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30/07/2008

Freddie Mac et Fannie Mae sont dans un bateau...

WASHINGTON (Reuters) - Le Congrès américain a approuvé samedi un plan massif de sauvetage du marché immobilier résidentiel prévoyant un soutien d'urgence aux organismes américains de refinancement du crédit immobilier Fannie Mae et Freddie Mac

Le plan instaure un fonds de 300 milliards de dollars pour aider les accédants à la propriété en difficulté.

Un porte-parole de la Maison blanche a indiqué que le président George Bush signerait cette loi dans la mesure où elle est nécessaire pour trouver une solution à la crise, la pire que traversent les Etats-Unis depuis la Grande dépression des années 1930.

Le texte, approuvé mercredi par la Chambre des représentants ou samedi par le Sénat, offre des allègements fiscaux pour encourager les achats immobiliers, instaure un système national de licence pour les compagnies de prêts hypothécaires et attribue quatre milliards de dollars aux autorités locales pour l'achat et la réparation de maisons qui ont fait l'objet de saisies dans des communautés durement touchées par les saisies et par la chute des prix de l'immobilier.

Source : Yahoo News, Kevin Drawbaugh et Patrick Rucker, version française Nicole Dupont

Note de P&P : L’intitulé de cette nouvelle loi « plan massif de sauvetage du marché immobilier résidentiel » laisse à penser que la marionnette Bush et les néolibéraux qui l’agitent frénétiquement ont finalement une once d’humanité et que face à l’immense précarité qui accable des dizaines de millions d’Etasuniens ils ont décidé d’initier un vaste mouvement de solidarité.

Que nenni, les citoyens continueront à voir leurs propriétés saisies, leurs dettes maintenues voire augmentées et leurs emplois délocalisés.

Ce financement public constitue tout simplement une injection massive de l’argent des contribuables dans des institutions privées.

En fait de 1938 à 1968, Fannie Mae et Freddie Mac (FM) étaient des monopoles publics qui garantissaient les crédits immobiliers des citoyens étasuniens.

En 1968, le délicieux Lyndon Jonhson a privatisé ces deux organismes qui continuent à assurer les prêts contractés par des particuliers en échange du paiement d’une prime d’assurance.

En plus de ces primes ces deux oligopoles ont fait leurs choux gras (Freddie Mac prenait la 50e place dans le classement Fortune 500 de 2007) en émettant des obligations regroupant les prêts qu'ils assuraient (RMBS).

Au début des années 2000, toutes deux avaient déjà été condamnées par la justice étasunienne pour avoir maquillé leurs résultats comptables à la manière de la tristement célèbre ENRON.

La chute de l’immobilier met ces deux acteurs dans une situation inconfortable. Prenons un exemple simple : un couple californien achète une maison à 500.000 dollars en 2005, son prêt bancaire de 500.000 dollars est assuré par l’un de ces organismes. En 2008, ce couple ne peut plus rembourser son prêt (licenciement suite aux délocalisations incessantes, explosions des mensualités variables), FM qui a garanti le prêt doit alors 500.000 dollars (plus ou moins les intérêts et les premières mensualités versées) à la banque prêteuse mais entre temps le marché immobilier californien a perdu 40%. Le couple se retrouve à la rue et la propriété est vendue aux enchères pour 300.000 euros. FM doit donc encore 200.000 euros à la banque.

Les dirigeants de FM se sont bien engraissés pendant les années folles de l’immobilier mais ils ont constitué de bien faibles réserves (Fannie Mae et Freddie Mac détiennent ou garantissent 5.200 milliards de dollars de créances hypothécaires, soit près de 50% de l'encours de crédit immobilier américain.).

Pourtant la crise immobilière US continue de s’aggraver, l’indice Shiller du prix de l’immobilier publié ce 29 juillet fait état d’une baisse des prix de 16% par rapport à mai 2007. C’est la chute annuelle la plus forte enregistrée depuis la création de cet indicateur en 2001, plus importante encore que la baisse de 15.3% enregistrée entre avril 2007 et avril 2008.

Au milieu de cette débâcle le gouvernement étasunien injecte 300 milliards de dollars dans ces deux organismes. Concrètement Bush utilise les finances publiques (constituées en bonne partie par les taxes et impôts payés par les citoyens) afin de recapitaliser Fannie Mae et Freddie Mac (organismes partiellement privés) pour qu’ils puissent continuer à rembourser les banques (privées).

Donc cet argent public ne change rien à la situation des citoyens, ils sont expulsés et leur maison vendue aux enchères par ces mêmes banques qui ont déclenché cette crise par leurs spéculations délirantes, qui récupèrent le montant des enchères et qui encaissent l’argent public débloqué par Bush & Co.

29/07/2008

Hallo l'INSEE, ici la Terre.

 Note de P&P : L'INSEE, dans un exercice de propagande à faire pâlir Goebbels tente désespérement de nous faire croire que le pouvoir d'achat augmente fortement. Asseyez-vous bien, vous allez assister à un numéro de haute voltige :

Les français ont l'impression que leur pouvoir d'achat est en chute vertigineuse. Pourtant, selon l'INSEE, le pouvoir d'achat des ménages a augmenté en 2007 de 3,3 % et il devrait augmenter de 0,9% en 2008. Alors comment expliquer cette différence considérable entre la perception des français et les statistiques officielles. Entretien avec Fabrice Lenglart, chef du département des comptes nationaux à l'INSEE.

Pouvez-vous nous définir le pouvoir d'achat ?

« Le pouvoir d'achat du revenu brut disponible », c'est le terme exact de la comptabilité nationale, est la différence entre l'ensemble des revenus des ménages (salaires, revenus d'activités, revenus du patrimoine, prestations sociales...) et les prélèvements obligatoires (cotisations sociales, impôts directs...). C'est un solde qui n'a pas tellement de sens. Ce que nous analysons plutôt, c'est l'évolution de ce revenu disponible des français d'une année sur l'autre, après avoir pris en compte l'inflation. En fait, nous ne communiquons pas sur le pouvoir d'achat mais sur l'évolution de ce pouvoir d'achat.

Comment a évolué le pouvoir d'achat ces deux dernières années ?

En 2007, le pouvoir d'achat a augmenté de 3,3 % ce qui est très fort puisque ces quinze dernières années, son évolution était plutôt autour de 2 % par an. Pour 2008, selon les prévisions, le pouvoir d'achat des ménages devrait évoluer de 0,9%, ce qui est très faible.

Très faible mais positif, alors que les français ont l'impression que leur pouvoir d'achat s'est effondré. Comment expliquez-vous la différence entre ces chiffres et la perception des français ?

Nous avons beaucoup travaillé sur cette différence entre la perception et la réalité des chiffres. La première explication est la différence entre le pouvoir d'achat individuel et collectif. En fait, le revenu disponible évolue mais en réalité la population française et en particulier le nombre de ménages évolue encore plus vite ce qui fausse le calcul du pouvoir d'achat. Le gâteau augmente mais le nombre de parts à couper augmente encore plus. En fait la bonne façon serait de calculer le pouvoir d'achat par unité de consommation, ce qui donne une vision plus juste du pouvoir d'achat.

Pourquoi ne le faites-vous pas ?

Nous le faisons  mais ces chiffres n'étaient pas ceux qui étaient mis en avant. Aujourd'hui, on communique de plus en plus sur le pouvoir d'achat par unité de consommation ce  qui diminue l'évolution d'environ 0,9 Point. Par exemple en 2008, le pouvoir d'achat des français, par unité de consommation devrait stagner.

Le deuxième élément qui explique la différence entre les chiffres et la perception des consommateurs est que lorsqu'ils parlent de pouvoir d'achat, les français raisonnent en prix et pas forcément en revenus. Pourtant, le pouvoir d'achat doit prendre en compte les deux éléments. Quand on compare les enquêtes d'opinion sur les prix et l'inflation réelle, on constate un décalage important, avec un décrochage qui s'est largement accentué depuis l'Euro.

Est-ce que le calcul de l'inflation par l'INSEE prend bien en compte l'évolution réelle des prix ?

Les français lorsqu'ils pensent prix, pensent principalement aux produits qu'ils achètent le plus souvent comme les produits alimentaires ou l'essence. Or l'inflation mesurée par l'INSEE prend en compte tous les prix, y compris les prix des automobiles qui sont plutôt stables ou des biens électroniques qui ont plutôt baissé. Or le poids de ces produits dans le calcul de l'inflation est important car même si on ne les achète pas souvent, leur coût est important et pèse donc de manière significative dans le calcul de l'inflation.

S'agit-il alors d'un problème de rythme de consommation. Les français dépensent-ils plus aujourd'hui qu'il y a quelques années ?

Il est vrai que chaque mois, les français ont une certaine somme qui part directement pour le paiement de ce que nous appelons des « dépenses contraintes », comme le loyer, le ou les abonnements téléphoniques, l'assurance, la mutuelle etc...Or les dépenses contraintes qui représentaient 15 % du budget des ménages en 1960 ont presque doublé en quarante ans puisqu'elles représentent aujourd'hui près de 30 %. Chaque mois, les français voient 30% de leurs revenus partir automatiquement. Du coup, le revenu «arbitrable», c'est-à-dire qui reste aux français et dont ils peuvent décider, est moins important ce qui les conforte dans cette impression de baisse du pouvoir d'achat.


Note de P&P : - « Insee, répondez »,  « Insee, ici la Terre, répondez »

- « Chef je crois qu’on les a perdus. »

Si la souffrance de millions de Français luttant un peu plus chaque jour pour arriver à vivre décemment n’était pas en jeu, les pathétiques tentatives de justification de l’INSEE pourraient prêter à sourire. 

Il est sûr que l’inflation croissante et l’érosion du pouvoir d’achat qui frappent la France depuis l’élection de notre cher Président dont la principale  promesse électorale consistait en une augmentation dudit pouvoir d’achat commencent à faire sérieusement désordre. 

L’INSEE, en bonne officine de propagande, se démène donc pour entretenir l’illusion, à coup d’ « unités de consommation », de « revenu arbitrable », de « dépenses contraintes ». 

Cette tactique est vieille comme le monde. En effet lorsque votre point de vue prend l’eau de toute part, obscurcissez le débat et employez moult termes techniques afin de perdre votre interlocuteurs. 

Ceux qui, honte à eux, douteraient encore de la totale intégrité de l’INSEE pourraient jeter un œil à l’organigramme de cette vénérable institution. On remarque qu’un nouveau directeur général a été nommé six mois après l’élection de notre brillantissime président : « Jean-Philippe Cotis, 50 ans, diplômé de l’ESSEC et de l’ENA, a été nommé directeur général de l’Insee, sur proposition de Christine Lagarde, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Emploi. » 

Sachant que Christine Lagarde est un modèle d’objectivité économique et sociale, comme l’a justement souligné le Réseau Voltaire : « Elle a fait toute sa carrière aux États-Unis où elle a dirigé le prestigieux cabinet de juristes Baker & McKenzie. Au sein du Center for International & Strategic Studies de Dick Cheney, elle a co-présidé avec Zbigniew Brzezinski un groupe de travail qui a supervisé les privatisations en Pologne. Elle a organisé un intense lobbying pour le compte de Lockheed Martin contre les l’avionneur français Dassault. 

 Au-delà des mensonges abracadabrants entonnés par le gouvernement et l’INSEE visant à nous faire gober que l’on s’enrichit alors que l’on s’appauvrit, la notion de pouvoir d’achat demeure pourtant fort simple. 

 Si vous pouvez acheter moins qu’avant, c’est que votre pouvoir d’achat baisse. 

Certes le pouvoir d’achat de certains, en particulier celui de notre cher président, a considérablement augmenté

Mais pour l’immense majorité des Français, ceux qui doivent se contenter de 1000 ou 2000 euros par mois la tendance est clairement orientée à la baisse. 

Je ne résiste pas à l’envie de publier ce mail envoyé il y a quelques semaines par un lecteur qui témoigne, dépenses par dépenses, de l'évolution réelle de son pouvoir d’achat.

"Je me présente, mon nom est Georges, déjà avec un prénom comme ça j’aurais dû me méfier. J’ai 29 ans, je suis chauve, smicard et célibataire (tiens en l’écrivant je me dis qu’il y a peut-être des liens de cause à effet). 

Après avoir décroché un DEA en océanographie, il a bien fallu que je commence à gagner ma vie. Après deux années de RMI, de galère et de petits boulots, j’ai décroché en 2006 un vrai job à temps plein. 1030 euros par mois, mazette ! 

Depuis je mène une existence à peu près aussi  merdique que quand j’étais au RMI sauf que je bosse 8 heures par jour à livrer des colis à travers les embouteillages, le stress et la pollution, à part les queues de poissons et mon requin de patron, y a pas grand rapport avec l’océanographie. 

Je rentre le soir vané et là enfin je déconnecte un peu, je fume quelques clopes, je surfe sur Internet et j'essaye d'oublier. Je suis pas très frais le lendemain mais pas besoin d’une forme olympique pour pousser des cartons et tourner un volant. 

Et voilà que je tombe sur cet article [Note de P&P : article publié par l’INSEE en juin 2008 sur la hausse du pouvoir d’achat]. Franchement avoir une vie de merde c’est une chose mais se voir traité de privilégié quand on crève de faim ça fait un peu mal aux sphincters.

L’avantage d’un bac +5 smicard qui passe des heures dans les embouteillages c’est qu’il a le temps de faire ses comptes. Alors voilà en 2006 mes dépenses du mois se répartissaient comme ça : 

  • location studio : 330 euros (attention à ce prix là c’est le grand luxe, cloison en papier cigarette, décoration des seventies, débit d’eau asmathique, boites aux lettres défoncées, y’a même des merdes de chien dans le hall)
  • charges : 30 euros
  • gazole voiture : 120 euros
  • alimentation : 270 euros
  • téléphone : 30 euros
  • clopes : 100 euros
  • assurances voiture et maison : 50 euros
    = 930 euros

Reste 100 euros pour tout le reste dont accessoirement le poste « vivre » : taxe d’habitation, cadeaux pour la famille, un livre, un ciné, quelques fringues, PC , redevance télé, …) 

Et pour les 6 premiers mois de 2008, le résultats des courses :

  • location studio : 350 euros (avec la crise le studio minable est de plus en plus recherché d’où hausse des locations, j’ai fait une demande en HLM mais on m’a dit qu’il fallait avoir des enfants. Je leur aurai bien répondu que pour commencer faudrait déjà que j’ai une femme)
  • charges : 45 euros. Dans mon bâtiment ils ont eu la mauvaise idée d’installer un chauffage au fuel. Y sont vraiment con ces chauffagistes.
  • gazole voiture : 170 euros (passage du gazole de 1€ à 1,4€ y parait que c’est à cause du manque de raffinage mais que Total va réagir, ben ouaih faudrait penser à réagir ça fait quand même 10 ans que le nombre de véhicules diesel augmente et puis c’est pas leurs bénéfices qui les empêche d’acheter une raffinerie)
  • alimentation : 310 euros (La laitue sans goût à 1,40€, la baguette industrielle à 1,10€, le lait aux antibiotiques 0,70 euros, les céréales aux OGM : 2,30 euros…)
  • téléphone : 30 euros (ça pas bougé, faut dire qu’y a entente sur les prix depuis 10 ans)
  • clopes : 120 euros (et ouaih l’Etat ponctionne toujours plus sur les clopes parce que c’est mal. En revanche pas de problème pour la pub pour l’alcool, les prescriptions d’antidépresseurs, le mais transgénique, le vaccin au mercure,…) mais la clope non la clope c’est mal.
  • assurances voiture et maison : 50 euros
    = 1075 €

Entre temps mon SMIG a fait un bond stratosphérique pour atteindre la somme hallucinante de 1072 euros. Allez soyez pas jaloux ça fait quand même du 2% d’augmentation par an. 

Reste -3 € pour tout le reste. Zut je pourrai même pas me torcher avec le dernier BHL. 

Au final mon salaire a pris 4% en deux ans alors que les dépenses (inchangées) ont pris 15%, il faudra donc dire aux collègues de l’INSEE que la vague d’augmentation du pouvoir d’achat a dû s’arrêter à la frontière pour taper la discute avec le nuage de Tchernobyl parce que chez moi on est plutôt dans le – 11% de pouvoir d’achat en deux ans.

26/07/2008

Sarkozy prêche le nouvel ordre mondial

Nicolas Sarkozy a prononcé à deux reprises l'expression « Nouvel Ordre Mondial » (New World Order), signal fort pour tous les Illuminatis de la planète qui peuvent se réjouir de l'obéissance de leur nouveau pion qui nous sert de Président.

23/07/2008

Sarkozy – Bonjour l’OTAN, adieu la France

Il aurait dû être évident pour tous qu’une fois président, Sarkozy allait sacrifier la fragile neutralité militaire et politique de la France. Bien avant qu’il réussisse d’une manière ou d’une autre à remporter les élections présidentielles de 2007, il était déjà connu sous le nom de « Sarko l’Américain » sans parler de « Président Bling Bling ». Il est apparemment impossible pour un politicien français de vraiment admirer les bâtisseurs de l’empire américain (comme Sarko semble le faire) sans se prosterner à leurs pieds.

Après tout, il y a de grands avantages personnels à aligner la nation (que cela lui plaise ou non) et soi-même sur le dernier grand empire. Il y a ce sentiment d’être du « côté des gagnants » (qui peut désormais s’opposer au mastodonte ?) Il y a un accès immédiat à d'énormes avantages en termes de ressources, d'influences et de renseignements provenant de l’empire au moyen desquels des buts auparavant impossibles deviennent non seulement possibles mais également une question de politique.

Jusqu’à la nomination de Sarkozy en tant que président l’an dernier, la France avait une longue histoire de quarante années d’opposition franche au type de diplomatie étasunienne qui nous a conduits à la lucrative mais mortelle « guerre contre la terreur ». Tant qu’il y avait une puissance mondiale majeure encore relativement indépendante, il restait une troisième option – si des nations petites, mais stratégiquement importantes, n’étaient pas « avec les États-Unis » elles n’étaient pas par définition « avec les terroristes ». Elles pouvaient être « avec la France. »

En 1966, le président De Gaulle sortit la France des contraintes du commandement militaire de l’OTAN et flanqua à la porte toutes les forces militaires étrangères. De Gaulle avait compris que l’OTAN, malgré le discours des « puissances alliées », n’était guère plus que le quartier général des plans expansionnistes militaires étasuniens en Europe et naturellement il ne voulait pas être y impliqué. Aujourd’hui l’OTAN, et son Grand Quartier Général des Puissances Alliées en Europe, ou « SHAPE », basé juste au nord de Mons en Belgique demeure la couverture grâce à laquelle l’hégémonie étasunienne est exercée sur toutes les nations européennes, particulièrement les anciennes républiques soviétiques. Songez à la nature du commandement militaire de l’OTAN :

 

Les opérations militaires de l’OTAN sont dirigées par le président du Comité Militaire de l’OTAN, et se partagent en deux Commandements Stratégiques commandés tous les deux par un officier supérieur étasunien aidé d’une équipe issue des effectifs de l’OTAN. Les commandants stratégiques sont responsables devant le Comité Militaire pour la direction et la conduite globales de tous les dossiers militaires traités par l’Alliance au sein de leurs zones de commandement.

 

Avant 2003, les commandants stratégiques étaient le « Commandant Suprême des Forces Alliées en Europe » (SACEUR) et le « Commandant Suprême des Forces Alliées de l’Atlantique » (SACLANT) mais le plan actuel est de séparer la responsabilité du commandement entre le Commandement Allié Transformation (ACT), responsable de la transformation et de l’entraînement des forces de l’OTAN, et le Commandement Allié Opérations (ACO), responsables des opérations de l’OTAN dans le monde.

 

Le commandant du Commandement Allié Opérations a gardé le titre de « Commandant Suprême des Forces Alliées en Europe » (SACEUR), et est basé au Grand Quartier Général des Puissances Alliées en Europe (SHAPE). ACO est dirigé par SACEUR, un général étasunien quatre étoiles qui assure également le commandement des forces des Etats-Unis en Europe, dont le quartier général se trouve à Stuttgart en Allemagne.

 

Tout cela pourrait être dit beaucoup plus simplement ainsi : « l’armée et le gouvernement étasuniens dirigent l’OTAN. » Par conséquent, il est naturel qu'au sein des nations européennes souveraines tout dirigeant politique ou militaire qui se respecte veuille garder l’OTAN à distance. La France avait autrefois toute une série de chefs fiers-d’être-Français, maintenant elle a « Sarko l’Américain » et avec lui le début de la destruction de la souveraineté française.

C'est sans grande surprise que nous avons lu le mois dernier le plan de Sarkozy pour réformer radicalement l’armée française dans le but de faire face à « de nouvelles menaces diverses et variées », termes politiques signifiant « terroristes islamiques cinglés. »

Parlant comme un vrai bâtisseur d’empire, Sarkozy a dit :

« Désormais, la défense de la France est autant en jeu en France qu’à des milliers de kilomètres. »

Ce qui est encore un double langage politique pour dire « je prendrais bien une part de ce gâteau impérial s’il vous plait. »

Le ministre de la Défense de Sarkozy, Hervé Morin, est également monté au créneau :

« Il n’y a pas de risque d’invasion aujourd’hui … mais d'un autre côté nous devons être capables de déployer des forces pour participer à la stabilisation de régions ou de zones en crise. »

De nobles paroles en effet, mais je ne peux m’empêcher de me demander ce que les gens de ces « zones en crise » qui sont encore à déterminer, pourraient penser de ce nouvel intérêt manifesté par le gouvernement français à leur égard. Après tout, ils n’ont qu’à regarder l’Irak récemment libéré pour avoir une idée de ce que l’avenir peut leur réserver.

Le plan de Sarkozy, intitulé « Le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité du Pays » (ça vous semble familier ?) supprimera 54 000 postes militaires, tout en engageant plus de troupes françaises dans le carnage actuel en Afghanistan. Selon Sarkozy, l’objectif est d'économiser des fonds pour pourvoir financer une croissance des activités de renseignements, plus de dépenses pour les satellites et les drones, les systèmes de surveillance basés dans l’espace, les radars à longue portée détectant les menaces de missiles balistiques et une nouvelle technologie contre les cyber-attaques.

Sarkozy a dit :

« Aujourd’hui, la menace la plus immédiate est celle d’une attaque terroriste, la menace est là, elle est réelle, et nous savons qu’elle peut prendre demain une nouvelle forme encore plus grave, avec des moyens nucléaires, chimiques et biologiques. »

En substance, Sarkozy a mis en place ce que l’on appelle la « sécurité intérieure », colonne vertébrale de la stratégie de défense française pour faire face à ce qu’il a décrit comme « des menaces du terrorisme, des cyber-attaques et des désastres naturels. »

À nouveau, cela vous paraît-il familier ? Notez aussi la mention de la défense contre « les catastrophes naturelles. »

Plus important encore, il annoncera aussi le retour de l’armée française dans un des espaces vacants sous la botte du commandement militaire de l’OTAN (lire États-Unis). Rejoindre le commandement militaire de l’OTAN est très significatif, parce que toutes les autres mesures sont plus ou moins fondées là-dessus. C’est comme de dire que vous envisagez d’acheter toute sorte d’accessoires de bondage et de sado-maso, et puis d'ajouter, presque après coup, que vous avez signé comme membre à vie du Bohemian Grove Club, qui, coïncidence, a lancé ses 3 semaines d’amour le week-end dernier.

En essence, le but du livre blanc de Sarkozy est de transformer l’infrastructure de la défense française en un système offensif et de la placer à disposition des bellicistes étasuniens de la « guerre contre la terreur » .

Sans surprise, une consternation générale a suivi cette violente attaque contre l’indépendance militaire et politique de la France. La gauche politique l’a qualifiée de« preuve d’un basculement continu vers une politique pro-US sous Sarkozy. » Les syndicats ont dit que cela constituait une « destruction de la structure de la défense du pays » et ont appelé le personnel de la défense à mettre en place « des arrêts de travail et organiser des manifestations. » Même des membres du propre parti de Sarko ont critiqué ce plan, avec une douzaine de politiciens de l’UMP ayant signé une pétition demandant que le plan soit mis en attente ou que le gouvernement fournisse une compensation aux régions dont les bases seraient fermées.

Cependant, le plus grand tollé est venu des militaires eux-mêmes. Immédiatement après l’annonce du plan par Sarkozy, des centaines d’officiers assistant au briefing ont refusé de chanter l’hymne national. Deux jours plus tard, un groupe d’officiers issus de tous les services armés ont critiqué anonymement les réformes dans un éditorial publié dans le quotidien Le Figaro. Dans cet éditorial, les officiers ont déclaré : « Nous abandonnons le leadership militaire de l’Europe aux Britanniques, qui, comme chacun sait, ont une relation spéciale avec les États-Unis. » et ont dénoncé le manque de « personnel militaire compétent » ayant rédigé ce document « d’amateur. » En réponse, Sarkozy aurait fait appel aux services de renseignement pour dénicher ces responsables, ce qui poussa les plus hauts gradés à mettre en garde contre une « chasse aux sorcières. »

Cependant, il est désormais clair que Sarko nourrit peu de respect pour ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. La gauche politique française en a fait les frais (au moins jusqu’en 2012) lors de la (s)élection de l’an dernier, et Sarkozy a récemment montré son mépris pour le pouvoir des syndicats et la menace des grèves en déclarant : « désormais quand il y une grève en France, personne ne s'en aperçoit. » Pour Sarko, le seul problème soulevé par une américanisation supplémentaire de la structure de défense française concerne l’opinion des plus hauts gradés. Premièrement parce que les chefs militaires doivent être favorables à son plan s’il devait être mis en place et deuxièmement, parce que, contrairement aux politiciens, les militaires français sont respectés par le public français et sont considérés d’abord comme des citoyens et ensuite comme du personnel militaire. Une franche résistance du leadership militaire au plan de Sarkozy pourrait donc influencer fortement un public français qui est encore assez lucide pour réaliser que les militaires en savent plus sur les questions militaires que les politiciens. Donc pour autant qu’il l’aurait aimé, Sarkozy ne pouvait pas écarter allègrement les objections des militaires à son nouveau plan et aller de l’avant sans s’en soucier.

Mais Sarkozy a déjà fait savoir clairement qu’à partir du moment où il avait accédé à la présidence, une nouvelle ère avait commencé, que l’ancienne France démocratique était morte et remplacée par une France conçue uniquement à partir de sa vision personnelle, ou comme il l’a dramatiquement dit dans son discours inaugural, « ma France » - ou du moins la France de ceux qui l’ont poussé avec empressement au palais de l’Élysée.

Alors que faire de ces généraux et du public français ? Les précédentes administrations françaises avaient toujours capitulé devant la forte opposition populaire à une nouvelle législation, mais voici Sarko l’Américain, un étudiant compétent de l’empire qui, au début de cet été avait déjà appris la leçon principale en poussant le public à rallier son point de vue - grâce à la peur et au choc.

Et donc il y a juste deux semaines, le dimanche 29 juin, quelque chose d’inexplicable et de très traumatisant s'est produit pendant un spectacle militaire à Carcassonne dans le sud-ouest de la France.

La caserne Laperrine à Carcassonne, garnison du 3e Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine (RPIMA)[1] accueillait une journée portes ouvertes suivie par environ 1000 personnes, pour la plupart des familles du personnel militaire. Le 3e RPIMA fait partie d’un petit nombre d’unités qui sont les premières à intervenir en cas de crise. Ce régiment a pris part à de nombreuses opérations de haut niveau pour la France au cours des dernières décennies, y compris des interventions au Liban en 1978, au Tchad en 1983 et au Kosovo en 1999.

Dans le cadre de cette journée portes ouvertes, des exercices de libération d’otages ont eut lieu dans la zone sportive du complexe militaire. Cinq exercices avaient déjà été réalisés et vers 17h30, se déroulait le 6e et dernier exercice, au cours duquel un « otage » était libéré et les « terroristes » neutralisés. Soudain, pendant que les 11 fantassins accomplissaient cette « évasion », grâce aux fumigènes et aux munitions à blanc chargées dans leur fusil Famas, des cris éclatèrent et des membres du public qui observaient d’un endroit sûr à 100 m au bout du complexe, tombèrent au sol. En tout 15 membres du public et 2 soldats furent blessés, certains gravement, y compris un enfant de trois ans touché au cœur et au bras. On s’attend cependant à ce que tous se rétablissent complètement…

Sarkozy ne perdit pas de temps pour réagir et impliquer tout le commandement militaire, en déclarant que cet accident constituait un « relâchement inacceptable », promettant une « réponse rapide et sévère », ajoutant que « cela ne peut être sans conséquences » et que « toute la chaîne de commandement devrait s'expliquer. »

Deux enquêtes, l’une dirigée par le chef d’État-major, le général Bruno Cuche (nommé par Chirac) et l’autre par le procureur public furent immédiatement ouvertes, mais le ministre de la Défense Hervé Morin fit clairement comprendre qu’il n’était pas intéressé d’attendre et appela à des « sanctions immédiates… sans attendre les conclusions des enquêtes judiciaires et militaires. »

Ce ne sont guère les mots d’un homme rationnel, à moins qu’il suive un ordre du jour secret.

Plus tard dans la soirée, Sarkozy rencontra les plus haut gradés de l’armée française, y compris le général Cuche, et dans un de ces accès d’impétuosité qui l'ont rend tristement célèbre, il refusa de saluer le général Cuche ou n’importe lequel des militaires et, pointant son doigt vers eux, il s’exclama, « vous êtes tous irresponsables ! Vous n’êtes pas des professionnels, mais des amateurs ! »

Selon le magazine Le Point, le général Cuche fut scandalisé par la réaction particulièrement désagréable de Sarkozy à la situation. Et qui pourrait le blâmer ? Un officier supérieur a déclaré anonymement au Point que M. Sarkozy créait « une crise de confiance entre l’Élysée et l’armée. » Un autre a déclaré que l’incident marquait un « conflit entre deux cultures : celle de l'immédiat et du ‘bling-bling’ contre celle de la retenue, de la modestie et du sens de la responsabilité. »

Finalement (et cela prit à peine plus de 24 heures depuis l’incident de Carcassonne) le général Cuche a présenté sa démission (que Sarkozy a accepté avec bonheur) et plusieurs autres officiers, dont le commandant du 3e RPIMA, son adjoint et un officier responsable de la maintenance et la logistique, furent relevés de leurs fonctions. En outre les deux unités, comprenant des équipes entières d’hommes de troupe, furent immédiatement dissoutes, une salve d’ouverture, semble-t-il, en avance sur la restructuration planifiée par Sarkozy et prévue pour septembre 2008.

Maintenant, pour le simple observateur, tout ceci pourrait être vu comme le résultat naturel d’un malheureux accident militaire, quelqu’un devant néanmoins payer. Mais quand on regarde le contexte du livre blanc militaire de Sarkozy et la résistance qu’il rencontrait, cela prend une tournure différente. Surtout quand on observe les détails de l’accident.

Comme mentionné, 11 membres du 3e RPIMA dirigeaient un exercice de libération d’otages sur la zone sportive de la caserne. Une image de cette zone se trouve ci-dessous. Les spectateurs se situaient à 100 m environ de l'exercice à l’extrémité de la piste montrée dans cette image :

 

L’exercice se déroulait autour d'un campement dans lequel se trouvaient un soldat qui jouait le rôle de l’otage et un soldat qui jouait le rôle du terroriste. Les 11 fantassins sauveteurs approchèrent du campement par derrière et tuèrent le terroriste comme on peut le voir dans une image extraite de la vidéo de l’événement.

 

L’otage fut ensuite emmené avec eux pendant qu’ils se repliaient et que deux fantassins les couvraient en tirant, comme on peut le voir d’une autre image extraite d’une vidéo de l’exercice :

 

Tous les soldats impliqués devaient utiliser des munitions à blanc, ce qui leur permettaient de tirer en toute sécurité dans la direction du « terroriste », qui se trouvait dans la direction des spectateurs éloignés. Malheureusement, quand un des fantassins qui assurait le tir de couverture rechargea son fusil, il choisit un chargeur qui contenait des balles réelles plutôt que des munitions à blanc. Les cartouches à blanc sont d’une couleur différente et bien plus légères que les vraies cartouches, rendant extrêmement improbable qu’un soldat entraîné confonde l’une et l’autre. En outre, pour tirer des munitions à blanc dans un fusil réglementaire ordinaire, on doit utiliser un ‘Bouchon de Tir à Blanc’ ou ‘BTB’, et si de vraies munitions sont tirées avec un fusil muni de cet adaptateur, il y a de bonnes chances que le fusil ‘explose’.

Dans le cas de l’incident de Carcassonne, il semble que l’adaptateur était en place et que lorsque les vraies balles furent tirées, plutôt que de détruire le fusil, il permit de ralentir la vitesse des balles et de réduire leur précision. C’est peut-être pour cette raison qu’aucune des blessures des spectateurs ne fut fatale. Un rapport dans l’International Herald Tribune déclare que finalement seules quatre personnes ont été touchées par les balles, les autres ayant étant blessées par des impacts de gravier projeté par les balles qui touchèrent le sol. Il est aussi possible que le BTB ait été brisé et propulsé vers la foule, causant différentes blessures.

L’enquête officielle a conclu que le sergent de 28 ans qui a tiré les coups de feu a dû garder un chargeur de balles réelles d’un exercice d’entraînement quelques jours auparavant et qu’avant l’exercice, lorsqu'il a mis des chargeurs contenant des munitions à blanc dans sa ceinture, il n’a pas remarqué qu’il y avait déjà un chargeur contenant de vraies munitions. Ceci veut dire que, en supposant que le sergent ait retourné la ceinture à l’armurerie (comme il devait le faire), la personne responsable de l’armurerie n’a pas remarqué que la ceinture qui avait été ramenée à l'issue de l’exercice précédent contenait un chargeur avec des munitions réelles et qu’elle a redonné cette ceinture le jour de l’exercice public qui exigeait exclusivement des munitions à blanc.

Si cependant le sergent a ignoré délibérément le règlement et n’a pas retourné la ceinture après l’exercice de tir réel quelques jours auparavant, alors nous devons supposer que lui-même n’a pas remarqué ou ne s’est pas souvenu qu’elle contenait un chargeur de munitions réelles le jour de l’exercice public. Le sergent a été immédiatement arrêté, il attend le procès et n’a pas fait de déclaration autre que d’être d’accord avec la conclusion officielle. Comme noté, les officiers directement impliqués dans l’incident avaient déjà été relevés de leurs fonctions.

Le problème avec tout ceci est que le 3e RPIMA est généralement reconnu comme l’un des régiments les mieux entraînés en France et que le soldat en question était hautement expérimenté, sans trace de problèmes psychologiques qui pourraient avoir mené à un tel manquement inhabituel au règlement et à l’entraînement. Sarkozy, le ministre de la Défense Hervé Morin et le procureur public ont chacun répété qu’il n’y avait pas d’intention délibérée de la part du jeune sergent et que c’était un cas « d’erreur humaine. »

Au final, l'empressement de Sarkozy à accuser le commandement militaire, à arrêter le soldat en question et à relever de leurs fonctions tous ceux qui furent impliqués, y compris le chef d’État-major de l'Armée de Terre, et à présenter une conclusion plutôt insatisfaisante signifie que tout cet événement restera enveloppé de mystère – c’est-à-dire pour quiconque qui ne lit pas Sott.net.

Il y a, voyez-vous, une pièce à conviction très importante qui, pour quelque raison, n'a été présentée que dans quelques très rares communiqués parus dans les médias de masse. Cette pièce à conviction est présentée ci-dessous.

 

L’image ci-dessus montre une boîte de préservatifs contenant 10 cartouches réelles, qui a été découverte peu après l’exercice de Carcassonne par un journaliste du journal régional La Dépêche du Midi. (cliquez ici pour voir l’image sur le site de La Dépêche). Le journaliste a dit qu’il a trouvé la boîte par terre et qu’il a donné les cartouches au commissariat qui participait à l’enquête. Le journaliste a déclaré qu’il lui semblait que quelqu’un essayait de se « débarrasser de quelque chose. » Aucune mention de cette découverte n’a été faite dans les rapports officiels sur l’incident, chacun d'entre eux ayant présenté avec insistance « l’erreur humaine » comme cause de l'accident.

Ai-je alors besoin de développer une théorie alternative ? Ou bien est-ce évident ? Dans quelle mesure peut-on pénétrer dans l’armurerie d’une base militaire ? Dans quelle mesure un militaire peut-il pénétrer dans l’armurerie d’une base militaire ?

Au cours des 9 derniers mois, Sarkozy a essayé de convaincre ses détracteurs et le public que l’armée française et l’establishment de la défense souffraient d’un sérieux malaise et nécessitaient une restructuration radicale. Mais peu l’ont soutenu et la plupart, surtout parmi les militaires, se sont fortement opposés au plan. Puis un incident dramatique et traumatisant impliquant des civils se produit, et soudain les jeux sont faits et le chef d’État-major de l'Armée de Terre et plusieurs officiers supérieurs, la « vieille garde » pour ainsi dire, disparaissent. Mais plus que cela, Sarkozy se voit accordé un « mandat public » pour changer la situation, mandat reçu grâce à un traumatisme choquant et inexplicable infligé à la conscience publique. Cela vous paraît-il familier ?

Un témoin de l’incident de Carcassonne qui a vu les enfants couverts de sang a dit :

« Nous voyons ce genre de choses arriver en Amérique, un acte de folie, mais nous n’avons jamais imaginé que cela pourrait arriver ici. Faites attention, cela peut être le cas, et avoir 10 ou 20 morts, c’est terrible. »

Il semble que le surnom « Sarko l’Américain » ne doive pas être pris à la légère.

En France, le 14 juillet marque la prise de la Bastille, la commémoration du soulèvement de la nation française moderne contre la tyrannie de la royauté. Cette année Sarkozy était bien présent sur les Champs-Élysées, mais au dire de tout le monde s’il y avait été seul cela n'aurait rien changé, au moins du point de vue des milliers des militaires qui constituent traditionnellement le gros du défilé. C’était une « démonstration sans drapeaux » selon le quotidien Libération qui reconnaissait comme la plupart des autres journaux que « le cœur de l’armée n’y était pas. » Et nous sommes d’accord. Après tout, le peuple français en général ne voit sûrement pas d’un bon œil que le jour où il célèbre la victoire de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen sur l’élitisme, le copinage et le totalitarisme, il doive aussi reconnaître que les « Princes de Paris » sont de retour et que cela puisse nécessiter une version moderne de la Révolution française pour les empêcher de remonter le temps et démanteler 218 ans de Liberté, d’Égalité et de Fraternité

[1] http://www.troupesdemarine.org/actuel/unites/3rpima.htm - NdT.

 

Article original : Sott.net, traduit par Henri R. pour Futur Quantique

 

20/07/2008

Vol de Semtex près de Lyon

 
AP | 19.07.2008 | 20:10

Le préfet délégué à la sécurité du Rhône, Xavier de Fürst, a révélé samedi que le site de stockage de la Sécurité civile près de Lyon, où 28 kilos de Semtex ont été dérobés, n'était pas habilité à abriter de tels explosifs.

Vendredi soir, le ministère de l'Intérieur a annoncé ce vol d'explosifs, d'ordinaire utilisés par les démineurs pour détruire les munitions récupérées sur les anciens champs de bataille, survenu il y a plusieurs jours sur un site annexe de stockage du centre de déminage de la Sécurité civile au Fort de Corbas (Rhône), près de Lyon.

Ce stockage n'était pas encore autorisé, a dit M. De Fürst sur RTL. En effet, "le fort de Corbas était destiné à recevoir à la fin de 2009 des explosifs après des aménagements de sécurité. Certes, sur le plan pyrotechnique, ce fort était conforme mais sur le plan anti-intrusion, il ne l'était pas encore", a-t-il ajouté.

"Je pense que le chef de centre a anticipé le fait qu'il aurait une autorisation fin 2009, mais les mesures de sécurité n'avaient pas encore été mises en place", a poursuivi le préfet qui pense que ces explosifs se trouvaient là depuis le début de l'année. Le maire de Corbas, Thierry Butin, a fait part de sa "colère", n'étant pas au courant de la présence des explosifs. "Il n'y avait aucune sécurité sur ce site" et le fort de Corbas "n'était pas encore à la disposition du centre de déminage", a-t-il dit sur Europe-1.

En raison de "défaillances dans la sécurisation de ce site", la ministre Michèle Alliot-Marie a annoncé vendredi soir qu'elle avait "immédiatement" suspendu le chef de centre et diligenté une enquête administrative interne. L'enquête judiciaire a, elle, été confiée conjointement à la Sous-direction antiterroriste (SDAT) et à la direction interrégionale de la police judiciaire de Lyon.

Fabriqué en République tchèque, le Semtex est l'un des plus puissants explosifs de la famille des plastics (C4, plastrite, Formex). Il a notamment été utilisé par l'IRA, l'ETA et les terroristes libyens de Lockerbie et du DC10 d'UTA, qui ont eu besoin de moins d'un demi-kilo. AP

 

Article original : Nouvel Observateur

 

Note de P&P : Après le vol de ces 28 kg de Semtex dans une officine non protégée du minstère de l'Intérieur, Sarkozy est prêt pour le prochain acte relatif à la mise ne place d'un régime totalitaire en France.

Comme aux Etats-Unis en 2001, une attaque terroriste mise sur le dos d'un mouvement terroriste (et probablement islamiste) permettra au gouvernement de profiter du choc, de la haine, de la terreur générés au sein de la population française pour augmenter encore le niveau de contrôle et de privation des droits des citoyens et pour légitimer des interventions encore plus massives en Afghanistan, en Irak et bien sûr en Iran.

Vous aurez également remarqué que le chef du centre incriminé aura parfaitement joué son rôle de fusible sans qu'aucun ministre ne soit inquiété. 

A noter que 250 grammes de Semtex suffisent à détruire un avion long courrier, fort de ce constat le potentiel de destruction des 28 kg de semptex récemment dérobés laisse songeur. 

Opération Sarkozy

Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française
par Thierry Meyssan*


Nicolas Sarkozy doit être jugé à son action et non pas d’après sa personnalité. Mais lorsque son action surprend jusqu’à ses propres électeurs, il est légitime de se pencher en détail sur sa biographie et de s’interroger sur les alliances qui l’ont conduit au pouvoir. Thierry Meyssan a décidé d’écrire la vérité sur les origines du président de la République française. Toutes les informations contenues dans cet article sont vérifiables, à l’exception de deux imputations, signalées par l’auteur qui en assume seul la responsabilité.
   
19 juillet 2008

Depuis
Alma Ata (Kazakhstan)   

Les Français, lassés des trop longues présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac, ont élu Nicolas Sarkozy en comptant sur son énergie pour revitaliser leur pays. Ils espéraient une rupture avec des années d’immobilisme et des idéologies surannées. Ils ont eu une rupture avec les principes qui fondent la nation française. Ils ont été stupéfaits par cet « hyper-président », se saisissant chaque jour d’un nouveau dossier, aspirant à lui la droite et la gauche, bousculant tous les repères jusqu’à créer une complète confusion.

Comme des enfants qui viennent de faire une grosse bêtise, les Français sont trop occupés à se trouver des excuses pour admettre l’ampleur des dégâts et leur naïveté. Ils refusent d’autant plus de voir qui est vraiment Nicolas Sarkozy, qu’ils auraient dû s’en rendre compte depuis longtemps.

C’est que l’homme est habile. Comme un illusionniste, il a détourné leur attention en offrant sa vie privée en spectacle et en posant dans les magazines people, jusqu’à leur faire oublier son parcours politique.

Que l’on comprenne bien le sens de cet article : il ne s’agit pas de reprocher à M. Sarkozy ses liens familiaux, amicaux et professionnels, mais de lui reprocher d’avoir caché ses attaches aux Français qui ont cru, à tort, élire un homme libre.

Pour comprendre comment un homme en qui tous s’accordent aujourd’hui à voir l’agent des États-Unis et d’Israël a pu devenir le chef du parti gaulliste, puis le président de la République française, il nous faut revenir en arrière. Très en arrière. Il nous faut emprunter une longue digression au cours de laquelle nous présenterons les protagonistes qui trouvent aujourd’hui leur revanche.
Secrets de famille

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les services secrets états-uniens s’appuient sur le parrain italo-US Lucky Luciano pour contrôler la sécurité des ports américains et pour préparer le débarquement allié en Sicile. Les contacts de Luciano avec les services US passent notamment par Frank Wisner Sr. puis, lorsque le « parrain » est libéré et s’exile en Italie, par son « ambassadeur » corse, Étienne Léandri.

En 1958, les États-Unis, inquiets d’une possible victoire du FLN en Algérie qui ouvrirait l’Afrique du Nord à l’influence soviétique, décident de susciter un coup d’État militaire en France. L’opération est organisée conjointement par la Direction de la planification de la CIA —théoriquement dirigée par Frank Wisner Sr.— et par l’OTAN. Mais Wisner a déjà sombré dans la démence de sorte que c’est son successeur, Allan Dulles, qui supervise le coup. Depuis Alger, des généraux français créent un Comité de salut public qui exerce une pression sur le pouvoir civil parisien et le contraint à voter les pleins pouvoirs au général De Gaulle sans avoir besoin de recourir la force [1].

Or, Charles De Gaulle n’est pas le pion que les Anglo-Saxons croient pouvoir manipuler. Dans un premier temps, il tente de sortir de la contradiction coloniale en accordant une large autonomie aux territoires d’outre-mer au sein d’une Union française. Mais il est déjà trop tard pour sauver l’Empire français car les peuples colonisés ne croient plus aux promesses de la métropole et exigent leur indépendance. Après avoir conduit victorieusement de féroces campagnes de répression contre les indépendantistes, De Gaulle se rend à l’évidence. Faisant preuve d’une rare sagesse politique, il décide d’accorder à chaque colonie son indépendance.

Cette volte-face est vécue comme une trahison par la plupart de ceux qui l’ont porté au pouvoir. La CIA et l’OTAN soutiennent alors toutes sortes de complots pour l’éliminer, dont un putsch manqué et une quarantaine de tentatives d’assassinat [2]. Toutefois, certains de ses partisans approuvent son évolution politique. Autour de Charles Pasqua, ils créent le SAC, une milice pour le protéger.

Pasqua est à la fois un truand corse et un ancien résistant. Il a épousé la fille d’un bootlegger canadien qui fit fortune durant la prohibition. Il dirige la société Ricard qui, après avoir commercialisé de l’absinthe, un alcool prohibé, se respectabilise en vendant de l’anisette. Cependant, la société continue à servir de couverture pour toutes sortes de trafics en relation avec la famille italo-new-yorkaise des Genovese, celle de Lucky Luciano. Il n’est donc pas étonnant que Pasqua fasse appel à Étienne Léandri (« l’ambassadeur » de Luciano) pour recruter des gros bras et constituer la milice gaulliste [3]. Un troisième homme joue un grand rôle dans la formation du SAC, l’ancien garde du corps de De Gaulle, Achille Peretti —un Corse lui aussi—.

Ainsi défendu, De Gaulle dessine avec panache une politique d’indépendance nationale. Tout en affirmant son appartenance au camp atlantique, il remet en cause le leadership anglo-saxon. Il s’oppose à l’entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun européen (1961 et 1967) ; Il refuse le déploiement des casques de l’ONU au Congo (1961) ; il encourage les États latino-américains à s’affranchir de l’impérialisme US (discours de Mexico, 1964) ; Il expulse l’OTAN de France et se retire du Commandement intégré de l’Alliance atlantique (1966) ; Il dénonce la Guerre du Viêt-nam (discours de Phnon Penh, 1966) ; Il condamne l’expansionnisme israélien lors de la Guerre des Six jours (1967) ; Il soutient l’indépendance du Québec (discours de Montréal 1967) ; etc.

Simultanément, De Gaulle consolide la puissance de la France en la dotant d’un complexe militaro-industriel incluant la force de dissuasion nucléaire, et en garantissant son approvisionnement énergétique. Il éloigne utilement les encombrants Corses de son entourage en leur confiant des missions à étranger. Ainsi Étienne Léandri devient-il le trader du groupe Elf (aujourd’hui Total) [4], tandis que Charles Pasqua devient l’homme de confiance des chefs d’États d’Afrique francophone.

Conscient qu’il ne peut défier les Anglo-Saxons sur tous les terrains à la fois, De Gaulle s’allie à la famille Rothschild. Il choisit comme Premier ministre le fondé de pouvoir de la Banque, Georges Pompidou. Les deux hommes forment un tandem efficace. L’audace politique du premier ne perd jamais de vue le réalisme économique du second.

Lorsque De Gaulle démissionne, en 1969, Georges Pompidou lui succède brièvement à la présidence avant d’être emporté par un cancer. Les gaullistes historiques n’admettent pas son leadership et s’inquiètent de son tropisme anglophile. Ils hurlent à la trahison lorsque Pompidou, secondé par le secrétaire général de l’Élysée Edouard Balladur, fait entrer « la perfide Albion » dans le Marché commun européen.
La fabrication de Nicolas Sarkozy

Ce décor étant planté, revenons-en à notre personnage principal, Nicolas Sarkozy. Né en 1955, il est le fils d’un noble catholique hongrois, Pal Sarkösy de Nagy-Bocsa, réfugié en France après avoir fuit l’Armée rouge, et d’Andrée Mallah, une roturière juive originaire de Thessalonique. Après avoir eu trois enfants (Guillaume, Nicolas et François), le couple divorce. Pal Sarkosy de Nagy-Bocsa se remarie avec une aristocrate, Christine de Ganay, dont il aura deux enfants (Pierre-Olivier et Caroline). Nicolas ne sera pas élevé par ses seuls parents, mais balloté dans cette famille recomposée.

Sa mère est devenue la secrétaire d’Achille Peretti. Après avoir co-fondé le SAC, le garde du corps de De Gaulle avait poursuivi une brillante carrière politique. Il avait été élu député et maire de Neuilly-sur-Seine, la plus riche banlieue résidentielle de la capitale, puis président de l’Assemblée nationale.

Malheureusement, en 1972, Achille Peretti est gravement mis en cause. Aux États-Unis, le magazine Time révèle l’existence d’une organisation criminelle secrète « l’Union corse » qui contrôlerait une grande partie du trafic de stupéfiants entre l’Europe et l’Amérique, la fameuse « French connexion » qu’Hollywwod devait porter à l’écran. S’appuyant sur des auditions parlementaires et sur ses propres investigations, Time cite le nom d’un chef mafieux, Jean Venturi, arrêté quelques années plus tôt au Canada, et qui n’est autre que le délégué commercial de Charles Pasqua pour la société d’alcool Ricard. On évoque le nom de plusieurs familles qui dirigeraient « l’Union corse », dont les Peretti. Achille nie, mais doit renoncer à la présidence de l’Assemblée nationale et échappe même à un « suicide ».

En 1977, Pal Sarkozy se sépare de sa seconde épouse, Christine de Ganay, laquelle se lie alors avec le n°2 de l’administration centrale du département d’État des États-Unis. Elle l’épouse et s’installe avec lui en Amérique. Le monde étant petit, c’est bien connu, son mari n’est autre que Frank Wisner Jr., fils du précédent. Les fonctions de Junior à la CIA ne sont pas connues, mais il clair qu’il y joue un rôle important. Nicolas, qui reste proche de sa belle-mère, de son demi-frère et de sa demi-sœur, commence à se tourner vers les États-Unis où il « bénéficie » des programmes de formation du département d’État.

À la même période, Nicolas Sarkozy adhère au parti gaulliste. Il y fréquente d’autant plus rapidement Charles Pasqua que celui-ci n’est pas seulement un leader national, mais aussi le responsable de la section départementale des Hauts-de-Seine.

En 1982, Nicolas Sarkozy, ayant terminé ses études de droit et s’étant inscrit au barreau, épouse la nièce d’Achille Peretti. Son témoin de mariage est Charles Pasqua. En tant qu’avocat, Me Sarkozy défend les intérêts des amis corses de ses mentors. Il acquiert une propriété sur l’île de beauté, à Vico, et imagine de corsiser son nom en remplaçant le « y » par un « i » : Sarkozi.

L’année suivante, il est élu maire de Neuilly-sur-Seine en remplacement de son bel-oncle, Achille Peretti, terrassé par une crise cardiaque.

Cependant, Nicolas ne tarde pas à trahir sa femme et, dès 1984, il poursuit une liaison cachée avec Cécilia, l’épouse du plus célèbre animateur de télévision français de l’époque, Jacques Martin, dont il a fait la connaissance en célébrant leur mariage en qualité de maire de Neuilly. Cette double vie dure cinq ans, avant que les amants ne quittent leurs conjoints respectifs pour construire un nouveau foyer.

Nicolas est le témoin de mariage, en 1992, de la fille de Jacques Chirac, Claude, avec un éditorialiste du Figaro. Il ne peut s’empêcher de séduire Claude et de mener une brève relation avec elle, tandis qu’il vit officiellement avec Cécilia. Le mari trompé se suicide en absorbant des drogues. La rupture est brutale et sans retour entre les Chirac et Nicolas Sarkozy.

En 1993, la gauche perd les élections législatives. Le président François Mitterrand refuse de démissionner et entre en cohabitation avec un Premier ministre de droite. Jacques Chirac, qui ambitionne la présidence et pense alors former avec Edouard Balladur un tandem comparable à celui de De Gaulle et Pompidou, refuse d’être à nouveau Premier ministre et laisse la place à son « ami de trente ans », Edouard Balladur. Malgré son passé sulfureux, Charles Pasqua devient ministre de l’Intérieur. S’il conserve la haute main sur la marijuana marocaine, il profite de sa situation pour légaliser ses autres activités en prenant le contrôle des casinos, jeux et courses en Afrique francophone. Il tisse aussi des liens en Arabie saoudite et en Israël et devient officier d’honneur du Mossad. Nicolas Sarkozy, quant à lui, est ministre du Budget et porte-parole du gouvernement.

À Washington, Frank Wisner Jr. a pris la succession de Paul Wolfowitz comme responsable de la planification politique au département de la Défense. Personne ne remarque les liens qui l’unissent au porte-parole du gouvernement français.

C’est alors que reprend au sein du parti gaulliste la tension que l’on avait connu trente ans plus tôt entre les gaullistes historiques et la droite financière, incarnée par Balladur. La nouveauté, c’est que Charles Pasqua et avec lui le jeune Nicolas Sarkozy trahissent Jacques Chirac pour se rapprocher du courant Rothschild. Tout dérape. Le conflit atteindra son apogée en 1995 lorsque Édouard Balladur se présentera contre son ex-ami Jacques Chirac à l’élection présidentielle, et sera battu. Surtout, suivant les instructions de Londres et de Washington, le gouvernement Balladur ouvre les négociations d’adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN des États d’Europe centrale et orientale, affranchis de la tutelle soviétique.

Rien ne va plus dans le parti gaulliste où les amis d’hier sont près de s’entre-tuer. Pour financer sa campagne électorale, Edouard Balladur tente de faire main basse sur la caisse noire du parti gaulliste, cachée dans la double comptabilité du pétrolier Elf. À peine le vieux Étienne Léandri mort, les juges perquisitionnent la société et ses dirigeants sont incarcérés. Mais Balladur, Pasqua et Sarkozy ne parviendront jamais à récupérer le magot.
La traversée du désert

Tout au long de son premier mandat, Jacques Chirac tient Nicolas Sarkozy à distance. L’homme se fait discret durant cette longue traversée du désert. Discrètement, il continue à nouer des relations dans les cercles financiers.

En 1996, Nicolas Sarkozy ayant enfin réussi à clore une procédure de divorce qui n’en finissait pas se marie avec Cécilia. Ils ont pour témoins les deux milliardaires Martin Bouygues et Bernard Arnaud (l’homme le plus riche du pays).
Dernier acte

Bien avant la crise irakienne, Frank Wisner Jr. et ses collègues de la CIA planifient la destruction du courant gaulliste et la montée en puissance de Nicolas Sarkozy. Ils agissent en trois temps : d’abord l’élimination de la direction du parti gaulliste et la prise de contrôle de cet appareil, puis l’élimination du principal rival de droite et l’investiture du parti gaulliste à l’élection présidentielle, enfin l’élimination de tout challenger sérieux à gauche de manière à être certain d’emporter l’élection présidentielle.

Pendant des années, les médias sont tenus en haleine par les révélations posthumes d’un promoteur immobilier. Avant de décéder d’une grave maladie, il a enregistré pour une raison jamais élucidée une confession en vidéo. Pour une raison encore plus obscure, la « cassette » échoue dans les mains d’un hiérarque du Parti socialiste, Dominique Strauss-Khan, qui la fait parvenir indirectement à la presse.

Si les aveux du promoteur ne débouchent sur aucune sanction judiciaire, ils ouvrent une boîte de Pandore. La principale victime des affaires successives sera le Premier ministre Alain Juppé. Pour protéger Chirac, il assume seul toutes les infractions pénales. La mise à l’écart de Juppé laisse la voie libre à Nicolas Sarkozy pour prendre la direction du parti gaulliste.

Sarkozy exploite alors sa position pour contraindre Jacques Chirac à le reprendre au gouvernement, malgré leur haine réciproque. Il sera en définitive, ministre de l’Intérieur. Erreur ! À ce poste, il contrôle les préfets et de le renseignement intérieur qu’il utilise pour noyauter les grandes administrations.

Il s’occupe aussi des affaires corses. Le préfet Claude Érignac a été assassiné. Bien qu’il n’ait pas été revendiqué, le meurtre a immédiatement été interprété comme un défi lancé par les indépendantistes à la République. Après une longue traque, la police parvient à arrêter un suspect en fuite, Yvan Colonna, fils d’un député socialiste. Faisant fi de la présomption d’innocence, Nicolas Sarkozy annonce cette interpellation en accusant le suspect d’être l’assassin. C’est que la nouvelle est trop belle à deux jours du référendum que le ministre de l’Intérieur organise en Corse pour modifier le statut de l’île. Quoi qu’il en soit, les électeurs rejettent le projet Sarkozy qui, selon certains, favorise les intérêts mafieux.
Bien qu’Yvan Colonna ait ultérieurement été reconnu coupable, il a toujours clamé son innocence et aucune preuve matérielle n’a été trouvée contre lui. Étrangement, l’homme s’est muré dans le silence, préférant être condamné que de révéler ce qu’il sait.
Nous révélons ici que le préfet Érignac n’a pas été tué par des nationalistes, mais abattu par un tueur à gage, Igor Pecatte, immédiatement exfiltré vers l’Angola où il a été engagé à la sécurité du groupe Elf. Le mobile du crime était précisément lié aux fonctions antérieures d’Érignac, responsable des réseaux africains de Charles Pasqua au ministère de la Coopération. Quand à Yvan Colonna, c’est un ami personnel de Nicolas Sarkozy depuis des décennies et leurs enfants se sont fréquentés.

Une nouvelle affaire éclate : de faux listings circulent qui accusent mensongèrement plusieurs personnalités de cacher des comptes bancaires au Luxembourg, chez Clearstream. Parmi les personnalités diffamées : Nicolas Sarkozy. Il porte plainte et sous-entend que son rival de droite à l’élection présidentielle, le Premier ministre Dominique de Villepin, a organisé cette machination. Il ne cache pas son intention de le faire jeter en prison.
En réalité, les faux listings ont été mis en circulation par des membres de la Fondation franco-américaine [5], dont John Negroponte était président et dont Frank Wisner Jr. est administrateur. Ce que les juges ignorent et que nous révélons ici, c’est que les listings ont été fabriqués à Londres par une officine commune de la CIA et du MI6, Hakluyt & Co, dont Frank Wisner Jr. est également administrateur.
Villepin se défend de ce dont on l’accuse, mais il est mis en examen, assigné à résidence et, de facto, écarté provisoirement de la vie politique. La voie est libre à droite pour Nicolas Sarkozy.

Reste à neutraliser les candidatures d’opposition. Les cotisations d’adhésion au parti socialistes sont réduites à un niveau symbolique pour attirer de nouveaux militants. Soudainement des milliers de jeunes prennent leur carte. Parmi eux, au moins dix mille nouveaux adhérents sont en réalité des militants du Parti trotskiste « lambertiste » (du nom de son fondateur Pierre Lambert). Cette petite formation d’extrême gauche s’est historiquement mise au service de la CIA contre les communistes staliniens durant la Guerre froide (Elle est l’équivalent du SD/USA de Max Shatchman, qui a formé les néoconservateurs aux USA [6]). Ce n’est pas la première fois que les « lambertistes » infiltrent le Parti socialiste. Ils y ont notamment placé deux célèbres agents de la CIA : Lionel Jospin (qui est devenu Premier ministre) et Jean-Christophe Cambadélis, le principal conseiller de Dominique Strauss-Kahn [7].

Des primaires sont organisées au sein du Parti socialiste pour désigner son candidat à l’élection présidentielle. Deux personnalités sont en concurrence : Laurent Fabius et Ségolène Royal. Seul le premier représente un danger pour Sarkozy. Dominique Strauss-Kahn entre dans la course avec pour mission d’éliminer Fabius au dernier moment. Ce qu’il sera en mesure de faire grâce aux votes des militants « lambertistes » infiltrés, qui portent leur suffrages non pas sur son nom, mais sur celui de Royal.
L’opération est possible parce que Strauss-Kahn est depuis longtemps sur le payroll des États-Unis. Les Français ignorent qu’il donne des cours à Stanford, où il a été embauché par le prévot de l’université, Condoleezza Rice [8].
Dès sa prise de fonction, Nicolas Sarkozy et Condoleezza Rice remercieront Strauss-Kahn en le faisant élire à la direction du Fonds monétaire international.
Premiers jours à l’Élysée

Le soir du second tour de l’élection présidentielle, lorsque les instituts de sondages annoncent sa victoire probable, Nicolas Sarkozy prononce un bref discours à la nation depuis son QG de campagne. Puis, contrairement à tous les usages, il ne va pas faire la fête avec les militants de son parti, mais il se rend au Fouquet’s. La célèbre brasserie des Champs-Élysées, qui était jadis le rendez-vous de « l’Union corse » est aujourd’hui la propriété du casinotier Dominique Desseigne. Il a été mis à disposition du président élu pour y recevoir ses amis et les principaux donateurs de sa campagne. Une centaine d’invités s’y bousculent, les hommes les plus riches de France y côtoient les patrons de casinos.

Puis le président élu s’offre quelques jours de repos bien mérités. Conduit en Falcon-900 privé à Malte, il s’y repose sur le Paloma, le yacht de 65 mètres de son ami Vincent Bolloré, un milliardaire formé à la Banque Rothschild.

Enfin, Nicolas Sarkozy est investi président de la République française. Le premier décret qu’il signe n’est pas pour proclamer une amnistie, mais pour autoriser les casinos de ses amis Desseigne et Partouche à multiplier les machines à sous.

Il forme son équipe de travail et son gouvernement. Sans surprise, on y retrouve un bien trouble propriétaire de casinos (le ministre de la Jeunesse et des Sports) et le lobbyiste des casinos de l’ami Desseigne (qui devient porte-parole du parti « gaulliste »).

Nicolas Sarkozy s’appuie avant tout sur quatre hommes :
- Claude Guéant, secrétaire général du palais de l’Élysée. C’est l’ancien bras droit de Charles Pasqua.
- François Pérol, secrétaire général adjoint de l’Élysée. C’est un associé-gérant de la Banque Rothschild.
- Jean-David Lévitte, conseiller diplomatique. Fils de l’ancien directeur de l’Agence juive. Ambassadeur de France à l’ONU, il fut relevé de ses fonctions par Chirac qui le jugeait trop proche de George Bush.
- Alain Bauer, l’homme de l’ombre. Son nom n’apparaît pas dans les annuaires. Il est chargé des services de renseignement. Ancien Grand-Maître du Grand Orient de France (la principale obédience maçonnique française) et ancien n°2 de la National Security Agency états-unienne en Europe [9].

Frank Wisner Jr., qui a été nommé entre temps envoyé spécial du président Bush pour l’indépendance du Kosovo, insiste pour que Bernard Kouchner soit nommé ministre des Affaires étrangères avec une double mission prioritaire : l’indépendance du Kosovo et la liquidation de la politique arabe de la France.

Kouchner a débuté sa carrière en participant à la création d’une ONG humanitaire. Grâce aux financements de la National Endowment for Democracy, il a participé aux opérations de Zbigniew Brzezinski en Afghanistan, aux côtés d’Oussama Ben Laden et des frères Karzaï contre les Soviétiques. On le retrouve dans les années 90 auprès d’Alija Izetbegoviç en Bosnie-Herzégovine. De 1999 à 2001, il a été Haut représentant de l’ONU au Kosovo.

Sous le contrôle du frère cadet du président Hamid Karzaï, l’Afghanistan est devenu le premier producteur mondial de pavot. Le suc est transformé sur place en héroïne et transporté par l’US Air Force à Camp Bondsteed (Kosovo). Là, la drogue est prise en charge par les hommes d’Haçim Thaçi qui l’écoulent principalement en Europe et accessoirement aux États-Unis [10]. Les bénéfices sont utilisés pour financer les opérations illégales de la CIA.
Karzaï et Thaçi sont des amis personnels de longue date de Bernard Kouchner, qui certainement ignore leurs activités criminelles malgré les rapports internationaux qui y ont été consacrés.

Pour complèter son gouvernement, Nicolas Sarkozy nomme Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances. Elle a fait toute sa carrière aux États-Unis où elle a dirigé le prestigieux cabinet de juristes Baker & McKenzie. Au sein du Center for International & Strategic Studies de Dick Cheney, elle a co-présidé avec Zbigniew Brzezinski un groupe de travail qui a supervisé les privatisations en Pologne. Elle a organisé un intense lobbying pour le compte de Lockheed Martin contre les l’avionneur français Dassault [11].

Nouvelle escapade durant l’été. Nicolas, Cécilia, leur maîtresse commune et leurs enfants se font offrir des vacances états-uniennes à Wolfenboroo, non loin de la propriété du président Bush. La facture, cette fois, est payée par Robert F. Agostinelli, un banquier d’affaires italo-new-yorkais, sioniste et néo-conservateur pur sucre qui s’exprime dans Commentary, la revue de l’American Jewish Committee.

La réussite de Nicolas rejaillit sur son demi-frère Pierre-Olivier. Sous le nom américanisé « d’Oliver », il est nommé par Frank Carlucci (qui fut le n°2 de la CIA après avoir été recruté par Frank Wisner Sr.) [12] directeur d’un nouveau fonds de placement du Carlyle Group (la société commune de gestion de portefeuille des Bush et des Ben Laden) [13]. Sans qualité personnelle particulière, il est devenu le 5e noueur de deals dans le monde et gère les principaux avoirs des fonds souverains du Koweit et de Singapour.

La côte de popularité du président est en chute libre dans les sondages. L’un de ses conseillers en communication, Jacques Séguéla, préconise de détourner l’attention du public avec de nouvelles « people stories ». L’annonce du divorce avec Cécilia est publiée par Libération, le journal de son ami Edouard de Rothschild, pour couvrir les slogans des manifestants un jour de grève générale. Plus fort encore, le communiquant organise une rencontre avec l’artiste et ex-mannequin, Carla Bruni. Quelques jours plus tard, sa liaison avec le président est officialisée et le battage médiatique couvre à nouveau les critiques politiques. Quelques semaines encore et c’est le troisième mariage de Nicolas. Cette fois, il choisit comme témoins Mathilde Agostinelli (l’épouse de Robert) et Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur devenu associé-gérant chez Rothschild.

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Les informations contenues dans cet article ont été présentées par Thierry Meyssan lors de la table ronde de clôture de l’Eurasian Media Forum (Kazakhstan, 25 avril 2008) consacrée à la peopolisation et au glamour en politique.

L’intérêt suscite par ces informations a conduit l’auteur à rédiger le présent article qui a été publié par Profile, le principal news magazine russe actuel.

Plusieurs versions et traductions non autorisées de cet article ont été diffusées alors que le site du Réseau Voltaire était hors service. Nous vous prions de considérer le présent article comme le seul valide.

[1] Quand le stay-behind portait De Gaulle au pouvoir, par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 août 2001

[2] Quand le stay-behind voulait remplacer De Gaulle, par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 septembre 2001

[3] L’Énigme Pasqua, par Thierry Meyssan, Golias ed, 2000.

[4] Les requins. Un réseau au cœur des affaires, par Julien Caumer, Flammarion, 1999.

[5] Un relais des États-Unis en France : la French American Foundation , par Pierre Hillard, Réseau Voltaire, 19 avril 2007.

[6] Les New York Intellectuals et l’invention du néo-conservatisme, par Denis Boneau, Réseau Voltaire, 26 novembre 2004.

[7] Éminences grises, Roger Faligot et Rémi Kauffer, Fayard, 1992 ; « The Origin of CIA Financing of AFL Programs » in Covert Action Quaterly, n° 76, 1999.

[8] Dominique Strauss-Kahn, l’homme de « Condi » au FMI, par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 octobre 2007.

[9] Alain Bauer, de la SAIC au GOdF, Note d’information du Réseau Voltaire, 1er octobre 2000.

[10] Le gouvernement kosovar et le crime organisé, par Jürgen Roth, Horizons et débats, 8 avril 2008.

[11] Avec Christine Lagarde, l’industrie US entre au gouvernement français, Réseau Voltaire, 22 juin 2005.

[12] L’honorable Frank Carlucci, par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 février 2004.

[13] Les liens financiers occultes des Bush et des Ben Laden et Le Carlyle Group, une affaire d’initiés, Réseau Voltaire, 16 octobre 2001 et 9 février 2004. 

Article original : Réseau Voltaire  

14/07/2008

Lang, Kouchner et Cohn Bendit aiment les enfants... à leur manière

En visitant le site des Editions Liberté de Paul Emile Charlton et en particulier sa rubrique "Boite à pandore", quelques citations de nos chères élites peuvent laisser songeur :

" pédophilie douce  …  Dans les années soixante-dix,… ,des pétitions circulaient avec, parmi les signataires, Bernard Kouchner, Jack Lang, le philosophe Scherer, Philippe Sollers.  … , tous ont compris qu'il n'était plus question de se poser en victimes des lois archaïques d'une société qui opprimerait la sexualité des enfants."
Source : Boite à pandore n°44  d'après le journal internet de l' "Humanité".


Jack Lang en remet une couche en 1991:
"La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages."

Source : Boite à pandore n°21 d'apèrs journal "Gay Pied" du 31 Janvier 1991. 


et en suivant un lien donné par M. Charlton, on trouve :

Publié en 1976 dans un journal allemand, le député Vert Daniel Cohn-Bendit narrait ses relations avec des enfants dans le cadre d’un programme écolo-baba "anti-autoritaire".

" Mon flirt permanent avec les enfants" écrivait-il, "prit bientôt un tour érotique. Je pouvais parfaitement sentir comme les petites filles de cinq ans avaient appris à m’exciter (...) il m’est arrivé que plusieurs fois des enfants m’ont ouvert la braguette et ont commencé à me caresser. Selon les circonstances, j’ai réagi de façons diverses. Quand ils le voulaient, je les ai caressés alors on m’a accusé de perversion. "

Source : Blod Dbminos d'après l’hebdomadaire britannique The Observer, et National Hebdo. 


Le hasard faisant décidément très bien les choses, en plus de leur déclarations défendant la pédophilie nos chers Cohn-Bendit, Lang et Kouchner ont plusieurs points communs :
- ils durent depuis des décennies en haut de la pyramide politique (signe d'un grand humanisme)
- deux d'entre eux ont quitté la gauche pour rejoindre Sarkozy (signe d'une excellente capacité d'adaptation)
- Ils ont à plusieurs reprises démontrer leur attrait pour l'idéologie sioniste (preuve de vrais convictions égalitaires et démocratiques)

Sarkozy, philosophe humaniste.


 Note de P&P : Dans cette vidéo datant du passage mémorable de Sarkozy au ministère de l'Intérieur, celui-ci nous offre sa vision de la famille africaine, de la famille maghrébine, de la détection des enfants qui vont devenir délinquants... tout un programme.

La présence d'un sachet en papier à proximité du lieu de visionnage de cette vidéo est fortement recommandée. En effet le cocktail de haine, de grandiloquence et de mensonges dans les propos de Sarkozy peuvent induire des spasmes stomacaux inopinés.

13/07/2008

Pédocriminalité: l'enquête qui accuse



Pédocriminalité: l'enquête qui accuse Serge Garde, coauteur du 'Livre de la honte' témoigne

Des enfants sont en danger...

Des menaces de mort pèsent sur des journalistes.

Des réseaux pédocriminels se sentent à l'abri de la Justice.

Dans le même temps, des démarches visent à interdire un livre.

Un livre qui relate une enquête minutieuse sur "Le dossier de la honte".

Le 24 février 2000, Serge Garde publie un dossier de trois pages dans le quotidien L'Humanité. Il y révèle l'existence d'un CD-Rom informatique contenant 8.500 documents de pédocriminalité. On y voit des scènes de viols d'enfants, et même des viols de nourrissons. Quelque mois plus tard Laurence Beneux publie un article dans le Figaro et participe à un reportage sur Canal+. Logiquement, la Justice et la police auraient dû prendre le relais, averties par les révélations des journalistes qui montrent sans conteste qu'il existe en Europe des véritables réseaux pédocriminels. Des enfants sont en danger. Des réseaux obscurs s'adonnent au trafic de jeunes vies. Ce marché immonde rapporte davantage que la drogue. Il ne nécessite pas d'investissements. Il suffit de se "procurer" un enfant puis d'un appareil photo pour promouvoir la marchandise... Et, surtout, c'est une activité dont les risques vis-à-vis de la Justice sont bien limités. Tellement limités que les journalistes qui ont mené l'enquête dénoncent: "Du côté des institutions, police et Justice, c'est la gêne, le dénigrement et parfois la désinformation pour masquer une dépénalisation de fait de la pédosexualité dans de nombreux dossiers". Ils posent la question: Pourquoi la police et la Justice n'ont-elles pas poussé l'enquête?

Serge Garde nous raconte l'histoire du "dossier de la honte"

Serge Garde, vous venez de publier, avec Laurence Beneux, un livre qui a pour titre Le Livre de la honte. Pourquoi ce titre?

Parce que ce que nous racontons est honteux. Parce que la façon dont la Justice française a traité cette affaire de pédocriminalité ne mérite pas d'autres qualifications. C'est honteux car, au départ, nous avons publié dans L'Humanité et dans Le Figaro des révélations concernant un CD-Rom contenant 8.500 documents de pédocriminalité et de viols d'enfants, de nourrissons, et nous avions rapporté qu'à partir de ce CD-Rom la police hollandaise avait établi un fichier contenant 472 portraits d'enfants. D'enfants en danger car on les voit sur le CD-Rom dans des situations absolument sans équivoques. Pour beaucoup d'entre eux, on est témoin des scènes de leur viol. Ce qui nous a donc particulièrement choqués, c'est qu'à la suite de nos révélations concernant ce document, rien n'a été fait pour rechercher ces enfants en danger. Or ce document existe bien, il est en possession de la police hollandaise, il a été transmis à Interpol et donc aussi aux autorités françaises. Rien, absolument rien n'avait été entrepris de la part de la Justice, ni de la police et, il y avait même un certain embarras sur l'existence de ce fichier. Quand nous avons questionné les autorités, afin de savoir si elles avaient connaissance de ce fichier... il y a eu un refus de nous répondre.

D'où provient ce document informatique que vous vous étes procuré?

Le CD-Rom a été retrouvé chez un pédotrafiquant néerlandais domicilié a Zandvoort qui s'appelait Gerrit Ulrich. C'était une sorte d'activiste informatique, dans le sens qu'il intervenait beaucoup sur Internet. Il était évident qu'on se trouvait en face d'un élément important d'un réseau. Sur le fichier tiré de ce CD-Rom, les visages des enfants sont identifiables, tout comme les visages de certains violeurs. Donc, pour nous il était évident que la police française, tout comme la Justice des autres pays européens se trouvait devant une urgence. Rechercher les enfants afin de les sauver et mettre hors d'état de nuire les adultes violeurs. Nous nous étions dits qu'à partir du moment où nous publiions les révélations sur l'existence de ce document, notre travail de journalistes etait terminé et que le travail de la Justice devait commencer. Sauf... que c'est tout le contraire qui s'est produit. Nous avons été contraints de constater que la seule activité de la Justice française dans cette affaire a été celle d'essayer de minimiser, voire d'enterrer l'affaire... et le pire, c'est qu'ils sont sur le point de réussir.

Comment avez-vous trouvé ces documents?

Je me trouvais en Belgique avec Laurence Beneux, et nous étions en train d'enquêter sur ceux qu'on appelait en Belgique les "témoins X", c'est-à-dire des témoins qui apportaient des éléments sur l'existence de réseaux de prostitution d'enfants impliquant des personnalités belges dans le cadre de l'affaire Dutroux. On les appelle "témoins X" pour protéger leur sécurité. L'unité d'élite de la gendarmerie belge qui travaillait sur les "témoins X" a été stoppée net. Ces gendarmes ont commencé à avoir de très sérieux ennuis à partir du moment où plusieurs "témoins X" ont mis en cause des personnalités politiques importantes, voire des membres de la famille royale belge. C'est en travaillant sur ce phénomène qu'une personne m'a dit que je devrais contacter l'association Morkhoven, en Belgique. Ça m'a intrigué, et c'est comme ça que j'ai contacté l'association Morkhoven. C'est cette association qui avait découvert le CD-Rom, et qui avait "négocié" la remise à la police néerlandaise.

Des enfants ont été identifiés?

En conduisant l'enquête, nous avons été littéralement assaillis par les demandes des parents qui éprouvaient des inquiétudes très vives concernant des enfants qui ont disparu ou qui déclarent avoir été abusés devant des caméras ou les objectifs d'appareils photos. Alors que la Justice restait inactive, c'est nous, les journalistes qui avons accepté de recevoir des parents pour qu'ils puissent consulter ce fichier à la recherche d'un enfant.

Un jour, une maman, habitant la région parisienne a dit "c'est mon fils". Puis il y en a eu une deuxième. Ce deuxième enfant a été reconnu par sa mère, par deux pédopsychiatres qui l'ont eu comme patient ainsi que par une travailleuse sociale. Nous avons reçu la visite de dizaines et de dizaines de parents, grands-parents, je pense que nous avons reçu environ deux cents personnes qui sont venues visionner ce fichier, qu'ils ne pouvaient pas voir ailleurs. Il y a même eu des personnes qui sont venues de Floride, et au total nous sommes arrivés à l'identification d'une vingtaine d'enfants français et belges. Donc, plusieurs mois après nos révélations nous pouvons dresser le bilan suivant: travail de la justice, aucune identification; travail des journalistes et des associations, une vingtaine d'enfants identifiés.

Mais quelle a été la position des autorités judiciaires?

Du côté de la Justice la seule activité évidente ça a été de dire: les mamans qui ont reconnu leurs enfants se trompent. Nous avons même pu constater que des mensonges ont été distillés à la presse. Il y a eu une véritable pratique de désinformation. Je sais que ce que je dis est grave, mais j'affirme que le parquet de Paris a pratiqué la désinformation en lançant, via les agences de presse, des informations fausses en accréditant l'idée que les parents qui avaient identifié un enfant sur le fichier s'étaient trompés. Et puis, nous avons même vu une intervention du substitut du procureur des mineurs à Paris, Yvon Tallec, qui devant les caméras de France 2, au cours d'un journal télévisé, a eu une déclaration incroyable. Il affirmait qu'il fallait minimiser cette affaire du CD-Rom pédocriminel. Et, pour motiver ses propos, il a avancé trois raisons: la première raison c'est que, selon ce magistrat, les documents contenus sur le CD-Rom seraient des documents anciens. Or, comment peut-on juger à partir d'une photo d'un visage d'enfant s'il s'agit d'une image ancienne ou récente? Et, même s'il s'agissait d'images anciennes... on est dans le domaine du crime sexuel et la prescription du crime n'intervient que 10 ans après la majorité légale de la victime! C'est-à-dire que les nourrissons qui sont violés, comme c'est le cas de ceux que nous voyons sur le CD-Rom, pourront porter plainte jusqu'à leur vingt-huitième anniversaire.

La seconde raison évoquée par ce magistrat est, elle aussi, aussi incroyable que la première. Il affirme qu'il n'y aurait quasiment pas d'enfants français sur ce fichier. Or, moi je souhaite qu'un magistrat puisse me dire, sur la base de ces photos, quel enfant est ou n'est pas français... c'est complètement aberrant!

La troisième raison invoquée par ce magistrat, sidère tout le monde. Il affirme que les images d'enfants photographiés sur le CD-Rom proviennent en réalité de certaines revues, et que les enfants étaient consentants, ou que leurs parents l'étaient. Nous sommes donc confrontés à un magistrat, qui sur Paris a le pouvoir de procéder a un classement sans suite, et qui nous dit en substance que, dans ce cas de proxénétisme, il n'y aurait aucun problème dès lors que les parents seraient consentants! Si nous le comprenons bien, ce magistrat nous explique que si un enfant dit "oui" il n'y a pas de viol. Effectivement, si l'on adopte ce point de vue, on comprend pourquoi Paris est une des régions de France où les classements sans suite et les non-lieux dans ce type de crime sont les plus fréquents. Quand nous avons compris comment la Justice parisienne commençait ses investigations sur l'affaire du CD-Rom, nous nous sommes rendus compte qu'on allait vers l'étouffement de l'affaire. C'est pour ça que nous avons poursuivi notre travail d'investigation et que nous avons écrit ce livre.

Combien d'enfants disparaissent chaque année en France?

Je n'ai pas de réponse précise. En France, on peut avoir des statistiques sur tout, même sur le nombre de saumons contrôlés dans le bassin de la Loire en l'an 2000, mais sur les enfants disparus, il n'y a pas de chiffre, ou s'il existe, il est caché. Le seul chiffre que j'ai pu retrouver, remonte à 1982: il fait état de la disparition de plus de soixante-dix enfants de moins de 12 ans. Il ne s'agit pas de fugues, mais bien de disparitions corps et biens. Mais je n'ai pas souvenance d'enquêtes concernant ces disparitions. Récemment le député du Val d'Oise Robert Hue a posé la question à la Garde des Sceaux: il serait bien qu'on ait des chiffres sur le nombre d'enfants qui disparaissent en France, et cela depuis dix ans. J'attends avec impatience la réponse de la ministre.

Dans le CD-ROM que vous avez retrouvé, y a-t-il des photos d'enfants français?

Il y a des enfants de la région parisienne, beaucoup de la région Chambéry-Annemasse, ensuite c'est diversifié. Pour l'Yonne, c'est terrible. Dans le cadre de l'affaire des "disparues de l'Yonne", des parents ont demandé à visionner le fichier. Après énormément de résistances, la juge d'instruction parisienne qui bloque tout à Paris sur cette affaire a été amenée à transmettre un exemplaire du fichier dans les différents commissariats et gendarmeries. Malgré qu'elle l'ait fait pendant les mois d'été, des parents ont consulté le fichier, notamment à Auxerre. Deux jeunes filles ont été reconnues et identifiées par des familles de disparues de l'Yonne. Je ne sais pas encore jusqu'à quel point cette identification est valable, mais si c'est le cas, alors toute la version officielle de l'affaire des "disparues de l'Yonne" tombe. Actuellement on est dans l'hypothèse d'un serial killer de campagne, solitaire, Emile Louis. Dans le cas d'une vérification positive, comment pourrait-ton expliquer qu'on retrouve les photos de ces disparues dans le cadre d'un réseau informatisé en Hollande?

Comment pouvez-vous être sûr de l'existence de véritables réseaux?

Lorsque j'ai eu entre les mains le CD-Rom et le fichier, j'ai également pu disposer de 200-250 feuilles, des photocopies des agendas, des carnets d'adresses de Gerrit Ulrich et de certaines personnes qui gravitaient dans la même sphère. Sur le carnet d'adresses d'Ulrich, on relève des contacts en Hollande, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Suède, aux USA, en Bulgarie, en Pologne en Lettonie et... en France! Il y a aussi des références bancaires: l'Europabank for reconstruction and Development, la Banque nationale d'Ukraine, mais aussi, le Crédit agricole et le Crédit Lyonnais...

Pour quelle raison la justice éprouve des difficultés à admettre l'existence des réseaux pédocriminels?

Je reste convaincu que la pédocriminalité est niée parce qu'elle est invisible. La justice française est habituée à traiter d'abord la criminalité visible, celle qui crée un trouble à l'ordre public. Dans le cas de viols d'enfants, c'est invisible, et le scandale ne va apparaître que lorsqu'il y a le dépôt de la plainte, et que le juge va faire son travail. C'est-à-dire que c'est le juge qui va devenir le vecteur du scandale. Et ceci, les juges ne le supportent pas; ils sont là pour rétablir l'ordre lorsque l'ordre public est troublé par un scandale. La tendance générale de la Justice en France c'est de minimiser ce qui n'est pas visible. C'est valable pour les viols d'enfants, comme pour la délinquance économique. Il y a en plus d'autres phénomènes qui vont jouer, et qui vont conduire à l'étouffement de ces plaintes.

Prenons un autre exemple, dans l'Yonne, l'affaire du pavillon d'Appoigny. Dans ce village, un individu, Claude D., avait ouvert, avec sa femme, un véritable bordel spécialisé dans le sadomaso très hard. Moyennant un tarif affiché dans la cave, on pouvait torturer des jeunes filles -qui avaient été kidnappées, et qui appartenaient à la DDASS. Elles étaient sous le même contrôle social - théorique - que les disparues de l'Yonne. Les "clients" pouvaient écraser une cigarette allumée sur un sein pour 600 francs, ou apposer une croix gammée au fer rouge - il y avait une idéologie nazie dans ces activités - sur la peau d'une jeune fille pour beaucoup plus cher. Il est clair, quand on voit l'addition que cela pouvait représenter, qu'il y avait beaucoup de notables parmi les clients. Les voisins n'arrêtaient pas de voir arriver de grosses cylindrées qui venaient s'arrêter devant le pavillon. Et le tenancier tortionnaire avait un carnet, dans lequel il notait les noms de ses clients. On retrouve là le réflexe de certains nazis qui étaient très fonctionnaires, et qui avaient le souci du détail et qui tenaient des registres sur leurs crimes comme si c'était une activité industrielle ou commerciale.

Claude D. a été arrêté parce qu'une jeune fille a réussi à s'échapper et qu'elle a pu prévenir les gendarmes. Deux prisonnières ont été sauvées à ce moment-là, mais on ne sait pas depuis combien d'années ça durait et combien de jeunes filles sont passées entre les mains de ces tortionnaires et ce qu'elles sont devenues. Pendant l'enquête, le carnet d'adresses a disparu. Le plus beau, c'est qu'il s'est volatilisé dans le bureau du juge d'instruction. Et donc, lorsque Claude D. a été jugé, il n'y avait pas de clients dans le box des accusés. Une affaire de proxénétisme sans clients. Il a été condamné à perpétuité en 1991, et il a été remis en liberté dès l'an 2000. Certains pourront dire que le carnet avec tous les clients n'a pas été perdu pour tout le monde.

Retrouve-t-on souvent des personnalités influentes, des notables à l'intérieur de ces réseaux?

Je pense à ce qu'a dit le juge Connerotte qui était en charge du dossier Dutroux, au moment où il a été dessaisi: "On a touché au jouet des riches"... Il s'agit là d'un tabou, et donc ça coûte cher. Ce magistrat travaillait à la recherche d'un réseau, il a été dessaisi, et l'on a réécrit l'affaire Dutroux. Officiellement, c'est l'affaire d'un pervers isolé.

Moi, j'essaie d'en rester aux faits. Je pense que la pédocriminalité, la pédosexualité est sans doute l'une des dernières pratiques sexuelles qui permettent de "tenir" ceux qui se font piéger ou qui s'y adonnent. En France, au moins, le fait qu'un responsable vive sa vie dans des circonstances que certaines morales reprouvent, tout le monde s'en fiche, pourvu que ce soit entre adultes consentants. La pédosexualité est sans doute l'un des derniers domaines où l'on peut être l'objet de chantage. Je crois qu'il y a en France une longue tradition dans ce domaine. Je repense aux activités du SAC, un organisme para-policier, où l'on retrouvait des flics, des truands, tous avec la même carte tricolore. Le SAC avait certaines activités financières, et notamment il avait dans son giron une société dirigée par un certain Charlie Lascorz dont le travail consistait à organiser des parties fines, à inviter des personnalités et à les piéger en les filmant, en les photographiant. Ensuite les gens se trouvaient confrontés à des chantages, qui n'étaient pas seulement financiers, mais qui pouvaient s'apparenter à un trafic d'influence.

Je peux penser qu'actuellement, organiser une partie fine et introduire au cours de la soirée des mineurs avec prise de photos, ça piège tous les participants. Et je vois mal comment certains groupes se priveraient de cette arme qui peut leur procurer des parcelles de pouvoir et de l'argent.

Comment est appliqué le droit en France pôur les affaires de pédocriminalité?

Globalement, la Justice fonctionne normalement, même si les juges ne sont pas formés, ou n'ont pas de moyens, mais il y a en France un certain nombre de secteurs où le droit n'est pas appliqué. La région de Nice jusqu'à une période récente, les régions alpines, des poches dans la vallée du Rhône, Paris... Le droit prescrit que tout acte sexuel commis par un adulte sur un mineur de moins de 15 ans est un crime. C'est ça les textes. Et ces textes ne sont pas appliqués dans ces zones de non-droit. Lorsque 60 à 80% des plaintes exprimées par les enfants sont classées sans suite, ça veut dire que l'on considère ces enfants comme des présumés menteurs alors qu'ils sont à priori victimes. On leur dit "non, vous êtes coupables de mensonge". Il y a une inversion des valeurs. Lorsqu'on a été victime de ce genre de crimes sexuels, il y a une étape qui est indispensable pour pouvoir se reconstruire, c'est le fait qu'on vous reconnaisse le statut de victime. Pour tous ces enfants, c'est un déni de justice. On leur dit, "vous êtes des menteurs et pas des victimes". Ça ne peut s'appeler autrement que du non-droit.

Combien de documents pédocriminels avez-vous découverts?

Au début de l'enquête, nous avions un CD-ROM, qui contient 8.500 documents. Et puis, au cours de cette enquête, Laurence Beneux a trouvé un deuxième CD-Rom.

Lorsque l'enquête a été publiée au printemps 2000 dans L'Humanité puis dans Le Figaro, la Garde des Sceaux s'est déclarée troublée. Elle intervient alors dans le journal de France 3, où elle va tenir un langage étonnant... "Nous avons le fichier [qui était en possession d'Interpol], mais nous ne pourrons rien faire tant que nous n'avons pas le CD-Rom". Et ça, c'est étonnant, car déjà dans le fichier il y a des documents assez précis pour pouvoir commencer à travailler. Le lendemain de cette intervention, je remets donc le CD-Rom au procureur général auprès de la Cour d'appel de Paris, Alexandre Benmaklouf. Ce que je ne savais pas, quand je remettais le CD-Rom au procureur général, c'est qu'il l'avait déjà. Depuis un an. Et l'affaire avait été classée au bout de quelques semaines, au motif qu'il n'y avait pas matière pour une incrimination pénale. Je rappelle que dans ce CD-Rom il y a des viols de nourrissons...

Ensuite, Laurence Beneux, qui travaillait à l'époque pour Canal+, a eu accès au deuxième CD-Rom, qui contient des scènes de torture de petites fillettes insoutenables, et elle le remet à la Justice. Depuis, rien. C'est-à-dire que la Justice possède deux CD-Rom, et... strictement rien.

Au moment où nous parlons, nous avons vingt CD-Rom. C'est-à-dire entre 80.000 et 100.000 documents pédosexuels et pédocriminels. Ce sont des documents qui doivent servir pour identifier les enfants, pour les sauver. Derrière chaque photo, il y a un enfant réel, qui a été violé, qui souffre. Qu'est-ce qu'on va faire de ces CD-Rom? Pour moi, il n'est pas question de les remettre à la Justice française, quand on voit ce qu'elle a fait des deux premiers que nous lui avons confiés, je ne peux pas être complice de ça.

Vous avez déjà été menacé?

Oui. Des menaces de mort. Au moment de la sortie du livre. J'interprète ça comme des pressions, des tentatives de vouloir m'empêcher de faire mon travail, on veut me faire peur, me déstabiliser. Je pars du principe que si un jour on voulait m'abattre, on ne me préviendrait pas à l'avance. Je travaille en réseau avec d'autres journalistes. C'est ça la meilleure protection.
 
Source : Amnistia 

11/07/2008

Le grand cirque médiatique continue, "comme si de rien n'était"

Voici ce qu'on peut lire dans une dépêche AFP publiée hier matin :

 

"Comme si de rien n'était": le titre du troisième album de Carla Bruni-Sarkozy tient du paradoxe tant sa sortie vendredi en France a suscité l'effervescence des médias, liée au statut de première dame de l'ex-mannequin devenue chanteuse."

 

Effervescence des médias complaisants tout gagnés à la cause de Carlita et Nico 1er. Le moindre sursaut ou velléité pétomane de ces altesses mérite éloges, et nul n'oserait émettre l'ombre de la moitié d'un doute quant à la teneur du nouvel album de Carlita – comme le remarque assez justement Marianne ("ce n'est plus de l'adoration, c'est de l'adulation !"), qui apparemment est un des seuls magazines à s'étonner du peu d'esprit critique de ses confrères concernant ladite "oeuvre". Seul le Nouvel Obs détonne un peu en osant une critique un peu plus… euh, critique.

 

 

La promotion du disque de Carlita est d'ailleurs une illustration supplémentaire de la collusion entre politique et médias et du contrôle/pression exercés sur ces derniers. Est-il bien utile de rappeler les liens qui existent entre Sarko et les grands patrons des médias, la nomination de son ex-petite amie à la "présidence" de la grande messe du 20h de TF1, ou encore l'affaire France 3 ?

Dans ce paysage médiatique uniforme et dégoulinant, je me réjouissais à la perspective de lire l'article "Opération Carla, trop c'est trop", récemment publié dans Marianne(1) et supposément très critique envers la surmédiatisation du couple de narcisses. Seule voix qui semblât discordante au milieu des bêlements habituels (rappelons-nous l'article sur Sarkozy qui avait fait sensation avant les élections, car il avait osé mettre en doute la salubrité mentale du nain), j'attendais donc beaucoup de cet article ; peut-être trop. Dire que j'ai été déçue est un euphémisme.

Pourtant, il fallait être naïf pour penser qu'un magazine à grand tirage – soumis à ses actionnaires et aux puissances cachées qui contrôlent les médias (relire le protocole 12 sur la liberté de la presse) pût écrire des articles véritablement critiques, pertinents et surtout objectifs, sans langue de bois. Force est de constater que l'article de Nicolas Domenach est mollasson et bien tiède - certes, ils critique la surmédiatisation du couple présidentiel, la niaiserie de son comportement d'adulescents en chaleur, mais le ton est pour le moins fadasse ; je m'attendais à de l'impertinence et à des arguments bien sentis, à une dénonciation des fastes et du luxe de cette nouvelle Cour, à une flagellation des médias pour leur complaisance ; il n'en est rien. On sent une certaine retenue dans les propos. Peur de frustrer Narcisse 1er ? Et on ne peut que constater que l'article faussement dénonciateur de Marianne ne fait qu'alimenter un peu plus ce grand cirque médiatique.

L'article de Domenach aurait pourtant pu rappeler, par exemple, quelques chiffres qui fâchent, comme l'augmentation de 170% du salaire de Sarko, son cumul de salaire de président et de ministre de l'Intérieur, ou encore l'augmentation du budget de l'Élysee.

Et au moment même où Sarkozy demande aux gens de travailler plus longtemps et où les chômeurs sont menacés de se voir retirer leurs allocations s'ils n'acceptent pas des offres minables – sans parler du démantèlement de la Sécu, du système de retraites, de l'éducation et de la Recherche – Carla, pour ses "menus" frais, dépense en un claquement de doigts :

1590€ de robe Prada

 

763€ de sac à main John Galliano

 

415€ de chaussures Christian Dior

 

Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres du "faites ce qu'on dit mais pas ce qu'on fait". Mais il fallait bien ça, à une époque ou la frontière entre business, politique et showbiz se fait de plus en plus floue, et où les discours politiques ressemblent de plus en plus à des sketches de comique troupier

L'Elysée contrôle même la sortie de l'album de Carlita, c'est dire si on nage en plein cirque ; une tendance déjà inaugurée par Reagan en son temps.

Nicolas Domenach identifie Carla à une sorte de Marie Antoinette moderne. Certes, il y a le côté dépenses inconsidérées et la frivolité, mais je doute qu'elle subisse le même sort que l'Autrichienne haïe (qui n'a d'ailleurs jamais prononcé la phrase : "Qu'ils mangent de la brioche" - eh oui la propagande existait déjà à l'époque)

Marie Antoinette, d'après sa correspondance, ressemblait davantage à une ignorante, une écervelée, gamine mariée à 14 ans et guère à la hauteur des "événements qu'elle devait traverser", pour citer un autre article (de Marianne). Rappelons que cette femme subit un procès sordide et injuste sous la houlette de révolutionnaires psychopathes. Son exécution précéda le traitement et la mort atroces de son fils Louis. Carla, elle, n'a rien d'une ignorante, elle est tout aussi retorse que son mari.

Pour faire un petit aparté sur la Révolution française : l'idée de Liberté-Égalité-Fraternité était belle, mais n'a servi que de prétexte à des buts bien plus obscurs. La Révolution n'avait rien d'un soulèvement spontané du peuple face à l'injustice et la pauvreté, et tout d'un complot fomenté dans l'ombre au détriment des peuples.

Douglas Reed, dans son livre La Controverse de Sion, montre très bien les racines et causes profondes des révolutions anglaise et française (et russe un peu plus d'un siècle plus tard):

 

"Cent-cinquante ans plus tard, la révolution frappa de nouveau, en France cette fois. Cela avait tout l’air d’une révolution distincte, différente à l’époque, mais était-ce vraiment le cas ? Elle portait les mêmes signes distinctifs que la révolution anglaise plus tôt (et la révolution russe plus tard) : la nationalité et la religion furent attaquées sous le prétexte de réfréner la tyrannie des « rois et des
prêtres » et quand cela fut fait, un despotisme beaucoup plus dur fut mis en place. "

[...]

(1) La révolution anglaise sembla être à l’époque un épisode anglais spontané, uniquement dirigé contre les prétentions, à ce moment-là, d’une maison royale particulière - les Stuart - et contre une forme particulière de religion, appelée « papisme ». Aucun contemporain ne rêva ne serait-ce que de considérer cela comme le début d’un mouvement mondial dirigé contre toute religion et tout
gouvernement légitime. (La secte dirigeante de la communauté juive fournit des fonds au dictateur révolutionnaire et, par de ce rôle traditionnel « d’incitation », les leaders juifs devinrent les bénéficiaires principaux de la révolution ; s’ils eurent aucun rôle dans l’instigation originale de cette dernière, on ne peut le démontrer, de même que n’a survécu aucune preuve d’un plan supérieur à long terme sous-tendant la révolution).
(2) La nature et le cours de la Révolution française, cependant, placent la révolution anglaise sous une lumière différente. Ce ne fut pas, et même à cette époque ne sembla pas être, un épisode français interne causé par les simples conditions prévalant en France. Au contraire, elle suivit un plan pour une révolution universelle, plan découvert et rendu public quelques années auparavant ; et
l’organisation secrète révélée alors avait des membres dans de nombreux pays et dans toutes les classes. Par conséquent, on considéra ses actes les plus caractéristiques (le régicide et le sacrilège),
quoiqu’ils répétassent ceux de la révolution en Angleterre, non comme des actes spontanément vengeurs commis dans l’agitation du moment, mais comme des actions délibérément symboliques d’un plan et d’un but ininterrompus : la destruction de toute religion et de tout gouvernement légitime, en tout lieu. Inévitablement, cette révélation mène à la conjecture que la révolution anglaise puisse aussi avoir été préparée par cette organisation secrète, dans le but de détruire toute nationalité. (Dans la Révolution française comme dans l’anglaise, la secte judaïste en émergea comme le principal bénéficiaire ; elle utilisa l’émancipation générale des juifs qui résulta de la Révolution comme une couverture pour son travail de conspiratrice, au cours des décennies qui suivirent. À ce jour, aucune preuve découverte n’est en mesure de démontrer l’instigation judaïste originelle).

[...]

Ainsi, la Révolution française, à la différence de la révolution anglaise, était-elle manifestement le produit d’une conspiration majeure, aux buts mondiaux et aux racines profondes. Dès cet instant, la nature du plan devenait claire, mais les conspirateurs, partout où ils étaient démasqués, semblaient être une horde d’individus sans lien entre eux, excepté la rage qu’éprouve le pyromane pour la destruction. Le but ne faisait aucun doute, mais l’identité des organisateurs restait mystérieuse. Cette scène en partie clarifiée fut dépeinte en des termes célèbres par une autorité reconnue en la matière, Lord Acton : « Ce qui est épouvantable dans la révolution, ce n’est pas le tumulte, mais le dessein. Par delà le feu et la fumée, nous percevons la preuve d’une organisation calculatrice. Les administrateurs restent soigneusement cachés et masqués, mais il n’y a aucun doute sur leur présence dès le départ. »

La Révolution française révéla donc un dessein derrière la révolution, et c’était le dessein d’un but placé à une échelle mondiale. Ce qui avait semblé être quelque chose de non planifié au moment de
la révolution anglaise était maintenant visible, ou était devenu le résultat d’un plan et d’un pattern, et la conspiration était clairement d’une telle force et d’un telle ancienneté que cela avait dû lui permettre sa complicité dans la révolution précédente. Cependant, cette deuxième révolution laissa toujours « les administrateurs » masqués, si bien que seule la moitié du mystère avait été résolue (Lord Acton mourut en 1902, et ne vit donc pas la troisième révolution).

 

Le véritable dessein des révolutions peut être identifié grâce à leurs fruits : 1789 a donné naissance à la Terreur, puis aux délires napoléoniens qui marquèrent une des périodes les plus noires pour le peuple français et les peuples européens. Même chose pour la révolution de 1917, qui a ouvert la voie à des décennies de stalinisme sanguinaire.

Sarkozy et Bruni sont les agents de cette révolution qui a pour but un gouvernement mondial contrôlant et asservissant les populations. Ils servent ce but. L'instauration d'un gouvernement mondial nécessitait la suppression de la monarchie, de l'idée de souveraineté des nations, et le plan est en passe d'être accompli - preuve en est l'imposition de force, contre la décision du peuple, du traité de Lisbonne malgré le NON des Français et des Hollandais au référendum sur la constitution européenne et celui de l'Irlande au référendum sur le traité de Lisbonne.

Grâce aux bouffonneries du couple, rapportées et grossies avec joie par les médias, on maintient le peuple dans son état hypnotique - du pain et des jeux - pour l'empêcher de réaliser que la France, le monde, vont droit dans le mur et que cette situation est voulue et préparée aux plus hauts niveaux par les élites déviantes. Face à l'événement universel de la sortie du mal-nommé "Comme si de rien n'était", qu'est-ce que le démantèlement de la sécu, des retraites et du service public, qu'est-ce que les centres de rétention, les conditions misérables d'existence en banlieue, les répressions policières et le contrôle de plus en plus orwellien de la population ?

Puces et tests ADN, les 2 nouvelles mamelles de la France ?

 

La dépêche AFP poursuit un peu plus loin :

 

"Le voilà, le fameux album de Carla Bruni. L'objet de tous les désirs, interrogations, spéculations, rumeurs et fantasmes", écrivait le Journal du Dimanche dans sa dernière édition, tandis que le quotidien Le Figaro évoquait récemment "le disque le plus attendu qui se soit enregistré en France ces dernières décennies".

 

Notez les allusions à peine voilées : "désir", "fantasmes", comme un écho aux impudiques et pitoyables «Mon mec, je le prends, je le roule, je le fume...» et autres «Tu es ma came... Plus mortel que l'héroïne afghane... Plus dangereux que la blanche colombienne...»

On est dans la droite lignée de la sarkoze obsessionnelle que veulent nous inoculer les média - qui pourtant s'en défendent, mais contribuent à répandre l'épidémie (l'article de Marianne, mollement critique, en est l'exemple le plus récent).

 

[...]

"L'ex-mannequin à la réputation de femme fatale, dont les aventures amoureuses faisaient les délices de la presse people, a rapidement endossé son nouveau statut, affichant une attitude humble et un soutien sans faille à son mari."

 

Une vraie prédatrice, comparée à un Terminator par Justine Lévy (la fille du pompeux cornichon), dont elle n'a pas hésité à voler le mari tout en entretenant une relation avec le père de ce dernier.

On peut dire qu'ils vont bien ensemble, Sarko et Carla, on se demande si en bon narcissiques il ne vont pas finir par se bouffer l'un l'autre, un de ses jours. Les "elle est belle et intelligente ma femme" ne dureront pas éternellement, on peut y compter.

Qu'est-ce qui ressort de tout ce cirque médiatique ? Une impression de vide, de dégoût, de décalage totale par rapport à la réalité de la souffrance enduréechaque jour par des millions de personnes.

Ces dirigeants en apparence abrutis, superficiels (cf Bush Junior), constituent une excellente diversion et permettent d'entretenir l'illusion selon laquelle de tels crétins seraient bien incapables de toute machination, conspiration, manipulation ou autre plan d'envergure. Cela est pourtant compatible, dans la mesure où ces dirigeants effectivement neuneus sont contrôlés par des individus qui, eux, sont tout sauf idiots, et dont les stratagèmes sont aussi fins que diaboliques.

 

Le peuple hypnotisé par les fascinateurs(2) va-t-il enfin sortir de son coma, arrêter d'entretenir l'illusion, et enfin voir la réalité en face ?

 

(1) Édition n°584, qui contient en outre un long article sur les Narcisse français – ou la crème de l'intelligentsia

(2) "Les fascinateurs sont caractérisés par un égotisme pathologique. Ces personnes se sentent très tôt forcées par quelque cause interne, de faire un choix entre deux possibilités: soit de forcer les gens à penser et ressentir les choses comme elles le font, elles ; soit de se sentir solitaires et différentes, un défaut pathologique d’adaptation à la vie sociale. Parfois le choix doit se faire entre “charmer le serpent” et le suicide.

La répression réussie de l’auto-critique ou de concepts déplaisants du champ de la conscience donne graduellement lieu aux phénomènes déjà cités de pensée inversive, de pseudo-logique, pseudo-moralisme, et de blocages inversifs. Ils finissent par affluer si abondamment qu’ils noient le mental de l’homme moyen. Tout doit être subordonné à leur conviction surcompensatoire qu’ils sont exceptionnels, parfois mêmes messianiques. Une idéologie se fait jour, en partie véridique, et dont la valeur est censée être supérieure. Mais l’analyse des fonctions exactes d’une telle idéologie dans la personnalité du fascinateur, montre qu’il s’agit là d’un moyen d’auto-séduction, utile dans le balayage des associations auto-critiques vers le subconscient. Le rôle de cette idéologie dans l’instrumentalisation d’autrui sert lui aussi les objectifs du fascinateur..."

– Andrew Lobaczewski, Ponérologie Politique

 

Article original : Prayers for Rain pour Futur Quantique

06/07/2008

Sarkozy à la plage

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