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10/05/2009

Au secours, Tapie est de retour.

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Bernard Tapie condamné en 1995 à deux ans de prison dont huit mois ferme (fraude fiscale), puis condamné à 18 mois de prison dont six ferme en 1997 (corruption).


Le “retour” de Tapie est bien la preuve que rien, absolument rien, n’a changé dans le capitalisme français dont on voulait nous faire croire qu’il avait compris la leçon, qu’il était moralisé, etc. etc.

Et le paysage politique français est tellement sinistré que je vous parie qu’il va se trouver un mouvement politique pour accueillir Tapie les bras ouverts, ravi de trouver une “personnalité médiatique” qui sait parler à la télé et vous garantit du “media-time”… j’espère simplement que le PS ou les Radicaux n’enfonceront pas ce dernier clou dans leur cercueil.

Note : Et pourquoi pas l'UMP ? Avec Kouchner, Attali, Strauss-Kahn, Lang ; Sarkozy a déjà recruté une bonne partie de la fange des parvenus et des opportunistes du paysages politique français.


Tapie n’a rien appris ces 20 dernières années, il a juste attendu que les gens oublient pour pouvoir nous refaire le même jeu de bonneteau…

Dans l’interview – très complaisante – qu’il vient d’accorder au Point, Bernard Tapie déclare être « plutôt à l’heure du bilan ». « Je voudrais revisiter mon parcours », explique nanar « et essayer d’en finir avec mon image de « gagneur » des années 80, cette caricature d’arriviste sans foi ni loi obsédé par le fric qu’on m’a collée sur le dos et dont je n’ai jamais pu me défaire.

J’étais comme ces belles gonzesses dont on pense qu’elles sont idiotes parce qu’elles ont un physique : j’ai fait l’erreur de laisser croire que je me résumais à ce dont j’avais l’air, parce que j’affichais les signes extérieurs de ma réussite-le jet, la télé, le voilier (et sous pavillon français, pas des Bermudes !) »

S’agissant du voilier, la précision ne manque pas de sel. Nanar laisse en effet entendre qu’il serait comporté en contribuable exemplaire en navigant sous « pavillon français ». Ce qui témoigne, une fois de plus, d’un solide culot.

Au début des années 80 Tapie acquiert en effet le « Club Méditerranée », un somptueux quatre mats auprès de la veuve du navigateur Alain Colas. Ce dernier avait disparu en mer. Rénové à coups de millions, rebaptisé « Phocéa » le luxueux yacht jette l’ancre à Marseille, ville dont Tapie brigue alors la Mairie. Comme l’entretien de son yacht lui coûte une fortune, l’homme d’affaires entreprend de défiscaliser son goût pour les croisières de ses revenus. Un tour de passe-passe comptable qui lui permet de se déclarer non–imposable…

Des agissements qui lui valent d’être poursuivi par le fisc puis inculpé par la juge Eva Joly au début des années 90. Au bilan, Tapie finira par écoper en juin 1997 de 18 mois de prison dont 6 mois ferme pour fraude fiscale assorti 30 mois de prison avec sursis pour abus de biens sociaux et banqueroute !


Ce que Nanar-millionnaire, appelle aujourd’hui en faisant son auto-bilan, « naviguer sous pavillon français »

Article original :  Tout sauf Sarkozy

Note : Tapie, malgré son cortège de casseroles, n'en est pas à son premier come-back. Il était déjà revenu à l'OM en 2001. A cette occasion le site Libres.org avait précisé le pédigré de l'intéressé.

Il y avait quelque chose d'inévitable, de quasi messianique dans le retour hallucinant de Bernard Tapie à la tête de l'OM. La chose semblait fatale pour certains, inespérée pour d'autres. Au delà des réactions diverses et contrastées, demeure la grande question de la dérive morale de notre système institutionnel, et de sa propension à légitimer le pire. Le football vaut bien une messe.

N'est ce pas de Gaulle qui comparait cyniquement les Français à des veaux, ou encore Mitterrand qui répétait que ses compatriotes étaient oublieux ? Oublieux ? Sûrement, si l'on se souvient de la capacité du « sphinx » à resurgir du néant, élection après élection, entamant de constantes résurrections en dépit d'un règne décadent entamé par une aventure « abracadabrantesque ». Depuis, le maître des ombres politiques, celui qui cultivait si brillamment le côté obscur de cette force, s'est éteint, mais la tradition perdure et les morts vivants resurgissent toujours plus nombreux des catacombes politiciennes pour hanter nos cités.

Les revenants se relèvent toujours plus vite, écourtant à chaque fois un peu plus leur convalescence post mortem. Qu'ils soient salis par du sang contaminé, estampillés de fausses factures, poursuivis par des tribunaux, les Fabius, Emmanuelli, Strauss Kahn, Melik et autres ne s'embarrassent plus de principes. Sans parole, ni honneur, ils poursuivent leurs oeuvres d'amoralisation des institutions au nom de leur siège électoral.

Quoi de plus naturel dans ce cas que ce pur produit du mitterrandisme triomphant qu'est Bernard Tapie, suive les règles de ce jeu pour lequel il a été formé ? Le revoilà donc, le "pestiféré de la République", celui dont on avait cru pouvoir se débarrasser après l'avoir monté au pinacle pour en faire l'incarnation vivante d'un système. Pendant les "quinze glorieuses" (de 1977 à 1992) il sera tour à tour, chef d'entreprise, chanteur, animateur de télé puis de radio, politicien, secrétaire d'état, ministre, dirigeant de club de football (la liste n'est pas exhaustive). Pendant cette ascension fulgurante, le personnage sera encensé, adulé, admiré, médiatisé pour sa gouaille "démago", son franc parler calculé, son charisme populiste, ses allures de faux jeune premier.

Tous les ingrédients sont réunis pour faire de l'homme un acteur incontournable jusque dans les allées du pouvoir où son aura redonne des couleurs à des politiques moribonds. Mais tous les contes de fées ont une fin et celle de Tapie sera à l'image de sa gloire, pathétique et rocambolesque. Les uns après les autres les dossiers s'accumulent. C'est que le jeune premier aux dents longues a ruiné la plupart de ses entreprises (mises en liquidation judiciaire dès 1994), supprimé des centaines d’emplois qu’il prétendait sauver (manufrance, testut), détourné des capitaux de sa filiale financière, floué le Crédit Lyonnais (dont le contribuable continue à payer la recapitalisation étatique) et, cerise sur le gâteau, trafiqué des compétitions sportives pour en acheter le résultat (affaire VA/OM).

Note : hormis Testut et Manufrance, n'oublions pas les centaines d'employés de Teraillon, Tournus, Donnay, Adidas, La Vie Claire, Wonder, Look sacrifiés sur l'autel des ambitions et des manipulations de Tapie.


Or voilà qu'aujourd'hui la Canebière frémit de bonheur ou de crainte, à l'idée de retrouver ce martyr qui visiblement considère avoir expié ses multiples fautes. En effet, l'homme est de retour, comme aux plus beaux jours de sa "success story", des ambitions plein les poches, les rancoeurs refoulées (mais seulement provisoirement). En dépit de la mine dégoûtée de certains, les principes éthiques sont écartés et les portes de l'arène politico-sportive s'ouvrent pour laisser passer le gladiateur repenti venu pour nous sauver.

Le sauvetage d'un club mythique vaut bien quelques compromis, car le moral des troupes et la joie de la plèbe en dépendent. Tel un thaumaturge, on attend de lui une fois de plus qu'il jette de la poudre de perlimpinpin sur les stades pour désenvoûter les joueurs et subjuguer le public.

Et puis, si ça ne marche pas, on avisera toujours sans grand risque politique. Si les Français sont oublieux, c'est tant mieux, car leurs élites politiques sont, elles, amnésiques.

Alors le système perdurera, les dettes futures seront sûrement socialisées, les turpitudes médiatisées, les supporters déchaînés, et les parcours politiques poursuivront leur inexorable marche en dépit de l'opprobre jusqu’à ce qu’un jour, peut-être, l’opinion se réveille et la morale reprenne sa place. Manifestement, ce n’est pas encore le cas !

Note : Effectivement en 2001 est revenu à la présidence de l'OM voici ce qu'écrivait Libération à ce sujet :

Bernard Tapie revient à l'OM.  Robert Louis-Dreyfus, actionnaire principal du club, installe ainsi à ses côtés, en tant qu'«associé» et nouveau partenaire au capital, un repris de justice. Tapie a en effet été condamné en appel, le 4 juin 1998, dans l'affaire des comptes de l'OM, à trois ans de prison avec sursis et 300.000 francs d'amende. Tapie n'a pas été condamné, à l'inverse de ses coprévenus, à payer solidairement les 88 millions de francs de dommages et intérêts au club : l'administrateur de l'OM a bizarrement oublié de se déclarer créancier de Tapie dans les délais impartis par la loi. Tapie ne doit donc rien à l'OM et revient sourire aux lèvres.

Note : Tapie n'apportera rien à l'OM qui fera une bien médiocre saison 2001-2002. L'intéressé partira par la petite porte alors que quelques années plus tard des révélations sur le "succès" de Tapie à l'OM en 1993 voyaient le jour :

Ainsi débutait « Je ne joue plus » (2006) où l'ancien joueur de l'OM 1992-93 racontait sa vérité sur l'affaire, et révélait le dopage à l'OM, notamment cette séance de piqûres avant la finale de la Champions League 1993 contre le Milan AC. Bernard Tapie l'avait alors poursuivi pour diffamation, et avait été débouté.

...

Transféré du FC Nantes à l'OM, Eydelie est le seul membre de l'équipe championne de France et d'Europe à n'avoir touché aucune prime. Il chiffre ainsi à 3,5 millions d'euros le total qui lui est dû. Et qu'il est décidé à toucher.

Eydelie entend mener bataille, notamment à l'aide d'un contrat paraphé par ses deux anciens dirigeants phocéens, [Tapie et Bernés] et qui est toujours en possession de la justice. Il sera défendu par Me Luc Misson, cet avocat belge à qui on doit le fameux « arrêt Bosman » de 1995.

C'est qu'Eydelie est à la fois l'agent exécutant et la principale victime de l'affaire VA-OM. Le seul que Jean-Pierre Bernès parviendra à convaincre de soudoyer les joueurs de Valenciennes avant le fameux match. Dans des conditions qu'Eydelie avait expliquées dans « Je ne joue plus », et que Marc Frattani avait récemment restituées : soit il acceptait d'être l'agent de la corruption, soit il ne jouait pas la grande finale de Munich contre le Milan AC. Faible, Eydelie accepte.

Commentaires

Vous rejoignez les conclusions de beaucoup de Français.

J'ai bien aimé ce matin l'éclairage publié, à la suite de l'émission de Ruquier de samedi, dans le blog de l'insolent.fr

http://www.insolent.fr/2009/05/le-glorieux-tapie-bayrou-et-les-informateurs.html

Écrit par : Emile Koch | 11/05/2009

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