Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/04/2008

Un grand homme d'Etat

425986547.jpg

Une grenouille vit un boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur.
Disant : " Regardez bien ma soeur;
Est-ce assez ? dites-moi; n'y suis-je point encore ?
Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout.
M'y voilà ?
Vous n'en approchez point "
La chétive pécore.
S'enfla si bien qu'elle creva.

 

 

23/04/2008

Le bruit des bottes et le silence des pantoufles.

Messieurs George Bush, Nicolas Sarkozy, Alain Finkelkrault, André Glucksman, Bernard Kouchner, Pierre Lelouch, Alexandre Adler, Alain Madelin, Romain Goupil et tous leurs amis...



© Hadi Mizban / AP

Cette photo d'une petite fille irakienne qui exulte de joie devant son papa allongé près d'elle vous est tout spécialement dédiée...

Elle a été prise à la sortie d'une école, et a été relayée par toutes les agences de presse du monde arabe. Elle n'a pas été publiée dans un seul journal occidental.

Article original : http://www.alpheratz.net/BushCo/an_iraqi_girls_face_says_it_all/

Article en français : Le Post.

17/04/2008

Sous les pavés le sarkophage

Ce 17 avril 2008, une rapide recherche dans les actualités françaises illustrent le développement des mouvements de grèves un peu partout en France :

- enseignement
- sans papiers
- crèches d’enfants
- presse
- retraités 
- ...

Face à l'accélération du démantélement des mesures protégeant les plus faibles (droits chomage, pension de retraite, allocations familiales, ...) et à la la totale surdité de Sarkozy et ses laquais, le peuple français n’a d’autre solution que les grèves et les manifestations afin d’exprimer sa révolte.

111784836.gifCes revendications visant généralement à un maintien des acquis actuels ou à un modeste rattrapage en terme de qualité de service public ou de salaires font sens alors que les profits générés par les entreprises (et donc par les salariés) relève de l'obscénité.

Mais ces revendications vont à l’encontre de l’idéologie sarkozienne qui consiste en un démantèlement systématique de l’éducation, des transports publics, des hôpitaux, de la sécurité sociales, etc.

Tous ces acquis qui permettent à celui à ou celle qui se retrouve dans la difficulté de pouvoir malgré tout continuer à vivre dans la dignité.

Ces notions de solidarité n’existent pas pour les psychopathes. Pour qu’il y ait solidarité il faut qu’il y ait empathie, capacité à percevoir la souffrance de l’autre. Et pour qu’il y ait empathie il faut qu’il y ait conscience.

Sarkozy et ses tristes acolytes, tel le chat jouissant de l’agonie de la souris qu'il torture et qu'il mange, se délectent des drames qu’ils créent : le clandestin exploité dans une usine, le salarié en arrêt longue maladie qui ne peut plus payer ses médicaments, le sdf qui meurt de froid au milieu des immeubles inoccupés, le père de famille qui ne peut offrir une éducation décente à ses enfants car les bonnes écoles sont devenues trop chères,…

Et ne vous méprenez pas. Pour les psychopathes il n’y a pas de Blancs ou de Noirs, de salariés du public ou du privé, de chômeurs ou d’employés… la seule dualité qui existe dans ces cerveaux dénués de conscience c’est eux (les chats) et nous (les souris) et si nous ne faisons rien aujourd’hui nous nous retrouverons tôt ou tard dans les griffes de ces prédateurs.

Souvenez-vous de Staline qui commença doucement ses purges en ciblant quelques leaders de l’opposition, puis il élargit progressivement le spectre de ces "nettoyages" jusqu’à déporter des dizaines de millions de Russes. A la fin de son règne sanglant il commandait l'élimination de ses plus proches collaborateurs.

Après les sdf, les jeunes de banlieue, les sans-papiers, les cheminots, la fonction publique, les marins-pêcheurs voici donc les étudiants et les enseignants dans la rue.

Notez bien que l’éducation est une cible de choix de tout gouvernement fascisant. L’éducation est le levier qui permet à l’individu de comprendre, d’analyser, de connaitre. Il devient alors beaucoup moins susceptible aux mensonges, exploitations, manipulations, injustices, nécessaires à l’émergence et à la pérennisation d’une élite parasitaire.

Les enseignants et les étudiants connaîtront certainement les mêmes désillusions que ceux qui les ont précédés dans les rues de notre pauvre France. Comme nous pouvons nous y attendre, nos chères élites vont utiliser les mêmes techniques retordes pour détruire ce mouvement :

-  sous estimer systématiquement l’ampleur du mouvement (nombre de manifestants, taux de grève, % de votes pour la reconduction de la grève, nombre d’établissements paralysés,...)

-  diaboliser le mouvement en créant et en stigmatisant des comportements déviants au sein des grèvistes (voir le cas du sabotage des voies SNCF par exemple)

-  infiltrer les manifestations avec de faux manifestants ayant pour mission de provoquer les forces de police, de « casser », de donner une mauvaise image du mouvement

-  noyauter les syndicats, corrompre leurs leaders

-  manipuler les données relatives aux revendications (sous estimation du nombre d’élèves par classes, sous estimation du nombre de départ à la retraite, …)

- accuser le mouvement populaire d’être créé de toute pièce par un syndicat, une corporation, un parti,…

-  censurer systématiquement les images et les témoignages dérangeants (violences policières, paroles de vrais manifestants, preuves de faux manifestants, preuves de trahisons par les syndicats, …)

- monopoliserldes ondes (interventions des politiques, « experts », dirigeants, syndicalistes) démontrant avec force argument toute l’hérésie du mouvement social

- user de la violence (ciblage des leaders et des lieux de plus forte mobilisation, détention provisoires, interrogatoires, vol d’appareils photos et de caméras, matraquages, gazages,…

- activer la sphère juridique (peines rapides, exemplaires et médiatisées) à l’encontre de manifestants, faire des exemples pour effrayer la population. 

- encourager la collaboration des dirigeants du secteur concerné (licenciements, réductions de salaires, rétrogradations, transmissions d’informations à la Police, …)

- détruire le soutien et le crédit dont les manifestants bénéficient auprès du reste de la population (association bidon des usagers SCNF, refrain de la prise d’otage des usagers, dramatisation des conséquences de la grève,...)

- créer des scissions au sein du mouvement (recevoir uniquement certains syndicalistes, stigmatiser le caractère non démocratique des décisions prises par le mouvement, souligner les divergences de discours et d’intérêts entre les différentes populations impliquées,… ) 

UIMM : Interview de Gérard Filoche, inspecteur du travail

FRANCE-SOIR.  Les retraits en liquide sur les caisses de l’UIMM relèvent-ils du droit ou de la nécessité dans la gestion des relations sociales ?
GÉRARD FILOCHE.
Ni droit ni nécessité, plutôt corruption. Denis Gautier-Sauvagnac était payé 240.000 euros et distribuait 2 millions d’euros par an, prélevés en liquide sur une caisse noire de 600 millions d’euros, pour payer des salaires, briser les grèves, financer des juristes, propagandistes et politiques en vue de défendre les théories ultra-libérales de l’UIMM et du Medef. Il bataillait pour supprimer le smic, les 35 heures, la retraite à 60 ans, les cotisations sociales, le droit du travail, en accord total avec Mme Parisot. Il se faisait aussi des prêts à lui-même. L’argent circulait en caisse de 26 à 32 kg. Tracfin a établi que ce trafic existe depuis au moins huit ans ! C’est un scandale inouï à un pareil niveau : Medef et UIMM constituent l’une des principales puissances de ce pays.

PSA reconnaît avoir bénéficié des largesses de la caisse noire de l’UIMM, l’identité des bénéficiaires demeurera-t-elle secrète longtemps ?
L’argent a été collecté sous forme de « double cotisation » spéciale auprès de 0,004 % de la masse salariale des entreprises de la métallurgie. Sur quelle ligne comptable ? Peut-on parler d’abus de biens sociaux ? Qui a fait fructifier cet argent pour passer d’une caisse de 170 millions d’euros à 600 millions d’euros ? Y a-t-il eu des délits d’initié à l’image de ceux invoqués à l’encontre des actionnaires d’EADS ? Après tout, cet argent aurait dû rester entre les mains des salariés métallos, non ? En fait, il était distribué aux patrons pour briser les grèves, pour qu’ils tiennent bon, ne cèdent pas aux revendications. « DGS » applique l’Omerta. Mais les citoyens doivent savoir, la justice doit passer.

Daniel Dewavrin, ex-président de l’UIMM, est entendu dans les locaux de la brigade financière, ultime rebond de l’affaire ou suite logique de l’instruction ?
Tout est à venir : une enquête préliminaire a été ouverte le 26 septembre 2007, puis une enquête judiciaire le 25 novembre, et personne n’est encore en préventive. N’importe quelle bande de trafiquants de Mobylette en banlieue y serait pour moins que cela. Le jeune trader Jérôme Kerviel de la Société générale a été emprisonné trente-sept jours pour l’empêcher de « se concerter » avec des tiers et de « détruire les preuves. Or DGS et ses comparses, dont Daniel Dewavrin, accusés d’« abus de confiance », de « destruction de preuves », circulent en liberté, s’organisent chaque jour depuis six mois pour empêcher la vérité d’éclater. La suite logique serait que la bande tout entière soit sous les verrous car, Mme Parisot l’a reconnu, « beaucoup savaient » et, selon elle, c’était « un secret de famille ».

Quid du caractère moral de cette réserve d’argent « anti-grève » au regard du principe de libre concurrence ?
Medef et UIMM sont prétendument des défenseurs de la « concurrence libre et non faussée » et là, ils ont mis en place un système d’assurance secret servant à protéger les patrons de la métallurgie menacés par l’usage du droit constitutionnel de grève : ce n’est rien d’autre qu’une façon de fausser la concurrence ! J’ai dédié mon livre à Cathy, caissière chez Carrefour à Port-de-Bouc, près de Marseille, qui a fait grève pendant seize jours en février 2008 pour un demi-euro d’augmentation. Elle n’a même pas obtenu satisfaction ; sans le sou, elle a pris un morceau de viande et de fromage pour ses enfants sans passer par la caisse ; elle a été licenciée immédiatement. Tandis que pour ses méfaits Denis Gautier-Sauvagnac, pris la main sur la poignée de la mallette, s’est vu promettre 1,5 million d’euros pour se taire, par son successeur M. de Virville. Ce « deux poids, deux mesures » est intolérable.

Gérard Filoche est l'auteur du livre Les Caisses noires du patronat, l’argent sale de l’UIMM et du Medef, Jean-Claude Gawsewitch Editeur, 14,90 euros.

 

Article original : France-Soir

16/04/2008

Le test de l'orteil

La Tribune relève que la ministre de la Santé « a démenti hier avoir évoqué un éventuel déremboursement des frais d’optique, en dénonçant une «polémique ridicule» ».
Le journal observe que Roselyne Bachelot « a assuré que son objectif était au contraire d’obtenir que les Français soient «mieux assurés, mieux pris en charge pour l’optique» ».
Le quotidien ajoute que la ministre « a expliqué que des négociations sur le financement du système de santé allaient bien s’ouvrir avec les complémentaires santé ».
La Tribune note que « concernant l’optique, ce secteur est «tout à fait majoritairement pris en charge» par les organismes complémentaires et de «façon très, très marginale par l’assurance-maladie», a souligné [la ministre], expliquant qu’une réflexion avait bien été lancée mais pour «renforcer la prise en charge solidaire des dépenses d’optique qui peuvent grever le budget de nos concitoyens les plus modestes» ».
Le Monde aborde également ce « débat sur l'abandon de la prise en charge des frais d'optique par la Sécurité sociale ».
Le journal constate aussi que « le ministère de la Santé a assuré qu'il n'était pas question de "déremboursement" des frais d'optique ».
« Selon le ministère, les dépenses d'optique ne sont pas particulièrement ciblées. […] Pour Mme Bachelot, les complémentaires doivent prendre plus de place dans le remboursement des soins »,
poursuit le quotidien.
Le Figaro relève de son côté que « Bachelot tente de corriger le tir », observant que « la ministre de la Santé veut calmer les inquiétudes sur le remboursement des dépenses d’optique ».

Article original : Mediscoop

Note de P&P : Le mode opératoire du gouvernement Sarkozy est aussi pernicieux qu’affligeant.

La mission confiée à Sarkozy est simple : réduire le peuple français à l’esclavage et à la misère. Pour cela il suffit de détruire un à un tous ses acquis (éducation, retraites, droits chômage, transports publics, hôpitaux,…)

Puisque l’objectif est très clairement fixé, il n’y a donc plus aucune place à ces négociations, ces concertations si souvent invoquées par les laquais du gouvernement.

Néanmoins les déboulonnages systématiques de nos droits comparés aux mesures favorisant systématiquement les plus nantis alertent un nombre grandissant de Français qui commencent à entretenir de sérieux doutes quant à l’honnêteté du sémillant Sarkozy.

Les médias maintiennent leur propagande avec des articles qui évitent au maximum les sujets qui fâchent (augmentation de salaire pharaonique, revente douteuse de sa propriété de Neuilly, intervention salon de l'agriculture, altercation avec des marins-pêcheurs, intervention au G8,…) et qui entretiennent l’illusion de la popularité de Sarkozy (38% de satisfaits au dernier sondage, la réalité doit donc être aux alentours de  80% de mécontents).

Ceci dit certains commencent à voir les pieds derrière le rideau, il est donc devenu nécessaire que nos chères élites soignent un peu plus la forme (tout en conservant bien sûr un fond toujours aussi inhumain).

C’est pour cela qu’est de plus en plus utilisé le test de l’orteil. On met discrètement l’orteil dans le bain et si c’est trop chaud on le retire l’air de rien.

Innocemment donc Sarkozy ou l’un de ses sinistres sbires annonce ou fait annoncer par les médias un projet de réforme nous emmenant un peu plus vers ce grand idéal orwelien qui fait le bonheur du peuple étasunien.

Une fois l'annonce faite on attend la réaction.

Si le peuple reste coi, assommé par des journées de travail interminables (merci à la baisse du pouvoir d’achat), des heures de bouchon (merci au démantèlement des transports en commun), des programmes télés abrutissants (merci aux patrons de chaines et leur lobotomies à distance), et une nourriture aussi toxique que l’air ou que l’eau (merci aux industriels de l’agroalimentaire, de la chimie, de la pharmacie et des autres secteurs) alors la réforme est adoptée et on passe rapidement au prochain déboulonnage de l’édifice social.

Si malgré les nombreuses camisoles qui l’entravent, le peuple gronde alors on tergiverse un peu pour voir s’il s’agit d’une réaction durable. Si tel est le cas alors on retire la réforme avec toute l’hypocrisie crasse qui caractérise nos chers gouvernants. Le retrait de la réforme est un moment inoubliable où l’on assiste à une cacophonie de mensonges, de pseudo-justifications et de subites amnésies.

« Nous n’avons jamais dit cela », « il s’agissait seulement d’un projet », « au contraire nous pensons que », « une telle mesure n’aurait été adoptée qu’après négociations », « vous nous avez mal compris », « il s’agit d’un gigantesque malentendu », « l’inertie de la France la perdra », « une minorité a créé de toute pièce ce mouvement », « la France doit faire fi de son attitude passéiste », « le progrès a un prix », « cette déclaration n’a jamais été validée par l’Elysée », « pour rester compétitive la France doit », « il s’agit seulement d’une perspective de négociations », « parfois les journalistes s’avancent un peu trop »,…

Vous noterez combien les "grands" médias (La Tribune, le Monde, Le Figaro) accompagnent en souplesse ces changements de cap. Tout cela peut nous rappeler cette phrase célèbre du regretté Edgard Faure :  "ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent" 

13/04/2008

Flagrant délit de désinformation

Par Pierre Haski | Rue89 | 02/04/2008 | 17H22

 Regardez cette photo, elle circule pas mal sur le net en ce moment... Au premier abord, et si on l'esprit un peu conspirationniste, on se dit: "mais c'est bien sûr, des soldats chinois portant sous le bras des tenues de moines bouddhistes... Et si les autorités avaient envoyé des faux moines provoquer les violences du mois dernier"... A Rue89, nous avons reçu plusieurs e-mails d'internautes l'ayant vue et se posant exactement cette question.

Une rapide enquête montre que les apparences peuvent être très trompeuses. Outre le fait que la photo a déjà été publiée en ... 2003, et n'a donc rien à voir avec les événements récents, elle montrerait des soldats ayant servi de figurants dans un film, déguisés, effectivement, en moines bouddhistes, ces derniers, les vrais, refusant d'apparaître dans des films. Qu'ils ne soient pas tibétains ne semble pas avoir dérangé le réalisateur, pas plus, sans doute, que les spectateurs!

Selon l'excellent site vigie de la Chine, EastSouthWestNorth, qui s'est intéressé lui aussi à l'histoire de cette photo, elle serait apparue en 2003 en dernière page du rapport annuel du Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie (TCHRD), hostile au pouvoir chinois. Une information confirmée par un blog bouddhiste pro-tibétain, A view on buddhism, qui, toutefois, l'utilise pour laisser entendre que dans ce déguisement se trouve une des explications de la violence de certains moines le 14 mars.

Morale de cette histoire: cette photo ne prouve rien, ni dans un sens, ni dans l'autre, mais peut être un miroir déformant d'une réalité opaque dans laquelle chaque "camp" cherche tout élément pouvant alimenter sa vision des événements, surtout en l'absence de tout témoin indépendant au Tibet depuis deux semaines. Morale plus générale, méfiez vous des apparences!

► Mise à jour, 6/4/08 à 11h00: L'affaire de la photo a pris une telle ampleur sur le web que la télévision chinoise a diffusé un démenti formel, stipulant que cette photo avait été prise en 2001 lors du tournage du film "The Torch", et que, depuis, les uniformes de la police armée du peuple avaient été changés par rapport à ceux qui figurent sur la photo.

 

Article original : Rue 89

 

Note de P&P : Après le communiste barbare, la racaille de banlieue ou le terroriste musulman, nos chères élites, craignant que l'on aperçoive les pieds derrière le rideau, tentent de créer un nouveau bouc-émissaire, le méchant chinois, envahisseur d'Etat souverain, instigateur de délocalisations, responsable du chaos financier, pourfendeur des Droits de l'Homme.

Comment peut-on légitimement stigmatiser l'annexion du Tibet alors que nous cautionnons la destruction de la Palestine, de l'Irak ou l'Afghanistan ?

Comment tenir la Chine pour responsable de la recherche systématique du profit qui motive les actionnaires (essentiellement occidentaux) à s'implanter dans les pays (dont la Chine n'est qu'un des nombreux représentants) ou les salaires sont les plus inhumains ?

Comment considérer le Yuan comme étant à l'origine de la vaste crise financière déclenchée par les spéculations délirantes et souvent illégales de banquiers majoritairement occidentaux (manipulation des taux de couverture, transformation de dettes en actif, création artificielle de trillions de dollars,...) ?

Comment condamner les violations des Droits de l'Homme en Chine quand Israël et les USA ont officiellement légalisé la pratique de la torture, que des dizaines de milliers d'individus sont incarcérés et torturés sans procès, sans avocat, au mépris de toute convention internationale ?

Qu'il est pratique de focaliser les peurs et les haines sur un agent extérieur. Le communisme stalinien a disparu, le Mossad, le MI5 et la CIA ont prouvé leur intervention dans le soi disant terrorisme islamiste. Pourtant torture, guerres, crise et famines perdurent.

Il n'est pas nécessaire d'aller jusqau'à Pékin ou à Canton pour trouver les responsables de ces maux. Il suffit  d'observer le sommet des pyramides politiques, économiques, médiatiques ou financières pour remarque le même motif.

En Chine, en France ou aux Etats-Unis, c'est toujours le même refrain : trahisons, mensonges, assassinats, corruption, manipulations par une poignée de privilégiés dénués de conscience afin de continuer à exploiter les masses.

Comme l'a si justement souligné Andrew Lobaczewski dans son ouvrage Ponérologie Politique : "Ignota, nulla curatio morbi" : on ne peut soigner une maladie que l'on ne connait pas.

Tant que les citoyens ne connaitront pas les ramifications de la psychopathie et de la ponérologie. Tant qu'ils ignoreront la présence d'individus dénués de toute conscience à la tête des organes de pouvoir, alors ils seront condamnés à croire les mensonges de ces fascinateurs :  bouc-émissaires, groupes terroristes clandestins jalousant nos libertés, armes de destruction massives, armée israélienne la plus respectueuse des droits de l'Homme, immeuble tombant à la verticale suite à un impact ou à un incendie, balle magique tirée par Lee Harvey Oswald le tueur fou isolé,...

10/04/2008

OGM : Kosciusko-Morizet dénonce une "armée de lâches" à l'UMP

Portrait_Kosciusko_Morizet_NathalieNathalie Kosciusko-Morizet, forte du soutien de Sarkozy qui l'a promue - en compagnie de Xavier Bertrand - Secrétaire générale adjointe de l'UMP - on note que "le Président de tous les Français" dirige toujours le parti de droite -, sort l'artillerie lourde : "J'en ai marre d'être confrontée à une armée de lâches", s'emporte-t-elle dans l'édition du Monde daté de demain. Cause de sa colère ? Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale (et aussi maire de Meaux, député de Seine-et-Marne et avocat d'affaires à temps partiel), l'a directement mise en cause à la suite du vote, dans la nuit de mercredi à jeudi, de l'amendement à la loi sur les OGM présenté par le communiste André Chassaigne : "Lorsqu'un  gouvernement s'en remet à la sagesse de l'Assemblée sur un amendement venant de la gauche, ça veut dire qu'en réalité il l'approuve", s'est-il étranglé de rage. On imagine l'outrage : la secrétaire d'Etat à l'Ecologie n'appelle pas clairement à repousser l'amendement d'un communiste ! Mais que dit l'amendement en question ? Il modifie l'article premier de la loi, qui postulait que les plantes transgéniques ne pouvaient être cultivées que "dans le respect de l'environnement et de la santé publique", en incluant celui "des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production commerciales qualifiées 'sans organismes génétiquement modifiés' et en toute transparence". Où est le scandale ? Les agriculteurs ne cultivant pas d'OGM n'auraient donc pas le droit qu'on leur garantisse la non-contamination de leurs parcelles ? Non, selon le Premier ministre, François Fi(ll)on, qui décrète : "l'amendement Chassaigne n'aurait pas dû être voté". Mais que les puissants semenciers ne s'inquiètent pas, le chef du gouvernement "s'est engagé à faire en sorte qu'il soit supprimé en deuxième lecture au Sénat", précise l'Express.

7423657Voilà le vrai scandale : alors que 72% des Français jugent "important" de ne pas consommer des produits contenant des OGM (sondage CSA diffusé le 4 février dernier par l'organisation écologiste Greenpeace), les députés UMP sont inféodés au lobby des amis de Monsanto et n'acceptent à aucun prix qu'on porte atteinte à leurs OGM chéris. Rappelons les risques : contamination du sol, d'autres plantes, apparition d'insectes résistants, impact sur les insectes utiles comme les abeilles par exemple, développement d'allergies et apparition de nouvelles pathologies chez l'homme et l'animal... Avec les réactions en chaîne, les scientifiques sont aujourd'hui incapables de prédire quelles conséquences pourrait avoir une OGMisation massive de l'agriculture. On a eu le poulet à la dioxine, les farines animales et leur vache folle... N'est-il pas temps d'arrêter de jouer les apprentis sorciers ? Or que se passe-t-il dans la réalité ? Les OGM, portés par les millions de dollars des multinationales, sont déjà en train de coloniser la planète, dans l'opacité sournoise. La firme Bayer est directement accusée par Greenpeace d'être "responsable d'une contamination mondiale du riz par son riz transgénique non autorisé", provenant de champs expérimentaux aux Etats-Unis, qu'on a déjà retrouvé dans 13 pays. Or le riz est la denrée alimentaire la plus importée au monde. Donc la dissémination s'opère bel et bien, et en dehors de tout contrôle démocratique. Et jusqu'en France, avec la bénédiction de ces chers députés UMP. Greenpeace ne décolère pas, après l'adoption de la loi par l'Assemblée : "Le texte condamne à terme l'ensemble de la production agricole française à la contamination et définit un régime de responsabilité complètement défaillant. En votant une loi génétiquement modifiée au profit d'une poignée d'industriels, la majorité UMP est manifestement passée à côté de l'histoire et de la volonté des Français". Le responsable de la campagne OGM de Greenpeace France, Arnaud Apoteker, renchérit : "Comme au Sénat, la frange la plus rétrograde de la majorité UMP s'est allégrement assis sur le Grenelle, sur le principe de précaution, sur la directive européenne qu'elle était censée traduire en droit français et sur le souhait des citoyens ! Pis, si l'on en croit les déclarations vengeresses de M. Copé, le seul vrai amendement de protection adopté pourrait être remis en cause au Sénat dès la semaine prochaine, lors de la seconde lecture. Nous regrettons que les députés UMP les plus éclairés, comme M. Grosdidier, n'aient pas été plus entendus par leurs collègues. L'agriculture française et l'environnement sont sacrifiés sur l'autel de quelques profits industriels. C'est une honte."

Dans ce contexte, le coup de colère de Nathalie Kosciusko-Morizet peut ressembler au premier abord à une preuve de courage de sa part. "Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum", tempête-t-elle. Elle reproche à Copé de "ne pas tenir le groupe" UMP : "Si le travail de préparation préalable avait été fait dans le groupe, cela ne se serait pas produit. Ce n'est pas normal qu'il y ait eu si peu de députés de la majorité en séance". Du coup, l'amendement communiste sacrilège a été voté. NK-M regrette aussi que son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, la laisse seule en butte à la vindicte des pro-OGM hystériques : "J'attends avec impatience qu'il vienne exprimer la 'parole unique' du gouvernement dans l'hémicycle. Quand il veut, il vient". Greenpeace reprend ce mot de "lâcheté" : "Refus d'étiquetage des produits animaux nourris aux OGM, refus de l'implication des collectivités locales, refus de l'information publique en temps et en heure ou encore confidentialité des dossier d'évaluation éclairent par ailleurs l'intention de la majorité UMP : imposer des OGM partout et en cachette. Le concours de lâcheté et d'irresponsabilité active a bien eu lieu." Sans compter que la loi instaure un délit de fauchage des cultures OGM, "puni de deux ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende", peine portée à "trois ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende" quand la parcelle sert à la recherche. Pourquoi ne pas avoir laissé ce délit dans le droit commun, qui réprime la "destruction du bien Bato_Delphined'autrui" ? En quoi une sévérité accrue se justifie-t-elle en l'occurrence ? "La destruction d'une parcelle d'essai Monsanto sera puni d'une amende plus élevée que celle de la destruction d'un immeuble classé ou d'une découverte archéologique", remarque la socialiste Delphine Batho. Yves Cochet (Verts) a son explication : cet article veut punir "ceux qui sont entrés en résistance pour s'opposer à la fatalité irréversible des OGM". Et le communiste Jean-Pierre Brard ne craint pas d'affirmer : "Le 14 juillet 1789, quand nos ancêtres ont pris la Bastille, ils ne se sont pas demandés si c'était légal. Il y a quelque chose de plus fort que la légalité, il y a ce qui est juste, ce qui est légitime. Sur l'affaire du fauchage c'est bien là qu'on en est".

Alors, avec tout cela, que penser de l'interview choc de la secrétaire d'Etat à l'Ecologie ? On ne peut que la relativiser : elle ne se désolidarise en rien du texte, explique s'en être remise à la sagesse de l'Assemblée à propos d'un amendement déposé par un membre de la majorité, Louis Giscard d'Estaing, et non à propos de celui de Chassaigne, et a en outre publié un communiqué dans lequel "elle a présenté ses excuses à la fois à Jean-Louis Borloo, à Jean-François Copé et aux membres du groupe UMP", comme s'en félicite Fi(ll)on, pour qui l'incident est clos. Comme lorsque Fadela Amara jugeait "dégueulasse" qu'on instrumentalise l'immigration avec l'instauration des tests ADN, mais qu'elle n'en est pas moins restée au gouvernement. Que ces gens sont méprisables !

Et maintenant, place au Sénat, où les UMPistes aux ordres des semenciers se chargeront bien d'éliminer toute garantie contre la dissémination sauvage par les OGM. Monsanto en rêvait, l'UMP va le faire.

 

Article original : blog Olivier Bonnet

08/04/2008

Stichomythie à Sarkozy

772533361.jpg

 

 

 

 

 

Dans ce monde où les pathocrates jurent de protéger
le peuple des menaces qu’ils ont eux-mêmes créées

Dans ce monde où les psychopathes traquent la vermine
les humains trop nombreux devront connaître famine

Dans ce monde où les synocrates orchestrent savamment
révolutions, tortures, suicides et bombardements

Dans ce monde où les oligarques tirent ficelles
des journalistes, politiciens et maquerelles

Ici les psychopathes dictent ce que peuple sait
contrôlent média central, alternatif, opposé

Oswald, Ruby, rares sont les coupables désignés
auteurs des crimes et délits dont ils sont accusés

Oussama, pion des USA hèle ses talibans
terroristes depuis une grotte en Afghanistan

L’Irak déploie ses armes de destructions massives
livre pétrole, sable, misère mais point d’ogive

Libéralisme ou communisme, vaines illusions de choix
torturé par Charybde ou supplicié par Scylla

Conservent le peuple aveugle, esclave de ses peurs
guerre froide, choc des religions, leviers de la terreur

Flammes orientales siéent au pompier pyromane
péril jaune détrône peurs russes ou musulmanes

Israël, Europe, USA, empire colonial
traquent, pillent, brûlent tel un despote féodal

Médias et autres laquais s’émeuvent pour le Tibet
dans l’indifférence Iraq et Palestine sont démembrées

La Chine, de l’Occident nouveau bouc émissaire
occulte guerres, rapines, crises et cimetières

Ouvrier responsable dans son usine de Canton
de l’actionnaire rapace et ses relocalisations

Yuan, devise huée, coupable des maux financiers
paravent du chaos par les banquiers prémédité

Pestiférés, sorcières puis chinois portent l’opprobre
masquant le mal global grondent les discours sinophobes

Médias, patrons, politiques jouent la farce olympique
conspuent l’autocratique rejoignent le bal des cyniques

Courbettes et affection pour Israël ou la Lybie
plus tatillon avec Pékin parait le Sarkozy

Sarkozy abat l'oeuvre gaulliste.

Sarkozy en visite à Kaboul le 22 décembre (Eric Feferberg/Reuters)

1745298742.jpgQuelques pages dans un petit carnet de note illustrent la distance parcourue en un peu plus d'un an dans le positionnement international de la France. Mes premières notes portent sur un "briefing" d'un conseiller de l'Elysée à l'époque de Jacques Chirac, en novembre 2006:

"L'Otan ne doit pas apparaître comme le gendarme d'un monde occidental bien pensant"... "l'Otan n'est pas l'alpha et l'omega de l'organisation de la sécurité internationale"... "le risque est que l'Otan devienne le club occidental de sécurité qui s'étendra au monde entier."

Quelques pages plus loin, des notes toutes fraîches, lors d'un "briefing" de l'ère Sarkozy, il y a quelques jours:

"Pendant trente ans, la France a été hypocrite. Elle a fait chier tout le monde, et elle y allait. On a joué au gaullisme à peu de frais. Nicolas Sarkozy dit clairement des choses qui étaient déjà dans les faits... Sa vision du monde: la France est dans le bloc occidental, c'est assumé, et c'est une rupture... L'Otan devient globale, y compris en Afrique".

 

"Situer la France au sein de sa famille occidentale"

Ces deux postures, à un an d'intervalle, sont au coeur du virage de la politique étrangère française, et ce tournant passe par l'Afghanistan, où la France va envoyer des renforts militaires, et par Bucarest, où Nicolas Sarkozy participe mercredi et jeudi au Sommet de l'Alliance atlantique.

Le successeur de Jacques Chirac assume son positionnement en des termes que n'auraient jamais employés ses prédécesseurs. "Relisez son discours de politique étrangère le plus important, celui qu'il a prononcé devant le corps diplomatique le 18 janvier", souligne notre "briefeur". On est allé voir, et, de fait, il affiche la couleur:

"J’ai d’abord voulu situer, franchement et nettement, et là est la première rupture, la France au sein de sa famille occidentale. (...) En se plaçant clairement dans sa famille occidentale, la France, et c’était mon objectif, accroît sa crédibilité, sa marge d’action, sa capacité d’influence à l’intérieur comme à l’extérieur de sa famille. D'ailleurs, comment espérer avoir de l'influence sur sa famille politique si, dans le même temps, on n'y a plus sa place ou si les membres de cette famille politique se méfient de vous? La capacité d'influence de la France sur sa famille occidentale tient à la clarté de son engagement et de ses choix.".

Appelons cela l'Atlantisme décomplexé... C'est donc le choix de l'engagement au côté des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, signifié par les deux grands voyages et deux grands discours prononcés par le Président à Washington en novembre et à Londres la semaine dernière. Le choix du retour plein et entier dans les structures militaires de l'Otan qui semble quasiment acquis. Dans le même temps, on entend dans les allées du pouvoir des phrases comme "Kohl-Mitterrand, Verdun, le sentimentalisme franco-allemand, c'est fini"... Un choix stratégique qui tourne le dos à quarante ans d'histoire, et, de fait, renvoie le gaullisme au musée des lubies françaises: une partie de l'UMP appréciera.

Faire intervenir l'Otan en Afrique?

Les Américains ont répondu positivement à l'ouverture que leur a offerte Sarkozy. On a ainsi vu défiler à Paris des responsables américains qui venaient flatter l'égo national en soulignant que les Français étaient les seuls en Europe, avec les Anglais, à savoir se battre, et qu'on avait besoin d'eux en Afghanistan:

"Les Allemands arrivent là-bas avec le mauvais matériel et ne veulent pas se battre, alors que vous, les Français, vous êtes bien entraînés et motivés, et avez l'expérience du désert"...

Le choix de Sarkozy aurait du sens s'il y avait une stratégie clairement définie, au-delà du repositionnement dans l'espoir de prendre la tête d'une défense européenne ressortie de la naphtaline. L'Otan n'a pas de stratégie évidente, ni sur sa manière de gagner face aux talibans en Afghanistan, ce qui ne l'empêche pas d'accroître ses effectifs, ni sur son rôle dans l'organisation de la sécurité mondiale.

Or, les deux nouveaux meilleurs amis de la France trainent toujours le boulet de leur engagement en Irak, et le lègueront sans doute à leurs successeurs, très prochainement à Washington, et peut-être aussi à Londres. Et, dans une fuite en avant de dernière minute, George Bush force la main à ses alliés pour engager des démarches d'adhésion pour l'Ukraine et la Géorgie, au grand dam de Vladimir Poutine qui sera vendredi à Bucarest pour faire, lui aussi, des adieux fracassants à ses ennemis préférés de l'Otan, et, sans doute, leur dire ses quatre vérités.

L'Otan est devenue incontournable: cette alliance militaire qui n'avait pas tiré un seul coup de feu avant la chute du mur de Berlin, est aujourd'hui en plein essor, non seulement en récupérant les uns après les autres tous les pays ex-communistes, mais surtout en devenant, de fait, le bras armé occidental dans le monde entier. Oubliés les vieux débats sans fin sur le "hors zone", c'est-à-dire sur les interventions hors du "théâtre" historique de la guerre froide, au coeur de l'Europe. A Paris, on est même prêt à envisager de voir l'Otan intervenir en Afrique, drôle de rupture avec la Françafrique!

Dans un monde où les institutions multilatérales comme l'ONU ont perdu toute capacité d'intervention, où les menaces sont diffuses et multiples, le discours sarkozyste a une logique de "bloc" qui peut sembler rassurante. Elle a toutefois l'inconvénient de s'aligner sans conditions sur des pompiers pyromanes, qui portent, avec leur unilatéralisme de la guerre d'Irak et leur incapacité à favoriser la moindre avancée dans les conflits du Moyen-Orient en général, une responsabilité majeure dans la dégradation du climat international. Pas vraiment rassurant, et les prochaines années montreront si la France ne sera pas sortie de son ambiguité diplomatique à ses dépens, pour paraphraser le Cardinal de Retz que Nicolas Sarkozy a choisi d'ignorer

Article original publié par Rue 89.

Note de P&P : Sarkozy qui pendant des années a mangé au râtelier du gaullisme vient de fouler aux pieds l’un des acquis majeurs obtenu par Charles De Gaulles : une véritable indépendance militaire et donc stratégique et militaire pour la France.

En intégrant l’OTAN Sarkozy vient de sacrifier cette liberté. La France a remis sa destinée géostratégique et militaire dans des mains étrangères. La France a fait acte d’allégeance aux Etats-Unis et s’est soumise à l’idéologie de ceux qui tirent les ficelles de Bush comme de Sarkozy.

Cette idéologie est barbare, xénophobe et terrifiante  vise au conflit global. L’émergence d’un bloc « blanc occidental judéo chrétien dominant » incluant Israël, l’Europe et les Etats-Unis et légitimant son existence à travers la haine, la peur, la stigmatisation et la destruction de l’autre, pillant les ressources, exterminant ses opposants et contrôlant ses habitants.

Au premier rang de ces cibles nous retrouverons bien sûr les pays musulmans - au sein desquels Liban et Palestine tiennent une place de choix - mais aussi la Chine et la Russie.

Citoyens français nous payons des impôts qui servent à couvrir nos mains du sang des enfants d’Afghanistan. Demain les innocents d’Irak, de Palestine ou d’Iran rejoindront leurs rangs.

Sarkozy a sacrifié l’indépendance militaire de la France sur l’autel de l’allégeance étasunienne (sans consultation du parlement), de même il a sacrifiée l’indépendance politique et financière de la France sur l’autel de l’oligarchie européenne (dans le total mépris du choix populaire clair exprimé par le référendum d’avril 2006).

L’OTAN comme l’Union Européenne sont des entités opaques et technocratiques n’ayant aucune légitimité démocratique. Le citoyen n’y a pas de poids, pas de rôle, pas de pouvoir. Son seul droit y est de travailler de consommer et de payer. Le fruit de notre labeur ainsi collecté alimente ces mêmes organisations et les cliques qui les contrôlent.

03/04/2008

Troupes françaises en Afghanistan

Mesdames, Messieurs les Députés et Sénateurs,

A l'heure où les députés PS déposent une motion de censure contre le gouvernement Fillon suite à la décision de renforcer de près de 1000 hommes la présence française en Afghanistan (après que notre ex-candidat président eût affirmé le contraire en Avril avant les élection), il apparaît de plus en plus nécessaire de resituer le débat sur les origines de ce conflit.

Après les terribles attentats du 11 septembre 2001 G.W. BUSH déclare la guerre aux terroristes estimés responsables de cette tragédie et l'Afghanistan est désigné comme hébergeant leur chef: Oussama Ben Laden.
Le 21 septembre 2001, en direct sur CNN, le porte parole du gouvernement afghan a déclaré qu'il livrerait Oussama Ben Laden à la justice américaine sur présentation de preuves, dont l'existence "accablante" avait été simplement affirmée la veille par Colin Powell. Où sont les preuves? Elles n'ont jamais été présentées. Oussama Ben Laden n'est à ce jour même pas recherché par le FBI pour les attentats de 2001…

La situation actuelle en Afghanistan
Où en est l'Afghanistan aujourd'hui ? Depuis l'occupation étrangère, la production de pavot a atteint des records en 2007 et 47 civils en moyenne meurent pour chaque militaire tombé. Les complexes souterrains afghans de Tora Bora décrits dans les journaux comme des installations dignes d'un James Bond, n'étaient finalement que de simples grottes vides. Mais tout cela est resté dans l'imaginaire collectif, comme suffisant pour justifier une invasions et des bombardements souvent meurtriers pour une population sous le feu de la guerre depuis des décennies.
L'arrestation de Ben Laden fut un véritable échec. On se souviendra aussi de la fuite du mollah Omar en moto. Ben Laden n'a jamais été capturé alors que des militaires français affirment l'avoir eu dans leur viseur. Bref l'invasion punitive de l'Afghanistan, déclarée le 7 octobre 2001 sous le nom pompeux de "Liberté immuable" a surtout servi à justifier l'occupation d'un pays stratégiquement important pour l'acheminement des ressources pétrolières de la mer Caspienne. Ainsi Amid Karzaï, ancien conseiller de l'industrie pétrolière américaine Unocal, fut parachuté président par le biais de négociations financières et de fausses élections « démocratiques » …

De la même manière, L'ancien secretaire d'etat Colin Powell a menti sur les ADM en Irak , l'administration Bush ayant finalement reconnu en 2005 que ces armes n'existaient pas. De même l'Anthrax brandi par Colin Powell en plein hémicycle de l'ONU s'est avéré être de la simple farine et les seules souches détectées aux USA provenaient de laboratoires américains. Il est donc urgent de réfléchir au raisons qui justifieraient la présence de militaires français dans dans croisades justifiées par des manipulation médiatiques.

L'exemple Japonais
Le 10 janvier dernier, le Sénat japonais a refusé de voter la prorogation de l'aide aux troupes de l'OTAN stationnées en Afghanistan (2 navires japonais ravitaillent les troupes de l'OTAN en carburant). Le Premier ministre japonais n'a dû son salut vis-à-vis de Washington qu'avec l'aide d'une procédure exceptionnelle dite du vote à la majorité des 2 tiers, employée pour la première fois depuis que le Japon a recouvré sa souveraineté en 1952. Pourquoi ? L'AFP n'a pas diffusé les raisons : Un sénateur japonais centriste, M. Yukihiro Fujita, a publiquement, et avec le soutien de son parti, mis en doute les allégations de Washington quant à la responsabilité de l'Etat afghan dans les attentats de Septembre 2001. Aucune enquête japonaise indépendante n'a été menée. Tout a été décidé sur la foi de simples "renseignements confidentiels" fournis par Washington, attitude qu'une contre-enquête citoyenne internationale en cours remet en cause, et dont le courageux Sénateur s'est fait l'écho. Cette contre-enquête appelle à la réouverture officielle du dossier 11 Septembre 2001. Car c'est bien là l'origine du déclenchement de la guerre globale contre les terroristes .

Familles des victimes, Commission d'enquête
C'est seulement parce que des familles de victimes ont forcé la Maison Blanche à le faire, qu'une simple enquête à valeur administrative a été consentie par la Maison Blanche plus d'un an après (un record de lenteur dans l'histoire de l'administration américaine)… Et le rapport de la Commission d'enquête ne vaut rien car la méthodologie suivie ne permet pas de « judiciariser » ses conclusions.

Ainsi le plus grand attentat de tous les temps sur le territoire des Etats-Unis est en panne d'enquête judiciaire nationale et de procès depuis 6 ans et demi, seules des procédures privées sont en cours, promises au non lieu, et la torture (cf. Guantanamo et les propos de GW BUSH ) a remplacé le renseignement et les investigations, sans résultats crédibles comme vous avez pu le constater depuis.

A la lumière de ces simples constatations préoccupantes, nous vous demandons instamment de surseoir à l'envoi de nos soldats et compatriotes en Afghanistan, car ce serait au nom de raisons que nous sommes à ce jour bien en peine d'identifier avec certitude. Réfléchissons ensemble, ne nous laissons pas gagner par la tentation de l'Atlantisme forcené, mais par une collaboration raisonnée avec avec la nation américaine.

Avec la solennité qui sied à ce risque de tournant diplomatique français, recevez, Mesdames, Monsieurs les Députés et Sénateurs, l'assurance de notre profond respect envers votre fonction et nos institutions.

Paris, le 1er avril 2008

Association ReOpen911

www.ReOpen911.info

02/04/2008

Platon et Phaeton

  255466684.jpg Photographie de la comète Mc Naught au-dessus du Chili

Un des prêtres, très âgé, lui dit alors : « Ah ! Solon, Solon, vous autres Grecs, vous demeurez des enfants, et il n’est point de vieillard en Grèce. » À ces mots, Solon lui demanda ce qu’il entendait par là. « Ce que je veux dire, c’est que vous êtes tous restés jeunes en esprit, répondit le prêtre ; car vous ne l'avez instruit d’aucune opinion qui soit fondée sur une antique tradition, ni d’aucune science blanchie par le temps. Et en voici la raison.

    L'humanité a subi bien des destructions, et en connaîtra encore, sous de nombreuses formes ; les plus grandes par le feu et l’eau, et les moindres par mille autres choses. Prenez par exemple l’histoire, qu’on raconte même chez vous, de Phaéton, le fils du Soleil qui, ayant un jour attelé le char de son père et ne pouvant le maintenir dans le sillage paternel embrasa tout ce qui était sur terre et périt lui-même foudroyé. Elle a, il est vrai, l’apparence d’une fable ; mais la vérité qu'elle recèle, c’est que les corps qui circulent dans le ciel autour de la terre dévient de leur course et qu’ils produisent, à de larges intervalles, de grandes conflagrations qui détruisent tout ce qui est à la surface de la terre. Alors ceux qui habitent les montagnes et les endroits élevés et arides sont plus exposés à la destruction que ceux qui demeurent aux rivages des fleuves et de la mer. Nous autres, nous avons le Nil, notre fidèle et constant sauveur, pour nous préserver de cette calamité.

 Quand, d’autre part, les dieux submergent la terre pour la purifier sous les eaux, les habitants de vos montagnes, bouviers et pâtres, échappent à la mort, mais ceux qui résident dans vos villes sont emportés par les fleuves vers la mer. Chez nous au contraire, ni dans ce cas, ni dans aucun autre, l’eau ne dévale des hauteurs sur les campagnes ; elles montent naturellement toujours d'en-bas. C’est pourquoi sont conservées chez nous les traditions les plus anciennes. Mais en réalité, dans tous les lieux où le froid ou la chaleur excessive ne s’y opposent pas, la race humaine subsiste toujours, plus ou moins nombreuse. Aussi tout ce qui s’est fait de beau, de grand ou de remarquable, soit chez vous, soit ici, soit dans tout autre pays dont nous ayons entendu parler, tout cela se trouve ici consigné par écrit dans nos temples depuis les temps immémoriaux, et reste ainsi préservé. » 

Platon, Timée, d’après la traduction d'Emile Chambry pour la version ici présentée.

01/04/2008

Nicolas Sarkozy annonce des élections anticipées

    Fragilisés par des sondages d'opinion en chute constante, victime d'une sévère défaite au cours des dernières élections municipales, contesté au sein de son propre parti et de son propre gouvernement, enlisé dans une crise économique et sociale grandissante, Nicolas Sarkozy vient d'annoncer par la voix de Luc Chatel, nouveau porte-parole du gouvernement, l'organisation d'élections présidentielles anticipées qui "devraient se dérouler avant la fin de l'année 2008".

    Les membres du gouvernement, rassemblés ce mardi matin pour un conseil des Ministres particulièrement chargé se sont refusé à tout commentaire. Même son de cloche à l'UMP où le Secrétaire Général, Patrick Devedjian a renouvelé sa confiance à l'égard de Nicolas Sarkozy et a déclaré que "les choix du Président Sarkozy sont souverains et seront en tant que tel respectés et appliqués".

    Au Palais Bourbon en plein projet de loi de programme pour la recherche, la nouvelle a fait l'effet d'une bombe, entre incrédulité dans les rangs de la majorité et effervescence du côté de l'opposition. François Hollande a salué "une décision courageuse qui a su prendre en compte l'opinion exprimée par le peuple français" et a demandé que ces élections anticipées soient suivies de nouvelles élections législatives "le divorce avec les Français était depuis longtemps consommé, cette élection anticipée est une opportunité pour vraiment remettre à plat le paysage politique français,..., cette élection n'aura de sens que s'il est suivie de nouvelles élections législatives".

    Ségolène Royal, adversaire malheureuse de Nicolas Sarkozy au cours des élections présidentielles de 2007 a appelé à une forte mobilisation et à une reconstruction : "au cours des dernières années, la France a connu de grandes régressions sociales, le temps de la reconstruction est revenue. La France mérite une politique d'éducation et de recherche ambitieuse, une vraie politique de santé et de solidarité...Nous devons rassembler, réconcilier, partager là où les années Sarkozy ont semé les peurs, les haines et le désespoir..."

    Un député UMP qui a tenu a conservé l'anonymat a décrit les difficultés et les doutes qu'a traversé Nicolas Sarkozy : "[il] a connu une année extrêmement chargée après l'euphorie de l'élection tout s'est enchainé tellement vite autant dans la sphère professionnelle que personnelle... le divorce avec Cécilia suivi d'un remariage quasi immédiat... On sentait depuis quelques semaines qu'il était à cran, ses dérapages verbaux qui se sont multipliés récemment, puis soudain son mutisme et les voyages et les soirées qui se répétaient...Déjà dans son dernier semblant de remaniement ministériel on sentait qu'il n'était plus vraiment là"

    De son côté Jean-Marie Le Pen s'est fendu d'un de ces commentaires laconiques qu'il affectionne : "manifestement Nicolas Sarkozy, le clown de la république a plus d'intérêt pour les strass de la jet-set que pour les responsabilités de chef d'Etat"

    Des élections présidentielles anticipées ont déjà eu lieu à deux reprises pendant la Ve République. Le Général de Gaulle fragilisé par les événements de mai 68 s'était retiré de la scène politique en 1969 avant la fin de son mandat . Quelques années plus tard, en 1974, Georges Pompidou, rongé par une longue maladie, décèdait pendant son mandat, entrainant à nouveau l'organisation d'élection anticipées.

 

Article original AFP


Note de P&P : En espérant que Nicolas Sarkozy tienne ses engagements, qu'il se retire réellement et surtout qu'un président moins pire lui succède.