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26/03/2010

No Sarkozy Day

 

Inconséquence politique, échec économique, casse sociale, rupture du pacte républicain, atteinte à l’égalité des chances, politique de la peur, stratégie de la division, lois liberticides, pratiques autocratiques du pouvoir, favoritisme, népotisme, manipulations médiatiques, ingérences judiciaires, collusion avec le monde des affaires et les forces de l’argent…

Nous avons tous nos raisons pour nous opposer à Sarkozy et à son clan, pour résister au sarkozysme. Mais ce président sans envergure, effrayé par le peuple, prend grand soin de le tenir à l’écart, muselant au besoin sa parole derrière des cordons de CRS.

Alors, ENSEMBLE, nous élèverons la voix plus haut, nous nous ferons entendre plus fort, unis dans la défense des valeurs de notre République :

Liberté – Egalité – Fraternité – Laïcité – Démocratie

Nous, simples citoyens, vigilants et inquiets, en conscience et indépendamment de tout parti ou syndicat, appelons toutes celles et tous ceux qui ressentent l’envie, le besoin de dire NON ! à Nicolas Sarkozy, à se rassembler pour un No Sarkozy Day.

Le 27 mars 2010 : une journée pour lui dire NON !

Des rassemblements seront organisées partout en France, à partir de 14 Heures devant les préfectures et les sous-préfectures, à Paris place de la République, et dans le monde entier devant les ambassades de France.

A l’issue de cette journée de mobilisation, se tiendront partout des réunions ouvertes, où nous pourrons ensemble, démocratiquement, décider de la suite à donner à ce mouvement de contestation populaire du sarkozysme, contestation que nous espérons aussi large que possible.

Lien vers le site original : No Sarkozy Day

 

 

10/03/2010

Les sionistes démasqués restent bouche bée face à l'éloquent Michel Collon

23/02/2010

La Nouvelle campagne anti-tabac passe mal

La Dépêche, 23/02/2010

L'allusion sexuelle de la campagne anti-tabac a du mal à passer


Jusqu'où peut-on aller pour sensibiliser les adolescents aux dangers du tabac ? Très loin visiblement à en juger par la dernière campagne publicitaire anti-tabac de l'association Droits des Non Fumeurs (DNF) dont la provocation a du mal à passer. Avec le slogan « Fumer, c'est la pire des soumissions », l'agence BDDP & Fils a conçu trois photos (deux garçons et une jeune fille) qui montrent un jeune ado, cigarette à la bouche, la tête recouverte par deux mains d'adulte et à hauteur du sexe de cet adulte.

 

 

L'allusion à une fellation forcée est évidente. Mais peut-on mettre sur le même plan les abus sexuels et la dépendance au tabac pour illustrer la soumission ? Alors que plusieurs associations s'élèvent contre ce parallèle comme Enfance et Partage, DNF revendique sa volonté de choquer pour « créer la prise de conscience que fumer n'est pas s'affranchir de l'autorité mais est au contraire un signe de soumission et de naïveté. »

Commentaire : Jusqu'où ira la diabolisation du tabac dont la toute première interdiction avait été initiée par Adolf Hitler ?

Diabolisation d'autant plus choquante que pendant que l'on rabaisse les fumeurs au rang de victimes de viol, le gouvernement Sarkozy légalise la publicité pour les boissons alcoolisés et pousse la population à une vaccination de masse dont les dangers ne sont plus à prouver.

 

 

21/02/2010

Les Ovnis & La Sécurité Nationale, Volume II

Ovnis-usa.com, 20 février 2010

 

Après cinq ans de recherches l'historien Richard M.Dolan a terminé il y a quelques mois la seconde partie de son ouvrage : UFOs & The National Security State. La trilogie, en cours d’écriture pour son troisième volet, figure sur la liste des ouvrages incontournables pour qui veut comprendre la dimension supplémentaire qu’ajoute le phénomène ufologique à la sécurité nationale américaine et mondiale.

Le premier volume comporte l’histoire chronologique et détaillée du phénomène, de 1941 à 1973, et surtout de son rapport avec une cinquantaine de bases militaires ainsi qu’avec les réseaux des services secrets. La démonstration est faite : Le sujet des ovnis n’est pas pris à la légère. Jacques Vallée a participé à l’écriture de ce volume, sous-titré : Chronologie d’un Cover-up, 1941-1973. Le second est préfacé par la journaliste Linda Moulton Howe, sous-titré : "The Cover-up Exposed, 1973-1991."

Richard Dolan

Vincent White, pour UFODigest nous propose sa critique de l'ouvrage :

"Dans notre monde, il faut du courage pour parler à quelqu'un des plus grands tabous parmi nos mythes et illusions populaires. Les critiques littéraires bien pensants se contenteront de faire de la dérision, en exposant leur ignorance. Ils passeront sous silence cette montagne de vérités que sont les faits. Quelque soit la reconnaissance attribuée, elle le sera avec réticence et nombreux seront les pièges. De tels livres sont rares.

L'intégrité du thème mène le lecteur sérieux vers une série d'évènements liés aux nombreuses ficelles de l'histoire cachée, le tout s'entremêle pour former le tableau d'une ère étonnamment sombre, cachée et non reconnue par le monde endormi conventionnel et médiatique.

"UFOs & The National Security State" décrit la perte de notre république, à l'époque où l'enfant terrible issu de la loi sur la sécurité nationale, en 1947, grandissait pour se transformer en monstre omnipotent dans ses capacités à morceler et cacher la vérité au peuple américain. Un esprit d'"insécurité nationale" issu de la paranoïa de la guerre froide a donné naissance au gigantesque complexe militaro-industriel d'aujourd'hui. Celui-ci se nourrit de peur, de méfiance, d'ennemis étrangers, d'ennemis nationaux, réels et imaginaires. Il démontre également un appétit marqué pour les apports financiers, n'ayant de comptes à rendre à personne, pas même au président des États-Unis. Cette histoire ose explorer toutes les conséquences des preuves largement archivées.

Elle rend même crédible la possibilité d'une civilisation "détachée", résultat de plus de soixante ans de progrès scientifiques et technologiques gardés à l'insu du plus grand nombre et dérivés de la rétro-conception d'épaves extraterrestres.

Je pose la question : Est-ce que cette histoire renforce les rapports d'une ville souterraine dans les Tehapachi Mountains, à quelques 130 kms de Los Angeles, où se construiraient les vaisseaux d'une flotte spatiale secrète ? Cette rumeur est-elle fondée, qui nous parle de réseaux de bases souterraines, où des soucoupes seraient alignées sur des aires de stationnement aménagées dans les montagnes de la base de Nellis ? C'est du moins ce que nous rapportent d'honorables employés de maintenance... Les contribuables de ce pays ont-ils financé la réalisation de ces engins ?

Aurions-nous déjà des bases secrètes sur la Lune et sur Mars ? Serions-nous déjà capables d'énoncer un nouveau paradigme en physique? Est-ce le gouffre dans lequel se sont engloutis des milliards de milliards ? Lisez ce livre et faites-vous votre propre idée. Qui fait les comptes ? Certainement pas le Congrès. Jadis discret, ce pilier de notre nation se tient maintenant au centre de la scène, à cheval sur notre ancienne république et la domine en secret.


Dolan Book

Notre gouvernement s'est éclipsé pour s'installer dans une zone de pénombre transnationale non élue et inconnue.

Ce second volume assemble les faits précis qui ont construit le monde embryonnaire d'un gouvernement mondial à venir.

Ce gouvernement est invisible et secret, comme le mentionne le New-York Times dès 1958 dans un article parlant de ''Gouvernement Invisible''. Devenu le modèle d'un règne mondial machiavélique son pouvoir est fondé sur le grand mensonge de notre époque.

C'est à dire que l'humanité consiste en un monde intelligent isolé du reste du cosmos et peuplé des êtres humains, le summum de la Création, unique intelligence dotée de réflexion et seule dans l'univers.

Le travail d'historien de Richard M.Dolan dresse le portrait de ce pouvoir ascendant comme jamais un historien ne l'avait osé. L'auteur démontre méthodiquement que nous vivons une histoire à deux niveaux, et il chiffre les coûts de cet artifice. Il nous montre comment l'érosion lente de nos valeurs républicaines nous a conduit dans un règne mondial régi par le secret, la tromperie et le vol, et dirigé par une entreprise fantôme de corporations que certains appellent ''Le Gouvernement de l'Ombre''. D'autres l'ont nommé le ''Gouvernement Permanent'' ou bien le ''Gouvernement Invisible''. Mais quel que soit la nomenclature, elle insinue une tête unique dirigeante, qui met en scène les évènements mondiaux comme une ''cabale'' prédite dans le livre de H.G.Wells : ''The Shape of Things to Come''.

HG Wells

Après la ''fausse chute'' du communisme, la cabale devient l'Hydre de notre mythologie. Une oligarchie régnante située au dessus des nations et des institutions. Elle forme des ''sous-cabales'' qui prennent place dans les couloirs du Congrès, des Nations-Unies, des gouvernements mondiaux, de la Finance Internationale, des agences de renseignements et de l'industrie multinationale de défense.

C'est un livre pour ceux qui cherchent la vérité, la justice, l'équité et l'honnêteté. Dolan expose également un projet pour défendre nos idéaux et pour libérer nos esprits des mensonges sur ce qui se passe dans nos cieux. Un projet pour nous permettre d'agir avec compréhension, nous qui vivons dans une époque où une machine médiatique déverse ses contenus abrutissants jour et nuit, sept jours sur sept, 365 jours par an.

Parmi ces absurdités, la plus grande de toutes les conspirations consiste à nous faire croire...''qu'il n'y a pas de complot réussi'' et encore moins d'évènements de cette nature dans notre histoire récente.

C'est le genre de livre dont on dit plus tard qu'il n'y en a qu'un par génération, une bible à consulter qui clarifie les actions nécessaires pour les réparations à venir. Pour ceux qui dorment encore, il est prédit qu'un beau matin, un seau d'eau glacée nous tombera sur la tête et en éveillera beaucoup, mais que beaucoup d'autres continueront à dormir.'' - Source

Lors de la présentation de son livre, l'auteur expose les thèmes importants de la période examinée :

"Le transfert de l'autorité du domaine public vers le domaine privé est l'un des résultats majeurs de la mondialisation. L'évolution du secret ufologique en est un exemple. Il est impossible d'en connaitre les détails mais la vue d'ensemble est assez claire. Le contrôle des éléments clés du secret s'est de plus en plus éloigné du gouvernement et des militaires pour se tourner vers des entités privées. Ce transfert de pouvoir apparait dans nombre de déclarations faites par ''ceux qui savent'' ainsi que dans des études plus générales du système des ''Special Access Programs'' du Pentagone, les prototypes des programmes ''Black Budget''. Le monde a subi une révolution transnationale silencieuse pendant la fin des années 80 et au début de la décennie qui suivit.''

''Nous pouvons supposer que le mensonge originel des années 40 a servi à gagner du temps. Les décideurs politiques essayaient de comprendre. Mais ce mensonge s'est développé pour devenir une infrastructure à part entière, imposante et complexe. Plus le temps passait plus les partis retranchés s'éloignaient des vérités établies officiellement et il leur devenait impossible d'expliquer au reste du monde ce qui se passait. C'était une chose d'expliquer au public qu'une ou plusieurs intelligences ET opéraient librement sur la Planète Terre pour des raisons qui leur étaient propres.


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C'était une toute autre histoire d'expliquer qu'une infrastructure gigantesque et secrète s'était constituée, avalant l'argent public, opérant dans le secret le plus total pendant des années, développant de nouvelles technologies, et faisant des profits sur l'exploitation d'un monopole basé sur de la technologie extraterrestre acquise. Et une autre chose encore, d'expliquer que le président des États-Unis, ou bien d'autres dirigeants nationaux n'étaient pas ''de facto'' les décideurs pour ces questions.'' Source

"Le troisième volume sera sous-titré : ''The Fight for Disclosure'' et couvrira la période de 1992 à nos jours, une nouvelle tranche de presque vingt ans. L'Initiative Rockefeller sera évoquée, ainsi que les efforts du Dr. Steven Greer et des groupes exopolitiques grâce à Stephen Bassett et beaucoup d'autres. Merci à Richard M. Dolan pour cette récapitulation magistrale de plus d'un demi siècle."

Assassinat d'un cadre du Hamas à Dubaï - Sur la trace du Mossad

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Sur cette image vidéo, on voit deux des suspects dans l’assassinat d’un cadre du Hamas à Dubaï.

 

Soupçonné d’avoir assassiné en janvier à Dubaï un cadre de la branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas et, pire que tout, d’avoir laissé des traces, le Mossad, le service secret israélien, se retrouvait hier sur la sellette.

Les médias israéliens, mais aussi d’anciens hauts responsables du Mossad, s’inquiètent de l’embarras que le meurtre de Mahmoud al-Mabhouh, le 20 janvier, risque de causer après qu’il s’est avéré que sept membres présumés du commando de tueurs se sont servis des noms d’Israéliens également détenteurs de nationalités étrangères. Le quotidien Haaretz réclame carrément la démission du chef du Mossad Méir Dagan, réputé partisan de l’action directe et des « opérations de liquidation ».

Le correspondant militaire du journal reproche au Premier ministre Benjamin Netanyahu de « n’avoir pas écouté les avertissements de ceux qui le mettaient en garde contre la prolongation de son mandat » alors que Méir Dagan est en poste depuis octobre 2002.

« Une opération réussie ? Pas si sûr », titre le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot, selon lequel « des failles sont révélées de plus en plus dans cette opération qui apparaissait au début comme un grand succès ». Mabhouh, considéré par Israël comme un important pourvoyeur d’armes du Hamas et impliqué dans le meurtre de deux soldats israéliens, a en effet été éliminé et le commando est parvenu à prendre la fuite. S’abstenant d’incriminer directement le Mossad, le journal relève toutefois que « ceux qui ont monté cette opération n’ont pas pris en considération le professionalisme de la police de Dubaï » qui a pu identifier des suspects à partir des images de caméras de surveillance.

« Grave erreur »
Pour sa part, un ancien haut responsable du Mossad, cité par la radio militaire, a estimé que le Mossad pourrait avoir commis une « grave erreur » s’il s’avère qu’il s’est servi des identités d’Israéliens, surtout sans leur consentement. Mais le ministre des Affaires étrangères a affirmé à la presse qu’il « n’y a aucune raison de penser qu’il s’agissait du Mossad israélien et pas des services secrets d’autres pays en train de faire des bêtises ». Avigdor Lieberman a également estimé que cette affaire n’allait pas porter atteinte aux relations israélo-britanniques. « Je crois que la Grande-Bretagne reconnaît qu’Israël est un pays responsable et que nos activités en matière de sécurité sont menées en vertu de règles du jeu très claires, prudentes et responsables. Nous n’avons donc aucune raison d’être inquiets ».

La presse publiait hier les photos de sept Israéliens, dont six également détenteurs de la nationalité britannique, qui se sont plaints que leurs identités avaient été usurpées.

« Je suis en état de choc. Je vais consulter le consulat britannique pour savoir ce qui se passe. C’est mon passeport, mais je n’ai pas quitté Israël », a affirmé à la radio l’un deux, Paul Kelly. Le député Israël Hasson du parti Kadima (opposition centriste), ancien responsable du service de sécurité intérieur (Shin Beth), a lui annoncé qu’il demanderait à la commission des affaires étrangères et de la défense, dont il est membre, « d’enquêter sur les usurpations d’identité » dans cette affaire. La police de Dubaï a annoncé mardi que deux suspects palestiniens, qui auraient aidé le commando, avaient été arrêtés et étaient interrogés.

 

Article original : Le Quotidien de la Réunion et de l'Océan Indien

19/02/2010

Flashback - L’ascension de Blackwater ou la privatisation de la guerre

Mondialisation.ca, Le 28 mars 2007

Black Waterbook - 2007-03-15




Blackwater a été fondée en 1996 par Erik Prince, un millionnaire chrétien conservateur et ancien marsouin, rejeton d’une famille aisée du Michigan, dont les donations généreuses ont aidé à l’ascension de la droite religieuse et à la révolution républicaine de 1994. À sa fondation, la société consistait largement en la fortune privée de Prince et en un terrain de 2500 hectares dans les marécages du Great Dismal [littéralement « le Grand Lugubre » : c’était bien trouvé ! NdT] à Moyock, en Caroline du Nord. La vision de Prince consistait à anticiper « la demande par le gouvernement d’ outsourcing des armes à feu et de la formation à la sécurité idoine ». Dans les années qui ont suivi, Prince, sa famille et leurs alliés politiques ont injecté de l’argent dans les campagnes des Républicains, soutenant la prise de contrôle par ceux-ci du Congrès et l’ascension de George W. Bush à la présidence.

 

Bienvenue à Moyock, où Blackwater offre aussi des "programmes d'aventure" aux familles

Alors que Blackwater avait déjà obtenu des contrats pendant l’ère Clinton, Qui était favorable à la privatisation, ce n’est qu’après le déclenchement de la « guerre contre le terrorisme » que le moment de gloire de la société est arrivé. D’un jour à l’autre, suite au 11 Septembre, la société a été amenée à jouer un rôle central dans une guerre mondiale. « J’ai opéré dans le business de la formation depuis quatre ans et je commençais à devenir un peu cynique sur la question de savoir si les gens prenaient au sérieux les affaires de sécurité », déclarait Prince à l’animateur de Fox News Bill O’Reilly peu après le 11 Septembre. « Mais maintenant, le téléphone n’arrête pas de sonner.»

Entraînement au tir sur cible à Moyock

Parmi ces coups de fil, il y en eut un de la CIA, qui donna un contrat à Blackwater pour travailler en Afghanistan au tout début des opérations US là-bas. Dans les années qui ont suivi, la société est devenue l’un des plus gros bénéficiaires de la « guerre contre le terrorisme », gagnant près d’un milliard de dollars dans des contrats non secrets, dont beaucoup étaient des arrangements hors adjudication. En une décennie, Prince a étendu le QG de Moyock à 3500 hectares, en en faisant la plus grande base militaire privée du monde. Blackwater a actuellement des effectifs de 2300 personnes déployées dans neuf pays, avec 20000 autres contractuels à disposition. Elle a une flotte de plus de 20 engins aériens, dont des hélicoptères de combat , une division de renseignement privé et elle produit des dirigeables de surveillance et des installations de tir à la cible.

 

Deux produits Blackwater : le dirigeable de reseignement Polar 400 et transporteur blindé de troupes Grizzly, garanti contre toutes sortes d'"engins explosifs improvisés"

 

 

En 2005 après le cyclone Katrina, elle a déployé ses forces à la Nouvelle-Orléans, facturant au gouvernement fédéral 950 $ par homme par jour, encaissant jusqu’à 240 000 $ par jour. Au plus fort de son engagement, la société avait 600 contractuels déployés du Texas au Mississippi. Depuis Katrina, elle a mené une politique agressive de contrats domestiques, ouvrant une nouvelle division des opérations domestiques. Blackwater fait du marketing pour ses produits et services auprès du Département de la Sécurité intérieure et ses représentants ont rencontré le Gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger. La société a déposé des demandes de licences pour opérer dans tous les États côtiers (des USA). Elle est aussi en train d’étendre sa présence physique à l’intérieur des frontières US, ouvrant des installations en Illinois et en Californie.

Le plus gros contrat qu’a pu obtenir Blackwater, a été celui avec le Département d’État concernant la sécurité des diplomates et installations US en Irak. Ce contrat a commencé en 2003 par un deal hors adjudication pour protéger le proconsul d’Irak d’un montant de 21 millions de dollars. Blackwater a fourni des gardes du corps aux deux ambassadeurs US successifs, John Negroponte et Zalmay Khalilzad, ainsi qu’à d’autres diplomates et officiers d’occupation. Ses forces ont protégé plus de 90 délégations du Congrès en Irak, y compris celle de la speaker du Congrès Nancy Pelosi. Selon les données fournies par le gouvernement, depuis juin 2004, Blackwater a reçu des contrats pour 750 millions de dollars rien que du Département d’État. Elle mène actuellement une intense campagne pour être envoyée au Darfour comme force privée de maintien de la paix. En octobre dernier, le Président Bush a levé certaines sanctions contre le Sud-Soudan chrétien, ouvrant la voie à une mission de formation de Blackwater là-bas. En janvier 2007, le représentant à Washington du gouvernement régional du Sud-Soudan a déclaré qu’il s’attendait à ce que Blackwater commence l’entraînement des forces de sécurité du Sud très prochainement.


J. Cofer Black Joseph E. Schmitz

Depuis le 11 septembre, Blackwater a recruté dans sa direction exécutive quelques hauts responsables proches de l’administration Bush. Parmi eux il y a J. Cofer Black, ancien chef du contre-terrorisme à la CIA, qui a dirigé la chasse à Oussama Ben Laden après le 11 Septembre, et Joseph Schmitz, un ancien inspecteur général du Pentagone, qui était responsable de la politique de gestion des sous-traitants comme Blackwater pendant une bonne durée de la « guerre contre le terrorisme », ce dont il a été accusé de ne pas s’être acquitté de manière efficace. Vers la fin de la période de fonction de Schmitz, le puissant sénateur républicain Charles Grassley a lancé une enquête du Congrès pour savoir si Schmitz avait “étouffé ou fait dévier deux enquêtes criminelles » sur des hauts responsables de l’administration Bush. Pris sous le feu des deux partis, Schmitz a démissionné et a rejoint Blackwater.

Malgré son rôle central, Blackwater avait largement opéré dans l’ombre, jusqu’à ce qu’elle ait droit aux feux de la rampe lorsque, le 31 mars 2004, quatre de ses soldats privés en Irak furent tués dans une embuscade à Falloujah. Une foule déchaînée brûla les corps et les traîna dans les rues de la vlle, puis en pendit deux à un pont sur l’ Euphrate. Cela marqua un tournant décisif dans la guerre d’Irak. Les forces US firent le siège de Falloujah quelques jours plus tard, tuant des centaines de gens et en déplaçant des milliers d’autres, enflammant la résistance irakienne acharnée qui harcèle les forces d’occupation jusqu’à ce jour. Pour la plupart des Américains, ce fut la première fois qu’ils entendirent parler de soldats privés. « Les gens ont commencé à se rendre compte qu’il s’agissait d’une véritable phénomène », dit le Représentant David Price, un Démocrate de Caroline du Nord, qui dit qu’il a commencé à surveiller le recours à des sous-traitants privés après Falloujah. « Comme la plupart des membres du Congrès, ce n’est qu’alors que j’ai commencé à être attentif et à développer un intérêt pour ça », après l’incident de Falloujah.

 

Ce que l’on sait moins, c’est que l’incident de Falloujah a donné un coup de fouet aux affaires de Blackwater à Washington, lui permettant de capitaliser la reconnaissance fraîchement acquise. Le jour suivant l’embuscade, elle a loué les services du Alexander Strategy Group, une entreprise de lobbying de la rue K dirigée par des anciens membres du staff de l’ex-leader de la majorité (au Congrès) Tom DeLay avant le krach de l’entreprise dans la foulée du scandale Jack Abramoff. Une semaine après l’embuscade, Erik Prince était en réunion avec au moins quatre membres de la Commission sénatoriale aux services armés dont son président, John Warner. Le sénateur Rick Santorum avait organisé la réunion, à laquelle participaient Warner et deux autres sénateurs clé - le président de la Commission des attributions Ted Stevens de l’Alaska et George Allen de Virginie. Cette réunion faisait suite à une série de rencontres en tête-à-tête entre Prince est des puissants parlementaires républicains qui supervisaient l’attribution de contrats militaires. Parmi eux : DeLay; Porter Goss, président de la Commission parlementaire au renseignement (et futur directeur de la CIA); Duncan Hunter, président de la Commission parlementaire aux services armés, et le Représentant Bill Young, président de la Commission parlementaire des attributions. L’objet des discussions lors de ces rencontres reste secret. Mais il est clair que Blackwater était en tain de se positionner pour tirer le maximum de profit de sa nouvelle célébrité. Et de fait, deux mois plus tard, Blackwater se voyait attribuer par le gouvernement un des contrats internationaux de sécurité les plus juteux, d’un montant de plus de 300 millions de dollars.

L’entreprise était aussi désireuse d’avoir une influence sur la définition des règles régissant les mercenaires sous contrat gouvernemental. « À cause des événements du 31 mars (à Falloujah), la visibilité de Blackwater et le besoin de communiquer un message consistant ont augmenté ici à Washington », devait déclarer Chris Bertelli, le nouveau lobbyiste de Blackwater. « Il y a maintenant divers règlements fédéraux qui s’appliquent à leurs activités, mais ils sont généralement larges. Une chose qui manque, ce sont des normes industrielles. C’est une chose dans laquelle nous voulons définitivement nous engager. » Au mois de mai Blackwater dirigeait une opération de lobbying de l’industrie militaire privée pour essayer de bloquer les efforts du Congrès ou du Pentagone pour placer leurs forces sous la juridiction des cours martiales.

Mais alors que Blackwater jouissait d’un nouveau statut de héros dans la guerre contre le terrorisme au sein de l’administration et du Congrès sous contrôle républicain, les familles des quatre hommes tués à Falloujah disaient avoir été menées en bateau par Blackwater lorsqu’elles avaient essayé de savoir dans quelles circonstances leurs hommes avaient été tués. Après ce qui à leurs dires a duré de longs mois pour obtenir des réponses claires, les familles ont déposé en janvier 2005 une plainte pour homicide par imprudence qui ouvre de nouvelles perspectives, accusant l’entreprise de ne pas avoir fourni aux hommes les garanties de protection stipulées dans leurs contrats. Au nombre de leurs allégations : les hommes avaient été envoyés ce jour-là en mission à Falloujah avec des armes de moindre calibre que celles qu’ils auraient du avoir et dans des jeeps Pajero au lieu de véhicules blindés. Ce dossier judiciaire pourrait avoir des effets de grande envergure et a été suivi de près par l’industrie des sous-traitants de guerre – l’ancienne filiale de Halliburton KBR a même présenté au tribunal un mémorandum en faveur de Blackwater. Si la plainte a du succès, elle pourrait ouvrir la voie à un scénario de poursuites en cascade du type de celles engagées contre l’industrie du tabac, où l’on verrait les sous-traitants de guerre assaillis de plaintes légales de salariés tués ou blessés dans des zones de guerre.

Pendant que l’affaire poursuivait son chemin dans le système judiciaire, Blackwater a engagé des puissants avocats républicains pour la défendre, parmi lesquels Fred Fielding, récemment nommé par Bush conseiller à la Maison blanche en remplacement de Harriet Miers; et Kenneth Starr, l’ancien procureur dans l’affaire Whitewater (enquête sur les affaires immobilières des époux Clinton, qui est restée sans suite , NdT), et actuel conseil en chef de Blackwater. Celle-ci n’a pas engagé de débat formel sur les allégations spécifiques contenues dans la plainte, mais ce qui a émergé de ses documents transmis au tribunal, c’est une série d’arguments légaux destinés à étayer sa ligne de défense, à savoir qu’elle au-dessus de la loi. Blackwater prétend que si les tribunaux US permettent que l’entreprise soit poursuivie pour homicide par imprudence, cela pourrait mettre en danger les capacités de combat de la nation : « Rien ne pourrait être plus destructif pour le concept de Force totale, basée sur des volontaires, qui sous-tend la doctrine US en matière de main d’œuvre militaire, que d’exposer les composantes privées au système d’établissement de torts de 50 États, transporté outre-mer sur les champs de bataille », argumentait la société dans ses documents légaux. En février, Blackwater a subi une défaite majeure, lorsque la Cour suprême a refusé d’examiner le cas Falloujah, ce qui a donné le feu vert à un procès devant un tribunal d’État, dans lequel il n’y aurait pas de plafond aux dommages et intérêts qu’un jury pourrait décider.

Le Congrès commence à s’intéresser à cette affaire, qui risque d’en déclencher beaucoup d’autres. Le 7 février, le Représentant Henry Waxman a présidé des auditions de la Commission de supervision et de réformes gouvernementales. Alors que les auditions étaient destinées à examiner la dépendance US par rapport aux sous-traitants privés, elles se sont largement concentrées sur Blackwater et l’incident de Falloujah. Pour la première fois, Blackwater s’est retrouvée forcée de partager une comparution publique avec les familles des hommes tués à Falloujah. « Les sous-traitants privés comme Blackwater travaillent en dehors du champ de la chaîne de commandement militaire et peuvent littéralement faire que bon leur semble sans avoir aucune obligation de rendre des comptes au gouvernement », a déclaré à la commission Katy Helvenston, dont le fils Scott était l’un des hommes tués. « C’est pourquoi Blackwater peut continuer à recevoir du gouvernement des centaines de millions de dollars des contribuables sans avoir à réponde à une seule question sur ses agents de sécurité. » Citant la plainte en cours, le défenseur de Blackwater, Andrew Howell, a refusé de répondre aux nombreuses accusations portées contre la société par les familles et a demandé à plusieurs reprises à la commission de poursuivre les auditions à huis clos. « Les hommes partis en mission le 31 mars, avaient chacun son arme et suffisamment de munitions », a dit Howell à la commission, ajoutant que les hommes étaient dans des véhicules « appropriés ». Cela été contesté avec force par les familles, qui ont rétorqué que pour économiser 1,5 million de dollars, Blackwater ne leur avait pas fourni de véhicules blindés. « Une fois qu’ils ont signé avec Blackwater et qu’ils ont été acheminés au Moyen-Orient, Blackwater les a traités comme des denrées périssables », a dit Helvenston dans son témoignage émotionnel devant les législateurs, livré au nom des quatre familles.

L’aspect qui a mis l’affaire sur le radar de Waxman est le labyrinthe des contrats de sous-traitance en cascade qui est à la base de la mission de Falloujah. Waxman a cherché à établir depuis novembre 2004 pour qui en fin de compte les hommes de Blackwater travaillaient le jour de l’embuscade. « Pendant plus de 18 mois, le Département de la Défense n’a même pas daigné répondre à mes questions », dit Waxman. « Quand il a enfin répondu en juillet dernier, il n’a même pas fourni l’état détaillé que j’avais réclamé. En fait, il a nié que les sous-traitants privés de sécurité aient le moins du monde travaillé pour le Pentagone. Or nous savons que c’est faux. ». Le combat de Waxman pour suivre l’argent de ce contrat engageant des puissants sous-traitants de guerre comme KBR illustre parfaitement la nature secrète de toute l’industrie de sous-traitance de guerre.

Ce qui ne fait pas l’objet de débat à propos de l’incident de Falloujah, c’est le fait que Blackwater travaillait avec une entreprise koweïtienne Regency sous un contrat avec la plus grande entreprise mondiale de fourniture de services de restauration, Eurest Support Services. ESS est un sous-traitant de KBR et d’un autre géant de la sous-traitance de guerre, Fluor, qui travaille en Irak dans le cadre du programme de sous-traitance du Pentagone. Un contrat couvrant la mission de Blackwater à Falloujah indique que cette mission avait été sous-traitée à Blackwater KBR. L’été dernier, KBR l’a nié. Puis ESS a écrit à Waxman pour dire que la mission était conduite dans le cadre du contrat de Fluor avec ESS. Fluor l’a démenti et le Pentagone a dit à Waxman qu’il ne savait pas à quelle société la mission était en dernière analyse liée. Waxman a allégué que Blackwater et les autres sous-traitants “ajoutaient des marges substantielles” à leurs sous-contrats pour les mêmes services de sécurité qui, selon Waxman, sont ensuite facturés aux ocontribuables US. « Il est remarquable que le monde des sous-traitants est si obscur que nous ne pouvons pas aller au fond, sans parler du calcul du nombre de millions de dollars perdus par les contribuables à chaque étape du processus de sous-traitance en cascade», dit Waxman.

Alors qu’il apparaissait lors de l’audition du 7 février que l’origine du contrat demeurerait obscure, cela soudain changé quand, vers la fin d l’audition, le Pentagone a révélé que le premier sous-traitant était en fait KBR. En violation de la politique militaire appliquée par le programme LOGCAP aux sous-traitants utilisant des forces privées de sécurité au lieu de troupes US, KBR avait souscrit un contrat avec ESS qui était protégée par Blackwater; et les coûts pour ce contrat pour les contribuables avaient été de 19,6 millions. Blackwater dit qu’elle a facturé ses services à ESS pour 2,3 millions, ce qui signifie qu’une marge de 17 million a été en fin de compte facturée au gouvernement. Trois semaines après l’audition, KBR a fait savoir à ses actionnaires qu’elle pourrait être oblige de rembourser 400 millions au gouvernement, suite à une enquête en cours de l’Armée de terre.

Cela a pris plus de deux ans à Waxman pour obtenir une réponse à cette simple question: qui les contribuables étaient-ils en train de payer pour ses services ? Mais comme la procédure sur Falloujah le montre, il ne s’agit pas seulement d’argent, mais de vies humaines.

Un meurtre le soir de Noël

Alors que la publicité sur Blackwater vient surtout de l’affaire de Falloujah, un autre incident plus récent suscite de l’attention. Le soir de Noël, à l’intérieur de la Zone verte de Bagdad, transformée en forteresse, un employé américain de Blackwater aurait tué un garde du corps irakien protégeant un haut responsable irakien. Pendant des semaines après la tuerie, des rapports non confirmés ont circulé sur Internet, selon lesquels l’alcool aurait été la cause des tirs mortels et que l’Irakien aurait reçu dix balles dans la poitrine. L’histoire disait aussi que l’agent avait été exfiltré d’Irak avant de pouvoir être inculpé. Les enquêtes des médias ne donnèrent aucun résultat. L’ambassade US refusait de confirmer qu’il s’agissait d’un agent de Blackwater et la société se refusait à tout commentaire.

Puis l’incident fut évoqué à l’audition du Congrès du 7 février. Alors que la séance allait être clôturée, le Représentant Kucinich s’est précipité dans la salle pour, disait-il, poser une dernière question. Il fit enregistrer une information des médias sur l’incident et demanda à l’avocat de Blackwater Howell s’il était exact que Blackwater avait rapatrié l’agent d’Irak après les tirs présumés. « Ce monsieur a été relevé de ses fonctions le jour même de l’incident », répondit Howell confirmant ainsi officiellement l’incident pour la première fois. « Blackwater l’a ramené aux USA. »

« Va-t-il être extradé en Irak pour meurtre, et sinon, pourquoi ? », demanda Kucinich.

« Monsieur, je ne suis pas chargé de faire appliquer la loi. Tout ce que je peux dire, c’est qu’une enquête est en cours », répondit Howell. «Nous coopérons et soutenons pleinement l’enquête»

Kucinich a répliqué : «Je voudrais juste signaler que cette question pourrait éventuellement faire des responsables de Blackwater des complices de la soustraction d’un suspect de meurtre à la justice.»

La guerre sur la colline (du Capitole)

Plusieurs lois font désormais leur chemin au Congrès pour établir une transparence dans la gestion des forces privées qui sont devenues des acteurs majeurs dans les guerres de l’après -11 septembre. À la mi-février, les sénateurs (démocrates) Byron Dorgan, Patrick Leahy et John Kerry ont introduit une législation visant à empêcher les contrats hors adjudication et le copinage, sanctionnant par des peines allant jusqu’à 20 ans de prison et des amendes allant jusqu’à 1 million de dollars ce qu’ils appellent les “profiteurs de guerre”. Cela fait partie d’une approche qualifiée de “multi-fronts”. «Je pense que le nombre d’entre nous qui travaillent là-desssus atteint désormais une masse critique», dit le membre du Congrès du Price, qui représente l’État où est installée Blackwater (la Caroline du Nord, NdT). En janvier, il a introduit une loi étendant la Loi sur la juridiction militaire extraterritoriale de 2000 (MEJA) à tous les sous-traitants en zones de guerre et pas seulement ceux travaillant pour ou aux côtés des forces armées. Le plus gros du travail de Blackwater en Irak est, par exemple, sous-traité par le Département d’État. Price a indiqué que la tuerie alléguée de Noël pourrait servir de test pour ce qui relève de cette loi. «Je vais suivre cette affaire et demander une enquête complète.»

Mais il y a au moins une bonne raison de se méfier de cette législation : le bureau de Price a consulte le lobby militaire privé lorsqu’il était en train d’élaborer la proposition de loi, qui était fortement soutenue par l’industrie. Peut-être est-ce parce que la MEJA n’a été pour ainsi dire jamais appliquée. «Même dans des situations où des lois civiles US auraient pu être appliquées à des crimes commis par des sous-traitants, elles ne l’ont pas été», note P.W. Singer, un des principaux spécialistes des sous-traitants. Les procureurs américains ont déjà des ressources limitées dans leurs propres districts – comment pourraient-ils mener des enquêtes complexes en Irak ? Qui va protéger les enquêteurs et les procureurs ? Comment vont-ils faire pour interroger les victimes irakiennes ?

Comment pourraient-ils superviser 100 000 hommes dispersés dans une dangereuse zone de guerre ? «C’est une bonne question» accorde Price. «Je ne dis pas que ce serait une mince affaire.» Il argue que sa proposition de loi est une tentative de «mettre tout le secteur de la sous-traitance dans une nouvelle situation où il aura à rendre des comptes. »

L’automne passé, adoptant une autre tactique, le sénateur républicain Lindsey Graham – avocat et ancien juge réserviste de l’Aviation – a tout bonnement introduit une clause dans l’Autorisation de défense 2007, que Bush a signée comme loi, qui place les sous-traitants sous la juridiction du Code uniforme de justice militaire (UCMJ), communément appelé le système des cours martiales. Graham a introduit ce changement sans débat public et sans susciter de réactions au Congrès, mais les sous-traitants de guerre ont immédiatement remis en cause son caractère constitutionnel. De fait, cela pourrait offrir une occasion rare pour les mercenaires et les libertariens [partisans du moins d’intervention possible de l’État dans la vie des gens, NdT] de faire cause commune. Beaucoup de sous –traitants ne sont pas des combattants armés : ils travaillent dans la restauration, la blanchisserie et autres services d’appui. Alors qu’on peut arguer que les sous-traitants armés comme ceux travaillant pour Blackwater doivent être soumis à l’ UCMJ , le changement introduit par Graham pourrait avoir comme effet qu’un plongeur népalais travaillant pour KBR pourrait être poursuivi au même titre qu’un soldat US. Pour corser le tout, les militaires ont suffisamment de problèmes pour surveiller leurs propres forces massives pour qu’on s’attende à ce qu’ils aient du mal à surveiller en plus les 100 000 employés du personnel privé. En outre, beaucoup de sous-traitants en Irak y sont dans le cadre de contrats passés avec le Département d’État ou d’autres agences civiles, qui ne relèvent pas du secteur militaire.

 


Barack Obama, vu par John S. Pritchett

Dans une tentative de clarifier ces questions, le Sénateur Barack Obama a introduit une nouvelle législation complète en février. Elle requiert des règles d’engagement claires pour les sous-traitants armés, leur étend le champ d’application de la MEJA et enjoint au Département de la Défense d’ « arrêter et détenir » des agents privés suspectés de crimes et délits et de les remettre aux autorités civiles pour être poursuivis. Elle demande aussi au Département de la Défense de soumettre un rapport complet sur les enquêtes en cours concernant des abus commis par des employés de sous-traitants, sur le nombre de plaintes reçues contre des sous-traitants et d’enquêtes criminelles ouvertes. Dans une déclaration à The Nation, Obama a dit que les sous-traitants « opèrent selon des lignes d’autorité qui ne sont pas claires et virtuellement sans aucune supervision du Congrès. Ce trou noir dans la responsabilité accroît les dangers pour nos troupes et pour les civils américains travaillant pour des sous-traitants. » Il a dit que sa législation « rétablirait le contrôle sur ces entreprises », tout en « mettant les sociétés sous l’emprise de la loi. »

La Représentante démocrate Jan Schakowsky, membre de la Commission parlementaire au renseignement, a été un des principaux critiques du système de sous-traitance militaire. Sa Loi pour la transparence sur les contrats en Irak et Afghanistan, introduite en février et qui appuie celle d’Obama, se résume à ce que Schakowsky voit comme une mission d’enquête, qui aurait du être menée depuis longtemps, sur les méandres bureaucratiques des secrets de la sous-traitance. Entre autres dispositions, elle fait obligation au gouvernement de déterminer et de rendre public le nombre des sous-traitants employés en Irak et en Afghanistan; toute violation par des sous-traitants des lois des pays hôtes, internationales ou US ; les actions disciplinaires prises contre des employés en sous-traitance ; et le nombre total d’employés en sous-traitance tués ou blessés. Schakowsky dit qu’elle a à plusieurs reprises tenté d’obtenir ces informations ces dernières années mais qu’elle a été menée en bateau ou ignorée. « C’est de milliards et de milliards de dollars qu’on est en train de parler – certains ont estimé que 40 cents sur chaque dollar [dépensé dans l’occupation] va aux sous-traitants et nous ne pouvons pas avoir d’informations sur les pertes, les morts », dit Schakowsky. « Il a été virtuellement impossible de mettre en lumière cet aspect de la guerre, qui donc n’a pas été pris en compte dans les débats sur la guerre, son envergure, ses coûts, ses risques. Nous ne savons presque rien sur cette armée de l’ombre qui opère en Irak. Je pense que le peuple américain est loin de savoir de quoi il retourne dans cette guerre. »

À défaut de chiffres complets sur le nombre de pertes subies par les fournisseurs privés de services, le Département de la Défense a confirmé les chiffres suivants : 770 morts et 7761 blessés en Irak à la date du 31 décembre 2006. Mais ces chiffres ne prennent en compte que ceux dont les familles ont demandé à bénéficier des assurances gouvernementales. Des analystes indépendants disent que le nombre réel est vraisemblablement beaucoup plus élevé. Blackwater a elle seule a perdu au moins 27 hommes en Irak. Et puis il y a le coût financier : selon Waxman, presque 4 milliards de dollars ont été payés par les contribuables pour les forces de sécurité privées en Irak. Et malgré ces forces supplémentaires, les militaires rament pour être à la hauteur des exigences d’une Maison blanche engagée dans l’aventurisme militaire.

Une semaine après la fin du règne de Donald Rumsfeld sur le Pentagone, les forces US avaient été tellement sollicitées que l’ancien secrétaire d’État Colin Powell déclarait : « l’Armée de terre d’active est pour ainsi dire brisée. » Plutôt que de repenser sa politique étrangère, l’administration a forgé des plans pour un “déferlement” de troupes sur l’Irak et Bush a lancé un plan pour ajouter aux militaires un Corps de réserve civil, ainsi présenté dans son discours de janvier sur l’état de l’Union : « Un tel corps fonctionnerait de manière très semblable à celle de notre réserve militaire. Il allègerait le fardeau qui pèse sur les forces armées en nous permettant d’engager des civils avec des compétences cruciales pour servir en mission à l’étranger quand l’Amérique a besoin d’eux. » Il semble que le Président ne faisait que donner là un nouveau nom fantaisiste à quelque chose que l’administration avait déjà réalisé avec sa “révolution” dans les affaires militaires et en faisant appel dans des proportions jamais vues auparavant aux fournisseurs privés. Mais alors que le « déferlement » proposé par Bush suscitait un vif débat au Congrès et dans l’opinion publique, le recours croissant par l’administration aux sous-traitants militaires privés était passé largement inaperçu et n’avait pas fait débat.

« Le recours croissant aux sous-traitants privés, forces privées ou, comme diraient certains, « mercenaires », rend les guerres plus faciles à déclencher et à combattre – ça ne prend que de l’argent et pas de citoyens », dit Michael Ratner, président du Centre pour les droits constitutionnels, qui a engagé des poursuites contre des fournisseurs privés pour des allégations d’abus commis en Irak. «Lorsqu’une population est appelée à aller faire la guerre, il y a de la résistance, une résistance nécessaire pour empêcher que les guerres s’étendent d’elles-mêmes, des guerres folles et dans le cas des USA, des guerres pour l’hégémonie impérialiste. Les forces privées sont presque une nécessité pour des USA soucieux de maintenir à flot leur empire déclinant. »

Pour ce qui est du Corps de civil de réserve et de l’idée, promue par Blackwater, d’une « brigade en sous-traitance privée » pour travailler avec les militaires, les congressistes qui ont une position critique sur la guerre sont en train de cibler ce qu’ils voient comme une escalade soutenue et non déclarée dans le recours aux forces privées. « Le « déferlement » implique une secousse qui a un début et une fin », dit Schakowsky. « Qu’entre un tiers et un quart des forces présentes sur le terrain ne soient pas inclues dans le débat est une chose très dangereuse pour la démocratie, car la guerre est la chose la plus grave que nous faisons.

De fait, les morts de sous-traitants ne sont pas comptabilisées dans le compte total des morts US, et leurs crimes et violations ne sont ni documentés ni punis, ce qui contribue encore plus à masquer les vrais coûts de la guerre. « Quand vous faites venir des sous-traitants auxquels la loi ne s’applique pas, ni les Conventions de Genève, ni les notions morales communes, on jette tout par la fenêtre », dit Kucinich. « Et ce que ça veut dire, c’est que ces sous-traitants privés sont en réalité le bras de l’administration et de sa politique. »

Kucinich dit qu’il a l’intention d’enquêter sur la possible implication des forces privées dans les opérations clandestines en Irak. « Quelle différence y a-t-il entre des opérations clandestines et des opérations soi-disant transparentes sur lesquelles vous n’avez aucune information ? Il n’y a pas de différence», dit-il. . Kucinich dit aussi que le problème avec les privés n’est pas seulement lié à la transparence. « C’est la privatisation de la guerre », dit-il. L’administration est en train de «lier les profits des fournisseurs privés au fait de faire la guerre. Si bien que nous incitons les fournisseurs privés à faire du lobbying auprès de l’administration et du Congrès pour qu’ils créent plus d’occasions de réaliser des profits, et ces occasions, c’est plus de guerre. Et c’est pour ça que le rôle des fournisseurs privés devrait être fortement limité par le Congrès. »

Jeremy Scahill est un journaliste d’investigation qui a reçu de nombreuses recompenses. Il est correspondant du programme de radio-télévision Democracy Now!, et auteur invité de la Puffin Foundation au The Nation Institute. Il est l’auteur du nouveau livre Blackwater: The Rise of the World’s Most Powerful Mercenary Army (Nation Books), dont cet article est une adaptation.

Original : http://gnn.tv/articles/2977/Blackwater_Rising

 

Traduit de l’anglais par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.

Forte proportion de passagers liés à l’armée dans le vol 77 qui aurait percuté le Pentagone

Réseau Voltaire, 4 février 2010

par Pino Cabras

Nombreuses sont les incohérences concernant le Vol 77 d’American Airlines qui a prétendument percuté le Pentagone à 9h37 le 11 septembre 2001, nous ne les enumèrerons pas ici, d’autres articles de ce site en donnent une liste détaillée. Mais de nouveaux éléments sont apparus récemment, fruit d’investigations effectuées par des journalistes indépendants. Nous vous livrons ici un extrait du livre Strategie per una guerra mondiale de Pino Cabras. Il y relève l’étrange proportion de passagers travaillant pour le secteur militaire dans le Vol 77, et qui officiellement auraient trouvé la mort le 11-Septembre au Pentagone.

L’article du Réseau Voltaire à propos de la porte du cockpit du vol 77 [1] —qui nous révèle des détails inquiétants, peu ou pas du tout approfondis par les enquêtes officielles, mais qui devront être scrutés par des investigations même non officielles— attire notre attention sur quelques-unes des anomalies de cette terrible journée. Il n’y a pas que le personnage du commandant Burlingame à nous interpeler. Le Vol 77 avait une haute densité de passagers qui travaillaient secrètement pour le secteur de la Défense. Entre 16 et 21 personnes sur les 58 passagers de ce vol.

La plupart d’entre eux étaient des ingénieurs en aérospatiale. L’un d’eux, Mr Yamnicky, était depuis longtemps un agent opérationnel de la CIA qui travaillait pour la Veridian en qualité d’ingénieur en aérospatiale. Un autre passager de cette liste, Mr Caswell, dirigeait une équipe d’une centaine de scientifiques pour la Marine militaire états-unienne. D’autres travaillaient pour Boeing et Raytheon, à El Segundo en Californie, sur un projet nommé « Black Hawk ».

Nous présentons ici quelques informations sur ces passagers intéressants du Vol 77, qui font partie des listes obtenues en parcourant les rubriques nécrologiques sur le Web ou dans les articles de journaux publiés dans les jours suivant les attentats.

1- John D. Yamnicky Sr., 71 ans, de Waldorf, Maryland effectuait un voyage professionnel sur le Vol 77 d’American Airlines. C’était un ancien pilote militaire à la retraite, mais il travailla pour un fournisseur de la Défense au sein de la Veridian Corp, basée en Virginie, où —après son départ en retraite avec le grade de Capitaine en 1979— il opérait sur des programmes relatifs aux avions de chasse et aux missiles air-air. Son fils, John Yamnicky, déclara que son père avait travaillé au développement du chasseur F/A-18. John Yamnicky Sr, une fois diplômé à la US Naval Academy en 1952, devint pilote de tests pour la US Navy, aux commandes d’un bombardier A-4, et il aurait raconté ses voyages et ses missions pour la Marine militaire américaine en Corée et au Viet Nam. “Il s’est écrasé à cinq reprises, mais s’en est toujours tiré indemne” a expliqué Cindy Sharpley, une amie de la famille. “Sauf cette dernière fois” (AP, 2001) 
Yamnicky obtint son diplôme à la Navy Test Pilot School, située à Patuxent River en 1960. Il passa aussi un Master en Relations internationales à l’université George Washington en 1966. Mr Yamnicky, qui assurait aussi des prestations sur des avions de ligne, devint capitaine en 1971, alors qu’il était à Patuxent River, puis il se mit au service du Bureau du secrétariat à la Défense.

2- William E. Caswell était un physicien de 3e génération dont les fonctions au sein de l’US Navy étaient si secrètes que ses proches ne savaient pratiquement rien de ce qu’il faisait au quotidien. 
Ils ne savaient même pas précisément pour quelle raison il fut envoyé à Los Angeles sur ce vol maudit d’American Airlines le 11 septembre 2001. 
C’était un trajet qu’il faisait souvent, explique sa mère Jean Caswell. « Nous ne savions jamais ce qu’il y faisait, car il ne pouvait pas nous le dire. On apprend à ne pas poser de questions. » [2]. 
Dans une publication de l’université de Princeton, le directeur de thèse de Caswell déclara que dans les années quatre-vingt, il apprit que l’US Navy cherchait un scientifique expert qui puisse la conseiller sur un projet secret concernant une technologie avancée, et il avait proposé le nom de Bill Caswell. « Je ne participais pas à son travail quotidien, mais à tous points de vue, c’était encore son projet de thèse : partant de zéro il est monté très rapidement jusqu’à un poste de responsable scientifique à la tête d’une équipe de plus de cent chercheurs dans un des domaines les plus exigeants de l’US Navy. » Ses capacités techniques et managériales étaient très appréciées par ses collègues et lui avaient valu les plus hautes récompenses et distinctions de la Marine militaire. 
L’ironie du sort a voulu qu’il voyage précisément pour ce projet, comme passager du Vol 77 d’American Airlines, et qu’il périsse dans le crash de l’avion.

3- et 4- Wilson Flagg, 63 ans, né à Millwood en Virginia, un amiral de l’US Navy, pilote pour American Airlines avant de prendre sa retraite. C’était l’un des trois amiraux mis en cause par l’US Navy dans le scandale Tailhook en 1991, relatif à des violences sexuelles. Sa femme Darleen, du même âge, est elle aussi morte dans le crash. 
La lettre d’avertissement qui figure dans son dossier bloqua de fait toute promotion et l’amena à quitter l’US Navy. Il devint pilote pour American Airlines avant de prendre sa retraite. Son neveu Ray Sellek indiqua qu’il continuait de se rendre au Pentagone pour fournir des conseils techniques, au point d’y avoir un bureau.

5- Stanley Hall, 68 ans, de Rancho Palos Verdes, Californie. Directeur de programme chez Raytheon Co. « C’était notre gourou de la guerre électronique » explique un de ses collègues chez Raytheon, une société qui fournit le département de la Défense US. Hall avait développé et mis au point des technologies antiradar. C’était un homme posé et compétent, une sorte de figure paternelle. « Beaucoup de nos jeunes ingénieurs voyaient en lui un mentor » a déclaré Rn Colman le porte-parole de Raytheon.

6- Bryan Jack, 48 ans, d’Alexandria en Virginie, analyste du budget et directeur de la Division de programmation et d’économie fiscale au département de la Défense (Dod). Jack, qui travaillait au Pentagone, avait été envoyé en Californie pour dispenser un cours à l’École des officiers de la Navy (Naval Postgraduate School). Ses collègues disent de lui que c’était un mathématicien brillant. Comme chef de programmation et des politiques fiscales pour le bureau du secrétaire à la Défense, c’était un analyste de pointe du budget. Il travaillait au Pentagone depuis 23 ans. 
Jack s’était marié avec l’artiste Barbara Rachko en juin 2001. Mme Rachko travaillait toute la semaine dans son studio de New York et ils se voyaient donc seulement le week-end, soit dans leur maison à Alexandrie soir dans leur appartement à New York. Barbara Rachko a une licence de pilote de ligne et avait travaillé sept ans comme officier naval. Elle avait quitté le service actif, mais restait Commandant de réserve pour la Navy.

7- Keller, Chandler ‘Chad’ Raymond. Chad naquit à Manhattan Beach en Californie le 8 octobre 1971. C’était un éminent ingénieur spécialisé dans la propulsion et chef de projet chez Boeing Satellite Systems [3]

8- Dong Lee, 48 ans, de Leesburg, Virginia, ingénieur chez Boeing Co.

9- Ruben Ornedo, 39 ans de Los Angeles, était ingénieur en propulsion chez Boeing à El Segundo, Californie.

10- Robert Penninger, 63 ans, de Poway, Californie, ingénieur électricien chez un fournisseur de la Défense, BAE Systems. Il travaillait à San Diego depuis 1990.

11- et 12- Robert R. Ploger III, 59 ans, d’Annandale en Virginie, architecte logiciel chez Lockheed Martin Corp., et sa femme Zandra Cooper.

13. John Sammartino, 37 ans, d’Annandale en Virginie, responsable technique pour XonTech Inc. à Arlington en Virginie, une compagnie scientifique et technologique liée au domaine militaire et spécialisée en missiles de défense et en technologies de senseurs, qui fut rachetée en 2003 par une autre société produisant pour les militaires, la Northrop Grumman. Sammartino était un voyageur assidu avec sa carte Platine d’American Airlines, et il se rendait au siège de la société à Van Nuys en Californie, accompagné par son collègue Leonard Taylor. 
À sa sortie de l’université, Sammartino avait été embauché comme ingénieur au Naval Research Lab ; il travaillait depuis 11 ans pour XonTech.

14. Leonard Taylor, 44 ans, de Reston en Virginia, responsable technique chez XonTech, était né à Pasadena, Californie. Il avait obtenu son diplôme à la Andover High School en 1975 et au Worcester Polytechnic Institute en 1979 [4].

15. Vicki Yancey, 43 ans, de Springfield, se rendait à Reno pour une réunion de travail, mais elle n’avait pas prévu d’être sur le Vol 77. Yancey, ex-technicienne en électronique navale, travaillait pour la société Vredenburg, un fournisseur de la Défense, elle devait partir pour Washington plus tôt, mais des problèmes de billets retardèrent son départ, comme expliqua son mari au Washington Post. Elle appela son mari dix minutes après l’embarquement pour l’informer qu’elle avait finalement réussi à avoir une place dans l’avion [5]

16. Charles F. Burlingame III, 52 ans, diplômé en 1971 à la U.S. Naval Academy, était capitaine sur le Vol 77 d’American Airlines. Burlingame était réserviste de la Navy et avait même travaillé dans l’aile du Pentagone que l’avion aurait percuté [selon la version officielle, Ndt.].

17. Barbara K. Olson, 45 ans, avocate et commentatrice conservatrice. Olson était connue des téléspectateurs comme une journaliste politique combative et sure d’elle-même qui représentait le point de vue conservateur. Elle formait, dans le paysage social et politique de Washington un couple influent avec son mari Theodore B. Olson, un avocat en vue qui avait défendu avec succès la cause de l’élection en Floride de George W. Bush devant la Cour Suprême. Le président Bush avait nommé M. Olson au poste de procureur général des États-Unis, c’est-à-dire de responsable de la stratégie de l’Administration devant les tribunaux états-uniens. 
L’histoire du coup de téléphone est curieuse. M. Olson a raconté qu’alors qu’il était dans son bureau au département de la Justice le mardi matin, il avait reçu un appel de sa femme qui aurait utilisé son téléphone portable à bord du Vol 77 d’American Airlines pour lui dire que l’avion avait été détourné. Cette version, très critiquée en raison de l’impossibilité d’utiliser un portable depuis un avion, fut modifiée par la suite par une autre dans laquelle Barbara Olson aurait utilisé un téléphone de siège. Mais comme le rapporte un autre article du Réseau Voltaire, il n’y a aucune trace de cet appel dans les enregistrements. 
Les Olson, mariés depuis 4 ans, étaient parfaitement complémentaires en termes de style. Elle était la plus sincère des deux dans ses commentaires à la télévision, alors que lui se montrait plus réfléchi dans son rôle d’avocat constitutionnel en charge de l’establishement républicain. 
Barbara Olson fut une des critiques les plus infatigables de Bill et Hillary Clinton, contre lesquels elle conduisit des enquêtes impitoyables. Elle écrivit entre autres un livre intitulé Hell to Pay (Regnery 1999), extrêmement critique à l’égard d’Hillary Rodham Clinton, suivi d’un ouvrage posthume centré sur les dernières semaines des Clinton à la Maison-Blanche, intitulé Final Days(Regnery, 2001). [6].

18. Karen Kincaid, 40 ans, de Washington, DC. Native de l’Iowa, elle était partenaire dans le cabinet d’avocats Wiley Rein & Fielding de Washington, spécialisé dans la législation des communications. Elle se rendait à Los Angeles pour participer à une conférence sur l’industrie du sans-fil. Elle s’entrainait pour courir le marathon du Corps des Marines prévu le 28 octobre, avec l’homme qu’elle avait épousé 5 ans auparavant, Peter Batacan, un avocat travaillant pour un autre cabinet. 
Wiley Rein & Fielding est un puissant cabinet d’avocats travaillant pour le camp républicain qui fit partie de la vaste équipe d’avocats qui aida Bush et Cheney lors de la très controversée affaire post-électorale qui suivit la présidentielle de 2000, et qui formait un important outil de défense dans les affaires de délits de cols-blancs.

19. Steven ‘Jake’ Jacoby était le directeur des opérations chez Metrocall Inc, dont le siège est à Alexandrie, Virginie, une des deux plus grandes sociétés nationales de pagers, ces instruments « cherche-personnes ». « Le fait que le réseau opérationnel de Metrocall ait continué à fonctionner et à assurer les communications vitales pendant cette affreuse journée, nous le devons à Jake », a déclaré Vince Kelly, le responsable financier de la société. Le dernier job de Jacoby avait consisté à superviser le développement de dispositifs « cherche-personnes » bidirectionnel pour les grands malades en cas d’urgence, a révélé le porte-parole Timothy Dietz. La société a distribué des appareils au personnel de secours qui travaillait sur les scènes des sinistres à Washington et à New York. […]

Il faut noter que dans les listes des passagers des autres vols, on remarque aussi une certaine densité de personnes liées au secteur militaire et du Renseignement.

Trois employés de la Raytheon étaient sur le Vol 11 d’American Airlines qui s’est crashé sur la Tour Nord du World Trade Center. Raytheon est l’un des principaux fournisseurs de la Défense, et est un élément fondamental des technologies Global Hawk de contrôle à distance, tant appréciées du Pentagone. Parmi les nombreuses hypothèses impossible à démontrer, mais techniquement plausible et par-là même dignes d’être approfondies, on trouve celle sur les avions télécommandés.

Il existe certains éléments particulièrement troublants à propos de Raytheon. Un article paru dans USA Today en octobre 2001 annonçait que Raytheon avant téléguidé à 6 reprises un Boeing 727 de Fedex lors d’un atterrissage parfaitement exécuté sur une base aéronavale du Nouveau-Mexique en août 2001, sans pilote.

Le système utilisait des signaux radio émis depuis la partie finale de la piste et qui étaient envoyés à l’avion. Les dispositifs électroniques à terre coordonnaient leur localisation grâce au GPS. Aucun pilote à bord ne devait intervenir pendant la manoeuvre. Répétons-le : il s’agissait d’une technologie parfaitement au point et disponible en août 2001, un mois avant les attentats fatidiques.

Déjà au début de 2001 un avion spécial du programme Global Hawk avait traversé l’océan Pacifique, depuis les USA jusqu’à l’Australie, sans personne à bord.

Comme nous venons de le voir, les principaux acteurs de ces programmes ainsi que d’autres experts du secteur aérospatial sont officiellement morts le 11 Septembre 2001.

Une des objections soulevées quant à la vraisemblance d’un complot interne aux institutions et au Renseignement états-uniens est la difficulté, voire l’impossibilité, de maintenir le secret quand trop d’exécutants et de conspirateurs sont impliqués. Ceux qui organisent une tragédie comme celle du 11-Septembre sont de toute façon suffisamment impitoyables pour inclure même le sacrifice des exécutants qui pourraient parler, les mélangeant aux autres victimes. Les restes des victimes ont été entièrement gérés par les militaires. Difficile donc de savoir aujourd’hui comment et où sont morts les passagers.

Pour l’instant, ceci n’est qu’une hypothèse d’enquête.

Précision de Thierry Meyssan

En septembre 2002, à Téhéran, j’ai eu l’occasion de discuter très en détail des attentats du 11-Septembre avec Hussein Shariatmadari, directeur du groupe de presse Kheyan et porte-parole du Guide de la Révolution. C’était la première fois que je rencontrais un interlocuteur ayant une connaissance aussi précise du détail des attentats. Nous avons continué la discussion tard dans la journée. 
A cette occasion, il m’a montré le travail de ses enquêteurs. Ceux-ci avaient suivi la même piste que Pino Cabras, mais avec des moyens beaucoup plus importants. Ils avaient constitué des dossiers biographiques pour chacun des passagers des 4 avions impliqués. 
Ils étaient arrivés à un taux de trois quarts de passagers liés au Pentagone, non seulement dans le vol 77, mais dans les autres avions aussi.



 

[1] « 11-Septembre : le vol AA77 n’a pas pu être détourné », Réseau Voltaire, 29 novembre 2009.

[2] Extrait d’un article du Chicago Tribune.

[3] Source Los Angeles Times, 21 septembre 2001.

[4] Source Globe Star du 27 septembre 2001.

[5] Source : Chicago Tribune.

[6] Source : Rubrique nécrologique du New York Times du 13 septembre 2001.

 

Des assassins du Mossad munis de passeports allemands ?

Info-Palestine, 7 février 2010

Kawther Salam

Quelques questions urgentes auxquelles les gouvernements européens doivent répondre.

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Portrait de Mahmoud Al Mabhouh - Photo : Reuters

Quel est le pays européen qui a enfreint les lois internationales contre le terrorisme en fournissant des passeports aux escadrons de la mort du Mossad qui allaient commettre le meurtre de Mohammed Al-Mabhouh à Dubai ?

Était-ce l’Allemagne - ce même pays européen qui, il y a peu, a à nouveau fait cadeau à Israël de sous-marins de type U212 entièrement payés par les contribuables allemands ?

Parmi tous les pays européens, l’Allemagne est le principal suspect pour ce crime douteux car, comme cela est confirmé par maints exemples passés, la République fédérale a régulièrement fourni au Mossad des passeports allemands, grâce auxquels des actes terroristes furent commis.

Je pense que la mise à disposition de passeports pour le Mossad est un crime, non seulement contre nous, Palestiniens, mais aussi contre le peuple de cet Etat qui a fourni les passeports.

Si c’était bien l’Allemagne, la visite du ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle aux Emirats en janvier 2010 a-t-elle quelque chose à voir avec ce crime terroriste ?

Est-il bien raisonnable, alors que certains Etats « combattent » le prétendu terrorisme qui, à y regarder de plus près, se révèle en fait être un mouvement légitime de libération nationale et d’autodétermination, ces mêmes Etats favorisent, financent et commettent eux-mêmes des crimes de terrorisme international, tout en violant les lois, les frontières et la sécurité d’un autre Etat ?

Comment la loi nationale et internationale traite-t-elle, dans les pays européens, de tels crimes de terrorisme international, et les actes de complicité, ainsi que la violation volontaire de la sécurité d’autres Etats par des organisations terroristes d’Etat comme le Mossad ?

Ce pays européen a-t-il fourni des passeports au Mossad ou a-t-il autorisé Israël à falsifier ses passeports en vue de commettre des actes terroristes ?

L’Union européenne aide-t-elle le Mossad à commettre des actes de terrorisme international ?

Et si on posait cette petite question : l’Union européenne et l’Allemagne soutiennent-elles Israël en établissant pour les escadrons de la mort des passeports européens qui passent inaperçus ?

Les assassins auraient tous utilisé des passeports européens. La police de Dubai a annoncé qu’elle était parvenue à avoir les noms des assassins. Dubai chercherait en ce moment à obtenir la collaboration à l’enquête des pays européens qui ont fourni les passeports.

Le Hamas, après l’assassinat à Dubai de Mohammad Al-Mabhouh, a déclaré qu’Israël chercherait, à travers l’assassinat de Dubai, à étendre le champ de bataille palestinien bien au-delà des frontières de la Palestine.

Le mouvement ajoute que si des pays de l’Union européenne ont fourni une aide directe au Mossad dans ce meurtre en fournissant des passeports pour passer inaperçus, l’Union européenne et l’Allemagne deviendraient en même temps des combattants et un champ de bataille dans la guerre du Proche-Orient.

Et maintenant quelques questions plus douces, plutôt de nature philosophico-politique. L’Allemagne a fait de la solidarité inconditionnelle avec l’Etat raciste d’Israël, fondé sur l’apartheid, un fondement de sa raison d’Etat.

Shimon Pérès vient de déclarer au Bundestag que la raison en était que l’Allemagne et Israël avaient des valeurs communes. Ces valeurs communes résident-elles dans l’organisation commune de l’assassinat d’êtres humains hostiles dans des pays étrangers - hostiles, s’entend, aux fascistes israéliens ?

Ces valeurs communes résident-elles dans ce que l’Allemagne permette à des bandes d’assassins du Mossad de la transformer en combattante et en champ de bataille dans la guerre du Proche-Orient ?

Hamas : interview de Mahmoud al-Mabhouh

Info-Palestine, 10 février 2010

« LES ISRAÉLIENS M’ONT TORTURÉ PENDANT 33 JOURS, PUIS ILS M’ONT LAISSÉ DEUX JOURS, PUIS L’INTERROGATOIRE A RECOMMENCÉ, ET ÇA A DURÉ PENDANT 46 JOURS. »

Il y a environ 10 mois, Al Jazeera a interviewé un homme à Damas, en Syrie, supposé avoir fait partie d’une cellule qui a capturé et tué deux soldats israéliens, Avi Sasportas et Ilan Sa’adon, en 1989. Al Jazeera a appris depuis que l’homme en question - qui avait le visage couvert durant l’entretien - était Mahmoud Abdul Raouf al-Mabhouh, un commandant militaire du Hamas qui a été assassiné à Dubaï le 20 Janvier dernier.
Al-Mabhouh avait été l’une des personnes les plus recherchées par Israël depuis 20 ans et il a été accusé d’être responsable d’un certain nombre d’opérations, y compris la capture et la mort des deux soldats. Le Hamas a déclaré que al-Mabhouh, a été assassiné par des agents israéliens.
Ci-dessous l’interview d’al-Mabhouh réalisé l’an dernier.

(JPG)
Des membres de la famille de Mahmoud al-Mabhouh siègent sous une série de ses portraits - Photo : EPA

Je ne suis pas le seul homme recherché. Des dizaines et des centaines de personnes qui ont combattu les Israéliens sont recherchées. Je ne suis pas le seul.
Dieu seul détermine le moment de la fin. Nous connaissons le prix pour aller dans cette voie. Et nous n’avons aucun problème avec cela.
Il y avait un état [de] réveil. Les groupes ont continué à combattre les Israéliens pendant trois ou quatre ans, mais ensuite c’était fini. Tous ces groupes ont été éliminés par l’assassinat et les liquidations.
Une nouvelle situation est apparue et les groupes l’appelait la « Ikhwanjiyeh » qui vient de « Ikhwan » [frères]. L’une des personnes qui avaient l’habitude de venir à notre maison était mon frère aîné, Hassan, ou Abu Abdullah, et Ibrahim Maqadna, l’un des fondateurs [des brigades de combattants]. Je connaissais la plupart d’entre eux, comme Abou Maher Tedras, Abdul al-Hafez al-Silawi et Abdul Hafez al-Sharif.
Depuis ce temps, j’ai connu l’amour et la piété. Dieu merci, tous les membres de ma famille étaient des gens pieux. Mon père a créé une atmosphère particulière de sentiment religieux dans notre maison avec certains de ses amis ; l’un d’entre eux avait l’habitude de nous faire une lecture tous les jours sur le « fiqh » [doctrine islamique], sur le « djihad », sur la patience et d’autres concepts, c’était Idris Awda Abu Mujahid, qui a été blessé par balle à deux reprises pendant la guerre de 1948, à l’épaule et aux reins. Il avait férocement combattu avec Hassan al-Banna [fondateur des Frères Musulmans en Egypte, assassiné en 1949].
Nous avons vécu dans une atmosphère religieuse dans notre maison.
J’ai gagné dès cette l’époque un engagement religieux de fer. J’avais l’habitude d’accomplir toutes les prières à la mosquée, en particulier la prière de l’aube [Fajr], et j’ai eu de bonnes relations avec tout le monde. J’ai été familiarisé avec les armes, je savais qui les vendait et qui les faisait venir d’Égypte. Nous recevions nos armes en provenance d’Égypte, et non des Israéliens.
Nous sommes restés comme ça pendant un long moment. Un de ceux qui étaient très proches de moi et avaient une grande influence sur moi a été le cheikh Salah Shehada [assassiné par les Israéliens en juillet 2002 avec toute sa famille], avant sa première détention en 1981.
Je me souviens qu’en 1981, moi et un de mes amis, qui est toujours en vie, avons apporté un paquet d’armes qui n’avaient pas été saisies et j’en ai livré une au Cheikh. J’ai apporté l’arme et il a pu s’échapper.
Les frères se préparaient à une action militaire. J’étais très proche de cheikh Salah. Il avait l’habitude de venir souvent me voir, chaque fois qu’il voulait une voiture, ou une réparation pour sa voiture ou autre chose.
J’allais au camp de réfugiés de Jabalya et faisait les prières du vendredi midi avec lui. Il était à l’époque récemment arrivé d’Égypte ; il était resté à Arish, puis il est venu à Beit Hanoun. Il a ensuite bâti sa propre maosquée et j’ai pris l’habitude de venir prier à ses côtés.
Il a été emprisonné dans les années 1980 avec un groupe de neuf personnes. Ma relation avec lui s’est poursuivie, même après qu’il ait été libéré.
Détention et tortures

J’ai ensuite été détenu en 1986. Je n’ai rien avoué. Je suis resté pendant 46 jours soumis aux interrogatoires. Ils avaient l’habitude de me transférer, soit à Askalan, soit à la prison centrale de Gaza. Ils m’ont torturé pendant 33 jours, puis ils m’ont laissé deux jours, puis l’interrogatoire a recommencé, et ça a duré pendant 46 jours.
Steve, un tortionnaire bien connu dans la prison d’Askalan, a tenté avec trois de ses aides d’exercer sur moi des pressions et des tortures si dures que je m’évanouissais. Une fois que je disais la shahada [profession de foi], je l’ai entendu dire en hébreu : « Cet homme va mourir et ce n’est pas le moment », puis il a cessé l’interrogatoire.
Puis ils m’ont renvoyé à la prison centrale de Gaza. Merci à Dieu de m’avoir donné une forte volonté et de la patience. Nous n’avons rien avoué ni rien dit à personne.
Bien entendu, ma relation avec Cheikh Salah s’est retrouvée renforcée après j’ai été libéré, il fut même l’un de ceux qui se tint aux côtés de mon père et lui a fourni un avocat pour le représenter. Il était l’un de ceux qui m’attendaient alors que j’étais en prison.
Nous avions l’habitude de planifier chaque étape, petite ou grande. Notre travail était bien planifié et non selon les circonstances. Nous avions l’habitude de prévoir de tuer d’abord, puis de capturer [les soldats] vivants.
Nous avions seulement besoin d’un lopin de terre, généralement dans une ferme ou un dans un élevage de volailles, et nous l’utilisions pour creuser une prison secrète sous la terre, et y garder certains soldats ou officiers, comme dans le cas de Shalit [soldat israélien capturé par la résistance palestinienne].
Nous étions déguisés et habillés comme des juifs religieux, comme des rabbins. Un des endroits où nous nous postions était le rond-point de Hidaya. Une voiture est arrivée, a déposé ses passagers, y compris Avi Sasportas qui a été capturé et tué le 16 février 1989.
J’étais le conducteur, et il y avait des places dans la voiture. Il est monté dans la voiture et s’est assis sur le siège arrière. Il y avait un signal spécial entre moi et Abu Suhaib. Après avoir passés Hidaya, j’ai fait signe à Abu Suhaib qui avait une arme et qui lui a tiré dessus deux fois, une au visage et une fois dans la poitrine. J’ai entendu son soupir au premier coup puis il est mort.
Nous l’avons ensuite emmené à l’endroit déjà préparé et enterré là.
On lui a enlevé ses vêtements et effets personnels avant de l’enterrer. Il avait un portefeuille, une carte d’identité et une carte militaire, il avait même une arme spéciale de nuit avec un viseur à laser. C’était une arme M15.
L’opération a été découverte 11 jours plus tard.
Nous avons essayé de prendre la responsabilité de l’opération, mais aucune agence d’informations ne l’a signalé.
Motivation

Sheikh Salah était au courant de l’opération alors qu’il était encore en prison. Certains des frères qui lui avaient rendu visite ont écrit sur les murs et revendiqué la responsabilité de l’opération. Ils ont signé le « mouvement palestinien Mujahidin » et d’autres slogans qui indiquaient qu’il faisait partie de notre groupe.
Les Israéliens ont alors diffusé un certain nombre de noms, ils voulaient savoir qui était derrière l’opération, mais c’était du bluff. Nous avions l’habitude d’en rire.
Je pense que le cheikh Salah était au courant. Sheikh Salah Shehada avait l’habitude de motiver les autres cellules et groupes qui étaient à Bureij et Zeitoun, mais ils ont été capturés après la deuxième opération, et le cheikh était à ce moment-là en détention.
Muhammad Shawatha faisait le lien entre les groupes de détenus dans les prisons et ceux du dehors. Il a été condamné à la prison à vie.
Le 3 mai 1989, il y avait deux voitures de police de stationnées, et ils [les soldats] étaient dans un restaurant près d’une station service d’Al Qods, c’était après 4 heures de l’après-midi. Un bus militaire s’arrête là et deux soldats descendent ; il était clair que ces deux étaient en week-end. Ils nous ont demandé comment ils pouvaient rejoindre le rond-point Majdal, et je leur ai répondu que nous avions qu’une seule place, pour assurer le succès de l’opération.
Alors que nous allions sur la route de Majdal, Abou Suhaib s’est retourné et lui a tiré dessus et lui a pris son arme. Nous avions des couteaux tranchants et j’avais un fusil. Je voulais l’abattre, mais Abou Suhaib a été plus rapide que moi.
Son sang était partout dans la voiture. Nous sommes arrivés à la place préparée pour cela et l’y avons laissé.
Nous sommes entrés dans la bande de Gaza, à Jabalya, et nous avons quitté la voiture dans le quartier Jabal al-Kashef.
La mission de Shawatha était de boucler la place et de nettoyer la voiture. Les Israéliens ont appris qu’une voiture était entrée dans la place et ont commencé à tirer dans toutes les directions. Je suis parti en rampant, puis j’ai couru de la route Salah al-Din jusqu’au camp. J’avais les armes avec moi. Les Israéliens se doutaient que quelque chose s’était passé, mais ne ils ne savaient pas ce que c’était. C’était un mercredi.
Le samedi, son camarade [du soldat israélien tué] qui était avec lui, a demandé à ses parents de ses nouvelles et dit qu’il l’avait vu monter dans Subaru blanche quand il l’a quitté. Ils ont informé la police et ont commencé à le rechercher. Ils ont alors compris qu’il avait dû connaître le même sort que le premier [soldat], et ils savaient qu’il devait être dans la bande de Gaza. Shawatha a ensuite été emprisonné.
Départ

Nous avons quitté nos maisons dès que la voiture a été retrouvée. Je n’ai pas passé une nuit chez moi depuis ce moment, car il y avait nos empreintes digitales dans la voiture.
Shawatha a avoué après avoir été très sévèrement torturé. Les groupes que nous ont été utilisés pour communiquer ont tous été pris ; le cheikh Ahmed Yassine, a été alors arrêté et [les Israéliens] savaient que Abou Suhaib et al-Mabhouh étaient à l’origine de la capture du soldat.
Les recherches contre nous ont commencé à ce moment. Les Israéliens n’ont pas essayé de prendre d’assaut nos maisons, ils essayaient de les surveiller de loin, mais nous avons senti que nous étions poursuivis.
Nous sommes restés dans la bande de Gaza pendant encore deux mois, puis on nous a dit de partir pour l’Egypte.
Cela en valait la peine. Ceux qui ont détenus et torturés dans les prisons le savent mieux que ceux qui ne l’ont pas été. J’ai été arrêté plusieurs fois, je sais ce que cela signifie. Ces gens [les Israéliens] doivent être chassés par tous les moyens, même si finissons martyrisés. Toutefois, la prudence est nécessaire, et je remercie Dieu car je suis très très patient.
Tentative d’assassinat

Les Israéliens ont essayé de me faire assassiner à trois reprises. Le jour où Izz a été martyrisé, j’allais à ma voiture, et je les ais vus s’échapper ; ils étaient en train de coller une bombe sous la voiture.
Et ils ont essayé de m’assassiner au Liban en 1991.
Et un mois après qu’Imad [Moghniyeh] ait été martyrisé, le 14 mars, j’ai vu une personne qui me surveillait et qui s’est enfuie quand elle a remarqué que je l’avais vue.
Je suis très prudent, Dieu merci. Finalement, Dieu seul détermine le moment où nos vies se terminent. Nous connaissons le prix à payer pour aller dans cette voie.
Que Dieu nous rende plus forts, et j’espère devenir un martyr.
Pour les Israéliens, mes mains sont tâchées de sang, mais pour Dieu ? C’est ce qui importe.
Les Israéliens sont les assassins et les criminels. Ils ont pris notre terre, tué nos enfants, commis des massacres dans Gaza.
Si Dieu le veut, la résistance sera plus forte et ripostera durement.
Source :
Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à : 
http://english.aljazeera.net/focus/...

Traduction : Naguib 
http://www.info-palestine.net/

Haïti : vers une nouvelle occupation américaine ?

Le Grand Soir, 17 février 2010

Claude RIBBE

arton9825-b92c4.jpgL’envoi de 10 000 marines en Haïti, la prise de contrôle par les USA de tous les points stratégiques, à commencer par l’aéroport de Port-au-Prince, le refus de laisser atterrir, sous prétexte de saturation, un avion français : tout semble annoncer une prise de contrôle d’Haïti par Washington.

L’attitude de Paris le confirme : nomination de personnes notoirement incompétentes pour enterrer le dossier, absence du gouvernement à la cérémonie de Notre Dame du 16 janvier (alors que le président de la République et de nombreux ministres devaient initialement s’y rendre), retrait des protestations contre la mainmise américaine sur l’aéroport Toussaint-Louverture… La marche arrière est totale.

Certes, l’engagement américain, présenté comme humanitaire, a été le plus rapide. Mais on sait que l’humanitaire est un pavillon qui peut flotter sur toutes sortes de marchandises. Des émeutes révèlent qu’en réalité les Haïtiens tardent à être secourus, ou du moins que les secours sont sélectifs. On peut s’attendre à des émeutes qui seraient réprimées grâce à un impressionnant déploiement militaire.

La mainmise sur Haïti est un scénario étudié depuis longtemps. La preuve en est que l’ambassade des USA, récemment construite, n’a pas souffert du séisme, à la différence de l’ambassade de France. Depuis plusieurs années, dans le programme de rénovation de toutes les ambassades américaines dans le monde entier, celle de Port-au-Prince était présentée comme aussi stratégique que celle de Bagdad.

Le séisme qui frappe aujourd’hui Port-au-Prince est une bonne occasion de prendre le contrôle d’un pays, présenté comme misérable à cause de la couleur de ses habitants, mais doté d’un riche sous-sol, avec des réserves pétrolifères qui pourraient être supérieures à celles du Vénézuela, d’importants gisements d’or et de cuivre et surtout des ressources en iridium, matériau extrêmement résistant et utilisé dans l’industrie de l’armement (protection des têtes de missiles balistiques intercontinentaux).

Il faut savoir que le seul autre pays au monde à détenir d’importantes ressources d’iridium est l’Afrique du sud. Comme par hasard l’Afrique du sud était la seule nation à aider Haïti au moment de la célébration du bicentenaire de son indépendance. La France avait pourtant déployé des efforts considérables pour l’en dissuader. Depuis le coup d’État franco-américain de 2004, c’est l’Afrique du Sud qui accueille et protège l’ex-président Aristide, lequel n’a jamais fait mystère de la richesse du sous-sol de son pays.

On ne pourrait suspecter les Américains de mauvaises intentions s’il n’y avait des précédents. Le 28 juillet 1915, sous prétexte de sortir Haïti d’un prétendu « chaos », les marines débarquaient comme aujourd’hui à Port-au-Prince et s’emparaient des réserves d’or de la banque nationale. Des milliers de paysans, les Cacos, s’insurgèrent alors sous la conduite de Charlemagne Péralte qui, trahi et arrêté en 1919, fut cloué par l’occupant sur une porte. La répression fut particulièrement féroce. Pour réduire les derniers foyers de résistance, les USA inaugurent en 1919 les bombardements aériens massifs. Tout résistance est écrasée en 1920. Les USA ne quittèrent le pays qu’en 1934. Dix-neuf ans d’occupation après un débarquement à des fins, comme aujourd’hui... humanitaires.

Claude Ribbe
www.claude-ribbe.com

 

18/02/2010

« Nicolas Sarkozy est au cœur de la corruption dans l’affaire de l’attentat de Karachi »

Mecanopolis

Article placé le 18 fév 2010, par Frédéric Courvoisier

Le Président de la république est accusé sans ménagement dans cette affaire dite de « l’attentat de Karachi », où onze ingénieurs et techniciens français de la Direction des constructions navales (DCN) avaient trouvé la mort en 2002.

sarko

L’explosion du bus de la DCN avait d’abord été attribuée à Al-Qaeda par le gouvernement pakistanais. Une autre thèse est aujourd’hui privilégiée par le juge d’instruction parisien Marc Trévidic. Celle d’une vengeance de militaire pakistanaise, auxquels des commissions – promise lors de la signature, en 1994, d’un contrat de vente de trois sous-marins français Agosta, n’auraient pas été entièrement versées. Les militaires pakistanais auraient donc organisé une opération false flag, de sorte à faire croire à une attentat terroriste aux populations, tout en envoyant un message clair au gouvernement français, qui ne pouvait ignorer la supercherie mais avait intérêt à la laisser camoufler la vérité.

Pour l’heure, le juge d’instruction et ses enquêteurs se concentrent sur ces commissions : 80 millions (soit 10% du marché), ont pu donner lieu au versement des rétrocommissions. Ces fonds, estiment-ils, auraient été destiné à financer la campagne d’Édouard Balladur, candidat à la présidentielle en 1995

Nouvelles révélations

Olivier Maurice, avocat des familles, ne mâche pas ses mots à l’encontre de Sarkozy : « Je confirme de plus belle les propos tenus en décembre, à savoir que Nicolas Sarkozy est au cœur de la corruption » La première fois, l’Élysée avait menacé d’une plainte en diffamation. Pas la moindre réaction depuis.

A l’origine de ces éclats, une autre instruction judiciaire, menée depuis juin 2008, par deux juges du pôle financier de Paris, François Desset et Jean-Christophe Hullin, sur le rôle des intermédiaires utilisés par ce contrat Agosta. La Direction nationale des investigations financières (DNIF), à qui ces magistrats ont confié l’enquête, a rédigé une note confidentielle. Les flics y expliquent comment ont été mobilisées des sociétés écrans, Eurolux et Heine, sur lesquelles a transité l’argent des commissions. La Dnif écrit « Une chronologie fait apparaître que la création de la société Heine, au second semestre 1994, s’est faite après accord du ministre Nicolas Sarkozy, et fait un lien entre ces faits et le financement de la campagne électorale de M. Balladur pour l’élection présidentielles de 1995 ».

Justice suisse

Mais c’est surtout le rapport « Nautilus », rédigé en septembre 2002, par un enquêteur ex-agent de la DST, Claude Thévenet, qui risque de placer le président français dans une situation délicate. Exhumée en 2008, à l’occasion d’une perquisition (sans rapport avec l’affaire) de la Direction des constructions navales, la note « Nautilus » cite les noms de deux intermédiaires utilisés par la France. A commencer par le Libanais Abdul Rahman El-Assir, homme d’affaire proche du pouvoir pakistanais et notamment d’Asif Ali Zardari, aujourd’hui président de la république islamique du Pakistan. Au moment de la négociation du contrat, Zardari était l’époux de la présidente pakistanaise Benazir Bhutto. L’auteur du rapport « Nautilus » cite, sans l’annexer, une « note de la DGSE qui porte sur les relations financières entre El-Assir et Edourad Balladur. Il ne nous a pas été possible de prendre connaissance du contenu complet du document »

Une partie des fonds détournés aurait transité par des comptes bancaires suisses, et le parquet de Genève a ouvert une enquête. Selon une source proche de l’instruction  « Il y a, dans notre dossier, beaucoup de réponses aux questions que se posent les Français. »

Nicolas Sarkozy : « le gros de l'électorat UMP n'a pas vocation à être placé en garde à vue »

Le Post, 18 février 2010
Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Raffarin rencontrent des forces de police 13 mai 2002.

Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Raffarin rencontrent des forces de police, 13 mai 2002.
- "David Mendiboure - Service photo de Matignon"


La page 2 du Canard Enchaîné nous rapporte ces mots ahurissants de Nicolas Sarkozy à propos de la polémique qui enfle sur la garde à vue :

« J'ai toujours joué les victimes contre les délinquants, aurait-il dit. Pas question de donner aux français le sentiment du contraire, et de faire des concessions sur la garde à vue. »
« Et ce,
aurait-il cru bon d'ajouter, alors que le gros de l'électorat UMP n'a pas vocation à être placé en garde à vue ».

En France, ce qui fait la République coule de source, pensiez-vous?
L'égalité des citoyens devant la loi et la liberté, garantie en France depuis laDéclaration des Droits de L'homme et du Citoyen de 1789, etc...

Allez, réveillez-vous vous êtes sous le règne de Nicolas Sarkozy... Lequel ne s'encombre pas de telles broutilles. Sous ce règne, il y a des lois et des règlements qui ont vocation à toucher en priorité la racaille que constitue tout ce qui ne vote pas UMP !

Et le même Nicolas Sarkozy de demander à Michèle Alliot-Marie de mettre la pédale douce sur toute « réforme » de la garde à vue et en prévoyant notamment de la renvoyer aux calendes grecques, en tout cas à un après-régionales particulièrement encombré.

Tant pis si vous faites de la garde à vue, indûment, uniquement pour qu'un commissaire de police touche son bonus et que Pinot simple flic ait un salaire décent à la fin de l'année. Oui, tant pis pour vous. C'est surement que vous ne faites pas partie du « gros de l'électorat UMP », qui « n'a pas vocation à être placé en garde à vue ».

Avec un « clientélisme » aussi grossier, comment s'étonner que Marie-Luce Penchard trouve tout à fait normal que son travail de ministre de l'Outre-mer consiste à favoriser un département français dont elle est originaire, plutôt que de servir l'intérêt général...

Elle ne fait que marcher dans les pas de Nicolas Sarkozy.

Lequel est bien président. On peut le constater tous les jours.
De la République, on a de plus en plus de mal à croire en cette fiction.

Projet de censure globale de l’Internet sous couvert de lutte contre le « racisme ».

Toutsaufsarkozy, 17/02/10

Grâce à une instrumentalisation méthodique et progressive de la lutte contre le « racisme » (prétexte), un projet de censure globale de l’Internet est en cours de réalisation, ce mouvement de fond qui se dessine dans les arcanes du pouvoir est symptomatique de la défiance de nos « élites » envers le peuple qu’il souhaite « surveiller » de plus près. Jusqu’à présent encore très peu réglementé, Internet s’est généralisé depuis une dizaine d’années, c’est vraiment la nouveauté de la décennie et on y est désormais tellement habitué qu’on se demanderait presque comment on a pu vivre si longtemps sans ce média aux possibilités si riches et si libres, eh bien à ce niveau il semblerait que nous ayons quelque souci à nous faire car sur ce média jusqu’alors si prodigieusement indépendant, de sombres nuages viennent s’amonceler à une vitesse accélérée, jugez un peu :

D’abord la loi Hadopi, (mauvaise loi diront beaucoup, car sa médiocre rédaction trahit le manque de compréhension technique de l’outil par ses rédacteurs) vise à traquer le téléchargement illégal, encore cette loi n’a t elle pour but que de s’attaquer à ceux qui en contournant les procédures légales de chargement de fichiers provoqueraient un manque à gagner pour les auteurs mais ne touche a priori nullement le contenu du Web, n’empêche on pouvait craindre par la mise en place d’outils techniques de surveillance que la prochaine étape viserait la teneur des sites Internet eux-mêmes et bien cette menace n’a pas tardé à se faire jour, ô bien sur, habillée comme il se doit des meilleures intentions, il doit s’agir de moraliser le Net en le débarrassant de ses éléments subversifs, or qu’est ce qui à notre époque est considéré comme subversif par excellence ? Le racisme bien sur, véritable « peste morale » qui risque en permanence de contaminer nos concitoyens ! « Conscients » du problème les plus hautes autorités de l’état ont fissa commandé la rédaction d’un rapport sur la lutte contre le racisme (sic) sur Internet, gageons qu’après cette 1ère étape du « combat moral », la prochaine étape consistera à rechercher les moyens d’attaquer directement les sites « déviants » eux-mêmes en les interdisant purement et simplement et en poursuivant leurs hébergeurs à partir du moment où peu ou prou le contenu de ces sites risquerait de porter atteinte aux « valeurs démocratiques » de nos sociétés (toujours l’habillage sémantique) mais pour l’instant concentrons nous sur ce que signifie « lutter contre le racisme sur Internet » dans l’esprit de nos dirigeants !

La photo mise en illustration montre Isabelle Falque-Pierrotin (retenez bien ce nom car cette personne va certainement jouer un rôle de plus en plus important) remettant à François Fillon le rapport « lutter contre le racisme sur internet » le 21 janvier dernier à Matignon, or qui est cette Mme Falque-Pierrotin ? Officiellement elle est Conseillère d’Etat et présidente du Forum des droits (sic) sur l’internet, diplômée HEC et ENA (cela aide à comprendre la suite) encore plus explicite elle a été nominée en 2007 au Big Brother Awards pour "sa collaboration déterminée à l’évitement de toute évaluation scientifique et contradictoire de l’utilisation du vote électronique en France, et notamment, courant 2007, des machines à voter", le Big Brother Awards est une récompense « à destination des gouvernements et entreprises … qui font le plus pour menacer la vie privée » et bien voila qq. indices de nature à alimenter notre inquiétude sur « l’orientation » éventuelle de ce rapport … mais venons en au fait c’est à dire au contenu du rapport lui-même :

Celui-ci épais de 64 pages est téléchargeable ici-lien, plutôt que d’en faire une analyse exhaustive (et ennuyeuse) tâchons d’en relever les passages les plus significatifs :

p.5 Synthèse rapide, la conclusion est en quelque sorte au début, pratique si on n’a pas envie de lire

p.10 Propos introductif, là c’est croustillant, les 3 tout premiers mots comme les 3 sorcières de Macbeth donnent déjà à fond l’ambiance de la suite : « Le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme » bigre c’est du lourd !

p.15 tous les Agoravoxiens reconnaîtront en photo la vidéo du bus francilien, un régal que le commentaire qui l’accompagne, je cite :
« Cette agression filmée, qui n’avait aucun caractère raciste du propos même de la victime, a été détournée pour attribuer à une population ou une communauté religieuse un type de comportement (raciste). »

Or nous savons que la victime, étudiant à Sciences Po, est inféodé de facto à la pensée unique, aussi tout le monde a pu voir sur cette vidéo l’origine ethnique des agresseurs qu’il est bien sûr politiquement incorrect d’énoncer, enfin les racistes ce sont ceux qui ont le mauvais goût d’appeler un chat, un chat, la doxa prohibant l’usage de certains mots, bref par ce simple exemple on est fixé sur le type de publication d’Internet que le pouvoir a dans le collimateur !

p.25 je cite : « les sites négationnistes ou révisionnistes sont hébergés aux États-Unis, en Russie et sont en recherche de paradis numériques » la Russie, dernier espace de liberté européen en ce qui concerne le Net ? n’est ce pas un magnifique retournement historique ? laisse songeur ..

p.43 à lire absolument : au §3 la liste des associations « luttant » contre les 3 « maux » suprêmes, très intéressant car elle marque la philosophie du rapport en énonçant quels doivent être les relais sociaux de l’action du pouvoir dans cette « lutte », on y trouve les institutionnels avec la Halde, les confessionnels avec le CFCM et surtout le CRIF très souvent cité dans le rapport et qui doit donc être considéré à notre époque comme la référence éthique incontournable ? enfin sont énumérés les 3 mousquetaires de la vertu civique à savoir la Licra, le Mrap, la Ldh sans oublier d’Artagnan (SOS racisme) ! Si avec ça on n’a pas encore compris ceux que le pouvoir considère comme légitimes …

p.49 « il n’apparaît pas nécessaire de renforcer le dispositif répressif actuel » fausse bonne nouvelle, voir la suite …

p.51 « il semble utile d’encourager la poursuite d’un plus grand nombre de faits, y compris lorsqu’aucune partie civile n’est présente, et d’adresser aussi bien, les cas les plus graves que ceux qui relèvent du racisme ordinaire » nous voilà utilement rassurés ! surtout par cette merveilleuse appellation de racisme ordinaire, ça va faire du monde de concerné !

p.53 §4 « Faire mieux connaître les condamnations liées au racisme sur internet » comprendre : semer l’effroi dans la population internaute afin de rendre à terme Internet « lisse » comme les médias traditionnels …

p.57 au §2 il est prévu d’accorder encore des subventions aux associations « bien-pensantes », décidément l’état toujours en déficit n’est pas avare quand il s’agit de se doter de délateurs !

p.59 les hébergeurs du Web.2 (suivez mon regard) sont bien les premiers visés comme devant coopérer à la nouvelle croisade pour la sainte épuration du réseau des réseaux, amen !

Un mot encore sur l’orthodoxie morale du premier ministre en exercice qui a commandité ce rapport, gentil Fillon est on ne peut plus politiquement correct, qu’il aille au dîner du Crif ou réciter son catéchisme à Europe 1, avec lui pas de souci sur sa correction en matière de pensée !



1/Parlons Net reçoit Isabelle Falque Pierroti
envoyé par FranceInfo. - L'info video en direct.


Bien plus évocateur et « parlant » que ce long rapport, l’interview du 5 février dernier de Mme Falque-Pierrotin sur France Info permet d’apprécier l’état d’esprit qui anime les auteurs de ce rapport, c’est éloquent :
- elle y est interrogée par 3 gentils délégués des médias subventionnés dont on peut trouver la liste sur ce site qui met en ligne les 2 parties de l’entretien le tout coché par David Abiker fidèle gardien du Temple de la pensée unique, je me suis limité pour des raisons pratiques à ne commenter que la 1ère vidéo, d’ailleurs plus concrète et plus instructive, voici quelques propos parmi les principaux relevés au passage ;

3’58 votre rapport ne fait pas mention de l’opinion de la société civile du Net ? (question pertinente de David Abiker, suit la réponse)

4’20 bah, c’est qu’on n’a pas eu le temps de les associer (bonjour la démocratie)

7’06 mais je vous rassure, nous avons auditionné les hébergeurs (ouf !)

9’33 les Français n’ont pas encore compris ce qu’est Internet (un mauvais point madame ?)

11’22 les gens n’ont pas intégré ce qu’est cet espace médiatique (mauvais élèves ces Français)

13’15 mise en place d’une véritable éducation aux médias (retourner à l’école bientôt)

13’48 former une génération à la socialisation de l’Internet (toujours la rééducation)

16’12 on a tous les moyens pour lutter contre ce type de débordement (alors de quoi on parle ?)

16’41 le racisme ordinaire (ennemi ô combien insidieux) contre lequel il serait pédagogique (encore l’éducation) d’avoir 1 ou 2 condamnations (faire un exemple, enfin !)

18’35 il pourrait y avoir quelques poursuites dirigées contre le racisme ordinaire (la vermine à extirper)

22’38 les Etats-Unis (ont) l’abri du 1er amendement (bah mince c’est pas bien alors le 1er amendement qui garantit la liberté d’opinion ?)

23’12 la dérive de l’Internet … (il est temps que prenne fin cette absence de contrôle)

Surtout ce qui frappe à l’audition de Mme Falque-Pierrotin, c’est l’emploi répété du mot de « racisme » qui revient un nombre incessant de fois comme un leitmotiv tout au long de son discours ; pour cette personne intelligente, cultivée, d’aspect sympathique (si sincèrement) mais terriblement conformiste tout en étant persuadée d’être progressiste, qui en fait incarne parfaitement la bien-pensance officielle, donc dans l’esprit de cette personne si bien éduquée le « racisme » fait figure de véritable perversion morale qu’il convient à tout prix d’extirper comme les inquisiteurs traquant l’hérésie, bizarre qu’il n’y ait pas plus d’interrogation philosophique sur le caractère simpliste et arbitraire de cette déviance selon elle et de l’impossibilité d’en fournir une définition honnête et impartiale, non le racisme n’est au fond qu’une sorte de maladie dégénérative de la plèbe trahissant son manque d’évolution et de maturité, il ne fait nul doute dans l’esprit de ces zélites (qui n’habitent que les beaux quartiers) que toute pensée « raciste » est à mettre sur le compte d’un défaut de maturité d’esprit, à partir de là il convient de subjuguer ce nouveau fléau grâce à une sévère rééducation, tous ceux pensant différemment ont tort … ça ne vous rappelle rien ?

Par cette déclaration de guerre à toute expression de « racisme » chez nos concitoyens il s’agit :
- d’annihiler la possibilité de tout sursaut identitaire (attention dérapage !) chez les Français en instaurant une police de la pensée ;
- de prendre prétexte de la mise en place d’un système de contrôle pour censurer progressivement tout le Net, repérer et proscrire toute pensée déviante, toute information dérangeante ;
Ce rapport et cette interview trahissent en fait le mépris profond qu’ont nos « élites » vis-à-vis du peuple, si celui-ci ne pense pas comme eux, il ne peut qu’avoir tort et il convient de le rééduquer (sous entendu ils nous sont supérieurs), il y aurait en définitive une ligne de partage invisible entre le bien incarné par les pouvoirs publics, les médias officiels et les associations subventionnées et le médiocre, le vulgaire voire le mal que sont toute opinion non liftée par la pensée officielle et par extension tout média encore non contrôlé avec au 1er chef bien sûr Internet, la mise au pas s’annonce rude !

16/02/2010

Qu’est-ce que le « Projet censuré » ?

Réseau Voltaire, 9 février 2010

Les nouvelles les plus importantes censurées par les multinationales de presse aux Etats-Unis

par Ernesto Carmona

Le Réseau Voltaire débute la publication en feuilleton d’articles primés aux Etats-Unis par le centre d’études de l’Université Sonora State (Californie), « Projet censuré ». Notre collaborateur Ernesto Carmona, secrétaire exécutif de la Commission d’enquête de la Fédération latino-américaine des journalistes (FELAP) sur les attentats commis contre des journalistes, présente ici le sens et l’importance de cette recherche.

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Pour mieux comprendre comment est né et s’est développé le « Projet censuré » aux Etats-Unis, il faut remonter un peu en arrière, plus exactement aux temps du fameux scandale du Watergate, qui a abouti à la démission forcée du président Richard Nixon, en 1974. Cet épisode largement controversé a conduit de nombreux citoyens états-uniens à soupçonner que l’information véridique leur était cachée. Le professeur Carl Jensen, de l’université Sonora State (Californie) fut alors un des champions de l’incrédulité. Il mobilisa ses connaissances de sociologue pour enquêter pour son compte sur les réalités qui avaient donné lieu au scandale du Watergate. Tout indiquait que le gouvernement républicain avait dirigé une opération d’espionnage contre le siège du Parti démocrate, au Centre d’affaire du Watergate, à Washington D.C.

Tout comme le président du Guatemala a découvert tout récemment que sa maison et ses bureaux étaient surveillés à l’aide de micros et de caméras cachés, les démocrates de Washington découvrirent que cinq « plombiers » en apparence innocents étaient des espions au service de Nixon et de la Maison-Blanche. Ils n’avaient posé que des micros parce que les caméras vidéo miniaturisées n’avaient pas encore été inventées.

Le 30 avril 1973, le président Nixon reconnut la responsabilité partielle du gouvernement et destitua les fonctionnaires les plus compromis, mais l’année suivante, le 9 août 1974, il dut abandonner la présidence. Pourtant, malgré l’ampleur du scandale et l’avalanche de best-sellers publiés alors, les grands médias ont continué de jeter un voile pudique sur les nombreuses informations qu’ils détenaient.

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Carl Jensen, professeur émérite de sociologie des médias à l’université Sonoma State de Californie, fondateur de « Projet censuré »

Nombreux étaient les Etats-uniens qui soupçonnaient la grande presse commerciale de ne pas dire toute la vérité. A l’époque, le chercheur universitaire Carl Jensen se mit à travailler, avec un petit groupe d’étudiants et de professeurs de la faculté de sociologie de son université sur les nouvelles les plus significatives que la « grande presse » [1] avait cachées aux citoyens de la nation.

C’est ainsi qu’est né le Projet Censuré, dont le premier rapport a été rendu public en 1976. A ce jour, une équipe d’étudiants et de chercheurs continue de s’acquitter de cette tâche titanesque et importante, mue par la conviction que la société civile doit être informée de ce que lui cache la grande presse commerciale, au nom d’intérêts déterminés. Plus récemment, le Projet Censuré a choisi de faire appel à la coopération de citoyens anonymes qui participent, chaque année, à la sélection, parmi plusieurs centaines de « grandes nouvelles censurées », des vingt-cinq articles journalistiques les plus révélateurs. Jensen a pris sa retraite, mais il fait encore partie du jury de sélection. Le projet est aujourd’hui dirigé par le sociologue Peter Phillips.

Le Projet Censuré est lui aussi… censuré

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Peter Phillips, professeur de sociologie des médias à l’université Sonoma State de Californie, actuel directeur du « Projet censuré ».

Le Projet Censuré publie tous les ans un livre d’environ 500 pages qui aborde des thèmes de la plus haute importance à l’échelle mondiale, ceux-là même que les pouvoirs impériaux entendent soustraire à l’attention de l’immense public consommateur d’informations. Si une nouvelle ne paraît pas dans les grands médias des Etats-Unis, on ne la trouvera pas non plus dans le système mondial de l’information contrôlé par les transnationales de l’information qui répondent aux intérêts de Washington et de ses alliés. De grands quotidiens comme The New York Times et The Washington Post, des stations de radio comme Clear Channel Communications, et de télévision comme CNN et Fox News, ainsi que les principales agences de presse, forment une toile médiatique universelle qui a le pouvoir de décider de quelles banalités doit être informée la population de la planète et des faits cruciaux qu’elle doit ignorer.

Les nouvelles que les grands groupes médiatiques des Etats-Unis ont décidé d’escamoter sont aussi dissimulées aux citoyens du monde, ne serait-ce que par l’omission choisie par les grands monopoles de la presse et de la télévision qui exercent le contrôle de l’information à travers le monde. Ce qui n’a pas pu sortir sur CNN ou d’autres grandes chaînes d’information ne sortira pas sur les chaînes des autres pays, y compris celles de notre tiers monde ; c’est pourquoi la censure et la désinformation atteignent, pour des motifs différents, des pays comme Cuba, le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur et bien d’autres qui souhaiteraient sans nulle doute accéder à ces informations mais n’ont pas le moyen de les connaître ni de les recevoir tant qu’elles ne sont pas fournies par les systèmes mondiaux d’information.

Le sociologue Peter Phillips estime qu’« aux Etats-Unis, la propriété des médias se concentre entre si peu de mains que les nouvelles compromettant les puissants ne sont pas divulguées. L’équipe qui dirige le Projet Censuré rassemble chaque année des centaines de « nouvelles censurées » par les grands médias, mais publiées dans des médias indépendants, de petites publications, des sites Web, des émetteurs de radio, des journaux syndicaux, des publications étrangères, etc.

Le processus de sélection et de vérification s’étend sur une année académique. Plusieurs jurys successifs choisissent les 25 travaux journalistiques qui, une fois préparés pour publication dans le livre-rapport annuel, sont mis à jour par les auteurs. Il s’y ajoute une synthèse des travaux ayant mérité une « mention honorable ».

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Benjamin Frymer, maître de conférence en sociologie des médias à l’université Sonoma State de Californie, membre du « Projet censuré »

Toutefois, on trouve de moins en moins d’allusions, dans la presse, à ce travail de recherche. Un journaliste de télévision autrefois célèbre, Walter Cronkite, en arriva à affirmer, en 2003, que « le Projet censuré est une des organisations qu’il nous faut écouter, parce qu’elle veille à ce que nos journaux et nos grands médias pratiquent un journalisme éthique et prudent ». Selon Phillips, le New York Times n’a jamais fait mention du Projet censuré. « Nous avons eu une seule fois l’honneur du Chicago Tribune parce qu’il y a deux ans, avant le décès de la célèbre journaliste Moly Ivins, elle avait commenté notre travail dans sa colonne habituelle. Le journal local de notre région californienne, qui est aussi la propriété du New York Times, a publié récemment, de mauvaise grâce, la liste de nos nouvelles… dans la rubrique nécrologique. Nous avons eu une seule fois les honneurs de la première page dans le journal régional lorsque nous avons publié les réflexions d’un physicien qui démontrait que l’immeuble n° 7 annexe aux tours jumelles ne pouvait pas s’être écroulé pour cause d’incendie lors des attentats du 11 septembre 2001.Naturellement, l’article était foncièrement négatif », ajoute Phillips [2]

Selon Phillips, « les médias cmmerciaux des Etats-Unis sont de la simple propagande, de la première à la dernière ligne, et se refusent à enquêter sur les pires hypocrisies qui se manifestent dans notre pays, comme les fraudes électorales de 2000 et de 2004, ou les 1,2 million d’Irakiens qui ont été tués depuis l’occupation, ou l’augmentation de 300 % des bénéfices tirés de l’occupation de l’Irak par des entreprises comme Lockheed Martin Corporation, et les profits juteux que des transnationales comme Halliburton (pour n’en citer qu’une) tirent de la guerre.

Censure ou mensonge

Non seulement les grands médias taisent certaines nouvelles, mais ils s’appliquent à déformer les événements jour après jour. Leur but est de tenir l’opinion publique dans l’ignorance ou de lui inculquer des idées fausses à coups de fausses nouvelles. Par exemple, la Géorgie a été transformée de pays agresseur en pays agressé, après l’échec de sa tentative d’annexion par la force de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, le 8 août 2008, avec le soutien secret de l’OTAN et des Etats-Unis, alors que le monde entier avait les yeux rivés sur les Olympiades de Beijing.

Les actes des gouvernements du Venezuela, de Cuba, de Bolivie, d’Equateur et d’autres pays sont déformés systématiquement. Le chercheur états-unien Justin Delacour affirme qu’« après avoir révisé les pages d’opinion des vingt-cinq journaux les plus importants des Etats-Unis sortis pendant les six premiers mois de 2005, on constate qu’environ 95 % des articles portant sur la politique du Venezuela sont clairement hostiles au président démocratiquement élu de ce pays, Hugo Chavez Frias ».

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Ernesto Carmona, secrétaire exécutif de la Commission d’enquête de la Fédération latino-américaine des journalistes (FELAP) sur les attentats commis contre des journalistes, est responsable en Amérique latine de « Projet censuré ».

Il ajoute que « les pages d’opinion citées présentent le président du Venezuela comme un démagogue et un autocrate et défigurent les résultats de la politique intérieure et extérieure de son gouvernement. Ces articles omettent tout bonnement que le gouvernement du Venezuela bénéficie d’un solide soutien populaire, comme le prouve la victoire écrasante de Chavez au référendum présidentiel d’août 2004 et d’autres enquêtes plus récentes. On ne publie pratiquement jamais les commentaires d’analystes qui sympathisent avec les politiques du gouvernement Chavez de massification de l’éducation, de la santé, de subvention des denrées alimentaires, de micro-crédits accordés aux secteurs pauvres du pays. » [3]

La presse états-unienne ignore et déforme l’histoire réelle des cinq Cubains (connus à l’échelle internationale comme « Les Cinq » ou « The Five »), emprisonnés depuis plus de dix ans sous une fausse accusation d’espionnage, sans que les chefs d’accusation aient été prouvés ni qu’un seul élément du dossier démontre qu’ils aient mis en danger la sécurité de l’Empire. Ce sont bel et bien des prisonniers politiques, et ils sont en prison pour avoir infiltré la mafia terroriste du Sud de la Floride, afin de réunir de l’information sur leurs plans d’agression et de sabotages contre Cuba, comme les attentats à la bombe contre des hôtels accueillant les touristes étrangers. Autrement dit, les Cinq sont des combattants antiterroristes sanctionnés dans un pays qui voudrait se faire passer pour le champion du monde de la guerre contre le terrorisme et qui, sous ce prétexte, légitime la torture des prisonniers et envahit l’Afghanistan et l’Irak.

Dans leur ouvrage La fabrication du consentement [4] Noam Chomsky et Edward S. Herman indiquent que la propriété privée pose une sorte de filtre entre les événements et leur publication dans les médias, ceux-ci cherchant avant tout à augmenter leurs profits, à protéger le marché capitaliste, à éviter toute offense aux puissants et à cultiver l’incrédulité face à toute presse indépendante, rappelle Phillips. « Le panorama actuel a changé par rapport à celui que brossaient ces deux auteurs il y a vingt ans : les vingt grands groupes qui possédaient les médias sont maintenant dix. Les directeurs des médias peuvent se réunir dans un petit salon : il s’agit de 180 personnes, au total, qui influencent toute la gamme des médias nationaux », ajoute le sociologue. [5]

Phillips signale que « les directeurs et les propriétaires des médias partagent leur identité avec les puissants. Leur idée de ce qui fait la nouvelle est déterminée par un arrière-plan culturel, et ils partagent le même point de vue sur ce qui est ou n’est pas une nouvelle. Les journalistes, quant à eux, écrivent pour être publiés, pour sortir à l’antenne ou sur les ondes de la télévision. Si leur point de vue ne coïncide pas avec celui des propriétaires, leurs travaux aboutiront aux oubliettes et les portes des médias, des grands médias des Etats-Unis, leur seront irrémédiablement fermées.

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[1] Nous entendons par « grande presse » les conglomérats de quotidiens, revues, stations de radio et chaînes de télévision qui formaient alors le système d’information des Etats-Unis. La propriété en était moins concentrée qu’aujourd’hui, mais en fin de comptes, les mêmes compagnies qui ont fusionné au fil de ces vingt dernières années pour former les dix méga-conglomérats ont fait de l’information une branche de l’industrie des loisirs, au même titre que les revues sportives, la production de films, la diffusion en salle de cinéma. Les grands quotidiens, les stations de radio et les chaînes de télévision en font partie.

[2] Colloque avec Peter Phillips, Institut international de journalisme « José Martí », 14 mai 2008, La Havane, Cuba.

[3] Justin Delacour, « Existe-t-il un lien entre le gouvernement et la presse des Etats-Unis ? » Ministère du Pouvoir populaire pour la communication et l’information, mars 2008, Caracas, Venezuela.

[4] Manufacturing Consent : The Political Economy of the Mass Media, par Edward S. Herman et Noam Chomsky (Vintage, 1998). Version française : La fabrication du consentement : De la propagande médiatique en démocratie (Agone, 2008).

[5] Conférence de Peter Phillips, Institut international de journalisme « José Martí », 12 mai 2008, La Havane, Cuba.

15/02/2010

Un peu d’eau du robinet ?

Expérience réalisée avec l’eau du robinet d’Aix-en-Provence, réputée comme l’une des plus pure de France. Nous utilisons un séparateur de molécules pour tester l’eau. L’eau du robinet chauffe à cause de sa teneur en métaux.


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