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31.12.2007

Récession aux USA : 13 États fédérés menacés de faillite





Aux États-Unis, la crise des subprimes ne touche pas que les institutions bancaires et les fonds de placement : elle atteint désormais les États fédérés. La chute des revenus des taxes foncières s’ajoute à une faiblesse structurelle des ressources des États fédérés, trop longtemps adeptes des théories libertariennes de baisses des impôts locaux.

Si rien n’est fait, en 2009, le déficit cumulé de 13 États fédérés (Arizona, Californie, Caroline du Sud, Floride, Kentucky, Maine, Massachusetts, Minnesota, Nevada, New Jersey, New York, Rhode Island et Virginie) atteindra au moins 23 milliards de dollars et la crise s’étendra progressivement à d’autres États en 2010 (Alabama, Illinois, Maryland, Michigan, Missouri, Ohio, Oklahoma, Texas, Vermont et Wisconsin). Pour prévenir la faillite, les gouverneurs vont devoir d’urgence à la fois augmenter les impôts locaux et réduire les services publics de santé et d’éducation qu’ils gérent, plongeant le pays dans une spirale récessive.

 

Article issu du Réseau Voltaire 

Lagardère offre à son ami Sarkozy 16 pages de publi-reportage dans « Paris-Match »

ced3ac8237beb753c2db549eab305d4b.jpgParis-Match, principal hebdomadaire illustré français, consacre la « une » de son numéro 3057 et un dossier intérieur de 16 pages à « Nicolas Sarkozy intime ». « De son bureau aux appartements privés, de ses moments de détente avec ses fils aux heures de travail avec ses collaborateurs, [la photographe] Bettina Rheims a passé une semaine avec le président ».

Pour réaliser ce dossier, la photographe a été choisie par le service de communication du palais de l’Élysée et aucun reporter du magazine n’a été autorisé à assister aux prises de vues. Les textes illustrant les clichés ont également été fournis par l’Élysée.

Ce publi-reportage promotionnel du président de la république a suscité les protestation de la Société des journalistes de Paris-Match. Le magazine est membre du groupe Hachette-Filipacchi, propriété d’Arnaud Lagardère, ami personnel de Nicolas Sarkozy. M. Lagardère est aussi propriétaire d’un groupe industriel dont le chiffre d’affaire est principalement composé par des commandes de l’État.

En août 2005, Paris-Match avait publié une photo de Cécilia Sarkozy en compagnie de son amant Richard Attias. Arnaud Lagardère avait alors licencié le directeur de la rédaction pour crime de lèse-Sarkozy et l’avait remplacé par Olivier Royant.

 

Article initialement publié par le Réseau Voltaire

28.12.2007

Pilule rouge ou pilule bleue ?

 
Rapide traduction du cartoon présenté ci-dessous. 
 
Titre : C'est là ta dernière chance, Neo. Tu ne pourras plus faire marche arrière.
 
Morphéus (dessin n°1) : Tu choisis la pilule bleue et tout s'arrête. Après tu pourras faire de beaux rêves et penser à ce que tu veux. Choisis la pilule rouge, tu restes au pays des merveilles et on descend avec le lapin blanc au fond du gouffre...
 
Morphéus (dessin n°3) : La pilule bleue se prend sous forme de suppositoire
 
Morphéus (dessin n°4) : Très bon choix Néo 
 
 
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27.12.2007

L'Amérique, Terre de 371 Milliardaires et de 3,5 Millions de sans-abris

CounterPunch
Lundi 3 décembre 2007

Version française : Futur Quantique

Aux États-Unis d'Amérique, le plus grand pays du monde, près de trois millions et demi de personnes par an vivent sans abris (1% de la population totale ou 10% de ses pauvres), et parmi eux, 1,37 million (ou 39%) sont des enfants de moins de 18 ans.

Le nombre total de milliardaires dans le monde est de 793 dont 371 d'entre eux vivent aux États-Unis d'Amérique, c'est-à-dire près de 322 de plus qu'il y a 20 ans.

Si l'on peut dire que les gens qui ont de l'argent et du pouvoir gouvernent le monde, alors 1% des plus riches et plus puissants étasuniens gouvernent les États-Unis d'Amérique derrière une façade de démocratie. La façade est en train de tomber en morceaux et la véritable nature de son gouvernement est évidente.

Après quatre années d'une guerre inutile, qui coûte aux Étasuniens leur vie et leur trésorerie, et qui enrichit la multitude des entités corporatives qui se gavent de milliards à l'auge des Iraquiens, nous avons autorisé les nouveaux barons du vol, Bush et ses petits copains capitalistes, à continuer à escroquer nos maisons, nos foyers et notre pays. Notre constitution est en lambeaux et notre économie est sur le point de s'écrouler. Ne laissez aucun des fanatiques de Wall Street essayer de vous avoir. Ils sont aussi effrayés que nous le sommes.

Qu'arrive-t-il lorsqu'un système économique atteint ses derniers jours ; lorsque le pouvoir d’achat se tarit et que les travailleurs ne peuvent plus acheter les produits qu'ils fabriquent ?

Quand le capitalisme avait toujours une certaine vigueur, Henry Ford disait qu'il fixerait le prix de ses voitures de telle façon que ses ouvriers puissent les acheter.

Trouvez-vous ce genre d’idée dans l'Amérique corporative d'aujourd'hui ? Jamais de la vie ! En premier, ils brisent les syndicats et ensuite ils achètent à l'étranger leurs emplois industriels bien payés. C'est une course vers le bas. Aller partout où l'on peut trouver les plus bas salaires. Tout ce que nous entendons, c'est ce gigantesque bruit d'aspiration dont parlait Ross Perot pendant les élections, ce bruit que produit la fuite des emplois rémunérateurs et des industries manufacturières loin des États-Unis. Appelons-le « globalisation ». Quelques économistes, tel que Milton Friedman, semblent penser que c'est une bonne chose.

Je déteste avoir l'air d'un vieux trotskiste, mais à présent je commence à croire que notre système politique et économique devra empirer, avant de pouvoir aller mieux. Nous allons avoir besoin de quelques « shock and awe[1] » dans ce pays avant de mettre à mal une partie de la léthargie de nos citoyens, qui ont subit un lavage de cerveaux de la part des médias corporatifs. Et pas seulement des médias. L'acte pratiquement délibéré de rendre muette la population a été construit dans la fabrique de la société depuis l'éducation publique jusqu'à l’université, aux jeux vidéos, à la radio et aux talk- shows télévisés. Pour garder les moutons complaisants, je suppose.

C'était quand la dernière fois où vous avez entendu les théories travaillistes de la valeur ou la théorie de la valeur excédentaire discutées quelque part dans les médias publiques ? Ils nous donnent plutôt Brittany Spears et O.J.Simpson.

Vous ne pouvez pas ignorer, de ce que vous avez appris à l'école ou lu dans les journaux, que Franklin D Roosevelt, lorsqu'il est devenu président au beau milieu de la dépression de 1933, a sauvé le capitalisme en fournissant un « filet de sécurité » aux millions d'Américains indigents. Il le fit avec le NRA, WPA, TWA, CCC, AAA[2], la Sécurité Sociale et autres programmes à tendance socialiste comme l'Aide aux Familles d'Enfants Dépendants.

Alors où sont donc partis tous ces sigles avec les fleurs de la « nouvelle gauche » des années 60 ? Nous pensions qu'ils reviendraient dans les années 90, mais ils ne se sont toujours pas montrés.

Donc je pense qu'il s'agit de prendre nous-mêmes les choses en main. Nous avons une rangée de candidats pour les présidentielles, républicains et démocrates, dont la plupart d'entre eux sont dans la poche des intérêts corporatifs, qui vont nous ramener dans la même vieille position, excepté, peut-être pour le républicain Ron Paul et le démocrate Dennis Kucinich. Mais ils ont déjà été mis hors course parce qu'ils avaient quelque chose d'utile à dire au peuple américain. Interdit.

À présent, le candidat démocrate, Joe Biden, vient juste d'annoncer qu'il proposera la destitution du président Bush s'il bombarde l'Iran. N'est-ce pas courageux ! Joe n'a-t-il pas maintenant suffisamment de preuves des hauts crimes et délits et ne les a-t-il pas eu depuis les trois ou quatre dernières années ; assez pour entamer ces procédures par le Sénat, ce qu'il ne peut pas faire, puisque la destitution doit provenir de la chambre des Représentants ? Joe doit savoir cela. Mais il a besoin de faire le mariolle pendant la course à la présidence. C'est très typique du genre de tactique que les candidats aiment utiliser pour occuper l'esprit des électeurs avec des frivolités.

Il semble que notre système fonce tout droit dans la plus parfaite tempête. Avec le désastre des hypothèques à haut risque, un lugubre pronostic dans les dépenses du consommateur, le plafonnement de la limite de crédit des cartes de crédit et la Fed[3] luttant contre le « credit crunch[4] », est-ce qu'une récession peut être loin derrière ? Nous aurons de la chance s'il s'agit seulement d'une récession. Nous pourrions avoir le type d'effondrement économique qui ferait passer la dernière dépression pour un pique-nique. Avec des amis comme la Chine, qui a besoin d'ennemis ? La guerre que nous avons menée à l’improviste en Iraq (et que nous continuons de mener) équivaut à deux mille milliards de dollars. La Chine, un « prime creditor[5] », pourrait demander le remboursement d'une partie de sa dette si elle voulait être méchante.

Bush aimerait détourner nos esprits de l'Iraq en attaquant l'Iran. De cette façon, il pourrait avoir une guerre de plus à son actif. Vas-y attrape le, Joe Biden !

Pendant ce temps, nous errons sans but, sans logis au paradis, attendant que l'autre chaussure tombe.

Stephen Fleischman, auteur-directeur-producteur de télévision, a passé trente ans aux Network News sur CBS et ABC, débutant en 1953. En 1959, il participa au développement des séries renommées Murrow-Friendly « CBS reports ». En 1983, Fleischman gagna le prestigieux Columbia-University Dupont Television Journalism Award. En 2004, il écrivit ses mémoires. Voir : http://www.ARedintheHouse.com/. E-mail : stevefl@ca.rr.com

 

Traduction française: Caroline V. pour Futur Quantique

_______________________________________________________________

[1] « shock and awe » doctrine de frappe militaire extrêmement énergique.

[2] diverses mesures sociales

[3] Fed : réserve fédérale, banque centrale des E.U.

[4] forte contraction du montant des crédits accordés à l'économie

[5] premier créancier

19.12.2007

Selon que vous serez puissant ou misérable

b7eacfd88c9e4ea182a83a36af00b754.jpgNote de P&P : Après des dizaines d'articles sur la liaison entre Bruni et Sarkozy (espérons que ce dernier ait bénéficié des talonnettes que son collègue Tom Cruise utilisait pendant ses années Kidman), l'AFP nous informe laconiquement des errements du directeur de cabinet de Mme Boutin.

 

PARIS, 18 déc 2007 (AFP) - Le directeur de cabinet de la ministre du Logement, Christine Boutin, loue un appartement à loyer modéré appartenant à la RIVP (Régie immobilière de la ville de Paris) depuis 1981, a-t-on indiqué au ministère du Logement confirmant une information du Canard Enchaîné.

Note de P&P : Voilà une information intéressante. A l'heure où M. Bolufer jouit de son appartement à tarif très préférentiel, des milliers de sans-logis tentent de survivre au froid et Sarkozy fait dégager cette "racaille" et leurs tentes indésirables de nuit et à coup de matraque.

 
Le ministère a indiqué à l'AFP que Jean-Paul Bolufer louait un logement à la RIVP depuis 1981 et qu'il payait ses loyers depuis cette date au tarif fixé par la Régie.

Note de P&P : L'AFP qui semble plus douée pour mettre le nez dans les petites affaires des peoples que pour enquêter sur les dossiers embarassants de ceux qui tirent ses ficelles oublie de préciser de M. Bolufer est énarque et préfet hors cadre et qu'un tel statut  donne droit à une rénumération de 75000 euros brut annuel (hors avantages) pour ceux qui comme moi sont dépassés par de tels chiffres cela signifie que M. Bolufer touche un salaire brut mensuel de plus de 40000 francs (et oui ça fait quasiment 7 smig !!!)


Selon l'hebdomadaire satirique daté de mercredi, M. Bolufer, préfet hors cadre, bénéficie d'un appartement de 190m2 dans le quartier de Port-Royal (Vème arrondissement), avec vue sur la chapelle du Val-de-Grâce, au prix de 6,30 euros le m2. Les prix du secteur, remarque l'hebdomadaire satirique, se situe généralement dans le parc privé entre 20 et 30 euros le m2.

Note de P&P : En plus, M. Bolufer n'a pas choisi un T1 à la Courneuve. Le niveau du loyer de ce cher (!) préfet est donc de 6,30 euro le m2, cela fait 1197 euros pour 190 m2 à Port-Royal, voilà une belle affaire sachant que le coût réel d'une telle location est de l'ordre de 5700 euro. M. Bolufer, serviteur exemplaire de la nation fait donc 4500 euros d'économies par mois sur le dos de celle-ci. Soit plus de 1,4 millions d'euros sur 26 ans. Bravo Monsieur le Préfet et merci aux contribuables.


M. Bolufer se serait vu attribuer ce logement en 1981 quand il était directeur adjoint du cabinet de Jacques Chirac, alors maire de Paris.

Note de P&P : Cette occupation totalement immorale perdure donc depuis 26 ans. Alors que 1,5 millions de ménages patientent longuement sur les listes d'attente HLM et que Mme Boutin pointe du doigt ceux qui abusent des logements HLM, depuis son 190 m2 de Port-Royal, M. Bolufer lutte contre l'avortement, stigmatise la pornographie et s'oppose avec virulence aux revendications des homosexuels . Ah cette France bourgeoise, catho,  bien-pensante et donneuse de leçon, si elle n'existait pas il faudrait l'inventer. 

 

Selon le Canard, il l'aurait même sous-loué entre 1989 et 1996, alors qu'il avait été nommé à Toulouse puis de 1997 à 2007, alors qu'il bénéficiait d'un logement de fonction à Paris comme directeur des Journaux officiels.

Note de P&P : et voici le petit plus Bolufer. En plus de s'être grassement servis sur la bête pendant 26 ans, notre préfet modèle a sous-loué son appartement pendant 10 ans. Pour information cette pratique est totalement illégale et encore plus repoussante éthiquement puisque le loueur fait généralement des profits supplémentaires sur le dos de son sous-loueur. Ce même mardi 18 décembre 2007, une femme de 45 ans, sans domicile fixe a été retrouvée au petit matin, morte (de cause naturelle !) dans un jardin public de Nice

18.12.2007

La crise financière pour les nuls

e7a0de2313cc02012523d42ff9484efd.jpgNote de P&P : Suite à plusieurs commentaires d’internautes réalisant l’importance de la finance, de la crise à venir et leurs difficulté à comprendre ce domaine complexe, nous allons tenter de décrypter le plus simplement possible un récent communiqué de l’AFP

 

FRANCFORT (AFP) - La Banque centrale européenne a mis mardi un montant massif d'argent pas cher à la disposition des banques de la zone euro

Note de P&P : La Banque centrale européenne (BCE) est l’homologue de la Banque Fédérale (Fed) aux Etats-Unis. Leur mission est simple : 1/: fabriquer des billets, 2/ prêter ces billets à un certain taux d’intérêt qu’elles ont défini.

L’AFP nous dit donc ici que la BCE vient d’imprimer tout plein de billets et qu’elle les a prêtés aux banques d’Europe (comme le Crédit Agricole ou la Caisse d’Epargne) à un taux d’intérêt très faible

 

pour rétablir un semblant d'ordre et de confiance sur les marchés monétaires minés par la crise du "subprime".

Note de P&P : « Le marché monétaire miné par les subprimes » Cela veut dire que les banques (aux USA en particulier) ont prêté énormément d’argent avec très peu de garanties d’être remboursées et qu’elles n’ont plus d’argent (ce qui est un comble pour une banque !)

Le raisonnement des banquiers était : « pour toucher commissions et frais de dossiers,  prêtons à tous ces ménages pour qu’ils achètent des maisons. Ils gagnent peu mais vu le boom du marché immobilier s’ils ne peuvent pas rembourser on vendra leur maison. »

Le problème c’est que le marché immobilier a commencé à baisser et que la vente de la maison ne permet plus de rembourser le prêt.

Par conséquent, les particuliers ne peuvent plus payer, les banques n’encaissent plus les remboursements des prêts qu’elles ont accordés, elles rentrent donc moins d’argent tout en devant en sortir beaucoup (pour payer leurs employés, leurs loyers,…).

Résultat : les banques n’ont plus d’argent ce qui est quand même problématique. Si vous voulez récupérer vos économies, comme votre banque vous paye-t-elle ? Si vous voulez emprunter pour tel ou tel projet comment votre banque vous finance-t-elle ?

Quant aux « subprimes » c’est un terme de jargon supplémentaire pour parler de ces prêts qui n’auraient jamais du être acceptés, qui ne seront probablement jamais remboursés et qui suite à la folie des grandeurs des banquiers ont été mélangés et ont contaminé d’autres produits financiers.

La BCE avait promis la veille aux établissements un montant illimité de liquidités, et ces derniers ne s'en sont pas privés: 348,6 milliards d'euros à un taux de 4,21% -inférieur aux niveaux pratiqués actuellement sur le marché monétaire- ont été prêtés (alloués) mardi, a annoncé l'institut de Francfort.

Note de P&P : vous avez bien lu « montant illimité de liquidités » c'est-à-dire que les banques d’Europe peuvent emprunter autant de billets qu’elles veulent au taux très bas de 4,21%.

 

La Banque centrale réalise toutes les semaines une opération de refinancement pour les banques de la zone euro, destinée à les approvisionner en liquidités pour remplir leurs réserves minimum.

Note de P&P : Tentative de contrôle des dommages : rien de grave, de telles opérations sont effectuées toutes les semaines. L’AFP omet soigneusement de préciser que ce n’est pas toutes les semaines que des montants aussi pharaoniques, sans plafond et à des taux aussi bas sont débloqués.

 

Elles sont obligées de mettre cet argent de côté -qui n'est ni investi, ni prêté- et disposent ainsi d'un coussin de sécurité en cas de crise majeure, ce qui contribue à la stabilité du système bancaire de la zone euro.

Note de P&P  : En cas de crise majeure…et si nous étions déjà entrés dans cette crise majeure ? Une chute de 60% du dollar par rapport à l’euro, une baisse de 30% du marché immobilier US, une inflation record aux US depuis les trente dernières années, ça commence à faire pas mal d’indicateurs dans le rouge, non ?

 

La BCE a évalué le montant nécessaire pour remplir les réserves à 180,5 milliards, mais a alloué quelque 168 milliards de plus. Un montant massif, qui intervient seulement quelques jours après l'annonce d'une vaste action concertée de soutien aux marchés impliquant, outre la BCE, la Réserve fédérale américaine, la Banque d'Angleterre et la Banque

Note de P&P  : L’AFP semble mal renseignée. A ce jour le montant des prêts « douteux » (c'est-à-dire qui ne seront probablement jamais remboursés) s’élève à plus de 1000 milliards de dollars et à ce jour les banques ont seulement effacé 100 milliards de dollars de créances douteuses (c'est-à-dire qu’elles ont fait passer en perte 100 milliards de remboursement de prêts qu’elles comptaient initialement encaisser).

L’intégration de 10% de ces prêts douteux a déjà entraîné la suppression de centaines de milliers d’emplois, la création de centaines de milliards de dollars et d’euros, la baisse des taux d’intérêts et l’augmentation de l’inflation. Je vous laisse imaginer ce qu’il en sera lorsque les banques auront annulé les 90% de créances douteuses restantes.

 

De quoi se poser des questions sur la santé des banques, que la BCE estime peut-être plus mauvaises que redouté.

Pour Jonathan Loynes de Capital Economics, cela "fait monter les inquiétudes sur le fait que les choses vont particulièrement mal dans la zone euro". "Nous avons le sentiment que l'exposition" des banques européennes à la crise du crédit immobilier à risque aux Etats-Unis est "significative", ajoute-t-il.

"C'est simplement une question d'aider les banques sur cette période de fin d'année qui est toujours tendue, mais cette année particulièrement", précise à l'AFP un porte-parole de la BCE.

Les banques bouclent leurs comptes en fin d'année, et veulent présenter à leurs actionnaires le meilleur bilan possible.

Note de P&P : Les banques ressemblent à cet individu qui se jette du 50e étage d’un immeuble. Passant devant le 49e étage, il se dit : « jusque là tout va bien », Passant devant le 48e étage, il se dit : « jusque là tout va bien »…

 

"Le marché monétaire ne fonctionne pas normalement (...) le besoin en liquidités est plus grand qu'habituellement", souligne-t-il.

BCE et économistes espèrent un retour à la normale au début de l'an prochain, quand les établissements de crédits auront publié leurs comptes de l'année écoulée, qui devraient donner une idée précise de l'étendue des dégâts.

Note de P&P : « BCE et économistes espèrent un retour à la normale au début de l'an prochain » allez, risquons nous à une prophétie, au début de l’année 2008 les choses ne seront pas revenues à la normale, la situation aura même empiré, les banques centrales continueront à imprimer plus de billet et les taux d’intérêt continueront à chuter. L’inflation augmentera encore plus et les banques prendront des mesures drastiques (licenciements, dépôts de bilan,…), le dollar perdra encore du terrain par rapport à l’euro ou au pétrole.

 

"Nous avons besoin de plus de transparence", insiste le porte-parole de la BCE.

Car les soubresauts actuels sur le marché sont avant tout liés à l'ignorance. Comme les banques ne savent pas à quel point leurs consoeurs sont affectées par la crise du "subprime", elles rechignent à se prêter entre elles et préfèrent parquer les liquidités qu'elles détiennent. D'où la montée des taux sur le marché monétaire, largement au dessus du taux minimum de la BCE actuellement à 4%, car le crédit se fait plus rare.

Note de P&P : Ce que l’AFP oublie de préciser c’est que ces mesures de sauvetage du secteur bancaire consistant à imprimer des tonnes de billets et à baisser les taux d’intérêts ont déjà des conséquences désastreuses sur la vie économique.

Les raisons en sont compréhensibles :

1/ plus vous imprimez de billets plus la valeur de chacun des billets décroît. Ce qui vous coûtait auparavant un billet (que ce soit du pain, de l’eau ou de l’électricité) vous coûte désormais deux billets. C’est pour cela que le prix des matières premières comme le blé, le pétrole ou l’or explosent (en fait c’est la valeur des monnaies, du dollar en particulier, qui s’écroule)

2/ plus vous baissez les taux d’intérêts plus les ménages et les entreprises empruntent et donc dépensent. Ces dépenses augmentent la demande pour tel ou tel produit et augmente donc son prix. Cette mesure renforce encore l’inflation.

 

La BCE a choisi très tôt, peu après le plongeon des marchés mondiaux en août, d'injecter des liquidités afin de faire comprendre aux banques qu'elles pourront toujours se refinancer à des conditions favorables, et les aider ainsi à retrouver confiance. Jusqu'ici sans succès durable.

Jusqu'à quand va-t-elle continuer? Nous "ne sommes pas en mesure de dire quand" la situation va s'améliorer, reconnaît le porte-parole. Et pour ce qui est des mesures d'aide aux marchés, la BCE ne s'est fixé "aucune limite dans le temps".

Note de P&P : Pour utiliser une analogie, un conducteur (la banque centrale) part de Marseille pour sa destination : Paris (un objectif d’économie saine, croissance forte et inflation maîtrisée), arrivé à Valence le réservoir est en réserve (plus d’argent, inflation en forte augmentation) là le conducteur se dit qu’il faut accélérer pour atteindre le plus rapidement sa destination (imprimer encore plus de billets et réduire encore les taux d’intérêt). Comme vous l’avez compris cette accélération est totalement contre-productive et ne rendra la panne sèche que plus rapide et douloureuse (croissance négative et inflation galopante). Nul doute que certains décideurs dans le monde bancaire ont conscience de cette hérésie. Fort de ce constat nous pouvons conjecturer une crise majeure délibérément orchestrée.

17.12.2007

Nouvelle arche de Noë.

Note de P&P : Nous connaissons tous cet épisode mémorable de la genèse où Noë survit au déluge. L'Eternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur terre et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal. t l'Eternel dit : "j'exterminerai de la face de la terre l'homme que j'ai crée, depuis l'homme jusqu'au bétail, aux reptiles et aux oiseaux du ciel, car je me repens de les avoir faits". Mais Noë trouva grâce aux yeux de l'Eternel…Alors Dieu dit à Noë : "la Terre est remplie de violence. Fais-toi une arche de bois de cyprès...  Tu entreras dans l'arche avec ta femme, tes fils et tes belles- filles. Tu devras y faire entrer aussi un couple de chaque espèce vivante pour les conserver en vie avec toi…" 
 
L'histoire semble suivre des cycles et quelques millénaires après le déluge et l'aventure de Noë, certains des individus les plus informés et les plus puissants de notre planète sont en train de faire construire une arche similaire. L'article ci-dessous nous offre les détails de ce projet qui nous laisse à réfléchir... 
 
 
L'« arche de Noé végétale » en Arctique
Rockefeller et les géants des OGM savent quelque chose que nous ignorons

Global Research, par F. William Engdahl, le 4 décembre 2007

​​​​La paresse est une chose dont ne peut être accusé le fondateur de Microsoft, Bill Gates. Programmant déjà à 14 ans, il fondait Microsoft à 20 ans alors qu'il étudiait encore à Harvard. En 1995, Forbes l'enregistrait comme l'homme le plus riche du monde, le plus gros actionnaire de Microsoft, sa société qui a établi avec acharnement un monopole de fait dans les systèmes informatiques pour ordinateurs personnels.

​​​​En 2006, alors que la plupart des gens en pareille situation penseraient se retirer sur une île calme du Pacifique, Bill Gates décidait de consacrer son énergie à la Bill et Melinda Gates Fondation, la plus grande fondation privée « transparente, » comme il dit, avec une énorme dotation de 34,6 milliards de dollars et l'obligation légale de dépenser 1,5 milliards de dollars par an pour des projets humanitaires dans le monde afin de maintenir son statut d'organisation caritative exemptée d'impôt. En 2006, le cadeau d'environ 30 milliards de dollars en actions de Berkshire Hathaway d'un ami et associé en affaires, le super-investisseur Warren Buffett, plaçait la fondation de Gates dans une catégorie qui dépense presque la somme totale du budget annuel de l'Organisation Mondiale de la Santé des Nations Unies (OMS).

​​​​Alors, quand Bill Gates décide d'investir quelques 30 millions de dollars de son argent durement gagné dans un projet par l'intermédiaire de la Fondation Gates, ça vaut la peine de jeter un coup d'œil.

​​​​Nul projet n'est pour le moment plus intéressant que cette curieuse entreprise dans l'un des lieux les plus reculés du monde, à Svalbard. Bill Gates investit des millions dans une chambre forte pour semences sur la Mer de Barents, près de l'Océan Arctique, à quelque 1.100 kilomètres du Pôle Nord. Le Svalbard est un bout de roche stérile revendiqué par la Norvège et cédé en 1925 par un traité international (voir la carte).

 



​​​​​​Sur cette île perdue, Bill Gates investit des dizaines de millions avec la Fondation Rockefeller, Monsanto Corporation, la Fondation Syngenta et le gouvernement de Norvège, entre autres, dans ce qui est appelé doomsday seed bank [arche de Noé végétale traduit au mieux cette expression qui combine chambre forte, semences et fin des temps ou apocalypse, NDT]. Officiellement, le projet est appelé chambre forte à semences mondiales de Svalbard, sur l'île norvégienne de Spitsbergen, qui fait partie de l'archipel de Svalbard.

​​​​La chambre forte pour semences est en cours de construction à l'intérieur d'une montagne sur l'île de Spitsbergen, près du petit village de Longyearbyen. Selon leur communiqué de presse, c'est presque prêt pour le « business. » La chambre forte aura des portes doubles à l'épreuve des explosions, avec des détecteurs de mouvement, deux sas, et des murs en béton armé d'un mètre d'épaisseur. Elle contiendra jusqu'à trois millions de variétés différentes de semences du monde entier, « de sorte que la diversité végétale puisse être préservée pour l'avenir, » selon le gouvernement norvégien. Les semences seront spécialement enveloppées pour empêcher l'humidité. Il n'y aura pas de personnel à temps plein, mais l'inaccessibilité relative de la chambre forte facilitera la surveillance de toute activité humaine éventuelle.

​​​​Avons-nous raté quelque chose ? Leur communiqué de presse déclarait, « de sorte que la diversité des plantes puisse être préservée pour l'avenir. » Quel avenir, prévu par les sponsors de l'arche de Noé végétale, menacerait la disponibilité actuelle des semences, leur quasi totalité étant déjà bien à l'abri dans des chambres fortes aux quatre coins du monde ?

​​​​Chaque fois que Bill Gates, la Fondation Rockefeller, Monsanto et Syngenta se rencontrent sur un projet commun, il vaut la peine de creuser un peu plus profondément sous les roches de Spitsbergen. Quand nous le faisons, nous trouvons des choses fascinantes.

​​​​Le premier point remarquable est qui parraine l'arche de Noé végétale. Ceux qui s'unissent aux Norvégiens sont, comme noté, la Fondation Bill & Melinda Gates ; le géant étasunien de l'agro-alimentaire DuPont/Pioneer Hi-Bred, l'un des plus grands propriétaires de brevets d'organismes génétiquement modifiés (OGM), de semences de plantes et de produits apparentés de l'agrochimie ; Syngenta, à travers sa fondation, la principale compagnie suisse de semences OGM et de produits de l'agrochimie ; la Fondation Rockefeller, le groupe privé qui a créé la révolution génétique, avec plus de 100 millions de dollars de semences depuis les années 70 ; le CGIAR, le réseau mondial créé par le Fondation Rockefeller pour promouvoir son idéal de pureté génétique à travers la conversion de l'agriculture.


LE CGIAR ET « LE PROJET »

​​​​Comme je l'ai exposé en détail dans le livre Seeds of Destruction (1), en 1960 la Fondation Rockefeller, le Conseil sur le Développement de l'Agriculture de John D. Rockefeller III et la Fondation Ford, ont uni leurs forces pour créer l'Institut International de Recherche sur le Riz (IRRI) à Los Baños, aux Philippines. En 1971, l'IRRI de la Fondation Rockefeller, avec leur Centre International d'Amélioration du Maïs et du Blé au Mexique et deux autres centres de recherche internationaux créés par les fondations Rockefeller et Ford, l'IITA pour l'agriculture tropicale, au Nigeria, et l'IRRI pour le riz, aux Philippines, se sont combinés pour former le Groupe Consultatif International sur la Recherche Agricole (CGIAR).

​​​​Le CGIAR a été formé lors d'une série de conférences privées organisées au centre de congrès de la Fondation Rockefeller, à Bellagio en Italie. Les principaux participants à Bellagio étaient George Harrar de la Fondation Rockefeller, Forrest Hill de la Fondation Ford, Robert McNamara de la Banque Mondiale, et Maurice Strong, l'organisateur environnemental international de la famille Rockefeller, qui, en tant que mandataire de la Fondation Rockefeller, avait organisé le Sommet de la Terre de l'ONU à Stockholm en 1972. Cela faisait partie des longues décennies de mise au point de la fondation pour détourner la science au service de l'eugénisme, une hideuse version de la pureté raciale, qui était appelée Le Projet.

​​​​Pour garantir un impact maximum, le CGIAR a impliqué l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour le Développement et la Banque Mondiale. Ainsi, à travers l'influence soigneusement planifiée de ses ressources initiales, au début des années 70 la Fondation Rockefeller était à même de façonner la politique agricole mondiale. Et elle ne s'en est pas privé.

​​​​Financé par de généreuses bourses d'étude des fondations Ford et Rockefeller, le CGIAR a veillé à ce que les principaux scientifiques de l'agriculture et les agronomes du Tiers Monde soient amenés aux USA pour « maîtriser » les concepts de production de l'agro-alimentaire modernes, afin qu'ils les ramènent dans leur patrie. Dans l'opération, ils ont créé un réseau d'influence extrêmement utile à la promotion de l'agro-alimentaire étasunien dans ces pays, et plus particulièrement à la promotion de la « Révolution Génétique » des OGM dans les pays en développement. Et tout cela au nom de la science et de la rentabilité du marché agricole libre.


UNE RACE SUPÉRIEURE GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉE ?

​​​​La chambre forte à semences de Svalbard commence à présent à devenir intéressante. Mais ça devient encore mieux. « Le Projet » que j'ai évoqué est, depuis les années 20, le projet de la Fondation Rockefeller et de puissants intérêts financiers d'utiliser l'eugénisme, rebaptisé aujourd'hui génétique, pour justifier la création d'une Race Supérieure génétiquement modifiée. Hitler et les Nazis l'appelaient la Race Supérieure Arienne.

​​​​L'eugénisme d'Hitler a été financé dans une large mesure par cette même Fondation Rockefeller, qui est aujourd'hui en train de construire une arche de Noé végétale pour préserver des échantillons de toutes les graines de notre planète. Maintenant, ça devient vraiment intrigant. Cette même Fondation Rockefeller a créé la discipline pseudo-scientifique de la biologie moléculaire dans sa poursuite acharnée à réduire la vie humaine à une « séquence génique définie » qui, elle l'espérait, pourrait être ensuite modifiée dans le but de changer à volonté les caractéristiques humaines. Les eugénistes d'Hitler, dont beaucoup ont été tranquillement ramenés aux États-Unis après la guerre pour y poursuivre leurs recherches biologiques sur l'eugénisme, qui ont jeté de nombreuses bases du génie génétique des diverses formes de vie, ont été ouvertement soutenus jusque dans le Troisième Reich par les généreuses subventions de la Fondation Rockefeller. (2)

​​​​Cette même Fondation Rockefeller a créé la fameuse Révolution Verte lors d'un voyage au Mexique en 1946 de Nelson Rockefeller et d'Henry Wallace, ancien secrétaire de l'agriculture de New Deal et fondateur de la compagnie Pioneer Hi-Bred Seed.

​​​​La Révolution Verte visait à résoudre à grande échelle le problème de la faim dans le monde, au Mexique, en Inde et dans d'autres pays choisis où travaillait Rockefeller. Norman Borlaug, l'agronome de la Fondation Rockefeller, a gagné le Prix Nobel de la Paix pour son travail, un truc à ne sûrement pas se vanter avec des gens comme Henry Kissinger qui se partagent le même.

​​​​En réalité, comme il est apparu des années plus tard, la Révolution Verte était une brillante manigance de la famille Rockefeller pour développer un agro-alimentaire mondialisé qu'elle pourrait ensuite monopoliser, tout comme elle l'avait fait dans le monde de l'industrie pétrolière en commençant un demi-siècle auparavant. Comme Henry Kissinger l'avait déclaré dans les années 70 : « Si vous contrôlez le pétrole vous contrôlez le pays ; si vous contrôlez l'alimentation, vous contrôlez la population. »

​​​​L'agro-alimentaire et la Révolution Verte de Rockefeller allaient de pair. Ça faisait partie d'une grande stratégie qui incluait le financement de la recherche par la Fondation Rockefeller pour développer quelques années plus tard le génie génétique des plantes et des animaux.

​​​​John H. Davis fut adjoint du ministre de l'Agriculture sous la présidence de Dwight Eisenhower au début des années 1950. Il quitta Washington en 1955 et se rendit à Harvard Graduate School of Business, un lieu inhabituel à cette époque pour un expert en agriculture. Il avait une stratégie claire. En 1956, Davis a écrit un article dans le Harvard Business Review, où il déclarait que « la seule façon de résoudre une fois pour toutes le fameux problème agricole en évitant la lourdeur des programmes gouvernementaux, est de faire progresser l'agriculture pour l'agro-alimentaire. » Il savait précisément ce qu'il avait en tête, même si peu de gens avaient d'indice à l'époque : une véritable révolution dans la production agricole qui concentrerait le contrôle de la chaîne alimentaire entre les mains des multinationales, loin de la traditionnelle famille d'agriculteurs. (3)

​​​​Un aspect crucial de la conduite des intérêts de la Fondation Rockefeller et des sociétés agro-alimentaires étasuniennes, était le fait que la Révolution Verte se basait sur la prolifération de nouvelles semences hybrides pour le développement des marchés. L'aspect essentiel des semences hybrides est leur manque d'aptitude reproductrice. Les hybrides avaient été élaborés par protectionnisme contre la prolifération. Contrairement à la pollinisation libre des espèces naturelles, dont la semence donne un rendement semblable à celui de ses parents, le rendement de la semence portée par une plante hybride est sensiblement inférieur à celui de la première génération.

​​​​Cette baisse de rendement propre aux hybrides impliquait que les agriculteurs devaient normalement acheter des semences chaque année pour obtenir un rendement élevé. En outre, le rendement plus bas de la deuxième génération éliminait le commerce de semences que font souvent les producteurs sans l'autorisation du semencier. Ça empêchait la redistribution des semences de cultures commerciales par des intermédiaires. Si les grands semenciers multinationaux étaient capables de contrôler en amont la semence des lignées parentales, aucun concurrent ou agriculteur ne serait en mesure de produire d'hybride. La concentration mondiale des brevets de semences hybrides dans une poignée de gigantesques semenciers, dirigés par Pioneer Hi-Bred de DuPont et Dekalb de Monsanto, préparait le terrain à la révolution des semences OGM ultérieure. (4)

​​​​En réalité, l'introduction des techniques agricoles modernes étasuniennes, les engrais chimiques et les semences hybrides commerciales, ont rendu tous les agriculteurs locaux des pays en développement, en particulier les plus grands et les plus solides, dépendants de l'étranger, surtout des produits de base de l'agro-alimentaire et de la pétrochimie étasuniennes. C'était la première étape de ce qui devait être un processus soigneusement planifié sur plusieurs décennies.

​​​​Grâce à la Révolution Verte, l'agro-alimentaire a fait de grandes percées dans des marchés dont l'accès étaient auparavant limité aux exportateurs étasuniens. La tendance a par la suite été baptisée « Agriculture orientée vers le marché. » C'était en réalité le contrôle de l'agriculture par l'agro-alimentaire.

​​​​À travers la Révolution Verte, la Fondation Rockefeller et plus tard la Fondation Ford ont travaillé main dans la main, façonnant et soutenant les objectifs de la politique étrangère de l'Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID) et de la CIA.

​​​​L'un des principaux effets de la Révolution Verte fut de dépeupler les campagnes, de forcer les paysans à fuir vers les bidonvilles des bas quartiers autour des villes, en recherche désespérée d'un travail. Ce n'était pas le hasard, ça faisait partie du plan visant à créer des bassins de main-d'œuvre bon marché pour les prochaines industries multinationales étasuniennes, la « mondialisation » de ces dernières années.

​​​​Quand l'auto-promotion autour de la Révolution Verte s'est calmée, les résultats étaient assez différents de ce qui avait été promis. Des problèmes ont surgi de l'usage sans discernement des nouveaux pesticides chimiques, avec souvent de graves conséquences pour la santé. Avec le temps, la monoculture de nouvelles variétés de semences hybrides a réduit la fertilité du sol et le rendement. Les premiers résultats étaient impressionnants : rendement doublé, voire triplé, de certaines cultures comme le blé et plus tard le maïs au Mexique. Des rendements qui ont rapidement fondu.

​​​​La Révolution Verte était généralement accompagnée de grands projets d'irrigation, avec souvent des prêts de la Banque Mondiale pour la construction de nouveaux énormes barrages et, dans le processus, l'inondation de régions auparavant habitées et fertiles. Ainsi, le rendement plus grand du super blé était produit en saturant le sol avec d'énormes quantités d'engrais, fait de nitrates et de pétrole, des matières premières que contrôlaient les sept grandes compagnies pétrolières sœurs dominées par les Rockefeller.

​​​​D'énormes quantités d'herbicides et de pesticides étaient aussi utilisées, créant de nouveaux marchés pour les géants de l'industrie pétrolière et chimique. Comme l'a dit un analyste, la Révolution Verte n'a été en réalité qu'une révolution chimique. À aucun moment les pays en développement ne pourraient payer les énormes quantités d'engrais et de pesticides chimiques. Ils obtiendraient des crédits gracieux de la Banque Mondiale et des prêts spéciaux de la Chase Bank et d'autres grandes banques de New York, soutenus par des garanties du gouvernement étasunien.

​​​​Mis en application dans un grand nombre de pays en développement, ces prêts ont été accordés à la plupart des grands propriétaires terriens. Pour les petits paysans la situation se présentait différemment. Les petits paysans ne pouvaient pas payer les produits chimiques et les autres besoins modernes. Ils ont dû emprunter de l'argent.

​​​​Initialement divers programmes gouvernementaux ont tenté de fournir des prêts aux agriculteurs afin qu'ils puissent acheter des semences et des engrais. Les agriculteurs n'ayant pu participer à ce genre de programme ont dû emprunter dans le secteur privé. À cause du taux d'intérêt exorbitant des prêts, de nombreux petits paysans n'ont même pas tiré bénéfice des premiers rendements plus élevés. Après la récolte, ils ont dû vendre la majorité sinon la totalité de leur production pour rembourser les prêts et les intérêts. Devenant dépendants de prêteurs à gages et de négociants, ils ont souvent perdu leurs terres. Même avec des prêts à taux préférentiel auprès d'organismes publics, de plus en plus de cultures vivrières ont cédé la place à la production de cultures de rente. (5)

​​​​Depuis des décennies les mêmes intérêts, notamment ceux de la Fondation Rockefeller qui a soutenu la Révolution Verte initiale, travaillent à promouvoir la nouvelle « Révolution Génétique, » comme l'a appelée il y a quelques années Gordon Conway, le président de la Fondation Rockefeller, c'est-à-dire la dissémination de produits de l'agriculture industrielle et commerciale, notamment de semences OGM brevetées.


GATES, ROCKEFELLER ET LA RÉVOLUTION VERTE EN AFRIQUE

​​​​Avec clairement en mémoire l'expérience avérée de la Révolution Verte de la Fondation Rockefeller dans les années 50, il devient particulièrement curieux que cette même Fondation Rockefeller avec la Fondation Gates, qui investissent à présent des millions de dollars dans la préservation de toutes les semences contre un scénario « apocalyptique » éventuel, investissent aussi des millions dans un projet nommé Alliance pour la Révolution Verte en Afrique (AGRA).

​​​​L'AGRA, comme elle s'est elle-même appelée, est une alliance avec cette même Fondation Rockefeller qui a créé la « Révolution Génétique. » Un coup d'œil sur le conseil d'administration de l'AGRA le confirme.

​​​​Comme président, elle n'a personne d'autre que Kofi Annan, l'ancien Secrétaire Général des Nations unies. Dans son discours d'admission lors d'une réunion du Forum Économique Mondial au Cap, en Afrique du Sud, en juin 2007, Kofi Annan a déclaré : « J'accepte ce challenge avec gratitude pour la Fondation Rockefeller, pour la Fondation Bill & Melinda Gates, et pour tous ceux qui soutiennent notre campagne africaine. »

​​​​Le conseil de l'AGRA comporte par ailleurs un Sud-Africain, Strive Masiyiwa, qui est mandataire de la Fondation Rockefeller ; Sylvia M. Mathews de la Fondation Bill & Melinda Gates ; Mamphela Ramphele, ancien directeur général de la Banque Mondiale (2000-2006) ; Rajiv J. Shah de la Fondation Gates ; Nadya K. Shmavonian de la Fondation Rockefeller ; Roy Steiner de la Fondation Gates. En plus, une Alliance pour l'AGRA comporte Gary Toenniessen, le directeur général de la Fondation Rockefeller, et Akinwumi Adesina, le directeur associé de la Fondation Rockefeller.

​​​​Pour remplir la queue, les Programmes pour l'AGRA comprennent Peter Matlon, directeur général de la Fondation Rockefeller ; Joseph De Vries, directeur du Programme pour les Systèmes Semenciers de l'Afrique et directeur associé de la Fondation Rockefeller ; Akinwumi Adesina, directeur associé de la Fondation Rockefeller. Comme l'ancienne Révolution Verte ratée en Inde et au Mexique, la nouvelle Révolution Verte en Afrique est manifestement une priorité de la Fondation Rockefeller.

​​​​Bien qu'à ce jour ils gardent profil bas, Monsanto et les principaux géants de l'agro-alimentaire OGM sont soupçonnés d'être au cœur du problème en se servant de Kofi Annan de l'AGRA pour disséminer leurs semences OGM brevetées dans toute l'Afrique sous l'étiquette trompeuse de « biotechnologie, » le nouvel euphémisme pour semences génétiquement modifiées brevetées. À ce jour, l'Afrique du Sud est le seul pays africain qui autorise légalement la plantation de cultures OGM. En 2003 le Burkina Faso a autorisé des essais d'OGM. En 2005, le Ghana de Kofi Annan a rédigé des lois sur la sécurité biologique et les principaux responsables ont exprimé leur intention de poursuivre la recherche sur les cultures OGM.

​​​​L'Afrique est la prochaine cible de la campagne de dissémination mondiale des OGM du gouvernement étasunien. Ses sols riches en font un candidat idéal. Évidemment, de nombreux gouvernements africains soupçonnent le pire de la part des sponsors des OGM, car une multitude de projets de génie génétique et de bio-sécurité ont été entamés en Afrique, dans le but d'introduire des OGM dans ses systèmes agricoles. Il s'agit notamment de parrainages offerts par le gouvernement étasunien pour former aux États-Unis les scientifiques en génie génétique africains, de projets de bio-sécurité financés par l'USAID et par la Banque Mondiale ; la recherche sur les OGM impliquant les cultures vivrières indigènes africaines.

​​​​La Fondation Rockefeller a travaillé pendant des années, en grande partie sans succès, à promouvoir des projets pour introduire des OGM dans les champs d'Afrique. Elle a financé la recherche qui soutient l'applicabilité du coton OGM dans le Makhathini Flats, en Afrique du Sud.

​​​​Monsanto, qui a une solide tête de pont dans l'industrie des semences OGM et des hybrides en Afrique du Sud, a conçu un ingénieux programme pour petits exploitants, connu sous le nom de Campagne « Semences et Espoir, » qui introduit un package de révolution verte à petite échelle chez les agriculteurs pauvres, suivi, bien entendu, par les semences OGM brevetées de Monsanto. (6)

​​​​Syngenta AG de Suisse, l'un des « Quatre Cavaliers de l'Apocalypse OGM, » verse des millions de dollars dans un nouvel aménagement de serres à Nairobi, pour développer du maïs OGM résistant aux insectes. Syngenta fait également partie de CGIAR. (7)


CONTINUER À SVALBARD

​ ​​​Alors, est-ce tout simplement de la sentimentalité philosophique excessive ? Qu'est-ce qui conduit les fondations Gates et Rockefeller à financer en même temps la prolifération de semences, bientôt Terminator, brevetées à travers toute l'Afrique, un processus qui, comme il l'a fait dans chaque autre lieu de la Terre où la monoculture agro-alimentaire industrialisée a été introduite, a détruit la diversité des semences végétales ? Dans le même temps, ils investissent des dizaines de millions de dollars pour préserver toutes les variétés de semences connues dans une chambre forte à l'épreuve de l'apocalypse à proximité du lointain Cercle Arctique, « afin que la diversité végétale puisse être préservée pour l'avenir, » pour reprendre leur communiqué de presse officiel ?


​ ​​​Il n'est pas fortuit que les fondations Rockefeller et Gates s'associent pour préconiser une Révolution OGM de style Révolution Verte en Afrique, tout en finançant tranquillement l'« arche de Noé végétale » à Svalbard. Les géants de l'agro-alimentaire OGM sont jusqu'aux oreilles dans le projet de Svalbard.

​​​​À vrai dire, l'entreprise de Svalbard entière et les gens impliqués évoquent des images de catastrophe pires que celles du best-seller de Michael Crichton, La variété Andromède, un thriller de science-fiction dans lequel une maladie mortelle d'origine extraterrestre provoque la coagulation rapide et fatale du sang, menaçant l'espèce humaine toute entière. À Svalbard, le futur entrepôt à semences le plus sûr du monde sera gardé par les policiers de la Révolution Verte OGM, par les fondations Rockefeller et Gates, Syngenta, DuPont et CGIAR.

​​​​Le projet du Svalbard sera géré par un organisme appelé Trust Mondial pour la Diversité Végétale (GCDT). Qui sont-ils pour détenir une responsabilité aussi considérable sur la diversité des semences de la planète entière ? Le GCDT a été fondé par la FAO et par Bioversity International (anciennement International Plant Genetic Research Institute), une ramification du CGIAR.

​​​​Le GCDT est basé à Rome. Son Conseil est présidé par Margaret Catley-Carlson, une canadienne qui est également au comité consultatif du Groupe Suez Lyonnaise des Eaux, l'une des plus grandes sociétés privées de l'eau. Catley-Carlson a aussi été présidente jusqu'en 1998 du Comité sur la Population établi à New York, l'organisation de réduction des populations de John D. Rockefeller, créée en 1952 pour accélérer le programme d'eugénisme de la famille Rockefeller sous couvert de promouvoir le « planning familial, » le système de contrôle des naissances, la stérilisation et le « contrôle de la population » des pays en développement.

​​​​Les autres membres du conseil de GCDT comptent l'ancien cadre de Bank of America, actuellement chef de Hollywood DreamWorks Animation, Lewis Coleman. Coleman est aussi administrateur de Northrup Grumman Corporation, l'un des plus grands entrepreneurs de l'industrie militaire du Pentagone.

​​​​Jorio Dauster (du Brésil) est aussi président du conseil d'administration de Brasil Ecodiesel. C'est un ancien ambassadeur du Brésil auprès de l'Union Européenne, et le négociateur en chef de la dette extérieure du Brésil pour le ministère des Finances. Dauster a aussi rempli les fonctions de président de l'Institut du Café Brésilien et de coordonnateur du Projet de Modernisation du Système des Brevets du Brésil, qui consiste à légaliser les brevets sur les semences génétiquement modifiées, une chose jusque-là interdite par les lois du Brésil.

​​​​Cary Fowler est directeur exécutif de GCDT. Il a été professeur et directeur de recherche au Département pour l'Environnement International et pour les Études de Développement de l'Université des Sciences de la vie de Norvège. Fowler a aussi été principal conseiller du directeur général de Bioversity International. Il y représentait les Centres des Moissons du Futur du CGIAR, dans les négociations pour le Traité International sur les Ressources Phytogénétiques. Dans les années 90, il dirigeait le Programme International sur les Ressources Phytogénétiques de la FAO. Il a ébauché et supervisé les négociations du Plan d'Action Mondial pour les Ressources Phytogénétiques de la FAO adopté par 150 pays en 1996. Il est ancien membre du Comité National sur les Ressources Génétiques des Plantes des États-Unis et du conseil d'administration du Centre International d'Amélioration du Maïs et du Blé (CIMMYT) du Mexique, un autre projet de la Fondation Rockefeller et du CGIAR.

​​​​Le Dr Mangala Rai de l'Inde, membre du conseil d'administration du GCDT, est Secrétaire du Département de la Recherche Agricole et de l'Éducation (DARE) de l'Inde, et directeur général du Conseil Indien pour la Recherche Agricole (ICAR). Il est aussi membre du conseil d'administration de l'IRRI de la Fondation Rockefeller, qui a favorisé la première expérience majeure sur les OGM avec beaucoup de battage médiatique et qui s'est avérée être un fiasco, le « Golden Rice » (riz doré). Rai a siégé comme membre du conseil d'administration du CIMMYT, et comme membre du conseil exécutif du CGIAR.

​​​​Le Trust des Donateurs pour la Diversité des Semences Mondiales ou les bailleurs financiers comportent aussi « tous les suspects habituels, » comme le dit Humphrey Bogart dans Casablanca, le classique du cinéma. En plus des fondations Rockefeller et Gates, les donateurs comptent les géants des OGM, DuPont-Pioneer Hi-Bred, Syngenta de Bâle en Suisse, CGIAR et l'énergique promotrice des OGM, l'USAID. Il semble effectivement que nous ayons les renards des OGM et de la réduction des populations qui gardent le poulailler de l'humanité, la diversité des semences mondiales dans le magasin de Svalbard. (8)


POURQUOI SVALBARD MAINTENANT ?

​​​​On peut légitimement se demander pourquoi Bill Gates, la Fondation Rockefeller les principaux géants du génie génétique agro-alimentaire comme DuPont et Syngenta avec le CGIAR, construisent une arche de Noé végétale en Arctique.

​​​​Tout d'abord, qui utilise ce genre de chambre forte à semences ? Les sélectionneurs et les chercheurs sont les principaux utilisateurs des gènes des chambres fortes. Aujourd'hui, les plus importants reproducteurs sont Monsanto, DuPont, Syngenta et Dow Chemical, les géants mondiaux des plantes OGM brevetées. Depuis début 2007, Monsanto détient avec le gouvernement des États-Unis les droits mondiaux des brevets pour les plantes dites « Terminator » ou Technologie de Restriction d'Utilisation des OGM. Terminator est une technologie de mauvaise augure, faisant qu'une semence commerciale brevetée se « suicide » après récolte. Le contrôle des semenciers privés est total. Un pareil contrôle et cette mainmise sur la chaîne alimentaire n'ont jamais existé auparavant dans l'histoire de l'humanité.

​​​​Cette ingénieuse caractéristique terminator du génie génétique force les agriculteurs à retourner chaque année chez Monsanto ou d'autres semenciers OGM pour obtenir de nouvelles semences de riz, de soja, de maïs, de blé, de toutes les principales cultures dont ils ont besoin pour nourrir la population. Si c'était largement adopté dans le monde, on pourrait peut-être en une dizaine d'années faire de la majorité des producteurs de nourriture du monde de nouveaux serfs féodaux, asservis à trois ou quatre géants semenciers comme Monsanto, DuPont ou Dow Chemical.

​​​​Bien entendu, ça pourrait aussi permettre à ceux qui possèdent ces sociétés privées, peut-être sous les ordres de leur gouvernement, de Washington, de refuser les semences à l'un ou l'autre des pays en développement dont il arrive que sa politique aille à l'encontre de Washington. Ceux qui disent « Ça ne pourrait pas arriver dans ce cas » devraient s'intéresser de plus près aux événements mondiaux actuels. La simple existence de cette concentration de pouvoir chez trois ou quatre géants privés de l'agro-alimentaire étasunien est une raison d'interdiction juridique de toute culture OGM, même si le gain de moisson était réel, ce qui n'est manifestement pas le cas.

​​​​Ces compagnies privées, Monsanto, DuPont, Dow Chemical, n'ont guère d'antécédent sans taches en termes de gestion de la vie humaine. Elles ont développé et multiplié des innovations du style dioxine, PCB, Agent Orange. Elles cachent depuis des décennies les preuves manifestes du danger de cancer et d'autres graves conséquences pour la santé humaine de l'usage des produits chimiques toxiques. Elles ont enterré des rapports scientifiques sérieux sur le plus répandu des herbicides dans le monde, le glyphosate, l'ingrédient de base de l'herbicide Roundup de Monsanto, qui est lié à l'achat de la plupart des semences génétiquement modifiées de Monsanto, et est toxique quand il s'infiltre dans l'eau potable. (9) Le Danemark a interdit le glyphosate en 2003, quand il fut confirmé qu'il contaminait les nappes phréatiques du pays. (10)

​​​​La diversité des semences stockées dans les chambres fortes à gènes est la matière première pour la reproduction des plantes et pour de nombreuses recherches biologiques fondamentales. Plusieurs centaines de milliers d'échantillons sont distribués chaque année à de telles fins. La FAO répertorie quelque 1.400 chambres fortes à semences dans le monde, les plus importantes étant gardées par le gouvernement des États-Unis. D'autres grandes chambres fortes sont détenues par la Chine, la Russie, le Japon, l'Inde, la Corée du Sud, l'Allemagne et le Canada, par ordre de taille décroissante. Par ailleurs, le CGIAR exploite une chaîne de chambres fortes pour semences dans des centres choisis aux quatre coins du monde.

​​​​Le CGIAR, créé en 1972 par les fondations Rockefeller et Ford pour propager leur modèle de Révolution Verte agro-alimentaire, contrôle la plupart des chambres fortes à semences privées, depuis les Philippines à la Syrie en passant par le Kenya. Toutes ces chambres fortes à semences actuelles contiennent plus de six millions et demi de variétés de semences, près de deux millions d'entre elles sont « distinctes. » L'arche de Noé de Svalbard aura la capacité d'abriter quatre millions et demi de graines différentes.


LES OGM COMME ARME DE GUERRE BIOLOGIQUE ?

​​​​Maintenant, nous arrivons au cœur de la dangerosité et du potentiel d'usage abusif inhérents au projet de Bill Gates et de la Fondation Rockefeller à Svalbard. Le développement de semences brevetées, pour la plupart des grandes cultures vivrières, comme le riz, le maïs, le blé, et pour les céréales fourragères comme le soja, peut-il en fin de compte être utilisé dans une horrible forme de guerre biologique ?

​​​​Le but explicite du lobby des eugénistes, financé depuis les années 20 par de riches familles élitistes, comme Rockefeller, Carnegie, Harriman et autres, incorporait ce qu'ils appelaient l'« eugénisme négatif, » l'extermination systématique des lignées indésirables. Margaret Sanger, une eugéniste alerte, fondatrice de Planification Internationale de la Maternité et intime de la famille Rockefeller, a fait à Harlem en 1939 un truc appelé The Negro Project, qui, comme elle le confiait dans une lettre adressée à un ami, concernait le fait que, « nous voulons exterminer les populations noires, » tel qu'elle l'a exprimé. (11)

​​​​En 2001, Epicyte, une petite entreprise de biotechnologie de Californie, a annoncé la mise au point de maïs génétiquement modifiés contenant un spermicide rendant les hommes qui le mangeait stérile. Epicyte avait à cette époque un accord de coentreprise pour diffuser sa technologie avec DuPont et Syngenta, deux des sponsors de l'arche de Noé végétale à Svalbard. Epicyte a depuis été achetée par une société de biotechnologie de Caroline du Nord. Il était étonnant d'apprendre qu'Epicyte avait développé son maïs OGM spermicide avec des fonds de recherche du ministère de l'Agriculture étasunien, ce même ministère qui, en dépit de l'opposition du monde entier, a continué à financer le développement de la technologie Terminator, actuellement détenue par Monsanto.

​​​​Dans les années 90, l'OMS a lancé pour des millions de femmes entre 15 et 45 ans du Nicaragua, du Mexique et des Philippines, une campagne de vaccination soi-disant contre le tétanos, une maladie survenant de choses comme marcher sur un clou rouillé. Les hommes et les garçons n'étaient pas vaccinés, en dépit du fait qu'ils sont vraisemblablement tout aussi susceptibles que les femmes de marcher sur des clous rouillés.

​​​​À cause de cette curieuse anomalie, le Comité Pro Vida de México, une organisation laïque catholique romaine, est devenu méfiant et a fait tester un échantillon du vaccin. Les tests ont révélé que le vaccin antitétanique en train d'être colporté par l'OMS uniquement pour les femmes en âge de porter des enfants, contenait de la Gonadotrophine Chorionique ou hCG, une hormone naturelle qui, combinée à une anatoxine tétanique, activait des anticorps rendant la femme incapable de maintenir sa grossesse. Il a été dit qu'aucune femme n'a été vaccinée.

​​​​Il est apparu plus tard que la Fondation Rockefeller avec le Comité sur la Population de Rockefeller, la Banque Mondiale (qui abrite le CGIAR), et l'Institut National de la Santé des États-Unis, ont été impliqués dans un projet long de 20 ans, commencé en 1972, afin de mettre au point pour l'OMS un agent abortif dissimulé dans un vaccin contre le tétanos. Par ailleurs, le gouvernement de Norvège, l'hôte de l'arche de Noé végétale de Svalbard, a fait un don de 41 millions de dollars pour développer un vaccin antitétanique spécial, ayant la capacité de provoquer l'avortement. (12)

​​​​Est-ce une coïncidence que ces mêmes organisations, depuis la Norvège jusqu'à la Fondation Rockefeller, en passant par la Banque Mondiale, soient également engagées dans le projet de chambre forte pour semences à Svalbard ? Selon le professeur Francis Boyle, qui a rédigé la Loi sur l'anti-terrorisme et les armes biologiques, promulguée par le Congrès étasunien en 1989, le Pentagone est « désormais préparé à disputer et à gagner la guerre biologique » dans le cadre de deux directives de stratégie nationale de Bush adoptées, remarque-t-il, « sans que le public le sache, et révisées » en 2002. Boyle ajoute que, de 2001 à 2004, le gouvernement fédéral étasunien a dépensé 14,5 milliards de dollars pour uniquement des travaux liés au bio-terrorisme civil, une somme faramineuse.

​​​​Richard Ebright, biologiste à l'Université Rutgers, estime que plus de 300 institutions scientifiques et quelques 12.000 personnes aux États-Unis ont aujourd'hui accès à des agents pathogènes convenant à la guerre biologique. L'Institut National de la Santé du gouvernement étasunien est doté de 497 subventions uniquement pour la recherche sur les maladies infectieuses à potentiel de guerre biologique. Bien entendu, c'est en train d'être justifié dans la rubrique de défense contre une éventuelle attaque terroriste, comme tant de chose le sont aujourd'hui.

​​​​Beaucoup de dollars du gouvernement étasunien sont dépensés dans la recherche de guerre biologique impliquant le génie génétique. Jonathan King, professeur en biologie au MIT, dit que « les programmes de bio-terrorisme en pleine expansion représentent la naissance d'un important danger pour notre propre population. » King ajoute, « bien que ce genre de programmes soit toujours appelé défensif, avec les armes biologiques les programmes défensifs et offensifs se recouvrent presque complètement. » (13)

​​​​L'avenir nous dira, à Dieu ne plaise, si l'arche de Noé végétale du Svalbard de Bill Gates et de la Fondation Rockefeller fait partie d'une autre Solution Finale, celle entraînant l'extinction Définitive, de la Grande Planète Terre.


NOTES

​​​​1 F. William Engdahl, Seeds of Destruction, Montreal, (Global Research, 2007).

​​​​2 Ibid, pp.72-90.

​​​​3 John H. Davis, Harvard Business Review, 1956, cité par Geoffrey Lawrence dans Agribusiness, Capitalism and the Countryside, Pluto Press, Sydney, 1987. Voir aussi Harvard Business School, The Evolution of an Industry and a Seminar: Agribusiness Seminar

​​​​4 Engdahl, op cit., p. 130.

​​​​5 Ibid. P. 123-30.

​​​​6 Myriam Mayet, The New Green Revolution in Africa: Trojan Horse for GMOs ?, mai 2007, African Centre for Biosafety

​​​​7 ETC Group, Green Revolution 2.0 for Africa?, Communique Issue #94, mars/avril 2007.

​​​​8 Site Internet Global Crop Diversity Trust

​​​​9 Engdahl, op. cit., pp.227-236.

​​​​10 Anders Legarth Smith, Denmark Bans Glyphosates, the Active Ingredient in Roundup, Politiken, 15 septembre 2003.

​​​​11 Tanya L. Green, The Negro Project: Margaret Sanger's Genocide Project for Black American's.


​​​​12 Engdahl, op. cit., pp. 273-275; J.A. Miller, Are New Vaccines Laced With Birth-Control Drugs ? HLI Reports, Human Life International, Gaithersburg, Maryland; juin/juillet 1995, Volume 13, Number 8.

​​​​13 Sherwood Ross, Bush Developing Illegal Bioterror Weapons for Offensive Use, 20 décembre 2006.

F. William Engdahl est auteur de Seeds of Destruction, the Hidden Agenda of Genetic Manipulation (graines de destruction, les projets secrets du génie génétique) qui vient d'être publié par Global Research. Il est également auteur de Pétrole, une guerre d'un siècle : L'ordre mondial anglo-américain (en français). Pour le contacter par courrier électronique : info@engdahl.oilgeopolitics.net


Texte original : Globalresearch
Traduit au mieux par Dany Quirion et Pétrus Lombard pour Alter Info

16.12.2007

Quand Reporters Sans Frontières couvre la CIA

  Note de P&P : A travers la diffusion de dogmes, de croyances, de vérités tronquées, les médias dominants oeuvrent avec succès au maintien des élites.

L'un des dogmes les plus solides soutenu par ces médias est celui des ONG bienfaitrices.

Comme leur nom l'indique, celles-ci semblent au-dessus des partis et des contingences politiques. Les ONG luttent contre l'horreur répandue par les multinationales, les guerres, les dictatures ou les catastrophes naturelles.Telles le bon samaritain, elles interviennent pour défendre le bien de l'humanité et combattre ses oppresseurs.

Nous sommes d'autant plus prompt à croire à une telle caricature que dans un monde tellement dominé par le cynisme, les vertueuses ONG constituent une de nos dernières sources d'espoir. Elles nous permettent aussi d'avoir bonne conscience avec la certitude que nos dons iront, comme annoncé, à telle ou telle population défavorisée et contribueront à réduire d'autant la souffrance sur notre planète.

Certaines ONG mènent sans nul doutes de telles actions bienfaitrices. Ceci dit, comme toute organisation, à fortiori lorsqu'elles atteignent un certain niveau de financement, de notoriété et de pouvoir, elles sont l'objet d'un processus de ponérisation que Andrew Lobaczewski a décrit en détail dans Ponérologie Politique :

 "...Les psychopathes se tiennent en général à l’écart des organisations sociales caractérisées par la raison et la discipline éthique: elles ont été créées par un monde de gens normaux qui leur est tout à fait étranger.

Ils méprisent donc les idéologies sociales mais perçoivent en même temps leurs faiblesses. Mais une fois lancé le processus de transformation ponérique d’une association humaine, ils le perçoivent avec une sensibilité quasiment infaillible: un cercle a été créé, où ils peuvent dissimuler leurs déficiences et différences psychologiques, trouver leur propre modus vivendi, et peut-être même réaliser un rêve utopique de jeunesse.

Ils commencent alors à infiltrer les rangs du mouvement; faire semblant d’être des adhérents sincères ne leur est aucunement difficile puisque pour eux c’est une seconde nature que de jouer un rôle et se cacher derrière un masque de normalité.


L’intérêt des psychopathes pour de tels mouvements ne résulte pas exclusivement de leur égoïsme et d’une absence de scrupules. Ces gens ont en fait été blessés par la nature et la société . Une idéologie visant à libérer une classe sociale ou une nation de l’injustice peut donc leur paraître attrayante.

Malheureusement, elle suscite également l’espoir irréaliste qu’eux-mêmes seront libérés aussi. Les motivations pathologiques apparues au sein de l’association quand elle a commencé à être affectée par le processus ponérogénique leur semblent familières et inspirantes. Ils s’insinuent donc dans des mouvements qui prêchent la révolution et la guerre à ce monde injuste qui leur est tellement étranger.


Ils commencent par exécuter des tâches subalternes au sein du mouvement et obéir aux ordres du chef, spécialement quand il faut faire quelque chose qui inspire de la répugnance aux autres . Leur zèle et leur cynisme font l’objet de critiques de la part des membres plus raisonnables de l’association, mais ils leur acquièrent aussi le respect de certains des révolutionnaires.

Ils trouvent ainsi protection de la part de gens qui ont participé à la ponérisation du mouvement, et ils repayent les faveurs de ceux-ci par des compliments ou en leur facilitant les choses. C’est ainsi qu’ils grimpent les échelons de l’organisation, deviennent influents, et presque involontairement plient tout le groupe à leur propre expérience de la réalité et aux objectifs issus de leur nature déviante.

Une maladie mystérieuse fait des ravages au sein de l’association. Les adhérents de l’idéologie originelle se sentent de plus en plus contraints par des forces qu’ils ne comprennent pas; ils se mettent à combattre des démons et à commettre des erreurs...
 

L'article suivant traite de la trajectoire de Reporter Sans Frontière et illustre concrétement les idées que nous venons de développer :

Reporters sans frontières jouit, en France, d’une honorable réputation, tandis que des médias latino-américains l’accusent d’être à la solde de la NED/CIA. L’association collecte plus de 2 millions d’euros par an auprès du public français pour venir en aide aux journalistes opprimés dans le monde. En réalité, seulement 7 % du budget général de RSF est affecté à sa mission principale. La véritable activité de l’association, depuis qu’elle a conclu un contrat avec l’officine d’Otto Reich, c’est la lutte contre les régimes progressistes latino-américains (Cuba, Haïti, Venezuela).
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Lors des procès de La Havane, en 2003, Nestor Baguer a publiquement mis en cause Robert Ménard, qu’il a accusé de collusion avec les services secrets états-uniens. Dans la même période, Reporters sans frontières (RSF), dont M. Ménard est le directeur exécutif, a mené campagne contre le gouvernement cubain, qu’il accuse d’emprisonner les journalistes dissidents. Depuis lors, la polémique n’a cessé de s’envenimer jusqu’à ce que la journaliste états-unienne Diana Barahona, du Northern California Media Guild, franchisse un pas de plus en accusant Reporters sans frontières d’être financé par la NED/CIA et d’écrire ses rapports sous l’influence de l’administration Bush.

Nous avons relayé cette controverse sur notre site espagnol, Red Voltaire, et nous regrettons de l’avoir fait sans nuances. En effet, l’enquête de notre correspondant canadien, Jean-Guy Allard, et les vérifications de notre bureau français montrent que le financement direct de RSF par la NED/CIA est anecdotique et récent, de sorte qu’il n’a pas pu avoir d’influence sur son activité. Nous présentons donc nos excuses à Reporters sans frontières. Nous regrettons d’autant plus cette erreur qu’elle masque des faits fort surprenants.

Initialement conçue pour envoyer des reporters témoigner de l’action d’ONG humanitaires, Reporters sans frontières a évolué pour devenir une organisation internationale de soutien aux journalistes réprimés. L’association a été reconnue d’utilité publique par décret du Premier ministre Alain Juppé, le 19 septembre 1995. Ce statut lui a donné un accès plus facile aux financements publics qui représentent, dans les derniers comptes publiés [1] 778 000 euros. Ils proviennent des services du Premier ministre français, du ministère français des Affaires étrangères, de l’Agence intergouvernementale de la francophonie, de la Commission européenne, de l’OSCE et de l’UNESCO. RSF peut aussi compter sur le mécénat privé (FNAC, CFAO, Hewlett Packard, Fondation Hachette, Fondation EDF etc.) pour environ 285 000 euros. Toutefois, l’essentiel du budget provient de la générosité du public, notamment lors de la vente de l’album annuel pour la liberté de la presse et d’opérations spéciales, soit 2 125 000 euros sur un budget total de 3 474 122 euros.

Or, l’activité concrète de Reporters sans frontières est très éloignée de ce que les donateurs croient financer. Le fonds d’assistance aux journalistes opprimés, c’est-à-dire le paiement des honoraires des avocats des journalistes emprisonnés, le soutien matériel à leurs familles, le développement des Maisons des journalistes, tout cela qui représente le cœur de l’activité officielle de l’association et la raison de la générosité du public ne reçoit que... 7 % du budget général ! Vous avez bien lu : pour 1 euro donné pour les journalistes opprimés, seuls 7 centimes arrivent à destination.

Où passe donc le reste ?

La véritable activité de Reporters sans frontières est de conduire des campagnes politiques contre des cibles déterminées. Elles seraient légitimes si, comme la Fondation Soros [2], elle n’instrumentalisaient pas la liberté de la presse au point de l’évoquer pour justifier des violations graves du droit international. À titre d’exemple, RSF s’est félicité de l’enlèvement du président constitutionnel d’Haïti par les Forces spéciales états-uniennes appuyées par une logistique française [3], au motif que Jean-Bertrand Aristide aurait été un « prédateur de la liberté de la presse » ; un qualificatif étayé par une vision tronquée des évènements qui visait à faire passer le président haïtien pour le commanditaire de meurtres de journalistes. Force est d’observer que, ce faisant, Reporters sans frontières soutenait médiatiquement une opération dans laquelle le gouvernement français s’était fourvoyée, alors que ce même gouvernement français subventionnait l’association.

Le caractère idéologique des campagnes de Reporters sans frontières tourne parfois au ridicule. Ainsi, l’association s’est-elle indignée du projet de loi vénézuélien visant à soumettre les médias au droit général, mais elle ne s’est pas préoccupée du rôle du magnat de l’audiovisuel Gustavo Cisneros et de ses chaînes de télévision dans la tentative de coup d’État militaire pour renverser le président constitutionnel Hugo Chavez [4].


C’est en définitive à propos de Cuba que la polémique s’est cristalisée, tant il est vrai que RSF a fait de la dénonciation du régime castriste l’axe principal de ses campagnes. Selon l’association, les 21 journalistes emprisonnés dans l’île auraient été accusés abusivement d’espionnage au profit des États-Unis et seraient en réalité victimes de la répression gouvernementale. Pour lutter contre ce gouvernement, RSF a organisé diverses manifestations, dont une qui a mal tourné, le 14 avril 2003 devant l’ambassade de Cuba à Paris. Dans son enthousiasme, l’association a également troublé la session de la Commission des droits de l’homme, au siège de l’ONU à Genève. Ses militants avaient pris à partie la présidence libyenne de la Commission et molesté des diplomates. En conséquence, Reporters sans frontières a été suspendu pour un an de son statut d’observateur au Conseil économique et social (Ecosoc) de l’ONU. Robert Ménard n’a pas manqué de stigmatiser les dérives de cette commission, selon lui aux mains des spécialistes des violations des droits de l’homme. Pourtant, les sanctions à l’encontre de RSF ont été votées par des États parfaitement démocratiques comme l’Afrique du Sud, le Brésil ou le Bénin.

Interrogé par téléphone, Robert Ménard récuse les allégations selon lesquelles RSF aurait été acheté par l’argent de la NED/CIA [5] pour mener campagne contre Cuba. Il explique que l’association a demandé une subvention à l’Agence états-unienne pour venir en aide aux journalistes opprimés en Afrique et qu’elle a en définitive reçu seulement 40 000 dollars à la mi-janvier 2005. Dont acte.

Poursuivant la discussion, M. Ménard récuse également les accusations de notre collaborateur Jean-Guy Allard, par ailleurs journalistes à l’agence nationale Granma Internacional. Dans son ouvrage, Le Dossier Robert Ménard. Pourquoi Reporters sans frontières s’acharne sur Cuba, celui-ci relate les liens personnels étroits que le directeur exécutif de l’association entretient avec les milieux d’extrême droite anticastriste à Miami, notamment avec Nancy Pérez Crespo. Haussant la voix, il nous accuse de projeter des présupposés idéologiques sur les choses, alors que lui et son association s’astreindraient à la plus grande neutralité. Puis, il nous accuse d’accorder du crédit à de la « propagande communiste » (sic).

Vérification faite, Robert Ménard fréquente bien l’extrême droite de Miami et RSF est bien financé par le lobby anticastriste pour mener campagne contre Cuba. En 2002, Reporters sans frontières a signé un contrat, dont les termes ne sont pas connus, avec le Center for a Free Cuba, à l’issue duquel il a reçu une première subvention de 24 970 euros. Celle-ci a été augmentée à 59 201 euros pour 2003. Le montant 2004 n’est pas connu.

Le Center for a Free Cuba est une organisation créée pour renverser la révolution cubaine et restaurer le régime de Battista [6]. Elle est présidée par le patron des Rhums Bacardi, dirigée par l’ancien terroriste Frank Calzon, et articulée à une officine de la CIA, la Freedom House [7].

Le contrat signé avec le Center for a Free Cuba a été négocié en 2001 avec le responsable de l’époque de cette organisation : Otto Reich, le champion de la contre-révolution dans toute l’Amérique latine [8]. Le même Otto Reich, devenu secrétaire d’État adjoint pour l’hémisphère occidental, fut l’organisateur du coup d’État manqué contre le président élu Hugo Chavez ; puis, devenu émissaire spécial du président Bush, il supervisa l’opération d’enlèvement du président Jean-Bertrand Aristide.

RSF, c’est 7 % de soutien aux journalistes opprimés et 93 % de propagande impériale états-unienne.

Thierry Meyssan pour Réseauvoltaire.net

[1] Les derniers comptes publiés sont ceux de 2003. Les comptes 2004 le seront ce mois-ci.

[2] La Fondation Soros a subventionné RSF en 2003 à hauteur de 70 378 euros. Sur cet organisme, voir : « George Soros, spéculateur et philanthrope », Voltaire, 15 janvier 2004.

[3] « Coup d’État en Haïti » par Thierry Meyssan, Voltaire, 1er mars 2004 ; « Jean-Bertrand Aristide, un an après », entretien avec Claude Ribbe, Voltaire,