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17.05.2008
Libre arbitre - Choix difficile

Commentaire original : Free will - difficult choice (Libre arbitre - Choix difficile).
Extrait de la phothèque de sott.net intitulée "Ark's quantum quirk" (les bizarreries quantiques d'Ark) .
21:43 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ark quantum quirk, free will, libre arbitre, sott, photothèque
Agression par une milice sioniste après une conférence sur la Palestine
Le 15 mai 2008, s’est tenu au Centre international de culture populaire (CICP), un hommage à Georges Habache, en présence notamment de Georges Malbrunot (journaliste et auteur du livre « Les révolutionnaires ne meurent jamais – entretiens avec Georges Habashe », Ed. Fayard). Cette conférence avait pour but de cerner ce personnage fondateur du Front populaire de libération de la Palestine, symbole de nombreux combattants de la liberté à travers le monde et de faire le point sur les 60 ans de ce que les Palestiniens appellent la « nakba » (la catastrophe).
Cette initiative s’est déroulée au CICP, maison de solidarité internationale située dans le XIe, où sont domiciliées plusieurs organisations oeuvrant pour une paix juste et durable au Proche-Orient.
Alors que tout s’était bien déroulé, les cinq dernières personnes ayant fait la fermeture du Centre se sont fait agresser en bas de la rue par un commando de 25 extrémistes sionistes casqués et armés de matraques et munis de gaz lacrymogènes. À la fin de cette attaque ciblée, préméditée et en bande organisée, un technicien engagé pour l’occasion par le CICP a été blessé grièvement et emmené à l’hôpital par les pompiers. De nombreux habitants du quartier ont été témoins des faits, se sont mobilisés et ont donné plusieurs éléments sur les agresseurs aux policiers arrivés sur place. Une plainte a été déposée par les victimes et le CICP.
Cet événement fait suite à de nombreuses agressions régulières du (graffitis de la Ligue de défense juive – LDJ sur les murs des locaux, dégradations et tentative d’incursion dans le Centre, etc.)
Article original : Géostratégie.
17:03 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : habache, palestinbe, sionisme, cicp, fplp
Une princesse marseillaise
Kenny Arkana, petit bout de femme originaire de Marseille fait vibrer le peuple avec des paroles pleines d'humanité et de vérité. Au delà des mots Keny Arkana applique les principes qu'elle défend. Pour illustrer cette impeccabilité voici un petit passage de la bio de cette demoiselle au parcours assez exceptionnel :Elle participe en 2004 à la fondation du collectif La Rage du Peuple qui milite pour « une colère positive, fédératrice, porteuse d'espoir et de changement » dans les « cités ». Elle intervient également dans de nombreux forums altermondialistes en Afrique et en Amérique du Sud.
Au printemps 2007, Keny Arkana annule ses concerts en raison d'une organisation défaillante ( « les gens honnêtes ne sont pas très compétents, et les gens compétents pas très honnêtes ») en lançant un « appel aux sans-voix » afin de construire un autre monde pour la jeunesse. Durant l'été, elle participe à plusieurs festivals (Vieilles Charrues, Dour,.. ) et fait à l'automne une tournée française s'arrêtant notamment à l'Olympia de Paris pour un concert à guichets fermés. Le 23 septembre elle se produit en pleine rue dans le quartier populaire des Pâquis à Genève en Suisse. Ce concert sauvage tenu sur un carrefour, au plein milieu de la rue, est en soutien à l'intersquat de Genève (en réponse à l'évacuation par la force de la quasi-totalité des squatts genevois). En octobre son premier album l'Esquisse est réédité.
En novembre 2007, alors qu'elle poursuit sa tournée nationale « La Tête dans la Lutte » dans des salles combles où elle rencontre un public de tous âges conquis par son engagement, Keny Arkana, disque d'or jusqu'alors peu médiatisée, crée la sensation au Prix Constantin 2007 en interprétant "Nettoyage au Kärcher". Selon le journal L'Express « Keny Arkana lance les hostilités. La rappeuse déboule tel un pitbull : "Elle est où la plus grande racaille ? À l’Élysée !" Ses partenaires sortent des Kärcher et font mine de nettoyer un acolyte affublé d’un masque de Nicolas Sarkozy.
Karcher en live.
Et pour terminer voici les paroles de 5e soleil, la musique est superbe et les paroles sont remarquables :
mon esprit s'égare l'esprit qui surchauffe
les gens se détestent la guerre des égos
21e siècle cynisme et mépris
non respect de la terre, folie plein les tripes
frontières, barricades, émeutes et matraques
cris et bains de sang, bombes qui éclatent
politique de la peur, science immorale
insurrection d'un peuple, marché des armes
nouvel ordre mondial, fusion de terreur
l'homme l'animal le plus prédateur le système pue la mort
assassin de la vie, a tué la mémoire
pour mieux tuer l'avenir, des disquettes pleins la tête
les sens nous trompent, 3e oeil ouvert car le cerveau nous ment
l'être humain s'est perdu a oublié sa force
a oublié la lune, le soleil et l'atome
inversion des pôles vers la haine se dirige
a perdu la raison pour une excuse qui divise
l'égoïsme en devise, époque misérable
haine collective contre rage viscérale
une lueur dans le coeur, une larme dans l'oeil
une prière dans la tête, une vieille douleur
une vive rancoeur là où meurt le pardon
où même la foi prend peur, allez viens, nous partons
des lois faites pour le peuple et les rois tyrannisent
confrérie et business en haut d'la pyramide
ça sponsorise le sang, entre chars et uzys
innocent dans un ciel au couleur des usines
un silence de deuil, une balle perdue
toute une famille en pleurs, un enfant abattu
des milices de l'état, des paramilitaires
des folies cérébrales, des peuples entier à terre
bidonville de misère, à l'entrée des palaces
liberté volée, synonyme de paperasse
humanité troquée contre une vie illusoire
entre stress du matin et angoisse du soir
des névroses plein la tête, les nerfs rompus
caractérisent l'homme moderne, bien souvent corrompu
et quand la vie s'endort, arrive tant de fois
une mort silencieuse, un S.D.F dans le froid
prison de ciment, derrière les œillères
le combat est si long pour un peu de lumière
les familles se déchirent et les pères se font rares
les enfants ne rient plus, se bâtissent des remparts
les mères prennent sur elles, un jeune sur trois en taule
toute cette merde est réelle, donc on se battra encore
c'est la "malataliba" qui nous bouffe les tripes
Une bouteille de vodka, quelques grammes de "weed"
certains ne reviennent pas de ces raids violents
c'est du butex injecté dans une flaque de sang
des enfants qui se battent, un coup de couteau en trop
ce n'est plus à la baraque que les mômes rentrent tôt
ils s'apprennent la ruse dans un verre de colère
formatage de la rue, formatage scolaire
c'est chacun sa disquette, quand les mondes se rencontrent
c'est le choc des cultures, voire la haine de la honte
les barrières sont là, dans nos têtes, bien au chaud
les plus durs craquent vite, c'est la loi du roseau
non, rien n'est rose ici, la grisaille demeure
dans les cœurs meurtris, qui à petit feu meurent
ne pleure pas, ma sœur, car tu portes le monde
noble est ton coeur, crois en toi et remonte
n'écoute pas les bâtards qui voudraient te voir triste
même Terre-mère est malade, mais Terre-mère résiste
donc ces cons font le monde, apprentis créateurs
qui ont tout déréglé, sanguinaires prédateurs
Babylone est bien grande mais n'est rien dans le fond
qu'une vulgaire mascarade au parfum d'illusions
maîtresse de nos esprits crédules et naïfs
conditionnement massif là où les nerfs sont à vif
dans la marche et la rage, bastion des galériens
ensemble, nous sommes le Monde et le système n'est rien
prend conscience, mon frère, reste près de ton cœur
méfis-toi du système, assassin et menteur
éloignes-toi de la haine qui nous saute tous aux bras
humanité humaine, seul l'Amour nous sauvera
écoute le silence quand ton âme est en paix
la lumière s'y trouve, la lumière est rentrée
Vérité en nous-même, fruit de la Création
n'oublie pas ton histoire, n'oublie pas ta mission
dernière génération à pouvoir tout changer
la vie est avec nous, n'aies pas peur du danger
alors levons nos voix pour ne plus oublier
tas de poussière d'étoiles, qu'attends-tu pour briller ?
tous frères et sœur, reformons la chaine
car nous ne sommes qu'un, divisés dans la chair
retrouvons la joie, l'entraide, qu'on s'élève
une lueur suffit à faire fondre les ténèbres
s'essouffle ce temps, une odeur de souffre
la fin se ressent, la bête envoute la foule
les symboles s'inversent, se confondent et s'obsèquent
l'étoile qui fait tourner la roue se rapproche de notre ciel
terre à l'agonie, mal-être à l'honneur
folie, calomnie, peu de cœur à la bonne heure
ignorance du bonheur, de la magie de la vie
choqués par l'horreur, formés à la survie
l'époque, le pire, une part des conséquences
le bien , le mal, aujourd'hui choisis ton camp
l'être humain s'est perdu, trop centré sur l'avoir
les étoiles se concertent pour nous ramener sur la voie
quadrillage ciselé dépasse la lumière
aie confiance en la vie, en la force de tes rêves
tous un ange à l'épaule, présent si tu le cherches
dans le cœur, ne fait qu'un avec l'Esprit et le geste
le Grand Jour se prépare, ne vois-tu pas les signes ?
la mort n'existe pas, c'est juste la fin des cycles
cette fin se dessine, l' humain se décime
l'espoir indigo, les pléiades nous désignent
lève ta tête et comprend, ressens la force en ton être
dépasse Babylone, élucide le mystère
rien ne se tire au sort, que le Ciel nous bénisse
enfant du quinto sol, comprends entre les lignes
comprends entre les lignes, enfant du quinto sol, le soleil est en toi
fais briller ta lumière intérieure pour éclairer le chaos de leur monde
car on n'est pas là par hasard, les Pléiades nous désignent
comprends entre les lignes, il est grand ton coeur, désobéissance
car la vérité est en nous car la solution est en nous parce que la vie est en nous
13:16 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : kenny arkana, rap, marseille, sarkozy, karcher, 5e soleil, nouvel ordre mondial
15.05.2008
Aidez le Réseau Voltaire
Depuis sa création, le Réseau Voltaire n’a cessé d’ouvrir des débats et de susciter des polémiques. Ses adversaires ont lancé des campagnes visant à l’intimider ou à le discréditer. Aujourd’hui, ils veulent le faire disparaître.
Au cours des six dernières années, le département US de la Défense a interdit aux grands médias d’évoquer notre action sous peine de suppression de leurs accréditations ; le département d’État nous a classé parmi les « principales sources de désinformation anti-américaine dans le monde » (probablement un hommage du vice à la vertu) ; des émissaires du Conseil de sécurité nationale des États-Unis nous ont présenté des offres de corruption ; une unité spécialisée de Tsahal a hacké notre site Internet ; des contrats ont été lancés contre notre président et contre certains de nos collaborateurs sud-américains. Cependant, jusqu’en mai, les autorités françaises ont garanti notre sécurité physique, notre liberté de circulation et d’expression. Il en va autrement aujourd’hui : les pressions sont plus fortes, elles s’étendent à notre entourage, et nous ne pouvons plus compter sur la bienveillance de la France.
Nos principaux collaborateurs parisiens ont non seulement été placés sur écoutes, mais ont fait l’objet de filatures permanentes pour identifier nos sources d’information. De proche en proche, cette surveillance s’est étendue à nos familles et à nos amis.
Le 17 juillet et le 1er août, George Bush a signé deux décrets présidentiels (Executive Orders 13438 et 13441) criminalisant les opposants à sa politique en Irak et au Liban. Les comptes bancaires de nos collaborateurs résidant au Moyen-Orient ont immédiatement été bloqués et l’accès au territoire US leur a été interdit, à eux et à leurs familles. Selon nos informations, les autorités états-uniennes faisant jouer les accords de défense mutuelle ont demandé à leurs homologues françaises, courant août, de prendre des mesures identiques à l’encontre de nos collaborateurs français qui sont déjà interdits d’accès au territoire US.
Au cours des mois d’août et septembre, des fonctionnaires français et états-uniens, utilisant abusivement les dispositions légales réprimant le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ont procédé à des enquêtes pour tenter d’identifier nos donateurs réguliers et faire pression sur eux.
De plus, des menaces crédibles ont été adressées oralement par des fonctionnaires français et états-uniens à certains de nos rédacteurs.
En définitive, nous avons dû prendre des mesures draconiennes et onéreuses pour garantir la sécurité de nos collaborateurs et correspondants, et la confidentialité de nos donateurs. L’interruption de toute aide financière pendant les mois nécessaires à l’installation de notre nouveau dispositif a mis en danger la continuation de notre action en Europe, dans le monde arabe et en Amérique latine.
Depuis le 11 septembre 2001, nous dénonçons la manipulation du terrorisme par les États-Unis et son usage pour justifier de guerres à l’extérieur et de répressions à l’intérieur. Notre travail s’est inscrit dans la durée et a rencontré un large écho (2 à 2,5 millions de visiteurs distincts par mois sur notre site web principal, Voltairenet.org, dont 92 000 abonnés aux listes de diffusion). Nos idées sont maintenant reprises à travers le monde, y compris aux États-Unis, malgré les efforts déployés pour nous dénigrer.
Le Réseau Voltaire est un outil international de lutte contre la propagande et d’émancipation des esprits. Il agit en Europe, mais aussi depuis et en direction de pays du Sud dont les ressources économiques sont faibles. Nos lecteurs du Sud ont besoin que le Réseau Voltaire existe. Lecteur d’un pays du Nord, vous ne soutenez pas le Réseau Voltaire uniquement pour vous : vous le faites aussi pour les citoyens de pays moins fortunés que le vôtre.
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C’est pourquoi nous vous demandons de faire un effort particulier pour nous aider dans ce moment difficile.
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17:37 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
L'Iran va rejoindre l'Afghanistan, l'Iraq et le Liban
15/5/8 - Article original : Réseau Voltaire , traduction : Marie-Ange Patrizio
Silence assourdissant en Italie sur les perspectives d’une grande guerre moyen-orientale amorcée par une attaque balistique et aérienne états-unienne et israélienne contre une présumée base iranienne d’entraînement des terroristes qui tuent les GI’s en Irak. Silence du gouvernement Berlusconi, silence de la majorité et de la minorité parlementaire, silence des politologues et experts militaires, silence des mass médias. On en parle et on en écrit aux États-Unis et en Europe, pas en Italie. La dernière, et la plus alarmante, annonce d’une apocalypse éminente a été donnée par le périodique de droite The American Conservative : sous le titre « La guerre avec l’Iran peut être plus proche qu’on ne l’imagine » Philip Giraldi, ex fonctionnaire de la CIA, se réfère à une réunion du Conseil de sécurité nationale qui a approuvé les plans d’attaque par missiles Cruise contre une base d’Al-Qods (les gardiens de la Révolution) où seraient entraînés les militants irakiens engagés dans la guérilla contre les troupes d’occupation. La secrétaire d’État Condoleeza Rice, le secrétaire au Trésor Henry Paulson, le conseiller pour la Sécurité nationale Stephen Hadley, le président Georges Bush et le vice-président Dick Cheney ont approuvé le plan opérationnel, tandis que le secrétaire à la Défense Robert Gates s’est exprimé en faveur d’un renvoi de l’opération. Deux jours avant, le 7 mai, la Maison-Blanche, par l’intermédiaire des dirigeants de la région kurde en Irak, avait envoyé une communication officielle au gouvernement iranien, demandant à ce dernier d’admettre ses interférences dans le pays voisin et de prendre l’engagement formel d’interrompre son appui aux différents groupes de militants qui se battent contre les troupes d’occupation. Réponse immédiate de Téhéran : aucune discussion n’est possible tant que les États-Unis ne suspendront pas les infiltrations d’agents et le soutien qu’ils fournissent aux dissidents iraniens. D’où la décision de l’Administration Bush d’envoyer un signal « non équivoque », c’est-à-dire balistique, à la direction iranienne. On peut présumer — conclut la note informative de The American Conservative — qu’il s’agira d’une attaque de précision ciblée contre les dispositifs d’Al-Qods sur une base aux environs de Téhéran, qui évitera des pertes chez les civils : il reviendra au président de donner l’ordre de mission dès que les préparatifs seront au point.
Le 10 mai, la Maison-Blanche a admis officieusement qu’une réunion du Conseil de sécurité nationale avait eu lieu et qu’elle avait eu pour thème la visite du président à Jérusalem cette semaine, pour participer aux célébrations du 60ème anniversaire de l’État d’Israël, ainsi que pour relancer les négociations de paix, argument repris ensuite par Georges Bush le 12 mai.
Non moins alarmants sont les développements de ces dernières semaines : un second porte-avions avec chasseurs bombardiers et navires d’appui a rejoint l’imposant déploiement aéronaval états-unien dans le Golfe Persique ; on voit croître de jour en jour le barrage de dénonciations contre le gouvernement de Téhéran, de la part du Département d’Etat, pour de présumées interférences militaires en Irak, alors que se montent désormais à 5 les interceptions d’unités légères iraniennes dans les eaux territoriales par des unités de la marine US ; de vastes champs de mines ont été installés aux frontières ; et malgré les démentis de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA) et de seize agences de renseignement états-uniennes, le vice-président Cheney et le secrétaire d’État Rice ont continué, de concert avec le gouvernement israélien, à dénoncer la potentielle menace nucléaire de Téhéran ; la tentative manquée au Liban de neutraliser le Hezbollah, prélude probable d’une seconde offensive israélienne, peut avoir induit Washington à accélérer le calendrier de l’offensive contre l’Iran.
Gary Leupp, professeur d’histoire à la Tufts University, orientaliste et expert des questions moyen-orientales, a tracé, à partir des révélations publiées par The American Conservative, les possibles conséquences catastrophiques de l’attaque états-unienne prévue : d’une réaction militaire iranienne spasmodique et généralisée, à l’engagement dans la guerre de la Syrie et du Liban ; des insurrections armées chiites au renversement des régimes pro-occidentaux jusqu’à de nouvelles alliances, impensables aujourd’hui, comme celle de Téhéran et des Talibans sunnites. Gary Leupp est on ne peut plus pessimiste sur l’éventuelle opposition de l’opinion publique états-unienne qui serait prise dans une grande flambée patriotique de soutien à « nos boys au front » ; quant aux deux candidats démocrates à la présidence, tant Hillary Clinton que Barak Obama ont déjà assuré que, contre l’Iran, « toute option est valable » ; sans parler du républicain McCain, qui a même été décrit par un de ses partisans comme « un Bush aux stéroïdes ». Une grande guerre moyen-orientale rendrait certaine sa déjà probable victoire en novembre ; elle aiderait les États-Unis à dépasser leur plus grave crise économique depuis celle des années Trente ; et dans le projet insensé des neocons, l’interruption des flux énergétiques moyen-orientaux vers la Chine, l’Inde et l’Europe, ainsi qu’une utilisation possible d’armes nucléaires tactiques contre l’Iran, renforcerait l’hégémonie politique militaire du grand empire d’occident sur le monde entier.
Et l’Italie ? « L’Italie fera sa part » comme l’a anticipé l’ex-ministre de la Défense et ultra atlantiste Martino, avec sa proposition de changer les règles d’engagement au Liban, et d’employer directement nos valeureuses troupes sur les champs de bataille afghans. Tous les autres, opposition et gouvernement, journaux et télé journaux préfèrent ignorer le drame imminent qui risque de s’abattre sur l’humanité. C’est ainsi que nous ne savons pas si nous avons augmenté —comme tous les autres pays européens— nos réserves stratégiques de pétrole, si le ministère de la Défense a déjà préparé des plans d’évacuation pour nos soldats dépourvus de tous moyens militaires propres à combattre dans une guerre ouverte, en Afghanistan et au Liban, et de ces centaines de carabiniers et forces spéciales employées à l’entraînement de l’armée et de la police en Irak.
Le gouvernement du bel paese et l’opposition de Sa Majesté préfèrent s’occuper de la nécessité urgente de bâillonner Travaglio [1], de réduire à néant Anno Zero [2]et d’actualiser les diktats contre les femmes de Joseph Ratzinger [3].
| Lucio Manisco Journaliste ; il a été le correspondant de la Rai, et de titres de la presse écrite, pendant plusieurs dizaines d’années aux États-Unis ; ex-fondateur du quotidien Liberazione (organe du Prc), et ancien député européen. |
[2] Émission politique de la chaîne RAI Due, qui a donné plusieurs fois à Travaglio un droit de réplique.
[3] Le 22 mai sera le 30ème anniversaire de la loi 194, autorisant l’interruption volontaire de grossesse en Italie. En recevant avant-hier 800 représentants du Movimento per la vita, qui demande l’abrogation de cette loi, le pape Benoït XVI a ouvert sa remise en question. Une manifestation à l’appel de nombreuses associations laïques, féministes, gays et de centres sociaux, est organisée sous le nom de « Pride laico » en défense de la loi 194, à l’occasion de la visite du pape à Gênes, samedi 17 mai, voir dirittinrete.org
17:21 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irzan, iraq, afghanistan, invasion, guerre, cheney, cia
13.05.2008
Sauvons la recherche
Dans la continuité du discours de N. Sarkozy sur la recherche et l'enseignement supérieur, le gouvernement poursuit une politique qui se caractérise notamment par une focalisation sur la recherche qui lui apparaît, aujourd'hui, comme utile, et par une limitation de l'investissement public à cette seule partie de la recherche, ainsi qu'au soutien aux entreprises, au détriment notamment de l'emploi scientifique. Le contrôle étroit de l'activité de recherche par le politique et l'économie est contreproductif et dangereux, l'histoire nous l'a largement appris.
Pourtant, c'est manifestement l'objectif principal de notre gouvernement. Une des façons d'y aboutir est de fragmenter le CNRS Instituts qu'il veut rendre plus facilement orientables. Cette fragmentation du CNRS devrait être décidée par son conseil d'administration, le 19 juin. Elle aurait des conséquences dramatiques, en particulier pour l'avenir de secteurs jugés "inutiles" comme la biologie la plus fondamentale ainsi que pour une grande partie des SHS (Sciences Humaines et Sociales).
La question se pose en effet de leur maintien au sein du CNRS, avec tout ce que cela suppose comme intégration à la politique scientifique et comme moyens humains et budgétaires. Quant aux personnels, c'est évidemment un non-sens de prétendre investir dans le domaine de la connaissance en refusant de proposer des conditions de travail dignes aux jeunes qui veulent s'y investir, et à qui on offre de plus en plus de courts CDD, dont la plupart n'ont pas de débouchés stables.
La politique du gouvernement en matière d'enseignement supérieur et de recherche ces dernières années a conduit la France à la 14e place en termes de dépenses de recherche et développement. Elle mène droit dans le mur non seulement les personnels qui y travaillent, les étudiants, mais toute la population qui a besoin que ce secteur soit en bonne santé. Nous vous appelons donc à vous joindre à nous à deux occasions en ce mois de mai.
- 15 mai : Journée de grève avec manifestations, pour défendre et améliorer la fonction publique. La recherche et l'enseignement supérieur font partie de ces services publics que le pouvoir actuel est en train d'affaiblir. Dans notre secteur, aucune création de postes n’a été prévue alors que les manques en personnels de toutes catégories sont criants. La priorité donnée à la réussite en licence, les conditions d’études afférentes, ne pourront se concrétiser sans création de nouveaux emplois scientifiques. Pour soutenir nos services publics, nous défilerons le 15 mai, à l'appel de SLR et de nombreux syndicats.
Voir http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1879
- 15 mai, 17h15 à 20h15 : les sciences humaines et sociales - quelle place, quel avenir, quels enjeux ? Réunion nationale à Paris sur la place des SHS, et plus largement des thématiques non-prioritaires aujourd’hui. Voir http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1876
- 27 mai : Academic Pride (La marche de tous les savoirs) à l'appel de SLR et de plusieurs syndicats. Nous, chercheurs, enseignants-chercheurs et ITA, marcherons le 27 mai, parce que nous sommes fiers de nos recherches, des plus discrètes jusqu’aux plus visibles, qui obtiennent des récompenses internationales (Médaille Fields en 2006 ou le prix Nobel en 2007) et qui consacrent le travail de très longue haleine mené par des équipes. Il faut que nous soyons nombreux dans la rue ce jour-là pour dire que nous sommes fiers de nos métiers, et que nous défendons un certain nombre de valeurs qui sont indispensables à ce type d'activité. Voir http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1875 et http://www.academicpride.fr.nf/
Vous trouverez sur notre site plusieurs articles sur ces questions :
- sur la découpe de la recherche :http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1854
- l'appel sur les SHS : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1867
- une comparaison internationale des réformes universitaires en cours : chronique des ravages annoncés de la "modernisation" universitaire en Europe : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1872
- le début d'une série d'articles analysant la réalité du budget de la recherche : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1878
Note de P&P : Sarkozy et ses sbires poursuivent leur entreprise de démantèlement de la recherche publique française avec une attention particulière portée aux sciences sociales. Cette spécificité résonne fortement avec ce passage de Ponérologie Politique qui fut pourtant écrit il y a plusieurs décennies :
La situation des sciences sociales et médicales, ainsi que des personnes qui y travaillent, ne peut être comprise que quand on a saisi la vraie nature de la pathocratie à la lumière de l’approche ponérologique. Imaginons donc quelque chose qui n’est possible qu’en théorie, c’est-à-dire un pays soumis à une règle pathocratique, mais où il est autorisé de développer librement ces sciences, de laisser circuler tout aussi librement de la littérature scientifique, et d’avoir des contacts avec les hommes de science d’autres pays. La psychologie, la psychopathologie, la psychiatrie, seraient florissantes et produiraient des représentants remarquables. Quels seraient les résultats ?
Cette accumulation rapide de connaissances utiles permettrait d’entreprendre des études dont nous saisissons la portée. Les éléments manquants et les questions insuffisamment approfondies seraient complétés et approfondis grâce à des recherches détaillées. Le diagnostic de la situation pourrait donc avoir lieu, disons, dans la première douzaine d’années de formation d’une pathocratie, particulièrement si cette dernière est imposée. La base du scénario de déduction serait significativement plus large que tout ce que l’auteur peut présenter ici, et ces scénarios seraient illustrés grâce à un riche corpus de matériel analytique et statistique. Une fois communiqué à l’opinion mondiale, ce diagnostic serait promptement intégré, ce qui aurait pour résultat d’expulser de la conscience de la société les naïves doctrines politiques et la propagande.
Il atteindrait les nations faisant l’objet de visées expansionnistes de la part de l’empire pathocratiques. Cela rendrait pour le moins caduque toute idéologie élaborée sur le modèle d’un Cheval de Troie pathocrate. En dépit de leurs différences, les pays gouvernés par des systèmes normaux seraient solidaires devant un danger déjà compris, leur solidarité étant semblable à celle qui lie les gens normaux forcés de vivre sous une règle pathocratique. Cette conscience, répandue dans les pays affectés par ce phénomène, renforcerait simultanément la résistance psychologique des sociétés normales et leur fournirait de nouveaux moyens d’autodéfense. Est-ce qu’un empire pathocratique peut se risquer à permettre cela ?
Pendant les périodes où les disciplines susmentionnées se développent avec rapidité dans un certain nombre de pays, le problème de la prévention de la menace psychiatrique devient une question de vie ou de mort pour la pathocratie. Tout risque de voir émerger une telle situation doit donc être étouffé dans l’oeuf, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’empire.
10:24 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sauvons la recherche, cnrs, ponérologie, lobaczewski, sciences socials, sarkozy, shs
Les contradictions d'Amnesty International
Salim Lamrani s’interroge sur cette étrange conception selon laquelle tout État aurait le droit de se protéger des ingérences étrangères, sauf lorsqu’elles proviennent des États-Unis et visent à imposer leur idéologie et leur modèle économique.

Amnesty International (AI) est sans aucun doute la plus célèbre organisation de défense des droits de l’homme à travers le monde. Créée en 1961 par l’avocat britannique Peter Benenson, cette organisation non gouvernementale dispose de sections dans plus de cinquante pays et de plus de deux millions d’adhérents à travers la planète. Son travail remarquable en faveur de l’abolition de la peine de mort et de la torture, contre les crimes politiques et pour la libération des prisonniers d’opinion lui a permis de bénéficier du statut d’organisme à caractère consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies, de l’UNESCO, du Conseil de l’Europe et de l’Organisation des États américains, entre autres [1].
Les « prisonniers d’opinion »
AI publie chaque année un rapport sur la situation des droits de l’homme dans le monde. Presque aucun pays n’échappe à son regard vigilant. Concernant Cuba, l’organisation internationale fait état de « 69 prisonniers d’opinion » dans son rapport 2007 et explique que ces derniers sont incarcérés pour « leurs positions ou activités politiques non violentes ». Le gouvernement cubain récuse cette charge et accuse AI de partialité. Les relations ont été rompues entre l’organisation et les autorités du pays depuis 1988, date de la dernière visite de AI à Cuba [2].
Dans une déclaration du 18 mars 2008, AI a cette fois-ci dénombré « 58 dissidents toujours emprisonnés à travers le pays ». L’organisation souligne que « le seul crime commis par ces 58 personnes est d’avoir exercé de manière pacifique leurs libertés fondamentales ». Kerry Howard, directrice adjointe du programme Amériques d’Amnesty International, note qu’elle « les considère comme des prisonniers d’opinion. Ces personnes doivent être remises en liberté sans délai et sans condition [3] ».
Dans son communiqué, l’organisation internationale reconnaît que « la plupart ont été inculpés d’’actes contre l’indépendance de l’Etat’ ». Amnesty International reconnaît également que ces personnes ont été condamnées « pour avoir reçu des fonds ou du matériel du gouvernement américain pour des activités perçues par les autorités comme subversives ou faisant du tort à Cuba [4] ».
Pour se convaincre d’une telle réalité, en vigueur depuis 1959, il suffit de consulter, en plus des archives états-uniennes partiellement déclassifiées, la section 1705 de la loi Torriccelli de 1992, la section 109 de la loi Helms-Burton de 1996 et les deux rapports de la Commission d’Assistance à une Cuba libre de mai 2004 et juillet 2006. Tous ces documents révèlent que le président des États-Unis finance l’opposition interne à Cuba dans le but de renverser le gouvernement de La Havane. Il s’agit là du principal pilier de la politique étrangère de Washington à l’égard Cuba [5].
Ainsi, la section 1705 de la loi Torricelli stipule que « les États-Unis fourniront une assistance, à des organisations non gouvernementales appropriées, pour soutenir des individus et des organisations qui promeuvent un changement démocratique non violent à Cuba [6] ».
La section 109 de la loi Helms-Burton est également très claire : « Le Président [des États-Unis] est autorisé à fournir une assistance et offrir tout type de soutien à des individus et des organisations non gouvernementales indépendantes pour soutenir des efforts en vue de construire la démocratie à Cuba [7] ».
Le premier rapport de la Commission d’assistance à une Cuba libre prévoit la mise en place d’un « solide programme de soutien favorisant la société civile cubaine ». Parmi les mesures préconisées, un financement à hauteur de 36 millions de dollars est destiné au « soutien de l’opposition démocratique et au renforcement de la société civile émergeante [8] ».
Le 3 mars 2005, M. Roger Noriega, secrétaire assistant pour les Affaires de l’hémisphère occidental de l’administration Bush, a signalé que 14,4 millions de dollars avaient été ajoutés au budget de 36 millions de dollars prévu dans le rapport de 2004. M. Noriega a même poussé la sincérité jusqu’à dévoiler l’identité de certaines personnes travaillant à l’élaboration de la politique étrangère états-unienne contre Cuba [9].
Enfin, le second rapport de la Commission d’assistance à une Cuba libre prévoit un budget de 31 millions de dollars pour financer davantage l’opposition interne. De plus, un financement d’au moins 20 millions de dollars annuels est alloué à ce même effet pour les années suivantes « jusqu’à ce que la dictature cesse d’exister [10] ».
Ainsi, aucun doute n’est possible à ce sujet.
Contradictions
AI admet désormais que les personnes qu’elle considère comme des « prisonniers d’opinion » ont « reçu des fonds ou du matériel du gouvernement américain pour des activités perçues par les autorités comme subversives ou faisant du tort à Cuba ». C’est ici que l’organisation internationale entre en pleine contradiction.
En effet, le droit international considère comme illégal le financement d’une opposition interne dans une autre nation souveraine. Une telle politique viole de manière flagrante les principes et les normes qui régissent les relations entre les États. Tous les pays du monde disposent d’un arsenal juridique leur permettant de défendre l’indépendance nationale contre ce type d’agression étrangère, en codifiant comme délits les conduites qui favorisent l’application de telles dispositions menant à la subversion. Il s’agit là d’un devoir primordial de tout État.
La législation cubaine
La législation cubaine punit de sanctions très sévères toute association avec une puissance étrangère dans le but de subvertir l’ordre établi et de détruire son système politique, économique et social. La loi n° 88 de protection de l’indépendance nationale et de l’économie de Cuba a été adoptée le 15 mars 1999, suite à la décision prise par les États-Unis d’accroître les sanctions économiques et le financement de l’opposition interne à Cuba.
Cette législation a pour but, comme le stipule l’Article 1, de « définir et sanctionner les actes destinés à soutenir, faciliter ou collaborer avec les objectifs de la loi ’Helms-Burton’, le blocus et la guerre économique contre [le] peuple [cubain], destinés à briser l’ordre interne, déstabiliser le pays et liquider l’État socialiste et l’indépendance de Cuba [11] ».
La loi prévoit des sanctions de sept à quinze ans de privation de liberté pour toute personne qui « fournirait, directement ou par le biais d’un tiers, au gouvernement des États-Unis d’Amérique, ses agences, dépendances, représentants ou fonctionnaires, des informations pour faciliter les objectifs de la loi ’Helms-Burton’. Cette sanction sera de huit à vingt ans de prison si le délit est commis conjointement par plusieurs personnes ou s’il est stipendié d’une manière ou d’une autre [12].
La législation n° 88 sanctionne d’une peine de trois à huit ans de prison le fait d’accumuler, reproduire ou diffuser du matériel à caractère subversif du « gouvernement des États-Unis, ses agences, dépendances, représentants, fonctionnaires ou de toute entité étrangère » dans le but de soutenir les objectifs des sanctions économiques et déstabiliser la nation. Les peines seront de quatre à dix ans d’emprisonnement si le délit est réalisé avec le concours d’autres personnes ou s’il est rémunéré [13].
Enfin, l’Article 11 stipule que « celui qui [...] directement ou par le biais d’un tiers, reçoit, distribue ou participe à la distribution de ressources financières, matérielles ou autre, en provenance du gouvernement des États-Unis d’Amérique, ses agences, dépendances, représentants, fonctionnaires ou d’entités privées, est passible d’une privation de liberté de trois à huit ans [14] ».
Ainsi, comme l’admet explicitement Amnesty International, les personnes qu’elle considère comme étant des « prisonniers d’opinion » ont en réalité commis un grave délit sévèrement sanctionné par la loi cubaine. Ce faisant, ils sont passés du statut d’opposants à celui d’agents stipendiés par une puissance étrangère et sont donc condamnables au regard de la justice cubaine. Les « prisonniers d’opinion » sont en réalité des mercenaires au service d’une puissance étrangère hostile et belliqueuse.
Spécificité pénale cubaine ?
Il convient également de souligner que les États-Unis ont été historiquement l’ennemi acharné de l’indépendance et de la souveraineté de Cuba. En 1898, Washington est intervenu dans la guerre anticoloniale cubaine pour empêcher les Cubains d’accéder pleinement à l’autodétermination et a occupé le pays jusqu’en 1902. Par la suite, Cuba est devenue une espèce de protectorat dominé politiquement et économiquement jusqu’en 1958. A partir de 1959, les États-Unis ont tout tenté pour détruire la Révolution cubaine : attentats terroristes, invasion armée, menace de désintégration nucléaire, sanctions économiques, guerre politique, médiatique et diplomatique et subversion interne.
Comme tout État responsable, le gouvernement révolutionnaire a adopté des mesures légales pour sa survie contre de tels agissements. Cependant, la législation pénale cubaine dispose-t-elle d’un caractère particulier ? Est-elle unique ? Voyons ce que prévoient les législations occidentales - qui, pourtant, ne font pas face aux mêmes menaces que Cuba - pour les individus qui se mettraient au service d’une puissance étrangère.
Le Code pénal états-unien
Aux États-Unis, de tels agissements sont fortement sanctionnés. Selon le paragraphe 951 du Code pénal, « quiconque, autre qu’un fonctionnaire diplomatique ou consulaire ou attaché, agit aux États-Unis en tant agent d’un gouvernement étranger sans notification préalable au Ministre de la Justice [...] est passible à ce titre d’une peine pouvant atteindre dix ans de prison ». Le point e/2/A du paragraphe précise que « toute personne engagée dans une transaction commerciale légale doit être considérée comme un agent d’un gouvernement étranger [...] s’il s’agit d’un agent de Cuba ». Ainsi, un Cubain qui achèterait un appareil médical aux États-Unis pour un hôpital de La Havane est légalement passible d’une peine pouvant atteindre dix ans de prison [15].
Le paragraphe 953, connu sous le nom de loi Logan, stipule que « tout citoyen des États-Unis, quel qu’il soit, qui, sans autorisation des États-Unis, entreprend ou maintient, directement ou indirectement, une correspondance ou une relation avec un gouvernement étranger ou tout fonctionnaire ou agent de celui-ci, dans l’intention d’influencer les mesures ou la conduite d’un gouvernement étranger ou de tout fonctionnaire ou agent de celui-ci, par rapport à un conflit ou une controverse avec les États-Unis » est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison [16].
Si une telle loi était appliquée à Cuba, l’immense majorité de ce que la presse occidentale considère comme étant la « dissidence cubaine » se trouverait sous les verrous. En effet, les opposants cubains se réunissent régulièrement avec le représentant des États-Unis à La Havane, Michael Parmly, dans les bureaux de la Section d’intérêts nord-américains (SINA) ou même dans la résidence personnelle de celui-ci.
Le paragraphe 954 prévoit une peine de dix ans de prison pour toute personne qui émettrait de « fausses déclarations » dans le but de porter atteinte aux intérêts des États-Unis dans ses relations avec une autre nation [17]. Là encore, si l’opposant Oswaldo Payá - qui accuse le gouvernement cubain d’être responsable de disparitions et d’avoir assassiné plus de « vingt enfants » - était soumis à une législation aussi sévère que celle des États-Unis, il serait actuellement en prison, sans susciter aucun émoi auprès des âmes bien-pensantes occidentales. Pourtant le plus célèbre des dissidents cubains n’a jamais été inquiété par la justice cubaine, car celle-ci n’a pas de preuves qu’il reçoit de l’argent d’une puissance étrangère. À titre de comparaison, Raúl Rivero, qui était un opposant relativement modéré et frileux par rapport à Payá, avait été condamné à vingt ans de prison (et libéré un an plus tard) car il avait accepté les généreux émoluments offerts par Washington [18].
Le paragraphe 2 381 stipule que « quiconque, devant allégeance aux États-Unis, mène une guerre contre le pays ou s’associe à ses ennemis, en leur fournissant une aide et un soutien aux États-Unis ou ailleurs, est coupable de trahison et est passible de la peine de mort, ou d’une peine de prison supérieure à cinq ans [19] ».
Ainsi, si des citoyens états-uniens avaient eu les mêmes agissements que les individus reconnus coupables d’association avec une puissance étrangère par la justice cubaine, ils risqueraient la peine capitale. Le paragraphe 2 385 prévoit une peine de vingt ans de prison pour toute personne prônant le renversement du gouvernement ou de l’ordre établi [20].
Comme cela est aisément constatable, le code pénal états-unien est, à maints égards, bien plus sévère que la législation cubaine.
La legislation pénale française
Le Code pénal français prévoit également des sanctions extrêmement sévères en cas d’association avérée avec une puissance étrangère. Selon l’article 411-4,
« Le fait d’entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, en vue de susciter des hostilités ou des actes d’agression contre la France, est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d’amende.
Est puni des mêmes peines le fait de fournir à une puissance étrangère, à une entreprise ou une organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou à leurs agents les moyens d’entreprendre des hostilités ou d’accomplir des actes d’agression contre la France [21] ».
La loi française est, à cet égard, plus sévère que la législation cubaine.
La loi espagnole
Le Code pénal espagnol de 1995 prévoit des sanctions sévères pour ces mêmes délits. Selon l’Article 592, « les personnes maintenant des intelligences ou des relations de tout type avec des gouvernements étrangers, avec leurs agents ou avec des groupes, organismes ou associations internationales ou étrangères, dans le but de porter préjudice à l’autorité de l’État ou de compromettre la dignité ou les intérêts vitaux de l’Espagne, seront punis d’une peine de prison de quatre à huit ans [22] ».
L’Article 589 prévoit une peine de un à trois ans de prison pour « toute personne qui publierait ou exécuterait en Espagne n’importe quel ordre, disposition ou document d’un gouvernement étranger qui porte atteinte à l’indépendance ou à la sécurité de l’État, s’oppose au respect de ses lois ou provoque leur violation [23] ». Si les fameuses Dames en Blanc cubaines avaient eu le même comportement en Espagne, elles seraient privées de liberté.
Le Code pénal belge
Le Chapitre II de la législation belge qui traite « des crimes et des délits contre la sûreté extérieure de l’État » et plus précisément l’Article 114, stipule que « quiconque aura pratiqué des machinations ou entretenu des intelligences avec une puissance étrangère ou avec toute personne agissant dans l’intérêt d’une puissance étrangère, pour engager cette puissance à entreprendre la guerre contre la Belgique, ou pour lui en procurer les moyens, sera puni de la détention de vingt ans à trente ans. Si des hostilités s’en sont suivies il sera puni de détention à perpétuité [24] ».
La législation italienne
Selon l’Article 243 du Code pénal italien, « quiconque entretient des intelligences avec l’étranger dans le but qu’un État étranger déclare la guerre ou réalise des actes d’hostilité contre l’État italien, ou bien commette d’autres faits dans le même but, est puni à une réclusion non inférieure à dix ans. Si la guerre s’ensuit, la peine de mort est appliquée ; si les hostilités se vérifient, la réclusion criminelle à perpétuité est appliquée. [La peine de mort est supprimée et substituée par la réclusion à perpétuité] [25] ».
L’Article 246 traite du financement du citoyen par une puissance étrangère : « Le citoyen, qui, même indirectement, reçoit ou se fait promettre de l’étranger, pour lui-même ou pour autrui, de l’argent ou n’importe quel article, ou en accepte seulement la promesse, afin de commettre des actes contraires aux intérêts nationaux, est sanctionné, si le fait ne constitue pas l’acte le plus grave, de la réclusion de trois à dix ans ». La peine est augmentée si « l’argent ou l’article sont remis ou promis par le biais d’une propagande avec le moyen de la presse [26] ».
Ainsi, la législation italienne est bien plus sévère que la loi cubaine. Si les célébrissimes dissidents tels que Payá, Marta Beatriz Roque ou Elizardo Sánchez se trouvaient en Italie, ils seraient en prison et non pas en liberté.
La loi suisse
Même la pacifique Suisse prévoit des sanctions pour délit d’association avec une puissance étrangère. L’Article 266 du Code pénal stipule que :
« 1. Celui qui aura commis un acte tendant à porter atteinte à l’indépendance de la Confédération ou à mettre en danger cette indépendance, ou à provoquer de la part d’une puissance étrangère, dans les affaires de la Confédération, une immixtion de nature à mettre en danger l’indépendance de la Confédération, sera puni d’une peine privative de liberté d’un an au moins.
2. Celui qui aura noué des intelligences avec le gouvernement d’un État étranger ou avec un de ses agents dans le dessein de provoquer une guerre contre la Confédération sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au moins.
Dans les cas graves, le juge pourra prononcer une peine privative de liberté à vie ».
L’Article 266 bis est également très clair :
« 1 Celui qui, à l’effet de provoquer ou de soutenir des entreprises ou menées de l’étranger contre la sécurité de la Suisse, sera entré en rapport avec un État étranger, ou avec des partis étrangers, ou avec d’autres organisations à l’étranger, ou avec leurs agents, ou aura lancé ou propagé des informations inexactes ou tendancieuses, sera puni d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d’une peine pécuniaire.
2 Dans les cas graves, le juge pourra prononcer une peine privative de liberté d’un an au moins [27] ».
La législation suédoise
En Suède, le Code Pénal prévoit une peine de deux ans d’emprisonnement pour « celui qui perçoit de l’argent ou d’autres dons d’une puissance étrangère ou de quiconque agit dans l’intérêt de celle-ci, afin de publier ou diffuser des écrits, ou d’influencer de quelque façon que ce soit l’opinion publique en ce qui concerne l’organisation interne de l’État [28] ».
Cette démocratie scandinave sanctionne également « celui qui propage ou transmet à des puissances étrangères ou à leurs agents des informations inexactes ou tendancieuses, dans le but de créer des menaces pour la Sécurité de l’État ». Enfin, une peine allant de dix ans à la réclusion criminelle à perpétuité est appliquée à « celui qui constitue une menace contre la sécurité de l’État pour avoir utilisé des moyens illégaux avec l’appui d’une puissance étrangère [29] ».
Agents au service d’une puissance étrangère et non « prisonniers d’opinion »
Les exemples pourraient être multipliés à l’infini. Dans n’importe quel pays du monde, l’association avec une puissance étrangère est sévèrement sanctionnée par la loi et il n’est donc point possible d’accorder le qualificatif de « prisonniers d’opinion » aux individus stipendiés par un gouvernement étranger, comme cela est le cas pour les détenus cubains, ce que reconnaît d’ailleurs très honnêtement Amnesty International.
Amnesty International est une organisation réputée pour son sérieux, son professionnalisme et son impartialité. Mais le traitement qu’elle réserve à Cuba est sujet à caution. Afin de continuer à jouir du même prestige et de la même objectivité, AI serait avisée de reconsidérer, sans plus attendre, son jugement à l’égard de ceux qu’elle considère comme étant des « prisonniers d’opinion » à Cuba, car la double mesure n’est pas acceptable.
| Salim Lamrani Enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les États-Unis. Auteur de Cuba face à l’empire : Propagande, guerre économique et terrorisme d’État, dernier ouvrage publié en français : Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme. Les articles de cet auteur Envoyer un message |
[1] Amnesty International, « L’histoire d’Amnesty International », pas de date. (site consulté le 23 avril 2008).
[2] Amnesty International, « Cuba. Rapport 2007 », avril 2007. (site consulté le 23 avril 2008).
[3] Amnesty International, « Cuba. Cinq années de trop, le nouveau gouvernement doit libérer les dissidents emprisonnés », 18 mars 2008. site consulté le 23 avril 2008).
[4] Ibid.
[5] Salim Lamrani, Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008), pp. 45-55.
[6] Cuban Democracy Act, Titre XVII, Section 1705, 1992.
[7] Helms-Burton Act, Titre I, Section 109, 1996.
[8] « Le plan Powell pour l’après-Castro », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 16 juin 2004. Voir en annexe de l’article, le document téléchargeable : Commission for Assistance to a Free Cuba, par Colin L. Powell (Washington : United States Department of State, mai 2004).
[9] Roger F. Noriega, « Assistant Secretary Noriega’s Statement Before the House of Representatives Committee on International Relations », Department of State, 3 mars 2005. (site consulté le 9 avril 2005).
[10] « Le nouveau plan de Bush pour renverser les institutions cubaines », par Salim Lamrani, Réseau Voltaire, 2 août 2006. Voir en annexe de l’article, le document téléchargeable : Commission for Assistance to a Free Cuba, par Condolezza Rice & Carlos Gutierrez (Washington : United States Department of State, juillet 2006).
[11] Gaceta Oficial de la República de Cuba, Ley de protección de la independencia nacional y la economía de Cuba (LEY NO 88), 15 mars 1999.
[12] Ibid.
[13] Ibid.
[14] Ibid.
[15] U.S. Code, Title 18, Part I, Chapter 45, § 951.
[16] U.S. Code, Title 18, Part I, Chapter 45, § 953.
[17] U.S. Code, Title 18, Part I, Chapter 45, § 954.
[18] El Nuevo Herald, « Mensaje de Payá destaca que en la isla hay desaparecidos », 18 mars 2005, p. 23A.
[19] U.S. Code, Title 18, Part I, Chapter 115, § 2381.
[20] U.S. Code, Title 18, Part I, Chapter 115, § 2385.
[21] Code Pénal Français, Livre IV,Chapitre I, Section 2, Article 411-4.
[22] Code Pénal Espagnol de 1995, chapitre II, Article 592.
[23] Code Pénal Espagnol de 1995, chapitre II, Article 589.
[24] Code Pénal Belge, Chapitre II, Article 114.
[25] Code Pénal Italien, Livre II, Titre I, Chapitre I, Article 243.
[26] Code Pénal Italien, Livre II, Titre I, Chapitre I, Article 246.
[27] Code Pénal Suisse, Article 266.
[28] Code Pénal Suédois, Chapitre 19, Article 13.
[29] Code Pénal Suédois, Chapitre 19, Article 8.
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