20.01.2009

Un génocide n’a pas besoin de chambres à gaz !

Note : Face aux cris d'orfraie de certains indignés qui crient à l'antisémitisme lorsqu'on leur parle de génocide des Palestiniens ou de similitude entre le comportement des nazis vis à vis des juifs hier et celui des sionistes vis à vis des Palestiniens aujourd'hui... face à ceux dont le raisonnement légalistique limite pathologique leur fait nier une telle comparaison puisque "pour les Palestiniens, y a pas de camps de concentration, de chambres à gaz ou de fours crématoires", il est peut-être bon de leur rappeler qu'un génocide est (Wikipédia) : "l'extermination physique, intentionnelle, systématique et programmée d'un groupe ou d'une partie d'un groupe ethniquenationalreligieux ou racial" et que ce n'est pas parce que cela se déroule sur des années (années émaillées de massacres tels Deir Yassin, Jenine, Gaza ou même Sabra et Chatila) que ce n'est pas un génocide, comme le décrit très bien Shulamit Aloni dans cet article :

Journal "Ha’Aretz", Tel-Aviv

9 mars 2003

Cri de colère contre la politique d’Ariel Sharon dans les Territoires palestiniens, par Shulamit Aloni, ex-ministre de la Culture du gouvernement Rabin et leader de la gauche israélienne.

Nous n’avons pas de chambres à gaz ni de fours crématoires, mais il n’existe pas qu’une seule méthode pour commettre un génocide. Le Dr Ya’akov Lazovik écrit dans le journal "Ha’Aretz" que le gouvernement de l’Etat d’Israël et la nation ne sauraient projeter de commettre un génocide. Est-ce là de la naïveté ou de l’hypocrisie ? C’est difficile à dire. On sait bien qu’il n’y a pas qu’une façon de commettre un meurtre, et cela vaut également pour le génocide. L’écrivain Y. L. Peretz parlait de ce “chat vertueux” qui ne fait pas couler le sang, mais étouffe ses victimes.

Le gouvernement israélien, avec son armée et ses instruments de destruction, non seulement fait couler le sang, mais étouffe aussi ses victimes. Comment qualifier autrement le largage d’une bombe de 1 tonne sur une zone urbaine densément peuplée [le 22 juillet dernier, à Gaza], officiellement pour tuer un dangereux terroriste et sa femme ? Bien sûr, les autres personnes - dont des femmes et des enfants - qui ont été tuées ou blessées ne comptent pas. Comment peut-on expliquer qu’on expulse des citoyens de chez eux à 3 heures du matin sous la pluie, puis qu’on place des bombes dans leurs maisons et qu’on s’en aille sans rien leur dire ?

Et comment justifier ce qui s’est passé à Jénine ? Nous n’avons pas détruit tout le quartier, mais seulement 85 maisons ; ce n’était pas un massacre, nous n’avons tué qu’une cinquantaine de personnes. Combien de gens faut-il tuer, combien de maisons faut-il détruire pour que ce soit un crime ? Un crime contre l’humanité tel qu’il est défini par les lois de l’Etat d’Israël et pas seulement par les lois belges.

Mieux encore : un couvre-feu et le bouclage d’une ville entière pour permettre à quelques adeptes d’une bande raciste [les ultras des colonies juives] d’entrer dans le caveau des Patriarches à Hébron, des chars qui détruisent des étals de fruits et légumes, des bulldozers abattant des maisons et des généraux qui, dans leur immense orgueil, sont prêts à détruire tout un quartier pour un groupe de voyous de colons. Couvre-feu, bouclages, brutalités, meurtres, destruction des maisons des suspects... on a fait tout cela.

L’ordre qu’a donné Ariel Sharon aux soldats qui sont allés se venger à Qibiah [en Jordanie, en 1956] - “Maximisez les pertes en vies et en biens” - n’a pas été oublié. Aujourd’hui, le Premier ministre Sharon, [le ministre israélien de la Défense] Shaül Mofaz et [le chef de l’état-major] Moshe Yaalon, les trois généraux qui dirigent la politique de ce gouvernement, se comportent comme le chat hypocrite : ils s’emploient à étouffer leurs victimes. Benny Alon, ministre du gouvernement actuel, l’a bien dit : “Rendez-leur [aux Palestiniens] la vie tellement impossible qu’ils partiront d’eux-mêmes.”

C’est ce qui se fait tous les jours. Le chef d’état-major a annoncé qu’il détruisait “pour reconstruire”. Ses actions laissent supposer que, par “construire”, il entend : construire de nouvelles colonies. Pour ne pas être obligée de veiller au bien-être des habitants, l’armée pénètre dans un village, tue, détruit, arrête et se replie. Ceux qui restent au milieu des cendres et des ruines n’ont plus qu’à se débrouiller tous seuls.

Israël ne veut tout simplement pas savoir...

Nombre de nos enfants sont endoctrinés, on leur dit dans les écoles religieuses que les Arabes sont des Amalécites [tribu ennemie des Hébreux] et la Bible nous enseigne qu’il faut anéantir les Amalécites. Un rabbin (Israël Hess) a écrit une fois dans le journal de l’université Bar-Ilan que nous devions commettre un génocide car ses recherches avaient montré que les Palestiniens étaient des Amalécites.

La nation israélienne ne projette pas un génocide ; elle ne veut tout simplement pas savoir ce qui se passe dans les Territoires. La nation obéit aux ordres donnés par ses représentants légitimes. Depuis l’assassinat du Premier ministre légitime [Yitzhak Rabin, en 1995], qui voulait apporter la paix, le doigt est sans cesse sur la détente, la cupidité passe avant tout et il existe toujours une raison pour brutaliser l’ensemble des habitants d’une ville qui en compte des dizaines, voire des centaines de milliers - parce qu’il y a toujours des gens qui sont recherchés. Il suffit qu’une personne soit recherchée pour bombarder et tuer, par erreur bien entendu, des femmes, des enfants, des ouvriers et d’autres êtres humains - en admettant qu’on les considère encore comme des êtres humains.

Bien entendu, avec notre hypocrisie, avec l’adoration que nous vouons à notre “morale juive”, nous faisons en sorte que tout le monde sache que les victimes palestiniennes sont merveilleusement soignées dans nos hôpitaux. Mais nous nous gardons bien de faire savoir combien de Palestiniens sont exécutés de sang-froid dans leur propre maison.

Le génocide dont il s’agit aujourd’hui n’est pas le même que celui dont nous avons été victimes dans le passé. Comme me l’a dit l’un de ces généraux malins, nous n’avons pas de chambres à gaz ni de fours crématoires.

Shulamit Aloni

Futur Quantique

 

Journal de bord d'un Français à Gaza

Alterinfo (coquilles corrigées par Futur Quantique)

20 janvier 2009

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Départ de Roissy-Charles de Gaulle le dimanche 18 janvier 2008 à 15 heures 10 sur un vol de Egypt Air. 
Arrivée au Caire à 20 heures 30. De nouveaux amis que je me suis fait à l’occasion de cette mission individuelle d’interposition humanitaire ont appelé leurs amis au Caire et je suis attendu dès l’aéroport. Surprise : ces derniers sans me connaître ont réservé et payé la nuit d’hôtel. Merci. Mais je sais que ce n’est pas moi le véritable destinataire : ils voulaient que l’opération réussisse. Merci pour les Palestiniens.

Le lendemain, dès l’ouverture des bureaux, je suis au Consulat français du Caire : je donne à savoir que je vais à Gaza et que je vais solliciter la protection de la France pour moi et pour la famille qui va me recevoir. 
Je suis très bien reçu : à certains moments, il fait chaud au cœur de se sentir Français. Dans la discussion, il se confirme qu’un cessez-le-feu a été officiellement proclamé, « mais on ne sait jamais… » 
Je pars tout de suite en taxi collectif vers El Arich, près de Gaza. Dans le taxi, on cause. 
L’Égypte est un beau pays. Je comprends les amoureux de ce pays. Et ses habitants sont très chaleureux. On traverse bientôt le Canal de Suez et on longe un désert de dunes de sable, comme au Sahara. Sauf qu’on passe régulièrement d'espaces très verts irrigués à des paysages désertiques. Terre millénaire. Deux ou trois familles de bédouins avec leur dromadaire et leur tente. 

Je questionne sur El-Arish. C’est une ville de deux cent mille habitants. Elle a vécu de 1967 à 1979 sous occupation israélienne. La population en garde des souvenirs très mitigés au regard de la gestion économique du pays depuis. 

Ça me gêne : je suis contre un régime raciste, ethnocratique et théocratique qui a su traiter avec discernement ses colonisés… en fait une certaine catégorie de colonisés. Parce que les Palestiniens, selon l’idéologie fondatrice d’Israël, sont une race inférieure qui doit abandonner sans autre façon ses terres au « peuple élu ». 

Mais la discussion se termine quand on commence à doubler des colonnes de camions surchargés. Mes compagnons m’expliquent que « ça n’arrête pas » et que « ça vient du monde entier ». « Mais ça ne passe pas, ou si peu ». 

La route dure trois heures 30. À une pause-déjeuner, je croise un groupe de Turcs. 
Va leur parler me conseille mon chauffeur, ce sont des médecins qui reviennent de Gaza. 

- Parlez-vous français ? non ? Do you speak english ? Yes ? très bien. Vous êtes passés par où ? Qu’avez-vous vu à Gaza ? Quelle est la situation ? Est-ce que les bombardements, les combats continuent ? Aujourd’hui, peut-on entrer à Gaza par Rafah ? 

Ce que j’apprends est consternant. Les médecins ne parlent pas anglais. Ibrahim, le porte-parole de l’association humanitaire (Inasani Yardim Vakfi) est ému. Il sort son appareil photo et me montre des corps déchiquetés ; tu vois, celui-là, on n’a pas retrouvé le haut de son corps. Et voici sa petite fille, c’est l’enfant de cinq ans qui a un bandeau sur la tête. Une bombe est tombée sur la maison que les habitants croyaient solide. Il y avait plusieurs familles – que des femmes des enfants, des vieillards ou des chefs de famille. 
Le médecin, Muhammad, s’anime en turc. Le porte-parole traduit : « oui, l’hôpital a été bombardé avant-hier ; on a failli y rester. C’était vraiment délibéré ». 
 - Et là vous partez ? 
- Non, on a laissé des membres de notre groupe. Nous avons constaté que c’est vrai carnage et que notre aide est insuffisante ; nous rentrons pour demander à notre association de réunir des fonds pur créer un centre médical, un petit hôpital pour résoudre le retard médical : il y a trop de patients pour le nombre de médecins disponibles sur place. 
- Et les autorités égyptiennes, elles ne vous ont pas aidés ? 
- Nous sommes sortis avec sept malades graves. Nous avions négocié avec l’Arabie saoudite leur transport par avion vers Djedda. Ils étaient dans les brancards au pied de l’avion, puis les autorités égyptiennes sont venues et elles ont emportés ces blessés graves dans une unité de soin pénitentiaire. C’est scandaleux. Je ne suis pas sûr qu’ils vont être soignés correctement. Il en a encore qui pensent à régler des comptes politiques dans un contexte d’extrême urgence humanitaire. 
 Brusquement le silence. Il est lourd, palpable. 
Je demande à prendre ses photos sur mon ordinateur portable. Merde ! le câble ne correspond pas. Mais j’en ai un autre. Je cherche. Mon chauffeur me presse : il faut partir maintenant. 
Il me hèle : « tu n’a pas encore bu ton thé ! ». Trop tard, comme le chauffeur, je suis pressé d’y aller. 
J’échange mon adresse mail avec le Turc. Il a promis de me les envoyer… s’il a le temps. 

On part chacun de son côté. L’odeur du sang est déjà la. On est à 140 kilomètres de El-Arish. 

La suite de la route se fait en silence. On croise sans arrêt des ambulances du SAMU local, toutes sirènes hurlantes. Certaines y vont ; les autres ramène des blessés dans le hôpitaux environnants. Elles roulent très vite. Isolément. Parfois en convois. 

La mort. L’assassinat en masse. Le crime de guerre délibéré pollue l’atmosphère intérieure et le paysage. Des idées noires roulent dans ma tête : comment peut commettre une destruction à visée délibérément démographique quand on se réclame de la Shoah ? 

Je ne veux plus entendre parler de Shoah sans poser la question : êtes-vous sioniste ? Parce que si oui, vous êtes des monstres égaux aux Fascistes et surtout aux Nazis. Sinon plus, parce que vous, vous avez répété l’irrépétable. Parce que je croyais l’humanité vaccinée une fois pur toutes. 

Arrivée à El-Arsih. Vite un autre taxi vers le passage de Rafah. On m’y attend. 

En effet, des amis ont parlé à des amis qui ont parlé à des amis. À Gaza une femme me téléphone : « s’il vous plaît, ma maison a été bombardée. Je n’ai plus de quoi faire la cuisine ; achetez-moi un réchaud à gaz. On ne trouve plus rien chez nous et je n’ai pas de quoi cuisiner pur ma famille. De plus on héberge des orphelins. » 
Cette dame travaillait dans une bibliothèque offerte par la ville de Dunkerque et par le ministère français de la culture. La bibliothèque est un tas de décombres. Elle est quand même très heureuse parce que sa famille ne compte pas de décès. Un coup de chance. J’ose : 
- Y avait-il des combattants du Hamas chez vous ? 
- Vous rigolez ! ils ont arrosé des quartiers entiers. Venez voir par vous-même et racontez, s’il vous plaît aux Français ! 

Je ne sais plus quoi dire. Dans ma tête une question : à quoi bon offrir aux Palestiniens des aéroports, des bibliothèques qu’Israël détruit ? À la limite, c’est la puissance occupante qui doit répondre devant la communauté internationale de la sécurité et des structures de vie normale de la population occupée. En aidant les Palestiniens ne fait-on pas le jeu des criminels de guerre israéliens au motif que « de toute façon ils ne respectent pas le droit international ». Pourquoi ne pas les laisser aller au fond de leur logique sanguinaire ? Tant qu’à faire, l’aide essentielle pour les Palestiniens ce serait des armes afin qu’ils puissent imposer la réalisation des résolutions inappliquées de l’ONU… 

Mais le carnage est tel que des être humains normaux ne peuvent pas rester sans faire de l’humanitaire. 

Enfin, je suis devant l’entrée officielle vers Gaza. Un univers dantesque. Un ou deux kilomètres de camions chargés, de voitures particulières, des ambulances, des vhicules à plaque d’immatriculation diplomatique. 
Les policiers s’évertuent à canaliser le flux : « il faut faire demi-tour ! Non ! Tout de suite ! J’ai dit immédiatement, sinon il va vous en cuire. Allez ! » 
Les chauffeurs, une foule de journalistes de tout pays se presse devant un haut portail noir, comme l’entrée de l’enfer. Des suppliques, des énervements, un Australien parle un arabe approximatif ; ses amis attendent derrière lui et hoche la tête synchrones : « j’ai toutes les autorisations, regardez ! ». 

- Non, les Israéliens exigent que vous passiez par le check-point qu’ils contrôlent, plus loin à trois kilomètres d’ici. 

Micheline, une journaliste française qui est là pour un média alternatif sur le Net, International Solidarity Movement, se tourne vers moi : 

- Mais je ne veux pas ! Pourquoi donc les Égyptiens veulent-ils me faire passer par les fourches caudines de ceux qui ont commis ces crimes ? Je suis Française à la fin, j’ai le droit de passer par où je veux puisque les papiers sont en règle. Il n’y a pas de visa pour les Français en Égypte ni en Israël. 

Je questionne un Indonésien qui tient une caméra. Il est là depuis dix jours à faire le pied de grue. On le balade. On lui demande des « autorisations ». Et ça change chaque fois. Au début c’était celle de son ambassade qui était exigée. Puis, maintenant, on lui réclame celle de sa chaîne de télévision. Aujourd’hui, il avait tout, mais il attendu toute l’après-midi. Il retournera demain : « on ne sait jamais. C’est totalement irrationnel. Il y a une idée générale : il faut cacher l’ampleur du carnage à l’opinion mondiale. Ça c’est très clair. C’était clair pendant les bombardements. C’est clair maintenant ». 
 - Et les Israéliens, ils laissent passer ? 
- Non. J’ai vu un confrère saoudien, il a été les voir. Ils ont refusé. Il est revenu ici. 

Je rentre avec l’Indonésien à El-Arish. Tiens, on est dans le même hôtel, sympa et pas cher (7 euros la nuit). Il prend un thé ; je prends une bière sans alcool. Il me dit avec un ton résigné : « je ne comprends le rôle des autorités égyptiennes dans cette affaire. Nous sommes dans un cas d’extrême urgence. Normalement aucun accord international bilatéral ne tient plus. J’ai entendu dire qu’il y a eu encore des combats aujourd’hui et des civils touchés. Pauvres Palestiniens ! ». 

Il part rejoindre ses compatriotes. Je retournerai demain à Rafah. Si ça ne marche pas, je vais aller voir si les Israéliens me laissent passer. Sinon, j’appelle notre ambassade et j’appelle notre ministère des affaires étrangères : Monsieur Koucher n’a qu’appeler son homologue au sein du « gouvernement amis de Monsieur Sarkozy » pour leur demander de respecter les normes international du droit et aussi les accords bilatéraux. Je ne vois pas pourquoi les Israéliens se promènent librement chez nous si nous, nous ne pouvons pas aller et venir dans un territoire qui n’est pas à eux et qu’ils administrent. 

Si ça ne se débloque pas, je vais tenter d’autres moyens y compris par la mer. Qu’ils me tirent dessus. Moi, je considère que la mission humanitaire en cas de carnage considéré par l’Onu comme un crime de guerre passe avant la compromission des autorités égyptiennes Et je tiens à mettre mes autorités nationales, mon gouvernement, mon président devant ses responsabilités : même si l’interposition n’est plus une urgence, le témoignage l’est toujours. 

La conclusion du jour ; 
Vous avez été des centaines à déclarer votre sympathie et votre solidarité avec le peuple martyr palestinien. Vous avez exprimé le désir de venir. Certains voulaient partir avec moi et n’ont pas eu le temps de faire leurs formalités. 
Moi-même je me suis posé la question de l’opportunité de venir quand j’ai entendu les premiers échos d’un futur cessez-le-feu : à quoi bon une mission d’interposition dans ce cas ? 
Certains m’ont dit : va et témoigne. 

D’ici, entre El Arish et Rafah, au regard des efforts que je vois déployer pour étouffer l’ampleur du carnage pour ne pas dire pour cacher la boucherie, je n’ai qu’une chose à vous dire : VENEZ NOMBREUX POUR VOIR PAR VOUS-MÊME ET EN PARLER AUTOUR DE VOUS APRES VOTRE RETOUR. 

Ce sera pour vous une expérience inoubliable. 

Il est 22heures 48 à El-Arish. À demain. 

Abdellah OUAHHABI 

Mardi 20 Janvier 2009

abdellah.ouahhabi@online.fr

19.01.2009

« Papa, je suis en train de mourir »

Ola Attallah

Islamonline
Vendredi 16 janvier 2009

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© Inconnu

Un père en larmes porte son fils.

Ces paroles ne cessent de résonner dans la tête de Kamal Awaga, irradiant des spasmes de douleur dans son corps affaibli et blessé.

Ce sont les derniers mots prononcés par Ibrahim, son fils de 9 ans avant qu’il ne finisse comme cible d’entraînement pour des soldats israéliens.

« Ils ont tué mon fils de sang-froid », dit le père dévasté par la douleur, encore en état de choc.

Ibrahim a rejoint une liste de plus de 350 enfants tués par Israël au cours de la boucherie à laquelle il se livre depuis 3 semaines dans cette bande côtière.

Mais alors que les autres sont tombés sous les balles ou les bombes, le destin d’Ibrahim est encore plus tragique.

Il est devenu une cible d’entraînement pour un groupe de soldats israéliens.

« Les Israéliens n’ont montré aucune pitié pour son innocence », dit son père en larmes depuis son lit à l’hôpital Al-Shefa, à Gaza City.

« ils n’ont montré aucune pitié pour son corps d’enfant », ajoute le père au cœur brisé.

Une journée ensoleillée

Rien au cours de cette journée ne préparait la famille Awaga au tournant tragique qu’allaient prendre les événements.

Ils se sont réveillés par une matinée ensoleillée, après des jours d’enfermement dans une pièce exiguë pour se protéger des bombardements israéliens intensifs.

La mère d’Ibrahim, anéantie, se souvient de la demande de son fils : « Maman, si nous prenions le petit-déjeuner dans le jardin ? J’en ai assez de rester dans cette pièce ». 

Une heure plus tard, la table est mise dans le jardin et la famille espère profiter d’un de ces rares moment de paix, inconscients des regards qui les observent au loin.

Un premier missile emporte le gagne-pain de la famille, tandis qu’un deuxième détruit leur maison. 

« Papa, je suis en train de mourir », gémit Ibrahim à son père qui accourt vers lui à toutes jambes.

« Vite, partons », lance Awaga à sa femme et à ses deux autres enfants, son fils couvert de sang dans les bras.

Mais avant même d’atteindre le portail du jardin, ils essuient un déluge de balles.

Une balle touche la mère à la jambe, une autre touche le père à la taille.

Terrorisés, les deux frères d’Ibrahim courent s’abriter derrière les décombres de leur maison détruite.

Stand de tir

Alors que les tirs se font plus rares, la famille croit que le cauchemar est fini. Mais les soldats israéliens n’en ont pas encore terminé.

« Lorsque les soldats se sont rapprochés, j’ai pensé qu’ils allaient me tuer », confie Awaga, qui a fait semblant d’être mort.

« Mais ce qu’ils voulaient, c’était mon jeune fils » dit-il, la voix étranglée par ce souvenir atroce.

L’un des soldats s’approche du corps d’Ibrahim, lui attrape une jambe pour le retourner, riant tandis qu’un autre tire dans la tête de l’enfant mort.

Les rires se font plus intenses alors qu’ils le traînènt vers un endroit en hauteur pour commencer leur jeu.

Pendant toute une heure, le père étouffe ses sanglots de douleur devant le spectacle des soldats israéliens se livrant à un concours de tirs sur le cadavre de son fils.

« Ils se servaient de son corps criblé de balles et couvert de sang comme cible d’entraînement. »

« À chaque tir, ils fredonnaient des paroles que je ne comprenais pas, mais ils y prenaient apparemment beaucoup de plaisir. C’était comme s’ils participaient à une fête ».

Lorsqu’ils en eurent assez de cet « exercice », les Israéliens prirent leurs armes et quittèrent la maison.

Quatre jours entiers s’écoulèrent avant que les médecins des urgences parviennent à rejoindre les membres de la famille et à les envoyer à l’hôpital.

« Qu’a fait mon fils pour mériter cela ? » demande Awaga, secouant la tête d’incompréhension.

« Les Israéliens n’ont pas tué mon enfant une seule ou deux fois, ils l’ont tué mille fois ».

Traduction : Axel D. pour Futur Quantique

Comment les nazis traitaient les Juifs – Comment les Israéliens traitent les Palestiniens

adc.org, commentaires de Sott.net

Dimanche 18 janvier 2009

Constamment, le gouvernement israélien nie traiter les Palestiniens comme les Juifs furent traités sous le régime nazi. Mais les nazis, eux aussi, niaient commettre un génocide et des crimes de guerre.

Plutôt que de tenter de prouver par l'écrit que les représentants de l'État d'Israël sont les héritiers idéologiques des nazis, nous publions ci-dessous une série de photos juxtaposées : à gauche, des images illustrant le quotidien des juifs, il y a 68 ans, en Allemagne et en Pologne ; à droite, des images illustrant le quotidien des Palestiniens, aujourd'hui, dans les territoires occupés : ces photos parlent bien plus qu'un long discours. (cliquer pour agrandir)

Murs et barricades pour emprisonner la population

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Postes de contrôle militaires pour empêcher les civils de circuler librement

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Arrestations et brimades
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Destruction des foyers et des moyens de subsistance
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Meurtres d'innocents, de femmes et d'enfants
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Gaza : la douleur d'un père

Le Post, 18 janvier 2009

Cela restera peut-être l'image la plus marquante de cette guerre, la plus inhumaine et la plus humaine aussi: cette scène, en direct à la télévision israélienne, avec au téléphone un médecin palestinien hurlant sa douleur car ses deux filles viennent d'être tuées par un obus israélien. Le duplex était prévu, mais l'attaque du char israélien ne l'était pas.

"Izz el-Deen Aboul Aish est un médecin connu des spectateurs israéliens. Ce gynécologue palestinien, qui parle parfaitement l'hébreu, exerce à la fois dans un hôpital de Tel Aviv et dans la bande de Gaza, où vit sa famille. Depuis le début des raids, il y a 21 jours, il était resté à Gaza. L'accès des journalistes étant strictement contrôlé, il fut très vite sollicité par les média israéliens pour témoigner des conditions de vie sur place."

Mais lorsque la télé l'appelle, vendredi soir, à l'heure de grand écoute, ce n'est plus le témoin qui est en ligne, mais un père effondré par la mort de ses filles, et qui implore Dieu. Le journaliste le laisse parler, tente de le calmer, de lui promettre une ambulance (qui viendra d'aileurs plus tard),

Note de P&P : on bombarde puis on envoie une ambulance pour le show, vu qu'on est à la télé (en temps "normal", on bombarde aussi les ambulances)

et, visiblement ébranlé, ému, il préfère quitter le plateau avec le téléphone portable encore branché, plutôt que d'interrompre le flot de sanglots de cet homme.

Note de P&P : un peu de pathos à la télé pour se dédouaner de notre responsabilité de journaliste cautionnant ces massacres

Ce n'est pas souvent qu'un pays en guerre peut ainsi assister à l'impact humain de ses propres armes, de ses actions, sur l'"autre" camp, de manière humaine et pas froidement statistique. Cela ne change peut-être pas les choix politiques, mais les Israéliens n'oublieront pas aisément Izz el-Deen Aboul Aish et ses larmes.

Note de P&P : en effet ils ne l'oublieront pas, mais peut-être pas dans le sens où on l'entend. Ainsi, une Israélienne a t-elle interrompu la conférence de presse que tenait le docteur, le prenant à partie et l'accusant de propagande : "Why is he engaging in propaganda? He's talking against Israel at the Sheba hospital. You should all be ashamed. All my children are serving in Gaza. Who knows what he had at his home?"

Traduction : Pourquoi fait-il de la propagande ? Il dit du mal d'Israël, à l'hôpital Sheba. Vous devriez tous avoir honte. Tous mes enfants servent à Gaza. Qui sait ce qu'il cachait chez lui ?"

Oui, vous avez bien lu. Pour les individus dénués de conscience, la souffrance des autres n'a aucune importance. Ils ne sont jamais responsables de quoi que ce soit, c'est toujours la faute de l'autre – accuser la victime, voilà leur tactique. Quel genre d'être humain, si ce n'est un psychopathe – pourrait, sans la moindre compassion, sans la moindre considération pour sa douleur, prendre à parti un homme qui vient de perdre ses enfants, et l'accuser d'être responsable de leur massacre – insinuant qu'il devait "cacher des armes" chez lui et qu'il doit donc être (comme tous les Arabes) un terroriste ?

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18.01.2009

Comment fonctionne la machine à propagande israélienne

James Zogby
The Huffington Post
Vendredi 9 janvier 2009

Comme pour les précédents conflits du Moyen-Orient, la version officielle défendue par les médias et les analyses politiques ici, aux États-Unis, correspondent fidèlement à la position d’Israël concernant cette guerre. Ce point constitue une des causes majeures des précédentes victoires israéliennes et de la capacité d’Israël à faire durer les combats sans que les États-Unis ne lui retirent son soutien. Puisqu’il a conscience de l’importance de la guerre de propagande, Israël combat de manière vigoureuse et disproportionnée sur ce front-là aussi.

Voici comment il s’y prend :

1/ Définir le cadre du débat : la clé pour le remporter. Au départ, les Israéliens s’efforcent de définir le contexte, la genèse, et la version officielle qui conditionneront la compréhension du conflit. Dans le cas présent, par exemple, ils ont réussi, grâce à des répétitions ininterrompues, à établir la notion selon laquelle la guerre avait commencé le 19 décembre, date de fin du cessez-le-feu de 6 mois (décrit par Israël comme « rompu unilatéralement par le Hamas »). En agissant ainsi, ils ont évidemment ignoré leurs propres violations de la trêve en novembre, et le non-respect de leur engagement, pris au début du cessez-le-feu, visant à ouvrir les frontières de Gaza. Ils ont également fermé les yeux sur leur propres décisions qui ont condamné Gaza à la dépendance, processus qui a commencé bien avant leur retrait en 2005. Comme ils savent que les Étasuniens ne suivent pas ce conflit de près, et sont enclins à croire ce qu’on ne cesse de leur répéter, cette tactique de définition préalable du contexte et de répétition de la version officielle est un succès.

2/ Avoir conscience de l’efficacité des stéréotypes. Comme, depuis des générations, le conflit israélo-palestinien est décrit sous des auspices favorables à la culture israélienne et via des stéréotypes négatifs sur les Palestiniens, les agents de la propagande israélienne disposent ici d’un avantage facile à exploiter. Puisque ce conflit est considéré depuis des lustres comme « une confrontation de l’humanisme israélien au problème palestinien », la couverture médiatique de chaque nouvel épisode commence par décrire comment « le problème » affecte les Israéliens. Comme Golda Meir l’a déclaré : « Nous pouvons pardonner aux Arabes le meurtre de nos enfants, mais nous ne pourrons jamais leur pardonner de nous forcer à tuer les leurs ». Par conséquent, malgré la souffrance disproportionnée du peuple palestinien, rien de surprenant dans le fait que la couverture médiatique tente de « rééquilibrer » le sujet en traitant exhaustivement, photos à l’appui, de l’angoisse et de la peur que la guerre fait subir aux Israéliens. Plus tôt dans le conflit, lorsque l’analyse médiatique jouait le rôle principal, les Palestiniens étaient réduits, comme toujours, à de simples chiffres, ou chosifiés comme « dommages collatéraux ».

3/ Anticiper et compter sur les erreurs de l’adversaire. La stupidité du Hamas a servi la stratégie d’Israël. Dès le début, Israël a pu compter sur le fait que le Hamas lancerait des roquettes et émettrait le type de menace qui permettrait à Israël de rallier la sympathie de l’Occident. Savoir que ces tirs et ces menaces auraient très certainement lieu, et pourraient être exploités, constitua un avantage pour leur guerre de propagande.

Note de Futur Quantique : quand on sait qu’Israël est le champion des opérations sous « fausse bannière », et qu'il a tendance à se faire parfois passer pour le Hamas, on peut se demander qui est derrière les tirs de roquettes et les menaces qui servent si bien la propagande israélienne.

4/ Etre partout et répéter la même chose – et s’assurer que l’adversaire demeure aussi invisible que possible. Israël entame chacune de ses guerres aidé d'une légion de porte-paroles anglophones (la plupart nés dans des pays occidentaux) disponible à tout instant dans chaque organe médiatique (ce n’est pas un hasard si, par exemple, Israël dispose d’un consul général « arabe » à Atlanta – ville où est basé CNN). Cette opération de propagande, qui consiste à dépêcher dans tous les événements médiatiques des États-Unis des porte-paroles présentant la même version des faits, est une garantie de succès. En même temps, ils arrivent à interdire l’accès des médias à Gaza, autorisant les journalistes occidentaux à opérer uniquement dans les zones supervisées par l’armée israélienne, ce qui garantit à Israël l’opportunité de définir chaque détail de la version officielle tout en interdisant toute possibilité de vérification indépendante des horreurs perpétrées à Gaza.

5/ Coller à la version officielle. Comme une bonne partie de l’histoire sera définie par les déclarations et les actes des politiciens, l’appareil politique à Washington est également mis à contribution, assurant que les dirigeants de la Maison-Blanche et du Congrès communiquent la version officielle. Ainsi, les communiqués du Congrès reprennent cette version des faits tandis que les porte-paroles israéliens, les commentateurs politiques, et les déclarations du Congrès se corroborent mutuellement.

6/ Nier, nier, nier. Lorsque les événements et la réalité font surface, en contradiction avec le scénario élaboré par Israël, et contestant la version officielle, la machine de propagande s’active pour nier, nier et nier encore (déclarant éhontément, « qui croyez-vous, moi ou ce que vos yeux trompeurs vous disent ? ») et/ou élaborant une nouvelle version qui reporte la faute sur la victime (« nous ne sommes pas responsables, ils nous ont forcés à le faire »). Dans le cas présent, cela consiste à affirmer que quelqu’un autre, toujours, est responsable de la mort des Palestiniens, et/ou que les photos montrant la souffrance du peuple palestinien sont des mises en scène de la part des journalistes ou de l’ennemi (comme pour dire : « les Arabes ne souffrent pas vraiment comme nous »).

7/ La dernière carte… Lorsque toutes les techniques précédentes ont échoué, invoquer quelques exemples d’antisémitisme flagrant et les généraliser – suggérant ainsi que les critiques sont motivées par l'antisémitisme. Cette tactique est risquée et peut-être trop utilisée, mais elle peut réduire les critiques au silence ou les mettre sur la défensive.

Note de Futur Quantique : apparemment, cette dernière carte est toujours autant employée, en témoignent les multiples articles et reportages sur la montée de l'antisémitisme en France. L'agression d'une jeune juive a même traversé l'Atlantique pour servir le discours d'un sioniste lors d'un rassemblement pro-israélien à New York. A croire qu'ils ont du mal à trouver le moindre acte antisémite sur toute la planète... et pour cause : dans la majorité des cas, l'antisémitisme est un phénomène monté de toute pièce pour les besoins de la propagande. Ne vous attendez pas à voir les médias diffuser des informations en totale contradiction avec la propagande, comme, par exemple, ce très beau discours humaniste prononcé hier à Lyon dans le cadre d'une manifestation pour Gaza :

 

Traduction : Axel D. pour Futur Quantique

17.01.2009

Psychopathie en action : à New York, des manifestants pro-israéliens en appellent à l'anéantissement des Palestiniens

Max Blumenthal

AlterNet

Mardi 13 janvier 2009 22:55 UTC

Le 11 janvier, quelque dix mille personnes se sont rassemblées devant l'ambassade israélienne, à Manhattan, en soutien à l'attaque israélienne dans la Bande de Gaza. Ce rassemblement était organisé par l'UJA-Federation (United Jewish Appeal [Appel juif unifié – Ndt]) de New York et le Jewish Community Relations Council [Conseil des relations de la communauté juive – Ndt] de New York, en coopération avec la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations [Conférence des présidents des principales organisations juives-américaines – Ndt]. Pour l'occasion, des discours furent prononcés par les plus hauts législateurs de New York. Bien que les diatribes contre les criminels du Hamas aient provoqué la juste colère des foules, l'événement fut d'ordre festif – chants et danses entraînantes en marquèrent le début et la fin.

Le sénateur Chuck Schumer a souligné les méthodes guerrières humanitaires d'Israël, prenant pour exemple l'envoi de SMS avertissant certains habitants de la Bande de Gaza d'évacuer leurs maisons avant qu'elles ne soient bombardées par les forces israéliennes. "Quel autre pays ferait-ça ?", a crié Schumer depuis le podium. Le gouverneur David Paterson est apparu sur l'estrade coiffé d'un des chapeaux rouges distribués aux manifestants et symbolisant les alertes rouges que certains Israéliens doivent endurer lorsque des groupes palestiniens tirent des roquettes en leur direction. Paterson a évoqué les nombreuses roquettes Qassam tombées sur Israël pour justifier les opérations israéliennes à Gaza – un assaut militaire qui a causé plus de 800 [plus d'un millier à ce jour – Ndt] morts et des milliers de blessés.

Ensuite, Paterson a mis l'accent sur la vague d'antisémitisme qui a suivi l'attaque israélienne de Gaza, évoquant l'agression d'une adolescente en France. "Ce genre de colère et de haine se répand comme une maladie", a déclaré Paterson, "et l'une des choses sur lesquelles j'ai toujours insisté, c'est qu'il n'y a pas de place pour la haine dans l'Empire State [surnom de l'État de New York – Ndt]".

Pourtant, la haine était à son comble dans le public. Juste devant l'estrade, un homme tenait une bannière portant l'inscription "L'islam est une secte morbide". Des manifestants m'ont décrit les Gazaouis comme un "cancer", et ont demandé qu'Israël les "anéantisse tous", tout en insistant : "Ils nous forcent à tuer leurs enfants afin de défendre les nôtres". Une jeune femme me dit : "Ceux qui meurent subissent la colère de Dieu". "Ils ne font pas de distinction entre les civils et les militaires, alors pourquoi devrions-nous le faire ?", me dit un membre du groupe juif messianique Orthodox Chabad-Lubavitch, venu assister au rassemblement.

Parmi les gens que j'interroge, nul ne semble trouver de raison qui le pousserait à remettre en cause la guerre d'Israël. Ni le nombre de victimes civiles, ni la vision de souffrances extrêmes – rien ne pourrait briser leur enthousiasme quant à l'attaque d'une des populations les plus vulnérables au monde avec les armes les plus sophistiquées de la planète. Il n'y a aucune limite, peu importe les actions d'Israël, peu importe ses méthodes.

Ce rassemblement m'a fait penser à un passage de "The Holocaust Is Over, We Must Rise From Its Ashes" [L'holocauste est fini, nous devons renaître de ses cendres], livre percutant rédigé par l'ex-président de la Knesset et du Jewish National Fund [Fonds national juif], Avraham Burg :

"Si tu es quelqu'un de mauvais, un ennemi geignard ou un occupant brutal, tu n'es pas mon frère, même si tu es circoncis, que tu observes le Shabbath, et que tu accomplis les mitzvahs [bonnes oeuvres – Ndt]. Si, par pudeur, tu recouvres chaque cheveu de ta tête avec ton foulard, que tu fais l'aumône et la charité, mais que sous le foulard, l'esprit est dévoué à la sainteté de la terre juive, la faisant primer sur la sainteté de la vie humaine, tu n'es pas ma soeur. Tu seras peut-être mon ennemie. Un Arabe bon ou un gentil [non-juif – Ndt] honnête sera un frère ou une soeur pour moi. Un homme mauvais, même d'ascendance juive, sera mon adversaire, et je me tiendrai de l'autre côté de la barricade pour le combattre jusqu'à la fin."

Commentaire : vidéos sur l'occupation israélienne de la Palestine/Gaza, cliquer ici

Traduction : Prayers for rain pour Futur Quantique

 

 

16.01.2009

Les « Protocoles des Sages de l’Islam » ou Comment se construisent les légendes noires

par Domenico Losurdo

Mondialisation.ca, Le 8 janvier 2009

gaza3.jpgEn feuilletant sur Internet les réactions à mon dernier livre (Stalin, Storia e critica di una leggenda nera - Staline, Histoire et critique d’une légende noire-, Ed. Carocci 2008), apparaissent à côté de commentaires largement positifs quelques signes d’incrédulité : est-il donc possible que les infamies attribuées à Staline et accréditées par un consensus général soient le plus souvent le résultat de distorsions et parfois de véritables falsifications historiques ?

C’est à ces lecteurs en particulier que je voudrais suggérer une réflexion à partir des événements de la chronique de ces jours ci. Nous avons tous sous les yeux la tragédie du peuple palestinien à Gaza, d’abord affamé par le blocus et maintenant envahi et massacré par la terrible machine de guerre israélienne. Voyons comment réagissent les grands organes d’ « information ». Sur le « Corriere della Sera » du 29 décembre, l’éditorial de Piero Ostellino sentence : « L’article 7 de la Charte de Hamas ne défend pas seulement la destruction d’Israël, mais l’extermination des juifs, comme l’affirme le président iranien Ahmadinejad ». On notera que, tout en faisant une affirmation extrêmement grave, le journaliste ne rapporte aucune citation textuelle : il exige d’être cru sur parole.

Quelques jours plus tard (3 janvier) sur le même quotidien, Ernesto Galli della Loggia remet ça. A la vérité, celui- ci ne parle plus de Ahmadinejad. Peut-être s’est-il aperçu de la bévue de son collègue. Après Israël, l’Iran est le pays du Proche-Orient qui abrite le plus de juifs, (20.000), et ceux-ci ne semblent pas subir de persécutions. En tout cas, les Palestiniens des territoires occupés ne pourraient qu’envier le sort des juifs qui vivent en Iran, lesquels non seulement n’ont pas été exterminés mais ne doivent même pas faire face à la menace de « transfert », que les sionistes les plus radicaux projettent sur les arabes israéliens.

Evidemment, Galli della Loggia survole ça de haut. Il se borne à se taire sur Ahmadinejad. En compensation, il augmente la dose sur un autre point essentiel : Hamas ne se borne pas à exiger « l’extermination des juifs » israéliens, comme l’affirme Ostellino. Il ne faut pas s’arrêter à mi-chemin dans la dénonciation des méfaits des barbares : « Hamas souhaite l’élimination de tous les juifs de la face de la terre » (« Corriere della Sera », du 3 janvier). Dans ce cas aussi, on n’apporte pas l’ombre d’une preuve : la rigueur scientifique est la dernière préoccupation de Galli della Loggia, à qui il faut par contre reconnaître le courage de défier le ridicule : selon ses analyses, les « terroristes » palestiniens se proposent de liquider la machine guerrière non seulement d’Israël mais même celle des Usa, afin de terminer les infamies dont l’éditorialiste du « Corriere della Sera » dénonce l’ampleur planétaire. Par ailleurs, ceux qui sont capables d’infliger une défaite décisive à la superpuissance mondiale, en plus d’Israël, peuvent bien aspirer à la domination mondiale. En somme : c’est comme si Galli mettait finalement à jour Les protocoles des Sages de l’Islam !

Et tout comme, à leur époque, Les protocoles des Sages de Sion, Les protocoles de Sages de l’Islam ont désormais valeur de vérité acquise, et ne nécessitent aucune démonstration. Sur « La Stampa » du 5 janvier, Enzo Bettiza donne immédiatement la signification des bombardements massifs d’Israël, déchaînés depuis le ciel, la mer et la terre, avec recours d’ailleurs à des armes interdites par les conventions internationales, contre une population substantiellement sans défenses : « C’est une opération de gendarmerie drastique et très violente d’un pays menacé d’extermination par une secte qui a juré de l’extirper de la face de la terre ».

Cette thèse, répétée à l’obsession, vient s’inscrire dans le cadre d’une tradition bien précise. Entre le 18ème et le 19ème siècle le modéré abbé Grégoire se battait pour l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises : il allait être taxé de leader des « blancophages), ces noirs barbares et avides de se repaître de chair des hommes blancs. Quelques décennies plus tard, quelque chose de similaire se passa aux Etats-Unis d’Amérique : les abolitionnistes, souvent de foi chrétienne et d’orientation non-violente, exigeaient « la destruction complète de l’institution de l’esclavage » ; ils furent promptement accusés de vouloir exterminer la race blanche. A la moitié du 19ème encore, en Afrique du Sud, les champions de l’apartheid refusaient les droits politiques aux noirs, avec comme argument qu’un éventuel gouvernement noir aurait signifié l’extermination systématique des colons blancs et des blancs dans leur totalité.

La légende noire en vogue de nos jours est particulièrement ridicule : le Hamas, à plusieurs reprises, a fait comprendre la possibilité d’un compromis, si Israël acceptait de revenir aux frontières de 67. Comme tout le monde sait ou devrait savoir, ce qui rend de plus en plus problématique et peut-être désormais impossible la solution à deux Etats, c’est l’expansion ininterrompue des colonies israéliennes dans les territoires occupés. Et pourtant, la substitution à l’actuel Israël en tant qu’ « Etat des Juifs » d’un état binational qui soit en même temps celui des juifs et des palestiniens, en garantissant l’égalité à tous, ne comporterait en aucune manière l’extermination des Juifs, exactement comme la destruction de l’Etat racial blanc, dans le Sud des Etats-Unis d’abord puis en Afrique du Sud n’a certes pas signifié l’anéantissement des blancs. En réalité, ceux qui agitent d’une manière ou d’une autre Les protocoles des Sages de l’Islam veulent transformer les victimes en bourreaux et les bourreaux en victimes.

Non moins grotesques et non moins instrumentalisées sont aujourd’hui les mythologies en vogue sur Staline et le mouvement communiste dans sa totalité. Qu’on prenne la thèse de l’ « holocauste de la faim » ou « famine terroriste » que l’Union Soviétique aurait imposé au peuple ukrainien dans les années 30. En soutien de cette thèse il n’existe et il n’est apporté aucune preuve. Mais cela non plus n’est pas le point essentiel. La légende noire diffusée de façon planifiée surtout à l’époque de Reagan et au moment de la Guerre froide sert à mettre sous le boisseau le fait que la « famine terroriste » reprochée à Staline, a été depuis des siècles mise en acte par l’Occident libéral et, en particulier, contre les peuples colonisés ou qu’il aurait voulu réduire à des conditions coloniales ou semi-coloniales.
C’est ce que j’ai essayé de démontrer dans mon livre. Immédiatement après la grande révolution Noire qui à la fin du 18ème siècle à Saint Domingue/Haïti brisait en même temps les chaînes de la domination coloniale et celles de l’institution de l’esclavage, les Etats-Unis répondaient par les déclarations de Thomas Jefferson, en déclarant vouloir réduire à l’inanition (starvation) le pays qui avait eu l’effronterie d’abolir l’esclavage. Le même comportement a été adopté au 19ème siècle. Déjà les lendemains d’Octobre 1917, Herbert Hoover, à l’époque haut représentant de l’administration Wilson, puis président des Etats-Unis, agitait de façon explicite la menace de la « faim absolue » et de la « mort par inanition » non seulement contre la Russie soviétique mais contre tous les peuples prêts à se laisser contaminer par la révolution bolchevique. Au début des années 60, un collaborateur de l’administration Kennedy, Walt W. Rostow, se vantait du fait que les Etats-Unis étaient arrivés à retarder pour « des dizaines d’années » le développement économique de la République Populaire de Chine !

C’est une politique qui continue aujourd’hui encore : tout le monde sait que l’impérialisme essaie d’étrangler économiquement Cuba, et si possible de le réduire à la condition de Gaza, où les oppresseurs peuvent exercer leur pouvoir de vie et de mort, bien avant même leurs bombardements terroristes, avec, déjà, le contrôle des ressources vitales.

Nous sommes ainsi revenus à la Palestine. Avant de subir l’horreur qu’il subit aujourd’hui, le peuple de Gaza avait été frappé par une politique prolongée qui essayait de l’affamer, de l’assoiffer et de le priver de lumière électrique, de médicaments, et de le réduire à l’épuisement et au désespoir. En plus du fait que le gouvernement de Tel Aviv se réservait le droit de procéder comme d’habitude, malgré la « trêve », aux exécutions extrajudiciaires de ses ennemis. A savoir qu’avant même d’être envahie par une armée ressemblant à un peloton d’exécution gigantesque et expérimenté, Gaza était déjà l’objet d’une politique d’agression et de guerre. En même temps, une puissance militaire de feu multimédiatique s’est déchaînée surtout en Occident pour anéantir toute résistance critique à la thèse fausse et menteuse selon laquelle Israël serait ces jours ci engagé dans une opération d’autodéfense : que personne n’ose mettre en doute l’authenticité des « Protocoles des Sages de l’Islam » !

Voilà comment on construit les légendes noires : celle d’aujourd’hui scelle la tragédie du peuple palestinien (le peuple martyr, par excellence, de notre époque), tout comme celles qui, en dépeignant Staline comme un monstre et en réduisant à une histoire criminelle le processus qui a commencé avec la révolution d’Octobre, entendent priver les peuples opprimés de tout espoir et perspective d’émancipation.

6 janvier 2009

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Le véritable objectif du massacre dans Gaza

par Jonathan Cook, Global Research, le 2 janvier 2009
Mondialisation.ca, Le 15 janvier 2009

Depuis que le Hamas a triomphé aux élections palestiniennes il y a près de trois ans, la rumeur circulait en Israël qu’une invasion terrestre de grande ampleur sur la bande de Gaza était imminente. Mais même quand l’opinion publique faisait monter la pression pour un coup décisif contre le Hamas, le gouvernement reculait devant un assaut frontal.

Aujourd’hui, le monde attend d’Ehud Barak, ministre de la Défense, qu’il envoie ses chars d’assaut et ses troupes dans la logique de cette opération qui pousse inexorablement vers une guerre terrestre. Néanmoins, les officiels temporisent. Des forces terrestres importantes sont massées à la frontière avec Gaza, mais en Israël on parle de « stratégies de sortie », d’accalmie et de renouvellement de cessez-le-feu.

Même si les chars israéliens s’avancent à l’intérieur de l’enclave, oseront-ils aller jusque sur les véritables champs de bataille au centre de la bande de Gaza ? Ou serviront-ils simplement, comme ce fut le cas dans le passé, à terroriser la population civile depuis la périphérie ?

Les Israéliens sont conscients de la raison officielle de la réticence de Barak à prolonger les raids aériens avec une guerre terrestre d’envergure. Ils n’ont pas oublié que les plus grandes pertes de l’armée dans la seconde Intifada palestinienne ont été essuyées en 2002 durant l’invasion du camp de réfugiés de Jénine.

Gaza, comme les Israéliens ne le savent que trop bien, est un gigantesque camp de réfugiés. Ses ruelles étroites, où les chars Merkava ne peuvent pénétrer, forceront les soldats israéliens à y entrer au grand jour. Gaza, dans l’imaginaire israélien, est un piège mortel.

De même, nul n’a oublié le lourd tribut qu’ont payé les soldats israéliens durant la guerre terrestre avec le Hezbollah en 2006. Dans un pays comme Israël, avec une armée citoyenne, l’opinion a fini par ressentir une véritable aversion pour une guerre où un grand nombre de ses fils seraient placés sur la ligne de tir.

Cette crainte n’est que renforcée par les articles de presse israéliens selon lesquels le Hamas prie pour voir l’armée israélienne s’engager dans un combat sérieux. La décision de sacrifier nombre de soldats à Gaza n’est pas de celle que Barak, dirigeant du Parti travailliste, prendra à la légère à six semaines des élections.

Mais il existe une autre inquiétude qui donne à Barak une même raison d’hésiter.

En dépit de la rhétorique populaire existant en Israël, aucun haut responsable ne croit que le Hamas puisse être anéanti, que ce soit par des raids aériens ou avec des brigades d’infanterie. Le Hamas est simplement beaucoup trop ancré dans la bande de Gaza.

Cette conclusion est admise pour les raisons modérées proposées jusqu’à maintenant pour les opérations d’Israël. « Installer le calme dans le sud du pays » et « Modifier l’environnement sécuritaire » prévalent sur les choix antérieurs, tels que « Eradiquer l’infrastructure du terrorisme ».

Une invasion dont le véritable objectif serait de renverser le Hamas, comme Barak et ses officiels l’entendent, exigerait une réoccupation militaire permanente de la bande de Gaza. Mais revenir sur le désengagement de Gaza - la grande idée en 2005 d’Ariel Sharon, Premier ministre de l’époque - supposerait un énorme engagement militaire et financier de la part d’Israël. Il aurait une fois de plus à assumer la responsabilité du bien-être de la population civile locale, et l’armée serait tenue à une surveillance traîtresse des camps surpeuplés de Gaza.

En effet, une invasion de Gaza pour renverser le Hamas serait un renversement de tendance dans la politique israélienne depuis le processus d’Oslo au début des années 90.

C’était le temps où Israël permettait au leader palestinien, Yasser Arafat, qui sortait d’un long exil, de revenir dans les territoires occupés avec son nouveau rôle de chef de l’Autorité palestinienne. Naïvement, Arafat avait supposé qu’il serait le dirigeant d’un gouvernement en attente. En vérité, il est simplement devenu, par contrat, le chef de la sécurité d’Israël.

Arafat a été supporté durant les années 90 parce qu’il faisait peu pour arrêter l’annexion réelle par Israël de vastes parties de la Cisjordanie grâce à l’expansion rapide des colonies de peuplement et l’accroissement de restrictions sévères aux déplacements des Palestiniens. Il avait préféré se concentrer sur le renforcement des forces de sécurité de ses fidèles du Fatah, maîtrisant le Hamas et préparant la naissance d’un Etat qui n’a jamais vu le jour.

Quand la seconde Intifada palestinienne s’est déclanchée, la preuve fut donnée que, pour Israël, Arafat n’avait plus d’utilité. Son Autorité palestinienne fut petit à petit émasculée.

Depuis la mort d’Arafat et le désengagement de Gaza, Israël cherche à consolider la séparation physique de la Bande de Gaza d’avec la très convoitée Cisjordanie. Même si ce n’est pas ce que voulait Israël à l’origine, la prise de pouvoir du Hamas sur Gaza a répondu de façon significative à cet objectif.

Israël est maintenant confronté à deux mouvements nationaux palestiniens. L’un, le Fatah, basé en Cisjordanie et dirigé par un président faible, Mahmoud Abbas, largement discrédité et conciliant. L’autre, le Hamas, basé dans la bande de Gaza, qui a grandi en assurance, prétendant être le véritable gardien de la résistance contre l’occupation.

Incapable d’anéantir le Hamas, Israël est en train actuellement d’examiner la possibilité de vivre avec ce groupe armé à sa porte.

Le Hamas a prouvé qu’il pouvait faire respecter ses règles dans la bande de Gaza, quasiment comme Arafat le faisait autrefois dans les deux territoires occupés. La question en débat au sein du cabinet israélien et dans les bureaux de l’armée est de savoir si, comme Arafat, le Hamas est susceptible de collaborer avec l’occupation. Il a fait la preuve de sa force, mais peut-il être utile à Israël, lui aussi ?

En pratique, cela voudrait dire dompter le Hamas plutôt que de l’étouffer. Israël essaie de faire monter le Fatah en Cisjordanie avec des carottes, et il utilise l’actuel massacre à Gaza comme un gros bâton avec lequel il tape sur le Hamas pour le mater.

L’objectif ultime est une nouvelle trêve qui arrêtera les tirs de roquettes depuis Gaza, comme avec le cessez-le-feu qui vient de se terminer, mais à des conditions encore plus favorables à Israël.

Le blocus sauvage qui a privé la population de Gaza de l’essentiel pendant de nombreux mois a failli dans son objectif. Au lieu de cela, le Hamas a assumé rapidement les tunnels clandestins qui sont devenus une bouée de sauvetage pour les Gazaouis. Les tunnels ont relevé les finances du Hamas, et sa popularité tout autant.

Il n’est donc pas surprenant qu’Israël se soucie peu de toucher la direction du Hamas ou sa branche armée. Au contraire, il a bombardé les tunnels, le coffre au trésor du Hamas, et il a tué un nombre important de policiers ordinaires, les garants de l’ordre public dans la bande de Gaza. Les derniers articles suggèrent qu’Israël programme en ce moment d’étendre ses raids aériens aux organisations de bienfaisance du Hamas, qui sont à la base de sa popularité.

La campagne aérienne s’en tient à la capacité du Hamas à fonctionner efficacement comme dirigeant de Gaza. Elle est en train de saper les bases du pouvoir politique du Hamas. La leçon n’est pas que le Hamas puisse être anéanti militairement, mais qu’il peut être affaibli à l’intérieur des territoires.

Israël espère apparemment persuader la direction du Hamas, comme il l’a fait pour Arafat en son temps, que le mieux pour servir ses intérêts serait de coopérer avec Israël. Le message est : oubliez votre mandat populaire de résistance à l’occupation et concentrez-vous plutôt sur votre maintien au pouvoir, avec notre aide.

Dans le brouillard de la guerre, les évènements peuvent encore s’aggraver et d’une telle manière qu’une vaste invasion terrestre ne puisse être évitée, spécialement si le Hamas poursuit ses tirs de roquette sur Israël. Mais quoi qu’il arrive, Israël et le Hamas sont presque certains à la fin de s’entendre sur un nouveau cessez-le-feu.

La question est de savoir si, ce faisant, le Hamas, comme Arafat avant lui, va perdre de vue sa mission première : obliger Israël à arrêter son occupation. 



Lire l'article original en anglais: The real goal of the slaughter in GazaHamas cannot be defeated, so it must be brought to heel, publié le 2 janvier 2008.
La version anglaise de cet article a également été publié dans 
The National (www.thenational.ae), à Abu Dhabi.

Traduction en français:JPP pour Info-Palestine.

Jonathan Cook
 est auteur et journaliste basé à Nazareth, Israël. Son dernier livre: “Disappearing Palestine: Israel's Experiments in Human Despair” (Zed Books). Son site internet est:  www.jkcook.net.

Jonathan Cook est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Jonathan Cook publiés par Mondialisation.ca

15.01.2009

Perversions sionistes : tourisme de guerre/voyeurisme

Planète non-violence, 15 janvier 2009

Futur Quantique

Note de Futur Quantique : Chaque jour, les massacres commis par l’armée israélienne avec l’assentiment de la majorité de sa population se font plus indicibles. On est saisis d’horreur en voyant les photos, en regardant les vidéos, en lisant les témoignages. Israël, dans son aveuglement, semble déterminer à en finir, et à entraîner le plus de monde possible dans sa chute. Au fond, à qui cette situation profite-t-elle ? En d’autres termes : Cui bono ? (À qui profite le crime ?). À terme, certainement pas à Israël.

Pour apporter un début de réponse, peut-être est-il utile de lire cette analyse perspicace tirée de l’ouvrage de Laura Knight-Jadczyk et Joe Quinn, 11 septembre, l’ultime vérité :

La nation d’Israël, le peuple juif, ont tant souffert et pendant si longtemps qu’ils ne savent tout simplement plus en qui avoir confiance. Sur ce, arrivent des religieux fanatiques – les sionistes – qui font tout leur possible pour attiser les sentiments antisémites, et qui appellent tous leurs frères juifs à s’unir et à se rassembler en Israël – la Terre Promise de leur religion ; un scénario qui s’est déjà produit de nombreuses fois au cours de l’Histoire. Observer cette tendance auto-destructrice est non seulement douloureux, mais laisse aussi un sentiment de désespoir. Ça ne va pas recommencer !
Cela nous attriste, car nous entendons des réactions d’écœurement s’élever d’un peu partout. C’est d’elles que se nourrit le mouvement des brutes néo-nazies ; on l’entend même à la caisse du supermarché. Ce torrent de colère et d’amertume creuse son sillon dans l’inconscient des non-juifs, et ouvrira la voie à un nouvel Hitler. Seulement, cette fois, ce ne sera pas qu’une histoire de conflit entre un Allemand et des forces alliées prêtes à lui faire mordre la poussière. Il poussera à nouveau ce cri hideux, ce cri qui semblera justifié par les actions des juifs eux-mêmes, qui auront marché droit dans le piège. Tous les problèmes seront présentés comme venant des juifs, d’Israël… et il (ou ils) proposeront une solution très simple à ces problèmes : ils feront remarquer que les juifs sont tous rassemblés en un seul lieu (ou du moins, qu’ils sont tous repérables, puisqu’ils appartiennent tous à des clubs ou des synagogues – en effet, ces bons sionistes ont tout fait pour les rassembler au sein du troupeau) ; alors, on pourra ressusciter la « Solution Finale ». Et l’humanité ne se rendra pas compte qu’elle s’est fait avoir.

Depuis le déclenchement de la Guerre d'extermination contre la population Palestinienne de Gaza, le Sionisme s'est férocement "lâché" et montre désormais son vrai visage, celui d'une idéologie coloniale fasciste raciste qui pratique la terreur à grande échelle contre les Palestiniens mais aussi contre les Juifs du monde entier sommés d'apporter leur soutien et de le manifester sans vergogne sur la place publique, incitant ainsi à l'antisémitisme (ce que veulent les Sionistes) ou d'être calomniés et traités comme des pestiférés, car selon cette doctrine sectaire mortifère, sans l' " Etat d'Israël" (Eretz Israël) point de salut pour eux.

Note de Futur Quantique : En effet les sionistes encouragent l'antisémitisme, qui sert leurs objectifs. Lors de la Seconde Guerre mondiale, des sionistes s'entendirent avec les nazis sur la persécution des juifs. Une telle union peut paraître absurde, mais c'est en réalité tout à fait logique, quand on connaît la psychopathie. La grande différence entre les humains n'est pas une différence de "race" ou de religion, mais de conscience : les psychopathes en sont dépourvus. En prédateurs dénués de scrupule et de capacité d'empathie, ils s' "unissent" naturellement pour exploiter et détruire les non-psychopathes – cette société d'êtres humains normaux qui menacent leur règne par le simple fait de leur existence.

En novembre 1947, en plein après-guerre [...], les Nations unies (fondées à la fin de la Seconde Guerre mondiale) votèrent la partition de la Palestine en un État juif et un État arabe. On pourrait aller jusqu’à dire que ce vote fut la conséquence directe des événements de la Seconde Guerre mondiale, et beaucoup suggérèrent que les sionistes avaient été complices du meurtre de millions de juifs dans le but exprès de susciter un sentiment de culpabilité et de compassion à l’égard du peuple juif, afin de le placer dans une position de « droit moral » irréfutable envers la Palestine. À ce propos, le lecteur sera peut-être intéressé par la lecture de l’ouvrage de Lenni Brenner, 51 Documents : Zionist Collaboration with the Nazis [51 documents sur la collaboration des sionistes avec les nazis – NdT], qui contient de nombreux documents historiques prouvant que certains sionistes encouragèrent l’Holocauste juif, afin de justifier l’établissement d’un « foyer national » juif en Palestine. […]
[11 septembre, l’ultime vérité – Laura Knight-Jadczyk et Joe Quinn]

La société sioniste israélienne, intellectuels, universitaires inclus, est agitée par un profond déni de l'odieuse réalité dans laquelle elle a plongé toute la population Palestinienne de Gaza, signe qu'elle est profondemment et dangereusement psychotique.

Qui va enfin oser passer la camisole de force au Sionisme ?

Note de Futur Quantique : Il semble qu’un certain nombre d’Israéliens et de sionistes de par le monde souffrent d'un déni de réalité :

Stanley Cohen décrit le déni comme un « mécanisme de défense inconscient permettant de supporter la culpabilité, l’anxiété et autres émotions perturbantes suscitées par la réalité ». [Le déni peut être délibéré et intentionnel, de même que totalement subconscient. Un individu qui nie délibérément et intentionnellement quelque chose, use, à un niveau individuel, de mensonge, de dissimulation et de tromperie]
Les différents types de déni incluraient :

– Le déni d’objet

– Le déni de sens

– Le déni de conséquences

Ils vont de la pure et simple négation de la réalité de faits constatés, au changement du sens d’une expérience donnée, jusqu’au refus des conséquences morales de la reconnaissance profonde d’une vérité donnée.  [The Wave, Book 2, Laura Knight-Jadczyk]

Déni de réalité inconscient, en ce qui concerne des êtres humains normaux (non psychopathiques) profondément ponérisés (pour reprendre la terminologie de Ponérologie Politique ). Quant aux psychopathes, ils sont parfaitement conscients du mal qu'ils infligent et en jouissent sciemment. Quand on voit que nombre d’Israéliens se réunissent pour assister au massacre d’autres êtres humains, on se croirait revenus aux Jeux du cirque, et quand on met ce fait en relation avec ce passage de 11 septembre, l'ultime vérité, on peut se demander quel pourcentage d'Israéliens ont des gènes psychopathiques :

Dans son ouvrage 51 Documents : Zionist collaboration with the Nazis [51 documents sur la collaboration des sionistes avec les nazis – NdT], Lenni Brenner présente des documents historiques qui démontrent que certains dirigeants sionistes ont pris part à la « sélection » des juifs qui devaient, ou ne devaient pas, aller à la mort durant la Seconde Guerre mondiale. Je formule l’hypothèse que cette manœuvre s’est certainement appuyée sur la « connaissance spéciale » des psychopathes, et leur capacité à reconnaître les autres psychopathes. Aussi, une réduction sélective du « troupeau » des véritables juifs fut-elle un des premiers points à l’ordre du jour, dans le but de créer une « race de maîtres » qui contrôle et dirige la fin de partie du jeu psychopathique actuel. Il semble que cette fin de partie ait requis l’établissement d’une terre juive sur le sol palestinien, ce qui fut par « coïncidence » rendu possible, pour une large part, par l’Holocauste juif, facilité et encouragé par les leaders sionistes psychopathes. Si cette hypothèse correspond un tant soit peu à la réalité – et il y a de bonnes raisons de penser que c’est le cas – alors cela pourrait très bien expliquer la recherche portant sur les prétendues « armes à spécificité ethnique », qui cibleraient tout le monde excepté les psychopathes génétiques.

 

La colline de la honte

Parash Hill (colline Parash), une reserve naturelle située dans le Sud d'Israël, constitue un endroit idéal pour picniquer, entourée de champs verdoyants dans un environnement quasi désertique, et une vue plongeante jusqu'à la Méditérranée. Ces dernères semaines, c'est devenu le point de rendez vous incontournable pour une nation obscédée par les "glorieux" faits de guerre de son idole, l'armée. Parash est actuellement l'endroit de rassemblement des sionistes israéliens qui s'adonnent à l'une de leurs perversions préférées : celle de regarder la machine de guerre ultra moderne des SS - Soldats Sionistes - massacrer des civils palestiniens par centaines.

Ils s'y précipitent, équipés de jumelles, viennent en famille et prennent des photos. Ils justifient les massacres de centaines d'enfants en disant que de toute façon ils seraient devenus des "terroristes". Ils regardent avec une jubilation à peine contenue les massacres perpétrés par une armée super équipée qui, pour la premiere fois dans l'histoire de l'humanité, lance des attaques aériennes massives, des barrages d'artillerie par mer et terre, sur une population civile affamée, enfermée, qui n'a nulle part où aller.

Cette obscession à contempler la violence s'est attirée les critiques de quelques rares compatriotes qui ont surnommé cette colline, la "colline de la honte". Mais la vaste majorité des sionistes israéliens approuvent ce nouveau genre de "tourisme de guerre". La barbarie sioniste est sans limite. Les Nazis aussi contemplaient les massacres de leurs victimes dans les camps d'extermination avec une jubilation perverse.

Sur l'éternelle "victimisation" outil de propagande sioniste pour terroriser les Juifs et, en plus de les terroriser, culpabiliser les Non Juifs :

" Quand donc le mandat de la victimisation expire t-il ? Quand on en est arrivé à une telle situation, le génocide nazi des Juifs d'Europe cesse-t-il d'excuser l'Etat d'Israël pour ne pas respecter le Droit International et la simple humanité ?" Fintan O'Tool, Irish Times

Sur la complicité des mass médias :

" Mon moment préferé, c'est quand j'ai fait remarqué que les journalistes devraient être du côté de ceux qui souffrent. Si on faisait un reportage sur le commerce des esclaves au XVIIIème siècle, j'ai dit, nous ne donnerions pas le même temps de parole au capitaine du navire transportant les esclaves dans nos articles. Si nous couvrions la libération d'un camp de concentration nazi, nous ne donnerions pas le même temps de parole au porte parole des SS...." Robert Fisk, correspondant du quotidien britannique "The Independent" au Moyen Orient, lors d'une conference. Il s'est cependant ensuite bien vite défendu de vouloir faire la comparaison Sionisme Nazisme. Son courage a des limites Il a lui même été témoin au Liban de ce dont étaient capables les Sionistes, notamment à Sabra et Chatila. Lors des massacres de Sabra et Chatila, ils avaient utilisé des supplétifs de la Phalange Chrétienne. A Gaza, ils ont décidé de faire le sale boulot eux mêmes grâce aux moyens high tech dont leur armée dispose. Trancher les gorges ou eventrer les femmes enceintes à la baillonnette ou au couteau c'est répugnant, c'est plus propre de le faire avec des missiles DIME. A deux mètres les victimes sont litteralement coupées en deux, à dix mètres elles ont un membre sectionné.

C'est clean non ! Enfin pour ceux qui exécutent leurs missions dissimulés lâchement dans le cokpit de leurs avions et qui resentent en larguant leurs missiles juste un petit "tressautement".

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