13.01.2009

Libérer les Palestiniens des mensonges de Bernard-Henri Lévy

Voici un exemple édifiant de propagande à la Hasbara institutionnalisée : l'intervention de l'éternel bouffon sioniste, qui, comme d'habitude, a encore raté une occasion de se taire. Face à BHL, une seule réaction possible : "entartons, entartons le pompeux cornichon !"

A la limite, la dernière nullité qu'il vient de nous pondre, truffée de mensonges directement copiés-collés dans les médias sionisés, pourra vous être utile pour repérer toute tentative de diversion sioniste sur les blogs et les sites. Nos amis de la brigade hasbara sont bien occupés ces temps-ci !

samedi 10 janvier 2009, par Alain Gresh

Les blogs du Diplo

Il manquait encore sa voix dans le débat. Il vient enfin de s’exprimer dans un texte exemplaire paru dans Le Point, « Libérer les Palestiniens du Hamas ». Exemplaire ? oui, car, comme celui d’André Glucksmann, il résume tous les mensonges, toute la mauvaise foi de ceux qui pensent que, au-delà de telle ou telle erreur, la politique d’Israël doit être défendue contre ses ennemis, contre les barbares qui menacent de le submerger. Ce bloc-note mérite donc une analyse de texte détaillée (je mets en gras les citations de BHL).

« N’étant pas un expert militaire, je m’abstiendrai de juger si les bombardements israéliens sur Gaza auraient pu être mieux ciblés, moins intenses. »

Etrange argument. Il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste militaire pour savoir si des actions violent ou non le droit international : un philosophe pourrait faire l’affaire... Car les déclarations confirmant ce viol sont multiples.

« N’ayant, depuis des décennies, jamais pu me résoudre à distinguer entre bons et mauvais morts ou, comme disait Camus, entre “victimes suspectes” et “bourreaux privilégiés”, je suis évidemment bouleversé, moi aussi, par les images d’enfants palestiniens tués. »

« Cela étant dit, et compte tenu du vent de folie qui semble, une fois de plus, comme toujours quand il s’agit d’Israël, s’emparer de certains médias, je voudrais rappeler quelques faits. »

Bien sûr, personne, ne peut accepter la mort d’un enfant, où qu’il soit, mais admirez le « cela étant dit »... qui laisse supposer que cette mort s’explique par le contexte.

« 1. Aucun gouvernement au monde, aucun autre pays que cet Israël vilipendé, traîné dans la boue, diabolisé, ne tolérerait de voir des milliers d’obus tomber, pendant des années, sur ses villes : le plus remarquable dans l’affaire, le vrai sujet d’étonnement, ce n’est pas la “brutalité” d’Israël — c’est, à la lettre, sa longue retenue. »

Il suffit de comparer le nombre de morts palestiniens et israéliens (avant les combats actuels) pour mesurer la « longue retenue ». En réalité, les bombardements sur Gaza n’ont jamais cessé, sinon pendant le cessez-le-feu signé le 19 juin 2008. Et que dire de la « longue retenue » des Palestiniens qui vivent sous occupation depuis 40 ans... Car, il faut le rappeler, l’origine de la résistance ce n’est ni le Fatah, ni l’OLP ni le Hamas, mais l’occupation, qui suscite toujours la résistance.

« 2. Le fait que les Qassam du Hamas et, maintenant, ses missiles Grad aient fait si peu de morts ne prouve pas qu’ils soient artisanaux, inoffensifs, etc., mais que les Israéliens se protègent, qu’ils vivent terrés dans les caves de leurs immeubles, aux abris : une existence de cauchemar, en sursis, au son des sirènes et des explosions — je suis allé à Sdérot, je sais. »

Bernard-Henri Lévy est allé à Sdérot (alors qu’en Géorgie, il a pu écrire des affabulations sur des lieux où il ne s’était jamais rendu), on n’en doute pas. Mais est-il jamais allé à Gaza ? A-t-il vu dans quelles conditions vivent les Palestiniens, depuis des dizaines d’années ? Interviewée par la télévision, une habitante de Gaza, à qui l’on demandait si elle rendait le Hamas responsable de ce qu’elle subissait, répondait en substance : il y avait des bombardements avant l’arrivée du Hamas et il y en aura après ; tout cela n’est que prétexte.

« 3. Le fait que les obus israéliens fassent, à l’inverse, tant de victimes ne signifie pas, comme le braillaient les manifestants de ce week-end, qu’Israël se livre à un “massacre” délibéré, mais que les dirigeants de Gaza ont choisi l’attitude inverse et exposent leurs populations : vieille tactique du “bouclier humain” qui fait que le Hamas, comme le Hezbollah il y a deux ans, installe ses centres de commandement, ses stocks d’armes, ses bunkers, dans les sous-sols d’immeubles, d’hôpitaux, d’écoles, de mosquées-efficace mais répugnant. »

Ce qui est répugnant, c’est la disproportion des forces. Comme le dit le philosophe (un vrai, celui-là) Michael Walzer, que j’ai déjà cité« le tir au pigeon n’est pas un combat entre combattants. Lorsque le monde se trouve irrémédiablement divisé entre ceux qui lancent les bombes et ceux qui les reçoivent, la situation devient moralement problématique ».

Quant au fait que les combattants du Hamas se terrent dans les écoles ou les mosquées, il s’agit souvent de pure propagande, comme le prouve l’exemple de l’école de l’Unrwa bombardée par l’armée israélienne. Chaque fois que des observateurs neutres ont pu se rendre sur place, ils ont constaté que les allégations israéliennes étaient mensongères. On comprend que le gouvernement israélien refuse l’entrée du territoire aux journalistes étrangers.

D’autre part, rappelons que Gaza est un tout petit territoire, avec la plus forte densité de population au monde. Où sont censés s’installer les combattants ? Doivent-ils aller au-devant des troupes israéliennes pour servir de cible ? Qui pourrait reprocher aux insurgés parisiens de 1848 ou de 1870 d’avoir construit des barricades dans les rues de la capitale ? Et je rajoute, comme le fait dans un magnifique texte daté du 10 janvier, le militant pacifiste israélien Uri Avnery,« How many divisions? »

« Il y a soixante-dix ans, durant la seconde guerre mondiale, un crime haineux a été commis dans la ville de Leningrad. Durant plus d’un millier de jours, un gang d’extrémistes appelé "l’armée rouge" a tenu en otage des millions d’habitants de la ville, et provoqué des représailles de la Wehrmacht allemand en se cachant au milieu de la population. Les Allemands n’avaient pas d’autre choix que de bombarder la population et d’imposer un blocus total provoquant la mort de centaines de milliers de personnes. (…) Voilà ce qu’on aurait pu lire dans les livres d’histoire si les Allemands avaient gagné la guerre. »

« 4. Entre l’attitude des uns et celle des autres il y a, quoi qu’il en soit, une différence capitale et que n’ont pas le droit d’ignorer ceux qui veulent se faire une idée juste, et de la tragédie, et des moyens d’y mettre fin : les Palestiniens tirent sur des villes, autrement dit sur des civils (ce qui, en droit international, s’appelle un “crime de guerre”) ; les Israéliens ciblent des objectifs militaires et font, sans les viser, de terribles dégâts civils (ce qui, dans la langue de la guerre, porte un nom — “dommage collatéral” — qui, même s’il est hideux, renvoie à une vraie dissymétrie stratégique et morale). »

Dissymétrie stratégique ? Incontestablement. Un dirigeant du FLN algérien Larbi Ben M’hidi, arrêté durant la bataille d’Alger en 1957 (puis assassiné), et à qui des journalistes français reprochaient d’avoir posé des bombes dans des cafés, répondait : « Donnez-moi vos Mystère, je vous donnerai mes bombes ». Si placer des bombes dans un café est condamnable, que faut-il dire des bombes larguées d’un avion sur des populations civiles ?

Dissymétrie morale ? Les punitions collectives infligées depuis des années à Gaza sont, selon Richard Falk, envoyé des Nations unies dans les territoires palestiniens, « un crime contre l’humanité ». Que dire alors de ce qui se passe depuis...

Parlant de ses négociations avec le gouvernement sud-africain et de ses demandes d’arrêter la violence, Nelson Mandela écrit : « Je répondais que l’Etat était responsable de la violence et que c’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense. » (Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté, Livre de Poche, p. 647)

« 5. Puisqu’il faut mettre les points sur les i, on rappellera encore un fait dont la presse française s’est étrangement peu fait l’écho et dont je ne connais pourtant aucun précédent, dans aucune autre guerre, de la part d’aucune autre armée : les unités de Tsahal ont, pendant l’offensive aérienne, systématiquement téléphoné (la presse anglo-saxonne parle de 100 000 appels) aux Gazaouis vivant aux abords d’une cible militaire pour les inviter à évacuer les lieux ; que cela ne change rien au désespoir des familles, aux vies brisées, au carnage, c’est évident ; mais que les choses se passent ainsi n’est pas, pour autant, un détail totalement privé de sens. »

Ce que notre « philosophe » oublie, c’est qu’Israël, qui appelle les gens à quitter leur maison, ne les laisse pas vraiment aller ailleurs. Le Haut-commissaire pour les réfugiés remarquait que c’était le seul conflit du monde où on interdisait aux populations civiles de quitter leur territoire. Et ceux qui se réfugient dans des lieux soi-disant sûrs sont victimes des bombardements, comme les 40 civils tués dans une école de l’Unrwa. On peut noter que, selon Chris Gunness, le porte-parole de l’Unrwa, l’armée israélienne a reconnu qu’aucun tir n’était venu de cette école.

Un indice, parmi tant d’autres, du comportement de l’armée israélienne est donné par le CICR, qui fait, en général, preuve d’une grande réserve.

« Dans l’après-midi du 7 janvier, quatre ambulances du Croissant-Rouge palestinien et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont réussi à obtenir pour la première fois l’accès à plusieurs maisons touchées par les bombardements israéliens dans le quartier de Zeitoun, à Gaza. »

« Le CICR avait demandé depuis le 3 janvier que les ambulances puissent accéder à ce quartier en toute sécurité, mais il n’a obtenu l’autorisation des Forces de défense israéliennes que l’après-midi du 7 janvier.Dans une des maisons, l’équipe du CICR et du Croissant-Rouge palestinien a découvert quatre petits enfants à côté de leurs mères respectives, mortes. Ils étaient trop faibles pour se lever tout seuls. Un homme a également été trouvé en vie, trop faible pour se mettre debout. Au total, au moins 12 corps gisaient sur des matelas. »

« Dans une autre maison, l’équipe de secours du CICR et du Croissant-Rouge palestinien a découvert 15 survivants de l’attaque, dont plusieurs blessés. Dans une troisième maison, l’équipe a trouvé trois autres corps. Des soldats israéliens occupant un poste militaire à 80 mètres de cette maison ont ordonné à l’équipe de secours de quitter la zone, ce qu’elle a refusé de faire. Plusieurs autres postes des Forces de défense israéliennes se trouvaient à proximité, ainsi que deux tanks. »

« “Cet incident est choquant, a déclaré Pierre Wettach, chef de la délégation du CICR pour Israël et les territoires palestiniens occupés. Les militaires israéliens devaient être au courant de la situation, mais ils n’ont pas porté secours aux blessés. Ils n’ont pas non plus fait en sorte que le CICR ou le Croissant-Rouge palestinien puissent leur venir en aide.” »

(...)

« Le CICR a été informé que davantage de blessés avaient trouvé refuge dans d’autres maisons détruites du quartier. Il demande à l’armée israélienne de lui permettre immédiatement, ainsi qu’aux ambulances du Croissant-Rouge palestinien, d’accéder en toute sécurité à ces maisons et de chercher d’autres blessés. Les autorités israéliennes n’ont toujours pas confirmé au CICR qu’elles lui autoriseraient l’accès. »

« Le CICR estime que dans le cas présent, l’armée israélienne n’a pas respecté son obligation de prendre en charge les blessés et de les évacuer, comme le prescrit le droit international humanitaire. Il juge inacceptable le retard avec lequel l’accès a été donné aux services de secours. »

On pourra aussi regarder le témoignage bouleversant d’un médecin norvégien, Mads Gilbert, pris sous les bombes. Lire aussi le décryptage en français : « C’est une guerre totale contre la population civile palestinienne ».

« 6. Et quant au fameux blocus intégral, enfin, imposé à un peuple affamé, manquant de tout et précipité dans une crise humanitaire sans précédent (sic), ce n’est, là non plus, factuellement pas exact : les convois humanitaires n’ont jamais cessé de passer, jusqu’au début de l’offensive terrestre, au point de passage Kerem Shalom ; pour la seule journée du 2 janvier, ce sont 90 camions de vivres et de médicaments qui ont pu, selon le New York Times, entrer dans le territoire ; et je n’évoque que pour mémoire (car cela va sans dire-encore que, à lire et écouter certains, cela aille peut-être mieux en le disant...) le fait que les hôpitaux israéliens continuent, à l’heure où j’écris, de recevoir et de soigner, tous les jours, des blessés palestiniens. »

Ce qui est difficile, quand on est philosophe, c’est de se renseigner et de descendre du ciel abstrait des idées pour s’intéresser au concret. Le nombre de camions qu’il indique est absolument dérisoire quand on connaît les besoins de Gaza. Normalement, il transite 500 camions par jour pour nourrir la population ; le blocus israélien ayant commencé dès le 5 novembre (après qu’Israël eut rompu la trêve en intervenant directement à Gaza), il n’est passé que 23 camions au cours du mois de novembre. Et ce blocus s’est intensifié avant les combats : la population était affamée et les hôpitaux sous-équipés. Que quelques dizaines de camions aient pu passer après, grâce à quelques déclarations fortes des Nations unies, ne change pas la situation.

« Très vite, espérons-le, les combats cesseront. Et très vite, espérons-le aussi, les commentateurs reprendront leurs esprits. Ils découvriront, ce jour-là, qu’Israël a commis bien des erreurs au fil des années (occasions manquées, long déni de la revendication nationale palestinienne, unilatéralisme), mais que les pires ennemis des Palestiniens sont ces dirigeants extrémistes qui n’ont jamais voulu de la paix, jamais voulu d’un Etat et n’ont jamais conçu d’autre état pour leur peuple que celui d’instrument et d’otage (sinistre image de Khaled Mechaal qui, le samedi 27 décembre, alors que se précisait l’imminence de la riposte israélienne tant désirée, ne savait qu’exhorter sa “nation” à “offrir le sang d’autres martyrs” — et ce depuis son confortable exil, sa planque, de Damas...). »

Rappelons, encore une fois, que c’est l’armée israélienne qui, dans la nuit du 4 au 5 novembre, a violé le cessez-le-feu par une incursion qui a provoqué la mort de quatre Palestiniens. Et que, d’autre part, Israël n’a jamais respecté une des clauses de l’accord qui était l’ouverture des points de passage entre Israël et Gaza, contribuant ainsi à affamer la population.

Mais, surtout, qu’est-ce qui empêche la signature de la paix ? Rappelons que, pendant plusieurs années, les dirigeants israéliens ont affirmé que le seul obstacle à un accord était Yasser Arafat. Après sa mort, Mahmoud Abbas (Abou Mazen) a été élu. Il a été salué en Israël, aux Etats-Unis et en Europe comme un dirigeant modéré. Cela fait quatre ans qu’il est président, cela fait quatre ans qu’il négocie au nom de l’Autorité palestinienne avec le gouvernement israélien. Le Hamas n’était pas partie prenante de ces négociations, et pourtant elles ont échoué, parce qu’Israël refuse l’application des résolutions des Nations unies, le retrait des territoires occupés en 1967. Tous les Etats arabes ont accepté l’initiative de paix du roi Abdallah proposant l’échange de la paix contre les territoires, et Israël a encore refusé...

« Aujourd’hui, de deux choses l’une. Ou bien les Frères musulmans de Gaza rétablissent la trêve qu’ils ont rompue et, dans la foulée, déclarent caduque une charte fondée sur le pur refus de l’“entité sioniste” : ils rejoindront ce vaste parti du compromis qui ne cesse, Dieu soit loué, de progresser dans la région-et la paix se fera. Ou bien ils s’obstinent à ne voir dans la souffrance des leurs qu’un bon carburant pour leurs passions recuites, leur haine folle, nihiliste, sans mots-et c’est non seulement Israël, mais les Palestiniens, qu’il faudra libérer de la sombre emprise du Hamas. »

Comment faut-il les libérer ? Rappelons que la majorité des Palestiniens a voté pour le Hamas dans des élections libres suscitées par les Etats-Unis et l’Union européenne. Ils ont voté pour protester contre l’incurie de l’OLP et contre l’échec du processus d’Oslo que le Fatah avait prôné. Au nom de « nos valeurs », nous avons refusé le verdict des urnes... Le peuple vote mal, changeons-le. Ou plutôt, imposons-lui une bonne dictature ou une bonne occupation qui le civilisera. C’était le raisonnement des Soviétiques quand ils sont intervenus en Afghanistan en décembre 1979, et que Georges Marchais évoquait « le droit de cuissage ». Faut-il s’étonner que Philippe Val, dans son éditorial de Charlie Hebdo, « Gaza : la colombe, le faucon et le vrai con », évoque cette invasion : « Les Soviétiques eux-mêmes, en 1979, avaient senti le danger (l’islamisme), et, à tort ou à raison (sic), avaient envahi l’Afghanistan. »Voici revenu le temps du colonialisme : nous allons civiliser tous ces indigènes qui acceptent le droit de cuissage, la polygamie, le voile, etc., et les libérer de la sombre emprise des intégristes.

Israël a exécuté des prisonniers, selon le député israélien Jamal Zahalka

Vendredi 9 janvier 2009, dabio.net (édité par Futur Quantique)

Extrait :

Des informations très graves faisant état des exécutions extrajudiciaires des prisonniers palestiniens.

L’information a été révélée par un député arabe israélien Jamal Zahalka. Selon le député, « des prisonniers palestiniens auraient été exécutés par l’armée israélienne ». Intervenant de la ville de Nassirya, en Israël, le député arabe israélien n’a pas hésité à donner le nom d’une des personnes sommairement exécutée qui s’appelle Samir Rachid Mahamat, exécuté à Jabalaya. Des femmes ayant reçu l’ordre de se rendre, auraient été exécutées et leurs corps gisaient jusqu’à hier, selon le député arabe israélien.  Difficile de croire qu'un pays comme Israël puisse commettre des exécutions aussi graves ! [Note de P&P : hélas non, il n'est pas difficile de "croire" une telle chose : il n'y a qu'à constater chaque jour les massacres et les horreurs commis par Israël, et ce depuis la création de cette pathocratie en 1948] Le député Jamal Zahalka a reconnu avoir envoyé en urgence une lettre au Ministre de la défense Ehoud Barak et à la Croix rouge demandant une enquête sur des rapports selon lesquels les forces de Tsahal auraient tué des prisonniers de guerre palestiniens à Gaza. 

Plus de détails dans cet article (en anglais)

Combien de divisions ?

Uri Avnery, écrivain et journaliste israélien
Dimanche 11 janvier 2009, France Palestine

IL Y A PRÈS de soixante dix ans, au cours de la Seconde guerre mondiale, un crime odieux fut commis dans la ville de Léningrad. Pendant plus de mille jours, une bande d’extrémistes appelée "l’Armée rouge" ont pris les millions d’habitants de la ville en otage et provoqué les représailles de la Wehrmacht allemande dans les centres de population à l’intérieur de la ville. Les Allemands n’ont eu d’autre alternative que de bombarder la population et d’imposer un total blocus qui a causé la mort de centaines de milliers de personnes.

Quelque temps avant cela, un crime semblable avait été commis en Angleterre. La bande à Churchill se cachait dans la population londonnienne, utilisant les millions de citoyens comme boucliers humains. Les Allemands ont été obligés d’envoyer leur Luftwaffe et de réduire la ville en ruines. Ils ont appelé cela le Blitz.

C’est la description qui serait faite dans les livres d’histoire aujourd’hui – si les Allemands avaient gagné la guerre.

Absurde ? Pas plus que les descriptions quotidiennes dans nos médias, qui répètent ad nauseam : Les terroristes du Hamas utilisent les habitants de Gaza comme "otages" et exploitent les femmes et les enfants comme "boucliers humains", ils ne nous laissent aucune alternative que de procéder à des bombardements massifs, dans lesquels, à notre grand regret, des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes désarmés sont tués et blessés.

DANS CETTE GUERRE, comme dans toute guerre moderne, la propagande joue un rôle majeur. La disparité entre les forces, entre l’armée israélienne – avec ses avions, ses hélicoptères de combat, ses drones, ses navires de guerre, son artillerie et ses tanks – et les quelques milliers de combattants du Hamas légèrement armés, est peut-être de un à un million. Sur le plan politique, le fossé entre eux est encore plus grand. Mais en termes de propagande de guerre, le fossé est presque infini.

Presque tous les médias occidentaux ont au début répété la ligne de propagande officielle israélienne. Ils ont presque entièrement ignoré la version palestinienne de l’histoire, et n’ont fait aucune mention des manifestations quotidiennes du camp de la paix israélien. La raison avancée par le gouvernement israélien ("l’Etat doit défendre les citoyens contre les roquettes Qassam") a été acceptée comme la pure vérité. L’autre version, selon laquelle les lancements de Qassam sont des représailles pour le siège qui affame le million et demi d’habitants de la bande de Gaza, n’a pas du tout été mentionnée.

C’est seulement quand les horribles scènes venant de Gaza ont commencé à être montrées sur les écrans des télévisions occidentales, que l’opinion publique mondiale a commencé à changer.

Certes, les chaînes occidentales et israéliennes n’ont montré qu’une toute petite partie des événements meurtriers qui apparaissent 24 heures sur 24 chaque jour sur la chaîne arabe Al Jazira, mais une photo d’un enfant mort dans les bras de son père terrifié est plus forte qu’un millier de phrases bien structurées du porte-parole de l’armée israélienne. Et c’est ce qui est décisif à la fin.

La guerre, toute guerre, est le royaume des mensonges. Si on en appelle à la propagande ou à la guerre psychologique, tout le monde accepte l’idée qu’on a le droit de mentir pour son pays. Celui qui dit la vérité prend le risque d’être traité de traître.

L’ennui est que c’est pour celui qui la porte lui-même que cette propagande est la plus convaincante . Et après, vous vous convainquez qu’un mensonge est la vérité, vous falsifiez la réalité, et vous ne pouvez plus prendre de décisions rationnelles.

Un exemple de ce processus entoure l’atrocité la plus choquante de cette guerre : le bombardement de l’école de l’ONU Fakhura dans le camp de réfugiés de Jabaliya.

Dès après que l’événement a commencé à être connu dans le monde, l’armée a "révélé" que des combattants du Hamas avaient tiré des obus de mortier depuis l’entrée de l’école. Pour preuve, ils ont fourni une photo aérienne qui montrait en effet l’école et le mortier. Mais peu de temps après, le menteur officiel de l’armée admettait que la photo datait de plus d’un an. En bref : une falsification.

Par la suite, le menteur officiel a déclaré que "nos soldats étaient ciblés de l’intérieur de l’école". Il fallut à peine un jour pour que l’armée soit obligée d’admettre vis-à-vis d’un agent de l’ONU que c’était un mensonge aussi. Personne n’a tiré de l’intérieur de l’école, et aucun combattant du Hamas ne se trouvait dans l’école, qui était pleine de réfugiés terrifiés.

Mais cette reconnaissance n’avait plus vraiment d’impact. Entre temps, les Israéliens avaient été complètement convaincus qu’"ils tiraient de l’intérieur de l’école", et les présentateurs de télévision avaient annoncé cela comme un fait.

Il en va de même pour les autres atrocités. Chaque bébé est transformé, en mourrant, en terroriste du Hamas. Chaque mosquée bombardée devient instantanément une base du Hamas, chaque immeuble d’habitation une cache d’armes, chaque école un poste de commande terroriste, chaque bâtiment du gouvernement civil un "symbole de l’administration Hamas". Ainsi l’armée israélienne garde sa pureté et reste "l’armée la plus morale du monde".

LA VÉRITÉ est que les atrocités sont le résultat direct du plan de guerre. Il reflète la personnalité d’Ehoud Barak – dont le mode de pensée et les actions sont ce que l’on appelle "alinéation morale", un trouble sociopathe.

L’objectif réel (A part gagner des sièges aux prochaines élections) est de mettre fin au gouvernement Hamas dans la bande de Gaza. Dans l’imagination de ses concepteurs, Hamas est un envahisseur qui a pris le contrôle d’un pays étranger. La réalité est bien sûr toute autre.

Le mouvement Hamas a obtenu la majorité dans des élections éminemment démocratiques qui ont eu lieu en Cisjordanie, à Jérusalem-est et dans la bande de Gaza. Il a gagné parce que les Palestiniens étaient arrivés à la conclusion que l’approche pacifique du Fatah n’avait rien obtenu d’Israël – ni gel de la colonisation, ni libération des prisonniers, ni aucun pas en direction de la fin de l’occupation et de la création d’un Etat palestinien. Le Hamas est profondément enraciné dans la population – pas seulement comme mouvement de résistance qui lutte contre l’occupant étranger, comme l’Irgun et le groupe Stern dans le passé – mais aussi comme organisation politique et religieuse qui fournit des services dans les domaines social, éducationnel et médical.

Pour la population, les combattants du Hamas ne sont pas un corps étranger, mais les fils des familles de la bande de Gaza et d’autres régions de Palestine. Ils ne "se cachent pas derrière la population", la population ne les considère que comme ses défenseurs.

Donc, toute l’opération est basée sur de fausse hypothèses. Transformer sa vie en enfer ne conduit pas la population à se soulever contre le Hamas, mais au contraire, à l’unir derrière le Hamas et à renforcer sa détermination à ne pas se rendre. La population de Léningrad ne s’est pas dressée contre Staline, pas plus que les Londoniens ne se sont retournés contre Churchill.

Celui qui donne l’ordre d’une telle guerre avec de telles méthodes dans un territoire si densément peuplé sait qu’il causera des massacres de civils. Apparemment cela ne l’a pas troublé. Ou il a cru qu’"ils changeront de voie" et que "cela engourdira leur conscience" de sorte qu’à l’avenir ils n’oseront plus résister à Israël.

Une autre priorité pour les donneurs d’ordre de la guerre était de réduire au maximum les victimes parmi les soldats, sachant que l’état d’esprit d’une large partie de l’opinion pro-guerre changerait s’il y avait de telles victimes. C’est ce qui est arrivé dans la première et la seconde guerres du Liban.

Cette considération joue un rôle particulièrement important parce que toute la guerre fait partie de la campagne électorale. Ehoud Barak, qui a remonté dans les sondages dans les premiers jours de la guerre, savait que son score chuterait si des images de soldats morts défilaient sur les écrans de TV.

Donc une nouvelle doctrine a été utilisée : pour éviter les pertes parmi nos soldats, tout détruire sur leur passage. Les auteurs de cette idée n’étaient plus seulement prêts à tuer 80 Palestiniens pour sauver un soldat israélien, come c’était le cas, mais 800. L’économie de victimes de notre côté est le commandement premier, qui cause un record du nombre des victimes civiles de l’autre côté.

Cela signifie le choix conscient d’une sorte de guerre particulièrement cruelle – et c’est son talon d’Achille.

Un homme sans imagination, comme Barak (son slogan électoral : "Pas un brave type, mais un leader") ne peut pas imaginer comment les braves gens à travers le monde réagissent aux actions comme l’assassinat de familles entières, la destruction de maisons sur la tête de leurs habitants, les cortèges de garçons et de filles dans leur linceul blanc prêts à être inhumés, les reportages sur les gens qui trouvent la mort au bout de plusieurs jours parce que les ambulances n’ont pas pu arriver à temps, l’assassinat de médecins et d’infirmiers en route pour sauver des vies, l’assassinat de chauffeurs de l’ONU apportant de la nourriture. Les images des hôpitaux, avec la mort, les morts et les blessés étendus ensemble sur le sol par manque de place, ont choqué le monde. Aucun argument n’est assez fort après l’image d’une petite fille blessée gisant sur le sol, se tordant de douleur en criant "Maman ! Maman !"

Les commanditaires de la guerre ont pensé qu’ils arrêteraient la diffusion de ces images en empêchant la couverture de la presse. Les journalistes israéliens, pour notre honte, ont accepté de se contenter des reportages et photos fournis par le porte parole de l’armée, comme si c’était des informations authentiques, alors qu’eux-mêmes restent à des kilomètres du théâtre des événements. D’autre part, les journalistes étrangers n’étaient pas autorisés, jusqu’à ce qu’ils protestent et soient pris, pour des tours rapides dans des groupes sélectionnés et contrôlés. Mais, dans une guerre moderne, un tel point de vue stérile fabriqué ne peut pas complètement exclure les autres – les cameras sont à l’intérieur de la bande de Gaza, au centre du brasier, et ne peuvent pas être contrôlées. Al Jazira diffuse les images au fil des heures et entre dans toutes les maisons.

LA BATAILLE pour l’écran de télévision est une des batailles décisives de la guerre.

Des centaines de millions d’Arabes, de la Mauritanie à l’Irak, plus d’un milliard de musulmans du Nigéria à l’Indonésie voient les images et sont horrifiés. Ceci a un fort impact sur la guerre. Beaucoup de téléspectateurs considèrent les dirigeants d’Egypte, de Jordanie et de l’Autorité palestinienne comme des collaborateurs d’Israël qui commet ces atrocités contre leurs frères palestiniens.

Les services de sécurité des régimes arabes enregistrent une dangereuse tendance parmi les peuples. Hosni Moubarak, le dirigeant arabe le plus exposé parce qu’il est près du passage de Rafah face aux réfugiés terrifiés, a commencé à faire pression sur les décisionnaires de Washington, qui jusqu’à présent ont bloqué tout appel au cessez-le-feu. Ceux-ci commencent à comprendre la menace pour les intérêts vitaux américains dans le monde arabe et ont soudain changé d’attitude. – ce qui a causé la consternation parmi les diplomates israéliens.

Les gens qui sont en état d’aliénation morale ne peuvent pas comprendre les motivations des gens normaux et deviner leur réactions. "Combien de divisions a le Pape" ironisa Staline. "Combien de division ont les gens de conscience ?" pourra demander Ehoud Barak.

Comme c’est en train d’advenir, ils en ont. Pas nombreuses. Pas très rapides de réaction. Pas très fortes et organisées. Mais, à un certain moment, quand les atrocités dépassent les bornes, et que les masses de protestataires se regroupent, cela peut décider d’une guerre.

L’ERREUR de compréhension de la nature du Hamas a conduit à une erreur d’appréciation des résultats. Non seulement Israël est incapable de gagner la guerre, mais Hamas ne peut pas la perdre.

Même si l’armée israélienne parvient à tuer tous les combattants du Hamas jusqu’au dernier, le Hamas gagnerait. Les combattants du Hamas seraient considérés comme les parangons de la nation arabe, les héros du peuple palestinien, les modèles pour l’émulation de tous les jeunes du monde arabe. La Cisjordanie tomberait dans les mains du Hamas comme un fruit mûr, le Fatah disparaîtrait dans un océan d’oubli, les régimes arabes seraient menacés d’effondrement.

Si la guerre prend fin avec le Hamas encore debout, meurtri mais invaincu, face à la puissante machine militaire israélienne, elle ressemblera à une fantastique victoire, une victoire de l’esprit sur la matière.

Ce qui restera dans la conscience du monde sera l’image d’Israël comme un monstre tâché de sang, prêt à tout moment à commette des crimes de guerre et pas prêt à accepter la moindre contrainte morale. Ceci aura de graves conséquences pour notre avenir à long terme, notre place dans le monde, notre chance de parvenir à la paix et à la tranquillité.

Au final, cette guerre est un crime contre nous-mêmes aussi, un crime contre l’Etat d’Israël.

Article écrit en hébreu et en anglais le 10 janvier 2009, publié le 11 sur le site de Gush Shalom – Traduit de l’anglais "How Many Divisions ?"

L'image du jour

 

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Folie guerrière

Camillo ‘Mac’ Bica

Truthout (commentaire Sott.net)

Mercredi 24 décembre 2008

Je me suis toujours considéré comme un libre penseur, un philosophe errant sans prétention, à la recherche d’un mode de vie différent, plus sensé. Toutefois, les autres perçoivent ma différence, ma « quête spirituelle » comme quelque chose d’anormal, comme une preuve évidente de ma folie. Peut-être devrais-je faire une pause et réévaluer ma situation. Après tout, on n’admet pas aisément que l’on est fou. J’imagine que cela fait partie de la folie que d’entretenir une façade de salubrité mentale, de se considérer comme normal et de considérer tous les autres comme fous.

Toutefois, une chose dont je suis certain, c’est que je n’ai pas toujours été fou. Je ne suis pas né fou. Je pense que la folie m’a contaminé ; cela s’est produit au Viêt-Nam, pendant la guerre. C’est un effet de la guerre, voyez-vous, la guerre mène les gens à la folie. Névrose de guerre, obusite, syndrome de da Costa, syndrome de stress post-traumatique. Tous ces meurtres et ces morts peuvent rendre fou n’importe qui.

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© Crystal Green

Certains – à les entendre – survivent très bien à la guerre. Nombreux sont ceux qui tirent même profit de ses « vertus ». Mais les effets de la guerre ne sont pas toujours apparents. Personne ne ressort de la guerre sans cicatrice au corps et à l’âme. Chaque guerre, toute guerre, n’importe quelle guerre. Il n'y a aucune vertu dans la guerre.

Je pense que parmi ceux que la guerre n’a pas rendu fous, bon nombre étaient déjà fous avant. Mais leur folie était d’une nature différente, plus agressive, plus froide. J’ai connu des gens comme ça. On ne peut pas dire que je les appréciais. Cependant, je les trouvais chanceux de ne rien éprouver face aux meurtres et à la mort. En fait, leur perversité faisait qu’ils aimaient ça, ils prenaient plaisir à ces activités, à l’excitation, au pouvoir. Ils devenaient anges vengeurs, à l'égal des dieux, ayant droit de vie et de mort, mais surtout de mort. Ces malades détestaient voir la guerre toucher à sa fin. Pour moi, la guerre n’a pas de fin.

Pourtant, les événements s’arrangent parfois pour le mieux, puisque ma différence, ma folie m’ont probablement sauvé la vie. Voyez-vous, les personnes normales, et même certains fous, ne peuvent vivre dans de telles conditions, dans une guerre sans fin. J’imagine que j’ai eu de la chance. Parfois, la folie vous aide à supporter la situation. Parfois, j’aimerais être encore plus fou que je ne le suis déjà.

Une profonde introspection a révélé les causes de ma différence, la nature de ma folie. Il s’agit d’une cruelle sagesse permettant – ou, mieux, imposant – une vision objective. J’ai vu l’horreur de la guerre, sa futilité, tout ce gâchis. J’ai enduré l’hypocrisie et l’arrogance des personnes influentes et des nantis, et j’ai toléré l’ignorance et l’étroitesse d’esprit des soumis et des suiveurs. Les partisans malsains de la guerre, qui affichent et prêchent leur patriotisme avec des autocollants ostentatoires à l’arrière de leur voiture, avec des mots qui ne sont pas suivis d’actes, contaminés par l’hystérie de la guerre, mais loin d’elle, bien à l’abri. Ils prétendent reconnaître nos sacrifices, tandis qu’ils applaudissent le massacre en cours, acceptant par leurs mots, leurs actes ou leur passivité d’envoyer d’autres hommes et femmes au combat pour qu’ils y meurent, y soient mutilés, y deviennent fous.

Et lorsqu’ils ne tirent plus profit du carnage, leur ruban jaune patriotique et leur compassion superficielle s’évanouissent rapidement, remplacés par l’apathie et l’indifférence. Les survivants qui reviennent au pays ne sont plus traités comme des héros, mais comme des parias, des épaves et des fardeaux pour l’économie. Ils mythifient les morts à renfort de mémoriaux et de discours sur les pertes et les souffrances passées et futures. Des paroles exaltantes et prophétiques, déclamées par des individus qui cautionnent le carnage devant d'autres individus qui ignorent tout du sacrifice.

Il fut un temps où j’essayais d’expliquer ce qu’est la guerre afin qu’ils comprennent et qu’ils connaissent son horreur, croyant naïvement que la guerre était due à un manque d’information, de compréhension, de discernement et de vision. Mais la folie m’a libéré, elle m’a permis de réaliser que la guerre ne provient pas de telles lacunes mais qu’elle est le fruit d’un excès de cupidité, d’ambition, d’intolérance et de soif de pouvoir. Et nous sommes ses jouets, la chair à canon, ressource dispensable dans cette quête impitoyable de richesse, de pouvoir, de domination et d’impérialisme.

Et désormais, j’accepte et honore ma différence, ma folie, qui condamne les hypocrites et les arrogants, les ignorants et les mesquins, pour leur responsabilité collective et pour leurs meurtres, mutilations et crimes contre l’humanité. Et j’offre ma folie comme présage à leur future responsabilité ; responsabilité envers l’humanité dans les tribunaux de l’histoire, et envers le dieu qu’ils invoquent si souvent pour encourager et légitimer leur sacrilège guerrier.

Note : Voilà pourquoi une compréhension du monde intérieur et du monde extérieur, avec toutes leurs facettes magnifiques ou terrifiantes, y compris une bonne compréhension des processus pathocratiques, est si essentielle ; en vérité, les hommes et les femmes ne sont pas tous égaux, il y a des prédateurs parmi nous, qui nous traquent, nous contrôlent, nous exploitent et nous instrumentalisent à leurs propres fins… les psychopathes et les pathocrates au pouvoir.

La structure sociale pathologique s’étend progressivement au pays tout entier et crée ainsi une « classe nouvelle » au sein de la nation. Cette classe de déviants privilégiée se sent en permanence menacée par « les autres” » c’est-à-dire par la majorité des gens normaux. Et les pathocrates ne se font aucune illusion quand à leur sort personnel, si jamais le système humain normal était restauré…

Les pathocrates n’ont jamais possédé aucun talent pratique, et la perennité de leur règne leur a dénié tout possibilité de s’adapter aux exigences du travail normal. Si les lois de l’humain normal devaient être restaurées, ces pathocrates et leur entourage pourraient être soumis à un jugement, … ils seraient menacés dans leur liberté et leur existence – pas seulement dans leur position et leurs privilèges. Parce qu’ils sont incapables du moindre sacrifice, la survivance du système qui leur convient le mieux devient un impératif moral. Ce qui menace le système doit être combattu par toutes sortes de ruses psychologiques témoignant d'une absence de scrupules, qui peut choquer par sa perversité, à l'égard de « ces autres » – les inférieurs. [..] 

La pathocratie survit grâce au sentiment d’être menacée par la société des gens normaux ainsi que par d’autres pays dans lesquels subsistent, sous diverses formes, le système humain normal. Pour les dirigeants, rester au sommet est une question de vie ou de mort.

Nous pouvons alors nous interroger prudemment : un tel système est-il capable de renoncer à son expansion politique et territoriale et se contenter de ses possessions du moment ? Que se produirait-il si une telle situation permettait d’assurer la paix intérieure, l’ordre et une relative prospérité nationale ?

La grande majorité de la population du pays tirerait alors parti de toutes les possibilités émergentes et mettrait à contribution ses aptitudes supérieures pour étendre le champ de ses activités ; grâce à un taux de naissances supérieur à celui des pathocrates, son pouvoir augmenterait. Cette majorité serait alors rejointe par certains enfants des classes privilégiées qui n’auraient pas hérité de ces gènes-là. La domination de la pathocratie commencerait alors à s’affaiblir, imperceptiblement mais régulièrement, pour aboutir à une situation où la société des gens normaux prendrait le pouvoir. Vision de cauchemar pour les pathocrates.

La destruction biologique, psychologique, morale et économique de cette majorité est donc une nécessité « biologique ». À cette fin, de nombreux moyens sont mis en oeuvre, à commencer par les camps de concentration et les guerres contre un ennemi résolu et bien armé qui affaibliront et anéantiront le pouvoir humain qui les menace – c’est-à-dire celui qui met en péril la domination des pathocrates. Une fois morts, les soldats seront alors célébrés et vénérés tels des héros, ce qui est bien utile pour éduquer une nouvelle génération fidèle à la pathocratie en place.

Ponérologie Politique (traduction révisée)

 

Traduit par Axel D. pour Futur Quantique

Israël et son monopole sur la souffrance psychologique

Jeremy Salt
Palestine Chronicle
Jeudi, 08 Jan 2009 17:45 UTC

 

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Bien joué, courageux pilote israélien


Cher courageux pilote israélien,

Qu’est-ce que ça fait de tirer des missiles sur des gens que tu ne vois pas ? Cela t’aide-t’il, de répéter que ne vous ne ciblez pas délibérément des civils ? Cela te permet-il de bien dormir, ou fais-tu des cauchemars dans lesquels tu vois les femmes et les enfants que tu as tués dans leurs foyers, dans leurs lits, dans leurs cuisines et dans leurs salons, dans leurs écoles, sur leurs marchés ou dans leurs mosquées ? Que ressens-tu lorsque tu as terminé ta mission ? Que tu as fait du bon boulot ? Penserais-tu encore que tu as fait du bon boulot si tu devais regarder les cadavres déchiquetés qui constituent ta contribution personnelle au « processus de paix » au Moyen Orient ?

Tes dirigeants politiques, tes médias et les porte-parole de ton gouvernement et de ton armée louent unanimement tes attaques aériennes, les qualifiant d’immense succès. Personnellement, comment appliquerais-tu les termes « immense » ou « succès » au meurtre de civils ? As-tu conscience qu’aux quatre coins de la planète, des gens te considèrent comme un criminel de guerre qui devrait être jugé si ton identité devait jamais être révélée et si tu prenais le risque d’une arrestation en mettant le pied dans un pays qui ne plaisante pas avec les crimes de guerre ?

Dans ton propre pays – façon de parler – des agissements comme les tiens sont légion. Tu te souviens sans doute de la remarque de Dan Halutz, ton ex-chef d’État-major. Lorsqu’on lui demanda ce qu’il avait ressenti en bombardant un immeuble résidentiel de Gaza, il répondit qu’il avait senti les ailes de son avion vibrer au moment de larguer la bombe qui fit 18 morts lorsqu’elle explosa. Pour toi, la disparition de femmes et d’enfants est-elle une blague ? Ce n’est pas le meurtre de civils qui causa la disgrâce du général Halutz, comme on pourrait légitimement s’y attendre, mais son échec dans la guerre contre le Liban il y a trois ans. Les dirigeants politiques qui t’ont donné ton ordre de mission l’ont désormais rejoint au panthéon surpeuplé des criminels de guerre israéliens. Ils t’ont dit d’aller défendre ton pays, et c’est là que le problème commence, n’est-ce pas ? Tes parents ou tes grands-parents ont pris à quelqu’un d’autre ce que tu appelles ton pays. Vrai ou faux ? En fait, ce que tu fais en bombardant Gaza, c’est attaquer ceux qui ont été déportés du pays que tu prétends défendre, mais ce que tu défends c’est ton « droit » à conserver ce territoire volé, et même après 60 ans, cela reste un non-sens, n’est-ce pas ?

Que disent tes parents lorsque tu rentres chez toi ? Ta mère est-elle toute excitée, te chouchoutant, te caressant les cheveux, te préparant une tasse de thé, soulagée que son fils bien-aimé soit de retour entier et en bonne santé ? En fait, elle n’a aucune idée de ce que tu as fait aujourd’hui, et ce n’est pas toi qui vas lui raconter – non pas qu’elle veuille savoir. Tu as juste fait ton boulot. Et en quoi consiste ton boulot ? Qu’as-tu accompli aujourd’hui ? Nous la connaissons, ta mission, mais ce que tu as fait en réalité est tout autre.

Sous prétexte de destruction des infrastructures terroristes, tu as tué des civils, concrêtement et avec efficacité. Il ne leur sera plus jamais possible de se relever. Impossible que ces enfants grandissent ou que leur mère disparue donne à nouveau la vie. Aucun espoir qu’un corps ne retrouve son membre ou sa tête disloqués par le missile que tu as tiré. Impossible de ressusciter les morts. C’est peut-être toi qui as bombardé le marché. Si c’est le cas, ais l’honnêteté de t’asseoir et de regarder la vidéo de ton œuvre. Tu vas voir une scène sortie tout droit de l’enfer. Peut-être te diras-tu que tu n’as pas vu de telles horreurs depuis… depuis quoi ? Depuis quand ? Selon tes critères, quel est l’équivalent de ce que tu as fait ? Depuis ce que les nazis ont fait ce que tu fait aujourd'hui aux civils, ou depuis ce que les Étasuniens ont commis au Vietnam ou en Iraq ? Quelque part, es-tu réconforté de savoir que nombreux sont ceux qui, avant toi, ont fait exactement la même chose, que tu n’es ni pire ni meilleur qu’eux ?

En toute probabilité, tu es un jeune homme charmant issu d’une bonne famille, fier d’avoir intégré l’école des pilotes de l’armée de l’air. On t’a appris à piloter les avions de guerre les plus sophistiqués de la planète afin de détruire l’ennemi. Sans nul doute, des psychologues sont intervenus à tel ou tel stade pour te préparer à la mort accidentelle de civils.

Lorsque le territoire ciblé est l’endroit le plus densément peuplé de la planète, tu sais que des civils vont mourir, mais tes justifications sont toutes prêtes. Tout est la faute de l’ennemi. Après tout, ce sont eux qui ont commencé ; après tout, nous avons tout tenté pour éviter cette situation ; après tout, ils ont rompu le cessez-le-feu ; après tout, ils terrifient nos concitoyens dans le Sud du pays ; après tout, ils s’abritent et cachent des armes parmi les civils ; après tout, nous ne ciblons pas délibérément des civils… après tout, ils sont si nombreux, c’est vrai ; et tu vas utiliser toutes ces justifications pour expliquer que, même si c’est ton avion qui a tiré ces missiles, même si c’est ta main qui a appuyé sur la commande, tu n’es pour rien dans leur mort. Est-ce ta faute si l’ennemi transforme les écoles, les mosquées, les immeubles résidentiels, les campus universitaires, les ministères, le Parlement et les ambulances en infrastructure terroristes ? Par conséquent, tu n’es pas un meurtrier – après tout. Ce sont eux, les meurtriers.

L’ennemi est le meurtrier. Il t’a forcé à tuer son propre peuple. Il ne t’a pas laissé le choix. Bien sûr, pour un pilote de l’une des meilleures armées de l’air de la planète, il y a quelque chose qui cloche dans toute cette histoire. Tu ne cours aucun danger dans le ciel de Gaza. Les Gazaouis n’ont ni avions, ni missiles sol-air pour te menacer. Tu es en totale sécurité dans le cockpit de ton F-16. Tu as tout le temps qu’il te faut pour verrouiller ta cible et tirer : on doit donc en conclure que tes bombardements sur un marché, un centre commercial ou une école sont délibérés, et que le meurtre de civils fait partie d’un plan établi par tes chefs militaires et soutenu par tes politiciens afin de paralyser le gouvernement du Hamas en terrorisant la population civile. C’est ce qu’ont fait les Étasuniens en Iraq en 2003, et c’est ce que toi et tes camarades pilotes ont fait au Liban en 2006 – à ce propos, pouvons-nous supposer que nous assistons actuellement au prototype de ce que vous projetez de faire au Liban la prochaine fois ? Que vous n’êtes pas allés assez loin en 2006 et prévoyez d’aller encore plus loin au cours du prochain massacre ?

Tu dois justifier tes crimes, car sinon, tu ne pourrais plus te regarder dans un miroir ou supporter le regard d’autrui. Tu ne pourrais plus écouter leurs éloges, car tu sais, même si personne d’autre n’est au courant, ce que tu as fait. Mais que diras-tu si tout cela remonte à la surface, que diras-tu, non pas au milieu de la nuit, lorsque, allongé dans ton lit , les yeux aux plafond, tu te demandes ce que tu as fait, mais face à un tribunal qui t’accusera de crimes de guerre ? « Je ne faisais qu’obéir aux ordres ». Gageons que tu as déjà entendu cette réponse quelque part.

Jeremy Salt est professeur associé en histoire et politique du Moyen-Orient à l’Université Bilken d’Ankara, en Turquie. Auparavant, il a enseigné à l’université du Bosphore à Istanbul, et à l’université de Melbourne au sein des départements d’étude du Moyen-Orient et de sciences politiques. Le professeur Salt a écrit de nombreux articles sur les problèmes du Moyen-Orient et en particulier de la Palestine. Il a été journaliste pour The Age lorsqu’il vivait à Melbourne. Il a rédigé cet article pour le site PalestineChronicle.com

Traduction : Axel D. pour Futur Quantique

12.01.2009

Israël menace d'attaquer le bateau d'aide pour Gaza



Le bateau du Mouvement Free Gaza, le SPIRIT OF HUMANITY, quittera le port de Larnaca (Chypre) le lundi 12 janvier à 15h pour une mission d’urgence à Gaza assiégée. Le bateau devrait arriver dans la bande de Gaza à environ 11 heures mardi matin. À bord du navire, se trouvent 36 passagers et membres d'équipage (ndt : dont 2 journalistes français), soit 17 nations différentes (voir liste ci-dessous).


Ce sont des médecins, des journalistes, des militants des droits de l’homme de cinq députés européens de Belgique, Grèce, Italie et Espagne (voir ci-dessous la liste de passagers). Le bateau d’aide transporte aussi des fournitures médicales désespérément nécessaires destinées aux hôpitaux de la bande de Gaza.

Ce voyage représente la deuxième tentative de Free Gaza pour forcer le blocus depuis l’attaque d’Israël contre la Bande de Gaza le 27 décembre. Entre août et décembre 2008, le Mouvement Free Gaza a réussi à défier le blocus israélien cinq fois, faisant accoster les premiers bateaux internationaux dans le port de Gaza depuis 1967.

L’armée israélienne a violemment attaqué la tentative précédente du Free Gaza d’envoyer un bateau d’urgence plein de médecins et de fournitures médicales à Gaza. Aux petites heures du mardi 30 décembre, la marine israélienne a délibérément et à plusieurs reprises, et sans sommation, éperonné le DIGNITY non armé, provoquant des dégâts importants à sa structure et mettant en danger les vies de ses passagers et de l’équipage. Le bateau a trouvé refuge dans un port du Liban, où il est actuellement en réparation.

Peu de temps avant que le SPIRIT OF HUMANITY quitté Chypre aujourd'hui, les autorités chypriotes ont informé le Mouvement Free Gaza que le gouvernement israélien avait officiellement pris contact avec leur ambassade à Tel-Aviv, et averti qu'ils considéraient comme «justifié» l'utilisation de "tous les moyens disponibles" pour empêcher de force le bateau d’aide d'arriver à Gaza. À la demande des organisateurs du navire, les autorités chypriotes ont fouillé le navire avant son départ afin de certifier qu'il ne transportait que des fournitures médicales.

Fouad Ahidar, membre du Parlement belge, naviguant vers Gaza à bord du Spirit of Humanity, a répondu aux inquiétudes concernant le risque qu’Israël attaque le bateau, non armé, il a dit : «J’ai cinq enfants qui s’inquiètent beaucoup pour moi, mais je leur ai dit, vous pouvez rester assis sur votre canapé et regarder ces atrocités à la télévision, ou vous pouvez choisir d’agir pour les faire cesser.»

Les attaques israéliennes contre la Bande de Gaza ont blessé des milliers de civils et tué plus de 900 personnes, dont des centaines de femmes et d’enfants. Le massacre israélien en cours viole gravement et massivement la loi humanitaire internationale telle que définie par les Conventions de Genève, en particulier les obligations d’une puissance occupante et les exigences des lois de la guerre.

Les Nations Unies n’ont pas protégé la population civile palestinienne des violations massives de la loi humanitaire internationale par Israël. Israël a empêché la communauté internationale d’entrer à Gaza et demandé à tous les étrangers de partir.

Mais Huwaida Arraf, un des organisateurs du Mouvement Free Gaza, a déclaré : «Nous ne pouvons pas rester assis à attendre qu’Israël décide d’arrêter le massacre et ouvre les frontières pour que les travailleurs humanitaires viennent ramasser les morceaux. Nous allons entrer. Cette mission est une nécessité d’urgence, alors que les civils palestiniens à Gaza sont terrorisés et massacrés par Israël, et qu’il les empêche d’accéder à l’aide humanitaire. Lorsque les Etats et les organes internationaux qui ont la responsabilité d’agir pour faire cesser ces atrocités choisissent l’impuissance, alors nous, les citoyens du monde, devons agir. C’est tout simplement ce que requiert notre commune humanité. Israël a été informé que nous arrivions.


Ci-dessous, copie de la notification adressée aux autorités israéliennes. The Free Gaza Mouvement tiendra Israël pour responsable de tout dommage qui pourrait être causé au bateau ou à ses passagers.


QUE POUVEZ-VOUS FAIRE ?

Agissez ! APPELEZ le gouvernement israélien et faites-lui savoir sur le SPIRIT OF HUMANITY se rend à Gaza. DEMANDEZ à Israël de CESSER immédiatement le massacre des civils à Gaza et de CESSER d'utiliser la violence pour empêcher les droits de l'homme et l’aide humanitaire au peuple palestinien.


APPELEZ :

Mark Regev au bureau du Premier Ministre au +972 2670 5354 ou +972 5 0620 3264
mark.regev@it.pmo.gov.il

Shlomo Dror au Ministère de la Défense au +972 3697 5339 ou +972 50629 8148
mediasar@mod.gov.il

Le Major Liebovitz de la Marine israélienne au : + 972 5 781 86248


Ambassades israéliennes en Europe
- Paris: INFO@PARIS.MFA.GOV.IL
Tél: +33140765500, Fax: +33140765555

- Suisse: INFO@BERN.MFA.GOV.IL
Tél: +41313563500 / +41313563501, Fax: +41313563555

- Belgique : INFO@BRUSSELS.MFA.GOV.IL
Tél: +3223735500, Fax: +3223735617


Notification officielle d’intention d’entrer
11 janvier 2009

Adressée à : Ministre israélien de la Défense, Fax: 972-3-697-6717
à : Marine israélienne
à : Ministre israélien des Affaires étrangères, Fax 972-2-5303367
De : Mouvement Free Gaza

Cette lettre est la notification officielle qui vous est adressée en tant que puissance occupante et force belligérante dans la Bande de Gaza que le lundi 12 janvier, nous naviguerons sur un navire à moteur, le Spirit of Humanity, du port de Larnaca au port de Gaza ville. Notre bateau battra pavillon grec, et de fait, tombe sous la juridiction grecque.

Nous emprunterons les eaux chypriotes et internationales, puis entrerons directement dans les eaux territoriales de la Bande de Gaza sans entrer ni approcher les eaux territoriales israéliennes. Nous pensons arriver dans le Port de Gaza le mardi 13 janvier 2009.

Nous transporterons des fournitures médicales d’urgence dans des boîtes fermées, vérifiées par les douanes à l’aéroport international de Larnaca et le Port de Larnaca. Il y aura à bord au total 30 passagers et membres d’équipage, dont des membres de différents parlements européens et plusieurs médecins. Notre bateau et sa cargaison auront également reçu le dédouanement des autorités portuaires de Chypre avant notre départ.

Comme il sera confirmé que ni nous, ni la cargaison, ni aucun du contenu du bateau, ni le bateau lui-même ne constituent de menace pour la sécurité d’Israël ou ses forces armées, nous n’attendons aucune interférence des autorités israéliennes pendant notre voyage.

Le mardi 30 décembre, un navire israélien a violemment, et sans sommation, attaqué notre bateau à moteur le Dignity, le mettant hors service et menaçant les vies des 16 civils à bord. La présente lettre sert de notification claire de notre approche. Toute attaque du bateau à moteur, le Spirit of Humanity, sera donc préméditée et tout tort causé aux 30 civils à bord sera considéré comme le résultat d’une attaque délibérée sur des citoyens non armés.

Le comité directeur du Mouvement Free Gaza.

Contact :

Huwaida Arraf, Mouvement Free Gaza, 357 96 723 999 ou +357 99 081 767 huwaida.arraf@gmail.com

(Gaza ) Ewa Jasiewicz, +972 598 700 497 freelance@mailworks.org

(U.S) Ramzi Kysia, +1 703 994 5422 rrkysia@yahoo.com

(France) Bianca Shana’a, +33 663 59 2028 bianca_shanaa@yahoo.com




LISTE DES PASSAGERS ET DE L’EQUIPAGE du SPIRIT OF HUMANITY

- Abufalah, Othman Mohammad, Journaliste d’Al Jazeera (Jordanie)
- Ahidar, Fouad, Membre du Parlement (Belgique)
- Arraf, Huwaida, défenseur des droits de l’homme et chef de la délégation (Palestine/USA)
- Bitsanis, Konstantinos, défenseur des droits de l’homme et membre de l’équipage (Grèce )
- Bolos, Nikolas, défenseur des droits de l’homme et membre de l’équipage ( Grèce )
- Bowden, David, Journaliste de SKY TV (Grande-Bretagne)
- Caruso, Francesco, ancien membre du Parlement (Italie)
- Dabbagh, Ali, Médecin (Grande-Bretagne)
- Dritsas, Theodoros, membre du Parlement ( Grèce )
- Gentile, Alessandro, Journaliste de CNN ( Italie)
- Gezelius, Mats, Journaliste (Suède/Finlande)
- Giannopolis, Nikolaos, humanitaire ( Grèce )
- Jacquier, Gilles, Journaliste de France 2 (France)
- Kampani, Chalent, Chirurgien orthopédique ( Grèce )
- Kanellakis, Yiannis, Journaliste de Mega TV ( Grèce )
- Karatzias, Petros, Journaliste d’Associated Press (Chypre)
- Kawkuby, Jasir, Médecin et spécialiste en soins intensifs en pédiatrie (Allemagne)
- Klontzas, George, Capitaine du bateau (Grèce)
- Muncie, Andrew, humanitaire et membre de l’équipage (Ecosse)
- McLuckie, Garwen, Journaliste de SKY TV (Grande-Bretagne)
- Mourad, Maimouni (Belgique)
- Muir, Alistair, Journaliste de la BBC (Grande-Bretagne)
- Nuet, Joan Josef, membre du Parlement (Espagne)
- Papachristopoulos, Athanasios, Chirurgien (Grèce)
- Pissias, Vangelis, Professeur d’Université (Grèce)
- Pratt, David, Journaliste du Sunday Herald (Grande-Bretagne)
- Prieto, Monica, Journaliste d’El Mundo (Espagne)
- Rahali, Hassan, Journaliste (Belgique)
- Robbins, Sonia, Chirurgien (Grande-Bretagne)
- Sakorafa, Sofia, Membre du Parlement (Grèce)
- Shakir, Thair, Journaliste d’Al Jazeera (Irak)
- Synodynou, Melina, Journaliste d’Ethnos (Grèce)
- Tsatsis, Angelos, Journaliste de MEGA TV (Grèce)
- Vinci, Alessio, Journaliste de CNN (Italie)
- Yvon, Xavier, Journaliste de RTL (France)
- Zdoukos, Theodoros, Médecin ( Grèce )
Source : http://www.freegaza.org/
Traduction : MG pour ISM

Song for Gaza : We Will Not Go Down

http://michaelheart.com/Song_for_Gaza...

Lyrics:

A blinding flash of white light
Lit up the sky over Gaza tonight
People running for cover
Not knowing whether they're dead or alive

They came with their tanks and their planes
With ravaging fiery flames
And nothing remains
Just a voice rising up in the smoky haze

We will not go down
In the night, without a fight
You can burn up our mosques and our homes and our schools
But our spirit will never die
We will not go down
In Gaza tonight

Women and children alike
Murdered and massacred night after night
While the so-called leaders of countries afar
Debated on who's wrong or right

But their powerless words were in vain
And the bombs fell down like acid rain
But through the tears and the blood and the pain
You can still hear that voice through the smoky haze

We will not go down
In the night, without a fight
You can burn up our mosques and our homes and our schools
But our spirit will never die
We will not go down
In Gaza tonight

We will not go down
In the night, without a fight
You can burn up our mosques and our homes and our schools
But our spirit will never die

We will not go down
In the night, without a fight

We will not go down
In Gaza tonight

Alerte à la propagande Hasbara ! La machine de relations publiques sioniste se met en marche.

Richard Silverstein

The Guardian
Vendredi 9 janvier 2009

Commentaires de Sott.net

Avec le recrutement par le ministère des Affaires étrangères israélien d'un réseau de volontaires destiné à inonder les sites d’information de messages pro-israéliens, nous entrons dans l’ère de la propagande en ligne.

Les brigades de la hasbara contre-attaquent ! Vous n’arrêtez pas d’entendre parler des tentatives d’Israël visant à manipuler les médias. Tout le monde sait que de telles pratiques ont cours, mais habituellement, elles sont le fait de cyber activistes comme ceux liés au site Giyus et son logiciel de suivi des médias Megaphone [NdT : Giyus est l’acronyme de ‘Give Israel Your United Support’ - ‘Soutenez, Israël, unis et tous en chœur !’. En 2006, en moins de 4 mois, plus de 25 000 utilisateurs enregistrés sur ce site avaient téléchargé le logiciel Megaphone, qui leur permet de recevoir des alertes leur indiquant d’intervenir sur tel ou tel site Internet]. Nous savons désormais que le ministère des Affaires étrangères israélien en personne orchestre ces efforts de propagande destinés à inonder les sites d’informations d’arguments et de données pro-israéliens.

 Un lecteur de mon blog a reçu le courriel suivant qui mentionne l’objet de la démarche et l’organisation qui l’a initiée. Cette offre pour devenir « volontaire des médias » pro-israélien inclut également une liste de liens vers des sites-clefs que le ministère voudrait voir ciblés en priorité par des commentaires pro-israéliens :

Chers amis,

Nous détenons la suprématie militaire [sic], pourtant nous perdons la bataille dans les médias internationaux. Nous devons gagner du temps afin que l’armée israélienne réussisse, et le moins que nous puissions faire est de passer quelques minutes (de plus) sur Internet. Le ministère des Affaires étrangères fait de gros efforts pour rééquilibrer les médias, mais nous savons tous que cette bataille se joue sur les volumes. Plus nous nous impliquons dans des commentaires, blogs, réponses, votes – plus nous gagnons d’opinions favorables à notre cause. 

Le ministère des Affaires étrangères israélien m’a demandé d’organiser un réseau de volontaires qui souhaitent contribuer à cet effort collectif. Si vous acceptez, vous recevrez des messages quotidiens, un ensemble de logiciels et une liste de cibles.

Si vous souhaitez participer, s’il vous plaît répondez à ce message.

Mon ami a répondu et a reçu ce communiqué officiel du ministère présentant les idées-forces quant à l’opération Plomb Durci, idées qu’il devait utiliser au cours de ses efforts de propagande. Parmi les liens mentionnés, il y avait un article de Peter Beaumont ouvert aux commentaires. Les cibles suivantes y étaient listées : le Times, le Guardian, Sky News, la BBC, Yahoo! News, l’Huffington Post, et le Dutch Telegraaf. Étaient également ciblés d’autres sites d’information en hollandais, espagnol, allemand et français considérés comme critiques à l’égard de l’invasion.

Commentaire : Ce « communiqué » est truffé des contrevérités que nous avons déjà documentées telles que « Il n’y a actuellement aucune crise humanitaire dans la bande de Gaza » (j’ai souligné certains passages) et « Israël s’est lancé dans cette opération après avoir épuisé toute les possibilités d’arrêter la terreur issue de Gaza […]

Localement, ici à Seattle, des activistes pacifistes ont organisé devant un bâtiment fédéral une manifestation à laquelle 500 personnes ont participé. Dans le communiqué du ministère des Affaires étrangères publié le lendemain, on demanda aux volontaires de publier des commentaires sur l’article du Seattle Post Intelligencer's relatif à cette manifestation. La liste des commentaires est remplie de contributions issues de la hasbara, dont les arguments préprogrammés modifient l’équilibre et le ton de la discussion et lui donnent une coloration beaucoup plus favorable à Israël qu’elle ne devrait l’être.

Ici, le coordinateur du ministère des Affaires étrangères décrit une réunion à laquelle il a participé dans les locaux officiels du gouvernement :

Bonjour à tous,

J’ai participé aujourd’hui à une réunion au ministère des Affaires étrangères et j’ai été très heureux d’apprendre que d’après leurs statistiques, la situation d’Israël sur Internet s’améliore de jour en jour. Cela veut dire que vous faites du bon boulot ! Le ministère des Affaires étrangères s’inquiète de l’opinion publique défavorable en Europe. Par conséquent, concentrez s’il vous plaît vos efforts sur les médias européens.

Comment pouvez-vous aider ?

-  Identifiez les batailles sur Internet dans différentes langues et informez-nous en

-  Commentez/publiez/votez sur les sites listés et les autres ; vous pouvez utiliser les sources en pièce jointe

-  Ecrivez des lettres aux auteurs et aux éditeurs. Présentez-vous comme une habitant du coin.

-  Faites participer vos amis à cette activité

Le message suivant avait pour but d’encourager l’effort des activistes pro-israéliens :

Les gouvernements de la planète sont encore patients avec l’opération israélienne légitimement menée à Gaza. A contrario, l’opinion publique [sic] est impatiente, c'est le moins qu'on puisse dire. Cet écart va vite se réduire – comme toujours.

Notre but est d’infléchir l’opinion publique, telle qu’exprimée sur Internet, afin d’éviter ou, tout du moins, de minimiser des sanctions internationales. Nous devons gagner du temps pour que l’armée israélienne atteigne ses objectifs.

En plus des arguments fournis par le ministère des Affaires étrangères, les activistes pro-israéliens ont accès à des documents sources pro-israéliens qu’ils peuvent utiliser comme référence dans leurs commentaires :

Bicom.org.uk/

Commentaire : un site rempli d’articles sur les braves soldats israéliens et de prétendues cartes montrant "les mosquées qui cachent des roquettes". Pas un mot sur les 300 enfants palestiniens morts.

Aish HaTorah's, quelle est la véritable histoire du Moyen Orient ?

Commentaire : 10 minutes ininterrompues de révisionnisme historique à la sauce sioniste.

Vidéo YouTube : Au milieu des violences à Gaza, des médecins israéliens et palestiniens sauvent la vie d’un bébé.

Commentaire : Qui peut dénigrer le sauvetage d’un bébé ? Mais cela reste de la propagande pour éloigner l’attention de l’horreur généralisée.

La journaliste de CNN Christiane Amanpour s’entretient avec Tzipi Livni

Commentaire : le « visage féminin » de l’occupation. Suivez ce lien.

L’attaque militaire contre Gaza devrait être perçue comme partie intégrante de la War on Terror

Commentaire : Formule classique employée par les docteurs ès manipulation : « notre combat est votre combat ». A voir, ce film de présentation des techniques de propagande sionistes, disponible ici.

Blog tenu depuis le Sud d’Israël par Morit Rozen

Un blog israélien qui décrit combien il est « difficile » de quitter la maison familiale pendant les bombardements de Gaza, d’entendre les sirènes et de rester à l’intérieur (avec pléthore de nourriture, de l’eau courante, de l’électricité et des amis à rencontrer) – si la situation des Gazaouis pouvait être aussi terrible…

Vous souvenez-vous quand le département étasunien de la Défense payait des entreprises de relations publiques et des journaux iraquiens pour qu’ils publient des articles favorables à la guerre en Iraq ? Ces entreprises essayaient également d’introduire des articles favorables à ce conflit dans les journaux étasuniens. Cela provoqua un tollé immédiat au sein des médias qui s’opposèrent à cette manipulation. Nous verrons si la même chose se produit cette fois-ci.

De tels agissements de la part du ministère des Affaires étrangères israélien sont inacceptables. Peut-être considère-t-il cette hasbara comme une manière de maximiser ses efforts pour expliquer la position d’Israël aux médias du monde entier. Je la considère comme une tentative cynique visant à inonder Internet et les médias d’information d’une propagande pro-israélienne, tentative désespérée de se rallier la sympathie de l’opinion publique. Non seulement cela dessert Israël, mais en plus cela discrédite toute tentative d’effort légitime de ce ministère visant à expliquer la situation d’Israël au monde, puisque personne ne croira plus les paroles d’une organisation impliquée dans une propagande aussi flagrante.

Sans parler de la médiocrité de ces réseaux d’activistes. Qu’y gagnent-ils ? Quelle est leur efficacité, et combien de lecteurs arrivent-ils à convaincre ? À ce propos, j’ai remarqué qu’il y avait des membres de la hasbara même sur mon blog. On les voit venir à des kilomètres, car ils n’ont jamais publié de commentaires avant d’écrire une phrase du type « j’apprécie votre blog depuis longtemps, mais tout individu normalement constitué sait que le Hamas est là pour détruire Israël bla, bla, bla … ». Des formules plutôt stéréotypées. Vous pouvez également taper dans Google quelques extraits de ces commentaires, et si vous voyez qu’ils apparaissent sur d’autre sites, alors vous savez que vous avez à faire soit à un propagandiste de la hasbara, soit à un individu souffrant de troubles obsessionnels compulsifs.

Dans certains cas, les médias occidentaux peuvent être volontairement ou involontairement victimes de telles manipulations. Tony Karon souligne que l’historien et journaliste pro-israélien Michael Oren a publié plusieurs textes depuis le début de l’attaque contre Gaza dans des journaux étasuniens comme le New Republic ou le Los Angeles Times. Il joue également un rôle actif au sein de l’armée israélienne à Gaza, puisqu’il occupe la fonction d’officier des affaires publiques en liaison avec les médias internationaux. Vous ne trouverez aucun de ces "détails" mentionnés dans l’espace éditorial du Los Angeles Times. Concrètement, les médias autorisent des parties prenantes comme Oren à se faire passer pour des experts indépendants, ce qu’ils ne sont pas du tout. Il est nécessaire que les éditeurs mènent les vérifications qui s’imposent lorsqu’ils publient un document qui défend l’une ou l’autre des parties, pour valider qu’il n’y a pas conflit d’intérêt ou un autre facteur qui pourrait influencer le jugement du commentateur.

Il semble bien que nous soyons désormais complètement entrés dans l’ère de la propagande en ligne.

 

Traduction : Axel D. pour Futur Quantique

Israël : Boycott, Désinvestissement, Sanction, par Naomi Klein

Copyright © Naomi Klein / La République des Lettres, lundi 12 janvier 2009

boycott-israel.pngDevant les massacres commis en toute liberté dans la Bande de Gaza et face à un régime d'appartheid maintenu en place depuis plus de soixante ans avec la complicité des dirigeants occidentaux, il semble que seuls les peuples soient en mesure de faire eux-mêmes pression sur Israël. Un instrument citoyen collectif et pacifique, le boycott, a fait ses preuves dans l'histoire d'autres pays et d'autres luttes. L'essayiste altermondialiste Naomi Klein, auteur notamment de No Logo, la tyrannie des marques et de La Stratégie du choc, montée d'un capitalisme du désastre, préconise ce moyen de combattre la dérive guerrière d'Israël.

Article publié dans le magazine américain "The Nation" le 7 janvier 2009:
Il est temps. Plus que temps. La meilleure façon de faire cesser l'occupation de plus en plus sanglante de la Palestine est qu'Israël devienne la cible d'un mouvement international de boycott similaire à celui qui a permis de mettre fin au régime d'apartheid en Afrique du Sud. En juillet 2005, une coalition de groupes pro-palestiniens a jeté les bases d'une tel mouvement. Elle a appelé tous les "hommes de conscience, partout dans le monde, à prendre des initiatives de désinvestissement à l'encontre Israël semblables à celles appliquées à l'Afrique du Sud pendant l'apartheid". La campagne "Boycott, Désinvestissement, Sanctions" (BDS) était née. Chaque journée de bombardement de Gaza apporte de nouveaux soutiens à cette campagne planétaire de boycott, y compris parmi les Juifs israéliens. Au début de l'agression, environ 500 israéliens, dont de nombreux artistes et universitaires de renom, ont adressé une lettre aux ambassadeurs étrangers en poste en Israël. Cette lettre, qui établit un parallèle évident avec la lutte anti-apartheid, réclame "l'adoption immédiate de sanctions et de mesures restrictives". Pour les signataires, "Le boycott de l'Afrique du Sud a été efficace mais on prend des gants avec Israël. Le soutien international doit cesser".
Nombre d'entre nous n'y adhèrent toutefois pas encore. Les raisons, complexes et émotionnelles, sont bien compréhensibles. Mais elles ne sont tout simplement pas justifiées car la sanction économique est l'instrument le plus efficace dans l'arsenal non-violent: y renoncer est en quelque sorte se rendre complice des massacres commis par Israël. Détaillons les quatre principales objections opposées à cette stratégie "Boycott, Désinvestissement, Sanctions".


1. Des mesures punitives vont radicaliser l'Etat juif plutôt que le persuader.

Mais la communauté internationale a essayé ce que l'on appelle "l'engagement constructif". Elle a totalement échoué. Depuis 2006, Israël ne cesse d'intensifier ses actions criminelles: expansion des colonies, déclenchement d'une guerre contre le Liban et punition collective des Palestiniens de la Bande de Gaza au moyen d'un blocus assassin. Malgré cette escalade dans l'horreur, Israël n'a fait l'objet d'aucune mesure de rétorsion, au contraire. Les Etats-Unis envoient pour commencer des armes et trois milliards de dollars annuels d'aide à l'Etat juif. Celui-ci a bénéficié ensuite d'une amélioration de ses relations diplomatiques, culturelles et commerciales avec d'autres pays désormais alliés. Par exemple, Israël est devenu en 2007 le premier pays non-latino-américain à signer un accord de libre-échange avec le Mercosur. Au cours des neuf premiers mois de 2008, les exportations israéliennes vers le Canada ont augmenté de 45%. Un nouvel accord commercial avec l'Union européenne est appelé à doubler les exportations de conserves d'Israël. Et en décembre dernier les ministres européens (sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy, Ndlr) ont "modernisé" l'accord de partenariat entre l'Union Européenne et Israël, une faveur attendue depuis longtemps par Jérusalem. C'est dans ce contexte que les dirigeants israéliens ont lancé leur guerre contre Gaza: ils savent que cela ne leur coûtera rien en termes d'échanges commerciaux ou diplomatiques. Il est significatif que plus de sept jours de guerre fasse grimper l'indice de la Bourse de Tel Aviv de 10,7%. Lorsque la méthode de la carotte ne fonctionne pas, le bâton est nécessaire.


2. Israël n'est pas l'Afrique du Sud. 

Bien entendu ! La pertinence d'un boycott de type sud-africain réside dans le fait que la tactique du BDS peut être efficace lorsque des mesures plus faibles (manifestations, pétitions, lobbying en coulisse) ont échoué. L'écho affligeant de l'appartheid est flagrant dans les territoires palestiniens occupés: différence de code-couleur des cartes d'identité, permis de déplacement, maisons rasées au bulldozer, déportations de populations, routes réservées uniquement aux colons israéliens. Ronnie Kasrils, un haut responsable politique sud-africain, révèle que l'architecture de la ségrégation en Palestine constatée en 2007 (c'est-à-dire avant le blocus aussi inhumain que terrifiant imposé à la Bande de Gaza, Ndlr) est "infiniment pire que l'apartheid".


3. Pourquoi accuser Israël alors que les Etats-Unis et les pays occidentaux font la même chose en Irak et en Afghanistan ? 

Le boycott n'est pas un dogme, c'est une tactique. La raison pour laquelle la stratégie BDS doit être essayée est pratique: dans un pays aussi petit et qui dépend autant du commerce, il sera réellement efficace.


4. Le boycott rompt la communication alors que nous avons besoin de dialoguer plus. 

Je répondrai à cette objection par une histoire personnelle. Pendant huit ans, mes livres ont été publiés en Israël par une maison d'édition qui s'appelle Babel. Mais lorsque j'ai publié The Shock Doctrine (La stratégie du choc), j'ai voulu respecter le boycott. Sur les conseils de militants du BDS, j'ai contacté un petit éditeur nommé Andalus. Andalus est un éditeur activiste très impliqué dans le mouvement contre l'occupation israélienne et c'est aussi le seul à traduire et publier en hébreu des livres de langue arabe. Nous avons conclu un contrat garantissant que tous les bénéfices du livre reviendront à Andalus, pas à moi. Je boycotte l'économie israélienne, pas les Israéliens. Mettre en place ce plan a nécessité de nombreux appels téléphoniques et courriels entre Tel Aviv, Ramallah, Paris, Toronto et la ville de Gaza. Ma remarque est la suivante: si vous commencez une stratégie de boycott, le dialogue s'accroît de façon considérable. Pourquoi ne pas essayer ? L'argument selon lequel le boycott nous couperait les uns des autres est spécieux étant donné l'éventail de moyens de communication modernes dont nous disposons. Nous croulons sous les moyens de nous parler par-dessus les frontières nationales. Le boycott n'interrompt pas la communication, au contraire.
Actuellement, beaucoup de sionistes orgueilleux se vantent qu'Israël est numéro 1 mondial en matière de joujous de haute technologie. C'est relativement vrai, mais ils ne sont pas les seuls. Quelques jours après l'attaque de Gaza par Israël, Richard Ramsey, gérant d'une entreprise britannique de télécom spécialisée dans les services vocaux sur internet, a envoyé un mail à la firme technologique israélienne MobileMax: "Suite à l'action du gouvernement israélien de ces derniers jours, nous ne sommes plus en mesure de travailler avec vous ou avec toute autre société israélienne." Contacté par le magazine The Nation, Ramsey a déclaré que sa décision n'était pas politique. "Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des clients", explique-t-il, "c'est purement défensif sur le plan commercial". C'est le même calcul pragmatique qui a conduit de nombreuses entreprises à se retirer d'Afrique du Sud il y a vingt ans. Et c'est précisément en ce calcul réaliste que réside le plus grand espoir de rendre enfin justice à la Palestine.

 

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