16.06.2009
Elections en Iran : Et si Ahmadinejad avait vraiment gagné ?
mardi 16 juin 2009 - 14h:17
Robert Parry - Le Grand Soir

Et pourtant la forte participation, estimée à environ 85%, était présentée comme la garantie d’une victoire écrasante d’Ahmadinejad, considéré comme l’allié des iraniens plus traditionnels des classes ouvrières et paysannes.
C’est ce qu’affirment Ken Ballen and Patrick Doherty dans un article du Washington Post qui citent les conclusions d’un sondage qu’ils ont mené à travers tout le pays au mois de mai et qui prévoyait pratiquement la même avance en voix - de l’ordre de 2 pour 1 en faveur d’Ahmadinejad - que celle annoncée à la sortie des urnes.
Ballen et Doherty démolissent aussi un des principaux arguments avancés par de nombreux observateurs qui affirment qu’il y a eu fraude. Cet argument est que Mousavi, un Azeri, avait très certainement gagné dans les circonscriptions à majorité Azeri mais où Ahmadinejad est sorti vainqueur. Cependant, Ballen et Doherty rappellent que « notre sondage montre... que les deux tiers des Azeri préfèrent Ahmadinejad à Mousavi ».
Leur sondage contredit aussi une idée largement partagée par les grands média selon laquelle la jeunesse branchée sur Internet soutient Mousavi. Ils ont trouvé que seul 1 Iranien sur 3 a accès à l’Internet et que « les intentions de vote en faveur d’Ahmadinejad parmi les 18-24 ans étaient plus fortes que dans toute autre tranche d’âge de la population ».
Néanmoins, la précipitation des médias américains à parler de « fraude » est en train de créer une réalité politique à laquelle sont confrontées à la fois Washington et Téhéran. Un des jugements à l’emporte-pièce des médias est qu’Ahmadinejad a « volé » ces élections et que cela prouverait que les faucons israéliens et les néoconservateurs américains avaient raison lorsqu’ils affirmaient qu’il était impossible de traiter avec l’Iran d’une manière rationnelle, que le Président Barack Obama était le « grand perdant » et que le recours à la force est la seule option possible s’agissant de l’Iran.
Il est curieux de constater comment les médias américains s’intéressent soudainement à la régularité d’une élection alors que ces derniers ont ignoré, tourné en ridicule ou même couvert le vol de l’élection présidentielle de 2000 par George W. Bush ainsi que celle de 2004.
En 2000, la Floride - état contrôlé par le frère de Bush, Jeb, et ses partisans - fut le théatre d’irrégularités à grande échelle. Ensuite, lorsqu’un recomptage des voix a été initié, les hommes de campagne de Bush ont envoyé à Miami des hooligans en costume cravate pour y organiser des émeutes destinées à déstabiliser le recomptage. Finalement, Bush a obtenu que cinq juges Républicains de la Cour Suprême des Etats-Unis ordonnent l’interruption du recomptage et déclarent Bush vainqueur.
La presse US fut extraordinairement silencieuse sur ce vol d’élection bien documenté. Même lorsqu’il était devenu évident qu’Al Gore avait remporté la majorité des suffrages et aurait remporté la Floride si tous les bulletins avaient été comptés, les principaux médias US, dont le New York Times et CNN, ont déformé les faits pour protéger la « légitimité » de Bush.
De même, de graves irrégularités ont entaché l’élection de 2004, particulièrement dans l’état du Ohio, et n’ont jamais fait l’objet d’un examen sérieux par les mass média, qui ont préféré dénigrer les sites internet (dont le notre, Consortiumnews.com) et les groupes de citoyens en les qualifiant de « théoriciens du complot » lorsqu’ils ont voulu attiré l’attention sur d’étranges résultats en faveur de Bush données par les machines à voter.
Cependant, lorsqu’une élection se déroule dans un pays étranger et qu’un candidat « impopulaire » semble se faire élire, là les règles changent. Tous ceux qui n’admettent pas immédiatement qu’il y a eu fraude sont des naïfs ; chaque « théorie du complot » est complaisamment citée tandis que les preuves du contraire sont minimisées ou ignorées, par exemple le vote des Azéris révélé par Ballen et Doherty.
Note de P&P : cette situation rappelle ce qui est arrivé à Hugo Chavez, qui a subi le même opprobre qu'Ahmadinejad de la part des pays occidentaux ainsi que, dans son propre pays, de l'élite nantie minoritaire, alors qu'il avait le soutien de la majorité du peuple.
C'est d'ailleurs l'occasion de revoir l'excellent documentaire "The Revolution will not be televised", sur le coup d'État contre Hugo Chavez en 2002.
L’autre ironie de cette histoire est que les leaders religieux iraniens ont ordonné une enquête sur les accusations de fraude dans un pays pas spécialement réputé pour ses institutions démocratiques. Mais c’est déjà plus que les américains n’ont obtenu en 2000 et 2004.
16 juin 2009 - Le Grand Soir - article original - Traduction VD pour le Grand Soir
15:59 Publié dans Ponérologie mondiale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : iran, aahmadinejad, élection, fraude, sondage
La grande, internationale, démoniaque et vraiment effrayante menace iranienne
Les Etats-Unis « font face à une menace nucléaire iranienne » - article du Chicago Tribune et autres grands journaux, 26 mai 2009.
« La menace croissante des missiles de la Corée du Nord et de l’Iran » - article dans le Washington Post et autres grands journaux, 26 mai 2009.
« La menace iranienne dépasse les clivages religieux. Malgré leur sectarisme, les communautés musulmanes devraient s’opposer aux tentatives de l’Iran ... d’étendre l’extrémisme shiite et son influence à travers le monde. » - éditorial du Boston Globe, 27 mai 2009.
« Un mal purulent. On ne peut rester les bras croisés devant la menace iranienne » - titre de Investor’s Business Daily, 27 mai 2009.
Voici un très petit échantillon des journaux américains, en deux jours.
« 51% des israéliens soutiennent une frappe israélienne immédiate contre les sites nucléaires iraniens » - BBC, 24 mai 2009.
Après son entrée en fonction, le jour de la commémoration de l’Holocauste (Holocaust Memorial Day), le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit : « nous ne permettrons pas à des négationnistes [le président iranien Mahmoud Ahmadinejad] d’entreprendre une nouvel holocauste. » Haaretz, 14 mai 2009.
A l’instar de la paranoïa clinique, « la menace iranienne » est insensible aux arguments rationnels.
Deux nouveaux romans viennent d’être publiés par de grandes maisons d’édition américaines, des thrillers qui décrivent un Iran en possession de l’arme nucléaire et qui présentent tous les dangers qui en découleraient -Banquo’s Ghost par Rich Lowry & Keith Korman, et The increment par David Ignatius. « Bombe, bombe, bombe, bombardons l’Iran » déclare un officiel de la CIA dans le dernier roman. L’autre raille l’idée même d’un « dialogue » avec l’Iran tout en laissant entendre que la torture est acceptable. (1)
Le 12 mai, à New York City, un débat était organisé sur le sujet « la voie diplomatique avec l’Iran est une impasse. » (en bon français : « faut-il bombarder l’Iran ? ») Répondant par l’affirmatif, on y trouvait Liz Cheney, ancienne fonctionnaire du Département d’Etat (et fille d’un certain criminel de guerre qui n’a toujours pas été jugé) et Dan Senor, ancien porte-parole de l’Autorité provisoire de la Coalition à Bagdad. Leurs « contradicteurs » étaient R. Nicholas Burn, ancien sous-secrétaire d’Etat, et Kenneth Pollack, ancien membre du Conseil de Sécurité Nationale et analyste de la CIA et auteur de « The Threatening Storm : The Case for Invading Iraq » (la tempête qui menace : plaidoyer pour une invasion de l’Iran), un livre qui, sans surprise, n’est pas resté longtemps sur les rayons. (2)
Voilà ce qu’on appelle un « débat » sur la politique étrangère US dans l’Amérique de la première décennie du 21ème siècle après Jésus-Christ – quatre éminents membres de l’establishment. Si un tel « débat » avait été organisé dans l’Union Soviétique pendant la Guerre Froide (« la détente avec les États-Unis est une impasse »), les grands médias américains auraient éclaté de rire, et à l’unisson. Le débat avait été organisé par la conservatriceFondation Rosenkranz, mais même si une organisation libérale (par opposition à progressiste ou de gauche radicale) avait organisé un tel débat, il y aurait probablement eu un éventail idéologique plus large chez les participants, mais il est peu probable par contre qu’on aurait entendu contester un seul des mythes concernant l’Iran.
Voici les mythes en question, que j’ai déjà abordés dans d’autres écrits, mais comme ils sont systématiquement matraqués dans les médias, je pense qu’il faut rappeler les contre arguments.
L’Iran n’a pas droit aux armes nucléaires : il n’y a pourtant aucune loi internationale qui dit que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Chine, Israël, la France, le Pakistan, et l’Inde ont droit aux armes nucléaires, mais pas l’Iran. L’Iran a toutes les raisons de se sentir menacé. Cela dit, le rapport conjoint des services de renseignement des Etats-Unis, le National Intelligence Estimate (NIE), de décembre 2007, intitulé Iran : intentions nucléaires et capacités, prend soin de préciser, en caractères gras et italiques : « le NIE ne pense pas que l’Iran cherche à acquérir des armes nucléaires. » Plus loin : « nous estimons avec une grande certitude qu’à l’automne 2003, Téhéran avait mis fin à son programme de développement d’armes nucléaires. »
Ahmadinejad est un négationniste : je n’ai pas encore lu quelque chose d’Ahmadinejad qui affirme simplement, clairement et sans ambiguïté que ce que nous appelons l’Holocauste n’a jamais eu lieu. Par contre, il a fait remarquer cette particularité que l’injustice de l’Holocauste qui s’est produit en Europe a donné lieu à la création d’un état pour les juifs dans le Moyen Orient et non en Europe. Pourquoi les Palestiniens sont-ils en train de payer pour un crime allemand ? demande-t-il. Et il a aussi remis en question le chiffre de 6 millions de juifs tués par l’Allemagne nazie, comme beaucoup d’autres l’ont déjà fait et de tous horizons politiques.
Ahmadinejad a prôné le recours à la violence contre Israël : sa remarque de 2005, « rayer Israël de la carte », est non seulement une traduction douteuse mais en plus a été mal interprétée, comme le démontre sa déclaration l’année suivante : « le régime sioniste disparaîtra bientôt, comme a disparu celui de l’Union Soviétique, et l’humanité connaîtra la liberté » (3). A l’évidence, il ne faisait pas allusion à la violence contre Israël puisque la dissolution de l’Union Soviétique s’est déroulée pacifiquement.
L’Iran n’a pas le droit de fournir des armes au Hamas et au Hezbollah : par contre, les Etats-Unis, nous dit-on, ont tous les droits de fournir des armes à Israël et l’Egypte.
Le fait qu’Obama se déclare prêt à « dialoguer » avec certains « ennemis » comme l’Iran, plus que l’administration Bush, sonne plutôt bien. Mais il n’est pas besoin d’être trop cynique pour penser qu’il ne s’agit là que d’une phrase destinée à l’opinion publique. Seul compte un changement de politique. Pourquoi Obama ne déclare-t-il pas tout simplement que les Etats-Unis n’attaqueront pas l’Iran si l’Iran n’attaque pas en premier les Etats-Unis, Israël, ou n’importe quel autre pays ? De plus, l’administration Bush a eu plusieurs contacts avec les Iraniens.
Il faut aussi garder à l’esprit ceci : le Washington Post, du 5 mars 2009, a écrit : « un haut fonctionnaire israélien à Washington » a affirmé que « Il est peu probable que l’Iran lance ses missiles contre Israël à cause de la certitude d’une riposte ». C’était la dernière phrase de l’article et, selon une recherche poussée dans la base Nexis [base de données des articles parus dans la presse – NDT], il n’a été repris par aucun autre média anglophone dans le monde.
En 2007, lors d’une conversation privée, le ministre israélien des affaires étrangères Tzipi Livni a dit que selon elle « les armes nucléaires iraniennes ne représentent pas une menace existentielle pour Israël. » Elle a aussi « critiqué les exagérations du Premier ministre (israélien) Ehud Olmert sur les enjeux de la bombe iranienne, en affirmant qu’il tentait de rallier l’opinion publique en jouant sur la peur. » Ceci fut publié sur Haaretz.com, le 25 octobre 2007 (édition papier du 26 octobre) mais dans aucun média US, ni aucun autre média anglophone dans le monde sauf la BBC qui a cité l’agence de presse iranienne Mehr, le 27 octobre.
Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ? Non, c’est ChangeMan !
Au mois de janvier 2006 j’avais été invité à participer à une foire du livre à Cuba, où un de mes livres venait d’être traduit en espagnol et devait être présenté. Tous mes frais étaient pris en charge par le gouvernement cubain et j’étais impatient de participer. [note du traducteur : le précision de Blum sur les dépenses vient du fait que l’administration US « autorise » certains voyages d’américains à Cuba, mais « à condition » que ceux-ce n’y dépensent pas plus qu’une somme minime – env. 150 dollars, de mémoire, et « tout compris » - au cours de leur séjour, sinon ce serait considéré comme une violation de l’embargo] Mais il y avait un petit problème – le gouvernement des Etats-Unis ne m’a pas donné l’autorisation d’y aller. Ma demande d’autorisation de voyage à Cuba avait déjà été rejetée une fois en 1998 par l’administration Clinton. (A cette occasion j’y suis allé quand même et j’ai eu beaucoup de chance à mon retour de ne pas me faire attraper par la police des frontières, ce qui m’aurait valu une amende de plusieurs milliers de dollars.) J’en parle parce que les supporters d’Obama voudraient nous faire croire – comme ils le croient eux-mêmes - que leur ChangeMan a été très occupé à changer beaucoup de choses importantes, Cuba n’étant qu’un exemple parmi d’autres. Mais je n’ai toujours pas le droit de voyager à Cuba.
Le seul véritable changement opéré par l’administration Obama concernant Cuba est que les Cubano-américains ayant de la famille sur l’île sont autorisés à s’y rendre et à envoyer de l’argent sans limitation de montant. Le 13 avril, la Maison Blanche a publié une liste de plusieurs autres mesures concernant les compagnies de téléphone, mais leur signification pratique n’est pas claire, particulièrement en ce qui concerne l’accès à Internet pour Cuba. Les anticastristes américains ont toujours mis les déficiences d’accès à Internet à Cuba sur le dos de la fameuse « censure communiste », alors que l’accès technique à Internet et le coût prohibitif des communications sont principalement entre les mains et du ressoirt de sociétés américaines. Microsoft, par exemple, interdit à Cuba d’utiliser certaines fonctions de Messenger, son service de messagerie instantanée. (4) Et Google a bloqué l’accès pour Cuba à de nombreuses fonctions. (5) Le Venezuela et Cuba travaillent actuellement sur un projet de câble sous-marin qui leur permettra d’être moins dépendants des gringos.
L’embargo économique tous azimuts des Etats-Unis, qui provoque des difficultés aux dépens du peuple cubain, est toujours en place. Voici ChangeMan lors d’une récente conférence de presse :
Journaliste : merci M. le Président. Vous avez entendu de nombreux dirigeants d’Amérique latine dire qu’ils voulaient la levée de l’embargo contre Cuba. Vous avez dit que son maintien constituait un moyen de pression important. Mais en 2004, vous étiez en faveur de la levée de l’embargo. Vous avez dit qu’il n’avait pas réussi à améliorer le niveau de vie des gens, qu’il faisait souffrir les innocents, et qu’il était temps de reconnaître que cette politique avait échoué. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’opinion ?
Président : Eh bien, 2004, ça parait loin. Qu’est-ce que je faisais en 2004 ?
Journaliste : vous vous présentiez au Sénat.
Président : C’était pendant – je me présentais au Sénat. C’est ça.
(6)Oui, c’est ça. Il ne faut pas confondre rhétorique de campagne électorale et le monde réel de ChangeMan.
Le cas des Cinq Cubains est un autre exemple où ChangeMan pourrait porter secours. Ce détournement scandaleux de la Justice où Cinq Cubains, envoyés aux Etats-Unis pour tenter d’empêcher de futures attaques terroristes contre Cuba organisées par les anticastristes en Floride, ont été eux-mêmes été arrêtés par le FBI sur la base d’informations fournies par le gouvernement cubain comme contribution à la lutte contre le terrorisme. (7)
Les Cinq Cubains sont en prison aux Etats-Unis depuis plus de 10 ans. Vers le 15 juin, la Cour Suprême doit rendre une décision quant à la recevabilité de leur appel. L’administration Clinton les a fait arrêter. L’administration Bush a poursuivi la persécution froide, cruelle et sans fondements pendant huit années de plus. Mais voici l’administration ChangeMan. Youpi ! Oh... à la fin du mois de mai, l’administration ChangeMan a demandé à la Cour de rejeter la demande des Cinq, et le 2 juin, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a déclaré lors d’une réunion de l’Organisation des Etats Américains : « je veux insister sur le fait que les Etats-Unis sous l’administration Obama a adopté une politique totalement différente envers Cuba. » (8)
Une autre occasion pour ChangeMan de voler au secours concerne encore Cuba – la fermeture de la prison de Guantanamo. Mais notre héros une fois de plus montre un manque de courage politique et d’imagination. S’il existe vraiment des éléments qui indiquent que certains détenus représentent un réel danger, qu’on les juge devant un tribunal civil aux Etats-Unis, qu’ils puissent jouir de leurs droits, d’une véritable défense, en rejetant tous les éléments à charge gardés secrets et les aveux obtenus sous la torture. S’ils sont déclarés coupables – et avec un jury américain dans un procès pour « terrorisme », ce serait probablement le cas – qu’on les emprisonne dans une des prisons de haute sécurité des Etats-Unis, qui hébergent déjà 355 hommes qualifiés de « terroristes ». (9) Les nouveaux venus ne représenteront pas plus un danger que ceux qui y sont déjà enfermés.
Cependant, s’ils sont déclarés innocents, alors qu’on les libère. Ce qui serait beaucoup plus simple que de leur trouver un pays d’accueil, y compris les Etats-Unis. Jusqu’à présent, Washington a sans cesse répété au monde entier qu’ils étaient « de la pire espèce ». Il n’est pas étonnant alors qu’aucun pays n’accepte de les accueillir. Mais s’ils sont jugés et acquittés, la situation serait totalement différente.
Alors, M. Obama, on attend votre coup de fil.
Cela fait partie de l’idéologie de l’Amérique que de faire semblant qu’elle n’a pas d’idéologie.
Oh ! Une femme vient d’être nommée à la Cour Suprême de Justice. Une femme dont les parents sont originaires de Porto Rico. Une Latina ! Une juge latina à la Cour Suprême ! Hourrah pour l’Amérique.
Qu’est-ce que ça peut bien nous faire ? Clarence Thomas est juge à la Cour Suprême. Il est noir. Il est aussi réactionnaire qu’il est possible de l’être. Tout le monde devrait s’en ficher que Sonia Sotomayor soit une femme aux origines latino américaines. La seule chose qui importe c’est sa politique. Son idéologie. Ses positions sur d’importantes questions sociales et politiques. Oui, je sais, nous sommes en train de parler de la Loi, sa majesté la Loi, de juges qui sont des sages, des sages impartiaux, qui étudient les subtilités et l’histoire de la Loi, des experts sur la Constitution des Etats-Unis, insensibles et au-dessus des chamailleries partisanes, qui tiennent compte de la jurisprudence et définissent le cadre des jugements futurs.
N’en croyez pas un mot. Cela pourrait être vrai dans les rares affaires présentées devant la Cour Suprême qui ne touchent à aucune question idéologique. A part ça, les juges sont partiaux comme tout être humain, nommés par un président partial, et confirmés par des membres partiaux du Sénat.
Patrick Martin faisait récemment remarquer sur le site World Socialist Web : « au cours des 12 dernières années, sous deux présidents Démocrates et un président Républicain, le poste de Secrétaire d’Etat (ministre des affaires étrangères – ndt) a été occupé, dans l’ordre, par une femme blanche, un homme noir, une femme noire, une femme blanche. » (10) Et tous adoraient l’Empire. Lorsque l’Empire l’a demandé, ils ont bombardé, envahi et tué ; ils ont renversé, occupé, torturé et menti ; et ils ont tous prêté allégeance à Israël et à leurs multinationales.
Nous voilà à présent avec un président noir. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est ni Martin Luther King, ni Malcolm X, ni Stokely Carmichael. Ses décisions et ses nominations ont toutes été effectuées dans le cadre d’une politique légèrement à gauche du centre ou franchement conservatrice et impérialiste, à droite. Il réchigne plus à être qualifié de progressiste - où d’être surpris à collaborer avec eux - que d’être qualifié de conservateur. L’Equipe Obama considère la gauche comme une vieille tante excentrique qui se pointe régulièrement aux réunions de famille et qui met tout le monde mal à l’aise et que tout le monde voudrait voir partir.
L’Amérique, et le monde, doivent devenir des adultes. Oubliez la couleur de la personne. Oubliez sa race. Oubliez son sexe. Oubliez ses orientations sexuelles. Oubliez même sa classe sociale d’origine. Et observez la classe sociale que la personne sert. Et comprenez que cette personne ne serait pas dans la position où elle se trouve, ni nominée à une telle position, s’il y avait le moindre doute sur sa loyauté envers les principes capitalistes ou la domination américaine sur le monde.
Il importe peu aussi que le président s’exprime en phrases semi-articulées d’une façon comique ou s’il arrive à faire des phrases complètes et grammaticalement correctes. Gardez un oeil sur sa politique.
Obama
Aux nombreux fans de Barack Obama, à gauche, au centre, à droite, et aux Obamaniacs apolitiques, mon conseil est le suivant : lisez Being there de Jerzy Kosinski, ou regardez le film avec Peter Sellers. Lisez aussi Les Nouveaux Habits de l’Empereur de Hans Christian Andersen.
« Les hommes sombrent collectivement dans la folie, mais ne retrouvent la raison qu’individuellement. » - Charles Mackay, journaliste écossais du 19ème siècle.
http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid..., publié le 5 juin 2009.
Traduction : VD pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info.
1. Washington Post, May 26, 2009 book review
2. Washington Post, May 15, 2009
3. Associated Press, December 12, 2009
4. Associated Press, June 2, 2009
5. Does Google Censor Cuba ?
http://www.juventudrebelde.co.cu/cuba/2007-09-29/does-goo...
6. White House Press Office, April 19, 2009
7. Cuban Political Prisoners ... in the United States
http://www.killinghope.org/bblum6/polpris.htm
en français http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/spip.php?article211
8. Washington Post, June 3, 2009.
9. "There Are Already 355 Terrorists in American Prisons", Slate Magazine, May 29, 2009
http://www.slate.com/id/2219268/
10. "The fundamental social division is class, not race or gender", World Socialist Web Site, May 28, 2009
http://www.wsws.org/articles/2009/may2009/pers-m28.shtml
William Blum est l’auteur de :
Killing Hope : US Military and CIA Interventions Since World War 2 (en français : “Guerres Scélérates...”, éd. Parangon)
http://www.legrandsoir.info/Les-guerres-scelerates-interv...
Rogue State : A Guide to the World’s Only Superpower (en français : “Etat Voyou” éd. Parangon)
West-Bloc Dissident : A Cold War Memoir
Freeing the World to Death : Essays on the American Empire
14:28 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : iran, israël, guerre, bombe, ahmadinejad
Pérou: des Indiens massacrés au nom des transnationales
Le conflit qui sévit actuellement au Pérou – et dont aucun média ne parle, visiblement les pitreries de Sarkozy ou la prétendue "fraude électorale" en Iran sont plus intéressants – est une nouvelle illustration de la Stratégie du Choc dont parle Naomi Klein dans son ouvrage indispensable. Les ressources sont pillées par les multinationales au détriment des populations qui sont alors brimées, arrêtées, torturées ou tuées si elles osent protester. Le Pérou est l'un des nombreux pays d'Amérique du Sud à subir cette politique des adeptes de Milton Friedman prônant un capitalisme sans foi ni loi.
Mondialisation.ca, Le 9 juin 2009
CATAPA
2 volontaires de CATAPA, une ONG flamande qui travaille sur le thème des mines en Amérique Latine étaient présents durant les troubles survenus ces dernières heures à Bagua dans le nord du Pérou. CATAPA dénonce la violence, condamne la réaction du gouvernement péruvien et appuie la revendication légitime des peuples indigènes qui exigent d'être partie prenante dans les décisions prises pour le développement de l'Amazonie péruvienne. Nos volontaires Marijke Deleu y Thomas Quirynen sont évacués de la région en ce moment.
Le conflit qui perdure à Bagua entre l'état péruvien et la population indigène de la région “Amazona” s'est soldé par des confrontations violentes ce vendredi 5 juin lorsque les forces policières tentèrent par la force de déloger ceux qui bloquaient la route. Selon les différentes sources il y auraient entre 30 et 84 morts et une centaines de blessés. D'après les sources officielles de la police, les indigènes ont tiré les premiers sur les forces de sécurité qui ont ensuite répliqué. Plusieurs représentants des indigènes contredisent cette version des faits et disent être seulement armés de leurs lances traditionnelles. La majorité d'entre eux confirme que la police à ouvert le feu sur eux depuis des hélicoptères. Thomas et Marijke ont vu comment la police emmenait les corps des victimes. « ils tentent ainsi de diminuer le nombre officiel de morts » nous commente Marijke de Deleu.
Un conflit annoncé :
Le conflit trouve son origine dans l'accès accordé aux entreprises multinationales présentes dans cette région du nord du Pérou riche en pétrole, en gaz et minéraux.
Durant presque 2 mois plus de 30.000 indigènes habitants les différentes provinces de l'Amazonie péruvienne et de hautes andines, menent une campagne de protestation dénonçant la manière avec laquelle l'état et les entreprises proposent d'investir dans l'exploitation des ressources naturelles.
Les peuples indigènes et les organisations paysannes exigent d'être partie prenante dans les décisions sur le développement de leur pays et en particulier de leur région.
Depuis 2 mois les routes étaient bloquées par les groupes indigènes. Durant ces 2 dernières années (années du gouvernement de l'actuel président Alan Garcia), plusieurs décrets ont été publiés retirant les restrictions écologiques et sociales à l'extraction des ressources naturelles. Cela permet de simplifier l'inversion étrangère directe au Pérou en facilitant l'exploitation des mines, du pétrole et du gaz.
Le 9 mai passé, le gouvernement péruvien à déclaré les 7 provinces de la région en état d'alerte, ce qui signifie « retirer temporairement les garanties constitutionnelles sur la liberté et la sécurité des personnes et l'immunité de la résidence ». Officiellement il s'agit d'assurer l'accès des routes et des aéroports et d'éviter que la production des entreprises soit affectée par les actions menées par les indigènes. L'état d'urgence est hélas aussi un moyen de justifier l'utilisation de la violence comme ce fut le cas vendredi passé.
Les négociations entre les représentants de l'état et ceux des communautés indigènes furent rompues le 15 mai. Les indigènes décidèrent alors de continuer leurs actions. Depuis lors la protestation populaire et les réponses du gouvernement se sont faites de plus en plus sévères.
La convention 169 de l'organisation internationale du travail impose la consultation des peuples indigènes
La convention 169 de l'organisation internationale du travail oblige le gouvernement péruvien à consulter les peuples indigènes pour l'exploitation des ressources naturelles de leur territoire. Le gouvernement péruvien a ratifié cette convention en 1004. Une consultation de la population a eu lieu dans la région « Amazonas ». Elle conclut que la biodiversité et la vie des populations indigènes sont menacées. Mais dans le contexte actuel mondial de manque de ressources naturelles les gains potentiels sont énormes. Ni l'état péruvien ni les entreprises muiltinationales, dont la pétrolière française PERENCO et l'espagnole REPSOL, ne sont prêts à perdre du temps dans ce conflit long à résoudre.
Le président Alan Garcia commentait dans l'une de ces déclarations gouvernementales que « dans la constitution, les ressources naturelles sont la propriété de tous les Péruviens et que tous les Péruviens doivent pouvoir profiter de ressources naturelles du pays »
De leur côté, les organisations indigènes ne demandent pas la souveraineté unique sur l'Amazonie péruvienne sinon d'être partie prenante dans les décisions concernant le développement de leur région. Alberto Pizango, leader de la centrale AIDESEP des peuples indigènes de l'Amazonie déclare : « Nous ne sommes pas contre le développement, mais nous voulons que le développement se fasse suivant notre vision »
Contacter CATAPA:
CATAPA peut vous mettre en contact avec Marijke deleu et Thomas Quirynen
Coordinateur: Daan Janssens CATAPA vzw + 32 473 36 73 18
www.catapa.be
(traduction révisée par Pouvoir et Psychopathie)
14:01 Publié dans Ponérologie mondiale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pérou, émeutes, multinationale, stratégie du choc, naomi klein, répression, conflit


