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30/01/2008

Travailler plus pour se suicider plus ?

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Six policiers se sont suicidés depuis le 1er janvier 2008. Dernier en date, un gardien de la paix s’est donné la mort, jeudi matin, avec un fusil de chasse dans le jardin de son pavillon en région parisienne. Ce fonctionnaire, anciennement affecté à Paris, avait depuis quelques mois une «position aménagée» en raison de problèmes psychologiques, selon une source policière.

Note de P&P : Six suicides entre le 1er janvier et le 28 janvier ça fait quand même plus d’un suicide tous les 5 jours. Mais Libération nous rassure immédiatement, il n’y a aucun problème structurel.

Tout s’explique : le policier avait des problèmes psychologiques. Libération s’empresse de préciser que cette histoire de problèmes psychologiques provient d’une source policière.

 

Amplification. Le suicide dans la police est une préoccupation constante parmi les syndicats professionnels, ne serait-ce que parce que les policiers disposent d’une arme à feu personnelle : en 2007, cinquante policiers se sont donné la mort, soit autant qu’en 2006. Et les chiffres de janvier 2008 ne sont pas, de prime abord, plus alarmants que ceux du premier mois de l’année dernière, puisque, selon les statistiques officielles, huit policiers s’étaient suicidés en janvier 2007.

Note de P&P : Si Libération n’était pas contrôlée par le très professionnel Rotschild on pourrait soupçonner la rédaction de Libération de partialité.

En effet une simple recherche sur Internet nous montre que dans les années 80 et 90 il y avait en moyenne trois suicides par mois dans la police.

8 suicides par mois cela signifie une augmentation de 250%. Alors que les effectifs de police sont passés de 112000 en 1990 à 145000 en 2005 soit une augmentation de moins de 23%.

Libération écrit, « les chiffres de janvier 2008 ne sont pas, de prime abord, plus alarmants que ceux du premier mois de l’année dernière ».

Une analyse plus objective consisterait à déclarer que les chiffres de 2008 sont tout aussi alarmants que les chiffres de 2007 et démontrent une augmentation dramatique et confirmée par deux années de résultats catastrophiques des suicides chez les policiers (+250% par rapport aux années 90).

 

Le débat s’est en revanche amplifié ces dernière semaines sur les raisons de ces passages à l’acte : «C’est tellement facile de lier ces suicides à des problèmes personnels. Il y a un problème de fond, c’est la pression hiérarchique et le poids de la rentabilité que l’on met sur les policiers», affirme Joaquin Masanet. Le secrétaire général de l’Unsa police, syndicat majoritaire parmi les gardiens de la paix, pourfend depuis longtemps «la culture du résultat» instauré par Nicolas Sarkozy quand il était ministre de l’Intérieur. Mais il estime aujourd’hui que cette «course aux chiffres», consistant à évaluer et à récompenser les policiers sur leur nombre de PV et d’interpellations, «est plus mal vécue qu’avant» et que ce malaise concerne l’ensemble de la hiérarchie : «La preuve, trois commissaires se sont donné la mort en moins de deux ans», affirme Joaquin Masanet.

«Les gars sont maintenant beaucoup moins tolérants par rapport à la pression qu’on leur met. Ils réagissent plus sur les notions de contrôle et de résultats», confirme un autre syndicaliste évoquant le coup de grogne d’une vingtaine de ces collègues en poste à Belfort qui ont boycotté, le 22 janvier, les vœux du directeur départemental de la sécurité publique (DSDP) : «Nous travaillons dans un climat de suspicion qui va crescendo. On nous demande plus d’interpellations, plus de radars, plus de timbres-amendes, plus de contrôles d’étrangers en situation irrégulière. Bref, ce qui compte, c’est de faire du chiffre. Ce qui nous inquiète, c’est qu’on s’écarte de plus en plus de notre métier : la sécurité et la poursuite des délinquants», se sont insurgés des représentants syndicaux dans le quotidien l’Est républicain.

Pour le secrétaire général du Syndicat général de la police (SGP-FO), Nicolas Comte,«le policier est au centre des tensions de la société». Il estime que les raisons de tels actes suicidaires sont «diverses mais plus compliquées» qu’un «simple motif d’ordre privé», comme l’ont indiqué des sources policières après les enquêtes ouvertes sur les cinq premiers suicides de 2008.

«Amalgame». Le syndicat des commissaires SCPN (majoritaire) a réclamé jeudi «une fois de plus l’ouverture en urgence d’un large débat» entre l’administration et les syndicats estimant,que les «suicides touchent tous les corps [de la police] sans exception». Le SCPN ajoutait qu’il y a souvent «un amalgame inacceptable» sur ces suicides, le débat se focalisant parfois sur les commissaires «à qui on demande un management sans faille sans leur en donner les moyens». Dans ce contexte, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN, la police des polices), a été chargée d’une mission d’écoute et de conseil au commissariat de Tours (Indre-et-Loire) après qu’un policier s’est donné la mort le 13 janvier. C’est la troisième fois qu’un policier se suicide ou tente de se suicider en un an en Touraine.

Note de P&P : Qui était ministre de l’Intérieur jusqu’en 2007 ? Qui est président de la République depuis 2007 ? Qui a poussé au rendement dans la police, qui a promu une politique du rendement ? Qui a promis des augmentations de moyens ? Qui a promis une baisse de la délinquance ? Qui a poussé aux actions répressives ? Qui a monté les policiers, défenseurs de nos droits contre les « racailles des cités » ?

Au final les policiers se suicident, les banlieues s’embrasent et Sarkozy se pâment dans son miroir et l’écoute inlassablement lui répéter : « oui tu es le plus riche, tu es le plus beau, tu es le grand des président ».

 

Article initial publié par Libération

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