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04/03/2008

Parisot Thatcher même combat

464132605.jpgLa présidente du Medef, Laurence Parisot, appelle tous les chefs d'entreprise à la mobilisation après la révélation de l'accord entre l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) et son ancien président mis en examen pour de mystérieux retraits d'espèces.
L'UIMM a reconnu cette semaine avoir versé 1,5 million d'euros d'indemnités de départ à Denis Gautier-Sauvagnac, qui a également reçu l'assurance d'une prise en charge d'éventuelles sanctions financières.
"Je lance un appel à tous les chefs d'entreprise de France, des TPE, des PME, des grands groupes, quelle que soit leur taille, quels que soient leurs secteurs d'activité, et en particulier à ceux de l'industrie, afin qu'ils me soutiennent et s'associent à moi pour tout remettre à plat", déclare Laurence Parisot dans un entretien au Journal du Dimanche daté du 2 mard.
"Je m'adresse notamment aux adhérents de l'UIMM qui sont choqués par ce que nous découvrons", ajoute-t-elle.

 

Note de P&P : Les intentions de Parisot sont à peine voilées  : "Je lance un appel à tous les chefs d'entreprise de France, des TPE, des PME, des grands groupes, quelle que soit leur taille, quels que soient leurs secteurs d'activité, et en particulier à ceux de l'industrie, afin qu'ils me soutiennent et s'associent à moi pour tout remettre à plat". Parisot profite du scandale de l'UIMM pour augmenter encore son pouvoir au sein du monde syndical.



'"Transparence et éthique"

"L'UIMM et le Medef sont deux entités séparées, mais je sais que la plupart des dirigeants d'entreprise de l'UIMM sont de bonne volonté et partagent nos valeurs, ajoute-t-elle. Avec eux, je veux rassembler tous les patrons qui exigent transparence et éthique, tous ceux qui sont prêts à se dresser contre les démonstrations d'opacité que certains nous infligent, et contre leur sentiment abusif d'impunité." 

Note de P&P : Parisot n'a que faire de la transparence et de l'éthique. Il s'agit simplement de prétextes moraux pour atteindre ses fins. Croyez-vous vraiment qu'un individu animé par l'éthique et la transparence se retrouve à la tête du MEDEF, requin parmi les requins, cynique parmi les cyniques ? 


Laurence Parisot "demande solennellement à tous les membres de l'UIMM qui exercent des mandats nationaux dans des institutions au nom du Medef de remettre immédiatement leur mandat à la disposition du Medef".
Elle précise que Michel de Virville, le président de l'Unedic, lui a déjà remis sa démission. "Je salue son geste", dit-elle.
Selon l'hebdomadaire Marianne, qui a révélé l'accord entre l'UIMM et Denis Gautier-Sauvagnac, Michel de Virville aurait négocié l'indemnité de 1,5 million d'euros, destinée selon la gauche à acheter son silence.

Note de P&P : Parisot a du se frotter les mains en apprenant la démission du président de l'UNEDIC car il s'agit exactement de son objectif, prendre la place de l'UIMM.

Si l'on revient un peu en arrière, on constate qu'au moment de la formation des syndicats patronaux, qui ne sont ni plus ni moins que des organes de lobbying organisés par filière, le secteur de la métallurgie de par son importance de l'époque s'est taillé la part du lion.

Concrétement cela veut dire que l'UIMM truste depuis des années la plupart des postes de dirigeants dans les organisations patronales et paritaires (chambres de commerces, Conseil economiques et sociaux, UNEDIC, URRSAFF, ANPE, APEC,...).

Parisot est en train de récupérer pour le MEDEF les places, le pouvoir et les rémunérations qui étaient aupravant réservées à l'UIMM. Pour nous citoyens lambda cela ne change pas grand chose, ce seront toujours des individus de peu de conscience et de grande ambition qui présideront aux fonctions aussi essentielles que l'assurance chomage, l'assurance maladie, la recherche d'emploi, les politiques économiques et sociales et qui bien évidemment se serviront grassement sur la bête.


"Toutes les hypothèses"

Priée de dire si elle comptait engager une procédure judiciaire, Laurence Parisot répond : "J'étudierai toutes les hypothèses. L'accord entre l'UIMM et son délégué général me semble très discutable sur le plan juridique."
Denis Gautier-Sauvagnac, qui est toujours directeur général de l'UIMM, a été mis en examen pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et travail dissimulé" le 15 janvier.
L'enquête judiciaire concerne une vingtaine de millions d'euros retirés en liquide sur des comptes de l'UIMM entre 2000 et 2007. Denis Gautier-Sauvagnac admet son implication, mais il a refusé de livrer le nom des bénéficiaires de ces fonds.

Article original Libération. 01/03/08.

Note de P&P : Il est piquant de voir Parisot revêtir son costume de paragon de l'équité.  Au-delà de ses beaux discours penchons-nous un instant sur les faits :

Laurence Parisot a été élue présidente du Mouvement des entreprises de France mardi 5 juillet, dès le premier tour, lors de l'assemblée générale extraordinaire du MEDEF réunie à Paris. Désignée par 271 voix et âgée de 46 ans, la patronne de l'institut de sondage Ifop succède à Ernest-Antoine Seillière, qui en avait fait sa favorite.

Si l'on peut se réjouir de l'élection d'une femme dans un monde de bru..., pardon, très masculin, Laurence Parisot sera jugée "comme un homme", a prévenu Marie-George Buffet pour le Parti communiste (source : agence AP).

D'ailleurs, Parisot en imite déjà certains penchants, comme l'intérêt pour les sports qui font vroum-vroum (moto, ski nautique, grosses bagnoles) et possède même une Maserati héritée de papa (source : AP).

Arrivée à la tête de l'IFOP en 1990, à seulement 31 ans, Laurence Parisot est également patronne de l'entreprise familiale Optimum (portes de placards coulissantes) depuis 2002, membre du conseil de surveillance d'Euro Disney depuis 2000, du Conseil économique et social (CES) et du conseil consultatif du cabinet d'audits financiers Ernst & Young depuis 2004, du conseil de surveillance de Michelin depuis le 20 mai 2005 et du conseil d'administration de Havas depuis le 9 juin. Ah ! On oubliait de préciser... A part tourner la poignée des gaz, Laurence Parisot a deux dadas dans la vie : passer icelle au boulot et jouer au fléchettes sur le Code du travail ("La liberté de penser s'arrête la où commence le Code du travail", affirmait-elle en janvier).

Note de P&P : IFOP le faiseur d'opinion, Ernst & Young condamné entre autre dans les affaires Crédit Mutuel, Peoplesoft, ou Norboug, Disney le ramolisseur de cerveau made in USA ou l'entreprise Michelin restée fameuse pour avoir publié en 1999 des bénéfices semestriels en hausse de 20 %, en même temps qu'elle annonçait un plan de restructuration entrainant 7 500 suppressions d'emplois.



Aussitôt après son élection, Laurence Parisot a d'ailleurs appelé à "une refonte du Code du travail", jugeant celui-ci "kafkaïen, absurde et inadapté" au monde actuel. Mais sans "entamer la protection de l'individu" (source : agences Reuters et AP). "Il ne s'agit pas de la liberté formelle que bien sûr notre République nous garantit mais de la liberté pratique, la liberté d'exercer intelligemment sa réflexion face en l'occurrence à un droit du travail qui est kafkaïen, qui est par bien des côtés absurde, et qui empêche tout le monde dans l'entreprise de travailler intelligemment", a déclaré Laurence Parisot sur TF1.

Note de P&P : vous noterez la profondeur de la réflexion philosophique de Parisot qui vient d'inventer la distinction entre "liberté formelle" et "liberté pratique". Ce n'est pas le code du travail qui est kafkaïen c'est le monde promu par Parisot et ses acolytes, ce monde où l'individu est esclave de son patron, de son salaire, où malgré l'essentiel de sa vie diurne passée à trimer il stagne dans la pauvreté et la précarité. Ce monde qu'il aura parcouru comme un mauvais cauchemar en passant du statut d'étudiant pauvre à celui de salarié pauvre puis à celui de retraité pauvre.



"Une politique économique favorable aux entreprises, c'est la condition même du social", estime également Laurence Parisot, note un article du Monde consacré à ses réseaux. "L'Europe sociale ne peut se faire que dans l'Europe libérale." La nouvelle présidente du MEDEF s'en prend aussi aux syndicats. Elle veut "casser un tabou : celui des règles de représentativité syndicale" et de "la présomption de représentativité" accordé depuis 1966 à la CGT, la CFDT, FO,la  CGC et la CFTC.

Note de P&P : Parisot ne veut pas casser un tabou mais seulement prendre la place des syndicats de salariés et y mettre son syndicat patronal. 

 

La Canard Enchaîné du 6 juillet 2005 révèle comment "La patronne du MEDEF s'est déjà affranchie du Code du travail". L'une de ses anciennes employées de maison avait déposé plainte pour rupture abusive de contrat. L'affaire devait être jugée le 5 juillet, précisément le jour de l'élection de Laurence Parisot à la tête du MEDEF.

La plaignante était officiellement "assistante", entre mars 1998 et novembre 2000, mais travaillait en fait comme gouvernante chez Parisot. Surprise, les fiches de paie de l'employée étaient celles d'une filiale de l'Ifop, entreprise que dirige Parisot.  "Moralité, sa patronne a fabriqué un faux contrat de travail, de fausses fiches de paie et rédigé une fausse lettre de licenciement. Et utilisé des fonds de l'Ifop a des fins personnelles."

L'audience prévue n'a pourtant pas eu lieu. La plaignante "s'est très spontanément désistée de sa requête et des 20000 euros de dommages et intérêts qu'elle réclamait. A la grande surprise de ses défenseurs (dont la CGT), qui n'en avaient même pas été informés ! Et ces persifleurs d'interpréter son revirement de dernière minute comme la conséquence d'un chèque reçu en dédommagement."

Note de P&P : Vous souvenez-vous du début de cet article où Parisot, jeune vierge effarouchée se gargarise d'éthique, de transparence et d'équité. La même Parisot, nantie parmi les nantis donneuse de leçons moralistes exploite une employée de maison, produit des faux documents et détourne des fonds. Que dire de plus ?


L'hebdomadaire satirique note au passage que l'Ifop est "un intéressant laboratoire" : neuf salariés sur dix y sont en CDD, et révocables à tout moment en vertu du statut de sondeur de terrain, dérogatoire au Code du travail.

Note de P&P : Oui un laboratoire où les rats sont des êtres humains asservis et où les expérimentateurs totalement dénués de conscience se délectent des souffrances et profite du labeur de leurs cobayes.

 

2e article original Blog Fabiana 

Commentaires

Je viens régulièrement depuis que j'ai découvert votre blog et ne suis jamais déçue. Commentaires toujours pertinents ... merci et bonne continuation

Écrit par : benedicte | 08/03/2008

Bénédicte bonjour,

Et merci pour ce petit message d'encouragement. Je suis heureux que le contenu du blog Pouvoir et Psychopathie vous plaise.

J'espère que cette démarche nous permettra d'être un peu moins le jouet des manipulations orchestrées par les puissants de ce monde.

Écrit par : Axel Dunor | 08/03/2008

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