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19/01/2009

Comment les nazis traitaient les Juifs – Comment les Israéliens traitent les Palestiniens

adc.org, commentaires de Sott.net

Dimanche 18 janvier 2009

Constamment, le gouvernement israélien nie traiter les Palestiniens comme les Juifs furent traités sous le régime nazi. Mais les nazis, eux aussi, niaient commettre un génocide et des crimes de guerre.

Plutôt que de tenter de prouver par l'écrit que les représentants de l'État d'Israël sont les héritiers idéologiques des nazis, nous publions ci-dessous une série de photos juxtaposées : à gauche, des images illustrant le quotidien des juifs, il y a 68 ans, en Allemagne et en Pologne ; à droite, des images illustrant le quotidien des Palestiniens, aujourd'hui, dans les territoires occupés : ces photos parlent bien plus qu'un long discours. (cliquer pour agrandir)

Murs et barricades pour emprisonner la population

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Postes de contrôle militaires pour empêcher les civils de circuler librement

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Arrestations et brimades
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Destruction des foyers et des moyens de subsistance
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Meurtres d'innocents, de femmes et d'enfants
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Gaza : la douleur d'un père

Le Post, 18 janvier 2009

Cela restera peut-être l'image la plus marquante de cette guerre, la plus inhumaine et la plus humaine aussi: cette scène, en direct à la télévision israélienne, avec au téléphone un médecin palestinien hurlant sa douleur car ses deux filles viennent d'être tuées par un obus israélien. Le duplex était prévu, mais l'attaque du char israélien ne l'était pas.

"Izz el-Deen Aboul Aish est un médecin connu des spectateurs israéliens. Ce gynécologue palestinien, qui parle parfaitement l'hébreu, exerce à la fois dans un hôpital de Tel Aviv et dans la bande de Gaza, où vit sa famille. Depuis le début des raids, il y a 21 jours, il était resté à Gaza. L'accès des journalistes étant strictement contrôlé, il fut très vite sollicité par les média israéliens pour témoigner des conditions de vie sur place."

Mais lorsque la télé l'appelle, vendredi soir, à l'heure de grand écoute, ce n'est plus le témoin qui est en ligne, mais un père effondré par la mort de ses filles, et qui implore Dieu. Le journaliste le laisse parler, tente de le calmer, de lui promettre une ambulance (qui viendra d'aileurs plus tard),

Note de P&P : on bombarde puis on envoie une ambulance pour le show, vu qu'on est à la télé (en temps "normal", on bombarde aussi les ambulances)

et, visiblement ébranlé, ému, il préfère quitter le plateau avec le téléphone portable encore branché, plutôt que d'interrompre le flot de sanglots de cet homme.

Note de P&P : un peu de pathos à la télé pour se dédouaner de notre responsabilité de journaliste cautionnant ces massacres

Ce n'est pas souvent qu'un pays en guerre peut ainsi assister à l'impact humain de ses propres armes, de ses actions, sur l'"autre" camp, de manière humaine et pas froidement statistique. Cela ne change peut-être pas les choix politiques, mais les Israéliens n'oublieront pas aisément Izz el-Deen Aboul Aish et ses larmes.

Note de P&P : en effet ils ne l'oublieront pas, mais peut-être pas dans le sens où on l'entend. Ainsi, une Israélienne a t-elle interrompu la conférence de presse que tenait le docteur, le prenant à partie et l'accusant de propagande : "Why is he engaging in propaganda? He's talking against Israel at the Sheba hospital. You should all be ashamed. All my children are serving in Gaza. Who knows what he had at his home?"

Traduction : Pourquoi fait-il de la propagande ? Il dit du mal d'Israël, à l'hôpital Sheba. Vous devriez tous avoir honte. Tous mes enfants servent à Gaza. Qui sait ce qu'il cachait chez lui ?"

Oui, vous avez bien lu. Pour les individus dénués de conscience, la souffrance des autres n'a aucune importance. Ils ne sont jamais responsables de quoi que ce soit, c'est toujours la faute de l'autre – accuser la victime, voilà leur tactique. Quel genre d'être humain, si ce n'est un psychopathe – pourrait, sans la moindre compassion, sans la moindre considération pour sa douleur, prendre à parti un homme qui vient de perdre ses enfants, et l'accuser d'être responsable de leur massacre – insinuant qu'il devait "cacher des armes" chez lui et qu'il doit donc être (comme tous les Arabes) un terroriste ?

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18/01/2009

Comment fonctionne la machine à propagande israélienne

James Zogby
The Huffington Post
Vendredi 9 janvier 2009

Comme pour les précédents conflits du Moyen-Orient, la version officielle défendue par les médias et les analyses politiques ici, aux États-Unis, correspondent fidèlement à la position d’Israël concernant cette guerre. Ce point constitue une des causes majeures des précédentes victoires israéliennes et de la capacité d’Israël à faire durer les combats sans que les États-Unis ne lui retirent son soutien. Puisqu’il a conscience de l’importance de la guerre de propagande, Israël combat de manière vigoureuse et disproportionnée sur ce front-là aussi.

Voici comment il s’y prend :

1/ Définir le cadre du débat : la clé pour le remporter. Au départ, les Israéliens s’efforcent de définir le contexte, la genèse, et la version officielle qui conditionneront la compréhension du conflit. Dans le cas présent, par exemple, ils ont réussi, grâce à des répétitions ininterrompues, à établir la notion selon laquelle la guerre avait commencé le 19 décembre, date de fin du cessez-le-feu de 6 mois (décrit par Israël comme « rompu unilatéralement par le Hamas »). En agissant ainsi, ils ont évidemment ignoré leurs propres violations de la trêve en novembre, et le non-respect de leur engagement, pris au début du cessez-le-feu, visant à ouvrir les frontières de Gaza. Ils ont également fermé les yeux sur leur propres décisions qui ont condamné Gaza à la dépendance, processus qui a commencé bien avant leur retrait en 2005. Comme ils savent que les Étasuniens ne suivent pas ce conflit de près, et sont enclins à croire ce qu’on ne cesse de leur répéter, cette tactique de définition préalable du contexte et de répétition de la version officielle est un succès.

2/ Avoir conscience de l’efficacité des stéréotypes. Comme, depuis des générations, le conflit israélo-palestinien est décrit sous des auspices favorables à la culture israélienne et via des stéréotypes négatifs sur les Palestiniens, les agents de la propagande israélienne disposent ici d’un avantage facile à exploiter. Puisque ce conflit est considéré depuis des lustres comme « une confrontation de l’humanisme israélien au problème palestinien », la couverture médiatique de chaque nouvel épisode commence par décrire comment « le problème » affecte les Israéliens. Comme Golda Meir l’a déclaré : « Nous pouvons pardonner aux Arabes le meurtre de nos enfants, mais nous ne pourrons jamais leur pardonner de nous forcer à tuer les leurs ». Par conséquent, malgré la souffrance disproportionnée du peuple palestinien, rien de surprenant dans le fait que la couverture médiatique tente de « rééquilibrer » le sujet en traitant exhaustivement, photos à l’appui, de l’angoisse et de la peur que la guerre fait subir aux Israéliens. Plus tôt dans le conflit, lorsque l’analyse médiatique jouait le rôle principal, les Palestiniens étaient réduits, comme toujours, à de simples chiffres, ou chosifiés comme « dommages collatéraux ».

3/ Anticiper et compter sur les erreurs de l’adversaire. La stupidité du Hamas a servi la stratégie d’Israël. Dès le début, Israël a pu compter sur le fait que le Hamas lancerait des roquettes et émettrait le type de menace qui permettrait à Israël de rallier la sympathie de l’Occident. Savoir que ces tirs et ces menaces auraient très certainement lieu, et pourraient être exploités, constitua un avantage pour leur guerre de propagande.

Note de Futur Quantique : quand on sait qu’Israël est le champion des opérations sous « fausse bannière », et qu'il a tendance à se faire parfois passer pour le Hamas, on peut se demander qui est derrière les tirs de roquettes et les menaces qui servent si bien la propagande israélienne.

4/ Etre partout et répéter la même chose – et s’assurer que l’adversaire demeure aussi invisible que possible. Israël entame chacune de ses guerres aidé d'une légion de porte-paroles anglophones (la plupart nés dans des pays occidentaux) disponible à tout instant dans chaque organe médiatique (ce n’est pas un hasard si, par exemple, Israël dispose d’un consul général « arabe » à Atlanta – ville où est basé CNN). Cette opération de propagande, qui consiste à dépêcher dans tous les événements médiatiques des États-Unis des porte-paroles présentant la même version des faits, est une garantie de succès. En même temps, ils arrivent à interdire l’accès des médias à Gaza, autorisant les journalistes occidentaux à opérer uniquement dans les zones supervisées par l’armée israélienne, ce qui garantit à Israël l’opportunité de définir chaque détail de la version officielle tout en interdisant toute possibilité de vérification indépendante des horreurs perpétrées à Gaza.

5/ Coller à la version officielle. Comme une bonne partie de l’histoire sera définie par les déclarations et les actes des politiciens, l’appareil politique à Washington est également mis à contribution, assurant que les dirigeants de la Maison-Blanche et du Congrès communiquent la version officielle. Ainsi, les communiqués du Congrès reprennent cette version des faits tandis que les porte-paroles israéliens, les commentateurs politiques, et les déclarations du Congrès se corroborent mutuellement.

6/ Nier, nier, nier. Lorsque les événements et la réalité font surface, en contradiction avec le scénario élaboré par Israël, et contestant la version officielle, la machine de propagande s’active pour nier, nier et nier encore (déclarant éhontément, « qui croyez-vous, moi ou ce que vos yeux trompeurs vous disent ? ») et/ou élaborant une nouvelle version qui reporte la faute sur la victime (« nous ne sommes pas responsables, ils nous ont forcés à le faire »). Dans le cas présent, cela consiste à affirmer que quelqu’un autre, toujours, est responsable de la mort des Palestiniens, et/ou que les photos montrant la souffrance du peuple palestinien sont des mises en scène de la part des journalistes ou de l’ennemi (comme pour dire : « les Arabes ne souffrent pas vraiment comme nous »).

7/ La dernière carte… Lorsque toutes les techniques précédentes ont échoué, invoquer quelques exemples d’antisémitisme flagrant et les généraliser – suggérant ainsi que les critiques sont motivées par l'antisémitisme. Cette tactique est risquée et peut-être trop utilisée, mais elle peut réduire les critiques au silence ou les mettre sur la défensive.

Note de Futur Quantique : apparemment, cette dernière carte est toujours autant employée, en témoignent les multiples articles et reportages sur la montée de l'antisémitisme en France. L'agression d'une jeune juive a même traversé l'Atlantique pour servir le discours d'un sioniste lors d'un rassemblement pro-israélien à New York. A croire qu'ils ont du mal à trouver le moindre acte antisémite sur toute la planète... et pour cause : dans la majorité des cas, l'antisémitisme est un phénomène monté de toute pièce pour les besoins de la propagande. Ne vous attendez pas à voir les médias diffuser des informations en totale contradiction avec la propagande, comme, par exemple, ce très beau discours humaniste prononcé hier à Lyon dans le cadre d'une manifestation pour Gaza :

 

Traduction : Axel D. pour Futur Quantique

17/01/2009

Psychopathie en action : à New York, des manifestants pro-israéliens en appellent à l'anéantissement des Palestiniens

Max Blumenthal

AlterNet

Mardi 13 janvier 2009 22:55 UTC

Le 11 janvier, quelque dix mille personnes se sont rassemblées devant l'ambassade israélienne, à Manhattan, en soutien à l'attaque israélienne dans la Bande de Gaza. Ce rassemblement était organisé par l'UJA-Federation (United Jewish Appeal [Appel juif unifié – Ndt]) de New York et le Jewish Community Relations Council [Conseil des relations de la communauté juive – Ndt] de New York, en coopération avec la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations [Conférence des présidents des principales organisations juives-américaines – Ndt]. Pour l'occasion, des discours furent prononcés par les plus hauts législateurs de New York. Bien que les diatribes contre les criminels du Hamas aient provoqué la juste colère des foules, l'événement fut d'ordre festif – chants et danses entraînantes en marquèrent le début et la fin.

Le sénateur Chuck Schumer a souligné les méthodes guerrières humanitaires d'Israël, prenant pour exemple l'envoi de SMS avertissant certains habitants de la Bande de Gaza d'évacuer leurs maisons avant qu'elles ne soient bombardées par les forces israéliennes. "Quel autre pays ferait-ça ?", a crié Schumer depuis le podium. Le gouverneur David Paterson est apparu sur l'estrade coiffé d'un des chapeaux rouges distribués aux manifestants et symbolisant les alertes rouges que certains Israéliens doivent endurer lorsque des groupes palestiniens tirent des roquettes en leur direction. Paterson a évoqué les nombreuses roquettes Qassam tombées sur Israël pour justifier les opérations israéliennes à Gaza – un assaut militaire qui a causé plus de 800 [plus d'un millier à ce jour – Ndt] morts et des milliers de blessés.

Ensuite, Paterson a mis l'accent sur la vague d'antisémitisme qui a suivi l'attaque israélienne de Gaza, évoquant l'agression d'une adolescente en France. "Ce genre de colère et de haine se répand comme une maladie", a déclaré Paterson, "et l'une des choses sur lesquelles j'ai toujours insisté, c'est qu'il n'y a pas de place pour la haine dans l'Empire State [surnom de l'État de New York – Ndt]".

Pourtant, la haine était à son comble dans le public. Juste devant l'estrade, un homme tenait une bannière portant l'inscription "L'islam est une secte morbide". Des manifestants m'ont décrit les Gazaouis comme un "cancer", et ont demandé qu'Israël les "anéantisse tous", tout en insistant : "Ils nous forcent à tuer leurs enfants afin de défendre les nôtres". Une jeune femme me dit : "Ceux qui meurent subissent la colère de Dieu". "Ils ne font pas de distinction entre les civils et les militaires, alors pourquoi devrions-nous le faire ?", me dit un membre du groupe juif messianique Orthodox Chabad-Lubavitch, venu assister au rassemblement.

Parmi les gens que j'interroge, nul ne semble trouver de raison qui le pousserait à remettre en cause la guerre d'Israël. Ni le nombre de victimes civiles, ni la vision de souffrances extrêmes – rien ne pourrait briser leur enthousiasme quant à l'attaque d'une des populations les plus vulnérables au monde avec les armes les plus sophistiquées de la planète. Il n'y a aucune limite, peu importe les actions d'Israël, peu importe ses méthodes.

Ce rassemblement m'a fait penser à un passage de "The Holocaust Is Over, We Must Rise From Its Ashes" [L'holocauste est fini, nous devons renaître de ses cendres], livre percutant rédigé par l'ex-président de la Knesset et du Jewish National Fund [Fonds national juif], Avraham Burg :

"Si tu es quelqu'un de mauvais, un ennemi geignard ou un occupant brutal, tu n'es pas mon frère, même si tu es circoncis, que tu observes le Shabbath, et que tu accomplis les mitzvahs [bonnes oeuvres – Ndt]. Si, par pudeur, tu recouvres chaque cheveu de ta tête avec ton foulard, que tu fais l'aumône et la charité, mais que sous le foulard, l'esprit est dévoué à la sainteté de la terre juive, la faisant primer sur la sainteté de la vie humaine, tu n'es pas ma soeur. Tu seras peut-être mon ennemie. Un Arabe bon ou un gentil [non-juif – Ndt] honnête sera un frère ou une soeur pour moi. Un homme mauvais, même d'ascendance juive, sera mon adversaire, et je me tiendrai de l'autre côté de la barricade pour le combattre jusqu'à la fin."

Commentaire : vidéos sur l'occupation israélienne de la Palestine/Gaza, cliquer ici

Traduction : Prayers for rain pour Futur Quantique

 

 

16/01/2009

Le véritable objectif du massacre dans Gaza

par Jonathan Cook, Global Research, le 2 janvier 2009
Mondialisation.ca, Le 15 janvier 2009

Depuis que le Hamas a triomphé aux élections palestiniennes il y a près de trois ans, la rumeur circulait en Israël qu’une invasion terrestre de grande ampleur sur la bande de Gaza était imminente. Mais même quand l’opinion publique faisait monter la pression pour un coup décisif contre le Hamas, le gouvernement reculait devant un assaut frontal.

Aujourd’hui, le monde attend d’Ehud Barak, ministre de la Défense, qu’il envoie ses chars d’assaut et ses troupes dans la logique de cette opération qui pousse inexorablement vers une guerre terrestre. Néanmoins, les officiels temporisent. Des forces terrestres importantes sont massées à la frontière avec Gaza, mais en Israël on parle de « stratégies de sortie », d’accalmie et de renouvellement de cessez-le-feu.

Même si les chars israéliens s’avancent à l’intérieur de l’enclave, oseront-ils aller jusque sur les véritables champs de bataille au centre de la bande de Gaza ? Ou serviront-ils simplement, comme ce fut le cas dans le passé, à terroriser la population civile depuis la périphérie ?

Les Israéliens sont conscients de la raison officielle de la réticence de Barak à prolonger les raids aériens avec une guerre terrestre d’envergure. Ils n’ont pas oublié que les plus grandes pertes de l’armée dans la seconde Intifada palestinienne ont été essuyées en 2002 durant l’invasion du camp de réfugiés de Jénine.

Gaza, comme les Israéliens ne le savent que trop bien, est un gigantesque camp de réfugiés. Ses ruelles étroites, où les chars Merkava ne peuvent pénétrer, forceront les soldats israéliens à y entrer au grand jour. Gaza, dans l’imaginaire israélien, est un piège mortel.

De même, nul n’a oublié le lourd tribut qu’ont payé les soldats israéliens durant la guerre terrestre avec le Hezbollah en 2006. Dans un pays comme Israël, avec une armée citoyenne, l’opinion a fini par ressentir une véritable aversion pour une guerre où un grand nombre de ses fils seraient placés sur la ligne de tir.

Cette crainte n’est que renforcée par les articles de presse israéliens selon lesquels le Hamas prie pour voir l’armée israélienne s’engager dans un combat sérieux. La décision de sacrifier nombre de soldats à Gaza n’est pas de celle que Barak, dirigeant du Parti travailliste, prendra à la légère à six semaines des élections.

Mais il existe une autre inquiétude qui donne à Barak une même raison d’hésiter.

En dépit de la rhétorique populaire existant en Israël, aucun haut responsable ne croit que le Hamas puisse être anéanti, que ce soit par des raids aériens ou avec des brigades d’infanterie. Le Hamas est simplement beaucoup trop ancré dans la bande de Gaza.

Cette conclusion est admise pour les raisons modérées proposées jusqu’à maintenant pour les opérations d’Israël. « Installer le calme dans le sud du pays » et « Modifier l’environnement sécuritaire » prévalent sur les choix antérieurs, tels que « Eradiquer l’infrastructure du terrorisme ».

Une invasion dont le véritable objectif serait de renverser le Hamas, comme Barak et ses officiels l’entendent, exigerait une réoccupation militaire permanente de la bande de Gaza. Mais revenir sur le désengagement de Gaza - la grande idée en 2005 d’Ariel Sharon, Premier ministre de l’époque - supposerait un énorme engagement militaire et financier de la part d’Israël. Il aurait une fois de plus à assumer la responsabilité du bien-être de la population civile locale, et l’armée serait tenue à une surveillance traîtresse des camps surpeuplés de Gaza.

En effet, une invasion de Gaza pour renverser le Hamas serait un renversement de tendance dans la politique israélienne depuis le processus d’Oslo au début des années 90.

C’était le temps où Israël permettait au leader palestinien, Yasser Arafat, qui sortait d’un long exil, de revenir dans les territoires occupés avec son nouveau rôle de chef de l’Autorité palestinienne. Naïvement, Arafat avait supposé qu’il serait le dirigeant d’un gouvernement en attente. En vérité, il est simplement devenu, par contrat, le chef de la sécurité d’Israël.

Arafat a été supporté durant les années 90 parce qu’il faisait peu pour arrêter l’annexion réelle par Israël de vastes parties de la Cisjordanie grâce à l’expansion rapide des colonies de peuplement et l’accroissement de restrictions sévères aux déplacements des Palestiniens. Il avait préféré se concentrer sur le renforcement des forces de sécurité de ses fidèles du Fatah, maîtrisant le Hamas et préparant la naissance d’un Etat qui n’a jamais vu le jour.

Quand la seconde Intifada palestinienne s’est déclanchée, la preuve fut donnée que, pour Israël, Arafat n’avait plus d’utilité. Son Autorité palestinienne fut petit à petit émasculée.

Depuis la mort d’Arafat et le désengagement de Gaza, Israël cherche à consolider la séparation physique de la Bande de Gaza d’avec la très convoitée Cisjordanie. Même si ce n’est pas ce que voulait Israël à l’origine, la prise de pouvoir du Hamas sur Gaza a répondu de façon significative à cet objectif.

Israël est maintenant confronté à deux mouvements nationaux palestiniens. L’un, le Fatah, basé en Cisjordanie et dirigé par un président faible, Mahmoud Abbas, largement discrédité et conciliant. L’autre, le Hamas, basé dans la bande de Gaza, qui a grandi en assurance, prétendant être le véritable gardien de la résistance contre l’occupation.

Incapable d’anéantir le Hamas, Israël est en train actuellement d’examiner la possibilité de vivre avec ce groupe armé à sa porte.

Le Hamas a prouvé qu’il pouvait faire respecter ses règles dans la bande de Gaza, quasiment comme Arafat le faisait autrefois dans les deux territoires occupés. La question en débat au sein du cabinet israélien et dans les bureaux de l’armée est de savoir si, comme Arafat, le Hamas est susceptible de collaborer avec l’occupation. Il a fait la preuve de sa force, mais peut-il être utile à Israël, lui aussi ?

En pratique, cela voudrait dire dompter le Hamas plutôt que de l’étouffer. Israël essaie de faire monter le Fatah en Cisjordanie avec des carottes, et il utilise l’actuel massacre à Gaza comme un gros bâton avec lequel il tape sur le Hamas pour le mater.

L’objectif ultime est une nouvelle trêve qui arrêtera les tirs de roquettes depuis Gaza, comme avec le cessez-le-feu qui vient de se terminer, mais à des conditions encore plus favorables à Israël.

Le blocus sauvage qui a privé la population de Gaza de l’essentiel pendant de nombreux mois a failli dans son objectif. Au lieu de cela, le Hamas a assumé rapidement les tunnels clandestins qui sont devenus une bouée de sauvetage pour les Gazaouis. Les tunnels ont relevé les finances du Hamas, et sa popularité tout autant.

Il n’est donc pas surprenant qu’Israël se soucie peu de toucher la direction du Hamas ou sa branche armée. Au contraire, il a bombardé les tunnels, le coffre au trésor du Hamas, et il a tué un nombre important de policiers ordinaires, les garants de l’ordre public dans la bande de Gaza. Les derniers articles suggèrent qu’Israël programme en ce moment d’étendre ses raids aériens aux organisations de bienfaisance du Hamas, qui sont à la base de sa popularité.

La campagne aérienne s’en tient à la capacité du Hamas à fonctionner efficacement comme dirigeant de Gaza. Elle est en train de saper les bases du pouvoir politique du Hamas. La leçon n’est pas que le Hamas puisse être anéanti militairement, mais qu’il peut être affaibli à l’intérieur des territoires.

Israël espère apparemment persuader la direction du Hamas, comme il l’a fait pour Arafat en son temps, que le mieux pour servir ses intérêts serait de coopérer avec Israël. Le message est : oubliez votre mandat populaire de résistance à l’occupation et concentrez-vous plutôt sur votre maintien au pouvoir, avec notre aide.

Dans le brouillard de la guerre, les évènements peuvent encore s’aggraver et d’une telle manière qu’une vaste invasion terrestre ne puisse être évitée, spécialement si le Hamas poursuit ses tirs de roquette sur Israël. Mais quoi qu’il arrive, Israël et le Hamas sont presque certains à la fin de s’entendre sur un nouveau cessez-le-feu.

La question est de savoir si, ce faisant, le Hamas, comme Arafat avant lui, va perdre de vue sa mission première : obliger Israël à arrêter son occupation. 



Lire l'article original en anglais: The real goal of the slaughter in GazaHamas cannot be defeated, so it must be brought to heel, publié le 2 janvier 2008.
La version anglaise de cet article a également été publié dans 
The National (www.thenational.ae), à Abu Dhabi.

Traduction en français:JPP pour Info-Palestine.

Jonathan Cook
 est auteur et journaliste basé à Nazareth, Israël. Son dernier livre: “Disappearing Palestine: Israel's Experiments in Human Despair” (Zed Books). Son site internet est:  www.jkcook.net.

Jonathan Cook est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Jonathan Cook publiés par Mondialisation.ca

15/01/2009

Perversions sionistes : tourisme de guerre/voyeurisme

Planète non-violence, 15 janvier 2009

Futur Quantique

Note de Futur Quantique : Chaque jour, les massacres commis par l’armée israélienne avec l’assentiment de la majorité de sa population se font plus indicibles. On est saisis d’horreur en voyant les photos, en regardant les vidéos, en lisant les témoignages. Israël, dans son aveuglement, semble déterminer à en finir, et à entraîner le plus de monde possible dans sa chute. Au fond, à qui cette situation profite-t-elle ? En d’autres termes : Cui bono ? (À qui profite le crime ?). À terme, certainement pas à Israël.

Pour apporter un début de réponse, peut-être est-il utile de lire cette analyse perspicace tirée de l’ouvrage de Laura Knight-Jadczyk et Joe Quinn, 11 septembre, l’ultime vérité :

La nation d’Israël, le peuple juif, ont tant souffert et pendant si longtemps qu’ils ne savent tout simplement plus en qui avoir confiance. Sur ce, arrivent des religieux fanatiques – les sionistes – qui font tout leur possible pour attiser les sentiments antisémites, et qui appellent tous leurs frères juifs à s’unir et à se rassembler en Israël – la Terre Promise de leur religion ; un scénario qui s’est déjà produit de nombreuses fois au cours de l’Histoire. Observer cette tendance auto-destructrice est non seulement douloureux, mais laisse aussi un sentiment de désespoir. Ça ne va pas recommencer !
Cela nous attriste, car nous entendons des réactions d’écœurement s’élever d’un peu partout. C’est d’elles que se nourrit le mouvement des brutes néo-nazies ; on l’entend même à la caisse du supermarché. Ce torrent de colère et d’amertume creuse son sillon dans l’inconscient des non-juifs, et ouvrira la voie à un nouvel Hitler. Seulement, cette fois, ce ne sera pas qu’une histoire de conflit entre un Allemand et des forces alliées prêtes à lui faire mordre la poussière. Il poussera à nouveau ce cri hideux, ce cri qui semblera justifié par les actions des juifs eux-mêmes, qui auront marché droit dans le piège. Tous les problèmes seront présentés comme venant des juifs, d’Israël… et il (ou ils) proposeront une solution très simple à ces problèmes : ils feront remarquer que les juifs sont tous rassemblés en un seul lieu (ou du moins, qu’ils sont tous repérables, puisqu’ils appartiennent tous à des clubs ou des synagogues – en effet, ces bons sionistes ont tout fait pour les rassembler au sein du troupeau) ; alors, on pourra ressusciter la « Solution Finale ». Et l’humanité ne se rendra pas compte qu’elle s’est fait avoir.

Depuis le déclenchement de la Guerre d'extermination contre la population Palestinienne de Gaza, le Sionisme s'est férocement "lâché" et montre désormais son vrai visage, celui d'une idéologie coloniale fasciste raciste qui pratique la terreur à grande échelle contre les Palestiniens mais aussi contre les Juifs du monde entier sommés d'apporter leur soutien et de le manifester sans vergogne sur la place publique, incitant ainsi à l'antisémitisme (ce que veulent les Sionistes) ou d'être calomniés et traités comme des pestiférés, car selon cette doctrine sectaire mortifère, sans l' " Etat d'Israël" (Eretz Israël) point de salut pour eux.

Note de Futur Quantique : En effet les sionistes encouragent l'antisémitisme, qui sert leurs objectifs. Lors de la Seconde Guerre mondiale, des sionistes s'entendirent avec les nazis sur la persécution des juifs. Une telle union peut paraître absurde, mais c'est en réalité tout à fait logique, quand on connaît la psychopathie. La grande différence entre les humains n'est pas une différence de "race" ou de religion, mais de conscience : les psychopathes en sont dépourvus. En prédateurs dénués de scrupule et de capacité d'empathie, ils s' "unissent" naturellement pour exploiter et détruire les non-psychopathes – cette société d'êtres humains normaux qui menacent leur règne par le simple fait de leur existence.

En novembre 1947, en plein après-guerre [...], les Nations unies (fondées à la fin de la Seconde Guerre mondiale) votèrent la partition de la Palestine en un État juif et un État arabe. On pourrait aller jusqu’à dire que ce vote fut la conséquence directe des événements de la Seconde Guerre mondiale, et beaucoup suggérèrent que les sionistes avaient été complices du meurtre de millions de juifs dans le but exprès de susciter un sentiment de culpabilité et de compassion à l’égard du peuple juif, afin de le placer dans une position de « droit moral » irréfutable envers la Palestine. À ce propos, le lecteur sera peut-être intéressé par la lecture de l’ouvrage de Lenni Brenner, 51 Documents : Zionist Collaboration with the Nazis [51 documents sur la collaboration des sionistes avec les nazis – NdT], qui contient de nombreux documents historiques prouvant que certains sionistes encouragèrent l’Holocauste juif, afin de justifier l’établissement d’un « foyer national » juif en Palestine. […]
[11 septembre, l’ultime vérité – Laura Knight-Jadczyk et Joe Quinn]

La société sioniste israélienne, intellectuels, universitaires inclus, est agitée par un profond déni de l'odieuse réalité dans laquelle elle a plongé toute la population Palestinienne de Gaza, signe qu'elle est profondemment et dangereusement psychotique.

Qui va enfin oser passer la camisole de force au Sionisme ?

Note de Futur Quantique : Il semble qu’un certain nombre d’Israéliens et de sionistes de par le monde souffrent d'un déni de réalité :

Stanley Cohen décrit le déni comme un « mécanisme de défense inconscient permettant de supporter la culpabilité, l’anxiété et autres émotions perturbantes suscitées par la réalité ». [Le déni peut être délibéré et intentionnel, de même que totalement subconscient. Un individu qui nie délibérément et intentionnellement quelque chose, use, à un niveau individuel, de mensonge, de dissimulation et de tromperie]
Les différents types de déni incluraient :

– Le déni d’objet

– Le déni de sens

– Le déni de conséquences

Ils vont de la pure et simple négation de la réalité de faits constatés, au changement du sens d’une expérience donnée, jusqu’au refus des conséquences morales de la reconnaissance profonde d’une vérité donnée.  [The Wave, Book 2, Laura Knight-Jadczyk]

Déni de réalité inconscient, en ce qui concerne des êtres humains normaux (non psychopathiques) profondément ponérisés (pour reprendre la terminologie de Ponérologie Politique ). Quant aux psychopathes, ils sont parfaitement conscients du mal qu'ils infligent et en jouissent sciemment. Quand on voit que nombre d’Israéliens se réunissent pour assister au massacre d’autres êtres humains, on se croirait revenus aux Jeux du cirque, et quand on met ce fait en relation avec ce passage de 11 septembre, l'ultime vérité, on peut se demander quel pourcentage d'Israéliens ont des gènes psychopathiques :

Dans son ouvrage 51 Documents : Zionist collaboration with the Nazis [51 documents sur la collaboration des sionistes avec les nazis – NdT], Lenni Brenner présente des documents historiques qui démontrent que certains dirigeants sionistes ont pris part à la « sélection » des juifs qui devaient, ou ne devaient pas, aller à la mort durant la Seconde Guerre mondiale. Je formule l’hypothèse que cette manœuvre s’est certainement appuyée sur la « connaissance spéciale » des psychopathes, et leur capacité à reconnaître les autres psychopathes. Aussi, une réduction sélective du « troupeau » des véritables juifs fut-elle un des premiers points à l’ordre du jour, dans le but de créer une « race de maîtres » qui contrôle et dirige la fin de partie du jeu psychopathique actuel. Il semble que cette fin de partie ait requis l’établissement d’une terre juive sur le sol palestinien, ce qui fut par « coïncidence » rendu possible, pour une large part, par l’Holocauste juif, facilité et encouragé par les leaders sionistes psychopathes. Si cette hypothèse correspond un tant soit peu à la réalité – et il y a de bonnes raisons de penser que c’est le cas – alors cela pourrait très bien expliquer la recherche portant sur les prétendues « armes à spécificité ethnique », qui cibleraient tout le monde excepté les psychopathes génétiques.

 

La colline de la honte

Parash Hill (colline Parash), une reserve naturelle située dans le Sud d'Israël, constitue un endroit idéal pour picniquer, entourée de champs verdoyants dans un environnement quasi désertique, et une vue plongeante jusqu'à la Méditérranée. Ces dernères semaines, c'est devenu le point de rendez vous incontournable pour une nation obscédée par les "glorieux" faits de guerre de son idole, l'armée. Parash est actuellement l'endroit de rassemblement des sionistes israéliens qui s'adonnent à l'une de leurs perversions préférées : celle de regarder la machine de guerre ultra moderne des SS - Soldats Sionistes - massacrer des civils palestiniens par centaines.

Ils s'y précipitent, équipés de jumelles, viennent en famille et prennent des photos. Ils justifient les massacres de centaines d'enfants en disant que de toute façon ils seraient devenus des "terroristes". Ils regardent avec une jubilation à peine contenue les massacres perpétrés par une armée super équipée qui, pour la premiere fois dans l'histoire de l'humanité, lance des attaques aériennes massives, des barrages d'artillerie par mer et terre, sur une population civile affamée, enfermée, qui n'a nulle part où aller.

Cette obscession à contempler la violence s'est attirée les critiques de quelques rares compatriotes qui ont surnommé cette colline, la "colline de la honte". Mais la vaste majorité des sionistes israéliens approuvent ce nouveau genre de "tourisme de guerre". La barbarie sioniste est sans limite. Les Nazis aussi contemplaient les massacres de leurs victimes dans les camps d'extermination avec une jubilation perverse.

Sur l'éternelle "victimisation" outil de propagande sioniste pour terroriser les Juifs et, en plus de les terroriser, culpabiliser les Non Juifs :

" Quand donc le mandat de la victimisation expire t-il ? Quand on en est arrivé à une telle situation, le génocide nazi des Juifs d'Europe cesse-t-il d'excuser l'Etat d'Israël pour ne pas respecter le Droit International et la simple humanité ?" Fintan O'Tool, Irish Times

Sur la complicité des mass médias :

" Mon moment préferé, c'est quand j'ai fait remarqué que les journalistes devraient être du côté de ceux qui souffrent. Si on faisait un reportage sur le commerce des esclaves au XVIIIème siècle, j'ai dit, nous ne donnerions pas le même temps de parole au capitaine du navire transportant les esclaves dans nos articles. Si nous couvrions la libération d'un camp de concentration nazi, nous ne donnerions pas le même temps de parole au porte parole des SS...." Robert Fisk, correspondant du quotidien britannique "The Independent" au Moyen Orient, lors d'une conference. Il s'est cependant ensuite bien vite défendu de vouloir faire la comparaison Sionisme Nazisme. Son courage a des limites Il a lui même été témoin au Liban de ce dont étaient capables les Sionistes, notamment à Sabra et Chatila. Lors des massacres de Sabra et Chatila, ils avaient utilisé des supplétifs de la Phalange Chrétienne. A Gaza, ils ont décidé de faire le sale boulot eux mêmes grâce aux moyens high tech dont leur armée dispose. Trancher les gorges ou eventrer les femmes enceintes à la baillonnette ou au couteau c'est répugnant, c'est plus propre de le faire avec des missiles DIME. A deux mètres les victimes sont litteralement coupées en deux, à dix mètres elles ont un membre sectionné.

C'est clean non ! Enfin pour ceux qui exécutent leurs missions dissimulés lâchement dans le cokpit de leurs avions et qui resentent en larguant leurs missiles juste un petit "tressautement".

QCM sur l'histoire d'Israël

Auteur :   Mitch Cohen

Source : Israel's History in Quotes, a Questionnaire Tlaxcala

Article original diffusé en janvier 2009 

Traduit par Isabelle Rousselot, révisé par Fausto Giudice – Tlaxcala

Militant anti-guerre, l'auteur de ce questionnaire à choix multiples l'a distribué aux habitants de son immeuble à New York.

Qui a dit :

1 - Si j'étais un dirigeant arabe, je ne signerais jamais d'accord avec Israël. C'est normal : nous avons pris leur pays. C'est vrai que Dieu nous l'a promis mais quel est l'intérêt pour eux ? Notre Dieu n'est pas le leur. Il y a eu l'antisémitisme, les nazis, Hitler, Auschwitz mais est-ce que c'était de leur faute ? Ils ne voient qu'une chose : nous sommes venus et nous avons volé leur pays. Pourquoi l'accepteraient-ils ?

a. George W. Bush, Président des Etats-Unis d'Amérique

b. Harry S. Truman, ancien Président des Etats-Unis d'Amérique

c. Noam Chomsky, écrivain et dissident usaméricain

d. David Ben Gourion, premier Premier Ministre d'Israël

 

2 - Chaque fois que nous faisons quelque chose, vous me dites l'Amérique ferait comme ceci et comme cela... Je veux vous dire clairement les choses : ne vous inquiétez pas de la pression américaine sur Israël. Nous, le peuple juif, nous contrôlons l'Amérique et l'Amérique le sait.

a. Ariel Sharon, ancien Premier Ministre d'Israël

b. Meier Kahane, fondateur de la Ligue de Défense Juive (JDL) aux Etats-Unis puis de Kach, un parti politique israélien d'extrême-droite

c. Amy Goodman, présentatrice du programme "Democracy Now!" sur Pacifica Radio

 

3 - Parmi les phénomènes politiques les plus inquiétants de notre temps, il y a l'émergence dans l'État nouvellement créé d'Israël, du Parti de la Liberté (Herut), un parti politique très proche dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et sociale, des partis fascistes et nazis.

a. Bill Ayers, ex-activiste des années Vietnam et cofondateur du Weather Underground qui conduisit une campagne d'attentats contre des bâtiments publics dans les années 60-70 en protestation contre les guerres menées par les USA, et Bernardine Dohrn, sa femme, également membre des Weathermen

b. Lénine & Léon Trotsky

c. Albert Einstein & Hannah Arendt

 

4 - Le pouvoir légal d'Hitler était basé sur la "loi d'habilitation" qui fut passée de façon légale par le Reichstag et qui a permis au Führer et à ses représentants... d'agir comme ils voulaient, ou en langage légal, d'émettre des règles en ayant avec eux la force de la loi. Exactement le même type de loi a été passé par la Knesset (le parlement israélien), immédiatement après la conquête de 1967, accordant au gouvernement israélien et à ses représentants, le pouvoir d'Hitler, qu'ils ont utilisé de façon hitlérienne.

a. Gus Hall, ancien dirigeant du parti communiste aux USA

b. Dr. Israel Shahak, ancien président de la Ligue israélienne des droits de l'homme et un survivant du camp d'extermination de Bergen Belsen

c. Barack Obama, Président des USA

d. Yasser Arafat, ancien dirigeant de l'Organisation de Libération de la Palestine 

5 - Comment pouvons-nous rendre les territoires occupés ? Il n'y a personne à qui les rendre.

a. Dick Cheney, Vice-Président des USA

b. Jay Leno, humoriste satiriste usaméricain

c. Golda Meir, ancien Premier Ministre d'Israël

Réponses (on ne triche pas) :

1 - d. David Ben Gourion (le premier des Premiers Ministres d'Israël) cité par Nahum Goldmann dans " Le paradoxe juif", page 121

2 - a. Ariel Sharon, le 3 octobre 2001, à Shimon Peres, rapporté sur radio Kol Yisrael

3 - c. Albert Einstein, Hannah Arendt et autres éminents USaméricains juifs, qui ont écrit dans The New York Times, en protestation à la visite aux USA de Monachem Begin, en décembre 1948

4 - b. Dr. Israel Shahak, ancien président de la Ligue israélienne des droits de l'homme et survivant du camp d'extermination de Bergen Belsen, commentant les mesures d'urgence militaires israéliennes suite à la guerre de 1967, dans le "Journal Palestine", vol. 12, décembre 1983.

5 - c. Golda Meir, juste une semaine avant de devenir Premier Ministre d'Israël, le 8 mars 1969.

 

Analyse du complot Israël-Égypte-Arabie saoudite

En complément de l'article "La guerre israélienne est financée par l'Arabie saoudite", Thierry Meyssan présente son analyse de la situation dans cette vidéo :

14/01/2009

La négation de l’holocauste et le silence de ceux qui savent

Le Grand Soir, 14 janvier 2009
Traduction emcee (des Bassines et du Zèle) pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info
Dans un article du New Statesman [du 08 janvier], John Pilger, fort de son expérience après les 40 années passées à faire des reportages au Moyen Orient, décrit le "pourquoi" de l’attaque sanglante perpétrée par Israël sur les populations assiégées de Gaza – une attaque qui a peu à voir avec le Hamas et le droit d’Israël à exister.

arton7826-cfa77.jpg"Lorsque la vérité est remplacée par le silence" a déclaré le dissident soviétique Yevgeny Yevtushenko, "le silence devient un mensonge".

Peut-être le silence est-il rompu sur Gaza. Les linges dans lesquels sont enveloppés les enfants assassinés, recouverts de vert, ainsi que les caisses contenant leurs parents disloqués et les cris de douleur et de rage de la population dans ce camp de la mort au bord de la mer, sont largement diffusés sur Al-Jazeera et YouTube, et peuvent même être entraperçus sur la BBC. Mais l’incorrigible poète russe ne parlait pas de ces événements éphémères que nous appelons "informations" ; il demandait pourquoi ceux qui connaissaient le pourquoi n’en ont jamais parlé et, de fait, l’ont nié. Parmi les intellectuels anglo-saxons, cette attitude est particulièrement frappante. Ce sont eux qui détiennent les clés de ces grands entrepôts de la connaissance : ces historiographies et ces archives qui nous amènent au pourquoi des choses.

Ils savent que l’horreur qui tombe sur Gaza n’a pas grand-chose à voir avec le Hamas, ou, plus absurde encore, le "droit d’Israël à exister". Ils savent que c’est l’inverse qui est vrai : que le droit à exister de la Palestine a été aboli il y a soixante ans, et que l’expulsion, et, si nécessaire, l’extinction des populations autochtones étaient planifiées et mises en oeuvre par les fondateurs d’Israël. Ils savent que l’ignoble "Plan D" a conduit au dépeuplement meurtrier de 369 villes et villages palestiniens par la Haganah (l’armée juive") et que d’un massacre à l’autre, les endroits comme Deir Yassin, al-Dawayima, Eilaboun, Jish, Ramle and Lydda sont aujourd’hui synonymes d’"épuration ethnique" dans les archives officielles. Quand David Ben Gourion, le premier Premier ministre d’Israël, est arrivé sur le lieu du carnage, un général, Yigal Allon, lui a demandé : "Que faisons-nous des Arabes ?", Ben Gourion, selon l’historien israélien, Benny Morris, a répondu d’un geste brusque et expéditif de la main : "Expulsez-les !".

L’ordre d’expulser toute une population "sans considération de l’âge", avait été signé par Isaac Rabin, futur premier ministre salué par le monde entier comme "artisan de la paix" grâce à la plus efficace des propagandes. La terrible ironie de tout cela n’a été soulignée qu’incidemment, comme quand le co-leader du parti Mapan a fait remarquer que les dirigeants d’Israël parlaient "naturellement" de "la tolérance dont ils bénéficiaient quand ils rassemblaient les femmes, les enfants et les personnes âgées pour les précipiter sur les routes parce que tel était l’impératif de leur stratégie … … qui se souvient de qui a utilisé ces mêmes moyens contre notre peuple au cours de la Seconde Guerre mondiale … je suis horrifié."

Toutes les "guerres" qu’Israël a menées par la suite avaient le même objectif : l’expulsion des populations autochtones et l’appropriation de toujours plus de terres. Le mensonge de David et Goliath, de la victime perpétuelle, a atteint son apogée en 1967 quand la propagande est devenue vertu outragée qui prétendait que c’étaient les états arabes qui avaient commencé. Depuis lors, la plupart de ceux qui disent la vérité comme Avi Schlaim, Noam Chomsky, feue Tanya Reinhart, Neve Gordon, Tom Segev, Yuri Avnery, Ilan Pappe et Norman Finklestein en ont abondamment parlé, ainsi que d’autres mythes, mettant en lumière un état vidé de toute les traditions humanistes du judaïsme, dont le militarisme implacable est la somme de l’idéologie expansionniste, raciste et sans loi, appelée sionisme. Le 2 janvier dernier, l’historien israélien Ilan Pappé, écrivait : "Même les crimes les plus abominables semble-t-il, comme le génocide à Gaza, sont traités comme des événements isolés, sans rapport avec d’autres qui se sont produits dans le passé, ni avec une quelconque idéologieDe même que le système d’apartheid témoignait de la politique oppressive du gouvernement d’Afrique du Sud, cette idéologie (sous sa forme plus consensuelle et simpliste) a permis à tous les gouvernements israéliens, passés et présents, de déshumaniser les Palestiniens, où qu’ils se trouvent, et de s’acharner à les détruire. Les moyens employés variaient selon les époques et selon les endroits, comme les discours pour couvrir les atrocités. … Mais il est clair qu’il s’agit d’un projet de génocide".

A Gaza, la privation forcée de nourriture, le déni d’une aide humanitaire, le piratage des ressources naturelles vitales comme le carburant et l’eau, le déni de médicaments et de traitement médical, la destruction systématique d’infrastructures et l’assassinat et la mutilation de populations civiles, parmi lesquelles 50% sont des enfants, correspondent aux normes internationales de la définition d’un génocide. Richard Falk, le rapporteur de l’ONU sur les droits de l’Homme dans les Territoires Occupés et professeur de droit international à l’université de Princeton a déclaré "Est-ce une exagération irresponsable que de comparer le traitement infligé aux Palestiniens avec les chefs d’accusation qui avaient été réunis pour dénoncer les atrocités commises par les nazis ? Je ne le pense pas."

Quand il a parlé d’"holocauste en cours", Falk faisait allusion à la création des ghettos juifs à Varsovie, en Pologne. Un mois durant, les Juifs polonais, avec à leur tête Mordechaj Anielewiz, avaient tenté de repousser l’armée allemande et les SS, mais leur résistance avait fini par être violemment réprimée et les nazis avaient voulu une vengeance absolue. Falk est également juif. L’holocauste actuellement en cours qui a commencé avec le plan D de Ben Gourion arrive à la phase ultime. La différence aujourd’hui, c’est que c’est un projet commun Israël-Etats-Unis. Les F-16, les GBU-39 (*), fournis à la veille de l’attaque sur Gaza avec l’accord du Congrès américain à majorité démocrate, sans compter les 2,4 milliards d’"aides" à l’effort de guerre, donnent de facto les commandes des opérations à Washington. Ce qui dément absolument la version selon laquelle le président élu Obama n’avait pas été tenu au courant. Alors qu’Obama avait été prompt à réagir lors de la guerre menée par la Russie en Géorgie et des attentats terroristes à Mombai, son silence sur la Palestine indique son assentiment, ce à quoi il fallait s’attendre, étant donné, d’une part, son attitude obséquieuse vis-à-vis du régime de Tel Aviv et de ses lobbyistes au cours de la campagne présidentielle, et, d’autre part, la nomination de sionistes comme secrétaire d’état, chef de cabinet et conseillers principaux pour le Moyen- Orient. Quand Aretha Franklin chantera "Think", son magnifique hymne à la liberté des années soixante, pour l’investiture d’Obama le 21 janvier, j’imagine que quelqu’un de la trempe de Muntadar al-Zaidi, le journaliste lanceur de chaussures, se mettra à hurler : "Gaza !".

La dissymétrie entre la conquête et le terrorisme est nette. Le plan D s’appelle aujourd’hui "Opération Plomb Durci", qui correspond à l’"Opération de Vengeance Justifiée" qui était restée inachevée. Cette dernière avait été lancée par le premier ministre Ariel Sharon en 2001 quand, avec l’accord de Bush, il avait utilisé pour la première fois des F-16 contre des villes et des villages palestiniens.

La même année, le "Jane’s Foreign Report" (JFR), l’ouvrage de référence mondial en matière de défense, révélait que le gouvernement de Tony Blair avait donné son "feu vert" pour l’attaque contre la Cisjordanie alors qu’il était au courant des desseins secrets d’Israël de perpétrer un massacre. Ce qui est caractéristique de la complicité constante et servile du New Labour dans les souffrances de la Palestine. Cependant, le lancement du projet israélien de 2001, d’après le JFR, nécessitait un détonateur : un attentat suicide qui "ferait de nombreuses victimes parce que le facteur vengeance est essentiel. Cela motiverait les soldats israéliens pour aller pulvériser les Palestiniens". Ce qui avait inquiété Sharon et l’auteur du projet, le général Shaul Mofaz, le chef d’état-major israélien, c’est l’accord secret qui avait été passé entre le Hamas et Arafat de renoncer aux attentats suicides. Le 23 novembre 2001, les agents secrets d’Israël assassinaient le dirigeant du Hamas Mahmud Abu Hunud et avaient ainsi leur élément déclencheur ; les attentats suicides reprenaient en représailles à cet assassinat.

Il s’est produit un incident étrangement similaire le 5 novembre dernier, où les forces spéciales israéliennes ont attaqué Gaza, tuant six personnes. Une fois encore, ils avaient leur "déclencheur" de propagande. Le cessez-le-feu, à l’initiative du gouvernement du Hamas et respecté par lui (qui avait fait incarcérer ceux qui avaient violé la trêve) était rompu par l’attaque israélienne et les lancers de roquettes artisanales sur ce qui avait autrefois été la Palestine avant que ses occupants arabes ne soient "épurés ethniquement". Le 23 décembre, le Hamas proposait un nouveau cessez-le-feu, mais il s’est avéré que la mascarade à laquelle s’était livré Israël n’avait d’autre but que cet assaut final imaginé, d’après le quotidien israélien Haaretz, six mois auparavant.

Derrière ce jeu sordide se cache le "plan Dagan", du nom du général Meir Dagan, qui avait servi sous Sharon pendant l’invasion sanglante du Liban en 1982. Actuellement à la tête du Mossad, l’organisation des services secrets israéliens, Dagan est l’auteur d’une "solution" qui a conduit à l’enfermement des Palestiniens derrière les murs d’un ghetto qui serpentent à travers la Cisjordanie et dans Gaza, et qui en font un véritable camp de concentration. La création d’un gouvernement de collaboration à Ramallah sous l’autorité de Mohammed Abbas est l’œuvre de Dagan, en même temps que le résultat d’une campagne de propagande ("hasbara") relayée par les médias occidentaux pratiquement aplatis, si ce n’est intimidés, en particulier aux Etats-Unis, et qui disent que le Hamas est une organisation terroriste vouée à la destruction d’Israël et que c’est lui qui "porte la responsabilité" des massacres et du siège de son propre peuple. "Nous n’avons jamais eu la part aussi belle", déclarait en 2006 le porte-parole du ministre israélien des affaires étrangères. "la hasbara est une machine bien huilée".

En fait, la véritable menace que représente le Hamas c’est qu’il est le seul exemple de gouvernement démocratiquement élu dans le monde arabe, et qu’il a tiré sa popularité de la résistance à l’oppresseur et au tortionnaire israélien. On en a eu la démonstration quand le Hamas a déjoué un coup d’état fomenté par la CIA en 2007, événement présenté par les médias occidentaux comme : " la prise de pouvoir du Hamas". De la même façon, le Hamas n’est jamais décrit comme un gouvernement, a fortiori élu démocratiquement. Et de même que sa proposition d’une trêve de dix ans n’est pas considérée comme la reconnaissance historique de la "réalité" d’Israël et le soutien à la solution à deux états à une seule condition : qu’Israël respecte les lois internationales et mette un terme à l’occupation illégale des territoires au-delà des frontières définies en 1967. Comme le démontre chaque vote annuel de l’Assemblée Générale de l’ONU, 99% des peuples de la planète approuvent cette résolution. Le 4 janvier, Miguel d’Escoto, président de l’Assemblée Générale (des Nations Unies), qualifiait l’attaque israélienne de "monstruosité" (**).

Quand cette monstruosité se sera finalement produite et que la population de Gaza aura été encore plus broyée, le Plan Dagan prévoit ce que Sharon avait appelé la "solution sur le modèle de 1948" (la destruction de toute autorité et tout leadership des Palestiniens suivie d’expulsions en masse vers des "cantonnements" de plus en plus petits pour finir peut-être en Jordanie. Cet anéantissement de la vie institutionnelle et éducative à Gaza est destiné à créer, d’après ce qu’a écrit Karma Nabulsi, l’exil des Palestiniens vers la Grande Bretagne, "une vision "Hobbesienne" d’une société démantelée : amputée, violente, impuissante, démolie, domptée … Regardez l’Irak aujourd’hui : c’est ce que Sharon avait en réserve pour nous, et il y est presque parvenu".

Le professeur Dahlia Wasfi a écrit sur la Palestine. Sa mère est juive et son père irakien musulman. "La négation de l’holocauste est antisémite", a–t-elle écrit le 31 décembre. "Mais je ne parle pas de la Seconde Guerre Mondiale, ni de Mahmoud Ahmedinijad (le président iranien), ni des juifs ashkénazes. Ce dont je parle, c’est de l’holocauste qui se déroule actuellement sous nos yeux et dont nous sommes responsables à Gaza aujourd’hui et en Palestine depuis ces 60 dernières années … Dans la mesure où les Arabes sont des sémites, la politique USA-Israël ne peut pas être plus antisémite que cela." Elle cite Rachel Corrie , la jeune Américaine qui s’était rendue en Palestine pour défendre les Palestiniens et qui a été écrasée par un bulldozer israélien. "Je me trouve au beau milieu d’un génocide" avait-elle écrit, "que je cautionne moi-même indirectement et pour lequel mon gouvernement est largement responsable".

En lisant les propos de ces deux femmes, je suis frappé par l’utilisation du mot "responsabilité". Rompre le silence mensonger, ce n’est pas une abstraction ésotérique mais une responsabilité impérieuse qui incombe à ceux qui ont la chance d’avoir une tribune. La BBC étant intimidée, il en va de même pour la majorité de la profession, qui ne s’autorise de débat vif que dans un cadre immuable et invisible, obsédée par la crainte de se voir accusée d’antisémitisme. Ce qui n’a pas été dit, pendant ce temps, c’est que le nombre de morts à Gaza équivaudrait à celles de 18.000 personnes en Grande Bretagne. Imaginez ce que cela représente, si cela vous est possible.

Ensuite, il y a les universitaires, les doyens, les professeurs, les chercheurs. Pourquoi se taisent-ils quand ils voient une université bombardée et entendent l’appel au secours de l’Association des Professeurs de l’Université de Gaza ? Les universités britanniques ne sont-elles plus aujourd’hui, comme le pense Terry Eagleton, que des "supermarchés de la culture", qui, au lieu de fruits et légumes, produisent des "diplômés" ?

Et puis il y a les écrivains. Au cours de l’année sombre de 1939, le troisième Congrès des Ecrivains Américains s’est tenu au Carnegie Hall à New York et des gens tels que Thomas Mann et Albert Einstein ont envoyé des messages et sont intervenus pour dénoncer à haute voix le mensonge du silence. Selon certaines sources, plus de 2500 personnes s’étaient entassées dans l’auditorium. Aujourd’hui, une telle mobilisation de réalisme et de moralité serait jugée obsolète ; les pages de critique littéraire affichent une suffisance ironique faite de médiocrité ; il n’y a plus que le faux symbolisme qui vaille. Quant aux lecteurs, leur esprit moral et politique doit être atténué au lieu d’être encouragé. L’islamophobe Martin Amis l’a parfaitement exprimé dans "Visiting Mrs Nabokov" : "la prédominance de l’égo n’est pas un défaut, c’est une caractéristique de l’évolution ; c’est comme ça".

Si c’est une évolution normale, notre société civilisée est bien diminuée. Car ce qui se passe à Gaza est à un tournant de notre époque où, soit par notre silence nous accorderons l’impunité à des criminels de guerre en procédant à des contorsions de notre intelligence et de notre moralité personnelles, soit nous trouverons la force de protester. Pour le moment, je préfère garder en mémoire mes propres souvenirs de Gaza : le courage et la résistance de toute une population et de sa "lumineuse humanité", comme l’a décrite Karma Nabulsi. La dernière fois que j’y suis allé, j’ai été gratifié du spectacle de drapeaux palestiniens flottant dans les endroits les plus improbables. C’était le crépuscule et ce sont les enfants qui avaient réalisé cela de leur propre chef. Personne ne le leur avait suggéré. Ils avaient confectionné des mâts avec des bâtons attachés ensemble, et quelques-uns étaient juchés sur un mur avec le drapeau au milieu d’eux, certains restaient silencieux, d’autres criaient (***). Ils font ça chaque fois qu’ils apprennent le départ d’un étranger, pensant qu’ainsi, le monde ne va pas les oublier.

John PILGER
http://www.johnpilger.com

Traduction emcee (des Bassines et du Zèle) pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info

article original
http://www.newstatesman.com/middle-east/2009/01/pilger-is...

Holocaust denied : the lying silence of those who know
http://www.johnpilger.com/page.asp?partid=519


NOTES COMPLEMENTAIRES

(*) Génocide à l’Uranium Appauvri avec les bombes "GBU-39" fournies par les Etats-Unis
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5742

(**) CRISE DE GAZA : DECLARATION FAITE PAR LE PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES , MIGUEL D’ESCOTO
http://www.legrandsoir.info/spip.php?breve268

(***) Palestine : une guerre contre les enfants
http://www.legrandsoir.info/spip.php?article3809

EN COMPLEMENT
Reportages de John Pilger (vidéos en anglais) 
http://video.google.com/videosearch?q=pilger&hl=fr&am...

Massacres de Gaza – le temps des justes

Par Gideon Levy

Haaretz, 9 janvier 2009 article original : The time of the righteous

Traduit de l’anglais par [JFG-QuestionsCritiques]
France-Palestine.org

Cette guerre, peut-être plus que les précédentes, expose le véritable esprit de fond de la société israélienne. Les Israéliens se nourrissent du racisme et de la haine, comme le montrent leur pulsion pour la vengeance et leur soif de sang.

Ainsi que le décrivent les correspondants militaires à la télévision, « L’inclination du commandant » dans les Forces de Défense d’Israël est à présent « de tuer autant de personnes que possible ». Et même si référence est faite aux combattants du Hamas, cette inclination fait toujours froid dans le dos.

L’agression et la brutalité débridées sont justifiées comme un « exercice d’avertissement » : le prix effrayant du sang – environ 100 Palestiniens pour chaque Israélien tué – ne soulève aucune question, comme si nous avions décidé que leur sang valait cent fois moins que le nôtre, signe de reconnaissance de notre racisme inhérent.

La droite, les nationalistes, les chauvins et les militaristes sont les seuls à pouvoir légitimement donner le ton. Ne nous bassinez pas avec l’humanité et la compassion ! Ce n’est qu’en périphérie qu’une voix de protestation – illégitime, ostracisée et ignorée par la couverture médiatique – peut se faire entendre de la part d’un petit groupe courageux de Juifs et d’Arabes.

A côté de tout cela, une autre voix se fait entendre, celle des « justes » et des hypocrites. Mon collègue, Ari Shavit, semble être leur porte-parole éloquent. Cette semaine, Shavit a écrit dans ce journal ("Israel must double, triple, quadruple its medical aid to Gaza" [Israël doit doubler, tripler, quadrupler son aide médicale à Gaza], Haaretz du 7 janvier) : « L’offensive israélienne sur Gaza est justifiée… Seule une initiative humanitaire immédiate et généreuse prouvera que durant cette guerre brutale qui nous a été imposée, nous nous souvenons qu’il y a des êtres humains dans l’autre camp. »

Pour Shavit, qui a défendu la justesse ce cette guerre et a insisté qu’elle ne devait pas être perdue, son prix est immatériel, comme l’est le fait qu’il n’y a aucune victoire dans de telles guerres injustes. Et il ose, dans la même tirade, prêcher « l’humanité » !

Shavit nous souhaite-t-il de tuer et tuer et après coup installer des hôpitaux de campagne et envoyer des médicaments pour soigner les blessés ? Il sait qu’une guerre contre une population sans défense, peut-être la plus impuissante du monde, qui n’a nulle part où s’enfuir, ne peut être que cruelle et méprisable. Mais ces personnes veulent toujours s’en sortir la tête haute. Nous larguerons des bombes sur des immeubles résidentiels et ensuite nous soignerons les blessés à Ichilov [l’hôpital de Tel Aviv] ; nous pilonnerons des refuges précaires dans les écoles de l’ONU et ensuite nous pourvoirons à la rééducation des estropiés à Beit Lewinstein. Nous tirerons et ensuite nous pleurerons, nous tuerons et ensuite nous nous lamenterons, nous abattrons des femmes et des enfants, tels des machines automatiques à tuer, et nous préserverons également notre dignité.

Le problème est que cela ne fonctionne tout simplement pas de cette façon. C’est une hypocrisie et une autosatisfaction scandaleuses. Ceux qui lancent ces appels enflammés à toujours plus de violence sans prendre en considération les conséquences sont au moins plus honnêtes sur le sujet.

On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. La seule « pureté » de cette guerre est « l’épuration des terroristes », c’est-à-dire, semer véritablement des tragédies horribles. Ce qui se déroule à Gaza n’est pas un désastre naturel, un tremblement de terre ou une inondation, pour lequel il serait de notre devoir et de notre droit de tendre une main secourable à ceux qui sont affectés, d’envoyer des équipes de sauvetage, comme nous adorons le faire. Manque de bol, tous les désastres qui se produisent à Gaza sont créés par l’homme – par nous-mêmes ! Les mains tachées de sang ne peuvent secourir. De la brutalité ne surgit pas la compassion.

Pourtant il y en aura qui voudront toujours le beurre et l’argent du beurre. Tuer et détruire sans distinction et également en sortir la tête haute, avec une conscience propre. Continuer avec les crimes de guerre sans le moindre sens de la lourde culpabilité qui devrait les accompagner. Il faut avoir du culot ! Quiconque justifie cette guerre justifie également tous ses crimes. Quiconque prêche pour cette guerre et croit en la justesse des massacres qu’elle inflige n’a aucun droit de parler de moralité et d’humanité. Il n’y a rien de tel que tuer et nourrir simultanément. Cette attitude est une représentation fidèle du sentiment israélien basique et dual qui nous accompagne depuis toujours : Commettre le mal, mais se sentir purs à nos propres yeux. Tuer, démolir, affamer, emprisonner et humilier – et être dans notre droit, pour ne pas dire des « justes ». Les va-t-en-guerre « justes » ne pourront pas se permettre ce luxe.

Quiconque justifie cette guerre justifie également tous ses crimes. Quiconque la considère comme une guerre défensive doit porter la responsabilité morale de ses conséquences. Quiconque encourage aujourd’hui les politiciens et l’armée à la poursuivre devra aussi porter la marque de Caïn qui sera gravée sur son front après la guerre. Tous ceux qui soutiennent cette guerre soutiennent aussi l’horreur.

Une campagne électorale phosphorescente

Mardi 13 janvier 2009,

Ayman El Kayman, Coups de dent

 

Il faut le reconnaître, les dirigeants de l’UDMO n’ont pas lésiné sur les moyens pour lancer la campagne électorale. 

Qu’on en juge plutôt : leurs principaux moyens de campagne sont : 
- le phosphore blanc 
- le phosphore rouge 
- l’uranium appauvri 
- le DIME (Dense Inert Metal Explosive) [1]. 

À ces moyens s’ajoutent les plus traditionnels F-16, Apache, drones, Merkava, M-1 et autres Uzi. 

Au gouvernement français qui lui demandait de ne pas employer de bombes au phosphore, le porte-parole du Premier ministre de l’UDMO a répondu froidement : « l’UDMO n’utilise que des armes utilisées par les autres démocraties occidentales », sous-entendu en Irak et en Afghanistan. 

Tout ça coûte cher. 

Comment l’UDMO finance-t-elle cette magnifique campagne électorale qui a déjà fait 1000 morts et 5000 blessés chez les sous-hommes, les sous-femmes et les sous-enfants, lesquels, heureusement, ne votent pas ? 

Très simple, mon cher Watson : où croyez-vous donc que soient partis les 50 milliards de dollars élégamment subtilisés par ce cher Bernie Madoff, le garçon sympathique de Wall Street ? 
Vous avez tout compris. Inutile d’en dire plus.

Le Premier ministre sortant de l’UDMO (c’est le singe au centre), dit Ehud-Adollar

Le prochain Premier ministre de l’UDMO, dit Bibi-Œil-d’Aigle

PS : pour ceux qui n’auraient pas compris, l’UDMO, c’est tout simplement l’Unique Démocratie du Moyen-Orient

1 - "A 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d'aiguilles. Nous n'avons pas vu les corps disséqués, mais nous avons vu beaucoup d'amputés. Il y a eu des cas semblables au Liban sud en 2006 et nous en avons vu à Gaza la même année, durant l'opération israélienne Pluie d'été. Des expériences sur des rats ont montré que ces particules qui restent dans le corps sont cancérigènes
Les docteurs 
Mads Gilbert et Erik Fosse, cités par Le Monde du 12/1/2009

Bonne semaine, quand même ! 
Que la Force de l’esprit soit avec vous ! 
...et à mardi prochain !

13/01/2009

Israël a exécuté des prisonniers, selon le député israélien Jamal Zahalka

Vendredi 9 janvier 2009, dabio.net (édité par Futur Quantique)

Extrait :

Des informations très graves faisant état des exécutions extrajudiciaires des prisonniers palestiniens.

L’information a été révélée par un député arabe israélien Jamal Zahalka. Selon le député, « des prisonniers palestiniens auraient été exécutés par l’armée israélienne ». Intervenant de la ville de Nassirya, en Israël, le député arabe israélien n’a pas hésité à donner le nom d’une des personnes sommairement exécutée qui s’appelle Samir Rachid Mahamat, exécuté à Jabalaya. Des femmes ayant reçu l’ordre de se rendre, auraient été exécutées et leurs corps gisaient jusqu’à hier, selon le député arabe israélien.  Difficile de croire qu'un pays comme Israël puisse commettre des exécutions aussi graves ! [Note de P&P : hélas non, il n'est pas difficile de "croire" une telle chose : il n'y a qu'à constater chaque jour les massacres et les horreurs commis par Israël, et ce depuis la création de cette pathocratie en 1948] Le député Jamal Zahalka a reconnu avoir envoyé en urgence une lettre au Ministre de la défense Ehoud Barak et à la Croix rouge demandant une enquête sur des rapports selon lesquels les forces de Tsahal auraient tué des prisonniers de guerre palestiniens à Gaza. 

Plus de détails dans cet article (en anglais)

Combien de divisions ?

Uri Avnery, écrivain et journaliste israélien
Dimanche 11 janvier 2009, France Palestine

IL Y A PRÈS de soixante dix ans, au cours de la Seconde guerre mondiale, un crime odieux fut commis dans la ville de Léningrad. Pendant plus de mille jours, une bande d’extrémistes appelée "l’Armée rouge" ont pris les millions d’habitants de la ville en otage et provoqué les représailles de la Wehrmacht allemande dans les centres de population à l’intérieur de la ville. Les Allemands n’ont eu d’autre alternative que de bombarder la population et d’imposer un total blocus qui a causé la mort de centaines de milliers de personnes.

Quelque temps avant cela, un crime semblable avait été commis en Angleterre. La bande à Churchill se cachait dans la population londonnienne, utilisant les millions de citoyens comme boucliers humains. Les Allemands ont été obligés d’envoyer leur Luftwaffe et de réduire la ville en ruines. Ils ont appelé cela le Blitz.

C’est la description qui serait faite dans les livres d’histoire aujourd’hui – si les Allemands avaient gagné la guerre.

Absurde ? Pas plus que les descriptions quotidiennes dans nos médias, qui répètent ad nauseam : Les terroristes du Hamas utilisent les habitants de Gaza comme "otages" et exploitent les femmes et les enfants comme "boucliers humains", ils ne nous laissent aucune alternative que de procéder à des bombardements massifs, dans lesquels, à notre grand regret, des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes désarmés sont tués et blessés.

DANS CETTE GUERRE, comme dans toute guerre moderne, la propagande joue un rôle majeur. La disparité entre les forces, entre l’armée israélienne – avec ses avions, ses hélicoptères de combat, ses drones, ses navires de guerre, son artillerie et ses tanks – et les quelques milliers de combattants du Hamas légèrement armés, est peut-être de un à un million. Sur le plan politique, le fossé entre eux est encore plus grand. Mais en termes de propagande de guerre, le fossé est presque infini.

Presque tous les médias occidentaux ont au début répété la ligne de propagande officielle israélienne. Ils ont presque entièrement ignoré la version palestinienne de l’histoire, et n’ont fait aucune mention des manifestations quotidiennes du camp de la paix israélien. La raison avancée par le gouvernement israélien ("l’Etat doit défendre les citoyens contre les roquettes Qassam") a été acceptée comme la pure vérité. L’autre version, selon laquelle les lancements de Qassam sont des représailles pour le siège qui affame le million et demi d’habitants de la bande de Gaza, n’a pas du tout été mentionnée.

C’est seulement quand les horribles scènes venant de Gaza ont commencé à être montrées sur les écrans des télévisions occidentales, que l’opinion publique mondiale a commencé à changer.

Certes, les chaînes occidentales et israéliennes n’ont montré qu’une toute petite partie des événements meurtriers qui apparaissent 24 heures sur 24 chaque jour sur la chaîne arabe Al Jazira, mais une photo d’un enfant mort dans les bras de son père terrifié est plus forte qu’un millier de phrases bien structurées du porte-parole de l’armée israélienne. Et c’est ce qui est décisif à la fin.

La guerre, toute guerre, est le royaume des mensonges. Si on en appelle à la propagande ou à la guerre psychologique, tout le monde accepte l’idée qu’on a le droit de mentir pour son pays. Celui qui dit la vérité prend le risque d’être traité de traître.

L’ennui est que c’est pour celui qui la porte lui-même que cette propagande est la plus convaincante . Et après, vous vous convainquez qu’un mensonge est la vérité, vous falsifiez la réalité, et vous ne pouvez plus prendre de décisions rationnelles.

Un exemple de ce processus entoure l’atrocité la plus choquante de cette guerre : le bombardement de l’école de l’ONU Fakhura dans le camp de réfugiés de Jabaliya.

Dès après que l’événement a commencé à être connu dans le monde, l’armée a "révélé" que des combattants du Hamas avaient tiré des obus de mortier depuis l’entrée de l’école. Pour preuve, ils ont fourni une photo aérienne qui montrait en effet l’école et le mortier. Mais peu de temps après, le menteur officiel de l’armée admettait que la photo datait de plus d’un an. En bref : une falsification.

Par la suite, le menteur officiel a déclaré que "nos soldats étaient ciblés de l’intérieur de l’école". Il fallut à peine un jour pour que l’armée soit obligée d’admettre vis-à-vis d’un agent de l’ONU que c’était un mensonge aussi. Personne n’a tiré de l’intérieur de l’école, et aucun combattant du Hamas ne se trouvait dans l’école, qui était pleine de réfugiés terrifiés.

Mais cette reconnaissance n’avait plus vraiment d’impact. Entre temps, les Israéliens avaient été complètement convaincus qu’"ils tiraient de l’intérieur de l’école", et les présentateurs de télévision avaient annoncé cela comme un fait.

Il en va de même pour les autres atrocités. Chaque bébé est transformé, en mourrant, en terroriste du Hamas. Chaque mosquée bombardée devient instantanément une base du Hamas, chaque immeuble d’habitation une cache d’armes, chaque école un poste de commande terroriste, chaque bâtiment du gouvernement civil un "symbole de l’administration Hamas". Ainsi l’armée israélienne garde sa pureté et reste "l’armée la plus morale du monde".

LA VÉRITÉ est que les atrocités sont le résultat direct du plan de guerre. Il reflète la personnalité d’Ehoud Barak – dont le mode de pensée et les actions sont ce que l’on appelle "alinéation morale", un trouble sociopathe.

L’objectif réel (A part gagner des sièges aux prochaines élections) est de mettre fin au gouvernement Hamas dans la bande de Gaza. Dans l’imagination de ses concepteurs, Hamas est un envahisseur qui a pris le contrôle d’un pays étranger. La réalité est bien sûr toute autre.

Le mouvement Hamas a obtenu la majorité dans des élections éminemment démocratiques qui ont eu lieu en Cisjordanie, à Jérusalem-est et dans la bande de Gaza. Il a gagné parce que les Palestiniens étaient arrivés à la conclusion que l’approche pacifique du Fatah n’avait rien obtenu d’Israël – ni gel de la colonisation, ni libération des prisonniers, ni aucun pas en direction de la fin de l’occupation et de la création d’un Etat palestinien. Le Hamas est profondément enraciné dans la population – pas seulement comme mouvement de résistance qui lutte contre l’occupant étranger, comme l’Irgun et le groupe Stern dans le passé – mais aussi comme organisation politique et religieuse qui fournit des services dans les domaines social, éducationnel et médical.

Pour la population, les combattants du Hamas ne sont pas un corps étranger, mais les fils des familles de la bande de Gaza et d’autres régions de Palestine. Ils ne "se cachent pas derrière la population", la population ne les considère que comme ses défenseurs.

Donc, toute l’opération est basée sur de fausse hypothèses. Transformer sa vie en enfer ne conduit pas la population à se soulever contre le Hamas, mais au contraire, à l’unir derrière le Hamas et à renforcer sa détermination à ne pas se rendre. La population de Léningrad ne s’est pas dressée contre Staline, pas plus que les Londoniens ne se sont retournés contre Churchill.

Celui qui donne l’ordre d’une telle guerre avec de telles méthodes dans un territoire si densément peuplé sait qu’il causera des massacres de civils. Apparemment cela ne l’a pas troublé. Ou il a cru qu’"ils changeront de voie" et que "cela engourdira leur conscience" de sorte qu’à l’avenir ils n’oseront plus résister à Israël.

Une autre priorité pour les donneurs d’ordre de la guerre était de réduire au maximum les victimes parmi les soldats, sachant que l’état d’esprit d’une large partie de l’opinion pro-guerre changerait s’il y avait de telles victimes. C’est ce qui est arrivé dans la première et la seconde guerres du Liban.

Cette considération joue un rôle particulièrement important parce que toute la guerre fait partie de la campagne électorale. Ehoud Barak, qui a remonté dans les sondages dans les premiers jours de la guerre, savait que son score chuterait si des images de soldats morts défilaient sur les écrans de TV.

Donc une nouvelle doctrine a été utilisée : pour éviter les pertes parmi nos soldats, tout détruire sur leur passage. Les auteurs de cette idée n’étaient plus seulement prêts à tuer 80 Palestiniens pour sauver un soldat israélien, come c’était le cas, mais 800. L’économie de victimes de notre côté est le commandement premier, qui cause un record du nombre des victimes civiles de l’autre côté.

Cela signifie le choix conscient d’une sorte de guerre particulièrement cruelle – et c’est son talon d’Achille.

Un homme sans imagination, comme Barak (son slogan électoral : "Pas un brave type, mais un leader") ne peut pas imaginer comment les braves gens à travers le monde réagissent aux actions comme l’assassinat de familles entières, la destruction de maisons sur la tête de leurs habitants, les cortèges de garçons et de filles dans leur linceul blanc prêts à être inhumés, les reportages sur les gens qui trouvent la mort au bout de plusieurs jours parce que les ambulances n’ont pas pu arriver à temps, l’assassinat de médecins et d’infirmiers en route pour sauver des vies, l’assassinat de chauffeurs de l’ONU apportant de la nourriture. Les images des hôpitaux, avec la mort, les morts et les blessés étendus ensemble sur le sol par manque de place, ont choqué le monde. Aucun argument n’est assez fort après l’image d’une petite fille blessée gisant sur le sol, se tordant de douleur en criant "Maman ! Maman !"

Les commanditaires de la guerre ont pensé qu’ils arrêteraient la diffusion de ces images en empêchant la couverture de la presse. Les journalistes israéliens, pour notre honte, ont accepté de se contenter des reportages et photos fournis par le porte parole de l’armée, comme si c’était des informations authentiques, alors qu’eux-mêmes restent à des kilomètres du théâtre des événements. D’autre part, les journalistes étrangers n’étaient pas autorisés, jusqu’à ce qu’ils protestent et soient pris, pour des tours rapides dans des groupes sélectionnés et contrôlés. Mais, dans une guerre moderne, un tel point de vue stérile fabriqué ne peut pas complètement exclure les autres – les cameras sont à l’intérieur de la bande de Gaza, au centre du brasier, et ne peuvent pas être contrôlées. Al Jazira diffuse les images au fil des heures et entre dans toutes les maisons.

LA BATAILLE pour l’écran de télévision est une des batailles décisives de la guerre.

Des centaines de millions d’Arabes, de la Mauritanie à l’Irak, plus d’un milliard de musulmans du Nigéria à l’Indonésie voient les images et sont horrifiés. Ceci a un fort impact sur la guerre. Beaucoup de téléspectateurs considèrent les dirigeants d’Egypte, de Jordanie et de l’Autorité palestinienne comme des collaborateurs d’Israël qui commet ces atrocités contre leurs frères palestiniens.

Les services de sécurité des régimes arabes enregistrent une dangereuse tendance parmi les peuples. Hosni Moubarak, le dirigeant arabe le plus exposé parce qu’il est près du passage de Rafah face aux réfugiés terrifiés, a commencé à faire pression sur les décisionnaires de Washington, qui jusqu’à présent ont bloqué tout appel au cessez-le-feu. Ceux-ci commencent à comprendre la menace pour les intérêts vitaux américains dans le monde arabe et ont soudain changé d’attitude. – ce qui a causé la consternation parmi les diplomates israéliens.

Les gens qui sont en état d’aliénation morale ne peuvent pas comprendre les motivations des gens normaux et deviner leur réactions. "Combien de divisions a le Pape" ironisa Staline. "Combien de division ont les gens de conscience ?" pourra demander Ehoud Barak.

Comme c’est en train d’advenir, ils en ont. Pas nombreuses. Pas très rapides de réaction. Pas très fortes et organisées. Mais, à un certain moment, quand les atrocités dépassent les bornes, et que les masses de protestataires se regroupent, cela peut décider d’une guerre.

L’ERREUR de compréhension de la nature du Hamas a conduit à une erreur d’appréciation des résultats. Non seulement Israël est incapable de gagner la guerre, mais Hamas ne peut pas la perdre.

Même si l’armée israélienne parvient à tuer tous les combattants du Hamas jusqu’au dernier, le Hamas gagnerait. Les combattants du Hamas seraient considérés comme les parangons de la nation arabe, les héros du peuple palestinien, les modèles pour l’émulation de tous les jeunes du monde arabe. La Cisjordanie tomberait dans les mains du Hamas comme un fruit mûr, le Fatah disparaîtrait dans un océan d’oubli, les régimes arabes seraient menacés d’effondrement.

Si la guerre prend fin avec le Hamas encore debout, meurtri mais invaincu, face à la puissante machine militaire israélienne, elle ressemblera à une fantastique victoire, une victoire de l’esprit sur la matière.

Ce qui restera dans la conscience du monde sera l’image d’Israël comme un monstre tâché de sang, prêt à tout moment à commette des crimes de guerre et pas prêt à accepter la moindre contrainte morale. Ceci aura de graves conséquences pour notre avenir à long terme, notre place dans le monde, notre chance de parvenir à la paix et à la tranquillité.

Au final, cette guerre est un crime contre nous-mêmes aussi, un crime contre l’Etat d’Israël.

Article écrit en hébreu et en anglais le 10 janvier 2009, publié le 11 sur le site de Gush Shalom – Traduit de l’anglais "How Many Divisions ?"

L'image du jour

 

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Israël et son monopole sur la souffrance psychologique

Jeremy Salt
Palestine Chronicle
Jeudi, 08 Jan 2009 17:45 UTC

 

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Bien joué, courageux pilote israélien


Cher courageux pilote israélien,

Qu’est-ce que ça fait de tirer des missiles sur des gens que tu ne vois pas ? Cela t’aide-t’il, de répéter que ne vous ne ciblez pas délibérément des civils ? Cela te permet-il de bien dormir, ou fais-tu des cauchemars dans lesquels tu vois les femmes et les enfants que tu as tués dans leurs foyers, dans leurs lits, dans leurs cuisines et dans leurs salons, dans leurs écoles, sur leurs marchés ou dans leurs mosquées ? Que ressens-tu lorsque tu as terminé ta mission ? Que tu as fait du bon boulot ? Penserais-tu encore que tu as fait du bon boulot si tu devais regarder les cadavres déchiquetés qui constituent ta contribution personnelle au « processus de paix » au Moyen Orient ?

Tes dirigeants politiques, tes médias et les porte-parole de ton gouvernement et de ton armée louent unanimement tes attaques aériennes, les qualifiant d’immense succès. Personnellement, comment appliquerais-tu les termes « immense » ou « succès » au meurtre de civils ? As-tu conscience qu’aux quatre coins de la planète, des gens te considèrent comme un criminel de guerre qui devrait être jugé si ton identité devait jamais être révélée et si tu prenais le risque d’une arrestation en mettant le pied dans un pays qui ne plaisante pas avec les crimes de guerre ?

Dans ton propre pays – façon de parler – des agissements comme les tiens sont légion. Tu te souviens sans doute de la remarque de Dan Halutz, ton ex-chef d’État-major. Lorsqu’on lui demanda ce qu’il avait ressenti en bombardant un immeuble résidentiel de Gaza, il répondit qu’il avait senti les ailes de son avion vibrer au moment de larguer la bombe qui fit 18 morts lorsqu’elle explosa. Pour toi, la disparition de femmes et d’enfants est-elle une blague ? Ce n’est pas le meurtre de civils qui causa la disgrâce du général Halutz, comme on pourrait légitimement s’y attendre, mais son échec dans la guerre contre le Liban il y a trois ans. Les dirigeants politiques qui t’ont donné ton ordre de mission l’ont désormais rejoint au panthéon surpeuplé des criminels de guerre israéliens. Ils t’ont dit d’aller défendre ton pays, et c’est là que le problème commence, n’est-ce pas ? Tes parents ou tes grands-parents ont pris à quelqu’un d’autre ce que tu appelles ton pays. Vrai ou faux ? En fait, ce que tu fais en bombardant Gaza, c’est attaquer ceux qui ont été déportés du pays que tu prétends défendre, mais ce que tu défends c’est ton « droit » à conserver ce territoire volé, et même après 60 ans, cela reste un non-sens, n’est-ce pas ?

Que disent tes parents lorsque tu rentres chez toi ? Ta mère est-elle toute excitée, te chouchoutant, te caressant les cheveux, te préparant une tasse de thé, soulagée que son fils bien-aimé soit de retour entier et en bonne santé ? En fait, elle n’a aucune idée de ce que tu as fait aujourd’hui, et ce n’est pas toi qui vas lui raconter – non pas qu’elle veuille savoir. Tu as juste fait ton boulot. Et en quoi consiste ton boulot ? Qu’as-tu accompli aujourd’hui ? Nous la connaissons, ta mission, mais ce que tu as fait en réalité est tout autre.

Sous prétexte de destruction des infrastructures terroristes, tu as tué des civils, concrêtement et avec efficacité. Il ne leur sera plus jamais possible de se relever. Impossible que ces enfants grandissent ou que leur mère disparue donne à nouveau la vie. Aucun espoir qu’un corps ne retrouve son membre ou sa tête disloqués par le missile que tu as tiré. Impossible de ressusciter les morts. C’est peut-être toi qui as bombardé le marché. Si c’est le cas, ais l’honnêteté de t’asseoir et de regarder la vidéo de ton œuvre. Tu vas voir une scène sortie tout droit de l’enfer. Peut-être te diras-tu que tu n’as pas vu de telles horreurs depuis… depuis quoi ? Depuis quand ? Selon tes critères, quel est l’équivalent de ce que tu as fait ? Depuis ce que les nazis ont fait ce que tu fait aujourd'hui aux civils, ou depuis ce que les Étasuniens ont commis au Vietnam ou en Iraq ? Quelque part, es-tu réconforté de savoir que nombreux sont ceux qui, avant toi, ont fait exactement la même chose, que tu n’es ni pire ni meilleur qu’eux ?

En toute probabilité, tu es un jeune homme charmant issu d’une bonne famille, fier d’avoir intégré l’école des pilotes de l’armée de l’air. On t’a appris à piloter les avions de guerre les plus sophistiqués de la planète afin de détruire l’ennemi. Sans nul doute, des psychologues sont intervenus à tel ou tel stade pour te préparer à la mort accidentelle de civils.

Lorsque le territoire ciblé est l’endroit le plus densément peuplé de la planète, tu sais que des civils vont mourir, mais tes justifications sont toutes prêtes. Tout est la faute de l’ennemi. Après tout, ce sont eux qui ont commencé ; après tout, nous avons tout tenté pour éviter cette situation ; après tout, ils ont rompu le cessez-le-feu ; après tout, ils terrifient nos concitoyens dans le Sud du pays ; après tout, ils s’abritent et cachent des armes parmi les civils ; après tout, nous ne ciblons pas délibérément des civils… après tout, ils sont si nombreux, c’est vrai ; et tu vas utiliser toutes ces justifications pour expliquer que, même si c’est ton avion qui a tiré ces missiles, même si c’est ta main qui a appuyé sur la commande, tu n’es pour rien dans leur mort. Est-ce ta faute si l’ennemi transforme les écoles, les mosquées, les immeubles résidentiels, les campus universitaires, les ministères, le Parlement et les ambulances en infrastructure terroristes ? Par conséquent, tu n’es pas un meurtrier – après tout. Ce sont eux, les meurtriers.

L’ennemi est le meurtrier. Il t’a forcé à tuer son propre peuple. Il ne t’a pas laissé le choix. Bien sûr, pour un pilote de l’une des meilleures armées de l’air de la planète, il y a quelque chose qui cloche dans toute cette histoire. Tu ne cours aucun danger dans le ciel de Gaza. Les Gazaouis n’ont ni avions, ni missiles sol-air pour te menacer. Tu es en totale sécurité dans le cockpit de ton F-16. Tu as tout le temps qu’il te faut pour verrouiller ta cible et tirer : on doit donc en conclure que tes bombardements sur un marché, un centre commercial ou une école sont délibérés, et que le meurtre de civils fait partie d’un plan établi par tes chefs militaires et soutenu par tes politiciens afin de paralyser le gouvernement du Hamas en terrorisant la population civile. C’est ce qu’ont fait les Étasuniens en Iraq en 2003, et c’est ce que toi et tes camarades pilotes ont fait au Liban en 2006 – à ce propos, pouvons-nous supposer que nous assistons actuellement au prototype de ce que vous projetez de faire au Liban la prochaine fois ? Que vous n’êtes pas allés assez loin en 2006 et prévoyez d’aller encore plus loin au cours du prochain massacre ?

Tu dois justifier tes crimes, car sinon, tu ne pourrais plus te regarder dans un miroir ou supporter le regard d’autrui. Tu ne pourrais plus écouter leurs éloges, car tu sais, même si personne d’autre n’est au courant, ce que tu as fait. Mais que diras-tu si tout cela remonte à la surface, que diras-tu, non pas au milieu de la nuit, lorsque, allongé dans ton lit , les yeux aux plafond, tu te demandes ce que tu as fait, mais face à un tribunal qui t’accusera de crimes de guerre ? « Je ne faisais qu’obéir aux ordres ». Gageons que tu as déjà entendu cette réponse quelque part.

Jeremy Salt est professeur associé en histoire et politique du Moyen-Orient à l’Université Bilken d’Ankara, en Turquie. Auparavant, il a enseigné à l’université du Bosphore à Istanbul, et à l’université de Melbourne au sein des départements d’étude du Moyen-Orient et de sciences politiques. Le professeur Salt a écrit de nombreux articles sur les problèmes du Moyen-Orient et en particulier de la Palestine. Il a été journaliste pour The Age lorsqu’il vivait à Melbourne. Il a rédigé cet article pour le site PalestineChronicle.com

Traduction : Axel D. pour Futur Quantique