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04.12.2007

Lettre ouverte au peuple de France.

Ce n'était pas au menu, ça !
(pancarte : grève générale)

 

 

Simon Davies
Sott.net

Citoyens de France,

Comment vous sentiriez-vous si :

  • Vous deviez contracter une assurance médicale privée onéreuse pour être sûrs de bénéficier de soins médicaux ?
  • Chaque hôpital refusait tout soin médical à ceux qui n'ont pas d'assurance médicale privée ?
  • Il n'y avait pas de filet de sécurité sociale, pas d'assurance chômage pour vous-même, votre famille et vos enfants ?
  • Vous deviez travailler 40 à 60 heures par semaine avec une seule semaine de vacances par an – et cela seulement après avoir travaillé pendant un an ou deux ?
  • Vous deviez emprunter de l'argent chaque année simplement pour nourrir votre famille et garder un toit au-dessus de leurs têtes ?
  • Vous deviez emprunter 100 000 euros pour payer les études universitaires de votre enfant ?
  • Vous aviez une dette bancaire tellement énorme que vous ne seriez jamais capable de la rembourser et ne pourriez jamais cesser de travailler jusqu'à votre mort ?
  • Les universités étaient financées par des entreprises et obligées d'enseigner seulement ce que ces entreprises jugent important ?
  • Toute l'infrastructure de la France et les richesses nationales étaient « privatisées » au bénéfice de quelques élites opulentes qui vous disent ce que vous pouvez faire ou non dans votre propre pays et vous font payer les ressources naturelles qui sont actuellement le bien commun de tous ?

Si vous pouvez imaginer ce que serait la vie dans de telles circonstances, alors vous savez à quoi ressemble la vie aujourd'hui pour une majorité d'Étasuniens. Les Étasuniens pensent qu'il est normal de travailler 50 heures par semaine avec seulement une semaine de vacances par an. Il y a beaucoup d'histoires d'horreur d'Étasuniens sans assurance refusés par les hôpitaux. Le système d'éducation étasunien a abouti à un taux d'alphabétisme de 50 % et seuls les riches peuvent accéder à l'université.

Les Étasuniens croient qu'une telle vie – une vie basée sur le montant d'argent que vous possédez – est le symbole de la liberté parce qu'ils ont subi un lavage de cerveau qui leur fait croire que l'argent fait l'homme. Voulez-vous la même chose pour la France ?

Vous ne me connaissez pas personnellement mais pour paraphraser une réplique du film V pour Vendetta, « Je suis Edmond Dantès... et je suis votre père. Et votre mère... votre frère... votre ami. Je suis vous... et moi. Je suis chacun d'entre nous. »

Dans la vraie vie, je suis un ancien banquier d'affaires d'une de vos plus grosses banques. J'ai des diplômes en économie et j'ai passé la plupart de ma vie d'adulte à observer le mouvement du capital international et comment il est manipulé par les gouvernements et les grandes entreprises pour convenir à leurs propres objectifs. Je suis aussi un rédacteur de http://www.sott.net/ parce que je le considère comme la voix de la Vérité la plus pure sur Internet. Mais, assez parlé de moi. C'est de vous, c'est de la France dont je veux parler.

Beaucoup de citoyens français se rappellent comment la France dormait pendant les années 1930 alors que l'Allemagne se réarmait et concoctait ses plans de domination européenne, des plans qui n'étaient pas cachés mais fièrement annoncés par Hitler et ses Nazis, pourtant la France dormait et a souffert de conséquences horribles et inévitables.

Peuple de France, votre président – un représentant de la cabale de l'élite mondiale et corporative avide de pouvoir – a énoncé ses plans clairement tout comme Hitler l'a fait, et encore maintenant vous dormez. Vous êtes en train d'être envahis, non pas par une armée, mais par des idées malveillantes et répugnantes répandues par vos leaders politiques et les médias.

Le but est d'infecter vos esprits avec ces idées et de faire du peuple français l'architecte de sa propre destruction. Quand votre président parle d'une « rupture » avec le passé, ce qu'il veut dire c'est une rupture de la société française ; la destruction de la manière de vivre à la française et cela ne sera pas moins horrible que l'invasion précédente par Hitler et ses hordes.

John Fitzgerald Kennedy a légué ces mots célébres : « Parce que nous sommes confrontés, autour du monde, à une conspiration monolithique et impitoyable qui s'appuie essentiellement sur des moyens voilés pour étendre sa sphère d'influence ; sur l'infiltration plutôt que l'invasion ; sur la subversion plutôt que les élections ; sur l'intimidation plutôt que le libre choix ; sur les guérillas nocturnes plutôt que les armées en plein jour. C'est un système qui a enrôlé de vastes ressources humaines et matérielles pour la construction d'une machine hautement efficiente, bien soudée, qui combine des opérations militaires, diplomatiques, d’espionnages, économiques, scientifiques et politiques. Ses préparatifs sont dissimulés, pas publiés. Ses erreurs sont enterrées, pas mises en lumière, ses dissidents sont réduits au silence, pas glorifiés ; aucune dépense n'est mise en question, aucune rumeur imprimée, aucun secret révélé. En bref, elle mène la guerre froide, avec une discipline de guerre contre laquelle aucune démocratie n'espérerait jamais souhaiter rivaliser... »

Votre ennemi est bien organisé, a un financement illimité, est mondial, impitoyable et a presque le contrôle total des médias. Votre ennemi est parmi vous et en de nombreuses façons en vous car vous avez été conditionnés à penser en termes limités et de là auto-limitants. Votre ennemi projette de détruire vos structures sociales paternalistes avec l'introduction de ce qu'on appelle un modèle économique « néolibéral américain » ; ou comme la journaliste Naomi Klein l'a appelé, un « Capitalisme Catastrophe ».

Vous avez été amenés à croire que la France est en quelque sorte protégée des prédations de l'économie néolibérale.

Cela a été accompli en grande partie en vous laissant ignorants de la vérité par le biais de la barrière du langage. Le monde anglophone est gorgé d'avertissements sur ce que l'économie libérale veut dire, pourtant la littérature disponible en France sur ces sujets des plus importants est limitée. Pourquoi cela ? Pourquoi se fait-il que vous en sachiez réellement si peu sur ce qui se passe vraiment en dehors de la France ?

M. Sarkozy tente de manipuler cette ignorance et d'encourager un intérêt personnel exagéré et la jalousie qui est tabou pour la psyché française. Bien qu'ils hésitent à l'admettre, beaucoup des supporters de M. Sarkozy de la classe moyenne sont motivés par la jalousie. Ils sont jaloux des avantages sociaux dont jouissent les fonctionnaires et sont manipulés par M. Sarkozy pour soutenir une politique qui dépouillerait les fonctionnaires de ces avantages. Ce que la classe moyenne échoue à comprendre, c'est qu'en soutenant actuellemnt l'action gouvernementale contre la classe ouvrière, ils se préparent eux-mêmes à un traitement similaire dans un avenir proche.

Ne vous trompez pas, les seuls gagnants qui émergeront de la « rupture » de M. Sarkozy seront l'élite dirigeante, les grandes entreprises internationales et les vautours étrangers qui becquetteront les os de la France. Les classes moyennes/professionnelles qui soutiennent actuellement M. Sarkozy perdront aussi leurs aises, ils ne le savent simplement pas encore.

Ils croient que par quelque mécanisme miraculeux, ils deviendront plus riches aux frais du travailleur ordinaire et que c'est « juste », « nécessaire » et « moderne ». L'élite dirigeante peut permettre qu'un petit peu des richesses de la France soit « prêté » aux classes moyennes à court terme, et les classes moyennes peuvent être achetées pour quelques euros, mais cela sera transitoire et finalement illusoire.

Croyez-moi, je le sais. La banque c'est mon métier.

Aux États-Unis et au Royaume-Uni, le mécanisme utilisé pour soudoyer les classes moyennes a été l'inflation immobilière. Au cours de ces quelques dernières années, un boom massif des valeurs immobilières a été manigancé pour fournir l'illusion de la richesse. Pourtant aujourd'hui, alors que les prix commencent à chuter, cette richesse s'évapore tandis que la dette contractée pour acquérir cette propriété reste très réelle et de plus en plus chère et sonnera au final le glas des classes moyennes dans ces pays.

M. Sarkozy est un homme intelligent et impitoyable. Il sait qu'il ne peut pas persuader la France d'accepter le néolibéralisme (1), et finalement le fascisme directement. Il doit conduire la France vers une position où le résultat sera un « fait accompli ». Comment cette manœuvre sera-t-elle réalisée ? C'était le sujet discuté par les rédacteurs de SOTT juste avant le début des récentes grèves françaises.

Nous avons remarqué qu'une situation similaire existait au Royaume-Uni quand Margaret Thatcher est arrivée au pouvoir en 1979 « engagée dans un programme non équivoque de réduction du pouvoir et de l'influence des syndicats » (2) et avec des plans soigneusement formulés pour « rompre » le pouvoir de la classe ouvrière britannique.

Nous avons spéculé que des tactiques similaires pourraient être utilisées en France. Et aussi, puisque la banque c'est mon métier, on m'a demandé de creuser le sujet et de vous présenter, à vous peuple de France, les grandes lignes de votre avenir.

La clé du succès de Margaret Thatcher dans la « rupture » du Royaume-Uni et l'imposition du néolibéralisme aux Britanniques était une préparation à long terme :

  •  Des augmentations massives du chômage, en particulier chez les minorités raciales, ont été manigancées tandis que le gouvernement trafiquait les statistiques du chômage. En conséquence, il y a eu une éruption d'émeutes majeures dans les zones urbaines les plus pauvres.
  •  Des tactiques policières qui avaient été peaufinées au cours des années de pratique en Irlande du Nord ont été déballées à la vue du public ; les années d'attaques sous fausse bannière en Irlande ont conditionné l'esprit du public au besoin d'une violence policière militariste massive pour « défendre la loi et l'ordre ».
  •  Des dirigeants syndicaux ont été mis en place, dont le comportement subséquent ne pourrait être décrit que comme « lâche », affaiblissant ainsi l'unité parmi les syndicats.
  •  Des grèves dans les industries avec les syndicats les plus forts ont été délibérément générées par la provocation. Une « guerre d'usure » a été menée avec des attaques diffuses de la part du gouvernement sur une base graduelle. Aucune n'était assez sévère pour que les membres de la base des syndicats ne réalisent qu'ils installaient une confrontation majeure dans le futur.
  •  De nouvelles lois limitant les droits des travailleurs à la grève ont été introduites là où les syndicats avaient réussi.
  • Ainsi, le gouvernement a analysé avec succès son ennemi, observé sa réaction et a rendu essentiellement la plupart de cette réaction illégale ; décimant la capacité des travailleurs à exercer leurs droits et neutralisant leur pouvoir.

Finalement, Thatcher était prête pour la bataille finale. Son gouvernement a été réélu sur le dos de l'euphorie nationale générée par la guerre des Malouines et ses stratèges étaient prêts à tout conflit ouvert avec les syndicats et les classes ouvrières.

La faiblesse des syndicats et les nouvelles lois qui empêchaient les grèves sans vote majoritaire d'un scrutin syndicaliste ont donné au gouvernement la fermeté et le soutien public nécessaires pour finalement défier l'industrie la plus vulnérable du pays, les mines de charbon.

Les parallèles avec la France semblent trop importants pour être ignorés. Le travail de base a été entrepris de façons très similaires.

Comme Margaret Thatcher en 1982, M. Sarkozy est au début d'un nouveau mandat et revendique un mandat populaire. Margaret Thatcher a dit fameusement « Il n'y a pas d'alternative » et « La femme n'est pas pour le changement de direction » ; tandis que M. Sarkozy a dit « Nous ne nous rendrons pas et nous ne battrons pas en retraite... La France a besoin de réformes pour relever les défis que lui impose le monde. »

En spéculant que M. Sarkozy aura appris non seulement des conflits salariaux britanniques mais aussi mondiaux, il y a deux semaines nous avons conjecturé que :

1. M. Sarkozy cherchera à établir le programme et à s'assurer que les médias focalisent l'attention du public sur la réforme là où les syndicats sont les plus faibles et la sympathie du public la moins probable.

2. Afin de marginaliser davantage les travailleurs dans l'esprit du public, des évènements violents seront manigancés pour qu'ils se produisent ou soient montés (opérations fausse bannière) de façon à éloigner les grévistes des « gens ordinaires ». Les médias monteront en épingle ces questions hors de proportion des faits et des évènements impliqués.

3. Les dirigeants syndicaux sembleront rester figés comme des lapins dans les phares d'une voiture tandis que les médias se focaliseront sur le « mal » des ces évènements fabriqués.

4. Les points 1, 2 et 3 ci-dessus entraîneront une division de l'opposition aux réformes – cela sera exploité par les médias quand, selon toute vraisemblance, la « division » portera sur des détails et pas sur les principes. Les médias se focaliseront sur ceux qui s'opposent aux grèves et pas ceux qui ont des griefs valides ne pouvant être défendus que par la grève.

5. Les ministres bénéficieront de large espace médiatique et de temps d'antenne pour condamner les grévistes pour leur « égoïsme » et leur « manque de responsabilité sociale ». Les grévistes seront accusés de « menacer la grandeur de la France », « refuser la modernisation », « mettre des vies en danger », « tenir le pays en otage », « causer le chaos économique ».

6. La violence éclatera comme des points de contact clés entre les grévistes et ceux s'opposant officiellement aux grèves. Dans tous les cas, les grévistes seront rendus responsables de la violence. La police sera amenée pour « supprimer la violence » alors qu'en fait, elle l'enflamme.

7. Dans les zones des classes ouvrières pauvres, des évènements seront montés pour fabriquer une réponse violente des « masses » et conditionner l'esprit du public à la nécessité de la violence de la police et des CRS « pour défendre la France ».

8. Les termes des négociations entre le gouvernement et les syndicats seront soit gardés secrets, soit simplement cachés au public. Les vrais termes seront si désavantageux aux travailleurs qu'ils ne pourront vraiment pas les accepter, tout ça pendant que l'attention du public sera focalisée sur une « issue ingagnable », une issue qui recueille peu de sympathie de la part du public. Les travailleurs feront à nouveau la grève et descendront dans la rue.

9. À ce moment, la violence éclatera sur les piquets de grève et les CRS seront envoyés contre les grévistes. De petits groupes de grévistes seront montrés comme étant très violents. Ces individus (possiblement des agents provocateurs) seront utilisés pour discréditer tout le travail du mouvement et les dirigeants syndicaux seront obligés de se distancier de la violence, donnant ainsi la victoire à M. Sarkozy dans l'arène de l'esprit du public et dans les esprits des travailleurs modérés.

Les événements de ces deux dernières semaines nous ont donné raison. La stratégie de M. Sarkozy a suivi nos spéculations à la lettre mais c'est seulement le début. M. Sarkozy a eu la permission d'arrêter le programme de la réforme des retraites. La provision pour un départ anticipé chez les travailleurs aux métiers fatigants comme les chemins de fer était juste quand le travail était plus difficile, mais est maintenant largement considérée comme dépassée.

Un « sabotage » opportunément orchestré a divisé les syndicats et l'opinion publique, les dirigeants syndicaux se sont figés et ont brisé les rangs vendredi dernier sous le feu des médias généré par le « sabotage ». La violence « a jailli » dans les universités et il y a 5 nuits, 3 personnes ont été tuées dans un « incident » avec la police, et des « émeutes » prévisibles se sont ensuivies pendant trois nuits.

Tout se déroule selon le plan ! Un récent article de la presse dominante illustre la majeure partie de cela :

Les Grèves Françaises s'arrêtent AP – 24 novembre 2007 PARIS –

Le président français Nicolas Sarkozy s'est concentré sur une bataille gagnable, a divisé l'opposition et semble avoir pris le dessus après neuf jours de grèves des cheminots échauffés.

Pourtant des tensions subsistent alors que le débrayage a cessé et que le trafic ferroviaire a commencé à reprendre vendredi.

La violence des étudiants protestataires a provoqué la fermeture de la Sorbonne et souligné les inquiétudes sur la façon dont Sarkozy et ses compatriotes résisteront à ses plans douloureux pour refaire une France stagnante, résistante à la réforme.

Sarkozy a remporté ce qui était considéré comme une victoire nécessaire pour son programme de réforme plus général en faisant face aux cheminots en colère contre son plan de les faire travailler plus longtemps pour bénéficier d'une retraite. « Cette réforme, je l'ai promise, je l'ai tenue », a-t-il dit dans un discours confiant vendredi. J

eudi, les cheminots se sont mis d'accord pour reprendre le travail sur la promesse de pourparlers qui pourraient adoucir – mais sans compromettre – la réforme des retraites.

En résistant aux cheminots, Sarkozy espérait briser le recours instinctif des syndicats aux grèves, comme Margaret Thatcher l'a fait en écartant les mineurs de charbon et comme Ronald Reagan l'a fait avec les contrôleurs de trafic aérien dans les années 1980.

Sarkozy a astucieusement mis une distance entre les syndicats militants et modérés lors de la grève des transports prolongée, et les socialistes de l'opposition n'ont pas pu résister à ses tactiques guerrières méthodiques.

Sarkozy a exprimé l'espoir qu'à l'avenir, les syndicats « préféreront toujours les négociations à la confrontation. » Cela marquerait un changement majeur pour la France. L'élection de Sarkozy en mai – sur la base d'un programme de « rupture » dramatique avec le passé – a montré que la plupart des Français étaient prêts au changement.

Les banlieusards depuis longtemps habitués aux débrayages ont rapidement perdu patience avec cette grève des transports et ont été prompts à critiquer les cheminots grévistes défendant des privilèges considérés pour la plupart comme injustes.

« Au moment où la grève se termine, quand la raison prévaut, mes premières pensées vont aux millions de Français qui... ne peuvent en supporter plus après 10 jours de pagaille... à ces millions de Français qui ont eu le sentiment d'être pris en otage dans un conflit qui ne les concerne pas », a-t-il dit.

Mais des millions ont voté contre Sarkozy et ne sont pas prêts à lui donner carte blanche. Les pourparlers avec les cheminots sont sûrs d'être tendus et certains syndicats menacent de nouvelles grèves s'ils n'obtiennent pas assez de concessions. Et la réforme des retraites n'est qu'une petite chose que Sarkozy a dans sa manche pour l'avenir de la France. Il dit que la France a trop de fonctionnaires qui pèsent sur le gouvernement endetté.

Les 5 millions de fonctionnaires de la France ne sont pas tous d'accord et beaucoup résistent aux suppressions de postes et demandent à être mieux payés. Ils ont tenu leur première grève mardi et menacent de continuer. Le plan de Sarkozy de renoncer au système rigide et compliqué des contrats de travail qui reprend en sous-oeuvre la main-d’œuvre de la France est sûr d'être un sujet sensible.

Et puis il y a les universités récalcitrantes. Le campus de la Sorbonne était fermé vendredi suite à la violence entre les étudiants protestant contre une réforme du financement des universités et d'autres étudiants essayant d'aller en cours.

Les étudiants ont bloqué le symbolique immeuble Left Bank pendant des jours mais ont eu recours vendredi à la « violence physique », a dit l'administration qui a fermé l'école jusqu'à lundi. Les étudiants des grandes écoles et des universités envisagent de nouvelles protestations mardi.

Les voyageurs ont salué l'amélioration du trafic vendredi bien qu'on s'attendait à ce que la reprise du service total du trafic ferroviaire de la nation et des transports publics à Paris et dans d'autres villes prenne des jours. Avec un signal clair, la grève se terminait, certaines stations de métro commençaient à nouveau à encaisser des tickets vendredi. Pendant la grève, le transport sur les quelques rames en circulation était gratuit.

Il est essentiel que chacun en France comprenne que le sujet de ces grèves n'est pas que les cheminots obtiennent un régime de retraite particulier ou non.

Ces grèves sont le tranchant du coin économique néolibéral enfoncé dans l'âme de la France socialiste. Pourtant, il semble que la France soit à nouveau endormie et inconsciente des dangers. La France a été amenée par la ruse à penser que la question était la réforme des retraites.

Un coup d’œil sur l'espace médiatique relatif accordé aux grèves de la SNCF et du métro montre l'étendue du contrôle de M. Sarkozy.

Alors qu'une partie de la grève des cheminots concernait les retraites, de nombreux autres travailleurs s'opposent aux « réformes » qui illustrent bien mieux la vraie nature du programme de Sarkozy. En permettant à M. Sarkozy et aux médias de se focaliser principalement sur la réforme des retraites, les syndicats ont donné à M. Sarkozy un énorme avantage. En reculant au point crucial où les Français commençaient à voir la valeur des travailleurs dont tant de personnes semblent heureuses de détruire les droits, les syndicats lui ont tendu la victoire et ont scindé l'opposition auparavant unie.

M. Sarkozy est un tyran qui a affirmé catégoriquement qu'il n'avait pas à écouter la volonté des gens. C'est la manière dont Tony Blair a traité les Britanniques et la manière dont George W. Bush traite les Étasuniens. Est-ce cela que vous voulez pour la France ?

Il est douloureux pour beaucoup d'entre nous qui se sont franchement réjouis quand le très mal-aimé Jacques Chirac a fait un pied de nez aux Étasuniens et a dit « Non ! » à l'invasion illégale de l'Iraq , de voir ce qui se produit en France : il est en fait perturbant de réaliser que M. Sarkozy reçoit un quelconque soutien.

Il est certainement évident que les États-Unis s'effondrent, le système financier mondial frôle le bord du chaos et le modèle économique néolibéral a été exposé comme rien de plus qu'une version moderne du pillage et de la mise à sac du passé ignorant.

Donc, M. Sarkozy a-t-il perdu la tête ? Ou prévoit-il d'entraîner la France dans l'abîme avec le reste des Capitalistes Catastrophes ?

Malgré ce que M. Sarkozy peut déclarer, sur la base de mes interactions avec les citoyens français, le peuple de France n'accepte pas l'hégémonie mondiale belliqueuse des États-Unis et ne veut pas du cauchemar étasunien en France. Plus que jamais dans leur histoire, le peuple de France doit défendre la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.

Ne faites pas d'erreur, c'est une guerre pour la liberté de la France – une guerre de volontés cachée – qui doit être menée de front. Mais par-dessus tout, vous devez résister avec vos cœurs, vos voix et vos corps mêmes à toutes tentatives de semer la division parmi vous. Unis vous tenez, divisés vous tomberez.

Notes :

(1) Le néolibéralisme est une étiquette de libéralisme économique qui décrit la politique gouvernementale qui affirme promouvoir la concurrence de libre marché dans une économie donnée et finalement mondialement. Développé par Milton Friedman et ses disciples à l'Ecole d'Economie de Chicago – http://en.wikipedia.org/wiki/Neoliberal
(2) Voir http://news.bbc.co.uk/1/hi/scotland/3502759.stm

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