie de la nomination présidentielle, à savoir Pascale Clark, en partance de RTL… Responsable de la revue de presse de France Inter à partir de 1998, elle a animé, de 2001 à 2004, sur France Inter toujours, l’émission « Tam Tam, etc. »… dans laquelle Philippe Val a été invité au moins deux fois (12 nov. 2001 et 2 mai 2002). Ça tombe bien.

Ces copinages et autres renvois d’ascenseurs pourraient ne pas éveiller l’attention si la radio n’était pas une radio publique et s’ils ne provoquaient pas des dommages collatéraux…

Inquiétudes

Dès la nomination de Val à la tête de France Inter, les syndicats de journalistes se sont inquiétés, comme l’indique par exemple ce communiqué du SNJ :

France Inter : attention fragile !

Le SNJ prend acte de l’arrivée de Philippe Val à France Inter. Il juge extravagant le « timing » de cette nomination. Les salariés de Radio France auraient dû en être informés les premiers, ils en ont été officiellement informés les derniers. C’est bien peu respectueux à leur égard.

Le nouveau directeur trouve une chaîne en bonne santé, dotée à nouveau d’une cohérence qui lui a longtemps fait défaut. Ce travail reconnu par des auditeurs de plus en plus nombreux relève toutefois d’un équilibre fragile : les auditeurs d’Inter sont prêts à partir pour d’autres cieux au moindre soupçon ou au moindre dérapage... Philippe Val devra préserver ce savant dosage.

Le SNJ s’inquiète. Un homme coutumier des éditoriaux cinglants saura-t-il incarner la hauteur de vue et la rigueur qui doivent être le propre du directeur de France Inter ? L’éditorialiste saura-t-il s’effacer derrière le manager, l’individu derrière la personne morale ? Si tel n’était pas le cas, l’image de France Inter pourrait en pâtir rapidement, et l’épisode du référendum sur la Constitution européenne se répéter pour le plus grand malheur de la chaîne.

Nous ne connaissons pas le projet de Philippe Val pour France Inter. Mais les premiers bruits sont préoccupants. Attention : France Inter est une équipe, les oukases y sont malvenus. Consulter largement, écouter les hommes en place avant de décider y est essentiel, a fortiori quand le calendrier de votre nomination vous fait débarquer en plein bouclage des grilles de rentrée.

Pour le SNJ, les trois priorités sont les suivantes : une ligne éditoriale forte qui s’écarte de tout suivisme, un projet multimédia ambitieux avec les moyens pour l’accompagner, et la fin immédiate de l’hémorragie des postes dans la rédaction.

18 juin 2009

Inquiétudes partagées par Daniel Mermet et l’équipe de « Là-bas si j’y suis », pour qui Philippe Val n’a pas une grande sympathie [1] (et c’est réciproque) :

Chers auditrices, chers auditeurs,

Depuis des semaines, vous êtes très nombreux à nous poser de questions sur l’arrivée de Philippe Val à la direction de France Inter. Comment cela est-il possible !? Dites-nous qu’il s’agit d’un cauchemar ! Si c’est une blague, elle n’est pas drôle.…

Soyez sans inquiétude, Philippe est un vieil ami de « Là-bas si j’y suis », et c’est dans la joie que toute l’équipe accueille celui que l’historien Alexandre Adler compare à Emile Zola. Et pourquoi pas à Voltaire, Spinoza, Albert Londres ou Albert Einstein ? Car Philippe c’est tout ça à la fois ; une conscience, un visionnaire et un penseur engagé face aux grands défis de notre temps. Et ceci à la différence de ses anciens camarades qui persistent à végéter dans un gauchisme moisi, souvent entaché d’antisémitisme et d’islamo-fascisme.

En dénonçant avec courage des figures nauséabondes comme celle du dessinateur Siné ou du journaliste Denis Robert, du dessinateur Lefred-Thouron ou du négationniste américain Noam Chomsky, Val a montré qu’il avait pleinement réussi à évoluer avec pragmatisme du côté du manche sans rien perdre de cette impertinence libertaire qui est la marque de fabrique de cet homme de gauche.

Mais Philippe est aussi un chef d’entreprise avisé. C’est d’une main ferme qu’il a conduit son journal, Charlie Hebdo, là où il se trouve aujourd’hui.

Et certains pensent bien qu’il pourrait faire la même chose avec France inter.

Aujourd’hui, familier des plateaux de télévision, penseur reconnu de l’élite médiatique, il tutoie nos plus brillantes personnalités, de BHL à Carla Bruni. Il a d’ailleurs élégamment révélé que c’est par l’intermédiaire de cette dernière qu’il a pu suggérer au président de la République, Nicolas Sarkozy, de faire appel à son vieux copain Jean-Luc Hees pour présider Radio France. Et c’est donc ainsi, par un loyal retour d’ascenseur, que notre habile Philippe se trouve aujourd’hui à la tête de la prestigieuse radio française.

Humides de reconnaissance, les collaborateurs de France inter n’ont pas encore trouvé les mots pour remercier le Président Sarkozy pour leur avoir choisi un tel chef, et c’est plein d’entrain et de confiance qu’ils s’apprêtent à lui faire la fête.

Tout comme l’équipe de « Là-bas si j’y suis » qui, un petit bouquet de fleurs à la main, trépigne d’impatience.

Première mesure

Enfin, et c’est le premier – et pas le dernier… - dommage collatéral de l’arrivée de Val à France Inter, Frédéric Pommier vient d’être arbitrairement privé de la revue presse matinale. Le nouveau directeur de France Inter ne pouvait décemment pas remercier Stéphane Guillon ou Daniel Mermet : c’eût été trop visible. Mais écarter un chroniqueur encore méconnu, avec lequel il a eu un (gros) différend à propos du nombre de citations de Siné Hebdo par rapport à Charlie Hebdo dans la revue de presse [2], semblait être plus discret…

C’était sans compter sur les syndicats de journalistes de la station.

STOP ! 

Tract intersyndical SNJ, SNJ-FO, SNJ-CGT, Sud.

Les inquiétudes que la rédaction de France Inter nourrissait à l’annonce de l’arrivée de Philippe Val semblent hélas aussi fondées que les informations publiées il y a deux mois dans la presse au sujet de sa nomination.

Le titulaire de la revue de presse a été remercié dans les deux heures qui ont suivi la prise de fonction de Philippe Val, et aucune proposition ne lui a été faite.

Que paye notre excellent confrère ?

Son talent, son originalité, la progression d’audience de ce rendez-vous ?

Notre confrère paye surtout le fait d’avoir cité Siné Hebdo dans la revue de presse. Philippe Val, à l’époque directeur (et actionnaire) de Charlie Hebdo, lui en avait vertement et devant témoins fait le reproche.

Les syndicats n’accepteront aucun règlement de compte personnel, aucune suspicion illégitime, aucun procès d’intention, aucune mise au rancart d’un membre de la rédaction pour des motifs non professionnels.

Nous le répétons une dernière fois avant qu’un grave conflit ne s’ouvre. Les journalistes de France Inter n’ont qu’une exigence : continuer à assurer leur travail de présentateurs, de reporters, de spécialistes, calmement, sérieusement, professionnellement, librement. La liberté éditoriale ne se discute pas.

Les syndicats SNJ, SNJ-FO, SNJ-CGT et Sud demandent solennellement à la direction de France Inter de revenir sur cette décision inacceptable pour toute la rédaction.

22 juin 2009

Rappelons qu’il n’y avait pas de section syndicale à Charlie Hebdo

Mathias Reymond

Mise en question du consensus sur le réchauffement planétaire

 

La pétition sur le réchauffement climatique a été signée par 31.478 scientifiques

par Ron Paul

Mondialisation.ca, 18 juin 2009

« Effets environnementaux de la hausse du dioxyde de carbone atmosphérique »


Déclaration devant la «US House of Representatives», 4 juin 2009.

Madame la Présidente, avant de voter la législation des quotas d’émission de carbone, mes collègues doivent tenir compte de l’opinion exprimée par la pétition suivante, qui a été signée par 31.478 scientifiques étasuniens :

Nous exhortons le gouvernement des États-Unis à rejeter l'accord sur le réchauffement planétaire, écrit à Kyoto, au Japon, en décembre, 1997, et toute autre proposition similaire. La proposition de limiter les gaz à effet de serre risque de nuire à l'environnement, d'entraver le progrès de la science et de la technologie, et de nuire à la santé et au bien-être de l'humanité.

Rien ne prouve scientifiquement de façon convaincante que la libération par l’homme de dioxyde de carbone, de méthane ou d'autres gaz à effet de serre est en train de provoquer, ou sera dans un avenir prévisible à l’origine d’un réchauffement catastrophique de l'atmosphère terrestre et de perturbations du climat de la Terre. Il existe par ailleurs des preuves scientifiques démontrant que l'augmentation du dioxyde de carbone dans l'atmosphère produit de nombreux effets bénéfiques sur l'environnement naturel des plantes et des animaux de la Terre.

Diffusée par la poste par un groupe de brillants physiciens étasuniens, et appuyée par un bilan de la documentation scientifique faisant autorité, révisée par un comité de relecture, ce pourrait être la déclaration de la communauté scientifique la plus forte et la plus largement soutenue sur ce sujet. Sont disponibles surwww.petitionproject.org la liste des signataires État par État, dont 9.029 hommes et femmes ayant un doctorat, la liste de leurs spécialités universitaires, et la synthèse scientifique ayant fait l’objet d’un comité d’approbation.

Le résumé approuvé par des pairs, « effets sur l'environnement de l'augmentation du dioxyde de carbone atmosphérique » par AB Robinson, NE Robinson et W. Soon, comprend 132 références à la documentation scientifique et a été distribué avec la pétition.

Les signataires de cette pétition comprennent 3.803 spécialistes, dotés d’une formation spécifique sur l'atmosphère, la Terre et les sciences de l'environnement. Chacun des 31.478 signataires a une formation nécessaire en physique, chimie et mathématiques, pour comprendre et évaluer les données scientifiques pertinentes sur la théorie d’un réchauffement planétaire d’origine humaine et sur l’impact de l’activité humaine sur la qualité environnementale.

Dans une lettre circulant avec cette pétition, Frederick Seitz, ancien président de l’US National Academy of Sciences, président émérite de la Rockefeller University, et bénéficiaire de doctorats honorifiques de 32 universités des quatre coins du monde, a écrit :

Les États-Unis sont très près d'adopter un accord international qui permettrait de rationner le recours à l'énergie et les activités dépendantes du charbon, du pétrole, du gaz naturel et de certains autres composés organiques.

Ce traité est à notre avis basé sur des idées bancales. Les données de recherche sur le changement climatique ne démontrent pas que le recours humain aux hydrocarbures est nuisible. Au contraire, il existe des preuves valables montrant que l'augmentation du dioxyde de carbone dans l’atmosphère rend service écologiquement.

L'accord proposé aura des effets très négatifs sur les industries techniques des nations du monde entier ; en particulier celles qui tentent actuellement de sortir de la pauvreté et fournissent des occasions à plus de 4 milliards de gens dans les pays sous-développés sur le plan technique.

Il est particulièrement important pour les États-Unis d'écouter ses citoyens qui ont une formation nécessaire pour évaluer les données pertinentes et proposer de judicieux conseils.

Nous vous demandons instamment de signer et de renvoyer la carte de la pétition ci-jointe. Si vous souhaitez d’autres cartes pour vos collègues, elles vous seront envoyées.

Madame la Présidente, au moment où notre nation est confrontée à une grave pénurie de production énergétique nationale et à une grave réduction de l'économie, nous devons réduire la fiscalité et la réglementation qui empoisonnent nos industries productrices d'énergie.

Pourtant, nous allons bientôt examiner la fameuse législation sur les « quotas d’émission du carbone, » qui pourrait augmenter la fiscalité et la réglementation de notre secteur énergétique. Les « quotas d’émission du carbone » feront au moins autant, sinon plus, de dégâts à l'économie que le traité auquel a fait allusion le professeur Seitz ! Cette législation est soutenue par les affirmations des partisans du « réchauffement planétaire » et du « changement climatique, » des affirmations qui, comme l'ont démontré les 31.478 signatures de nombreux scientifiques étasuniens en faveur de la pétition du professeur Seitz, sont démenties par un travail expérimental et d'observation considérable.

Il est temps que nous regardions au-delà des quelques personnes qui cherchent à augmenter la fiscalité, la réglementation et le contrôle de la population étasunienne. Notre politique énergétique doit être basée sur la réalité scientifique, et non pas sur des films de fiction ou des programmes internationaux intéressés. Elle devrait être basée sur les réalisations techniques de la libre entreprise, qui ont permis notre civilisation moderne, incluant nos industries sur l'énergie. Cette libre entreprise ne doit pas être entravée par de fausses allégations sur des catastrophes imaginaires.

Par-dessus tout, nous ne devons jamais oublier notre contrat avec le peuple étasunien, la Constitution qui est la seule source de légitimité de notre gouvernement. La Constitution exige que nous préservions les droits de l'homme fondamentaux de notre peuple, notamment le droit à la liberté de fabriquer, d'utiliser et de vendre de l'énergie produite par tous les moyens inventés, comme le nucléaire, les hydrocarbures, l'énergie solaire, éolienne, ou même les dynamos à pédales.

S'il est évident que le droit à produire et à utiliser l'énergie ne s'étend pas à des activités qui mettent réellement en danger le climat de la Terre, dont nous dépendons tous, les affirmations de risques bidons pour le climat ne doivent pas servir à justifier plus de limitations envers les libertés du peuple étasunien.

En conclusion, une fois de plus, je demande instamment à mes collègues d'examiner attentivement les arguments avancés par les 31.478 scientifiques étasuniens qui ont signé cette pétition, avant de voter toute législation imposant de nouveaux règlements ou taxes au peuple, au nom d’arrêter un changement climatique.

Article original en anglais: Global Warming Consensus Challenged: "Environmental Effects of Increased Atmospheric Carbon Dioxide'', Global Warming Petition Signed by 31,478 Scientists, pulié le 17 juin 2009.

2009.

Traduction : Pétrus Lombard.

Ron Paul est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Ron Paul publiés par Mondialisation.ca

L`architecte Richard Gage expose les preuves de démolition contrôlée du WTC en live à la télé américaine !

Mondialisation.ca, 16 juin 2009

Reopen 911

Logo Association ReOpen911Invité le 28 mai 2009 sur le plateau de la chaîne de télévision américaine KMPH Fox 26 du groupe FOX TV, l’architecte et spécialiste des structures en acier Richard Gage y expose en direct les preuves de démolition contrôlée des tours du World Trade Center.  Saisissant !

Regardez également l'interview édifiante du scientifique Niels Harrit par la chaîne danoise TV2 après la publication le 6 avril 2009 d'une étude internationale démontrant la présence d’explosifs dans les décombres du WTC !

La version officielle de l'effondrement du WTC est désormais bel et bien invalidée par la science !

A propos de Richard Gage

Richard Gage, figure centrale du mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre, est le fondateur de l'association "Architectes et Ingénieurs pour la Vérité sur le 11 Septembre" qui rassemble à ce jour 700 ingénieurs et architectes.

Nous pouvons constater un certain frémissement médiatique depuis quelques mois sur cette question du 11 septembre 2001 … et ce même en France !

Chronologie des évènements médiatiques qui ont jalonné ces derniers mois :

Le 25 mars dernier, l’euro député et journaliste Giulietto Chiesa fut invité sur le plateau de la chaîne de télévision bordelaise TV7 pour présenter son film documentaire Zéro, Enquête sur le 11 Septembre. Plébiscité par les médias italiens et sélectionné pour le festival du cinéma de Rome en 2007, Zéro, Enquête sur le 11 Septembre est une rigoureuse enquête journalistique qui met en exergue les innombrables incohérences et inexactitudes de la version officielle des attentats du 11-Septembre.

Chiesa
Giuletto Chiesa invité sur la télévision bordelaise TV7

Deux semaines plus tard, le 6 avril 2009, le scientifique Niels Harrit fut l’invité du JT de TV2, l’une des deux chaînes danoises les plus respectées, suite à la récente publication dans la revue scientifique Open Chemical Physics Journal d’une étude internationale démontrant la présence d’explosifs de type nano-thermite dans les décombres du WTC. Ne passez pas à côté de cette interview édifiante sous-titrée par l’association Reopen911 ! La Télé Libre de John Paul Lepers relaya cette information explosive dans un article au sous-titre évocateur : “9/11: SUJET TABOU EN FRANCE!”. Une nouvelle brèche s’ouvrait alors dans le mur de l’omerta française sur la question du 11-Septembre.

Harrit
Niels Harrit, à gauche, au JT de TV2 (Danemark)

Ce fut ensuite France Inter qui courant mai consacra une série de 3 émissions sur les zones d’ombre des attentats du 11/9 (émission de Patrick Pesnot "les Rendez-vous avec X" des 9, 16 et 23 mai 2009). Pour un résumé de cette série d’émissions, lisez le très bon article de Taïké Eilée « France Inter égratigne la version officielle du 11-Septembre » publié sur Agoravox.

Le 28 mai outre-atlantique, alors que France Inter venait de clore sa série spéciale sur le 11-Septembre, l’architecte et spécialiste des structures en acier Richard Gage était l’invité de la chaîne de télé américaine KMPH, filiale du groupe … FOX TV ! Regardez cette interview saisissante durant laquelle Richard Gage expose les preuves de démolition contrôlée des tours du World Trade Center :

Dans la foulée, le 3 juin 2009, la chaîne publique américaine KBDI diffusa à 5 reprises le film documentaire 9/11 Press for Truth, une première nationale ! Aucun média de masse aux Etats-Unis n’avait jusqu’alors osé diffuser cette minutieuse enquête journalistique de 2006 qui révèle les mensonges de la thèse officielle des attentats du 11/9. Le vent serait-il en train de tourner ? Toujours est-il que les langues commencent à se délier aux Etats-Unis … et ce même parmi les membres de la commission d’enquête qui tour à tour prennent leurs distances avec le rapport officiel qu’ils ont pourtant co-produit. Effet Obama ?

Le dernier exemple en date est celui de John Farmer, l’avocat de la Commission sur le 9/11. Il a affirmé en avril dernier, en prélude à la sortie de son livre, qu’« à un certain niveau du gouvernement, (…) il y a eu un accord pour ne pas dire la vérité sur ce qui est arrivé » (voir à ce sujet l’article de la Télélibre susmentionné).

Farmer
John Farmer

Un mois plus tôt, en mars 2009, ce fut le sénateur et membre de la commission d’enquête Bob Kerrey qui, dans un article paru dans le très respectable Newsweek, affirma qu’il y a désormais de « bonnes raisons de suspecter que nous nous sommes trompés sur certains aspects du complot du 11/9 et sur al Qaida ». Kerrey ajouta qu’il faudrait une « Commission permanente pour résoudre tous les mystères du 11/9 ».

Déjà à l’époque de l’enquête en 2003, un autre membre de la commission, le sénateur Max Cleland, avait démissionné qualifiant l’enquête de « scandale national » et accusant Bush de vouloir masquer les faits.

Cleveland
Max Cleland

Même Thomas Keane et Lee Hamilton, respectivement président et vice-président de la Commission d’enquête du 11/9, ont pris leurs distances par rapport au rapport officiel en révélant dans leur livre Without Precedent: The Inside Story of the 9/11 Commission paru en 2006 que l’enquête « était vouée à l’échec » et qu’on leur avait menti (voir l’interview de Lee Hamilton par CBC News).

Y a-t-il encore des membres de la Commission d’enquête du 11-Septembre pour défendre la thèse officielle qui prend l’eau de toute part ? N’est-il pas grand temps de lancer le débat public en France ? Tôt ou tard, il devra avoir lieu comme il a déjà eu lieu dans plusieurs autres pays (1) .

Par Christo pour ReOpenNews


(1) Voir notamment le débat contradictoire diffusé par la 1ère chaîne de télé russe ORT le 12 septembre 2008 devant 32 millions de téléspectateurs et récemment sous-titré et mise en ligne sur l’Internet par l’association Reopen911.


Articles de Association Reopen 911 publiés par Mondialisation.ca

Pourquoi devrais-je mépriser le choix des Iraniens ?

Réseau Voltaire, 21 juin 2009

par Thierry Meyssan

De nombreux lecteurs ont réagi avec colère au dernier article de Thierry Meyssan. Il se devait de leur répondre. Malheureusement incorrigible, non seulement celui-ci ne fait pas amende honorable, mais il persiste et signe.

Mon récent article, « La CIA et le laboratoire iranien », m’a valu un abondant courriel, principalement injurieux. Il y avait bien longtemps que je n’avais pas reçu tant de protestations outrancières. La plupart de mes correspondants me reprochent d’être aveuglé par un « anti-américanisme viscéral » au point de défendre la « dictature des mollahs » et d’ignorer la vague de jeunes Iraniens luttant à main nue « pour la liberté ». À y regarder de plus près ces courriels sont peu argumentés, mais empreints d’une passion irrationnelle ; comme si on ne pouvait parler de l’Iran sans être emporté par ses émotions.

C’est que l’Iran n’est pas un État comme les autres. À l’instar de la France de 1789 et de l’URSS de 1917, l’Iran de 1979 a lancé un processus révolutionnaire qui conteste des aspects fondamentaux du modèle « occidental » triomphant ; et il l’a fait à partir d’une foi religieuse. Trente ans plus tard, nous, « Occidentaux », continuons à ressentir la parole du Peuple iranien comme une condamnation morale de notre mode de vie, c’est-à-dire de la société de consommation et de l’impérialisme. A contrario, nous ne parvenons à trouver le repos qu’en nous persuadant que la réalité n’est qu’un rêve et que nos rêves sont la réalité. Les Iraniens aspireraient à vivre comme nous et en seraient empêchés par un affreux clergé enturbanné.

Pour expliquer l’Iran moderne à ceux qui veulent la comprendre, je ne sais par où commencer. Trente ans de propagande ont forgé tant d’images fausses qu’il faut déconstruire une à une. La tâche est grande pour s’extraire du mensonge et le moment ne s’y prête guère. Je voudrais juste soulever quelques observations préalables.

La révolution islamique a accompli de grands progrès : les châtiments corporels sont devenus exceptionnels, le droit à remplacé l’arbitraire, les femmes sont de plus en plus éduquées, les minorités religieuses sont toutes protégées —à l’exception malheureusement des Baha’is—, etc. Sur tous ces sujets, où nous trouvons le régime actuel exécrable, les Iraniens pensent, eux, qu’il est autrement plus civilisé que la cruelle dictature du Shah imposée par Londres et Washington.

La révolution islamique a encore beaucoup à accomplir et doit en outre maîtriser ce système politique si oriental qui, pour donner une place à chacun, multiplie les structures administratives et conduit à la paralysie institutionnelle.

Bien sûr, à l’époque du Shah, il y avait aussi une bourgeoisie occidentalisée qui trouvait la vie plus belle. Elle envoyait ses enfants suivre des études en Europe et gaspillait sans compter aux fêtes de Persépolis. La révolution islamique a aboli ses privilèges. Ses petits-enfants sont aujourd’hui dans la rue. Avec le soutien des États-Unis. Ils veulent reconquérir ce dont leurs familles ont été privées et qui n’a rien à voir avec la liberté.

En quelques années, l’Iran a retrouvé le prestige qu’elle avait perdu. Son Peuple s’enorgueillit d’avoir prêté assistance aux Palestiniens et aux Libanais auxquels il a offert la reconstruction de leurs maisons détruites par Israël et des armes pour se défendre et retrouver leur dignité. Il a secouru les Afghans et les Irakiens, victimes de régimes pro-occidentaux puis des Occidentaux eux-mêmes. Cette solidarité, les Iraniens l’ont payée au prix fort avec la guerre, le terrorisme et les sanctions économiques.

Pour ma part, je suis démocrate. J’attache de l’importance à la volonté populaire. Je n’avais pas compris pourquoi il fallait proclamer la victoire de George W. Bush avant de dépouiller les votes des citoyens états-uniens en Floride. Je n’avais pas non plus compris pourquoi, avec la bourgeoisie de Caracas, il fallait féliciter Pedro Carmona d’avoir placé Hugo Chavez en prison, quand le Peuple vénézuélien l’avait élu. Je ne comprends pas pourquoi il faut appeler Mahmoud Abbas, « Monsieur le président », alors qu’il empêche l’élection de son successeur en faisant séquestrer les représentants du Peuple palestinien dans les geôles israéliennes. Je ne comprends pas pourquoi on prépare l’application du Traité constitutionnel européen, sous une autre dénomination, alors que les électeurs l’ont rejeté. Et aujourd’hui, je ne vois pas au nom de quels fantasmes, je devrais encourager la population des quartiers nord de Téhéran à piétiner le suffrage universel, et à imposer Mousavi quand le Peuple a majoritairement choisi Ahmadinejad.

21/06/2009

Iran : le bobard de l’ « élection volée »

Réseau Voltaire, 19 juin 2009

La réalité de classe et la propagande impériale

par James Petras

L’analyse des résultats de l’élection présidentielle iranienne, au vu des votes précédents et des sondages commandés sur place par les États-Unis, ne laisse pas de doute : Mahmoud Ahmadinejad est largement réélu. Ceci n’est guère surprenant, observe le professeur James Petras : le peuple a voté pour un national-populiste, tandis que seules les élites occidentalisées ont voté pour le candidat libéral, chouchou des médias occidentaux. Le même phénomène a déjà été observé dans d’autres pays.

« Pour les pauvres, le changement, cela signifie avoir à manger et avoir du travail ; ça n’est une question ni de code vestimentaire branché, ni de récréations mixtes… En Iran, la politique a énormément plus à voir avec la lutte des classes qu’avec la religion » 
Editorial du Financial Times, 15 juin 2009.

Il n’est quasiment pas d’exemple d’une élection dans laquelle la Maison-Blanche ait eu un intérêt important, et dans laquelle la défaite du candidat pro-US n’eût été dénoncée comme « illégitime » par l’élite politique et médiatique (occidentale) dans son entièreté… Dans la dernière période, la Maison-Blanche et l’arrière-ban de son camp ont crié au scandale après des élections entièrement libres (et supervisées par des observateurs internationaux) au Venezuela et à Gaza, tout en fabriquant allègrement un « succès électoral » au Liban, en dépit du fait que la coalition emmenée par le Hezbollah y a recueilli plus de 53 % des suffrages.

Les récentes élections, le 12 juin 2009, en Iran sont un classique du genre : le président sortant nationaliste-populiste Mahmoud Ahmadinejad a recueilli 63,3 % des suffrages (soit 24,5 millions de voix), tandis que le candidat de l’opposition libérale soutenue par l’Occident, Hossein Mousavi, a recueilli 34,2 % des suffrages (soit 13,2 millions de voix).

Cette élection présidentielle a motivé plus de 80 % de l’électorat, avec notamment un vote outre-mer sans précédent de 234 812 électeurs, dans lequel Mousavi a remporté 111 792 suffrages, et Ahmadinejad, 78 300. L’opposition, emmenée par Mousavi, n’a pas accepté sa défaite, et elle a organisé une série de manifestations de masse, qui ont pris un tour violent, entraînant l’incendie et la destruction d’automobiles, de banques, de bâtiments publics, ainsi que des affrontements armés avec la police et d’autres services d’ordre. C’est la quasi-totalité du spectre des décideurs politiques occidentaux, y compris tous les principaux médias papier et électroniques, les principaux sites ouèbes libéraux, radicaux, libertaires et conservateurs qui ont fait écho à l’allégation faite par l’opposition iranienne d’une fraude électorale généralisée. Les néoconservateurs, les conservateurs libertariens et les trotskystes ont joint leurs voix à celle des sionistes, saluant les protestataires de l’opposition iranienne, voulant y voir une garde avancée d’on ne sait trop quelle « révolution démocratique ». (Aux États-Unis), les Démocrates et les Républicains ont condamné le régime actuel en Iran, refusant de reconnaître le score de ces élections et saluant les efforts des protestataires visant à en renverser le résultat. Le New York Times, CNN, le Washington Post, le ministère israélien des Affaires étrangères et toute la direction du Conseil des Présidents des Plus grandes Associations Juives Américaines (Presidents of the Major American Jewish Organizations) en ont appelé à des sanctions renforcées contre l’Iran, proclamant l’ouverture faite par Obama en vue d’un dialogue avec ce pays « morte et enterrée ».

Le bobard de la fraude

Les dirigeants occidentaux ont rejeté les résultats des élections iraniennes parce qu’ils « savaient » que leur candidat réformiste ne pouvait perdre… Depuis des mois, ils publiaient quotidiennement des interviews, des éditoriaux et des reportages depuis le terrain, « passant en revue » les échecs de l’administration d’Ahmadinejad ; ils citaient le soutien de clercs, d’anciens responsables gouvernementaux, de commerçants du bazar et, par-dessus tout, de femmes et de jeunes bobos urbains parlant couramment l’anglais, comme gage de la victoire inéluctable de Mousavi, dont ils nous annonçaient qu’elle serait de l’ampleur d’un raz-de-marée. Une victoire de Mousavi nous était présentée comme une victoire « des modérés », telle était tout du moins la présentation de ce cliché vide de sens dont la Maison-Blanche nous a gratifiés. Des universitaires libéraux éminents en ont déduit que les élections avaient nécessairement été bidonnées, le candidat de l’opposition, Mousavi, ayant été mis en minorité dans son enclave ethnique, parmi les Azéris… D’autres universitaires ont prétendu que le « vote de la jeunesse » - en se basant sur leurs interviews d’étudiants des classes supérieure et moyenne habitant dans les quartiers huppés du nord de Téhéran étaient, dans leur écrasante majorité, favorables au candidat dit « réformiste ».

Ce qu’il y a d’étonnant, dans la condamnation occidentale unanime du résultat de cette élection, présenté comme frauduleux, c’est le fait qu’il n’y ait pas le commencement du début de la moindre preuve, ni sous forme écrite, ni sous forme d’observations, qui nous ait été présentée, ni avant, ni une semaine après le dépouillement des bulletins de vote. Durant toute la campagne électorale, aucune accusation crédible (ni même, d’ailleurs, aucune accusation douteuse) de tripatouillage électoral n’avait été émise. Aussi longtemps que les médias occidentaux ont continué à croire à leur propre propagande concernant une victoire immanente de leur candidat-fétiche, le processus électoral a été présenté comme hautement libre, animé de débats publics enflammés et de niveaux sans aucun précédent d’activité publique, sans aucune entrave attribuable à un excès de prosélytisme public. Les dirigeants et les mass media occidentaux étaient à ce point persuadés d’avoir affaire à des élections totalement libres et ouvertes qu’ils étaient persuadés que leur candidat chouchou ne pouvait que gagner.

Les médias occidentaux se sont reposés sur leurs reporters couvrant les manifestations monstres des partisans de l’opposition, ignorant et minimisant l’énorme score réalisé par Ahmadinejad. Pire : les média occidentaux ont ignoré la composition sociale des manifestations opposées, celles des partisans d’Ahmadinejad – le fait que le candidat élu bénéficiait du soutien de la classe bien plus nombreuse des ouvriers pauvres, des artisans et des fonctionnaires, alors que l’essentiel des manifestants de l’opposition appartenait aux étudiants de la haute et de la moyenne bourgeoisies, ainsi qu’à la classe des hommes d’affaires et des professions libérales.

De plus, la plupart des leaders d’opinion et des journalistes occidentaux basés à Téhéran ont extrapolé leurs projections à partir de leurs observations dans la capitale – ils sont très rares à s’aventurer dans les provinces, dans les villes, petites et moyennes, et dans les villages où Ahmadinejad bénéficie de l’essentiel de ses soutiens. S’ajoute à cela le fait que les partisans de l’opposition constituent une minorité agissante d’étudiants facilement mobilisables pour des manifs dans les rues, alors que les soutiens à Ahmadinejad se situent dans la majorité de la jeunesse ouvrière et chez les femmes au foyer, qui allaient pouvoir s’exprimer dans les urnes et n’avaient ni le temps ni l’envie de se lancer dans la politique de la rue.

Un certain nombre de mandarins de la presse, dont Gideon Rachman, du Financial Times, avancent en guise de preuve qu’il y a eu fraude, le fait qu’Ahmadinejad a remporté 63 % des suffrages dans la province turcophone peuplée par des Azéris, ce, au détriment de son adversaire, Mousavi, qui est lui-même d’origine azérie. L’on a affaire, là, à ce présupposé simpliste selon lequel l’identité ethnique ou l’appartenance à un groupe linguistique (et non les intérêts sociaux, ou de classe) seraient les seuls facteurs possibles permettant d’expliquer un comportement électoral…

Un examen plus approfondi des résultats relevés dans la région orientale azerbaïdjanaise de l’Iran révèle que Mousavi n’a obtenu la majorité que dans la seule ville de Shabestar, dans les classes moyenne et supérieure (et avec seulement une faible marge), alors qu’il s’est fait laminer dans les zones rurales, bien plus importantes, où la politique de redistribution sociale du gouvernement Ahmadinejad avait aidé les Azéris à se désendetter, à obtenir des crédits à des taux modiques et, pour les paysans, à accéder sans difficulté à des prêts. Mousavi a effectivement gagné dans la partie occidentale de la région de l’Azerbaïdjan iranien, en se servant de ses attaches ethniques pour conquérir les votes des citadins. Dans la province très fortement peuplée de Téhéran, Mousavi a battu Ahmadinejad dans les centres urbains de Téhéran et de Shemiranat grâce aux voix des circonscriptions où habitent les classes moyennes et supérieures, alors qu’il a été laminé dans les banlieues ouvrières voisines, ainsi que dans les petites villes et dans les districts ruraux.

L’accent mis de manière brouillonne et délibérément fallacieuse sur le « vote ethnique », invoqué par des journalistes du Financial Times et du New York Times afin de justifier le fait qu’ils qualifiaient la victoire électorale d’Ahmadinejad d’ « élections volées » n’a d’égal que le refus arbitraire et délibéré, par les médias, de reconnaître un sondage d’opinion publique effectué à l’échelle de tout l’Iran et de manière scientifiquement rigoureuse par deux experts états-uniens, trois semaines seulement avant le vote, qui montrait qu’Ahmadinejad avait une avance telle qu’il pouvait remporter plus du double des voix de son adversaire —c’est-à-dire une marge encore plus importante que celle de sa victoire électorale, le 12 juin—. Ce sondage montrait que chez les électeurs d’origine azérie, Ahmadinejad bénéficiait de deux fois plus de voix que Mousavi, ce qui démontrait à quel point les intérêts de classe incarnés par un candidat sont capables d’occulter l’identité ethnique de l’autre [1]. Le sondage a également démontré à quel point les questions de classe, en fonction des groupes d’âges, avaient plus d’influence sur la formation des préférences politiques des personnes interrogées que des considérations de « style de vie » de telle ou telle génération. Selon ce sondage, plus des deux-tiers des jeunes Iraniens étaient trop pauvres pour avoir accès à un ordinateur, et ceux ayant entre 18 et 24 ans « constituaient le bloc électoral le plus puissant en faveur d’Ahmadinejad, parmi toutes les autres catégories d’électeurs » [2]. Le seul groupe qui soutenait avec constance Mousavi était celui des étudiants d’université et des diplômés, des entrepreneurs et de la classe moyenne supérieure. Le « vote jeune », que les médias occidentaux nous encensent en nous le présentant comme « favorable aux réformistes », représentait une minorité nette, atteignant moins de 30 % des intentions de vote, mais originaires de milieux sociaux très privilégiés, très largement anglophones, bénéficiant d’une sorte de monopole dans les médias occidentaux. Leur présence envahissante dans les informations présentées en Occident a généré ce qui a pu être qualifié de « Syndrome de Téhéran-Nord », partie de la capitale où se trouve l’enclave de la classe supérieure friquée dont la plupart de ces étudiants sont les enfants. Ces bobos ont beau avoir la langue bien pendue, être tirés à quatre épingles et parler l’anglais d’Oxford, ils ont été totalement balayés, dans le secret des urnes.

De manière générale, Ahmadinejad a fait de très bons scores dans les provinces pétrolifères dotées d’industries chimiques. Cela peut être un reflet de l’opposition des travailleurs de la pétrochimie à un programme « réformiste », qui comportait des propositions de « privatisations » d’entreprises publiques. De la même manière, le président élu a eu de très bons résultats dans toutes les provinces frontalières, en raison de son insistance sur le renforcement de la sécurité nationale contre les menaces américaines et israéliennes, dans le cadre de l’escalade des attaques terroristes transfrontalières sponsorisées par les États-Unis, venant du Pakistan, et des incursions soutenus par Israël depuis le Kurdistan irakien, qui ont entraîné la mort de dizaines de citoyens iraniens. La sponsorisation et le financement massif des groupes responsables de ces attaques terroristes sont une politique officielle des États-Unis, héritée de l’administration Bush, mais que le Président Obama n’a nullement répudiée ; de fait, cette politique a connu une escalade durant les semaines ayant précédé les élections.

Ce que les commentateurs occidentaux et leurs protégés iraniens ont ignoré, c’est le puissant impact que les guerres et les occupations désastreuses des États-Unis en Irak et en Afghanistan ont eu sur l’opinion publique iranienne : la position extrêmement forte d’Ahmadinejad en matière de défense contrastait avec la posture de défense molle de la plupart des propagandistes de l’opposition, dans ces élections.

L’immense majorité des électeurs du président actuel ont probablement eu le sentiment que les intérêts de leur sécurité nationale, l’intégrité du pays et le système de sécurité sociale, en dépit de tous ses défauts et de ses excès, seraient mieux défendus et améliorés avec Ahmadinejad au pouvoir, qu’avec de jeunes technocrates des classes aisées, soutenus par l’Occident, qui placent leur style de vie égoïste boboïsé au-dessus des valeurs et de la solidarité partagées par le peuple iranien.

L’analyse démographique des électeurs met en évidence une réelle polarisation de classe, qui dresse des individus bénéficiant de hauts revenus, partisans du libre marché, capitalistes et individualistes, contre une classe laborieuse ayant de faibles revenus, fortement solidaires entre eux, partisans d’une « économie morale » dans laquelle l’usure et le profit sont strictement limités par des préceptes religieux. Les attaques ouvertes d’économistes oppositionnels contre les dépenses sociales du gouvernement, contre sa politique de crédit accessible et de très généreux subventionnement des produits alimentaires de première nécessité ne les ont pas vraiment fait apprécier par la majorité des Iraniens, qui bénéficient de ces programmes sociaux du gouvernement. L’État était considéré (par ceux-ci) comme le protecteur et le bienfaiteur des travailleurs pauvres contre le « marché », qui représentait à leurs yeux la richesse, le pouvoir, les privilèges et la corruption. Les attaques de l’opposition contre la politique étrangère « intransigeante » du régime et contre ses positions « lui aliénant » l’occident n’ont trouvé d’écho qu’auprès des seuls étudiants ultralibéraux et des affairistes de l’import-export. Aux yeux de l’immense majorité des Iraniens, la mobilisation et la menace d’escalade militaires du régime ont évité à l’Iran une attaque armée des Etats-Unis et/ou d’Israël.

L’ampleur du retard électoral de l’opposition devrait nous dire à quel point cette opposition est totalement coupée des préoccupations quotidiennes vitales de son propre peuple. Cela devrait rappeler à ses membres qu’en se rapprochant de l’opinion occidentale, ils ne font que s’éloigner d’autant de l’intérêt quotidien de ceux qui vivent moins bien que la classe moyenne et en-dehors des grilles du campus hyper-privilégié de l’Université de Téhéran pour leur sécurité, leur logement, leur boulot et les prix des produits alimentaires subventionnés qui leur rendent la vie tolérable.

La victoire électorale d’Ahmadinejad, vue sous une perspective historique comparative, ne saurait nous surprendre. Dans des contextes électoraux similaires, opposant des nationalistes-populistes à des libéraux pro-occidentaux, ce sont toujours les populistes qui l’ont emporté. Les exemples passés incluent Peron en Argentine et, plus récemment, Chavez au Venezuela, Evo Morales en Bolivie et même Lula da Silva au Brésil, qui, tous, ont fait preuve d’une capacité à s’assurer près de 60 % des voix, voire davantage encore, lors d’élections parfaitement libres et démocratiques. Les majorités d’électeurs, dans ces pays, préfèrent le bien-être social à la liberté débridée des marchés, ils préfèrent la sécurité nationale à l’alignement sur tel ou tel empire militaire.

Les conséquences de la victoire électorale d’Ahmadinejad peuvent désormais faire débat. Les États-Unis peuvent en conclure que le fait de continuer à soutenir une minorité, certes fort en voix, mais néanmoins battue à plate couture, ne présage rien de bon en matière d’obtention de concessions sur l’enrichissement d’uranium ou l’abandon, par l’Iran, de son soutien au Hezbollah et au Hamas. Une approche réaliste consisterait plutôt à ouvrir un débat extrêmement large avec l’Iran, et à reconnaître, comme l’a fait observer récemment le sénateur Kerry, que le fait d’enrichir de l’uranium ne saurait représenter une menace vitale pour qui que ce soit. Cette approche différerait du tout au tout d’avec celle des sionistes américains infiltrés dans le régime Obama, qui suivent leurs chefs, en Israël, qui poussent à une guerre préventive contre l’Iran, et recourent à l’argument ô combien spécieux selon lequel il n’y aurait pas de négociation possible avec un gouvernement « illégitime », à Téhéran, « illégitime », puisqu’il aurait « volé son élection » !..

Des événements récents indiquent que les dirigeants politiques en Europe, et même certains d’entre eux, à Washington, n’acceptent pas la version des mass médias sionistes, selon laquelle les élections en Iran auraient été « volées ». La Maison-Blanche n’a pas suspendu son offre de négociations avec le gouvernement nouvellement réélu, elle s’est plutôt focalisée sur la répression contre les protestataires oppositionnels (et non pas sur l’élection elle-même). De la même manière, les vingt-sept pays membres de l’Union européenne ont exprimé leur « sérieuse préoccupation au sujet de la violence en Iran », et ils ont appelé à ce que « les aspirations du peuple iranien soient satisfaites par des moyens pacifiques » et à ce que « la liberté d’expression soit respectée » [3]. A l’exception du président « français » Sarkozy, aucun leader européen n’a remis en cause le résultat des élections iraniennes.

Le joker, au lendemain de ces élections, c’est la réaction israélienne : Netanyahu a signalé à ses partisans sionistes aux États-Unis qu’ils devaient recourir au bobard de la « fraude électorale » afin d’exercer une pression maximale sur le régime Obama et de le contraindre à mettre un terme à tous ses projets de rencontrer le régime Ahmadinejad récemment confirmé par les suffrages populaires.

Paradoxalement, ce sont les commentateurs états-uniens (de gauche, de droite et du centre) qui ont gobé le bobard de la fraude électorale en Iran qui ont, par inadvertance, fourni à Netanyahu et à ses pantins états-uniens les arguments et les falsifications qu’ils diffusent abondamment : là où ils voient des guerres religieuses, nous voyons des luttes entre classes ; là où ils inventent une fraude électorale, nous constatons une tentative de déstabilisation impérialiste…



[1] Washington Post, 15 juin 2009

[2] Washington Post, 15 juin 2009

[3] Financial Times, 16 juin 2009, p. 4.

Traduction : Michel Charbonnier

20/06/2009

Bernard Kouchner : l’anti Best of

Lundi 15 juin 2009

Agoravox

Une vidéo réquisitoire contre le ministre des Affaires étrangères.

Bernard Kouchner est aujourd’hui l’une des principales têtes de Turc des internautes. Est-ce mérité ? Est-ce exagéré ?

Cette virulence à l’endroit de l’ancien French doctor s’explique peut-être par le décalage entre la formidable image que l’homme a eue pendant si longtemps et les récentes révélations sur certaines de ses activités peu compatibles avec l’humanisme dont il se voulait l’un des emblèmes.

La vidéo a été intitulée par son auteur : Kouchner, médecin du rire... En effet, on rit. Jaune.