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28/10/2008

Délices orwelliens

Thierry Saussez sur le plateau de Public Sénat, le 27 octobre 2008.

 

Interrogé, lundi 27 octobre, sur la façon dont il comptait communiquer sur les mesures prises par Nicolas Sarkozy pour faire face à la crise, le responsable de la communication gouvernementale, Thierry Saussez, a déclaré sur la chaîne télévisée Public Sénat travailler sur une émission de communication gouvernementale diffusée à la télévision.

L'émission n'en est qu'à l'état de projet : "Je réfléchis à une émission de communication gouvernementale à la télévision, construite sur les questions des Français", a déclaré Thierry Saussez. A côté de "la bouilloire médiatique" qui n'a "pas le temps d'ancrer un message (...) moi je suis là pour ancrer les messages, les réformes, les mesures dans la durée, c'est la différence entre le temps court de l'information, et le temps long de la communication", a-t-il ajouté. Elle serait diffusée "dans l'idéal évidemment sur le service public", a-t-il ajouté. "Si je le fais sur TF1, on va me dire 'ben voilà, bien entendu, il est allé chez monsieur Bouygues.'"

Evoquant également l'idée d'un format court, il précise qu'il veut chercher "des solutions plus rapides et plus interactives pour répondre aux questions des Français", des moyens "adaptés à la situation de crise" qui permettent de communiquer rapidement et pas "cinq mois après", se défendant avec virulence de toute propagande : "La propagande c'est de la promesse générique, c'est dire 'le président est le plus grand, le premier ministre est le meilleur' (...) On ne touchera pas à ça" affirme Thierry Saussez.

 

 

Ancien publicitaire, Thierry Saussez a été présenté comme le remède "anti-couacs" lors de son arrivée à l'Elysée au printemps. Il a reçu pour mission "de dynamiser et de coordonner" la communication gouvernementale. En tant que directeur du service d'information du gouvernement (SIG), il est également l'inspirateur d'une campagne sur le pouvoir d'achat, diffusée à la télévision et dans la presse écrite avant l'été, et dont le coût de 4,33 millions d'euros a suscité de vives critiques. Le Canard enchaîné avait par ailleurs révélé début juillet que M.Saussez avait demandé de pouvoir dépenser 16,7 millions d'euros supplémentaires en 2009 pour des opérations de communication, soit une augmentation de 292 % demandée dans une note adressée à Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, et à Jean-Paul Faugère, directeur de cabinet de François Fillon. Dans cette note, il livrait par ailleurs ses conseils sur la communication du gouvernement : "Etre plus chaud, plus rapide et plus analytique en profondeur ; redéployer l'Etat annonceur."

Article original : le Monde.


Note de P&P :

Est-il nécessaire de commenter un tel article ? Manifestement nos chères élites ne se cachent même plus de leurs projets d'endoctrinement les plus flagrants.

Ce qui est le plus ironique dans cette histoire c'est que le citoyen est à la fois cible et financeur de la campagne gouvernementale sur le pouvoir d'achat et demain peut-être des émissions de promotion du gouvernement.

Un peu comme un soldat qui demanderait à sa victime de payer le prix de la cartouche qu'il s'apprête à lui tirer dans la nuque.

 

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