Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/09/2008

Pesticides dans les aliments : l’Europe simplifie au détriment de la santé

01-09-2008

Jusqu’à présent, il appartenait à chaque état membre de l’Union européenne de fixer les limites maximales de résidus de pesticides (LMR) que l’on trouve dans les produits d’origine agricole (légumes, viandes, fruits, lait, oeufs, céréales, épices, thés, cafés, etc.). Depuis aujourd’hui c’est fini. Les LMR sont dorénavant fixées par la Commission européenne et se substituent à l’ensemble des 27 législations nationales, dans le but officiel de simplifier les choses pour les professionnels comme pour les consommateurs.


En effet, si auparavant les résidus d’un pesticide spécifique, sur un produit donné, conduisaient pour une même valeur de pollution de l’aliment à une possibilité de commercialisation dans certains états et d’interdiction dans d’autres, la nouvelle législation aligne tous les pays européens sur le même taux. Elle fixe ainsi pour environ 1 100 pesticides, qui ont été ou sont toujours utilisés, des LMR pour 315 produits d’origine agricole.

Par ailleurs, ces LMR s’appliquent également aux produits transformés, moyennant un ajustement tenant compte des dilutions, concentrations
et/ou transformations possibles.En conséquence, pour les professionnels, l’unification de ces LMR à l’échelle de l’Europe est la garantie d’échanges commerciaux intracommunautaires simplifiés, tandis que pour les consommateurs c’est la garantie de connaître la quantité maximale de pesticides ingérée lors de la consommation d’un produit donné (1).


Néanmoins, si Androulla Vassiliou, la commissaire européenne en charge de la santé, considère en plus que cette nouvelle législation apporte "… l’assurance que la quantité de résidus de pesticides présents dans les denrées alimentaires est la plus limitée possible et que ceux-ci n’ont pas d’effet dommageable pour nos citoyens.", ce n’est pas l’avis de certaines associations. Celles-ci dénoncent ainsi le fait que, alors que la Commission européenne aurait dû retenir les seuils de LMR de pesticides les plus bas possibles (article 25 du règlement 396/2005), c’est quasiment la démarche inverse qui prévaut. Hans Muilerman, porte-parole de l’ONG néerlandaise Natuur en Milieu, souligne ainsi que "Pour chaque pesticide, la Commission a identifié le pays ayant la plus « mauvaise » limite de sécurité et a adopté ce niveau pour les normes européennes".

Dans ce cadre, pour les états qui avaient mis en place des législations "restrictives" quant aux LMR acceptables, les seuils de présence de pesticides augmentent fortement. C’est notamment le cas de l’Allemagne et de l’Autriche, aux législations jusqu’alors relativement strictes en la matière. Ainsi, concrètement, pour l’Autriche, l’adoption de ce texte signifie que 65 % des pesticides utilisés voient leur taux de résidus dans les aliments augmentés, pour certains jusqu’à 1 000 fois, alors que seuls 4 % sont à la baisse.

Dans ces conditions, selon le MDRGF, "de nombreuses LMR deviendront dangereuses pour les consommateurs - au regard même des normes de sécurité et des méthodes d’analyse fixées par l’UE elle-même." En conséquence, l’ONG Nature en Milieu et le réseau PAN Europe ont décidé d’engager une action en justice contre la Commission européenne, afin de l’obliger à revoir son texte.

Source : Pascal Farcy - Univers nature.

Les commentaires sont fermés.