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24.04.2008
Un grand homme d'Etat

Une grenouille vit un boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur.
Disant : " Regardez bien ma soeur;
Est-ce assez ? dites-moi; n'y suis-je point encore ?
Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout.
M'y voilà ?
Vous n'en approchez point "
La chétive pécore.
S'enfla si bien qu'elle creva.
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23.04.2008
Le bruit des bottes et le silence des pantoufles.
Messieurs George Bush, Nicolas Sarkozy, Alain Finkelkrault, André Glucksman, Bernard Kouchner, Pierre Lelouch, Alexandre Adler, Alain Madelin, Romain Goupil et tous leurs amis...

© Hadi Mizban / AP
Cette photo d'une petite fille irakienne qui exulte de joie devant son papa allongé près d'elle vous est tout spécialement dédiée...
Elle a été prise à la sortie d'une école, et a été relayée par toutes les agences de presse du monde arabe. Elle n'a pas été publiée dans un seul journal occidental.
Article original : http://www.alpheratz.net/BushCo/an_iraqi_girls_face_says_...
Article en français : Le Post.
00:01 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : irak, iraq, génocide, civilsq, usa, bush, guerre
17.04.2008
Sous les pavés le sarkophage
Ce 17 avril 2008, une rapide recherche dans les actualités françaises illustrent le développement des mouvements de grèves un peu partout en France :
- enseignement
- sans papiers
- crèches d’enfants
- presse
- retraités
- ...
Face à l'accélération du démantélement des mesures protégeant les plus faibles (droits chomage, pension de retraite, allocations familiales, ...) et à la la totale surdité de Sarkozy et ses laquais, le peuple français n’a d’autre solution que les grèves et les manifestations afin d’exprimer sa révolte.
Ces revendications visant généralement à un maintien des acquis actuels ou à un modeste rattrapage en terme de qualité de service public ou de salaires font sens alors que les profits générés par les entreprises (et donc par les salariés) relève de l'obscénité.
Mais ces revendications vont à l’encontre de l’idéologie sarkozienne qui consiste en un démantèlement systématique de l’éducation, des transports publics, des hôpitaux, de la sécurité sociales, etc.
Tous ces acquis qui permettent à celui à ou celle qui se retrouve dans la difficulté de pouvoir malgré tout continuer à vivre dans la dignité.
Ces notions de solidarité n’existent pas pour les psychopathes. Pour qu’il y ait solidarité il faut qu’il y ait empathie, capacité à percevoir la souffrance de l’autre. Et pour qu’il y ait empathie il faut qu’il y ait conscience.
Sarkozy et ses tristes acolytes, tel le chat jouissant de l’agonie de la souris qu'il torture et qu'il mange, se délectent des drames qu’ils créent : le clandestin exploité dans une usine, le salarié en arrêt longue maladie qui ne peut plus payer ses médicaments, le sdf qui meurt de froid au milieu des immeubles inoccupés, le père de famille qui ne peut offrir une éducation décente à ses enfants car les bonnes écoles sont devenues trop chères,…
Et ne vous méprenez pas. Pour les psychopathes il n’y a pas de Blancs ou de Noirs, de salariés du public ou du privé, de chômeurs ou d’employés… la seule dualité qui existe dans ces cerveaux dénués de conscience c’est eux (les chats) et nous (les souris) et si nous ne faisons rien aujourd’hui nous nous retrouverons tôt ou tard dans les griffes de ces prédateurs.
Souvenez-vous de Staline qui commença doucement ses purges en ciblant quelques leaders de l’opposition, puis il élargit progressivement le spectre de ces "nettoyages" jusqu’à déporter des dizaines de millions de Russes. A la fin de son règne sanglant il commandait l'élimination de ses plus proches collaborateurs.
Après les sdf, les jeunes de banlieue, les sans-papiers, les cheminots, la fonction publique, les marins-pêcheurs voici donc les étudiants et les enseignants dans la rue.
Notez bien que l’éducation est une cible de choix de tout gouvernement fascisant. L’éducation est le levier qui permet à l’individu de comprendre, d’analyser, de connaitre. Il devient alors beaucoup moins susceptible aux mensonges, exploitations, manipulations, injustices, nécessaires à l’émergence et à la pérennisation d’une élite parasitaire.
Les enseignants et les étudiants connaîtront certainement les mêmes désillusions que ceux qui les ont précédés dans les rues de notre pauvre France. Comme nous pouvons nous y attendre, nos chères élites vont utiliser les mêmes techniques retordes pour détruire ce mouvement :
- sous estimer systématiquement l’ampleur du mouvement (nombre de manifestants, taux de grève, % de votes pour la reconduction de la grève, nombre d’établissements paralysés,...)
- diaboliser le mouvement en créant et en stigmatisant des comportements déviants au sein des grèvistes (voir le cas du sabotage des voies SNCF par exemple)
- infiltrer les manifestations avec de faux manifestants ayant pour mission de provoquer les forces de police, de « casser », de donner une mauvaise image du mouvement
- noyauter les syndicats, corrompre leurs leaders
- manipuler les données relatives aux revendications (sous estimation du nombre d’élèves par classes, sous estimation du nombre de départ à la retraite, …)
- accuser le mouvement populaire d’être créé de toute pièce par un syndicat, une corporation, un parti,…
- censurer systématiquement les images et les témoignages dérangeants (violences policières, paroles de vrais manifestants, preuves de faux manifestants, preuves de trahisons par les syndicats, …)
- monopoliserldes ondes (interventions des politiques, « experts », dirigeants, syndicalistes) démontrant avec force argument toute l’hérésie du mouvement social
- user de la violence (ciblage des leaders et des lieux de plus forte mobilisation, détention provisoires, interrogatoires, vol d’appareils photos et de caméras, matraquages, gazages,…
- activer la sphère juridique (peines rapides, exemplaires et médiatisées) à l’encontre de manifestants, faire des exemples pour effrayer la population.
- encourager la collaboration des dirigeants du secteur concerné (licenciements, réductions de salaires, rétrogradations, transmissions d’informations à la Police, …)
- détruire le soutien et le crédit dont les manifestants bénéficient auprès du reste de la population (association bidon des usagers SCNF, refrain de la prise d’otage des usagers, dramatisation des conséquences de la grève,...)
- créer des scissions au sein du mouvement (recevoir uniquement certains syndicalistes, stigmatiser le caractère non démocratique des décisions prises par le mouvement, souligner les divergences de discours et d’intérêts entre les différentes populations impliquées,… )
10:48 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : grèves, enseignement, éducation, sans-papiers
UIMM : Interview de Gérard Filoche, inspecteur du travail
FRANCE-SOIR. Les retraits en liquide sur les caisses de l’UIMM relèvent-ils du droit ou de la nécessité dans la gestion des relations sociales ?
GÉRARD FILOCHE. Ni droit ni nécessité, plutôt corruption. Denis Gautier-Sauvagnac était payé 240.000 euros et distribuait 2 millions d’euros par an, prélevés en liquide sur une caisse noire de 600 millions d’euros, pour payer des salaires, briser les grèves, financer des juristes, propagandistes et politiques en vue de défendre les théories ultra-libérales de l’UIMM et du Medef. Il bataillait pour supprimer le smic, les 35 heures, la retraite à 60 ans, les cotisations sociales, le droit du travail, en accord total avec Mme Parisot. Il se faisait aussi des prêts à lui-même. L’argent circulait en caisse de 26 à 32 kg. Tracfin a établi que ce trafic existe depuis au moins huit ans ! C’est un scandale inouï à un pareil niveau : Medef et UIMM constituent l’une des principales puissances de ce pays.
PSA reconnaît avoir bénéficié des largesses de la caisse noire de l’UIMM, l’identité des bénéficiaires demeurera-t-elle secrète longtemps ?
L’argent a été collecté sous forme de « double cotisation » spéciale auprès de 0,004 % de la masse salariale des entreprises de la métallurgie. Sur quelle ligne comptable ? Peut-on parler d’abus de biens sociaux ? Qui a fait fructifier cet argent pour passer d’une caisse de 170 millions d’euros à 600 millions d’euros ? Y a-t-il eu des délits d’initié à l’image de ceux invoqués à l’encontre des actionnaires d’EADS ? Après tout, cet argent aurait dû rester entre les mains des salariés métallos, non ? En fait, il était distribué aux patrons pour briser les grèves, pour qu’ils tiennent bon, ne cèdent pas aux revendications. « DGS » applique l’Omerta. Mais les citoyens doivent savoir, la justice doit passer.
Daniel Dewavrin, ex-président de l’UIMM, est entendu dans les locaux de la brigade financière, ultime rebond de l’affaire ou suite logique de l’instruction ?
Tout est à venir : une enquête préliminaire a été ouverte le 26 septembre 2007, puis une enquête judiciaire le 25 novembre, et personne n’est encore en préventive. N’importe quelle bande de trafiquants de Mobylette en banlieue y serait pour moins que cela. Le jeune trader Jérôme Kerviel de la Société générale a été emprisonné trente-sept jours pour l’empêcher de « se concerter » avec des tiers et de « détruire les preuves. Or DGS et ses comparses, dont Daniel Dewavrin, accusés d’« abus de confiance », de « destruction de preuves », circulent en liberté, s’organisent chaque jour depuis six mois pour empêcher la vérité d’éclater. La suite logique serait que la bande tout entière soit sous les verrous car, Mme Parisot l’a reconnu, « beaucoup savaient » et, selon elle, c’était « un secret de famille ».
Quid du caractère moral de cette réserve d’argent « anti-grève » au regard du principe de libre concurrence ?
Medef et UIMM sont prétendument des défenseurs de la « concurrence libre et non faussée » et là, ils ont mis en place un système d’assurance secret servant à protéger les patrons de la métallurgie menacés par l’usage du droit constitutionnel de grève : ce n’est rien d’autre qu’une façon de fausser la concurrence ! J’ai dédié mon livre à Cathy, caissière chez Carrefour à Port-de-Bouc, près de Marseille, qui a fait grève pendant seize jours en février 2008 pour un demi-euro d’augmentation. Elle n’a même pas obtenu satisfaction ; sans le sou, elle a pris un morceau de viande et de fromage pour ses enfants sans passer par la caisse ; elle a été licenciée immédiatement. Tandis que pour ses méfaits Denis Gautier-Sauvagnac, pris la main sur la poignée de la mallette, s’est vu promettre 1,5 million d’euros pour se taire, par son successeur M. de Virville. Ce « deux poids, deux mesures » est intolérable.
Gérard Filoche est l'auteur du livre Les Caisses noires du patronat, l’argent sale de l’UIMM et du Medef, Jean-Claude Gawsewitch Editeur, 14,90 euros.
Article original : France-Soir.
10:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : uimm, medef, parisot, filoche, sauvagnac, corruption, caisse noire
16.04.2008
Le test de l'orteil
Le journal observe que Roselyne Bachelot « a assuré que son objectif était au contraire d’obtenir que les Français soient «mieux assurés, mieux pris en charge pour l’optique» ».
Le quotidien ajoute que la ministre « a expliqué que des négociations sur le financement du système de santé allaient bien s’ouvrir avec les complémentaires santé ».
La Tribune note que « concernant l’optique, ce secteur est «tout à fait majoritairement pris en charge» par les organismes complémentaires et de «façon très, très marginale par l’assurance-maladie», a souligné [la ministre], expliquant qu’une réflexion avait bien été lancée mais pour «renforcer la prise en charge solidaire des dépenses d’optique qui peuvent grever le budget de nos concitoyens les plus modestes» ».
Le Monde aborde également ce « débat sur l'abandon de la prise en charge des frais d'optique par la Sécurité sociale ».
Le journal constate aussi que « le ministère de la Santé a assuré qu'il n'était pas question de "déremboursement" des frais d'optique ».
« Selon le ministère, les dépenses d'optique ne sont pas particulièrement ciblées. […] Pour Mme Bachelot, les complémentaires doivent prendre plus de place dans le remboursement des soins », poursuit le quotidien.
Le Figaro relève de son côté que « Bachelot tente de corriger le tir », observant que « la ministre de la Santé veut calmer les inquiétudes sur le remboursement des dépenses d’optique ».
Article original : Mediscoop
Note de P&P : Le mode opératoire du gouvernement Sarkozy est aussi pernicieux qu’affligeant.
La mission confiée à Sarkozy est simple : réduire le peuple français à l’esclavage et à la misère. Pour cela il suffit de détruire un à un tous ses acquis (éducation, retraites, droits chômage, transports publics, hôpitaux,…)
Puisque l’objectif est très clairement fixé, il n’y a donc plus aucune place à ces négociations, ces concertations si souvent invoquées par les laquais du gouvernement.
Néanmoins les déboulonnages systématiques de nos droits comparés aux mesures favorisant systématiquement les plus nantis alertent un nombre grandissant de Français qui commencent à entretenir de sérieux doutes quant à l’honnêteté du sémillant Sarkozy.
Les médias maintiennent leur propagande avec des articles qui évitent au maximum les sujets qui fâchent (augmentation de salaire pharaonique, revente douteuse de sa propriété de Neuilly, intervention salon de l'agriculture, altercation avec des marins-pêcheurs, intervention au G8,…) et qui entretiennent l’illusion de la popularité de Sarkozy (38% de satisfaits au dernier sondage, la réalité doit donc être aux alentours de 80% de mécontents).
Ceci dit certains commencent à voir les pieds derrière le rideau, il est donc devenu nécessaire que nos chères élites soignent un peu plus la forme (tout en conservant bien sûr un fond toujours aussi inhumain).
C’est pour cela qu’est de plus en plus utilisé le test de l’orteil. On met discrètement l’orteil dans le bain et si c’est trop chaud on le retire l’air de rien.
Innocemment donc Sarkozy ou l’un de ses sinistres sbires annonce ou fait annoncer par les médias un projet de réforme nous emmenant un peu plus vers ce grand idéal orwelien qui fait le bonheur du peuple étasunien.
Une fois l'annonce faite on attend la réaction.
Si le peuple reste coi, assommé par des journées de travail interminables (merci à la baisse du pouvoir d’achat), des heures de bouchon (merci au démantèlement des transports en commun), des programmes télés abrutissants (merci aux patrons de chaines et leur lobotomies à distance), et une nourriture aussi toxique que l’air ou que l’eau (merci aux industriels de l’agroalimentaire, de la chimie, de la pharmacie et des autres secteurs) alors la réforme est adoptée et on passe rapidement au prochain déboulonnage de l’édifice social.
Si malgré les nombreuses camisoles qui l’entravent, le peuple gronde alors on tergiverse un peu pour voir s’il s’agit d’une réaction durable. Si tel est le cas alors on retire la réforme avec toute l’hypocrisie crasse qui caractérise nos chers gouvernants. Le retrait de la réforme est un moment inoubliable où l’on assiste à une cacophonie de mensonges, de pseudo-justifications et de subites amnésies.
« Nous n’avons jamais dit cela », « il s’agissait seulement d’un projet », « au contraire nous pensons que », « une telle mesure n’aurait été adoptée qu’après négociations », « vous nous avez mal compris », « il s’agit d’un gigantesque malentendu », « l’inertie de la France la perdra », « une minorité a créé de toute pièce ce mouvement », « la France doit faire fi de son attitude passéiste », « le progrès a un prix », « cette déclaration n’a jamais été validée par l’Elysée », « pour rester compétitive la France doit », « il s’agit seulement d’une perspective de négociations », « parfois les journalistes s’avancent un peu trop »,…
Vous noterez combien les "grands" médias (La Tribune, le Monde, Le Figaro) accompagnent en souplesse ces changements de cap. Tout cela peut nous rappeler cette phrase célèbre du regretté Edgard Faure : "ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent"
17:06 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : bachelot, santé, sécurité sociale, sarkozy, mutuelles, optiques, lunettes
13.04.2008
Flagrant délit de désinformation

Regardez cette photo, elle circule pas mal sur le net en ce moment... Au premier abord, et si on l'esprit un peu conspirationniste, on se dit: "mais c'est bien sûr, des soldats chinois portant sous le bras des tenues de moines bouddhistes... Et si les autorités avaient envoyé des faux moines provoquer les violences du mois dernier"... A Rue89, nous avons reçu plusieurs e-mails d'internautes l'ayant vue et se posant exactement cette question.
Une rapide enquête montre que les apparences peuvent être très trompeuses. Outre le fait que la photo a déjà été publiée en ... 2003, et n'a donc rien à voir avec les événements récents, elle montrerait des soldats ayant servi de figurants dans un film, déguisés, effectivement, en moines bouddhistes, ces derniers, les vrais, refusant d'apparaître dans des films. Qu'ils ne soient pas tibétains ne semble pas avoir dérangé le réalisateur, pas plus, sans doute, que les spectateurs!
Selon l'excellent site vigie de la Chine, EastSouthWestNorth, qui s'est intéressé lui aussi à l'histoire de cette photo, elle serait apparue en 2003 en dernière page du rapport annuel du Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie (TCHRD), hostile au pouvoir chinois. Une information confirmée par un blog bouddhiste pro-tibétain, A view on buddhism, qui, toutefois, l'utilise pour laisser entendre que dans ce déguisement se trouve une des explications de la violence de certains moines le 14 mars.
Morale de cette histoire: cette photo ne prouve rien, ni dans un sens, ni dans l'autre, mais peut être un miroir déformant d'une réalité opaque dans laquelle chaque "camp" cherche tout élément pouvant alimenter sa vision des événements, surtout en l'absence de tout témoin indépendant au Tibet depuis deux semaines. Morale plus générale, méfiez vous des apparences!
► Mise à jour, 6/4/08 à 11h00: L'affaire de la photo a pris une telle ampleur sur le web que la télévision chinoise a diffusé un démenti formel, stipulant que cette photo avait été prise en 2001 lors du tournage du film "The Torch", et que, depuis, les uniformes de la police armée du peuple avaient été changés par rapport à ceux qui figurent sur la photo.
Article original : Rue 89.
Note de P&P : Après le communiste barbare, la racaille de banlieue ou le terroriste musulman, nos chères élites, craignant que l'on aperçoive les pieds derrière le rideau, tentent de créer un nouveau bouc-émissaire, le méchant chinois, envahisseur d'Etat souverain, instigateur de délocalisations, responsable du chaos financier, pourfendeur des Droits de l'Homme.
Comment peut-on légitimement stigmatiser l'annexion du Tibet alors que nous cautionnons la destruction de la Palestine, de l'Irak ou l'Afghanistan ?
Comment tenir la Chine pour responsable de la recherche systématique du profit qui motive les actionnaires (essentiellement occidentaux) à s'implanter dans les pays (dont la Chine n'est qu'un des nombreux représentants) ou les salaires sont les plus inhumains ?
Comment considérer le Yuan comme étant à l'origine de la vaste crise financière déclenchée par les spéculations délirantes et souvent illégales de banquiers majoritairement occidentaux (manipulation des taux de couverture, transformation de dettes en actif, création artificielle de trillions de dollars,...) ?
Comment condamner les violations des Droits de l'Homme en Chine quand Israël et les USA ont officiellement légalisé la pratique de la torture, que des dizaines de milliers d'individus sont incarcérés et torturés sans procès, sans avocat, au mépris de toute convention internationale ?
Qu'il est pratique de focaliser les peurs et les haines sur un agent extérieur. Le communisme stalinien a disparu, le Mossad, le MI5 et la CIA ont prouvé leur intervention dans le soi disant terrorisme islamiste. Pourtant torture, guerres, crise et famines perdurent.
Il n'est pas nécessaire d'aller jusqau'à Pékin ou à Canton pour trouver les responsables de ces maux. Il suffit d'observer le sommet des pyramides politiques, économiques, médiatiques ou financières pour remarque le même motif.
En Chine, en France ou aux Etats-Unis, c'est toujours le même refrain : trahisons, mensonges, assassinats, corruption, manipulations par une poignée de privilégiés dénués de conscience afin de continuer à exploiter les masses.
Comme l'a si justement souligné Andrew Lobaczewski dans son ouvrage Ponérologie Politique : "Ignota, nulla curatio morbi" : on ne peut soigner une maladie que l'on ne connait pas.
Tant que les citoyens ne connaitront pas les ramifications de la psychopathie et de la ponérologie. Tant qu'ils ignoreront la présence d'individus dénués de toute conscience à la tête des organes de pouvoir, alors ils seront condamnés à croire les mensonges de ces fascinateurs : bouc-émissaires, groupes terroristes clandestins jalousant nos libertés, armes de destruction massives, armée israélienne la plus respectueuse des droits de l'Homme, immeuble tombant à la verticale suite à un impact ou à un incendie, balle magique tirée par Lee Harvey Oswald le tueur fou isolé,...
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10.04.2008
OGM : Kosciusko-Morizet dénonce une "armée de lâches" à l'UMP
Nathalie Kosciusko-Morizet, forte du soutien de Sarkozy qui l'a promue - en compagnie de Xavier Bertrand - Secrétaire générale adjointe de l'UMP - on note que "le Président de tous les Français" dirige toujours le parti de droite -, sort l'artillerie lourde : "J'en ai marre d'être confrontée à une armée de lâches", s'emporte-t-elle dans l'édition du Monde daté de demain. Cause de sa colère ? Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale (et aussi maire de Meaux, député de Seine-et-Marne et avocat d'affaires à temps partiel), l'a directement mise en cause à la suite du vote, dans la nuit de mercredi à jeudi, de l'amendement à la loi sur les OGM présenté par le communiste André Chassaigne : "Lorsqu'un gouvernement s'en remet à la sagesse de l'Assemblée sur un amendement venant de la gauche, ça veut dire qu'en réalité il l'approuve", s'est-il étranglé de rage. On imagine l'outrage : la secrétaire d'Etat à l'Ecologie n'appelle pas clairement à repousser l'amendement d'un communiste ! Mais que dit l'amendement en question ? Il modifie l'article premier de la loi, qui postulait que les plantes transgéniques ne pouvaient être cultivées que "dans le respect de l'environnement et de la santé publique", en incluant celui "des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production commerciales qualifiées 'sans organismes génétiquement modifiés' et en toute transparence". Où est le scandale ? Les agriculteurs ne cultivant pas d'OGM n'auraient donc pas le droit qu'on leur garantisse la non-contamination de leurs parcelles ? Non, selon le Premier ministre, François Fi(ll)on, qui décrète : "l'amendement Chassaigne n'aurait pas dû être voté". Mais que les puissants semenciers ne s'inquiètent pas, le chef du gouvernement "s'est engagé à faire en sorte qu'il soit supprimé en deuxième lecture au Sénat", précise l'Express.
Voilà le vrai scandale : alors que 72% des Français jugent "important" de ne pas consommer des produits contenant des OGM (sondage CSA diffusé le 4 février dernier par l'organisation écologiste Greenpeace), les députés UMP sont inféodés au lobby des amis de Monsanto et n'acceptent à aucun prix qu'on porte atteinte à leurs OGM chéris. Rappelons les risques : contamination du sol, d'autres plantes, apparition d'insectes résistants, impact sur les insectes utiles comme les abeilles par exemple, développement d'allergies et apparition de nouvelles pathologies chez l'homme et l'animal... Avec les réactions en chaîne, les scientifiques sont aujourd'hui incapables de prédire quelles conséquences pourrait avoir une OGMisation massive de l'agriculture. On a eu le poulet à la dioxine, les farines animales et leur vache folle... N'est-il pas temps d'arrêter de jouer les apprentis sorciers ? Or que se passe-t-il dans la réalité ? Les OGM, portés par les millions de dollars des multinationales, sont déjà en train de coloniser la planète, dans l'opacité sournoise. La firme Bayer est directement accusée par Greenpeace d'être "responsable d'une contamination mondiale du riz par son riz transgénique non autorisé", provenant de champs expérimentaux aux Etats-Unis, qu'on a déjà retrouvé dans 13 pays. Or le riz est la denrée alimentaire la plus importée au monde. Donc la dissémination s'opère bel et bien, et en dehors de tout contrôle démocratique. Et jusqu'en France, avec la bénédiction de ces chers députés UMP. Greenpeace ne décolère pas, après l'adoption de la loi par l'Assemblée : "Le texte condamne à terme l'ensemble de la production agricole française à la contamination et définit un régime de responsabilité complètement défaillant. En votant une loi génétiquement modifiée au profit d'une poignée d'industriels, la majorité UMP est manifestement passée à côté de l'histoire et de la volonté des Français". Le responsable de la campagne OGM de Greenpeace France, Arnaud Apoteker, renchérit : "Comme au Sénat, la frange la plus rétrograde de la majorité UMP s'est allégrement assis sur le Grenelle, sur le principe de précaution, sur la directive européenne qu'elle était censée traduire en droit français et sur le souhait des citoyens ! Pis, si l'on en croit les déclarations vengeresses de M. Copé, le seul vrai amendement de protection adopté pourrait être remis en cause au Sénat dès la semaine prochaine, lors de la seconde lecture. Nous regrettons que les députés UMP les plus éclairés, comme M. Grosdidier, n'aient pas été plus entendus par leurs collègues. L'agriculture française et l'environnement sont sacrifiés sur l'autel de quelques profits industriels. C'est une honte."
Dans ce contexte, le coup de colère de Nathalie Kosciusko-Morizet peut ressembler au premier abord à une preuve de courage de sa part. "Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum", tempête-t-elle. Elle reproche à Copé de "ne pas tenir le groupe" UMP : "Si le travail de préparation préalable avait été fait dans le groupe, cela ne se serait pas produit. Ce n'est pas normal qu'il y ait eu si peu de députés de la majorité en séance". Du coup, l'amendement communiste sacrilège a été voté. NK-M regrette aussi que son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, la laisse seule en butte à la vindicte des pro-OGM hystériques : "J'attends avec impatience qu'il vienne exprimer la 'parole unique' du gouvernement dans l'hémicycle. Quand il veut, il vient". Greenpeace reprend ce mot de "lâcheté" : "Refus d'étiquetage des produits animaux nourris aux OGM, refus de l'implication des collectivités locales, refus de l'information publique en temps et en heure ou encore confidentialité des dossier d'évaluation éclairent par ailleurs l'intention de la majorité UMP : imposer des OGM partout et en cachette. Le concours de lâcheté et d'irresponsabilité active a bien eu lieu." Sans compter que la loi instaure un délit de fauchage des cultures OGM, "puni de deux ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende", peine portée à "trois ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende" quand la parcelle sert à la recherche. Pourquoi ne pas avoir laissé ce délit dans le droit commun, qui réprime la "destruction du bien
d'autrui" ? En quoi une sévérité accrue se justifie-t-elle en l'occurrence ? "La destruction d'une parcelle d'essai Monsanto sera puni d'une amende plus élevée que celle de la destruction d'un immeuble classé ou d'une découverte archéologique", remarque la socialiste Delphine Batho. Yves Cochet (Verts) a son explication : cet article veut punir "ceux qui sont entrés en résistance pour s'opposer à la fatalité irréversible des OGM". Et le communiste Jean-Pierre Brard ne craint pas d'affirmer : "Le 14 juillet 1789, quand nos ancêtres ont pris la Bastille, ils ne se sont pas demandés si c'était légal. Il y a quelque chose de plus fort que la légalité, il y a ce qui est juste, ce qui est légitime. Sur l'affaire du fauchage c'est bien là qu'on en est".
Alors, avec tout cela, que penser de l'interview choc de la secrétaire d'Etat à l'Ecologie ? On ne peut que la relativiser : elle ne se désolidarise en rien du texte, explique s'en être remise à la sagesse de l'Assemblée à propos d'un amendement déposé par un membre de la majorité, Louis Giscard d'Estaing, et non à propos de celui de Chassaigne, et a en outre publié un communiqué dans lequel "elle a présenté ses excuses à la fois à Jean-Louis Borloo, à Jean-François Copé et aux membres du groupe UMP", comme s'en félicite Fi(ll)on, pour qui l'incident est clos. Comme lorsque Fadela Amara jugeait "dégueulasse" qu'on instrumentalise l'immigration avec l'instauration des tests ADN, mais qu'elle n'en est pas moins restée au gouvernement. Que ces gens sont méprisables !
Et maintenant, place au Sénat, où les UMPistes aux ordres des semenciers se chargeront bien d'éliminer toute garantie contre la dissémination sauvage par les OGM. Monsanto en rêvait, l'UMP va le faire.
Article original : blog Olivier Bonnet.
16:40 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ogm, faucheurs, fauchage, verts, cochet, kosciusko, morizet
08.04.2008
Stichomythie à Sarkozy

Dans ce monde où les pathocrates jurent de protéger
le peuple des menaces qu’ils ont eux-mêmes créées
Dans ce monde où les psychopathes traquent la vermine
les humains trop nombreux devront connaître famine
Dans ce monde où les synocrates orchestrent savamment
révolutions, tortures, suicides et bombardements
Dans ce monde où les oligarques tirent ficelles
des journalistes, politiciens et maquerelles
Ici les psychopathes dictent ce que peuple sait
contrôlent média central, alternatif, opposé
Oswald, Ruby, rares sont les coupables désignés
auteurs des crimes et délits dont ils sont accusés
Oussama, pion des USA hèle ses talibans
terroristes depuis une grotte en Afghanistan
L’Irak déploie ses armes de destructions massives
livre pétrole, sable, misère mais point d’ogive
torturé par Charybde ou supplicié par Scylla
Conservent le peuple aveugle, esclave de ses peurs
guerre froide, choc des religions, leviers de la terreur
Flammes orientales siéent au pompier pyromane
péril jaune détrône peurs russes ou musulmanes
Israël, Europe, USA, empire colonial
traquent, pillent, brûlent tel un despote féodal
Médias et autres laquais s’émeuvent pour le Tibet
dans l’indifférence Iraq et Palestine sont démembrées
La Chine, de l’Occident nouveau bouc émissaire
occulte guerres, rapines, crises et cimetières
Ouvrier responsable dans son usine de Canton
de l’actionnaire rapace et ses relocalisations
Yuan, devise huée, coupable des maux financiers
paravent du chaos par les banquiers prémédité
Pestiférés, sorcières puis chinois portent l’opprobre
masquant le mal global grondent les discours sinophobes
Médias, patrons, politiques jouent la farce olympique
conspuent l’autocratique rejoignent le bal des cyniques
Courbettes et affection pour Israël ou la Lybie
plus tatillon avec Pékin parait le Sarkozy
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Sarkozy abat l'oeuvre gaulliste.
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Quelques pages dans un petit carnet de note illustrent la distance parcourue en un peu plus d'un an dans le positionnement international de la France. Mes premières notes portent sur un "briefing" d'un conseiller de l'Elysée à l'époque de Jacques Chirac, en novembre 2006:
"L'Otan ne doit pas apparaître comme le gendarme d'un monde occidental bien pensant"... "l'Otan n'est pas l'alpha et l'omega de l'organisation de la sécurité internationale"... "le risque est que l'Otan devienne le club occidental de sécurité qui s'étendra au monde entier."
Quelques pages plus loin, des notes toutes fraîches, lors d'un "briefing" de l'ère Sarkozy, il y a quelques jours:
"Pendant trente ans, la France a été hypocrite. Elle a fait chier tout le monde, et elle y allait. On a joué au gaullisme à peu de frais. Nicolas Sarkozy dit clairement des choses qui étaient déjà dans les faits... Sa vision du monde: la France est dans le bloc occidental, c'est assumé, et c'est une rupture... L'Otan devient globale, y compris en Afrique".
"Situer la France au sein de sa famille occidentale"
Ces deux postures, à un an d'intervalle, sont au coeur du virage de la politique étrangère française, et ce tournant passe par l'Afghanistan, où la France va envoyer des renforts militaires, et par Bucarest, où Nicolas Sarkozy participe mercredi et jeudi au Sommet de l'Alliance atlantique.
Le successeur de Jacques Chirac assume son positionnement en des termes que n'auraient jamais employés ses prédécesseurs. "Relisez son discours de politique étrangère le plus important, celui qu'il a prononcé devant le corps diplomatique le 18 janvier", souligne notre "briefeur". On est allé voir, et, de fait, il affiche la couleur:
"J’ai d’abord voulu situer, franchement et nettement, et là est la première rupture, la France au sein de sa famille occidentale. (...) En se plaçant clairement dans sa famille occidentale, la France, et c’était mon objectif, accroît sa crédibilité, sa marge d’action, sa capacité d’influence à l’intérieur comme à l’extérieur de sa famille. D'ailleurs, comment espérer avoir de l'influence sur sa famille politique si, dans le même temps, on n'y a plus sa place ou si les membres de cette famille politique se méfient de vous? La capacité d'influence de la France sur sa famille occidentale tient à la clarté de son engagement et de ses choix.".
Appelons cela l'Atlantisme décomplexé... C'est donc le choix de l'engagement au côté des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, signifié par les deux grands voyages et deux grands discours prononcés par le Président à Washington en novembre et à Londres la semaine dernière. Le choix du retour plein et entier dans les structures militaires de l'Otan qui semble quasiment acquis. Dans le même temps, on entend dans les allées du pouvoir des phrases comme "Kohl-Mitterrand, Verdun, le sentimentalisme franco-allemand, c'est fini"... Un choix stratégique qui tourne le dos à quarante ans d'histoire, et, de fait, renvoie le gaullisme au musée des lubies françaises: une partie de l'UMP appréciera.
Faire intervenir l'Otan en Afrique?
Les Américains ont répondu positivement à l'ouverture que leur a offerte Sarkozy. On a ainsi vu défiler à Paris des responsables américains qui venaient flatter l'égo national en soulignant que les Français étaient les seuls en Europe, avec les Anglais, à savoir se battre, et qu'on avait besoin d'eux en Afghanistan:
"Les Allemands arrivent là-bas avec le mauvais matériel et ne veulent pas se battre, alors que vous, les Français, vous êtes bien entraînés et motivés, et avez l'expérience du désert"...
Le choix de Sarkozy aurait du sens s'il y avait une stratégie clairement définie, au-delà du repositionnement dans l'espoir de prendre la tête d'une défense européenne ressortie de la naphtaline. L'Otan n'a pas de stratégie évidente, ni sur sa manière de gagner face aux talibans en Afghanistan, ce qui ne l'empêche pas d'accroître ses effectifs, ni sur son rôle dans l'organisation de la sécurité mondiale.
Or, les deux nouveaux meilleurs amis de la France trainent toujours le boulet de leur engagement en Irak, et le lègueront sans doute à leurs successeurs, très prochainement à Washington, et peut-être aussi à Londres. Et, dans une fuite en avant de dernière minute, George Bush force la main à ses alliés pour engager des démarches d'adhésion pour l'Ukraine et la Géorgie, au grand dam de Vladimir Poutine qui sera vendredi à Bucarest pour faire, lui aussi, des adieux fracassants à ses ennemis préférés de l'Otan, et, sans doute, leur dire ses quatre vérités.
L'Otan est devenue incontournable: cette alliance militaire qui n'avait pas tiré un seul coup de feu avant la chute du mur de Berlin, est aujourd'hui en plein essor, non seulement en récupérant les uns après les autres tous les pays ex-communistes, mais surtout en devenant, de fait, le bras armé occidental dans le monde entier. Oubliés les vieux débats sans fin sur le "hors zone", c'est-à-dire sur les interventions hors du "théâtre" historique de la guerre froide, au coeur de l'Europe. A Paris, on est même prêt à envisager de voir l'Otan intervenir en Afrique, drôle de rupture avec la Françafrique!
Dans un monde où les institutions multilatérales comme l'ONU ont perdu toute capacité d'intervention, où les menaces sont diffuses et multiples, le discours sarkozyste a une logique de "bloc" qui peut sembler rassurante. Elle a toutefois l'inconvénient de s'aligner sans conditions sur des pompiers pyromanes, qui portent, avec leur unilatéralisme de la guerre d'Irak et leur incapacité à favoriser la moindre avancée dans les conflits du Moyen-Orient en général, une responsabilité majeure dans la dégradation du climat international. Pas vraiment rassurant, et les prochaines années montreront si la France ne sera pas sortie de son ambiguité diplomatique à ses dépens, pour paraphraser le Cardinal de Retz que Nicolas Sarkozy a choisi d'ignorer
Article original publié par Rue 89.
Note de P&P : Sarkozy qui pendant des années a mangé au râtelier du gaullisme vient de fouler aux pieds l’un des acquis majeurs obtenu par Charles De Gaulles : une véritable indépendance militaire et donc stratégique et militaire pour la France.
En intégrant l’OTAN Sarkozy vient de sacrifier cette liberté. La France a remis sa destinée géostratégique et militaire dans des mains étrangères. La France a fait acte d’allégeance aux Etats-Unis et s’est soumise à l’idéologie de ceux qui tirent les ficelles de Bush comme de Sarkozy.
Cette idéologie est barbare, xénophobe et terrifiante vise au conflit global. L’émergence d’un bloc « blanc occidental judéo chrétien dominant » incluant Israël, l’Europe et les Etats-Unis et légitimant son existence à travers la haine, la peur, la stigmatisation et la destruction de l’autre, pillant les ressources, exterminant ses opposants et contrôlant ses habitants.
Au premier rang de ces cibles nous retrouverons bien sûr les pays musulmans - au sein desquels Liban et Palestine tiennent une place de choix - mais aussi la Chine et la Russie.
Citoyens français nous payons des impôts qui servent à couvrir nos mains du sang des enfants d’Afghanistan. Demain les innocents d’Irak, de Palestine ou d’Iran rejoindront leurs rangs.
Sarkozy a sacrifié l’indépendance militaire de la France sur l’autel de l’allégeance étasunienne (sans consultation du parlement), de même il a sacrifiée l’indépendance politique et financière de la France sur l’autel de l’oligarchie européenne (dans le total mépris du choix populaire clair exprimé par le référendum d’avril 2006).
L’OTAN comme l’Union Européenne sont des entités opaques et technocratiques n’ayant aucune légitimité démocratique. Le citoyen n’y a pas de poids, pas de rôle, pas de pouvoir. Son seul droit y est de travailler de consommer et de payer. Le fruit de notre labeur ainsi collecté alimente ces mêmes organisations et les cliques qui les contrôlent.
17:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, otan, bush, gaulles, israël, etats-unis, irak
03.04.2008
Quand la vérité est un crime
PARIS - Le sous-préfet de Saintes (Charente-Maritime), Bruno Guigue, a été limogé après avoir publié sur le site Internet "oumma.com" une tribune "très violemment anti-israélienne", a-t-on appris samedi auprès du ministère de l'Intérieur.
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, mise au courant mercredi du contenu de cette tribune, a "pris immédiatement un décret mettant fin aux fonctions du sous-préfet" qui a tenu des "termes tout à fait inacceptables" et violé son "devoir de réserve", explique-t-on de même source.
Bruno Guigue a notamment déclaré dans sa tribune publiée le 13 mars qu'Israël est le "seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles". Il a également évoqué "les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s'interrompt de torturer durant le shabbat". AP
Note de P&P : Revenons sur les propos de Bruno Guigue qui ont manifestement déclenché les foudres du gouvernement français par l'intermédiaire de son ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie :
1/Bruno Guigue a déclaré « les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles » :
Malheureusement les cas d’assassinat d’enfants palestiniens par les snipers de Tsahal sont largement documentés, Bruno Guigue a simplement dit une vérité :
http://www.webarabic.com/wa-forum/lofiversion/index.php/t...
http://www.wmaker.net/alterinfo/L-extermination-des-enfan...
http://www.infos-dieppoises.fr/Archives2002/TemoinsPalest...
Il est à noter que l’occupation de la Palestine a fait plus de 50.000 victimes dont une majorité de civils palestiniens. Outre les snipers, Israël a développé des techniques d’assassinat et de génocide toujours plus inhumaines :
- bombardements de civils
- embargo
- bombes incendiaires (armement déclaré illégal)
- armes à l’uranium appauvri (armement déclaré illégal)
- ...
2/ Bruno Guigue a également déclaré « les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s'interrompt de torturer durant le shabbat »
A ce jour, 8.500 Palestiniens croupissent dans les prisons israéliennes dont 102 femmes, 2 bébés et 450 enfants de moins de 17 ans.
Là aussi la pratique généralisée de la torture est un fait avéré depuis des décennies, confirmé par des dizaines d’ONG dont la Ligue des Droits de l’Homme ou Amnesty International.
Du reste l’Etat d’Israël ne se cache même plus de ces pratiques puisque la Haute Cour de Justice israélienne a officiellement légalisé la torture en 2000.
Bien sûr ces abominations se font sous couvert de la morale, du bien et de la religion. De la même façon que les tortionnaires d’Abu Ghraïb cessent probablement de torturer pendant Noël afin de célébrer la naissance de Jésus Christ.
Le limogeage du sous-préfet Guigue fait partie des ces décisions politiques où la vérité est combattue par les pouvoirs en place. De telles pratiques peuvent nous rappeler les épisodes les plus sombres de l’histoire de l’Humanité.
Pour conclure je souhaite partager avec vous cet extrait de 11 Septembre, L’Ultime Vérité qui met bien relief ce décalage dramatique entre les faits avérés concernant Israël et les décisions et conclusions qui en sont tirées :
« Winston Churchill témoigna devant la commission Peel, déclarant que la population autochtone arabe n’avait pas plus de droits sur la Palestine qu’un « chien devant une gamelle n’a, au fond, de droit sur celle-ci, même s’il est là depuis très longtemps. » Il reconnut ensuite qu’« aucun mal ne fut fait à ces gens en ce qu’une race plus forte, plus talentueuse ou en tous cas pour ainsi dire plus civilisée, soit arrivée pour les remplacer. »
Finkelstein fait part du paradoxe fondamental auquel il fut confronté au cours de l’écriture de son ouvrage :
Pendant la préparation des chapitres de ce livre dédiés au respect par Israël des droits de l’Homme dans les territoires occupés, je pris connaissance des quelques milliers de pages, littéralement, des rapports sur les droits de l’Homme publiés par diverses organisations farouchement indépendantes et très professionnelles – Amnesty International, Human Rights Watch, B'Tselem (le centre d’information israélien pour les droits de l’Homme dans les territoires occupés), le comité public contre la torture en Israël, les médecins pour les droits de l’Homme – Israël – chacune disposant de sa propre équipe autonome d’observateurs et d’enquêteurs.
À l’exception d’un seul point mineur, je n’ai pas trouvé un seul aspect légal ou un seul fait sur lequel ces organisations de défense des droits de l’Homme diffèraient.
Pour ce qui est de la situation d’Israël en regard des droits de l’Homme, on peut parler non seulement d’un consensus fort – comme sur les questions historiques – mais aussi d’un consensus unanime. Toutes ces organisations s’accordent sur le fait que, par exemple, les détenus palestiniens sont systématiquement maltraités et torturés, leur nombre total se comptant désormais probablement en dizaines de milliers.
Si comme je l’ai souligné un large consensus existe quant aux faits, une anomalie évidente apparaît pourtant : qu’est ce qui explique la controverse passionnée qui perdure autour du conflit israélo-palestinien ? Pour expliquer ce pseudo-paradoxe, il faut tout d’abord, à mon avis, opérer une distinction fondamentale entre les controverses réelles et celles qui sont artificielles. Pour illustrer ces vraies différences d’opinion, penchons-nous sur la question des réfugiés palestiniens.
Les parties intéressées peuvent s’accorder sur les faits, et pourtant aboutir à des conclusions diamétralement opposées en termes moraux, légaux et politiques. Ainsi, comme je l'ai mentionné précédemment, les chercheurs s'accordent tous pour dire que les Palestiniens furent l’objet d’un nettoyage ethnique en 1948.
Benny Morris est l’historien israélien expert du domaine ; bien qu’ayant contribué plus que quiconque à la clarification de ce qui s’était exactement passé, il conclut néanmoins que, moralement, c’était une bonne chose – juste comme, de son point de vue, l’annihilation des indiens d’Amérique avait été une bonne chose – que, légalement, les Palestiniens n’ont aucun droit de retourner sur leurs terres, et que, politiquement, la grosse erreur que commit Israël en 1948 fut de ne pas « mener un programme plus vaste d’expulsions et de nettoyage de tout le pays – sur l’intégralité du territoire israélien jusqu’au Jourdain » ciblant les Palestiniens.
Quelque écœurantes qu’elles soient moralement, ces conclusions ne peuvent pas être qualifiées de fausses.
Revenons au monde des hommes normaux : il leur est possible de s’accorder sur les faits et sur leurs implications morales et légales, tout en aboutissant à des conclusions politiques divergentes.
Noam Chomsky reconnaît que, dans les faits, les Palestiniens furent bien expulsés, et qu'il s’agit moralement d’un crime majeur, et que les Palestiniens disposent légalement du droit de revenir. Il conclut pourtant que l’application de ce droit n’est politiquement pas possible, que le revendiquer serait inefficace, et que faire miroiter cet espoir illusoire (d'après lui) aux réfugiés palestiniens est en effet profondément immoral.
D'autres maintiennent au contraire qu’un droit moral et légal n’a aucun sens s’il ne peut être appliqué, et que la mise en œuvre du droit au retour est réellement possible.
Il ne nous intéresse pas de reconnaître qui a tort et qui a raison mais de savoir que, même parmi des gens honnêtes et respectables, il peut exister de réelles et légitimes différences en matière de jugement politique.
Ceci étant dit, il faut toutefois souligner que – à tous les niveaux, parmi ceux qui partagent des valeurs morales ordinaires – l’ampleur des désaccords politiques reste relativement limitée, quand celle des convergences se montre relativement importante1.
Le paradoxe souligné par Finkelstein relève, selon nous, d’une question de conscience.
Le mépris évident de la vie de centaines de milliers de Palestiniens est une réalité avec laquelle il nous faut compter aujourd’hui. Nous pourrions nous demander ce qui fait qu’une personne demeure insensible à la douleur et à la souffrance d’autrui. Nous constatons bien une telle attitude chez les sionistes. Nous l'observons aussi chez les dirigeants britanniques et chez les dirigeants étasuniens actuels. Nous voyons également qu'un motif inquiétant prend forme dans les relations entre ces groupes, et parmi les dirigeants des autres nations, qui promeuvent le mensonge de la « terre d’Israël donnée par Dieu ». Ces derniers n'ont plus aucun repères moraux. Ou peut-être pouvons-nous nous demander s’ils n'ont jamais eu de repères moraux.
La question demeure alors de savoir qui est à l’origine de ce mensonge. Existe-t-il un lien entre une mystification aussi monstrueuse et une incapacité à ressentir la souffrance d'autrui, à agir avec une vraie conscience ? »
22:09 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : finkelstein, israel, palestine, génocide, saintes, charente-maritime, guigue


