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30/01/2009

Sarkozy veut imposer le nouvel ordre mondial

Le Post, Vendredi 29 janvier 2009

Ce vendredi 16 janvier 2009, notre président a présenté ses voeux  aux corps diplomatiques étrangers, une fois de plus il parla de ce nouvel ordre mondial, mais cette fois, en des termes très durs, presque menaçants :

“Nous irons ensemble vers le Nouvel Ordre Mondial, et personne, je dis bien personne ne pourra s’y opposer”.

Au moins le message a le mérite d’être clair : que le peuple le veuille ou non, les élites imposeront le Nouvel Ordre Mondial et personne ne pourra s’y opposer…

Cette mise en garde du Président français fait écho aux récentes mises en garde d’un des plus grands et plus influents éditorialistes au Monde, Gidéon Rachman dans le Times, comme nous l’avions signalé dans un précédent article et comme le rappelle Fonzibrain dans un très bon article d’Agoravox :

<< La manière dont Sarkozy nous présente le NWO me fait penser au texte de l’éditorialiste du Financial Time, Gideon Rachman, qui a crée la polémique avec son article “and now, for a world government “, qui comme son titre l’indique se fait l’apôtre d’un gouvernement mondial, mais tenez vous bien, non démocratique, parce que sinon ça ne fonctionne pas : “La gouvernance internationale ne tend à être efficace que lorsqu’elle est anti-démocratique“, dit-il avant de conclure : “Tant que personne ne cassera ce problème, ce plan de gouvernement mondial restera sous clé aux Nations Unies“. On apprend donc, une fois de plus que ce projet, celui d’un système fasciste à l’échelle planétaire existe, les plans sont là !  >>

Les promoteurs du NWO, sans doute bien informés par les services secrets et autres mouchards du style Echelon, sentent que la terre pourrait s’ébranler sous leurs pieds, et que leurs plans pourraient être mis à mal par des Mouvements pour la Vérité et pour des solutions alternatives au NWO…

Ce sera aux opposants au Nouvel Ordre Mondial de démontrer, par leur Discernement, par leur engagement personnel et collectif, qu’un autre Monde est possible que celui imposé par le sommet de la Pyramide pro-NWO : un Monde basé sur d’autres valeurs que l’argent à tout pris, que le progrès à tout prix, que la science sans conscience, que la concurrence et la concentration exacerbées…

Puissent ces Mouvements démocratiques s’organiser rapidement, car la course contre la montre entre le chaos pré-NWO et les solutions alternatives est désormais largement lancée !

Lire : La honte sioniste  http://www.the-savoisien.com/livres/Cavro-Demars%20Lucien...

"Il est clair que cette folie sioniste doit s'arreter car tous les peuples vont en payer le prix : l'extermination de la population"

"Nous pouvons détruire n’importe quelle capitale européenne"

Bellaciao, Mercredi 28 janvier 2009

Un Professeur israélien : 

Nous avons les moyens de détruire n’importe quelle Capitale européenne.

Par Nadim Ladki

http://iraqwar.mirror-world.ru/arti...

www.martinvancreveld.com/biography/

(IAP News) - Ce professeur et historien militaire israélien a laissé comprendre qu’Israël pourrait se venger l’holocauste en exterminant des millions d’Allemands et d’autres Européens.

Lors d’une interview publiée à Jérusalem vendredi, le professeur Martin Van Crevel a déclaré qu’Israël avait « la capacité d’atteindre la plupart des capitales européennes avec ses armes nucléaires ».

« Nous possédons plusieurs centaines d’ogives atomiques et de fusées et pouvons atteindre nos cibles dans toutes les azimuts, et même Rome. La plupart des capitales européennes font partie des cibles potentielles de notre Armée de l’air ».

Creveld, un Professeur d’Histoire militaire à l’Université hébraïque de Jérusalem, a précisé que la « déportation collective » par Israël était la seule stratégie efficace à appliquer aux Palestiniens.

« Les Palestiniens doivent tous être expulsés. Les gens qui luttent dans ce but (Le Gouvernement israélien) attendent simplement la venue de "la bonne personne au bon moment". Il y a seulement deux ans, 7 ou 8 % des Israéliens étaient d’avis que ce serait la meilleure solution, il y a deux mois c’était 33 %, et maintenant, selon un Sondage Gallup, le chiffre est de 44 % pour ».

Creveld a déclaré qu’il était sûr que le Premier ministre israélien Ariel Sharon avait déjà voulu expulser les Palestiniens.

« Je pense qu’il est tout à fait possible qu’il ait voulu le faire. Il voulait intensifier le conflit. Il savait que rien d’autre ne pourrait réussir ».

A la question de savoir « s’il s’inquiétait du fait qu’Israël deviendrait un état voyou s’il mettait en oeuvre une déportation génocidaire à l’encontre des Palestiniens, Creveld a cité les paroles de l’ancien Ministre israélien de la Défense Nationale, Moshe Dayan, qui avait déclaré "Qu’Israël devait être comme un chien enragé, trop dangereux pour qu’on le contrôle ».

Creveld soutient qu’Israël ne se soucie pas du fait de devenir un « état voyou ».

« Nos forces armées ne sont pas au trentième rang, mais aux deuxième ou troisième rang mondial. Nous avons la capacité de détruire le Monde avec nous. Et je peux vous assurer que cela arrivera avant qu’Israël ne disparaisse ».

http://www.iap.org

http://www.rense.com/general34/esde.htm

Martin van Creveld

Biographie

Martin van Creveld, Ancien professeur de l’Université hébraïque de Jérusalem, est un des auteurs leaders mondiaux sur l’histoire militaire et la stratégie, avec une spécialité sur les guerres du futur.

Il a écrit vingt ouvrages : “Supplying War” (1978), “Command in War” (1985), “The Transformation of War” (1991), “The Changing Face of War : Lessons of Combat from the Marne to Iraq” (2006), and “The Culture of War” (2008).). Il a aussi publié largement sur d’autres sujets, y compris des histoire sur les états, les femme et le Féminisme et l’Histoire américaine. Ces ouvrages ont été traduits en dix-sept langues.

Traduct Gilong.

Vous ne croyez pas que ça mériterait la « Une » des médias européens. Plus quelques intervention au Sénat à l’Assemblée ou aux autres instances des autres états européens.

L’indignation des Partis et Syndicats, et une mobilisation des citoyens qu’une bande de fachos religieux azimutés de la calebasse menace d’exterminer ?

Pourtant si c’était un quelconque jobard Iranien, ou Russe, ou Chinois, ou Vénézuélien, qui faisait cette déclaration, et qui soit publié dans la presse, je n’ose imaginer le ramdam et les tambours qui nous gonfleraient à longueur de journée.

S’il y avait simplement UN seul « vrai » journaliste, et UN seul « vrai » organe de presse, en France et en Europe, cette nouvelle qui court depuis trois jours sur le Web international aurait, au minimum, été reprise. Au moins pour la dénoncer comme fausse, (Mais hélas après vérification elle est vraie. Et surtout on sait tous depuis des lustres qu’Israël a de quoi raser la moitié de la Planète), ou si elle était vraie afin d’exiger que ceux qui ont la responsabilité de notre protection « expliquent » à ces gens qu’on va s’occuper d’eux sérieusement. Comme on s’est occupé d’autres en d’autres temps.

Mais c’est vrai qu’avant qu’on s’occupe des Maîtres à penser nazis des Sionistes d’aujourd’hui, nos dirigeants d’alors les ont financé puis ont attendu qu’on assassine 50 millions de gens, dont 5 millions de Juifs, (entre autres), avant de décider de faire quelque chose.

Bonne nuit et dormez bien.

En 1933 y en a qui faisaient de même… Pendant que Grand-Papa Bush et Wall-Sreet finançaient Hitler.

En 1938 y en a qui faisaient de même… Pendant qu’on exterminait la Tchécoslovaquie et la Pologne.

Juste après il se sont réveillés… Un peu tard pour continuer à vivre.

G.L.

29/01/2009

Le mythe de la persécution des chrétiens

A Reason-Based Initiative
Lundi 26 janvier 2009


En 2002, le livre « The Purpose Driven Life » s'est vendu à trente millions d'exemplaires et il est resté en tête des meilleures ventes pendant une des périodes les plus longues de l'histoire. Deux ans plus tard, le film abominablement sadomasochiste « La Passion du Christ » a battu les records du box-office, devenant le film classé R [Un film classé R peut contenir des thèmes destinés aux adultes, des activités d'adultes, un langage dur, une violence intense ou persistante, une nudité érotique, la présentation de consommation de drogue ou d'autres choses. Les parents sont donc invités à considérer ce classement sérieusement. Il est interdit aux enfants de moins de 17 ans d'assister à de tels films sans être accompagnés d'un adulte ou d'un accompagnant adulte – Ndt] ayant eu le plus de succès aux États-Unis. Il est presque impossible d'être élu à des postes publics sans faire état de sa relation avec le créateur de l'univers. Dans la nation occidentale la plus pieusement chrétienne, il est tabou de critiquer les croyances fondées sur la foi. Malgré cela, les chrétiens, particulièrement les évangéliques conservateurs, affirment être victimes d'importants assauts de la part des séculiers et des libéraux par rapport à leurs valeurs.

Rick Warren, l'auteur de « The Purpose Driven Life », nie l'évolution biologique. Il écrit dans son best seller, en fait un recueil de niaiseries, que Noé a été le premier homme à construire un bateau et qu'il n'avait jamais plu avant le déluge. Il considère que les actes homosexuels consentants sont pareils à la pédophilie. Pour tout dire, il est ridicule. Il s'agit du type d'individu qui devrait normalement être marginalisé dans une société sécularisée. Pourtant, il y a quatre jours, c'est lui qui a fait l'invocation lors de la cérémonie d'investiture de Barack Obama. Il a modéré le premier débat de l'élection générale présidentielle et il a de plus aidé à faire passer la proposition de référendum 8 contre le mariage des homosexuels en novembre, et ce, au nom de la liberté religieuse.      

Il est tellement frustrant de voir les chrétiens hurler à la persécution à chaque fois que quelqu'un fait remarquer que le dessein intelligent [croyance selon laquelle « certaines observations de l'univers et du monde du vivant sont mieux expliquées par une cause intelligente que par des processus aléatoires tels que la sélection naturelle » - Ndt] n'est pas une hypothèse scientifique sérieuse ou lorsque certains suggèrent que le Lévitique n'est pas vraiment l'oeuvre littéraire la plus enthousiasmante ou bien encore lorsque les personnes sécularisées s’opposent à la nature oppressive du fondamentalisme religieux. Les évangélistes ne sont pas opprimés ; ils sont les oppresseurs. Ils cherchent à estomper les lignes de démarcation entre l'église et l'État qui furent si ardemment défendues par Thomas Jefferson, qui n'était pas chrétien, de façon à ce que leurs croyances théologiques pénètrent dans le système judiciaire, le processus éducatif et dans les votes grâce aux référendums.

Mais ne vous y trompez pas, il s'agit là d'un mouvement fasciste particulier, conduit par des politiciens comme Mike Huckabee et Sarah Palin ainsi que des hommes d'affaires à la tête de méga-churchs comme Rick Warren. Les terroristes ne peuvent pas détruire cette grande nation, en revanche, ceux qui cherchent à rendre la Constitution étasunienne conforme à la Bible, le peuvent. Ceux qui pensent que la croyance au ravissement [croyance selon laquelle les chrétiens évangélistes seront ravis à la terre, mais assisteront à la bataille de l'Armaggedon se déroulant au Proche Orient. À cette occasion, les Juifs qu'ils mettent tant de zèle à rassembler, périront en majorité alors que leurs survivants reconnaîtront leur Christ revenu surgi au milieu du carnage. Dans le rôle des forces de l'Antéchrist, on trouve...les musulmans et les chrétiens arabes (sans parler de toutes les minorités) – Ndt] constitue une politique environnementale fondée peuvent la détruire. Et ceux qui refusent d’accepter qu'ils ont eux aussi un pied dans une société séculière, peuvent tout autant la détruire.


Note
:
Il est conseillé de visionner et transmettre le film documentaire de Radio-Canada, les « Chrétiens Sionistes » ainsi que la première et la deuxième émission de Daniel Mermet sur le même sujet.

 

Traduction : Lionel P. pour Futur Quantique.

28/01/2009

Indice Case Shiller octobre 2008

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Vidéo - Gouvernement Obama, la continuité

27/01/2009

Absolument pas ! Pas en leur nom, pas en notre nom

Michael Warschawski
Alternative Information Center

Dimanche 18 janvier 2009

 

Ehud Barak, Tzipi Livni, Gabi Ashkenazi et Ehud Olmert – n’essayez même pas de vous pointer à une commémoration en hommage aux héros des ghettos de Varsovie, Lublin, Vilna ou Kishinev. C’est pareil pour vous dirigeants de La Paix Maintenant, pour qui la paix signifie une neutralisation de la résistance palestinienne à tout prix, y compris la destruction d’un peuple. À chaque fois que je serai présent à de tels événements, je ferai personnellement tout ce qui est en mon pouvoir pour que vous en soyez exclus, car votre seule présence constituerait un immense sacrilège.



Pas en leur nom

 

Vous n’avez aucun droit de parler au nom des martyrs de notre peuple. Vous n’êtes pas la Anne Frank du camp de concentration de Bergen Belsen mais Hans Frank, le général allemand qui a organisé la famine et la destruction des juifs de Pologne.

Vous ne portez aucun héritage du ghetto de Varsovie, parce qu’aujourd’hui le ghetto de Varsovie est juste en face de vous, ciblé par vos propres tanks et votre propre artillerie, et son nom est Gaza. Gaza que vous avez décidé de rayer de la carte, comme le général Frank voulait éradiquer le ghetto de Varsovie. Mais, à contrario des ghettos de Pologne et de Biélorussie, où les Juifs étaient quasiment laissés à eux-mêmes, Gaza ne sera pas éliminé, car des millions d’hommes et de femmes aux quatre coins de la planète sont en train de construire un solide bouclier humain sur lequel trois mots sont inscrits : Plus jamais ça !

 

Pas en notre nom !

Avec des dizaines de milliers d’autres Juifs, du Canada à la Grande-Bretagne, d’Australie en Allemagne, nous vous prévenons : n’essayez pas de parler en notre nom, car nous vous poursuivrons, même si cela est nécessaire, jusqu’à l’enfer des criminels de guerre, et nous vous ferons ravaler vos propos jusqu’à ce que vous demandiez pardon pour nous avoir impliqués dans vos crimes. Nous, et pas vous, sommes les enfants de Mala Zimetbaum [Juive belge restée célèbre pour la résistance dont elle a fait preuve avant son exécution pour évasion du camp d’Auswitch-Ndt] et Marek Edelman [un des leaders du soulèvement du Ghetto de Varsovie en 1943-Ndt], de Mordechai Anilevicz [chef du soulèvement du ghetto de Varsovie-Ndt] et Stéphane Hessel [diplomate, ambassadeur et ancien résistant français qui a participé notamment à la rédaction de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948-Ndt], et nous transmettons le message qu’ils ont lancé à l’humanité aux combattants de la résistance de Gaza : « nous combattons pour notre liberté et pour la vôtre, pour notre honneur et pour le vôtre, pour notre dignité humaine, sociale et nationale et pour la vôtre. » (appel des insurgés du ghetto de Varsovie au monde, fête de Pessah 1943).


Mais pour vous, dirigeants d’Israël, « liberté » est un mot repoussant. Vous n’avez aucun honneur et vous ne comprenez pas ce qu’est la dignité humaine.


 

Nous ne sommes pas « une autre voix juive », mais la seule voix juive digne de parler au nom des saints torturés du peuple juif. Votre voix n’est rien d’autre que les vieilles vociférations bestiales des assassins de nos ancêtres.

 

 

Traduction française : Axel D.

25/01/2009

L’enfer de Dante est vivant et il se porte bien à Gaza.

Vittorio Arrigoni
Uruknet.info
Dimache 18 janvier 2009

 

 

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Un garçon palestinien souffre tandis qu’il reçoit des soins suite à une blessure reçue pendant une opération militaire menée par l’armée israélienne. Hôpital de Beit Lahiya, au nord de la bande de Gaza, le vendredi 16 janvier.

 

Dante Alighieri n’aurait jamais pu imaginer des cercles plus infernaux que les salles de soin remplies des damnés de l’hôpital de Jabalia. En ce lieu, les lois de la justice divine pointent vers leurs têtes : plus la victime est innocente, plus il est probable qu’elle subira les martyrs d’un bombardement. Dans les hôpitaux Kamal Odwan et Al Auda, le carrelage dans les salles d’urgence est toujours brillant.


Le personnel de nettoyage ne cesse de nettoyer le sang qui coule abondamment des brancards transportant sans arrêt des corps massacrés. Iyad Mutawwaq marchait dans la rue lorsqu’une bombe a éventré un bâtiment à côté de lui. Avec d’autres passants, il a couru pour essayer d’apporter de l’aide, à ce moment-là une deuxième bombe a été larguée sur le même bâtiment. Elle a tué le père de 9 enfants, deux frères et un autre passant qui s’étaient précipités pour aider les victimes. La même histoire s’est reproduite des dizaines ou même des centaines de fois. On largue une bombe, on attend que les premiers secours arrivent, puis on largue une deuxième bombe sur les blessés et les secouristes.


Dans l’esprit d’Iyad, ce sont des bombes étasuniennes, mais elles portent également le sceau de Mubarrack, le dictateur égyptien qui rivalise avec Olmert en terme de haine générée parmi les Gazaouis. Derrière le lit d’Iyad, un vieil homme ayant les deux bras dans le plâtre est couché et regarde le plafond, et l’on me dit qu’il a tout perdu : sa famille et sa maison. Il contemple les fissures du plafond, comme s’il cherchait une réponse à la destruction totale de son existence.


Avant la première Intifada, Khaled a travaillé 25 ans en Israël. En guise de remerciement, Tel-Aviv ne lui a même pas accordé une pension, seulement une salve de missiles sol-sol et air-sol tirés sur sa maison. Il a reçu des éclats d’obus sur tout le corps. Je lui demande où il compte aller après sa sortie de l’hôpital. Il me dit qu’il rejoindra sa famille, et vivra dans la rue. Comme pour Khaled, de nombreuses familles ne savent où s’abriter. Les plus chanceux ont été hébergés par de la famille ou des amis, mais est-ce une vraie vie que de s’entasser à cent personnes dans deux appartements de trois pièces chacun ? Deux bombes ont été larguées sur la maison de Ahmed Jaber et bien que sa famille ait tenté de s’enfuir, pour certains c’était trop tard. Une troisième explosion a enterré 7 de ses proches sous les décombres, dont deux enfants de 8 et 9 ans – les enfants de son voisin. Il déclare : « ils nous ont renvoyé dans le passé, en 1948. C’est leur punition pour l’amour de notre pays. Ils peuvent m’arracher les bras et les jambes, mais je ne quitterai pas ma patrie. » Un docteur me confie que la fille d’Ahmed, âgée de 7 ans, ou ce qu’il en reste, vient d’être ramenée dans une petite boîte en carton.


Ils n’ont pas le courage de lui dire et d’aggraver son état de santé déjà précaire. Dans l’après-midi, ils ont pris le téléphone d’Yiad pour éviter qu’il ne reçoive des mauvaises nouvelles supplémentaires. Un tank avait percuté le milieu de la maison de sa sœur, la décapitant au passage.


Finalement, le navire du mouvement Free Gaza n’a jamais atteint le port de Gaza. À environ 160 kilomètres de sa destination théorique, dans les eaux internationales, il a été intercepté par 4 navires de guerre israéliens déterminés à ouvrir le feu et éliminer son équipage de médecins, d’infirmières et de défenseurs des Droits de l’Homme. Personne ne doit oser s’opposer au massacre de civils qui bat son plein depuis désormais trois semaines.


À l’est de Jabalia, en face de la frontière, des témoins parlent des nombreux cadavres en décomposition qui jonchent les rues. La chair en putréfaction est dévorée par les chiens. Il y a également des centaines de personnes incapables d’aller où que ce soit, nombre d’entres elles sont blessées. Les ambulances ne peuvent tout simplement pas s’approcher, avec des snipers maniaques de la gâchette aux quatre coins du quartier. Les Palestiniens sont écoeurés d’attendre au milieu de l’indifférence générale, et nombre d’entre eux accusent même la Croix Rouge et les Nations Unies de ne pas en faire assez, de ne pas remplir leurs missions et de ne pas risquer non plus leurs vies pour sauver des centaines de blessés.


Ici à l’ISM (International Solidarity Movement – Mouvement de solidarité internationale) nous allons donc nous équiper de brancards et nous rendre à pied vers les zones où l’humanité a dépassé toutes les bornes, annihilant au passage sa propre existence.


Les colons adipeux assis dans les alcôves feutrées de la politique de salon rejouent le couplet des stratégies militaires contre le Hamas, tandis que nous subissons un véritable massacre. Ils bombardent les hôpitaux, et pourtant il y en a encore qui soutiennent le droit d’Israël à se défendre. Dans tout pays civilisé digne de ce nom, la légitime défense est proportionnelle à l’agression.


Au cours des 20 derniers jours, nous avons dénombré 1 075 victimes palestiniennes, dont 85 % de civils, et plus de 5 000 blessés, dont la moitié a moins de 18 ans. 303 enfants ont été atrocement massacrés. Cela équivaut à dire que pour Israël, l’extermination d’au moins 250 Palestiniens pour chacune de ses victimes civiles constitue un bain de sang légitime. Comment une réaction aussi disproportionnée ne peut-elle nous rappeler certaines des pages les plus sombres de l’Histoire contemporaine de l’Europe ?

 

Soyons clairs sur ce point : S’agit-il véritablement de légitime défense ? Aux journalistes comme Marco Travaglio, Piero Ostellino, Pierluigi Battista et Angelo Panebianco qui claironnent que le Hamas est entièrement responsable de ce génocide et de la fin de la trêve entre la Palestine et Israël, je voudrais leur rappeler la position des Nations Unies à ce sujet. Le professeur Richard Falk, rapporteur spécial auprès du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, a clairement exprimé sa position : c’est en fait Israël qui a rompu la trêve en novembre, en assassinant délibérément 17 Palestiniens. Le même mois, aucune victime israélienne n’avait été comptabilisée, de même qu’en octobre, en septembre et en août. Jimmy Carter, ex-président des États-Unis et prix Nobel de la Paix, a également souligné ce point récemment. Il est tout bonnement honteux qu’un journaliste comme Travaglio, qui a gagné notre admiration en tant qu’ardent défenseur de la liberté de la presse, soutienne désormais l’armée israélienne et distrait les masses dans ses interventions télévisées tout en s’amusant du passe-temps le plus à la mode à l’heure actuelle – le tir sur les enfants de Gaza.

 

Alors que je tape ces mots sur mon clavier dans le bureau de l’agence de presse de Ramattan, tous les journalistes palestiniens autour de moi portent des gilets pare-balles et des casques. Ils ne reviennent pas d’un trajet en tank – ils sont juste là assis devant leurs ordinateurs. Deux étages plus haut, les bureaux de Reuters ont été récemment atteints par une roquette, qui a grièvement blessé deux personnes. Quasiment tous les étages du bâtiment sont actuellement vides, et seuls les journalistes les plus héroïques sont encore là. L’histoire de cet enfer doit, d’une manière ou d’une autre, continuer à être racontée. Et pourtant plus tôt cette semaine, l’armée israélienne avait assuré à Reuters qu’il n’y avait pas besoin d’évacuer les locaux et qu’ils étaient en sécurité dans les bureaux. Ce matin, on a dénombré de nombreuses victimes suite au bombardement du bâtiment des Nations Unies, construit ainsi que d’autres, grâce aux financements du gouvernement italien. Berlusconi où es-tu ?


John Ging, chef des opérations de l'UNRWA à Gaza, agence des Nations Unies pour les réfugiés Palestiniens et témoin de ce conflit, a clairement parlé de bombes au phosphore. Dans le quartier de Tal el Hawa situé dans la ville de Gaza, une aile entière de l’hôpital Al Quds est actuellement en feu, et Leila, une collègue de l’ISM est également enfermée à l’intérieur avec 40 médecins et infirmières, et une centaine de patients. Elle nous a décrit ces dernières heures dramatiques par téléphone. Un tank est posté en face de l’hôpital. Les snipers sont partout, prêts à tirer sur tout ce qui bouge. Tout est destruction. Pendant la nuit, depuis leurs fenêtres, ils ont vu un bâtiment prendre feu après avoir été bombardé. Ils ont entendu les cris de toute une famille, y compris des enfants, appelant désespérément à l’aide. Ils ne pouvaient rien faire et ont vu les corps dévorés par les flammes, des torches humaines courant dans la rue et finalement réduites en cendre. L’enfer a une nouvelle adresse, il a pris place au cœur de Gaza, et nous sommes les damnés ciblés par une haine inhumaine.


Restez humains.


Traduction de l’italien vers l’anglais : Daniela Filippin

 

Traduction française : Axel D.

L'ONU veut poursuivre Bush et Rumsfeld

 

 

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Photo : La Presse Canadienne /Brennan Linsley (archives)

Le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Manfred Nowak, demande au nouveau gouvernement des États-Unis d'engager des poursuites judiciaires contre l'ex-président George W. Bush et son ancien secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, pour torture et mauvais traitements de prisonniers à la prison de Guantanamo.

Selon Manfred Nowak, qui s'exprimait mardi sur les ondes d'une chaîne de télévision allemande, il est juridiquement du devoir des États-Unis d'engager ses poursuites.

Le rapporteur spécial de l'ONU, auteur d'un rapport d'enquête sur la prison de Guantanamo, a expliqué que les États-Unis étant signataires de la Convention de l'ONU contre la torture, ils devaient s'y conformer. Manfred Nowak a d'ailleurs rappelé que le libellé de ce texte oblige ses signataires à recourir « à tous les moyens, en particulier ceux du droit pénal », pour poursuivre les coupables de tels actes.

« Nous avons tous ces documents, aujourd'hui d'accès public, qui prouvent que ces méthodes d'interrogatoire ont été expressément ordonnées par monsieur Rumsfeld. Mais évidemment, les plus hautes autorités des États-Unis étaient au courant », a déclaré Manfred Nowak.

Questionné sur la possibilité réelle de voir de telles poursuites engagées un jour contre le président sortant et son secrétaire à la Défense, M. Nowak a répondu que « les preuves sont sur la table. On ne va pas tourner autour du pot: c'était de la torture », a-t-il ajouté.

Manfred Nowak se questionne cependant sur la capacité du droit américain de reconnaître comme telles les formes de tortures employées à la prison de Guantanamo lors de l'interrogatoire des prisonniers qui y sont détenus.

Or, le rapporteur spécial de l'ONU n'est pas le premier à préconiser ce genre de poursuites contre les membres de l'administration Bush. Plusieurs procédures judiciaires pour torture ont en effet été intentées contre Donald Rumsfeld par des groupes de défense des droits de l'homme français, allemands et américains.

Dans un rapport du Sénat américain, Donald Rumsfeld figure d'ailleurs parmi les personnes désignées comme étant responsables des mauvais traitements sur des détenus dans les prisons américaines.

Selon ce même rapport, l'ex-secrétaire à la Défense aurait autorisé en novembre 2002 l'utilisation de techniques d'interrogatoire musclées à la prison de Guantanamo pour faire parler les détenus.

L'ex-président George W. Bush aurait également lui-même signé un document le 7 février 2002, autorisant le recours à des méthodes d'interrogatoire coercitives contre de présumés terroristes détenus à Guantanamo.


Radio-Canada.ca avec Agence France Presse

24/01/2009

Un responsable palestinien appelle la Cour Internationale à poursuivre Israël

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Le président par intérim du Conseil Législatif Palestinien, a envoyé, jeudi, un message au procureur général de la Cour pénale internationale. Dr. Ahmed Bahar, a appelé à l'arrêt des chefs israéliens responsables de l'affreuse guerre menée par le gouvernement israélien contre les habitants de la bande de Gaza.

Il a affirmé que les occupants israéliens ont utilisé toutes sortes d’armes prohibées. Ils ont, à titre d'exemple, utilisé des obus au phosphore blanc contre les civils palestiniens. Ils ont bombardé des immeubles résidentiels pour tuer des civils, des enfants, des femmes, des personnes âgées. Ils ont également tué des secouristes, des journalistes et même des fonctionnaires de l’ONU.

Il a rappelé que les occupants israéliens ne respectent aucune convention, aucun accord des Nations Unies concernant les civils. Ils n’ont pas non plus respecté la décision de l’organisation mondiale leur ordonnant d’arrêter leur agression contre la bande de Gaza.

Enfin, Bahar a exhorté la cour internationale à assumer son rôle et juger les chefs israéliens, en appliquant les décisions internationales.

Article original : Almanar

Version française : Alterinfo

Flashback : Barak Obama, le loup déguisé en agneau

Signs of the Times
Mercredi 01 août 2007

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Le progressiste Barack Obama est charismatique, attendrissant, apparemment inoffensif, progressiste. Quelqu'un est désormais capable de remettre les États-Unis sur le droit chemin. S'il passe le stade des (s)élections primaires, et puis le processus de (s)élections qui s'ensuit, comment ça s'appelle déjà... ah oui les (s)élections (p)résidentielles, il mettra un terme au massacre insensé de civils innocents motivé par l'appât du gain qui constitue désormais le fondement de «la guerre contre la terreur» et les Étasuniens ne seront plus dérangés dans leur complaisance apathique par des histoires de jeunes enfants de couleurs décapités par un courageux adolescent étasunien armé d'une mitrailleuse de calibre 12,7. Voyez, le Vietnam et My Lai étaient gérables car on avait réussi à les présenter comme une «tragédie étasunienne», mais cette histoire irakienne devient incontrôlable! Après tout, les histoires qui se déroulent là-bas sont censées rester là-bas et non pas filtrer dans les colonnes des quotidiens étasuniens soigneusement manipulés et dans l'esprit fragile des Étasuniens moyens.

 

Obama est donc celui qui va tout régler, n'est-ce pas ? Il va mettre fin à la décadence républicaine ! Ou est-ce que j'ai raté un épisode ?

Oui, vous l'avez deviné, J'ai loupé un détail.

 

Obama: je suis prêt à envahir le Pakistan pour traquer les terroristes.

UK Times online
1er août 2007

« Barak Obama, le candidat démocrate aux présidentielles, a tenté hier de réfuter des déclarations relatives à son laxisme en matière de sécurité intérieure en promettant d'envoyer des troupes au Pakistan pour traquer les terroristes - même sans autorisation du gouvernement de ce pays.

[souvenez-vous de ce passage: «même sans autorisation du gouvernement de ce pays»]

Debout devant la bannière étoilée, M. Obama a déclaré: «il y a, dissimulés dans ces montagnes, les terroristes qui ont tué 3.000 de nos compatriotes. Ils préparent une nouvelle attaque... si nous recevons des renseignements fiables au sujet des cibles terroristes stratégiques et que le président Musharraf ne réagit pas, nous le ferons. »

Le problème voyez-vous, et Obama en a conscience, est que l'étiquette « progressiste » ne suffit plus, en fait elle n'a jamais suffit. Les « progressistes » ne sont simplement pas « présidentiables », et même Obama le musulman, qu'il soit «  fils de berger kenyan» ou pas, sait que pour devenir Président des États-Unis d'Amérique, il faut se salir les mains, de préférence avec le sang de victimes innocentes - surtout si elles sont musulmanes et Pakistanaises.

Il est désormais probable qu'une vaste majorité d'Étasuniens sont opposés à la guerre en Irak et commencent à penser que laisser Bush envoyer des adolescents nourris au bœuf aux hormones et croyant que «la vie est un jeu vidéo de tir à la première personne» libérer la plus ancienne culture de la planète n'était peut-être pas une si bonne idée, mais Obama sait quelque chose que le peuple étasunien ignore: ce que les Étasuniens pensent et ce qu'ils veulent n'a plus d'importance et n'en a jamais eu. En fait, le peuple étasunien est en quelque sorte insignifiant, en particulier lorsqu'on essaye de devenir le prochain locataire de la Maison-Blanche.

Non, vraiment, oubliez la plèbe, la manière la plus sûre d'atteindre le fauteuil cossu du Bureau Ovale et de répéter au mot près, ce que les néo conservateurs et leurs maîtres sionistes racontent, parce que de nos jours ce sont eux qui définissent les orientations de la politique étrangère étasunienne et qui décident si un État souverain doit être «libéré», ou si un traitement à base de bombes anti-bunkers serait plus efficace pour éradiquer la terreur répandue par une poignée de jihadistes barbus qui néanmoins menacent de toute part les vies des gens épris de liberté et qui nous ont également « attaqué le 11 septembre ».

C'est donc exactement ce qu'a fait Obama hier ; il a simplement répété ce que le super néo conservateur Bill Kristol avait déclaré deux semaines auparavant :

 

Le néo conservateur Bill Kristol s'attend à ce que Bush attaque le Pakistan

RawStory
12 juillet 2007

Un correspondant de Fox a ensuite cité une dépêche selon laquelle « Al-Qaeda... quitte l'Irak, à destination apparemment du Pakistan» et a demandé «la diffusion de cette dépêche est-elle délibérée afin de légitimer une intervention imminente au Pakistan ? »

Kristol a répondu: «je pense que le Président va devoir y mener des opérations militaires au cours des quelques semaines ou mois à venir. ... Bush va devoir intervenir dans ce sanctuaire.»

« Franchement, je pense que nous ne préviendrons même pas Musharraf » a ajouté Kristol. « Nous ferons ce que nous avons à faire dans l'Ouest du Pakistan et Musharraf pourra dire «Oh, ils ne m'ont pas informé ».

Et quel est l'objectif poursuivi par Kristol et Obama dans l'Ouest du Pakistan ? D'après Seth Jones, un spécialiste de l'Asie centrale au RAND Institute une telle attaque « provoquerait d'importantes émeutes au Pakistan et au sein du monde arabe, et cela déclencherait une révolte majeure contre les troupes étasuniennes.»

Vous pouvez me traiter de « fouille merde » si vous le souhaitez (mais pas de « fils de berger kenyan »), mais n'est-ce pas une étrange coïncidence de voir Obama reprendre quasiment la même politique pakistanaise que le « conseiller de Bush » et architecte de la boucherie irakienne, Bill Kristol a défendu il y a plus de deux semaines, alors que cette approche sert une uniquement le projet d'un petit État du Moyen-Orient visant à créer de toutes pièces la justification permettant d'effacer ses ennemis arabes de la carte ? Que pouvons-nous en déduire sur l'identité de ceux qui, aujourd'hui, détiennent vraiment le pouvoir aux États-Unis ?

Il y a ceux qui suggèrent que la plupart des politiciens étasuniens sont entièrement contrôlés par les néo conservateurs sionistes et les groupes de pression israéliens associés, car à un moment ou à un autre, ils ont tous été pris en flagrant délit de Deborah Jean Palfrey la maquerelle de Washington jusqu'au membre républicain du Congrès Mark Foley. Je suis plutôt d'accord avec cette suggestion, non pas que je sois cynique, mais parce que c'est très probablement vrai.

Accessoirement, la déclaration d'Obama était soi-disant :

« conçue afin de renforcer sa crédibilité en tant que chef des armées potentiel par le soutien apporté à une opération militaire préventive que même le président Bush a refusé de lancer jusqu'à ce jour »

ce qui prouve une fois de plus que les États-Unis sont totalement et complètement barjos (pour utiliser la langue vernaculaire), car tandis que le monde entier honnit Bush et ses maîtres et les reconnaît pour les tueurs psychopathes d'enfants qu'ils sont, le consensus malheureusement juste au sein de la sphère politique étasunienne est que la seule manière qu'un « sélectionné » potentiel comme Obama ou Hillary s'assure le poste de président après les 8 années de carnage du règne Bush, est de ne pas appeler à la fin de la guerre (ce que veut le peuple américain) mais d'aller encore plus loin que Bush dans l'orgie meurtrière, et de le faire selon la partition écrite par les néo conservateurs sionistes. Et il apparaît que l'ex-démocrate progressiste Obama sera à la hauteur de la tâche.

Alors, vous avez peur maintenant ? Vous devriez.

Traduction française : Axel D.

La Défense dirigera-t-elle le « véritable » programme de relance ?


Catherine Austin Fitts
Solari
12 janvier 2009

Note : La biographie de l'auteur est extraite de Wikipedia : Fitts a travaillé comme directrice générale et a été membre du conseil de direction de la banque de Wall Street, Dillon, Read & Co.Inc. Elle a aussi été secrétaire adjointe de la commission sur le logement  au département du Logement et du Développement Urbain des États-Unis durant la première administration Bush. Elle a été la présidente de l'Hamilton Securities Groupe Inc, une banque d'investissement et un développeur de logiciel financier. Elle est titulaire d'un BA de l'Université de Pennsylvanie, d'un MBA de la Wharton School et elle a étudié le mandarin à l'Université Chinoise de Hong Kong.


Dans le rapport fiscal de 1999, le département de la Défense avait « égaré » 2,3 trillions de dollars. Cette somme équivaut approximativement à trois fois la somme que le président se propose de dépenser pour relancer les États-Unis.
Dans le rapport fiscal de 2000, le département de la Défense avait « égaré » 1,1 trillions de dollars, soit une fois et demie ce que le président élu Obama veut investir aux États-Unis.

Ainsi, entre octobre 1998 et septembre 2000, le département de la Défense a « égaré » 3,3 trillions de dollars. Cette somme d'argent est si énorme que nous avons commencé, il y a quelques années, à archiver les articles sur « l'argent égaré » pour suivre ces trillions qui avaient disparu des comptes fédéraux.

De mars 1997 à mars 2001, le sous-secrétaire à la Défense (contrôleur) qui officiait comme chef du service financier du département de la Défense était William J. Lynn III. A ce poste, il était donc le principal conseiller du secrétaire et du secrétaire adjoint de la Défense dans les domaines budgétaires et fiscaux. Cela signifie qu'il était la personne responsable de ce qu'aucun argent ne s'égare et que le département d'État publie les déclarations financières après audit. C'est ce qu'il n’a pas réussi à accomplir durant ces années et toutes celles qui ont suivi.

Lorsque M. Lynn a quitté la Défense en 2001, il a rejoint DFI International et en 2005, il est devenu le lobbyiste en chef de Raytheon. Il a été remplacé à la Défense par Dov Zakheim.

Le président élu Obama a nommé aujourd'hui William J. Lynn au poste de secrétaire adjoint à la Défense. Le communiqué de presse a dit, « Lynn nous rejoint avec des dizaines d'années d'expérience et une expertise dans les réformes de dépenses de l'État et dans les choix difficiles et nécessaires pour s'assurer que l'argent des contribuables étasuniens soit dépensé avec sagesse. »

Obama a aussi nommé Robert Hale à la place qu'occupait Lynn, sous-secrétaire à la Défense (contrôleur des finances). M. Hale a officié de 1994 à 2001 en tant que secrétaire adjoint de l'armée de l'air (gestion financière et contrôleur des finances). Cela signifie que Hale, tout comme Lynn, était chargé de ces fonds lorsqu'ils ont disparu.

Je parie que les gars qui ont touché les 3,3 trillions ont été très satisfaits du travail de M. Lynn et M. Hale et qu'ainsi ils ont décidé de leur remettre le pied à l'étrier.

Cela me ramène à la question que je ne cesse de poser, « Où est l'argent et comment pouvons-nous le récupérer ? »


Note : Pour ceux d'entre vous qui souhaiteriez mieux comprendre l'ampleur du problème soulevé, en terme financier et politique, l'équipe de Future Quantique vous conseille l'audition (malheureusement réservée à ceux qui comprennent l'anglais ou qui ont des amis capables de traduire et de transmettre) de ce document incroyable où la courageuse membre du Congrès des États-Unis, Cynthia Mac Kinney demande des comptes à Donald Rumsfeld. Ce document souligne l'impunité totale dont bénéficient les hauts responsables du complexe militaro-industriel, puisque l'intervention de cette noble dame n'aura eu aucune suite et qu'aucun organe de presse 'officiel' n'aura fait référence à ce scandale dont les proportions dépassent l'imagination.

 

Traduction française : Lionel P.

23/01/2009

Des gisements de gaz au large d'Israël et de Gaza permettent d'envisager des projets communs

William A. Orme Jr
The New York Times
Vendredi 15 janvier 2009


En effectuant des forages au large des côtes d'Israël et de Gaza, des sociétés pétrolières ont découvert des réserves de gaz qui pourraient profiter à l'économie palestinienne et donner à Israël un avant goût d'indépendance énergétique.

Des experts de l'industrie pétrolière, parmi lesquels ceux des plate-formes géantes, disent que les Palestiniens et les Israéliens en bénéficieront s'ils travaillent ensemble dans un partenariat aux enjeux importants. Les experts prétendent que les uns sont nécessaires aux autres pour développer ces réserves off shore puisque seuls ils ne peuvent financer les milliards de dollars d'investissements pour les pipelines et  les systèmes d'extraction envisagés. 

Les Palestiniens et les Israéliens écartent toute discussion sur une collaboration et les problèmes territoriaux et les hostilités de longue date pourraient facilement entrer en jeu. Les deux parties parlent avec optimisme du riche filon potentiel.

Nabil Shaath à déclaré, « C'est important pour l'économie palestinienne car nous ne serons plus dépendants en permanence des aides étrangères. » Le ministre palestinien de la planification espère que ces gisements de gaz fourniront l'électricité nécessaire aux besoins locaux dans les trois ans et qu'il y en aura assez pour exporter.  

Yehezkeel Druckman, le commissaire israélien au pétrole qui supervise les explorations offshore depuis un petit bureau de deux pièces au ministère national des Infrastructures est lui aussi plein d'espoir.

Il a calculé récemment qu'Israël avait maintenant entre 80.000 et 130.000 mètres cube de réserves de gaz prouvée. M. Druckman estime que cela constitue un dixième des réserves de l'Egypte qui sont parmi les plus importantes du monde. Mais elles sont suffisantes pour fournir le réseau électrique israélien actuel pendant 25 ans. « et il pourrait y en avoir plus encore » a-t-il déclaré cette semaine.

L'exploration systématique a commencé cette année et les responsables israéliens sont encouragés en cela par les importants gisements qui ont déjà été identifiés, bien que leur quantité, et leur qualité ne peuvent être connus avant que le gaz ne commence à couler. De plus, de nombreux aspects pourraient mal tourner avant qu'une production profitable soit atteinte.

Mais pour un pays comme Israël qui n'a jamais eu de réserves domestiques, et qui pour des raisons politiques a été obligé d'importer presque tout son carburant depuis des régions situées bien au-delà des limites du Moyen-Orient, ces découvertes sont sensationnelles.

« Les Israéliens on l'habitude de rire de ce que Moïse a erré dans le désert durant 40 ans avant d'arriver dans un lieu dépourvu d’énergie » a dit Leonard Coburn, le grand spécialiste du Moyen Orient au département de l'Énergie à Washington. « Tout à coup ils ont de l'énergie. C'est un changement extraordinaire. »

Quelques mois seulement après avoir atteint un gisement de gaz au large des côtes israéliennes, cette plate-forme de forage s'est déplacée pour s'ancrer à 30 km de la bande de Gaza par 580 m de profondeur, elle est sur le point de finir le premier projet d'exploration dans les eaux palestiniennes.

Bien avant que le Southern Cross ne fore les fonds sous-marins, les cadres de l'industrie anticipaient des réserves plus importantes que les Palestiniens ne pourraient en consommer, mais qui pourraient être vendues à Israël et venir s'ajouter aux gisements récemment découverts. « Que pourrions-nous faire d'autre avec des quantités de gaz suffisantes pour être commercialisées ? » a déclaré Saïd Khoury, qui est co-propriétaire de la Consolidated Contractors Company, le partenaire minoritaire palestinien de l'entreprise.

Hors des cercles étroits de l'industrie et des plus hauts échelons des deux gouvernements, peu de gens sont conscients de l'échelle de l'exploration et de la taille estimées des réserves.

Le gouvernement israélien, qui travaille actuellement sur un projet de conversion à long terme au gaz, doit publier ses estimations sur les gisements et semble peu disposé à faire la publicité de sa collaboration avec ce qui pourrait constituer un riche gisement similaire pour les Palestiniens.


Le bureau du Premier ministre Ehud Barak a refusé de s'exprimer sur le sujet, bien que des fonctionnaires du ministère de la Défense aient dit que M. Barak avait donné l'ordre de ne pas interférer avec les forages à Gaza. Les responsables palestiniens restent eux aussi muets, refusant même de révéler les termes de leur accord d'exploration.

Les dirigeants du BG Group, la société géante spécialisée dans l'énergie et qui a une concession exclusive de 25 ans dans les eaux de Gaza et des licenses sur 360 km2 au large d’Israël, ont déclaré que, sans les récentes avancées dans le domaine des forage en eaux profondes et les techniques de sondage du type sonogramme, il aurait été techniquement impossible de repérer ces gisements.

La société a déclaré avoir déjà dépensé 25 millions de dollars dans cet effort d'exploration conjointe et qu'elle dépensera encore des « centaines de millions » au cours des deux prochaines années.

En partageant leur point de vue sur ce que le premier échantillon prélevé des fonds marins de Gaza a révélé au microscope, les géologues à bord du Southern Cross ont apprécié ce qu'ils ont vu : des cristaux distincts organisés en densité et en répartition suffisantes pour piéger le gaz naturel. « Bonne porosité » a déclaré Hugh Miller, un originaire de l'Alabama qui dirige les opérations de BG en Israël et dans l'Autorité palestinienne.

A l'extérieur, des ouvriers en débardeurs solidement charpentés luttent pour introduire des longueurs de tuyaux neufs dans le forage long de 1600 mètres qui n’est maintenant qu'à 180 mètres de la pocherciblée et dont BG pense qu'elle contient des sables saturés en gaz. « Tout comme une grosse perceuse, » cria l'ingénieur en chef du forage, alors que celui-ci s'enfonçait plus profondément dans le vieux sédiment.

Bien que la mer soit tranquille et le climat favorable à cet endroit, le BG Group – qui a succédé pour 25 milliard de dollars à l'ancien British Gas et qui a des entreprises dans le domaine de l'énergie aux quatre coins de la planète - déclare que la politique de l’opération est aussi décourageante que toutes celles auxquelles il a été confronté.

L'an dernier, BG est devenu la première compagnie d'énergie à demander une concession d'exploration dans l'histoire d'Israël, mettant fin à ce qu'Israël avait depuis longtemps dénoncé comme un boycott tacite envers leur pays par les principales compagnies pétrolières et gazières. Mais lorsque Yasser Arafat, le président de l'Autorité palestinienne, a signé un accord à Londres en novembre accordant une concession exclusive sur 25 ans à BG afin qu'elle explore pour trouver du pétrole et du gaz au large de Gaza, la société savait que légalement elle embarquait vers l'inconnu.

Pour commencer, l'existence d'eaux territoriales palestiniennes n'était pas claire étant donné l'absence de statut de souveraineté de l'Autorité. Les accords d'Oslo avaient accordé au Palestiniens une bande de mer limitée à des « activités économiques, de pêche et de loisir », mais aucune mention n'existait au sujet des ressources situées sous la Méditerranée.

L'Autorité et BG ont raisonné par défaut, la zone située entre la frontière Est de la limite des frontières maritimes de l'Egypte et la zone d’exploration auto-identifiée par Israël était palestinienne. Bien que pour des raisons de sécurité, Israël pouvait restreindre le trafic maritime au large de Gaza, il ne réclama jamais de droits économiques à cet endroit.

BG a négocié un accord avec les Palestiniens pour dépenser jusqu'à 500 millions de ses fonds  pour le développement du gaz naturel au large de Gaza, avec l'assentiment silencieux du Premier ministre Barak. Selon des termes qui n'ont pas été dévoilés, l'Autorité palestinienne percevra une part de la production et elle pourra prélever des taxes sur l'activité. (En Israël, le gouvernement prélève 12,5% sur toute découverte de gaz et une taxe de 36% sur les profits.)

« Nous voulons, autant que possible, jouer cette partie sans frontières, car les roches n'ont pas de frontières, » à déclaré M. Miller. « Le but du jeu est là, trouver le gaz palestinien sur le marché israélien, ce qui doit être bon pour la paix. »

Jusqu'à maintenant, les affaires de gaz semble en meilleures voies que l'effort de paix. Les Israéliens et les Palestiniens respectent l'un et l'autre la division non-officielle des droits d'exploration, en dépit des objections des Israéliens de droite et de sociétés pétrolières locales, qui poursuivent Israël au tribunal afin d'arrêter les forages de Gaza.

En avertissement de ce qu'un gouvernement israélien différent pourrait brutalement arrêter cette entreprise, David Naveh, un des dirigeants du Likoud, a affirmé que M. Barak ne pouvait pas autoriser l'exploitation palestinienne de ce qu'il a nommé le territoire israélien sans l'accord du Parlement.

Pour compliquer encore plus les choses, le gaz a été situé dans au moins deux grandes structures à cheval sur la ligne de démarcation confuse entre les eaux palestiniennes et israéliennes. Les deux parties doivent décider comment allouer ces réserves qui pourraient avoir un durée de production de 10 à 20 ans.

Afin de développer ces réserves efficacement, Israël et les Palestiniens devraient travailler ensemble. Ni l'un ni l'autre ne peuvent se permettre des usines et des pipelines séparés pour pomper le gaz vers leurs marchés respectifs. Selon M. Miller et d'autres experts, l'investissement approcherait le milliard de dollars s'il était fait conjointement.

Les responsables officiels des deux côtés disent que ce partenariat est crucial car les Palestiniens devraient jouer un rôle nouveau en tant que fournisseur d'énergie pour Israël, où la demande en électricité est 10 fois supérieure à celle de la Palestine et elle augmente de 7% chaque année. M. Shaath, le ministre palestinien du Plan, a déclaré qu'en plus d'Israël, le surplus de production de gaz palestinien trouverait d'autres marchés. Parmi ceux-ci on pense à la Jordanie et plus tard, la Turquie ou à la clientèle européenne grâce à un pipeline qui pourrait passer par l'Egypte. 

Ces découvertes devraient non seulement fournir de l'énergie aux Israéliens et aux Palestiniens, mais aussi de l'eau douce. Les ressources de gaz naturel devraient rendre abordables des usines de dessalement, couplées aux infrastructures de production d'énergie qui desservent les zones côtières densément  peuplées de Gaza et d'Israël. Cela devrait aider à résoudre le problème de la rareté de l'eau, qui est un des plus aigus parmi ceux rencontrés au plan diplomatique et environnemental dans la région.

Les experts prévoient que malgré les gisement de gaz offshore, les Israéliens et les Palestiniens devront importer du pétrole pour leur besoin en terme de transports.

En tout cas pour les Palestiniens, le gaz local apporterait une dimension d'indépendance énergétique bien venu par rapport à Israël, qui leur fournit actuellement la totalité de l'électricité. Les Palestiniens prévoient d'ores et déjà d'utiliser les ressources de gaz offshore dans les trois nouvelles usines de production électrique qu'ils mettent sur pied.

Pour les Israéliens qui sont économiquement forts et dont le gaz devrait jaillir en premier, l'impact de cette ressource inespérée pourrait être autant psychologique que financier.

A cause d'une absence de choix, Israël a depuis toujours dépendu du pétrole provenant de l’extérieur du monde arabe: Il fait venir actuellement son charbon d'Australie, de Colombie et d'Afrique du Sud. Son pétrole brut provient de Norvège, d'Angleterre et du Mexique.

Les experts disent que le fait qu'Israël possède ses propres réserves de gaz (et qu'il ait accès au gaz palestinien) devrait faciliter l'achat de gaz supplémentaire à l'Egypte, qui construit actuellement un pipeline vers la frontière israélienne. L’objection d’Israël envers le gaz égyptien venait de la peur de dépendre d’une seul fournisseur arabe.

Yossi Meiman, un Israélien dont la société a proposé une desserte du gaz égyptien vers les usines de production électriques, espère qu'Israël et les Palestiniens développeront un réseau de gaz intégré. Il a déclaré que « si vous voulez vivre dans une région où les gens ne se jettent pas de pierres, le meilleure manière d'y parvenir est de créer une dépendance mutuelle. »

 

Traduction française : Lionel P. pour Futur Quantique.

 

Des balles dans la tête, un éclat d’obus dans la colonne vertébrale : les terribles blessures subies par un enfant de Gaza

Topaz Amoore
Telegraph

Samedi 17 janvier 2009

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Un jeune garçon palestinien blessé dans un hôpital de Gaza

 

Les docteurs d’un hôpital près de Gaza sont quasiment dépassés par le nombre d’enfants palestiniens ayant besoin de soins suite à des blessures par balle à la tête.

La semaine dernière, en une seule journée, le personnel soignant de l’hôpital El-Arish dans le Sinaï a dû mener des examens cérébraux poussés par tomographie axiale assistée par ordinateur sur un enfant de 9 ans, deux de 10 ans, et un autre de 14 ans – chacun d’entre eux avait encore une balle logée dans le cerveau, après avoir été la cible de tirs pendant l’attaque terrestre israélienne contre Gaza.

Le docteur Ahmed Yahia, chef du service de traumatologie, a annoncé à la grand-mère d’Anas, âgée de 9 ans, que sa petite fille ne survivrait pas.

« Anas était dans une coma profond lorsqu’elle est arrivée, et elle est toujours dans un coma profond » a déclaré Yahia. « La balle a endommagé une grande partie du cerveau. Elle est entrée dans le cerveau, a heurté la boîte crânienne puis a suivi une trajectoire descendante. J’ai vu de nombreuses blessures par balle et je pense que dans le cas présent les dégâts sont tellement importants qu’ils pourraient s’avérer mortels. »

Le Dr. Yahia, professeur de neurochirurgie qui a travaillé aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, estime que la balle a été tirée de près. « Si la balle change de direction dans le cerveau, cela signifie que sa vitesse et sa force de pénétration sont élevées » a-t-il déclaré.

« Je ne peux pas vraiment dire si ces enfants sont pris pour cibles, mais dans certains cas la balle entre par le front et pénètre vers l’arrière de la tête, j’en déduis donc que l’arme a été directement pointée vers l’enfant. »

Alors qu’Israël se préparait hier à un éventuel cessez-le-feu, ses dirigeants ont continué à nier que ses soldats ont délibérément ciblé des civils, reprochant aux combattants du Hamas de se cacher parmi les habitants de Gaza et de les utiliser comme boucliers humains.

Mais la magnitude des souffrances subies par Gaza et son énorme impact sur les plus jeunes sont indéniables. Les Nations Unies ont dénombré 346 enfants palestiniens tués depuis le début de l’attaque israélienne, tandis que selon le Hamas, le parti islamique radical qu’Israël essaye d’éliminer, il y a 410 enfants parmi les 1201 victimes palestiniennes.

Encore plus d’enfants ont été blessés – 1 630 selon le Hamas – parmi lesquels une proportion troublante ayant subi de graves blessures à la tête.

Des centaines de victimes de l’attaque israélienne qui dure depuis trois semaines ont été transférées à Rafah, de l’autre coté de la frontière égyptienne pour être traitées en urgence. Elles sont d’abord examinées à El-Arish, à quasiment 60 km de la frontière. Pour des patients qui sont souvent sous assistance respiratoire, il s’agit d’un dangereux périple à travers une zone de combat.

D’après l’un des chefs d’équipe de l’hôpital, le docteur Ayman Abd al-Hadi, il s’agit du pire conflit qu’il ait connu. «  Nous avons reçu un enfant qui avait deux balles dans la tête et nulle part ailleurs », a-t-il déclaré « nous pensons que cela signifie quelque chose ».

Il a loué les équipes médicales de Gaza qui ont réussi à sauver tant de vies malgré des pénuries de personnels, de consommables et d’équipements. « Mais seulement un petit pourcentage survit à des blessures par balles à la tête » a-t-il ajouté. Si nous voyons ici trois enfants survivre à de telles blessures, ils y en a probablement 97 à Gaza qui en sont morts.

Les docteurs de cet hôpital petit mais bien équipé n’essayent pas d’extraire les balles, mais conduisent un examen complet et tentent de stabiliser les patients, dont la plupart sont inconscients – avant de les envoyer vers les hôpitaux du Caire, et dans certains cas à l’étranger pour des traitements plus complexes. Une infime partie des survivants sont susceptibles de récupérer totalement. La plupart des enfants victimes de telles blessures resteront probablement paralysés pour le reste de leurs jours.

D’autres enfants souffrent de blessures différentes mais tout aussi horribles – comme Samer, qui n’a pas encore trois ans, qui est allongée et joue avec un gant de chirurgien gonflé comme un ballon tandis que son médecin égyptien essaye de la distraire de la douleur provoquée par la perfusion d’antalgiques qu’il s’apprête à lui enfoncer dans la main.

Après qu’elle ait reçu une balle dans la colonne vertébrale devant sa maison à Gaza, les équipes de secours ont mis trois heures pour arriver jusqu’à cette enfant à la beauté exceptionnelle. Son oncle, Hassan Abedrabo, a déclaré que Samer avait été touchée par une balle israélienne qui avait atteint la moelle épinière et l’avait laissée paralysée. Ses deux sœurs, âgées de 2 et de 6 ans, ont été tuées au cours de la même attaque alors qu’elle tentaient de fuir les tanks tout proches qui bombardaient leur maison de Jabaliya dans le nord de Gaza.

La mère a été touchée deux fois mais a survécu. M. Abedrabo a déclaré que leur grand-mère qui agitait un drapeau blanc en tête de cette tragique procession familiale a perdu un bras après avoir reçu une balle.

Samer a été depuis transférée vers un hôpital belge, mais les médecins égyptiens qui l’ont prise en charge à El-Arish pensent qu’elle ne pourra plus jamais marcher. Si elle est trop jeune pour comprendre de quoi désormais son futur sera fait, Samer sait ce qui lui est arrivé. « Les juifs m’ont tiré dessus » a-t-elle dit en Arabe. « Et ils ont tué ma petite sœur ».

M. Abedrabo, l’oncle de Samer, a insisté sur le fait qu’il n’y avait aucun combattant du Hamas dans leur maison la semaine dernière lorsque les tanks israéliens ont ouvert le feu. Il est partisan du Fatah, le pire adversaire politique du Hamas, dirigé par le président palestinien Mahmoud Abbas.

« Les tanks ont commencé à tirer sur le quatrième étage » a déclaré M. Abedrabo au cours d’une visite à l’hôpital auprès de sa nièce. Une trentaine de personnes se sont réfugiées au rez-de-chaussée tandis que les tanks détruisaient le troisième étage, puis le deuxième, puis le premier.

« La maison a commencé à trembler et nous étions terrifiés » a-t-il ajouté. « Les femmes et les enfants hurlaient, croyant que la maison allait s’effondrer. »

« Comme je parle hébreu, je me suis adressé aux Israéliens. L’officier a dit : « sortez », les femmes et les filles sont sorties en premier tout en agitant un drapeau blanc. Ils ont ouvert le feu alors qu’elles étaient à 15 mètres d’eux. Comment ne pas voir que c’était des enfants ? Ils le voyaient bien. »

Trois heures plus tard, lorsqu’un cousin est arrivé avec des médecins palestiniens, 8 personnes étaient encore dans la maison. A ce moment-là, M. Abedrabo a déclaré que des missiles tirés par des F-16 israéliens ont détruit ce qui restait du bâtiment, tuant ceux qui étaient encore à l’intérieur.

Les psychiatres de l’hôpital, qui voient chacun des patients, s’inquiétaient en particulier pour ce jeune garçon de 13 ans, qui, grièvement blessé par des éclats d’obus, est resté coincé sous les décombres de sa maison pendant trois jours. Il a vu les chiens commencer à dévorer les cadavres des membres de sa famille situés autour de lui.

Alors que la semaine dernière, les pressions internationales exercées à l’égard des deux parties augmentaient en vue d’un cessez-le-feu, il y avait peu de signes d’une évolution négative de l’opinion publique israélienne par rapport à cette campagne.

A l’occasion d’une décision controversée, l’association israélienne des Droits de l’Homme a protesté contre le sort réservé aux enfants palestiniens en achetant une page entière dans le quotidien Haaretz. Elle y pleurait la mort d’enfants de tous âges et affichait le mot « stop » en lettres rouge vif.

« Peu ont conscience du prix que paye la population civile de Gaza » a déclaré Nirit Moskovitz, un porte-parole de l’association. «  La société israélienne a besoin qu’on lui rappelle que des individus en chair et en os et des enfants innocents souffrent. Les enfants touchent la corde sensible de chacun d’entre nous et c’est pour cela que nous avons décidé de nous focaliser sur eux.

Les docteurs d’El-Arish ne peuvent pas vérifier individuellement les témoignages des victimes de Gaza. Mais rien de ce qu’ils ont vu ne contredit les déclarations de civils selon lesquelles ils ont été délibérément pris pour cibles.

 

Traduction française : Axel D. pour Futur Quantique.

22/01/2009

Membres arrachés et lambeaux de chair dans la rue

Ewa Jasiewicz
The Sunday Herald
Samedi 10 janvier 2009 

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© Inconnu

« Un garçon à côté de moi est devenu fou, il était abasourdi, il a vu le massacre, la rue était pleine de sang, les clous provenant des obus étaient aussi longs que ma main »

Les membres de la famille Shadoura vivent dans le quartier de Moaskar Jabaliya au nord de la bande de Gaza. Ils sont originaires de la ville qui s’appelait Majdal à l’époque de la Palestine de 1948, et qui s’appelle Ashkelon dans l’Israël d’aujourd’hui. Leur maison blanche à un étage, toute simple, se trouve à seulement quelques mètres de l’école Al-Fakhoura de l’ONU où 42 personnes, dont 20 enfants, ont trouvé la mort lorsque des tanks israéliens ont ouvert le feu sur un carrefour fréquenté. Des ambulanciers et des témoins oculaires ont rapporté n’avoir vu alors rien d’autre que « des membres arrachés et des lambeaux de chair » dans la rue. D’après des témoins, 4 obus de tanks ont percuté le sol et projeté alentour une nuée d’éclats brûlants.

Mohammad Shadoura, 9 ans, était alors en train de jouer aux billes dans la rue avec des camarades. Bassem Ahmad Shadoura, le père de Mohammad, était près de lui. Il a décrit la scène en ces termes : « j’ai vu une explosion, suivie d’une fumée noire qui a tout envahi – toute la zone était complètement noire. J’ai vu un garçon pointer le doigt en l’air en disant : “ je suis témoin de Dieu”, je l’ai pris dans mes bras pour l’éloigner. C’est alors que j’ai vu mon fils, il avait été touché à la jambe et à la tête. Son cerveau sortait de sa boîte crânienne. »

Mahmoud, 15 ans, raconte ce qu’il a vu, ses yeux s’écarquillent tandis qu’il revit ce traumatisme : « Partout où nous regardions, ils y avait des jambes arrachées, des gens décapités, des morceaux de chair. Un garçon à côté de moi est devenu fou, il était abasourdi, il a vu le massacre, la rue était pleine de sang, les clous provenant des obus étaient aussi longs que ma main »

Je suis assis dans la maison des Shadoura. Les femmes sont dans leur deuxième jour de deuil collectif. La mère de Mohammad, prostrée et silencieuse, est soutenue par ses sœurs, ses tantes et ses filles : Najah, 17 ans, Iman, 12 ans et Shahed, 2 ans ; toutes pensent à Mohammad. Leur demeure est très simple, la salle de séjour est partiellement ouverte sur un toit en tôles ondulées où nichent des pigeons blancs. À travers l’espace d’un mètre entre le haut des murs et le début du toit, on peut voir tout autour des hélicoptères Apache balayer leurs projecteurs aveuglants.

Trois chats, dont un minuscule chaton roux, s’étirent au soleil. Le sol est couvert de tapis colorés, des matelas en mousse sont posés contre les murs ; et il y a le poster de Nidal, un cousin âgé de 24 ans, les cheveux courts, le regard serein. C’était un combattant du Jihad islamique.

Il a été tué par un missile israélien il y a deux mois. Comme dans toutes les familles du coin, il y a peu de consensus politique. Bassem était officier supérieur au sein du Fatah, et son frère était agent des renseignements pour la police.

Bassem ne travaille pas, mais il continue à percevoir un salaire de 700 dollars mensuels versé par la délégation du Fatah à Ramallah. Une telle somme n’est pas vraiment suffisante pour une famille de 7 enfants. La location de leur maison pourvue d’une seule chambre coûte 100 dollars par mois. Le gaz – dont le prix a plus que doublé depuis le début du blocus – coûte près de 120 dollars pour une bouteille de 6 kg. Si on peut en trouver une, elle dure approximativement deux semaines. Lorsque aucune bouteille n’est disponible, ils utilisent un four en terre cuite, chauffé au bois et au papier. Les neufs membres de la famille dorment dans la chambre unique.

Il n’y avait pas d’eau dans la maison. La ligne électrique a été détruite mardi par les obus tirés par le tank, et le réseau d’eau est alimenté par une pompe électrique. Même si cette attaque n’avait pas eu lieu, l’électricité n’est disponible que 4 heures par jour.

Najah, 17 ans, me demande mon numéro de téléphone. C’est une adolescente pleine de vie, dans ses vêtements de deuil noirs, la tête recouverte d’un hijab. Bien sûr, je lui donne mon numéro. Je lui demande de décrire son frère. « C’était le meilleur d’entre nous. Il était très gentil ».

« Lorsqu’il regardait la télévision, il était terrifié par tous ces meurtres – la mort de tous ces enfants. »

Nous dînons à la lueur des bougies. Une petite assiette de thon en boîte, deux petits bols de « salade de Gaza » - des tomates découpées avec des oignons et du piment – une sorte de sauce salsa à la palestinienne, des olives cueillies sur l’olivier familial, une mujadarra – mélange de riz et de lentilles - froide (pas de gaz pour la cuisson). Après le repas, je me retrouve avec toute la famille assis sous la même couverture ; tous les regards sont dirigés vers le nouvel invité. Les enfants constituent 51% de la population gazaouie, et ils voient tout.

« Tellement de voisins sont morts », explique Foad. Iman, 12 ans, connaissait l’une des filles de Nizar Rayan, un haut dirigeant du Hamas qui a été tué avec ses 4 épouses et ses 11 enfants. Aya Rayan, 12 ans, a trouvé la mort lorsque 8 bombes larguées par un F-16 ont détruit la maison familiale. 10 autres maisons ont été rasées au cours de cette attaque. J’ai vu ce site de mes propres yeux, un gigantesque amas de blocs de béton entassés les uns sur les autres, des maisons pulvérisées, un monticule de 100 mètres de diamètre, entouré d’au moins 4 appartements dont les murs s’étaient effondrés, révélant les salles de séjour, des murs colorés avec des photos de proches ou de soleils couchants, des cuisines dévastées, avec les familles cherchant dans les décombres, et, en dessous de tout cela, couvert de poussière blanche, le corps tordu d’un cheval mort.

« Regardez ça » me dit Mahmoud, 15 ans. Il me tend un rocher de la taille d’un ananas. « le jour de l’attaque, il a traversé le toit de ma grand-mère qui habite la maison à côté de la nôtre. Le rocher a transpercé le toit. Si nous avions été là, il nous aurait tués » ajoute-t-il.

Le père de Mohammad boit doucement son thé ambré au goût suave. « Les enfants sont très contents que vous soyez là », déclare-t-il.

Il tire sur sa cigarette. « J’ai travaillé en Israël, j’ai vécu avec des Israéliens, des juifs originaires d’Europe, d’Iraq, du monde arabe, et nous nous entendions bien ensemble, nous étions amis. Ce sont de braves gens, à 100%. J’ai travaillé douze ans là-bas, mais rien n’a changé. »

Bassam a été emprisonné en 1983, avant le début de la première intifada. Il avait seulement 16 ans et il a passé 3 années dans les geôles israéliennes. « Vous savez pourquoi ? », me demande-t-il, son visage fin, sage, déterminé s’évanouissant dans l’obscurité. «  Pour avoir lancé une pierre »

« Je n’ai pas pu terminer mes études, on me l’a interdit, et le Croix Rouge n’a rien fait pour nous. Ils nous ont juste donné des vêtements. »

Nous levons les yeux vers le poster de Nidal. « C’était un combattant » dit Bassem. « Mon fils avait 9 ans, il ne faisait rien de mal. Dans notre religion, on dit que notre fils est au paradis. Il boira l’eau du paradis. Notre fils est un martyr. »

Nous allons nous coucher. Il est 8 heures du soir et la bougie inonde toute la pièce d’un doux et discret halo orangé. L’explosion des bombes secoue la maison, un sifflement bref suivi d’une détonation sourde. « Ça dure toute la nuit », commentent les enfants.

Reem, la mère de Mohammad, a seulement 36 ans, mais elle semble en avoir 10 de plus. Elle sort les vêtements de Mohammad, les porte à son visage, les sent puis les replie.

Ses larmes commencent à couler dans la pâle lumière orangée. « Où, où ? », dit-elle doucement. Ses sœurs la réconfortent. Parmi elle, Im Qusam. « Vous savez, nous ne pouvons pas dormir. Nous ne pouvons pas vivre, pas de gaz, pas de pain, pas d’eau »

Bassem se rappelle la procession d’enterrement des 42 victimes. J’y étais aussi.

« C’était la première fois en un an et demi que nous avons tous marché ensemble, nous avons tous prié ensemble, toutes les factions, tous les drapeaux étaient là. Je voulais que pendant ces funérailles, mon fils soit le fils de tout le peuple palestinien ».

D’habitude, chaque faction organise ses propres processions de deuil et ses propres enterrements. Mahmoud 15 ans, se souvient de l’enterrement. « Nous venions d’enterrer les victimes lorsque les Israéliens nous ont tiré dessus, nous avions tellement peur que nous sommes partis en courant. Nous avons tout le temps peur, tout le temps peur d’être touchés. »

Assis sur une petite colline sablonneuse, écoutant une belle chanson triste interprétée par une voix grave, j’ai vu les participants aux funérailles courir, enjamber les pierres tombales pour atteindre la sortie du cimetière tandis que chaque tir dispersait un peu plus la foule. Des snipers « Kannaas », me souffla funestement mon ami.

Je demande à Ahmad, 16 ans, ce qu’il pense des roquettes de la résistance palestinienne. « Ils nous envoie des missiles et l’on devrait se taire ? Nos roquettes sont comme des jeux, ce sont des jouets comparés à leurs missiles. Mais elles nous donnent du courage »

Nous nous couchons dans le bruit des explosions de missiles, les plus proches secouent la maison. Nous sommes submergés de terreur. « C’était une maison ! C’était une maison ! » souffle Reem au milieu de la nuit. La maison de la famille Salha dans le quartier en développement de Beit Lahiya a été bombardée à 4 heures et demi du matin. 6 membres de la famille, dont 4 âgés de moins de 15 ans y ont trouvé la mort. D’après des proches, ils s’étaient réfugiés dans cette maison par sécurité.

Nous nous réveillons au son des bombes. Je compte 15 bombardements israéliens entre 7 heures et 8 heures 30. 2 vieilles roquettes palestiniennes fatiguées y répondent. Nous partageons à dix une assiette de 5 œufs brouillés assaisonnés de poivre et 4 galettes de pain blanc.

Tout le monde fait une pause. « Jabaliya était une ville si belle », dit Roweeya, 17 ans, tout en nous servant du thé. « Il y a un jardin juste à côté, il est rempli d’orangers. Les Israéliens n’arrêtent pas d’y envoyer des missiles ».

Axel D. pour Futur Quantique

21/01/2009

Faites les passer tout de suite en justice !

Interview de Gilad Atzmon par un journaliste iranien

Palestine Think Tank

Traduction Eutopic (révisée par Futur Quantique)

mardi 20 janvier 2009

Kourosh Ziabari : Tout d’abord, j’aimerais connaître votre opinion sur le conflit actuel à Gaza, que certains ont appelé « la bataille la plus catastrophique des dix dernières années. » Que pensez-vous du carnage dont sont victimes les civils, les femmes et les enfants à Gaza ?

Gilad Atzmon : Ce que nous voyons à Gaza est la fabrication d’un déni d’un Holocauste. L’État juif se livre à la barbarie la plus obscène. Et pourtant, le monde ne dit rien. Une fois encore, nous voici confrontés à cette réalité, que le fait d’avoir donné un mandat pour l’installation d’un foyer national pour le « peuple juif » se révèle une erreur grave et meurtrière. La seule question est de trouver un moyen de démanteler cette créature monstrueuse, suicidaire et prédatrice, sans transformer notre planète en une boule de feu.

Kourosh Ziabari : Vous critiquez l’État d’Israël si durement ; cependant, vous avez sans doute remarqué que les médias et les hommes politiques israéliens se contentent de coller une étiquette de « traître » à chacun, simple citoyen, journaliste, professeur, ou analyste, qui, en Israël se permet de condamner l’État juif pour les boucheries et les massacres qu’il commet. Qu’en pensez-vous ?

Gilad Atzmon : D’abord, ce n’est déjà pas si mal d’être un « traître » dans un état assassin. Cependant, je ne me considère pas comme un israélien. Je suis né là-bas, mais il y a longtemps que je n’y vis plus ou même que j’y aie mis les pieds. Une fois que j’ai pris conscience que je résidais sur une terre volée, en qualité d’oppresseur, j’ai empaqueté mes saxos et je suis parti. Dans une certaine mesure, je puis être considéré comme « un Juif qui se déteste et qui en est fier. » Je suis plein de honte de moi-même et de ceux qui étaient mes compatriotes. Je parle de ma honte ; j’écris à ce sujet et je compose ma musique en essayant d’affronter ce sujet.

Kourosh Ziabari : Les officiels israéliens prétendent qu’ils n’ont fait que chercher à riposter en attaquant les bases du Hamas, et qu’ils ont essentiellement tué des gens de l’armée et des militaires. Par ailleurs, ils avaient interdit l’accès de la Bande de Gaza occupée aux journalistes et aux correspondants de guerre, et leur ont interdit de diffuser la réalité. Comment peuvent-ils justifier cette contradiction ? Pourquoi ne permettent-ils pas aux journalistes d’entrer à Gaza s’ils sont tellement sûrs de la vérité de leurs déclarations ?

Gilad Atzmon : Je ne pense pas que les Israéliens soient le moins du monde préoccupés par leurs contradictions ou par leurs incohérences. Les Israéliens sont pas non plus concernés par leur image.

Je voudrais essayer d’approfondir. Israël est actuellement le plus grand Ghetto Juif de tous les temps. Le Ghetto Juif est essentiellement un endroit où les Juifs peuvent célébrer leurs idiosyncrasies et leurs symptômes collectivement, entre eux, sans avoir à faire attention à ce qu’ils disent, pensent ou éprouvent. Israël s’est déjà entouré de murs gigantesques dont le seul but est de donner à la ségrégation une signification réelle. Et cependant, le Ghetto juif d’Israël est très différent du Ghetto juif d’europe de l’est. En Europe de l’Est, les Juifs étaient intimidés par la réalité qui les entourait, dans le Ghetto Israélien, ce sont les Juifs qui intimident les autres. Ils répètent que l’entièreté du Proche et Moyen Orient doit être maintenu dans un état d’anxiété permanent.

La mentalité de Ghetto est un outil d’analyse très utile. Il nous aide, par exemple, à comprendre pourquoi le premier ministre Olmert s’est permis de se vanter publiquement d’avoir humilié le président Bush et la Secrétaire d’État Rice. Dans le Ghetto, les Juifs ses sentent en sécurité, ils peuvent s’exprimer librement en restant à peu près sûrs que rien ne filtrera chez les Goyim. Dans le Ghetto, une seul logique s’applique : la logique juive.

Dans les années 50, le premier ministre Ben Gourion a adopté la mentalité du Ghetto juif pour formuler un précepte de politique israélienne qu’il a éloquemment formulé comme suit : « Ce que disent les Goyim n’a aucune importance, la seule chose qui compte est ce que font les Juifs. » Apparemment, ce mantra du Ghetto juif à la Ben Gourion a réussi à séparer les israéliens du reste de l’humanité. Mais cela va plus loin, comme nous le voyons à Gaza et dans tout conflit qui implique Israël. Cela détache le paradigme hébraïque de toute notion d’éthique humaniste.

Cette même philosophie se transpose aisément dans le pragmatisme militaire israélien, mortel : « Ce que les Nations Unies ou le monde entier pense n’a manifestement pas la moindre importance, tout ce qui compte est ce que fait l’armée israélienne. »

Maintenant, je veux parler du sujet des journalistes étrangers. Les chefs militaires israéliens savaient pertinemment, à l’avance, que Gaza allait devenir un bain de sang pour les civils Palestiniens. Ils savaient manifestement à l’avance quel genre d’armement ils allaient employer. Ils ne voulaient surtout pas que des journalistes étrangers fassent état dans les média du monde entier du Massacre de Gaza. Les média internationaux et le « droit de savoir » ne constituent pas un intérêt national israélien. Dans l’État du Ghetto juif, la seule chose qui compte est ce que fait l’armée israélienne.

Les Israéliens voulaient « finir leur travail » d’abord, tuer beaucoup de Palestiniens, détruire gaza, et démanteler son infrastructure, de façon à retrouver le pouvoir de dissuasion qu’il ont perdu depuis bien des années. Des journalistes présents à Gaza auraient pu encombrer leur chemin.

Kourosh Ziabari : En partant d’une description aussi complexe, quelle est, selon vous, la raison principale pour laquelle Israël bloque les bateaux d’aide humanitaire à destination de Gaza ? Y a-t-il quelque chose de mal à laisser passer de la nourriture, des médicaments, des produits de premiers soins destinés à une multitude de gens à qui est refusé tout accès au monde extérieur ?

Gilad Atzmon : La réponse est presque étymologique. Parler d’« effort humanitaire » suppose une certaine familiarité avec la notion d’humanisme ; Comme les Israéliens ne se sentent pas concernés par l’éthique ou par l’humanisme universel, on ne peut pas s’attendre à ce qu’ils soient touchés par des efforts ou des problèmes humanitaires. Au cours des derniers jours, Israël a bombardé des hôpitaux, des écoles, des centres pour réfugiés, et des centres de distribution de l’aide des Nations Unies. Il vaut mieux en prendre son parti : l’État Juif est une organisation criminelle de haut vol qui n’a guère de pareille. Il serait plus sage de s’attendre à ce qu’Israël se comporte comme la personnification du mal ultime, et j’ai le regret de dire qu’en effet ils ne m’ont jamais déçu.

Kourosh Ziabari : L’emploi de phosphore blanc dans les bombes que l’armée israélienne lâche sur la tête des civils et sur leurs maisons à Gaza me semble une violation manifeste des règles internationales et des Conventions de Genève. Y a-t-il la moindre possibilité de donner à ces crimes de guerre la récompense qu’ils méritent ?

Gilad Atzmon : Je ne suis pas un expert juriste, et je ne puis donc vous donner une réponse appropriée. Cependant, il est très intéressant de noter que, bien que partout dans le monde la condamnation d’Israël pour l’emploi de bombes au phosphore soit quasi unanime, l’armée sioniste n’a pas arrêté l’emploi de ces armes, et que ce n’est pas la première fois qu’ils utilisent des armes non conventionnelles contre des civils en dépit de la condamnation internationale. Nous voyons tous les jours ces bombes mortelles qui explosent sur des cibles civiles. Une fois de plus, nous voyons que ce que peuvent dire les Goyim n’a pas la moindre importance. La seule chose qui compte, c’est ce que font les Juifs, c’est-à-dire tuer des civils Palestiniens. Je voudrais encore ajouter que les lamentations israéliennes sur la nécessité de détruire des armes de destructions massive « potentielles » que d’autres nations pourraient posséder devient pathétique de la part de gens qui disposent eux-mêmes d’un aussi obscène arsenal de têtes nucléaires. Comme ils ne se soucient aucunement du doit international, pourquoi se soucieraient-ils de l’opinion publique internationale ?

Kourosh Ziabari : Provisoirement, même si la guerre s’arrête aujourd’hui et qu’Israël se retire des territoires occupés, le résultat de ce conflit est de plus de 1 300 morts et de la destruction de 70% des infrastructures, des bâtiments, des lieux publics. Comment la véritable justice pourrait-elle s’exercer à propose d’Israël et de ses crimes contre l’humanité ?

Gilad Atzmon : A nouveau, je ne suis pas un expert. Ce n’est pas que je refuse de me prononcer. Mais ma préoccupation est d’abord l’étude de l’identité Juive et Israélienne. Je m’intéresse à la métaphysique de l’inclinaison génocidaire d’Israël. Je réfléchis à une identité qui peut infliger tant de douleur et se livrer à de tels carnage sur des civils innocents. Je m’intéresse à la banalité du mal qui se révèle dans la barbarie ultime d’Israël et dans le soutien qu’apportent à ce mal des institutions juives à travers le monde. Je crois qu’une fois que l’on commence à prendre conscience de ce à quoi nous sommes confrontés, nous pouvons peut-être trouver un moyen de le combattre. Honnêtement, je ne crois pas aux tribunaux internationaux. Il me semble infiniment plus efficace de faire reconnaître à tous à travers le monde que l’État Juif n’est rien d’autre que de la barbarie à l’état pur.

Kourosh Ziabari : Encore une dernière question. Quel message, en tant qu’artiste israélien, souhaitez-vous envoyer au peuple de Palestine, à ces mères qui ont perdu leurs enfants ou à ces enfants traumatisés qui subissent maintenant le choc de se retrouver orphelins ?

Gilad Atzmon : Oh mes chers frères et soeurs. J’ai le coeur brisé en contemplant la mort et le carnage que vous a infligé l’État Juif. Nous voyons tous ce que vous avez subi et nous savons tous que la justice est de votre côté. Je vous supplie de ne pas perdre espoir. Le mal finit toujours par rencontrer sa fin, et il en va de mal avec le mal juif. Israël rencontrera sa fin, même s’il est possible que nous ayons à travailler à faire venir cette fin.

Une chose, cependant, est claire. Le prétendu « Occident libéral » s’est montré lamentablement incapable de vous sauver ; les États Arabes n’ont pas encore tous rejoint votre lutte. Aussi triste que cela soit, et bien que la justice soit à l’évidence de votre côté, vous êtes seuls ici, confrontés au mal ultime.

Israël a encore beaucoup de bombes dans son arsenal. Mais vous, mes frères et soeurs Palestiniens, possédez quelques choses que eux n’ont pas : la justice est de votre côté, l’humanité est dans les rues de vos cités, vous avez la vigueur et la bombe ultime, celle de la démographie.

La Palestine est une terre. Israël est un État.

Les États vont et viennent, la terre reste éternellement.

Vive la Palestine.