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25/12/2008

Marchiani touché par la grâce.

Note de P&P : Dans un grand élan de transparence et d'honnêteté, le gouvernement Sarkozy a une nouvelle fois fait passer des mesures particulièrement populaires au beau milieu des vacances.

Nous parlons cette fois-ci, des vacances de Noël 2008 et Sarkozy a revêtu une longue barbe blanche (qui lui arrive jusqu'aux genoux un peu comme Grincheux ce sympathique personnage créé par Walt Disney) pour procéder à la traditionnelle distribution des cadeaux. Même avec l'hyperactivité sub-hystérique qui le caractérise, il eut été bien difficile de préparer un cadeau personnalisé pour chacun des 60 millions de Français.

A l'aune d'une année 2009 particulièrement difficile où le soutien apporté aux plus démunis devient plus que jamais essentielle, notre génialissime président a pensé à un premier cadeau pour les pauvres consistant en une réduction des droits chômage. Les 5% d'enrobage sucré c'est l'abaissement de la durée minimum d'indemnisation, les 95% restants constituent une amère régression sociale supplémentaire où, en résumé il faudra cotiser plus pour toucher moins.

En plus du cadeau pour la plèbe qui est également un cadeau pour les nantis qui voient les charges patronales baisser. Sarkozy a sorti de sa hotte un cadeau spécial réservé à une liste secrète de 27 citoyens modèles. Ceux-ci auront droit à une grâce de Noël. La grâce ça ne nous concerne pas. Comme prouvé par la pseudo-rigueur affiché par le chantre élyséen de l'incorruptibilité au moment de son élection, chacun devra payer sa dette à la société jusqu'au dernier cent. Sarkozy fut donc le premier président à refuser le pardon aux sanginaires bandits qui avaient osé rouler à 58 km/h sur un tronçon de route limité à 50 km/h.

En revanche si vous avez à votre actif quelques juteuses affaires de corruption et que vous être bien introduit dans les réseaux mafieux corses célèbres de Miami pour leur trafic d'héroine jusqu'en Angola pour leur trafic d'arme, alors vous aurez de grandes chances d'émouvoir notre président au grand coeur.

Avant de lire les chapitres suivants, et afin d'avoir une idée des liens historiques entre quelques "héros" corses et notre sémillant président, nous vous conseillons de jeter un oeil à l'article "Opération Sarkozy".

 

 

Nicolas Sarkozy a partiellement gracié Jean-Charles Marchiani. Pourtant, l'ex-préfet du Var ne répondait pas vraiment aux critères énoncés par le chef de l'Etat. Mais le patron en a donc décidé ainsi, à la veille de Noël, pendant les vacances... que les trois premiers personnages du gouvernement passent à l'étranger. Hasards ou coïncidences...

Sarkozy - Grace Marchiani

A la veille de Noël, (Saint) Nicolas Sarkozy l'a décidé. Il en sera donc ainsi... Jean-Charles Marchiani bénéficie d'une grâce partielle réduisant sa peine de six mois. Il peut dès maintenant demander une libération conditionnelle. L'ancien préfet du Var avait été condamné à 3 ans de prison ferme pour avoir touché des commissions occultes en marge de deux marchés. Les trois premiers personnages du gouvernement (Sarkozy, Fillon, Borloo) sont injoignables, partis en vacances à l'étranger. Vraiment pas de chance !

 

Marchiani non éligible aux conditions de l'Elysée ?

Pourtant, ce n'était pas gagné d'avance. Le cas Marchiani répondait difficilement aux exigences formulées par Nicolas Sarkozy. L'appel d'offres rédigé par l'Elysée, rendu public par Bakchich, précisait que "les condamnés qui ont d'ores et déjà entamé sous l'autorité d'un juge de l'application des peines un parcours visant à obtenir une mesure d'aménagement de peine ne figureront pas parmi [les] propositions hormis les cas où cette exclusion génèrerait une injustice flagrante". Or, Jean-Charles Marchiani avait déposé début octobre une demande de libération conditionnelle. Mais peut-être cette demande a-t-elle été aussi graciée, par la même occasion ?

Marchiani touché par la grâce

Une grâce de Noël, en République laïque, ce n'est pas du meilleur effet. Mais c'est un détail, aussi peu important que les noms de la petite trentaine d'autres prisonniers qui ont bénéficié de ce privilège. La liste est tenue secrète, aujourd'hui encore, et si la CGT-pénitentiaire n'avait pas éventé l'affaire, Marchiani serait rentré chez lui à temps pour voir Bernard Tapie faire son show, jeudi 25 en direct sur France 2 (à moins qu'il ne préfère "Le père Noël est une ordure" ?)... et personne n'en aurait rien su.

Au contraire des grâces collectives, qui étaient passées par décret officiel, et dont les conditions étaient connues de tous et valables pour l'ensemble des prisonniers, la grâce individuelle dont vient de nous honorer Nicolas Sarkozy est obscure et subjective. Quelques critères flous, une liste de noms sortie d'un chapeau. Et au final, le chef de l'Etat qui tranche. N'y a-t-il que 27 détenus méritants en France ? Marchiani est-il plus méritant que d'autres ? Sans aucun doute, répond la République.

"Celui qui est élu au suffrage universel n'a pas à revenir sur une décision de justice"

"Je proposerais [...] que l'on supprime le droit de grâce et d'amnistie qui ne m'apparaissent pas être compatibles avec les exigences d'une démocratie moderne. Pour moi, cela va bien au-delà du seul cas particulier et je n'aime pas faire de cas particulier. Je dis simplement qu'au nom de la séparation des pouvoirs, il me semble que celui qui est élu au suffrage universel n'a pas à revenir sur une décision de justice" avait pourtant déclaré Nicolas Sarkozy, le 10 juin 2006. Et il l'a fait ! Mais pour les PV de stationnements, pas pour ses amis corrompus (c'est la justice qui le dit)...

L'histoire se répète...

Vendredi 11 juillet, à la veille d'un long week-end, en période de fêtes et de vacances, Bernard Tapie bénéficiait de la discrète bonté d'une justice parallèle aux petits oignons. Un tribunal arbitraire arbitral et la justice de la République était court-circuitée, bafouée... par le gouvernement ! Dans le secret le plus parfait... ou presque ! Et dire qu'en Belgique, un gouvernement entier démissionne pour de simples accusations de "pressions sur la justice"... Des petits joueurs, ces Belges !

 

 

Un petit reportage de Bakchich.info en prime

 

 

Article original : Les mots ont un sens

 

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