30.11.2007

Nouvelle tentative de coup d'état de la CIA au Vénézuela

TENAZA: OPÉRATION DE LA CIA AU VENEZUELA

 

 

Note de P&P :  Ceux qui ont visionné la vidéo intitulée "Coup d'état contre Hugo Chavez" connaissent déjà les méthodes et les objectifs de la CIA concernant la destinée du Vénézuela.

Malgré sa tentative infructueuse il y a quelques mois, la CIA tente à nouveau de déstabiliser le gouvernement d'Hugo Chavez et accessoirement de mettre la main sur les ressources pétrolières du 4e exportateur mondial. 

 

TENAZA, OPÉRATION DE LA CIA AU VENEZUELA

Un MÉMO de la CIA révèle les dessous des activités menées au Venezuela par les forces d'opposition internes et externes pour contrer le référendum sur la réforme constitutionnelle, prévu pour le 2 décembre 2007, et pour renverser le gouvernement élu du Président Hugo Chavez. Ce MÉMO, rédigé le 20 novembre 2007, par le responsable de la CIA à l'ambassade des États-Unis au Venezuela, Michael Middleton Steere, a pour destinataire le Directeur général de l'Agence à Washington, Michael Hayden. Bien que hautement confidentiel, ce MEMO s'est retrouvé entre les mains de personnes qui ont jugé bon d'en faire la diffusion la plus large possible.

L'auteur de la note fait le point sur l'OPÉRATION TENAZA et aborde les dernières étapes à franchir pour atteindre les objectifs visés.

D'ABORD IL RELÈVE LES CONSTATS

1. La tendance des intentions de vote se maintient. Selon les derniers sondages réalisés tant à l'interne qu'à l'externe, le OUI a l'avantage de 10 à 13 points (57% OUI, 44% NON).
2. Les analyses confirment que cette tendance est irréversible à court terme, c'est-à-dire qu'elle ne peut être modifiée de façon significative d'ici le référendum du 2 décembre.
3. La campagne publicitaire promue conformément au Plan ainsi que les désertions du camp gouvernemental de certains hauts dirigeants (Podemos-Baduel, par exemple) ont fait perdre à Chavez 6 points par rapport à son pourcentage initial. Ceci dit, de telles tendances ont atteint leur plancher.
4. Il faut s'en tenir au PLAN TENAZA pour lequel divers scénarios peuvent être envisagés.

LES SCÉNARIOS

1. Empêcher le Référendum ou, à défaut d'y parvenir, en méconnaître les résultats. Selon l'auteur, il faut continuer à renforcer les activités qui visent à empêcher la tenue du référendum tout en préparant en même temps les conditions pour en contester les résultats. Sur ce dernier point, il est important de créer dans l'opinion publique le fait que le NON est en nette avance sur le OUI et qu'il est assuré de la victoire. C'est en ce sens qu'il faut continuer à travailler avec les maisons de sondage contractées par la CIA.

2. Il faut discréditer autant faire se peut le Conseil national électoral (CNE) de manière à créer dans l'opinion publique la sensation de fraude. En ce sens, il faut semer le doute sur l'inconsistance du registre électoral permanent et la non fiabilité des équipements mis en place pour le vote. Des contacts avec une équipe d'experts universitaires permet de compter sur leur prestige académique, pour donner de la crédibilité à la fraude par la manipulation des données de la part du CNE entre autres au moyen d'encre spéciale et en intervenant dans le maniement des machines de votation.

3. Il faut engorger le plus possible les bureaux de vote en encourageant les militants du NON à voter puis à rester sur place : VOTE ET RESTE. Cette action produira une implosion qui permettra l'exécution de la directive prévue dans l'Opération Tenaza.

4. Il faut commencer à donner de l'information sur les résultats du vote dans les premières heures de l'après-midi, utilisant les sondages préliminaires déjà disponibles. Telle que planifiée, cette opération requière une coordination avec les médias de communication au niveau international.

5. L'implantation sur le territoire national de groupes de protestation préparant au soulèvement d'une partie substantielle de la population La conduite de ces scénarios n'est pas sans comporter des risques politiques, d'autant plus que les groupes participants ne sont pas tous unanimes sur les actions proposées. Primero justicia et Nuevo tiempo ne partagent pas la stratégie présentée par la CIA alors que Comando national de la résistance et Action démocratique participent à toutes les étapes.


LES TÂCHES IMMÉDIATES DE LA PHASE FINALE

L'empêchement du référendum, la dénonciation d'une fraude électorale et les manifestations de rues devront compter sur des initiatives ponctuelles pour assurer le succès de l'opération. Le MEMO en fait une liste que nous pourrions résumer ainsi :

1. Un effort diplomatique soutenu pour isoler toujours plus Chavez sur la scène internationale.
2. Travailler à l'unité des forces de l'opposition et chercher des alliances entre ceux qui vont s'abstenir de voter et ceux qui vont voter NON.
3. Augmenter la pression par des manifestations de rue dans les jours précédant le référendum.
4. Soutenir avec insistance la propagande contre le régime.
5. Exécuter les actions militaires d'appui aux mobilisations et aux actions d'occupation.
6. Mettre en place les dispositifs opérationnels des forces installées à proximité du territoire vénézuélien;
7. Assurer l'appui des équipes externes en provenance du « pays vert et bleu, est coordonné;
8. L'action maritime de « bleu » est prévue et les frontières avec « vert » aux endroits déterminés sont libres de passage.

LISTES DES TÂCHES DÉJÀ RÉALISÉES

A) Des rencontres avec des étudiants, des professeurs et recteurs d'universités privées ont permis d'en arriver à un accord pour qu'ils s'incorporent organiquement aux initiatives de la CIA avec pour objectif l'expulsion de Chavez. Le groupe Bandera roja a été l'un de ceux qui a appuyé le plus l'action directe de rue contre les institutions : CNE, LE TRIBUNAL SUPRÊME DE JUSTICE et LE PALAIS MIRAFLORES.

B) Un des objectifs de l'Opération Tenaza est de contrôler, dans un lap de temps de 72 à 120 et avec l'appui massif des citoyens mécontents, une partie du territoire ou des institutions de manière à permettre l'intervention militaire et sa proclamation d'autorité. L'auteur précise que tous les secteurs ne participent pas à cette opération. Il est donc nécessaire de travailler à forger une plus grande unité. La découverte d'un commando et de l'arsenal militaire à leur disposition en a ébranlé plusieurs.

C) Les meilleurs succès ont été obtenus dans le secteur de la propagande et des opérations psychologiques prévues au Plan en cours. Les apports des réseaux privés nationaux, de la Société interaméricaine de presse (SIP) et des agences internationales ont été déterminants. Enfin il importe de préciser, dit l'auteur du MEMO, que des 8 M$ qui ont été transférées, il n'en reste que très peu, la grande partie ayant été utilisée pour la propagande, la publicité et pour quelques unes des organisations de couverture.


Oscar fortin pour humanisme.overblog.com

Québec, le 28 novembre 2007

28.11.2007

L'astuce du psychopathe - 1ere partie

428b581361a3bf2ca659662f3358aae4.jpg  Après avoir lu le livre « Ponérologie Politique », Silvia Cattori a voulu s’entretenir avec son auteur, Andrzej LOBACZEWSKI. Celui-ci étant très âgé et malade, n’était plus à même de répondre à ses questions. Finalement, ce sont Laura KNIGHT-JADCZYK et Henry SEE (éditeurs du livre Ponérologie Politique) qui ont répondu à sa place. Cet ouvrage qui fait la description du « mal » appliqué à des fins politiques nous paraît intéressant car il nous donne les clés nécessaires à la compréhension de phénomènes qui souvent nous dépassent. Il décrit le « mal », sa véritable nature, de façon très parlante, la manière dont il se répand et détruit nos sociétés. M. Lobaczewski a longuement observé ceux des gens au pouvoir dont l’action incarnait le mal, il a examiné ce que la psychanalyse actuelle appelle « troubles de la personnalité antisociale » ou « pervers caractériels ». Non pas pervers au sens sexuel, mais au sens moral et relationnel.

 

Silvia CATTORI : Voici ce qu’un psychiatre suisse nous a confié après avoir lu « Ponérologie politique » [1] : «  Je n’ai jamais lu nulle part ailleurs ce dont parle Andrzej Lobaczewski, aucun livre n’a jamais traité ce sujet de cette manière. Il m’a immédiatement été utile dans le cadre de mon travail. Ce que M. Lobaczewski affirme sur les comportements pervers/pathologiques — les conflits en entreprise tout comme dans la sphère politique où l’on dénombre de plus en plus de conflits et de plus en plus de pervers caractériels — m’a immédiatement permis de mieux comprendre, par exemple, le fonctionnement de ces individus qui créent des conflits au sein de leur travail et qui, où qu’ils aillent, polluent l’atmosphère » Cela dit, pourquoi avoir choisi un titre aussi hermétique pour un livre qui devrait non seulement intéresser les psychologues et les psychiatres, mais tout un chacun ?

Laura : Tout d’abord, je tiens à dire qu’il existe un lien émotionnel très intense entre le Dr LOBACZEWSKI et nous. Nous l’avons contacté au sujet de l’entretien que vous vouliez réaliser. Il est très âgé et en très mauvaise santé depuis plus d’un an. Il regrette de ne pouvoir vous répondre personnellement ; il a tenté de le faire, mais à l’heure actuelle, il n’a même pas la force de rédiger plus que de brèves réponses à des questions écrites. Et même dans ce cas, il s’épuise et son attention se disperse au bout de quelques minutes de concentration. Nous voulons vraiment protéger sa santé et son bien-être, mais nous voulons aussi satisfaire aux demandes de réponses concernant ces questions importantes. Il nous a confirmé qu’il avait toute confiance en notre compréhension du sujet. Il a répété ce qu’il nous a dit quand il nous a contactés pour la première fois : à savoir qu’il cherchait quelqu’un qui allait dans la même direction, quelqu’un à qui il pourrait remettre son travail — en quelque sorte repasser le flambeau — de même que tout le travail qui lui avait été transmis par d’autres. Notre travail, répondait à ces critères.

Ceci étant dit, je vais répondre à votre question. Pourquoi LOBACZEWSKI a-t-il choisi ce titre ?

Le premier point est qu’à l’origine, cet ouvrage était une série de documents techniques et universitaires provenant de sources diverses. Comme l’auteur l’explique dans son introduction, la majeure partie de cet ouvrage ne vient pas de lui, il en est juste le compilateur. Les universitaires ont tendance à choisir pour leurs articles des titres rédigés dans une terminologie abstraite, et les scientifiques considèrent qu’il est de leur prérogative de créer de nouveaux termes pour décrire leurs découvertes (par exemple, l’invention de mots comme quarks, muons, leptons, etc. par les physiciens), donc en ce sens, le titre se justifie entièrement.

Le terme « ponérologie » est un concept théologique qui signifie « étude du mal ». Andrzej LOBACZEWSKI le savait, et il a décidé de récupérer et de réhabiliter ce mot pour en faire un usage scientifique, puisqu’il se trouve que notre science ne possède absolument aucun mot pour définir l’étude du « mal » en tant que tel. Nous en avons pourtant besoin.

Henry : Quand le Dr LOBACZEWSKI nous a envoyé son manuscrit, nous fûmes stupéfaits.

Nous étions préoccupés par cette question : pourquoi, quel que soit le niveau de bonne volonté qui se manifeste dans le monde, y a-t-il autant de guerres, de souffrances et d’injustices ? Peu importe les plans, idéologies, religions ou philosophies conçus par les grands esprits, rien ne semble améliorer notre sort. Et c’est comme cela depuis des milliers d’années, cela ne cesse de se perpétuer encore et encore.

Nous faisions aussi des recherches sur le problème de la psychopathie depuis plusieurs années et avions publié de nombreux articles sur le sujet sur nos sites Web. Pour les besoins de la recherche, nous avions également retranscrit une version informatique du très riche ouvrage sur la psychopathie rédigé par le Dr Hervey CLECKLEY, The Mask of Sanity, avec la permission des propriétaires du copyright, cet ouvrage étant épuisé.

Étant donné la richesse et l’importance de ce texte, nous l’avions rendu disponible gratuitement par le biais du téléchargement. Nous avions donc une bonne base de références sur la question et avions dans l’idée que la situation terrible à laquelle cette planète et ses habitants étaient confrontés pouvait avoir un lien avec la question de la psychopathie.

Laura : Permettez-moi d’ajouter que la raison pour laquelle nous faisions des recherches sur la psychopathie était, comme nous l’avons mentionné plus haut, que nous avions été nous-mêmes confrontés au phénomène.

Nous étions engagés dans un travail avec d’autres personnes, et les phénomènes abordés dans Ponérologie -en rapport avec les groupes et la façon dont ceux-ci sont corrompus par des déviants pathologiques s’infiltrant dans un groupe sous l’aspect de la normalité- nous étaient très familiers sur une petite échelle sociale.

Nous avions observé ces phénomènes et avions eu affaire à eux à de nombreuses reprises, bien qu’au début, nous ne fissions que naviguer au jugé. Nous savions qu’il se passait quelque chose d’étrange, seulement nous ne savions pas encore le nommer ou le catégoriser. Nous avions trouvé certaines dénominations et catégorisations dans des textes sur la psychopathologie, mais ils n’abordaient pas la dimension sociale.

Henry : Mais l’ouvrage "Ponérologie Politique" présente le sujet d’une manière radicalement différente des autres textes sur la psychopathie, en suggérant que l’influence des psychopathes et autres déviants n’est pas qu’une simple influence parmi tant d’autres affectant la société, mais que, si les circonstances sont favorables, elle détermine la manière dont nous vivons, ce que nous pensons, et la façon dont nous jugeons ce qui se passe autour de nous.

Quand on comprend la véritable nature de cette influence : qu’elle est sans conscience, sans émotion, égoïste, froide et calculatrice, dénuée de tous standards moraux ou éthiques, on est horrifié, mais en même temps, tout commence à s’éclairer soudainement.

Notre société perd de plus en plus son âme parce que les personnes qui la dirigent et qui donnent l’exemple sont sans âme — ils n’ont littéralement aucune conscience.

Quand vous en venez à comprendre que les rênes du pouvoir politique et économique sont entre les mains de personnes sans conscience qui ne possèdent pas de faculté d’empathie, cela permet de regarder ce que nous appelons le « mal » d’une façon totalement nouvelle. Le mal n’est plus seulement une question morale ; il peut alors être analysé et compris scientifiquement.

Avec M. LOBACZEWSKI, le mot «  Ponérologie » a été purgé de ses connotations religieuses — un contexte au sein duquel il n’a jamais fait de bien à la société dans son ensemble.

Ce mot désigne la science du mal, de la compréhension scientifique de ses origines, et de la façon dont, telle une maladie, il peut "infecter" les individus et les sociétés.

Lorsque les législateurs et les grands patrons du monde des affaires sont des psychopathes, leur façon de penser et de raisonner — leur « moralité » — devient la culture et la « moralité » communes des populations qu’ils gouvernent.

Quand cela se produit, le mental de la population est « infecté » de la même façon qu’un agent pathogène infecte un corps physique. La seule manière de nous protéger contre cette pensée pathologique est de nous « vacciner » contre elle, et cela est se fait en apprenant le plus possible de connaissances sur la nature de la psychopathie et sur son influence sur nous.

Fondamentalement, cette « maladie » particulière prospère dans un environnement où son existence même est niée, et où ce déni est planifié et délibéré.

Bien que le titre du livre semble hermétique, il faut le comprendre dans le contexte de la grande difficulté qu’a eue Andrzej LOBACZEWSKI à faire publier son ouvrage [2]. Le manuscrit est resté dans un tiroir pendant plus de vingt ans. Il a été écrit pour un public professionnel, et le titre a été choisi en fonction de cela. C’est aussi la raison pour laquelle le texte lui-même est très dense, et le titre reflète exactement le fait qu’il n’a pas été écrit pour un public profane. Il a été écrit pour des professionnels et dans un style intellectuel reflétant son contexte originel. C’est pourquoi, nous sommes actuellement en train de rédiger une version qui puisse rendre ses idées plus facilement accessible au grand public.

Silvia CATTORI : M. LOBACZEWSKI a étudié le fonctionnement de ces personnes non pas d’un point de vue politique, mais psychologique. Ce faisant il est arrivé à déterminer la manière dont des idéologues et des agents disposant de pouvoirs répressifs, malgré leur inhumanité, en arrivent à obtenir l’adhésion de larges populations. Tout le monde n’a-t-il pas un fond pervers / pathologique, des périodes de vie marquées par une existence perverse / pathologique ?

Henry : Tout d’abord, il faut souligner que les « fous » n’ont pas besoin de l’adhésion de larges populations, mais seulement d’une minorité puissante qui puisse à la fois « orienter » la population et la contrôler.

Regardez les sondages aux États-Unis. Cela fait des années que la popularité de Bush se maintient autour de 30% — et il s’agit de la population dans son ensemble. Mais parce que Bush est soutenu par une minorité très puissante — les gens qui détiennent les médias, l’industrie de l’armement et ses soutiens au sein de l’armée, les compagnies pétrolières, etc. — le mécontentement populaire ne compte pas. Et du moment que la politique de Bush n’affecte pas négativement l’Américain moyen de façon trop flagrante, celui-ci ne se sent pas suffisamment menacé pour vouloir y changer quelque chose.

Laura : Aux États-Unis — et ailleurs dans le monde — même le peuple le plus oppressé et le plus injustement traité est facilement contrôlé par la peur et la crainte de perdre le confort matériel auquel il a accès : divertissements, sports, jeux, etc. Même l’échec du système éducatif, médical et des garanties sociales, ne pousse pas les gens à réellement remettre la situation en question. Nous avons affaire — pour reprendre les termes d’Aldous HUXLEY — à une dictature scientifique : du pain et des jeux.

En bref, la plupart des Américains sont conscients de leur oppression, et l’expriment dans les sondages, mais ceux qui sont au pouvoir ont réussi à les droguer avec une pléthore de distractions — la peur et le plaisir — suffisantes pour les garder sous contrôle.

Henry : Il y a la carotte et le bâton. Tant que les gens peuvent continuer à vivre dans l’illusion, ils le font. Quand l’illusion commence à se fissurer, alors le pouvoir actionne le bâton.

Laura : Les gens ont peur de faire des vagues par crainte de perdre ce qu’ils ont, de perdre leur tranquillité, de devoir faire des efforts pour résister. Après tout, cela leur prend tout leur temps de maintenir l’illusion, ils doivent trimer quotidiennement pour éviter qu’on leur reprenne leur 4x4, et ils veulent avoir du temps pour le match de football du samedi.

Henry : Ils s’imaginent aussi que de toute façon, Bush n’a plus que quelques années devant lui. Le système s’auto-régulera. Le livre de LOBACZEWSKI nous montre pourquoi cette façon de penser est extrêmement naïve. Le système qui est en place est un système pathologique qui est en désaccord profond avec la manière d’être ou la nature de la plupart des gens. Les gens de conscience sont dirigés par des gens sans conscience. Ce fait constitue l’injustice primordiale, et il est la base des autres maux de la société.

Laura : Ce système est resté secret pendant de nombreuses années parce qu’il y avait encore des gens de conscience qui se trouvaient à des postes élevés, mais avec le temps, ils ont tous été remplacés ou mis à l’écart d’une manière ou d’une autre, et maintenant la pathologie du système est à découvert, mais personne ne s’en soucie. Si vous regardez l’Histoire de ces cinquante dernières années, vous découvrirez que pratiquement tous les personnages publics qui sont mort tragiquement avaient une conscience, se souciaient du peuple, et avaient suffisamment d’influence pour causer des problèmes aux individus de type pathologique.

Henry : La seconde partie de votre question est très importante, parce que c’est cette idée que nous sommes tous plus ou moins pervers ou pathologiques, que nous avons tous une part d’ombre — selon les termes de JUNG — qui sert de support majeur au système pathocratique et permet aux psychopathes de se cacher parmi la population générale. On nous a convaincus que nous n’étions tous que des animaux et que tout le monde était capable de devenir un HITLER, un BUSH ou un MENGELE, si les circonstances s’y prêtaient. Nous y croyons parce que dans notre vie, nous avons tous fait des choses dont nous avons honte, pour lesquelles nous avons des remords. Nous connaissons ces pensées qui nous viennent dans des moments d’intense émotion, des pensées dont nous ne voudrions pas que les autres les connaissent ou les entendent. Nous sentons que nous avons cette part d’ombre en nous, une part de nous-mêmes dont nous ne sommes pas fiers. Parce que nous ressentons ce sentiment de honte et de remords concernant cet aspect de nous-même, nous projetons sur les autres cette capacité. Faire une telle projection revient à commettre l’erreur fatale.

Cela soulève deux questions. Premièrement, il existe une différence énorme entre quelqu’un qui, par exemple, dans le feu d’une dispute avec son partenaire, perd son self-control et abuse physiquement ou psychologiquement de cette personne, et quelqu’un qui accomplit la même chose froidement, avec calcul et préméditation. Il s’agit dans les deux cas de mauvaises actions. Je n’essaie pas de minimiser les abus commis dans un moment d’émotion. Mais cette même personne, celle qui perd le contrôle momentanément, serait incapable de calculer et de planifier froidement cet acte. En son for intérieur, quelque chose reculerait face à cette idée. Chez le psychopathe, cette voix de la conscience n’existe pas. Les psychopathes sont capables de comploter le génocide d’un peuple, comme celui des Palestiniens ; les personnes de conscience n’en sont pas capables. Une personne peut être tuée dans le feu d’une dispute. Plusieurs milliers peuvent mourir en raison d’un froid calcul.

Laura : Une manière de comprendre cela est de considérer les études qui montrent que chez les psychopathes, non seulement les taux de crimes violents sont plus élevés, mais aussi que les types de crimes violents qu’ils commettent différent de ceux qui sont commis par les non-psychopathes. Une étude a montré que deux tiers des victimes de psychopathes étaient des hommes étrangers [à la famille – NdT] tandis que deux tiers des victimes de non-psychopathes étaient des membres de la famille féminins ou des connaissances féminines — des crimes passionnels. Les gens normaux peuvent commettre des actes de violence quand ils sont en état d’extrême bouleversement émotionnel, mais les psychopathes choisissent avec sang-froid leurs victimes dans un but de vengeance ou de punition, ou pour atteindre quelques objectifs. C’est à dire que la violence psychopathique est instrumentale, un moyen d’arriver à ses fins — elle est prédatrice.

Henry : Deuxièment, dans une société dominée par « les valeurs pathologiques », si on peut utiliser cette expression, l’existence d’un petit groupe de gens sans conscience promouvant une culture de la cupidité et de l’égoïsme crée un environnement au sein duquel ce qui est pathologique devient la norme.

Dans une société (comme les États-Unis aujourd’hui), où le président peut mentir en toute impunité sur des questions de vie ou de mort, un environnement pathologique est créé, au sein duquel le mensonge devient acceptable. La violence est acceptable. La cupidité est acceptable. Cela fait partie intégrante de l’idéologie du Rêve américain : tout le monde peut réussir, peu importe ceux à qui vous devrez faire du mal pour y arriver. Et c’est par les actes qu’ils doivent commettre pour réellement réussir que les germes de la pathologie sont semés. Dans cet environnement, les gens de conscience qui sont faibles et influençables endossent les caractéristiques du type pathologique afin de survivre et de réussir. Ils voient que leurs dirigeants mentent et trichent, et ils en déduisent que s’ils veulent avancer, alors ils peuvent eux aussi mentir et tricher.

Laura : J’appelle cela la « Culture officielle ». Linda Mealeyn du Département de psychologie du College of St. Benedict à St Joseph dans le Minnesota, suggère qu’une société fondée sur la compétition — le capitalisme, par exemple — est une société où la psychopathie est adaptative et à des chances de s’accroître.

La psychopathie est une stratégie de vie adaptative qui réussit extrêmement bien dans la société américaine, et qui a donc augmenté au sein de la population. En outre, conséquence d’une société adaptative à la psychopathie, de nombreux individus qui NE sont PAS des psychopathes génétiques se sont adaptés de façon similaire, devenant des psychopathes « dans les faits », ou « sociopathes secondaires ». Autrement dit, dans un monde de psychopathes, ceux qui ne sont pas des psychopathes génétiques sont induits à se comporter comme des psychopathes, simplement pour survivre. Quand les règles sont établies de manière à rendre une société « adaptative » à la psychopathie, elle fait de chacun un psychopathe potentiel.

Henry : Si cette influence pathologique était retirée de la société, en mettant les psychopathes en quarantaine, en éduquant les gens de conscience aux symptômes de la pathologie, à ce qu’il faut considérer et à la façon dont gérer la manipulation, en changeant les systèmes créés par les psychopathes — si, au moyen de telles méthodes, nous étions capables de supprimer cette influence ponérogénique, alors l’autre pôle, celui de la conscience, serait le plus influent des deux, et les gens tendraient vers l’altruisme et la vérité plutôt que vers l’égoïsme et les mensonges. Si nous étions capables de supprimer l’influence pathologique, nous découvririons peut-être que nos conceptions de la « nature humaine » sont erronées et mal évaluées, parce que nous acceptons en tant qu’« humains » ceux qui sont génétiquement sans conscience. Supprimez-les, eux et leurs actions, de l’ensemble des données, supprimez leur influence de la société dans son ensemble, et les qualités supérieures de la nature humaine douée de conscience pourraient trouver des moyens d’expression que nous n’aurions jamais imaginés possibles.

Silvia CATTORI : Comment peut-on discerner les psychopathes des gens sains ? Pouvez-vous nous faire le portrait du véritable psychopathe ? Pouvez-vous nous donner des exemples permettant de faire le lien avec quelque chose de plus général ? Quelles sont les facultés qui leur font défaut ?

Laura : Le portrait le plus simple, le plus clair et le plus vrai du psychopathe est donné dans les titres de trois riches ouvrages sur le sujet dont l’un s’intitule Without Conscience [3].

Un psychopathe, c’est exactement cela : une personnne sans conscience. La chose la plus importante à retenir est qu’il se dissimule sous un masque de normalité qui est souvent si convaincant que même les experts sont trompés et, en conséquence, ces psychopathes deviennent « les Serpents en costume cravate » qui contrôlent notre monde. C’est la réponse en bref.

Henry : La culture populaire voit les psychopathes comme des personnages tels Hannibal LECTER, héros du « Silence des agneaux », c’est à dire des tueurs en série. Cependant, bien qu’un certain nombre de psychopathes soient des criminels et aient eu affaire à la justice et que certains soient en fait des tueurs en série, un grand nombre d’entre eux n’ont jamais d’ennui avec la justice. Ce sont les plus intelligents, et aussi les plus dangereux parce qu’ils ont trouvé des moyens d’utiliser le système à leur avantage.

Un grand nombre de traits caractérisent les psychopathes : l’un des plus évidents est l’absence totale de conscience. Tout sens de remords ou d’empathie envers les autres est absent chez eux. Ils peuvent être extrêmement charmants et sont experts pour charmer et hypnotiser leur proie par la parole. Ils sont également irresponsables. Rien n’est jamais leur faute ; quelqu’un d’autre ou le monde en général est toujours à blâmer pour tous leurs « problèmes » ou leurs erreurs.

Martha STOUT, dans son livre The Sociopath next door [Le sociopatthe d’à côté — NdT], identifie ce qu’elle appelle le stratagème de la pitié. Les psychopathes utilisent la pitié pour manipuler les autres. Ils vous convainquent de leur donner encore une chance, et de ne parler à personne de ce qu’ils ont fait. Ainsi, un autre trait — l’un des plus importants — est leur capacité à contrôler le flux d’information.

Ils sont également incapables d’éprouver des émotions profondes. En fait, quand Robert HARE — un psychologue canadien qui passa sa carrière à étudier la psychopathie — fit passer des scanners cérébraux à des psychopathes tout en leur présentant deux séries de mots : une série de mots neutres sans association émotionnelle, et une série composée de mots chargés émotionnellement, alors que différentes zones du cerveau s’activèrent dans le groupe test des non-psychopathes, dans celui des psychopathes, les deux séries furent traitées par la même zone du cerveau, celle qui traite le langage. Ils n’eurent pas de réaction émotionnelle instantanée.

Toute notre vie émotionnelle est un mystère pour eux, et en même temps, elle leur fournit un outil formidable pour nous manipuler. Pensez à ces moments où nous sommes profondément affectés par nos émotions, et à quel point notre capacité à réfléchir s’en trouve affaiblie.

Maintenant, imaginez que vous êtes capable de feindre une telle émotion, tout en restant calme et calculateur, tandis que la personne avec laquelle vous échangez est véritablement prise dans un tourbillon émotionnel. Vous pourriez avoir recours aux larmes ou aux cris pour obtenir ce que vous voulez, tandis que votre victime serait poussée au désespoir par les émotions qu’elle vivrait.

Il semble aussi qu’ils n’aient pas de réelle conception du passé ou du futur, vivant entièrement pour leurs besoins et désirs immédiats. En raison de la stérilité de leur vie intérieure, ils recherchent souvent de nouveaux frissons, depuis le sentiment de puissance ressenti en manipulant les autres jusqu’à l’engagement dans des activités illégales pour la simple poussée d’adrénaline qu’elles procurent.

Un autre trait du psychopathe est ce que LOBACZEWSKI définit comme leur « connaissance psychologique spéciale » des gens normaux. Ils nous ont étudiés. Ils nous connaissent mieux que nous-ne nous connaissons nous-mêmes. Ils sont experts dans l’art de toucher nos points sensibles, d’utiliser nos émotions contre nous. Mais en plus, ils semblent même avoir une sorte de pouvoir hypnotique sur nous. Quand nous commençons à être pris dans la toile d’un psychopathe, nos facultés de réflexion se détériorent, se troublent. On dirait qu’ils nous jettent un sort.

Ce n’est que plus tard, une fois que nous ne sommes plus en leur présence, fascinés par eux, que la clarté de pensée réapparaît, et nous restons là à nous demander comment nous avons pu être incapables de réagir ou de nous opposer à leurs actes. De nombreux livres écrits en anglais sur la psychopathie mentionnent les psychopathes en tant que groupe qui partage un ensemble de traits communs. L’échelle la plus largement utilisée pour mesurer la psychopathie a été développée par le Dr HARE. Il s’agit du PCL-R [4].

Il énumère vingt traits que l’on peut trouver dans cette personnalité. Si le trait se manifeste quelquefois, on lui donne 1 ; si le trait domine la personnalité, on lui donne 2. Le total maximum est de 40. Les gens qui ont plus de 30 sur l’échelle PCL-R sont considérés comme des psychopathes.

Mais LOBACZEWSKI est allé plus loin en donnant une taxonomie des différents types de psychopathes et autres types pathologiques, et en montrant la façon dont leurs déviances oeuvrent de concert pour former un système pathologique. Il a révélé certains travaux réalisés par des psychologues en Europe, travaux qui avaient été perdus au cours de la période communiste.

Laura : Le diagnostic est une question litigieuse qui fait l’objet d’une controverse [5].

LOBACZEWSKI mentionne le fait qu’en Allemagne nazie et en Russie stalinienne, les sciences psychologiques furent cooptées pour soutenir les régimes totalitaires, et que cela fut accompli par des psychopathes au pouvoir qui entreprirent ensuite de détruire toute possibilité de diffuser largement des informations précises sur la condition [psychopathique – NdT].

Il fait remarquer que tout régime constitué principalement de déviants pathologiques ne peut permettre à la psychologie de se développer et de s’épanouir librement, parce que le régime lui-même serait alors diagnostiqué comme pathologique, ce qui révélerait « l’homme derrière le rideau ».

En se fondant sur des observations de première main du phénomène en question, LOBACZEWSKI déclare que la répression du savoir est entreprise de façon typiquement psychopathique : à couvert et derrière un « masque de santé mentale ». Pour être capable de contrôler les sciences psychologiques, on doit savoir ou être capable de sentir ce qui se passe et quels domaines de la psychopathologie sont les plus dangereux. Un régime politique pathologique localise les individus psychopathes œuvrant dans ce domaine (habituellement de très médiocres scientifiques), facilite leurs études universitaires et leurs diplômes ainsi que l’obtention de postes-clés avec un pouvoir d’encadrement des organisations scientifiques et culturelles. Ils sont alors en position d’écraser les personnes plus douées — étant motivés aussi bien par leur propre intérêt que par cette jalousie typique qui caractérise l’attitude du psychopathe envers les gens normaux. Ce sont eux qui surveillent les articles scientifiques pour leur « propre idéologie » et qui font tout pour s’assurer qu’un bon spécialiste se verra refuser la documentation scientifique dont il aura besoin.

Le fait est qu’au cours de ces cinquante dernières années, le concept de psychopathie a été fortement rétréci, et se réfère maintenant à un trouble de la personnalité spécifique, bien qu’il y ait eu des tentatives de supprimer entièrement la classification, en la remplaçant par le «  trouble de la personnalité antisociale », qui peut comprendre une grande variété de comportements sans nécessairement exiger le diagnostic clinique de psychopathie. Robert HARE souligne à quel point il est crucial de comprendre que la psychopathie n’est pas synonyme de criminalité ou de violence ; tous les psychopathes ne s’engagent pas dans des comportements violents ou criminels. En même temps, les personnes violentes ou criminelles ne sont pas toutes des psychopathes.

Selon Robert HARE, CLECKLEY, LOBACZWESKI et beaucoup d’autres experts en psychopathie, un diagnostic de psychopathie ne peut se baser sur des symptômes comportementaux visibles à l’exclusion des symptômes interpersonnels et affectifs, parce qu’une telle procédure transforme en psychopathes de nombreuses personnes qui sont simplement blessées par la vie ou la société, et permet aux vrais psychopathes qui arborent un « masque de santé mentale » bien construit d’échapper au dépistage. D’après une documentation de plus en plus conséquente, beaucoup (ou la plupart) des psychopathes grandissent dans des familles aisées et stables, et deviennent des criminels en col blanc qui, à cause de leur argent et de leur position, ne subissent jamais la révélation publique de leurs comportements destructeurs privés, et échappent constamment au système judiciaire.

Venons en maintenant au diagnostic et/ou au dépistage en particulier : il existe un certain nombre de théories sur l’étiologie de la psychopathie : par exemple la psychopathie en tant que stratégie adaptative ou variante de la personnalité normale, ou encore dysfonctionnement du cerveau, trouble de l’attachement ou expression d’une pathologie dans la petite enfance, trouble d’apprentissage, etc. Très peu de preuves empiriques soutiennent l’idée que le vrai psychopathe est le résultat d’une enfance maltraitée, par contre de nombreuses preuves empiriques soutiennent une cause génétique. Le modèle neurobiologique nous donne l’espoir de détecter même le psychopathe le plus retors.

Comme Henry l’a mentionné, une étude portant sur les temps de réaction à divers mots — émotionnels, neutres, pseudo mots — a montré que les potentiels évoqués (ERP [6]) en tâches de décision lexicale [7] chez des non-criminels indiquaient que les réponses aux mots positifs et négatifs étaient plus précises et plus rapides que les réponses aux mots neutres. Dans les cerveaux de ces sujets, les sites centraux et pariétaux indiquaient des composants ERP rapides précoces et tardifs par rapport aux mots émotionnels. On en déduit que les composants tardifs d’ERP indiquaient un traitement continu du mot.

Dans la même étude, les criminels non-psychopathes montraient également une sensibilité aux mots émotionnellement chargés. Les psychopathes, quant à eux, ne montraient aucun temps de réaction ou différence d’ERP entre les mots neutres et émotionnels. En outre, la morphologie de leurs ERPs présentait une différence saisissante par rapport à celle des non-psychopathes. Le composant tardif d’ERP qui était long et étendu chez les non-psychopathes était petit et bref chez les psychopathes. On pense que cela reflète le fait que les psychopathes prennent des décisions lexicales et traitent l’information de façon superficielle.

Cela est confirmé par des études récentes d’imagerie cérébrale qui montrent que les psychopathes abusant de substances toxiques ont moins d’activité cérébrale durant la réalisation d’une tâche de décision lexicale que les non-psychopathes abusant des mêmes substances.

HARE et d’autres ont aussi découvert que les anomalies ERP des psychopathes ne s’arrêtaient pas au langage affectif mais incluaient aussi le langage abstrait. Une autre découverte curieuse notée dans deux études distinctes fut une onde négative exceptionnellement grande qui balayait les zones frontales du cerveau. Une interprétation possible est que cela reflète une profonde anomalie de traitement cognitif et affectif.

D’autres études récentes donnent des résultats et des conclusions similaires : à savoir que les psychopathes ont de grandes difficultés à traiter les éléments affectifs (émotionnels) à la fois verbaux et non-verbaux, qu’ils ont tendance à confondre la signification émotionnelle des événements, et le plus important, que ces déficits apparaissent dans les scanners du cerveau. Les psychopathes ont une distribution inter-hémisphérique inhabituelle des ressources de traitement, des difficultés à apprécier le sens subtil et les nuances du langage — comme les proverbes, les métaphores, etc. — ont une faible capacité de discrimination olfactive, vraisemblablement en raison d’un dysfonctionnement orbito-frontal, et pourraient être affectés par ce qui ressemble à une forme subclinique de trouble de la pensée caractérisée par un manque de cohésion et de cohérence dans le langage. Aucun autre modèle de psychopathie ne peut expliquer toutes ces anomalies cognitives et affectives, qui peuvent être détectées par des scanners du cerveau.

Le dernier point : nous travaillons sur le problème du trouble de la pensée, et tentons d’établir des règles générales afin que la personne lambda puisse réaliser ses propres estimations personnelles après avoir effectué des tests secrets au cours de discussions avec une personne qu’elle soupçonnerait de tromperie ou de manipulation (pour diverses raisons).

Mais il s’agit d’une question sensible. Comme LOBACZEWSKI le fait remarquer, si un psychopathe se considère lui-même comme normal, ce qui bien sûr est considérablement plus facile s’il est en position d’autorité, alors il considérera une personne normale comme différente, et donc anormale.

Les actions et réactions d’une personne normale, ses idées et critères moraux, étonnent le psychopathe, qui les voit comme anormaux. Quelqu’un de normal étonnera le psychopathe par sa naïveté, il considérera cette personne comme partisane de théories incompréhensibles sur l’amour, l’honneur et la conscience ; il ne sera pas loin de la traiter de « cinglé ». Cela explique pourquoi les gouvernements pathologiques ont toujours considéré les dissidents comme étant « mentalement anormaux ».

Le système judiciaire n’est pas fait pour gérer ce problème, car, évidemment, ce système est souvent la création d’individus pathologiques — ou du moins, ce sont eux qui l’administrent. Une législation bien pensée exigerait d’examiner scientifiquement les individus qui prétendent de façon trop insistante ou spécieuse que quelqu’un d’autre est psychologiquement anormal.

D’autre part, tout système social (ou tout dirigeant) pathologique au sein duquel la psychiatrie est utilisée pour des raisons politiques présente des problèmes supplémentaires. Toute personne se rebellant contre un système gouvernemental qui le choque par son étrangeté et son immoralité, peut facilement être désigné par les représentants dudit gouvernement comme un individu « mentalement anormal », quelqu’un qui a un « trouble de la personnalité » et qui devrait subir un traitement psychiatrique ; et les représentants de ce gouvernement ont de nombreux moyens à leur disposition pour prendre le contrôle de la procédure d’examen. Ils peuvent faire appel à un psychiatre scientifiquement et moralement dégénéré pour accomplir cette tâche.

Il s’agit donc d’une question épineuse.

Silvia CATTORI : Pouvez-vous citer certains types identifiés par M. LOBACZEWSKI ?

Henry : Comme la plupart des chercheurs, il opère une distinction initiale entre les déviances héréditaires et les déviances acquises, c’est-à-dire entre ceux qui sont nés pathologiques et ceux qui deviennent pathologiques à cause de blessures des tissus cérébraux ou de traumatismes dans leur enfance. Une blessure du tissu cérébral peut laisser des cicatrices qui changent ensuite la capacité de l’individu à percevoir et à ressentir. Ces zones du cerveau destinées à gérer ces fonctions ne peuvent le faire, et donc les données sont déviées vers d’autres zones normalement destinées à d’autres tâches.

Lobaczewski nomme caractéropathes les individus dont le caractère se développe de manière déformée à cause de blessures ou de traumatismes. Il donne ensuite la liste des différentes formes de caractéropathies : le caractéropathe paranoïde (il cite LENINE comme exemple) ; la caractéropathie frontale, une déviance due à des blessures dans les zones frontales du cortex cérébral (STALINE est un exemple de ce type) ; la caractéropathie induite par des substances (médicaments et drogues), causée par l’usage de produits qui endommagent le système nerveux central. Enfin, il cite les caractéropathies induites par les agents pathogènes (les maladies) (il suggère la possibilité que Franklin D. ROOSEVELT ait souffert de ce trouble), ainsi que certains personnages épileptiques (il cite CESAR et NAPOLÉON).

Les troubles héréditaires sont : la schizoïdie ou psychopathie schizoïdique, la psychopathie essentielle, la psychopathie asthénique, la psychopathie anankastique, hystérique et skirtoïde, et les individus qu’il qualifie de «  chacals », c’est-à-dire ceux qui finissent comme tueurs à gages ou mercenaires. LOBACZEWSKI conjecture que ce dernier type est un mélange des autres types. Pour donner une idée, je vais juste évoquer deux types.

La psychopathie schizoïde est une déviance qui engendre des personnes hypersensibles et méfiantes qui ne tiennent aucun compte des sentiments des autres. Elles sont attirées par les idées grandiloquentes, mais leur nature psychologique appauvrie limite gravement leurs perceptions et transforment leurs soi-disant « bonnes intentions » en influences favorisant le mal. Leur idée de la nature humaine finit par pervertir leurs tentatives.

Comme le dit LOBACZEWSKI, l’expression typique de leur attitude envers l’humanité se retrouve dans ce qu’il appelle la « déclaration schizoïdique » : « La nature humaine est si mauvaise que dans la société humaine, l’ordre ne peut être maintenu que par un pouvoir fort créé par des individus hautement qualifiés au nom d’une idée supérieure ». Combien de mouvements contemporains, du fascisme au communisme en passant par le néo-conservatisme, sont fondés sur cette idée ! On pourrait facilement imaginer que cette déclaration vient de Leo STRAUSS, par exemple.

Les psychopathes essentiels sont ceux qui se rapprochent le plus de l’idée de la psychopathie examinée par CLECKLEY, HARE, BALBIAK et d’autres. LOBACZEWSKI fait cette remarque effrayante : « Ils apprennent à se reconnaître dans une foule dès l’enfance, et ils développent la conscience de l’existence d’autres individus similaires à eux. Ils prennent également conscience de leur différence par rapport au monde des personnes qui les entourent. Ils nous voient avec un certain recul, comme une variété para spécifique ».

Pensez aux implications de cette déclaration : Ils sont, dans une certaine mesure, conscients d’appartenir à un groupe, et ce, même depuis l’enfance ! Reconnaissant leur différence fondamentale par rapport au reste de l’humanité, leur allégeance serait envers ceux de leur espèce, c’est-à-dire les autres psychopathes.

LOBACZEWSKI fait remarquer que, dans toute société, les individus psychopathiques créent souvent un réseau actif de collusions communes, séparé dans une certaine mesure de la communauté des gens "normaux". Ils sont conscients d’être différents. Leur monde est éternellement divisé selon le mode « eux et nous » ; leur monde avec ses propres lois et coutumes, et l’autre « monde étranger » des gens "normaux" qu’ils considèrent comme rempli d’idées et de coutumes présomptueuses sur la vérité, l’honneur et la décence, à la lumière desquels ils se savent moralement condamnés.

Leur propre sens déformé de l’honneur les pousse à tromper et à injurier les non-psychopathes et leurs valeurs. En contradiction avec les idéaux des gens normaux, les psychopathes ressentent comme un comportement normal le fait de rompre les promesses et les accords. Non seulement ils convoitent les biens et le pouvoir et les revendiquent comme un droit, simplement parce qu’ils (les psychopathes) existent et qu’ils peuvent se les approprier, mais ils prennent aussi un plaisir particulier à spolier autrui et usurper leurs biens ; ce qu’ils peuvent plagier, escroquer et extorquer sont des fruits bien plus savoureux que ceux qu’ils peuvent récolter par un travail honnête. Ils réalisent aussi très tôt à quel point leurs personnalités peuvent avoir des conséquences traumatisantes sur les personnalités des non-psychopathes, et apprennent comment tirer avantage de cette source de terreur afin d’atteindre leurs objectifs.

À présent imaginez à quel point les êtres humains qui sont totalement ignorants du sujet pourraient être abusés et manipulés par ces individus s’ils étaient au pouvoir dans différents pays, feignant d’être loyaux envers les populations locales tout en insistant sur les différences physiques évidentes et facilement discernables entre groupes (telles que la race, la couleur de peau, la religion, etc.). Les humains psychologiquement normaux seraient dressés les uns contre les autres sur la base de différences insignifiantes tandis que les déviants au pouvoir, dont la différence fondamentale par rapport au reste d’entre nous est l’absence de conscience, l’incapacité à éprouver des sentiments pour un autre être humain, récolteraient les bénéfices et tireraient les ficelles.

Je pense que cela décrit de façon assez juste la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui.

Silvia CATTORI : Pouvez-vous donner des exemples à même de nous aider à comprendre le problème de manière plus générale ?

Henry : A. LOBACZEWSKI nous offre une analyse de la manière dont les différents types de psychopathes travaillent de concert pour former un système au sein duquel les personnes cliniquement pathologiques détiennent les clés du pouvoir et dirigent les gens psychologiquement normaux.

Au début du livre, LOBACZEWSKI décrit ses expériences à l’université, où il rencontra le phénomène pour la première fois. Il se rendit à la bibliothèque pour emprunter quelques livres traitant de la psychopathie et découvrit avec étonnement qu’on les avait tous retirés ! Ce fait démontre qu’ils sont conscients de leur différence, au moins certains d’entre eux, et dans le cas de la Pologne sous le communisme, ces individus conscients de leur différence étaient suffisamment haut placés et avaient suffisamment de pouvoir pour faire retirer les livres de la bibliothèque universitaire. Laura nous a dit que ce passage lui avait fait dresser les cheveux sur la tête ! Les implications de ce fait sont d’une portée considérable pour la compréhension de notre monde, de la façon dont il en est arrivé là, et de ce qu’il nous faut faire pour le changer.

Mais voici quelques exemples de comportement psychopathique rapportés par d’autres auteurs : Une mère joue à cache-cache avec sa fille de 4 ans. Elle tient un grand couteau de cuisine dans la main. Elle dit à sa fille : « je vais compter jusqu’à cent, et si je te trouve, alors je te couperai les pouces ». La petite fille, terrifiée, se cache dans son placard, et la mère — qui sait que c’est probablement l’endroit où elle se cache — la laisse là, terrifiée, effrayée, traumatisée, jusqu’à la fin du jeu. Quand la mère ouvre la porte, elle se penche sur sa fille et entaille la peau d’un de ses pouces.

Une famille a deux fils. L’un d’eux se suicide avec un fusil de chasse. Le Noël suivant, les parents offrent ce même fusil à leur autre fils comme cadeau de Noël. Quand on leur demande pourquoi, ils répondent : « C’était une arme excellente ».

Comment un tel comportement peut-il être compatible avec un système de croyance qui nous dit que nous avons tous une étincelle divine en nous, ou que tout le monde a une conscience ? Pouvez-vous imaginer faire de telles choses à vos propres enfants ?
Notre système de morale ne nous donne aucun moyen de traiter cette maladie. Elle doit être comprise pour ce qu’elle est. Ces personnes ne peuvent être «  soignées »

Imaginez ce même individu au pouvoir, et vous serez en mesure d’expliquer des scandales comme celui d’Enron. HARE rapporte des cas de psychopathes qui s’en prennent aux personnes âgées. Imaginons qu’une personne âgée ait été escroquée des économies de toute une vie — manifestement par un psychopathe. Un autre psychopathe contactera la victime, se faisant passer pour un avocat qui, moyennant finance, pourra récupérer son l’argent. La victime empruntera alors de l’argent à un ami ou un proche et le perdra au profit de l’avocat marron.

Laura : Un des facteurs principaux à prendre en compte dans la façon dont une société peut être accaparée par un groupe de déviants pathologiques est que la seule limitation est celle de la participation d’individus prédisposés au sein de cette société. Pour les déviants les plus actifs, LOBACZEWSKI donne le chiffre approximatif de 6% en moyenne sur une population donnée. Bien sûr, ce chiffre varie selon les pays, en fonction de nombreuses variables. La société occidentale offre un large choix d’individus prédisposés.

Le psychopathe essentiel est au centre de la toile. Les autres psychopathies et caractéropathies décrites par LOBACZEWSKI et d’autres forment le second niveau du Système de Contrôle Pathologique, et il est important de noter qu’ils sont bien plus nombreux que les psychopathes essentiels. Ainsi, ce groupe représente-t-il environ 6% d’une population donnée.

Le niveau suivant d’un tel système est composé d’individus qui sont nés normaux, mais qui sont déjà déformés par une exposition à long terme à des éléments psychopathiques via les influences familiales ou sociales, ou qui, par quelque faiblesse psychique, ont choisi de satisfaire aux exigences de la psychopathie pour leurs propres buts égocentriques. En termes de chiffres, selon LOBACZEWSKI, ce groupe représente environ 12% d’une population donnée dans des conditions normales ; il est difficile, comme le fait remarquer LOBACZEWSKI, de tracer une frontière précise entre ces derniers types et les déviants génétiques sans l’apport d’une science authentique et non-psychopathique. À l’heure actuelle, les distinctions ne peuvent être que descriptives.

Il se trouve donc que 18% d’une population donnée oeuvrent activement à la création et à la domination d’une pathocratie (ou font des tentatives qui vont dans ce sens). Le groupe de 6% constitue la noblesse pathocratique, et le groupe de 12% forme la nouvelle bourgeoisie, dont la situation économique est des plus avantageuses.

Une fois établi, le système psychopathique élitiste ronge tout l’organisme social, gâchant les compétences et pouvoirs de celui-ci. Une fois qu’une pathocratie a été établie, elle suit un certain chemin et possède certains pouvoirs «  attractifs ». Dans une pathocratie, le système socio-économique émane de la structure sociale créée par le système du pouvoir politique, qui est un produit de la vision du monde élitiste propre aux déviants pathologiques. Ainsi, on peut dire que la pathocratie ressemble à un processus de maladie macrosociale créé par des agents pathogènes humains, et elle peut en venir à affecter une nation entière à un degré équivalent à un cancer qui diffuse ses métastases. La maladie macrosociale de la pathocratie suit exactement le même modèle que le cancer qui évolue dans un organisme en suivant un processus pathodynamique caractéristique.

Il est impossible de comprendre un tel phénomène pathologique en utilisant les méthodes des gens « normaux » qui ne prennent pas en compte les processus de pensée déviants des agents pathogènes humains. On pourrait certainement dire que le monde entier est gouverné par une « pathocratie cachée » (ou cryptopathocratie) depuis très longtemps. De nombreux chercheurs suggèrent qu’il y a toujours eu un « gouvernement secret » opérationnel même si le gouvernement « officiel » n’est techniquement pas une pathocratie. On peut suggérer que les psychopathes sont techniquement TOUJOURS en coulisse, même au cours des cycles historiques qui ne sont PAS des pathocraties (c’est à dire les « bonnes périodes » que LOBACZEWSKI décrit comme la fondation d’un cycle hystéroïde qui ouvre la porte à une pathocratie à découvert).

Si nous utilisons le terme pathocratie à la place de « loi du gouvernement secret », alors toute l’Histoire devient une « pathocratie » et le mot perd son sens, il est donc important de noter que le terme « pathocratie » est le phénomène spécifique représentant une conséquence de l’hédonisme des bonnes périodes, et qu’elle est caractérisée par (100) cent% de psychopathes essentiels exerçant ouvertement des fonctions de commandement, comme c’est arrivé en Allemagne nazie, en Russie communiste et en Europe de l’Est. Et, dois-je ajouter, comme cela se produit actuellement.

On ne peut réellement qualifier les questions auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui, qui ont trait aux « politiques », en utilisant les termes usuels des idéologies politiques, car, comme nous l’avons souligné plus haut, les déviants pathologiques opèrent sous un masque, en utilisant la tromperie et autres tactiques de manipulation psychologiques qu’ils pratiquent avec une grande ingéniosité.

Si nous pensons ou croyons qu’un groupe politique portant tel ou tel nom est hétérogène eu égard à sa vraie nature, nous ne serons pas capables d’identifier les causes et propriétés de la maladie. N’importe quelle idéologie sera utilisée pour dissimuler les caractéristiques pathologiques aux experts comme aux gens ordinaires.

Ainsi, tenter de se référer à ceci ou cela comme étant de « gauche » ou de « droite » ou « socialiste », « démocratique », « communiste », « démocrate » ou « républicain », etc., ne nous aidera jamais à comprendre l’autoreproduction pathologique et ses influences externes expansionnistes. Comme le dit LOBACZEWSKI, « Ignota nulla curatio morbi [8] » ! Aucun mouvement ne réussira jamais s’il ne tient pas compte de la psychopathie et de la ponérologie !

 

Source : Palestine Solidarité, interview : Silvia Cattori, traduit de l’Anglais par Henri R. pour Futur Quantique

 

1 A. ŁOBACZEWSKI. Ponérologie politique : étude de la genèse du mal appliqué à des fins politiques. Les Éditions Pilule rouge.

2 Les deux premiers manuscrits furent perdus, comme il le décrit dans la préface. Le premier fut brûlé quelques minutes avant l’arrivée de la police lors d’une perquisition à son domicile, et le deuxième fut envoyé au Vatican via un intermédiaire dont on n’entendit plus jamais parler. La troisième version, celle publiée par « Red Pill Press », fut écrite lorsqu’Andrzej vivait aux États-Unis durant les années Reagan. Zbigniew BRZESZINKI avait proposé de l’aider à trouver un éditeur, mais après plusieurs mois, il devint clair qu’au mieux, il ne faisait rien, et qu’au pire, il s’employait activement à faire en sorte que l’oeuvre ne soit jamais publiée.

3 Without Conscience [Sans conscience — NdT] de Robert HARE, The Mask of Sanity [Le masque de santé mentale — NdT] de Hervey CLECKLEY, et Snakes in Suits [Des serpents en costume-cravate — NdT] de HARE et Paul BABIAK

4 PCL-R : Psychopathy Checklist — Revised : liste des caractéristiques psychopathiques — NdT

5 Il existe une controverse qu’il faut expliquer si l’on veut comprendre les possibilités de détection.
D’un côté de la controverse, on trouve la description traditionnelle de la psychopathie dérivée de l’ancienne tradition européenne mentionnée par LOBACZEWSKI, combinée à la tradition nord-américaine d’Hervey CLECKLEY, Robert HARE et d’autres. Elle s’accorde généralement avec l’expérience des psychiatres, psychologues, personnel de justice criminelle, psychopathologistes expérimentaux, et même des membres du public profane qui ont personnellement eu affaire à la psychopathie.
De l’autre côté de la controverse, on trouve un mouvement « néo-kraepelinien » dans le psychodiagnostic, mouvement étroitement associé aux recherches menées par l’université de Washington, à St Louis, dans le Missouri. Ce dernier point de vue est très étroitement aligné sur le critère de diagnostic du manuel psychiatrique américain connu sous les noms de DSM-III, DSM-III-R, et DSM-IV (DSM : Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) — NdT). L’approche fondamentale de cette école est que l’évaluation d’un psychopathe repose presque entièrement sur des comportements connus ou observables en public, ce qui va directement à l’encontre de ce que l’on sait concrètement au sujet des psychopathes.
Une des conséquences de l’ambiguïté inhérente aux critères d’ASPD/psychopathie du DSM-IV est qu’elle laisse la porte ouverte à des procès au cours desquels un clinicien peut dire que l’accusé satisfait à la définition d’ASPD présente dans le DSM-IV, et un autre clinicien peut dire le contraire, et les deux peuvent avoir raison ! 

Cet échec du DSM-IV à différencier entre psychopathie et ASPD peut avoir (et aura sans aucun doute) de très graves conséquences pour la société.

6 ERP : Event Related Potential, Potentiel Évoqué en français (PE). En électroencéphalographie, un potentiel évoqué désigne le signal électrique produit par le système nerveux en réponse à une stimulation externe (son, lumière) ou interne (prise de décision, préparation motrice). Ce signal étant en général très faible, il est nécessaire de répéter l’enregistrement un grand nombre de fois de façon à moyenner toutes ces mesures et à obtenir une caractérisation du potentiel évoqué qui soit fiable.

7 La tâche de décision lexicale est une expérience comportementale, c’est-à-dire une expérience visant l’exploration psychologique d’un comportement. Elle consiste à présenter des mots ou des pseudomots (chaînes de caractères qui respectent les règles phonotactiques de la langue, comme cateau). On demande alors aux sujets de répondre le plus rapidement et le plus précisément possible si c’est un mot ou un pseudomot. Cette tâche peut être visuelle ou auditive.

Qui sème le vente récolte la tempête.

AFP - Mardi 27 novembre, 21h32

BORDEAUX (AFP) - L'ex-ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances Azouz Begag a accusé Nicolas Sarkozy d'avoir semé "la haine" dans les banlieues pendant la campagne présidentielle, dans un entretien publié mercredi dans le quotidien Sud Ouest.

cette poudrière avec sa sémantique guerrière", a estimé M. Begag interrogé sur les violences qui ont éclaté à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) à la suite du décès de deux adolescents.

"Les jeunes des banlieues ont très bien compris qu'ils avaient été utilisés comme des appâts au bout du crochet électoral de Nicolas Sarkozy. Tout ça pour racler 5% de voix au Front National. Et lorsque l'on sème la haine, on récolte la tempête", a ajouté l'ancien ministre du gouvernement Villepin désormais rallié au MoDem.

M. Begag a par ailleurs affirmé avoir "vraiment peur" ajoutant que "depuis 2005, tout le monde savait que ça allait exploser à nouveau".

"Nous sommes hélas embarqués dans une histoire qui va considérablement nous rapprocher des grandes villes américaines, et de leurs émeutes comme à Los Angeles où les gens ont fini par s'entretuer", a-t-il estimé.

"Moi je n'ai d'autre solution que d'aller vers eux pour lancer des appels au calme et leur demander de faire confiance à la justice. Sinon c'est la guerre, dix morts, vingt morts ou cinquante morts", a-t-il ajouté.

"J'attends du président qu'il fasse un grand discours dès son retour de Chine", a-t-il poursuivi. "Que Fadela Amara (secrétaire d'Etat chargée de la politique de la Ville) prenne sa voiture ou le métro et discute avec les jeunes", a-t-il suggéré.

27.11.2007

Monnaie de singe et mouvement perpétuel

NEW YORK (Reuters) - Wall Street a ouvert mardi en hausse, en rebond par rapport à la veille, l'injection de 7,5 milliards de dollars d'argent frais dans Citigroup par l'émirat d'Abou Dhabi ayant rassuré les investisseurs sur les perspectives du secteur bancaire aux Etats-Unis.

Cette annonce, qui permet à Abou Dhabi d'obtenir jusqu'à 4,9% de la première banque américaine, l'une des plus fortement malmenées par le "subprime", pourrait déclencher le rebond de beaucoup de valeurs en forte baisse depuis le début du mois de novembre . Le titre Citigroup gagne 2,7%.

 

Note de P&P : Voilà un financeur atypique, l'émirat d'Abou Dhabi. En fait, Abou Dhabi est une des composantes des Emirats Arabes Unis. Les EAU sont un grand exportateur de pétrole avec près de 5% des exportations mondiales soit plus que l'Iraq ou le Vénézuela.

Il est également à noter que les barils de pétrole sont négociés obligatoirement en dollars. Cela signifie que des milliards et des milliards de dollars tombent régulièrement dans les caisses des producteurs de pétrole.

Le problème est qu'aujourd'hui la valeur du dollar n'est plus que virtuelle. Depuis la création en 1913 de la banque fédérale par quelques grandes familles, la machine a billet est dirigée par une entité privée. Depuis 1971 la monnaie "dollar" n'est plus indexée à la valeur or et depuis mars 2006 le volume de dollar en circulation dans le monde n'est même plus communiqué.

On pourrait se dire que malgré cette opacification autour de la valeur "dollar" celle-ci demeure liée à l'économie de son pays. Certes...

Avec  une dette grandissante et dépensant déjà les 9000 milliards de dollars, une délocalisation massive de l'outil de production en Chine et l'écroulement du marché immobilier, nous vivons la disparition planifiée d'un empire. Le soubressauts sont moyennement perceptibles car cette chute n'en est qu'à ses débuts et cela fait des années que la part des Etats Unis dans l'économie mondiale diminue, elle ne représente plus qu'un quart du PIB mondial.

Deux perfusions particulièrement toxiques ont permis de maintenir le malade en vie :

1/ le fonctionnement débridé de la planche à billet qui permet de réinjecter ces nouveaux dollars dans les banques au bord de l'asphyxie, d'acheter des actions pour maintenir les cours de bourse, de rembourser les créditeurs les plus pressants, d'acheter des propriétés pour  limiter l'effondrement du marché immobilier,...

2/ le maintien artificiellement haut du cours du pétrole (via la spéculation sur l'évolution des cours et la limitation délibérée des capacités de raffinage): en effet plus le pétrole est cher plus les oligopoles pétroliers qui sont pour la plupart étasuniens peuvent engranger des profits et légérement rééquilibrer les finances de leur pays.

 

 

Six minutes après l'ouverture, l'indice Dow Jones prend 74,13 points ou 0,58% à 12.817,57 points, le S&P 500 progresse de 11,18 points (0,78%) à 1.411,40 points.

Le composite du Nasdaq monte de 32,00 points à 2.572,99 points (1,26%).

(...)

A la baisse, les valeurs pétrolières reculent, sur fond de forte baisse des cours de pétrole. Bear Stearns a toutefois relevé sa recommandation sur Chevron, passant de "performance en ligne" à "surperformer". Le titre cède 1%.

La plupart des grands indices boursiers ont reculé de 10% depuis leurs plus hauts d'un an touchés en octobre, ce qui correspond techniquement à une correction, la première observée à Wall Street depuis plus de quatre ans.

 

Note de P&P : En rachetant partiellement Citigroup Abou Dhabi a donc réussi d'une part à écouler une partie de son giganteque stock de billets verts et d'autre part à rassurer le secteur bancaire et soutenir ainsi la valeur du dollar.

Mais combien de temps l'illusion durera-t-elle ?

Dette abyssale, marché immobilier en chute libre, cours du pétrole commençant à baisser, inflation grandissante, délocalisations massives, monnaies perdant un peu plus de valeur chaque jour,... Nous sommes en train d'assister en direct à l'effondrement programmé d'un empire. Les psychopathes au sommet de la pyramide ont savamment orchestré ce drame et ils ont sécruisé leurs actifs depuis un bon moment. Il sont désormais assis au premier rang pour se délecter de la souffrance de tout un peuple et ils se demande déjà : "A qui le tour ?".  

Villier-le-bel et sa "thèse officielle"

Depuis quelques jours je suis exposé comme vous au pillonage médiatique relatif à l’affaire de Villier-le-Bel.

Au départ j’écoutais distraitement les compte-rendus et reportages jusqu’à ce que ma curiosité soit piquée par l’uniformité des commentaires.

L’événement est tout récent, Il n’existe quasiment pas de preuves, de témoignages ou de résultats d’enquête et pourtant, quelques soient les sources : journalistiques,  juridiques, judiciaires ou politiques, c’est exactement le même refrain : les policiers sont innocents, il s’agit d’un accident, les jeunes n’avaient pas de casque.

Interpelé par cette homogénéité du discours je me suis rendu sur un populaire moteur de recherche et j’ai tapé « villier + responsables ». N’hésitez pas à faire de même, les résultats sont bluffants.

En substance les 5 premiers résultats disent la même chose : « les policiers ne sont pas responsables », le seul changement provenait de la manière de le dire.

Ces 5 premières réponses proviennent-elles de médias alternatifs d’extrême droite en soif de charters vers le Mali et de karcherisation ? Que nenni. Dans l’ordre d’apparition il s’agit de :

20 minutes : Villiers-le-Bel : selon la police, les policiers ne sont pas responsables

Europe 1 : la responsabilité des policiers ne serait pas engagée

France 24 : Sur leur chemin, ils heurtent une voiture de police

RTL Info : Les premiers éléments de l'enquête (…) écartaient lundi la responsabilité des policiers

Le Point : Cette affaire est considérée pour l'instant officiellement comme un accident

 

La ponérisation de la société française devient tellement flagrante que les pathocrates sont trahis par l’insistance de leur propres mensonges. La justice, la police, les politiques, les médias ont atteint un tel niveau de corruption et de partialité que lorsqu’ils hurlent tous en cœur en faveur de telle ou telle thèse  alors vous pouvez être assuré que la thèse opposée recèle une part de vérité. Comme dit le dicton populaire : ils se défendent avec trop de véhémence pour être totalement innocents.

Cette situation est d’autant plus paradoxale que cette affaire n’a que 48 heures, que l’enquête vient juste de débuter, et que les quelques éléments objectifs relatifs à ce double décès n’accréditent en rien la thèse officielle : d’une part lorsque les pompiers sont arrivés il n’y avait pas de policiers sur les lieux, d’autres part la zone d’impact se trouve sur la partie avant du véhicule de police.

Si l’on prête attention au discours des uns et des autres, Le petit karcheriseur en tête, on entend des remarques prononcées la main sur le cœur du type « laissons faire la justice » mais les mêmes intervenants soulignent qu’il y a de fortes probabilités que les policiers soient innocents.

Vous aurez également remarqué cette manoeuvre de la pensée psychopathique que l’on nomme paramoralisme. En soulignant systématiquement que ces deux jeunes n’avaient pas de casque, on inverse les rôles : ils n’avaient pas de casque, donc ils sont dans l’illégalité, donc ce sont eux les coupables. Pour utiliser une image c’est un peu comme si un tortionnaire croyait démontrer la culpabilité de sa victime en révélant qu’elle a proféré une insulte.

Andrew Lobaczewski  dit :

Paramoralisme : La conviction qu’il existe des valeurs morales et que certaines actions violent des règles morales est un phénomène tellement commun et ancien qu’il semble avoir quelque substrat au niveau du patrimoine instinctif (encore qu’il ne soit certainement pas entièrement adéquat dans le cadre de la vérité morale), et qu’il ne fait pas que représenter des siècles d’expérience, de culture, de religion et de socialisation. Dès lors, toute insinuation infiltrée dans des slogans moraux est toujours suggestive, même quand les critères “moraux” utilisés ne sont que pure invention ad hoc. N’importe quel acte peut donc être vu comme immoral ou moral par le biais de paramoralismes et de la suggestion active; il se trouvera toujours des gens pour tomber dans le panneau de ce genre de raisonnements.

A titre d’exemple d’acte mauvais dont la valeur négative ne suscite aucun doute dans aucune situation sociale, les experts en éthique citent souvent la maltraitance d’enfants. Mais les psychologues se trouvent fréquemment confrontés à des qualifications pseudo-morales de ce comportement dans leur cabinet, comme dans le cas de cette famille déjà mentionnée, où la soeur aînée avait subi une lésion dans la zone préfrontale. Ses jeunes frères affirmaient avec force que les traitements sadiques infligés par leur soeur à son fils provenaient du sens moral exceptionnellement élevé de celle-ci, et ils avaient été convaincus de cela par autosuggestion. La pseudo-morale échappe adroitement au contrôle de notre bon sens, et conduit parfois à l’affirmation d’un comportement dont le caractère est manifestement pathologique.

Emeutes à Villiers le bel : revue de presse (bourgeoise)

Lu sur Indymédia Paris

 
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Parce que, le site ne reçoit pas d'infos du terrain, parce que tout le monde n'a pas le temps de faire le tour des sites, petite revue de presse.
Si le Figaro comme le Parisien reprennent tranquillement le point de vue policier qui vise à disculper les policiers dans l'"accident" qui a coûté la vie à Larami et Moushin et se contentent de compter (le nombre de voitures, de commerces, de lieux publics brûlés, d'autres journaux, tels Libération ou le Monde font la part belle aux témoignages des habitants de ces quartiers... et permettent de voir combien le harcèlement policier, les menaces récurrentes des cow-boys sèment la peur, la haine, la rage sur le "terrain"... et que les émeutiers ont raison d'avoir des doutes à propos du soi-disant accident. Au PS, Montebourg nous refait le coup de la police de proximité, tandis que les maires des communes touchées par les émeutes tartinent de nouveau sur la politique de la ville. Pendant ce temps-là dans le Parisien, on interviewe, comme en 2005, Laurent Mucchielli, sur la violence... pour que celui-ci répète les mêmes choses. Le pire étant les commentaires sur les sites : les fachos tranquilles se déchaînent plus que jamais, en appellent à l'armée, se félicitent de la leçon de code de la route faite aux deux jeunes... Bref les années de propagandes sarkozystes font leur effet plus que jamais.

"Solidaires, les gars !", "restons groupés !"

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Tout d'abord, l'article du jour qui me semble le plus intéressant :

Banlieues : scènes de guérilla urbaine à Villiers-le-Bel

Le Monde

Ca sent le gaz lacrymogène, le plastique brûlé et la rage. Celle d'une centaine de garçons bien organisés, qui disent vouloir "buter" le moindre "Schtroumpf" - le moindre policier. Lundi 26 novembre, entre 19 h 30 et 22 h 45, cinq rues de la ZAC et du Puy, à Villiers-le-Bel, dans le Val-d'Oise, là où, la veille, deux jeunes garçons de 16 et 15 ans, Larami et Mouhsin, sont morts dans le choc de leur mini-moto contre une voiture de police, ont rejoué des scènes d'une extrême violence.

Restés invisibles tout l'après-midi, les policiers se sont postés en masse, en fin de journée, devant la gare du RER D, après l'incendie d'un camion poubelle. A peine les premiers lampadaires allumés, les jeunes attaquent avec des pavés, des feux d'artifice et des pétards "mammouth" - les plus gros.

Dès qu'un policier est touché, les garçons fêtent ça, les bras levés au ciel. Même cri de victoire quand ils reculent. Ils se hissent sur les toits des voitures, ils se prennent en photo avec les téléphones portables. "Attraper un flic", un "keuf", un "porc" : pendant trois heures, une poignée de meneurs répètent ces mots d'ordre : "Restons groupés !", "Solidaires, les gars !". Et les émeutiers, disciplinés, suivent les consignes.

Les "petits" - certains n'ont même pas 10 ans - jouent les éclaireurs. Ils débusquent les policiers et jettent des cocktails Molotov ; les plus grands veillent à ce que la voie soit libre. Pour enflammer voitures et magasins, ils se ravitaillent aux réservoirs de trois voitures du "95", où sont remplis les jerricans puis les bouteilles de verre. Un gaillard en survêtement noir, talkie-walkie branché sur une fréquence de la police, guide l'équipe.

La troupe sait qu'il ne sert à rien d'attaquer la mairie : elle a fermé ses portes. Le conseil de crise des élus se tient ailleurs, dans un lieu tenu secret.

DES FEMMES JETTENT DE L'EAU DU BALCON

"Anelka !". Ils se donnent des surnoms de footballeurs, d'animaux ("chameau") ou de héros de télé ("Frelon", alias Bruce Lee). Ils cachent aussi leurs visages. Echarpes haut sur le nez, capuches, et même, pour certains, tenues de CRS, avec matraque et bouclier. Un ami, caméra numérique montée sur pied, filme chaque pavé lancé, dans chaque voiture brûlée. Quand certains s'y croient et s'attardent trop devant l'objectif, les meneurs sermonnent : "Oh les gars, c'est pas du cinéma, c'est la guerre !"

"Allez les frères !", encourage-t-on sur le trottoir, où les anciens, médusés de tant de violence, sont descendus regarder le spectacle, tandis que d'autres tentent de sauver leur voiture. Certaines femmes jettent de l'eau du balcon de leur HLM pour soulager les yeux rougis de leurs "fils". Quand la police charge, certains étages n'hésitent pas à la "caillasser".

Au sol, toute arme est bonne à prendre : des multiprises, une épée, un fusil à pompe… Mais la plupart se battent avec des bâtons en bois ou des barres de fer chipées dans les chantiers. On s'approvisionne en bouteilles dans les silos de recyclage du verre. Panneaux d'affichage électoral ou de signalisation, poteaux, arbres servent d'arme ou de bouclier. Des coins entiers se retrouvent dans le noir, comme l'avenue du 8-mai-1945. Parfois, un coup de pied dans les lampadaires crée un court-circuit.

Tas de pierres et de poubelles bloquent certaines routes, comme des check-points de fortune. "La guerre, c'est ça mon pote. C'est faire tourner en rond l'ennemi", lance un meneur, s'improvisant général. Comme la veille, certains magasins, certaines concessions automobiles passent à travers les flammes : avant de mettre le feu, on discute.

"Celui-là, il est à la famille", crie une jeune voix devant le pressing du 8-mai-1945. La bibliothèque Louis-Jouvet, le supermarché Aldi, le salon de coiffure, l'auto-école ont moins de chance : pillés et incendiés pour le dernier par un gamin âgé d'à peine 13 ans. "Faut brûler nos amendes", lâchent-ils en chœur. C'est chose faite à 22h30, lorsque "les impôts" prennent feu.

La jeunesse de Villiers est dehors depuis longtemps. L'après-midi, on a photocopié à la hâte les portraits des deux adolescents "morts pour rien" : le même cri de ralliement qu'après le drame de Clichy-sous-Bois, en octobre 2005, lorsque deux jeunes gens avaient trouvé la mort dans un transformateur électrique. Les collèges et les lycées se sont donnés le mot pour une "marche silencieuse" - si l'on peut dire : dans cette ville proche de Roissy, c'est rare qu'un long-courrier laisse la ville tranquille. Elèves et grands frères, bonnets ou capuches, sacs à dos sur lesquels ils ont fièrement écrit, au Tipp-Ex, le nom de leur cité, entre trois "killer" et deux "fuck the cops", une masse défile.

Frères, sœurs et copains expliquent : "Les policiers n'avaient pas à partir, on aurait laissé passer les secours !" Un grand râle : "Vous allez voir qu'ils vont lancer le débat sur les mini-motos, pour faire diversion. Mais est-ce qu'on fait une histoire quand à Neuilly un cavalier ne porte pas de casque ?"

Dans la foule tendue et sans larmes, on compte aussi quelques profs, bouleversés, mais un seul élu, sans écharpe, - Rachid Adda, conseiller régional (MRC) d'Ile-de-France - et des responsables associatifs, atterrés par ce nouvel épisode de guerre entre jeunes et police. "Moi j'ai vécu Charonne, le 17 avril 1961. Mais la police, ça restait quand même police secours , rumine ce fonctionnaire de mairie. Aujourd'hui, mes enfants je leur dis : quand tu vois la police, tu t'enfuis ."

Ariane Chemin et Mustapha Kessous dans le Monde

Celui de Libé :

La colère ne s'arrête pas à Villiers-le-Bel

Plus de 60 policiers blessés dans des violences qui ont gagné d'autres communes du Val-d'Oise. Cinq agents sont dans état grave mardi matin. De nombreux véhicules ainsi que des bâtiments publics ont été brûlés. DIDIER ARNAUD et STÉPHANIE BINET QUOTIDIEN : mardi 27 novembre 2007 Mis à jour à 7 heures.

Des CRS protégeant un commissariat de police en construction. Face à eux environ 300 jeunes, dont certains munis de portières de voiture, dérobées chez un concessionnaire, en guise de boucliers. C'était une des images fortes, hier vers 22 heures, à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), qui semblaient entamer une deuxième nuit de violences.

Promesse. Plus de 60 policiers ont été blessés par des tirs de grenailles dans le Val-d'Oise, selon un bilan de la police, mardi matin. Cinq d'entre eux restaient dans un état grave. Une trentaine de voitures auraient été brûlées, ainsi qu'une bibliothèque et des bâtiments publics. Des incidents ont éclaté dans cinq autres communes du Val-d'Oise, dont Goussainville, Sarcelles et Garges-lès-Gonesse. La soirée semblait confirmer la promesse d'une inscription écrite sur l'autoroute A1 hier matin : « Vengeance pour Villiers-le-Bel. »

A 11 heures, à l'entrée de la ville, des policiers, en nombre. La première chose remarquable, c'est une concession et quarante voitures, calcinées la veille. Son responsable veut déménager les derniers véhicules en prévision. « Apparemment, ça va recommencer », croit-il savoir. « C'est inadmissible, c'est grave, de la violence gratuite », commente Djamel, venu en voisin. Mohamed lui rétorque : « Ça dégénère parce qu'ils ont tué des jeunes. C'est à la police de prendre ses responsabilités. »

Depuis une voiture, des jeunes crient, à l'attention des journalistes présents, dont TV3 (espagnole) et ETB (basque) : « C'est que le début, bâtards ! » Devant la mairie, la presse piétine. Mourad, élève de BEP, dit que les gens sont en colère. « Des amis à vous se font tuer par des policiers, vous allez pas aimer. » Il assure avoir vu la course-poursuite, dit que la voiture a « traîné la petite moto ». Mais, ce qui l'énerve le plus, c'est que les policiers « ont fait le massage cardiaque et qu'ils sont partis ». Laissant les jeunes par terre, tout seuls. Une version qu'ici beaucoup répètent

« Meurtre ». A Villiers-le-Bel, il n'y a personne pour trouver l'accident « normal ». Ali, 35 ans, dit qu'en voyant l'avant de la voiture tout le monde a compris. « D'habitude, ils mettent un coup de portière, mais là ils ont foncé dessus. » Serge, 32 ans, parle carrément de « meurtre ». « Vous comprenez bien qu'ils n'ont pas voulu les arrêter. » Il pense que, si les autorités « tournent l'histoire en banal accident de la circulation », cela va « complètement brûler Villiers-le-Bel ».

13 heures. Dans la mairie, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, rappelle que la « violence et l'agitation ne font pas avancer les choses et ne servent à rien ». Elle voudrait que les « médias » tiennent leur « rôle, important dans ce contexte, dans un moment où il faut de la sérénité et un retour au calme ». Elle fait état d'une situation « tendue que certains peuvent utiliser pour entraîner d'autres personnes ». Après son intervention, les « médias » resteront bloqués à la mairie, pour éviter qu'ils ne la suivent dans sa visite des familles.

14 h 30. Une marche silencieuse rassemblant 300 personnes s'ébranle. Un journaliste de France 3 se fait voler sa caméra. Un homme lance : « Depuis hier, ils [les médias, ndlr] disent que des mensonges. » Avant de menacer : « On va te casser ta bouche. » En tête du cortège, des jeunes tiennent les photos de Larami et Moushin, avec la légende « Mort pour rien ». Devant, accompagné d'un enfant, le frère de Moushin confie que cette action est « pour faire entendre la vérité ». Ce qu'il en pense ? « C'est volontaire de la part des policiers. Avec un choc comme cela, ce ne peut être accidentel. »

Devant un chantier, les organisateurs demandent aux ouvriers de s'arrêter de travailler. Dans le cortège, on entend ceci : « Les keufs, ils ont tous les droits. Ils sont couverts maintenant. » Puis cela : « Il faut les venger, ils sont partis [les policiers, ndlr] comme s'ils venaient d'écraser un pigeon. » Devant la gare, de nombreuses vitrines ont sauté, remplacées par des panneaux de bois.
16 h 30. Salle Jacques Brel. Mouloud Aounit, le responsable du Mrap, a organisé une conférence de presse avec les parents des victimes. Il briefe le père de Larami. Juste avant, il évoquait le « syndrome de Clichy ». « Au moment où il y a une exigence de vérité, dire que la police n'y est pour rien, c'est vouloir éteindre un incendie avec un bidon d'essence ». Ce quinquagénaire a passé la nuit à se battre pour calmer les jeunes et s'avoue « désolé » que les policiers lui aient dit : « Rentrez chez vous, espèces de cons. »

Un autre dans Libé sur les deux jeunes : l'un devait devenir boulanger, l'autre devait commençait un stage de plombier...

Il apprenait la boulangerie

Les habitants décrivent un quartier calme et deux jeunes sans histoires. Stéphanie Binet QUOTIDIEN : mardi 27 novembre 2007

A la boulangerie de la place de la Tolinette, les clientes viennent compatir à la tristesse du patron. Une des deux victimes, Larami, 16 ans, était apprenti chez lui : « C'était un bon petit, confie-t-il. Vous vous rendez compte, à son âge, apprendre le métier de la boulangerie, il en voulait. » En face de la place de cet ensemble d'immeubles de trois étages, de son petit centre commercial, la rue Louise-Michel où a eu lieu la collision entre la voiture de police et la minimoto. Une rue pavillonnaire comme il en existe dans toutes les communes de France, avec des thuyas pour protéger les maisons des regards indiscrets. Au bout de la rue, une petite résidence de trois étages. C'est de la fenêtre de sa chambre que la fille de Robert a vu son copain du collège blessé : « Larami, la semaine dernière, il a aidé ma femme à porter ses courses. »

Hier, à 15 heures, alors qu'un expert judiciaire désigné par le parquet essaie de placer des plots entre le point d'impact et, trente mètres plus loin, le lieu où on a retrouvé la moto, le corps des deux ados et la voiture, les voisins cherchent à comprendre comment cela a pu arriver ici, dans leur quartier tranquille, avec ces deux jeunes qu'ils aimaient bien.

Larami habitait dans la barre HLM de dix étages la Cerisaie, à une centaine de mètres de là ; Moushin, beaucoup plus loin, dans une zone pavillonnaire. Moushin, 15 ans, en troisième, devait commencer son stage en plomberie aujourd'hui : « Ici, c'est calme, vous savez, raconte Cornely, 35 ans, ancienne surveillante du collège Martin Luther King, où était scolarisé Larami. Il y a quatre ou cinq ans, il y a eu quelques bagarres entre des bandes de garçons, mais rien à voir avec Sarcelles où j'habitais avant. Ici, les femmes sont employées de ménage, les papas travaillent dans le bâtiment. Cela fait quatorze ans que j'habite à la Cerisaie, et je ne me suis jamais fait agresser. » L'épicier pakistanais confirme : un seul cambriolage en vingt ans. Le pharmacien a pris son office depuis une semaine et n'a rien vu des émeutes de la veille. Seul le bar-tabac de la place de la Tolinette a été vandalisé et pillé dans la nuit : « Mais ça, c'est comme partout, philosophe l'épicier, il y a des bons et des mauvais, et cela n'a rien à voir avec la mort des deux enfants. » Un commissariat de police est en construction à côté de la gare : « Pourtant, en 2005, cela a bien moins brûlé que dans le 93, s'étonne Robert. Un commissariat, c'est moins utile qu'un terrain de cross pour les jeunes. Ils sont obsédés par leur moto parce qu'ils n'ont que cela à faire. La police ne veut pas qu'ils en fassent sur le terrain vague. Ça serait si cher que cela à faire, un terrain de cross ? » A la boulangerie, les mères de famille tentent de raisonner les jeunes qui entrent en disant : « Ne restez pas là ce soir, ça va chauffer. Faut qu'ils disent la vérité sur la mort des petits. »

L'article du Parisien

Nouveaux face-à-face entre jeunes et les forces de l'ordre

par Frédéric Naizot

Alors que la responsabilité policière semblait écartée selon les premiers éléments de l'enquête livrés par la justice hier, de nouveaux affrontements ont éclaté dans la soirée non loin du lieu où deux jeunes ont trouvé la mort dimanche.

Hier soir, les rues de Villiers-le-Bel étaient, pour la deuxième soirée d'affilée, le théâtre d'affrontements entre une centaine de jeunes gens encagoulés et des forces de police. Ces violences ont démarré en fin d'après-midi, non loin du lieu de l'accident qui a coûté la vie dimanche à deux adolescents. Des heurts ont aussi éclaté sur cinq autres communes au moins dans le département du Val-d'Oise.

Peu après 22 heures, on dénombrait trente-huit blessés parmi les forces de l'ordre, dont un policier atteint à l'épaule par un tir de gros calibre qui a transpercé son gilet pare-balles et vingt-cinq autres touchés par des tirs de grenaille. Dans tout le département, on comptait au moins trente-six véhicules en feu, dix incendies de poubelles et six bâtiments dégradés, dont la trésorerie et la bibliothèque de Villiers-le-Bel, totalement détruite. A Sarcelles, un garage Renault a été attaqué. Des coups de fusil de chasse ont été tirés. Un car de CRS a brûlé. Les forces de l'ordre ont vu leur stock de gaz lacrymogène et de flashballs sérieusement baisser. Au même moment, l'ordre était donné à Sarcelles de quitter la cité des Rosiers. « On se retire, on se retire », ont entendu des témoins. Dans l'Essonne, un bus de la RATP, vide de tout passager, a été incendié à Longjumeau par cinq jeunes, un camion a brûlé à Grigny et des policiers se sont fait caillasser à Montgeron.

Hier, neuf personnes se trouvaient en garde à vue après les violences de la première nuit. Trois autres ont été interpellées dans la soirée. Peu avant minuit, tous les feux avaient été maîtrisés et le calme semblait revenu dans le Val-d'Oise.

Une marche silencieuse

Un peu plus tôt dans l'après-midi, la procureur de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry, avait livré les premiers éléments de l'enquête tendant à écarter la responsabilité des policiers dans l'accident mortel entre leur véhicule et la minimoto des deux victimes. Elle a précisé que trois témoins entendus dimanche soir ont confirmé les explications fournies par les policiers. Selon les investigations, ces derniers patrouillaient dans Villiers-le-Bel et n'ont pu éviter la collision. « Nous allons reprendre les éléments un à un, avec objectivité », a-t-elle assuré. Elle a saisi l'IGPN (la police des polices) et la sûreté départementale d'une enquête pour « homicide involontaire et non-assistance à personne en danger ». Un expert a été désigné afin de mener les investigations techniques sur la voiture et la minimoto. Le parquet a également coupé court à la rumeur selon laquelle les policiers auraient immédiatement quitté le lieu de l'accident : « Les policiers ont appelé eux-mêmes les secours ». « Mais les pompiers eux-mêmes, qui sont intervenus très rapidement, ont eu des difficultés pour prodiguer les premiers soins en raison du regroupement de jeunes. Je ne laisserai pas dire que les services de police n'ont pas porté assistance aux jeunes. »

Une hypothèse battue en brèche par des jeunes de la cité, convaincus que c'est une bavure policière qui a emporté leurs deux copains. Au cours d'une marche silencieuse à laquelle près de 250 jeunes participaient hier après-midi, l'atmosphère était électrique. La plupart brandissaient des portraits de Moushin, 15 ans, et Larami, 16 ans. Dans la foulée, les familles des deux adolescents ont demandé que « justice soit faite, dans le calme et la sérénité ».

Celui du Figaremuche :

"Un cap franchi dans la violence"

Au lendemain d'une nouvelle nuit d'affrontements, les syndicats de policiers s'inquiètent de l'utilisation d'armes à feu à leur encontre. Michèle Alliot-Marie a demandé l'aide de la population.

« Nos collègues ont été confrontés à de véritables scènes de guérilla urbaine » témoigne mardi Bruno Beschizza, secrétaire général du deuxième syndicat d'officiers, Synergie. « Un cap a été franchi avec l'utilisation, contre eux, d'armes dont un fusil de chasse », ajoute-t-il. « Il y a un niveau de violences supérieur aux émeutes urbaines de 2005, c'est ce que nous disent depuis lundi nos collègues sur le terrain ». Même tonalité du côté du syndicat Unsa Police qui déplore « le niveau supplémentaire dans l'échelle des violences » contre les policiers ». Le syndicat demande « la plus grande sévérité contre ces casseurs et ces criminels s'attaquant aux policiers » et rappelle son souhait d'une présence policière « dans les endroits où cela est nécessaire, 7 jours sur 7 et 24h sur 24 ».

Après François Fillon mardi matin, Michèle Alliot-Marie doit se rendre à Villiers-le-Bel. La ministre de l'Intérieur a reçu « un certain nombre de recommandations » de la part de Nicolas Sarkozy, actuellement en visite en Chine. Interrogée sur RTL, Michèle Alliot-Marie a demandé l'aide de la « population » des communes où ont eu lieu des violences urbaines pour « isoler ceux qui sont des délinquants ». Elle a déploré qu'il y ait plusieurs blessés « sérieux » chez les policiers.

La ministre de la Justice, Rachida Dati, a donné des consignes de fermeté aux procureurs leur demandant de « procéder aux déferrements des personnes placées en garde à vue dès lors que les faits sont caractérisés et leur sont imputables ». « Aucune leçon n'a été tirée »

« Personne n'a envie de revivre le scénario de 2005 : la violence n'enlèvera rien à la douleur des familles, elle empêchera de reconstruire dans ces banlieues », a de son côté déclaré, le ministre du Travail Xavier Bertrand, mardi matin sur LCI. Le ministre du Travail a mis en avant le plan banlieue, assurant que « ce qui est en train de se préparer, c'est quelque chose de solide et de construit ». « On peut faire confiance à Fadela Amara (secrétaire d'Etat chargée de la politique de la Ville, ndlr), elle connaît bien les banlieues, elle a la confiance des acteurs », a-t-il ajouté.

Du côté de l'opposition, Arnaud Montebourg estimé qu' »aucune leçon n'a été tirée » des émeutes de 2005. Le député PS de Saône-et-Loire a mis en cause « une restriction, un désengagement des services publics, de l'Etat » dans les banlieues. Il a plaidé pour un rétablissement de la « police de proximité » pour restaurer « la confiance », faisant valoir, à titre d'exemple, qu' »il n'y a pas de commissariat à Villiers-le-Bel ». La situation est « pire qu'il y a deux ans », a jugé François Pupponi, maire socialiste de Sarcelles, dans le Val d'Oise.

« Le sinistre cortège de violences et exactions reprend en banlieue », a commenté Marine Le Pen estimant que « Les Français payent ici la politique folle de Nicolas Sarkozy en matière d'immigration et le sentiment d'impunité qu'il a laissé s'installer lors des émeutes de 2005 lorsqu'il était ministre de l'Intérieur ».

Sur ce, si vous avez des copains ou des copines sur place, demandez leur d'envoyer des infos ici...

4,2 millions de réfugiés irakiens

Cet article est extrait du site Voltairenet.org

 

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 Les violences incessantes ravageant les régions centrale et méridionale de l’Irak forcent chaque mois des dizaines de milliers de personnes à abandonner leur foyer, confrontant la communauté internationale à une crise humanitaire encore plus grave que les bouleversements prévus par les agences humanitaires lors de la guerre de 2003.

Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR), plus de 4,2 millions d’Irakiens ont quitté leurs maisons. Parmi eux, quelque 2,2 millions sont déplacés à l’intérieur du pays et plus de deux millions ont fui dans les États voisins, surtout en Syrie et en Jordanie. Beaucoup étaient déjà déplacés avant 2003, mais un nombre croissant continue de fuir. En 2006, les ressortissants irakiens arrivaient en tête des demandeurs d’asile en Europe.

Note de P&P : Rappelons quez ces drames humanitaires sont le résultat d'une guerre lancée par les Etats-Unis en raison de la présence de soit-disants armes de destruction massive qui de l'aveu même d'un général des marines ont été inventées de toute pièce

 

Lors des trois premières années qui ont suivi la chute de l’ancien régime irakien en 2003, la plupart du travail de l’UNHCR se basait sur l’hypothèse que la situation interne se stabiliserait, permettant à des centaines de milliers d’Irakiens déjà déplacés de rentrer chez eux. En 2006, cependant, l’intensification de la violence a créé davantage de déplacements. Une réévaluation du travail de l’UNHCR et de ses priorités dans la région s’est avérée nécessaire – de l’assistance aux rapatriés et à quelque 50 000 réfugiés non irakiens en Irak, en passant par une aide plus importante aux milliers de personnes qui fuient tous les mois.

Entre 2003 et 2005, quelque 300 000 Irakiens sont rentrés chez eux depuis l’Iran, l’Arabie saoudite, le Liban, la Jordanie et d’autres pays. Toutefois, ces retours ont aujourd’hui cessé. Davantage de personnes fuient, dont un grand nombre de professionnels qualifiés d’une importance cruciale pour le redressement du pays.

En plus de ceux qui ont quitté le pays, plus d’un million d’Irakiens ont fui leurs maisons pour d’autres régions en Irak depuis le début 2006, la plupart d’entre eux à cause de la violence sectaire qui a suivi les bombardements d’une importante mosquée chiite dans la ville de Samarra, dans le centre de l’Irak, en février 2006.

Ces déplacements en Irak présentent un énorme défi humanitaire et une difficulté extrême à la fois pour les déplacés et pour les familles iraquiennes qui tentent de les aider dans les communautés d’accueil. L’importance des besoins, la violence et les difficultés pour atteindre les déplacés en font un problème qui dépasse en fait la capacité des agences humanitaires, y compris l’UNHCR. Et plus longtemps cette situation durera, plus elle sera difficile, car tant les déplacés internes que leurs communautés d’accueil en Iraq épuisent leurs ressources.

De nombreux Irakiens déracinés fuyant vers les pays voisins ne cherchent pas tout de suite l’aide de l’UNHCR. Ils s’appuient plutôt sur un réseau social d’amis et de proches qui, craint l’UNHCR, s’amenuise rapidement, augmentant encore les problèmes sociaux parmi les exilés et les tensions occasionnelles avec les communautés d’accueil.

Depuis le début 2007, l’UNHCR a étendu ses opérations dans la région et compte maintenant 300 employés travaillant sur la crise irakienne depuis des bureaux dans la région et Genève. L’agence des Nations Unies pour les réfugiés a enregistré plus de 180 000 Irakiens dans les pays avoisinant l’Irak. Environ 15 % d’entre eux ont besoin d’une assistance spécifique, dont des personnes ayant été victimes de tortures. En avril 2007, l’agence a convoqué une importante conférence internationale à Genève pour répondre aux besoins humanitaires des personnes déplacées par le conflit en Irak et mobiliser davantage d’aide internationale en leur faveur.

Note de P&P : Il est intéressant de constater que l'ONU à travers l'UNHCR, qui se veut pourtant être l'outil de garantie de la paix (création en 1945 suite à la deuxième guerre mondiale et pour éviter  les problèmes internationaux) est dotée d'un budget annuel de plus de 2 millards de dollars et  compte plus de 61000 employés. A ce jour 300 de ces salariés, soit moins de 0,5% des effectifs totaux sont "mobilisés" pour faire face aux 4,2 millions de réfugiés irakiens.

  

L’UNHCR soutient les pays hôtes en réhabilitant et en construisant des écoles, des cliniques et des centres communautaires, ainsi qu’en assurant un soutien psychologique et des soins spécifiques pour les Irakiens les plus vulnérables. À la mi-août 2007, l’UNHCR a présenté quelque 12 000 cas parmi les Irakiens les plus vulnérables en vue d’une réinstallation dans des pays tiers.

L’agence des Nations Unies pour les réfugiés, qui a lancé des appels d’un montant de 223 millions de dollars pour ses opérations irakiennes en 2007, s’inquiète aussi pour la situation de quelque 15 000 réfugiés palestiniens restés en Irak, dont environ 1 500 sont bloqués à la frontière entre l’Irak et la Syrie dans deux camps de fortune. Les Palestiniens à Bagdad sont victimes de menaces quotidiennes mais ne peuvent pas quitter l’Irak. Les chrétiens du pays et d’autres communautés minoritaires sont aussi menacés.

Note de P&P : L'objectif officiel des Ziocons n'était-il pas de rétablir paix et démocratie ? Un ambitieux programme de reconstruction de l'Iraq n'avait-il pas été annoncé dès 2003 ? Des dizaines de milliards de dollars sortis de la poche des contribuables étasuniens n'étaitent-ils pas destinés à ce programme de reconstruction ? Les grandes entreprises telles qu'Halliburton n'ont-elles pas obtenu des contrats visant à cette reconstruction

 

L’infâme secret de la torture

 Article rédigé par Naomi Klein et publié dans The Nation, le 12 mai 2005.

Traduction par Paxhumana.info

 
J’ai récemment eu un aperçu en action des effets de la torture lors d’un événement en l’honneur de Maher Arar. Ce Canadien d’origine syrienne est la plus célèbre victime d’un genre d’extradition spécial appelé « restitution » [rendition], qui est un procédé par lequel les fonctionnaires des États-Unis sous-traitent la torture dans d’autres pays. Arar changeait d’avion à New York lorsque des enquêteurs l’ont mis en détention puis l’ont « restitué » à la Syrie, où il a été maintenu pendant dix mois dans une cellule à peine plus large qu’une tombe et d’où il était périodiquement sorti pour être battu.

Arar a reçu les honneurs pour son courage par le Conseil Canadien pour les Relations Américano-Islamiques, un groupe d’opinion à tendance modérée. L’assemblée lui a offert une très sincère standing ovation, mais un sentiment de peur se mêlait à la célébration. Un grand nombre d’importants dirigeants communautaires gardaient leur distance avec Arar, ne lui répondant que de façon hésitante. Certains des intervenants furent même incapables d’appeler cet honorable invité par son nom, comme s’il avait quelque chose qui pourrait les contaminer. Et peut-être avaient-ils raison : la maigre « preuve » - discréditée ultérieurement - qui a envoyé Arar dans un cachot infesté de rats était la « culpabilité par association ». Et si cela a pu arriver à Arar, prospère ingénieur en informatique et bon père de famille, qui est à l’abri ?

À l’occasion d’une rare allocution publique, Arar a abordé cette peur sans détour. Il a déclaré à l’assemblée qu’un commissaire indépendant a essayé de rassembler des preuves montrant que des fonctionnaires censés faire appliquer la loi agissaient dans l’illégalité lors d’enquêtes concernant des musulmans canadiens. Le commissaire a entendu des douzaines de récits de menaces, de harcèlement et de visites inopportunes au domicile. Mais, a dit Arar, « pas une seule personne n’a porté plainte. La peur les en a empêchés. » La peur d’être le prochain Maher Arar.

La peur est encore plus forte chez les musulmans aux États-Unis, où le Patriot Act donne à la police le pouvoir de saisir les archives de n’importe quelle mosquée, école, bibliothèque ou groupe communautaires sur la seule suspicion de liens terroristes. Quand cette surveillance intense est couplée à la menace toujours présente de torture, le message est clair : Vous êtes sous surveillance, votre voisin pourrait être un espion, le gouvernement peut tout savoir à votre sujet. Au moindre faux-pas, vous pouvez disparaître dans un avion à destination de la Syrie ou dans « le trou sombre et profond de la Baie de Guantanamo », pour emprunter une expression de Michael Ratner, président du Centre pour les Droits Constitutionnels.

Mais cette peur doit être finement dosée. Les gens qui subissent des intimidations doivent en savoir assez pour avoir peur, mais pas trop au point qu’ils en appellent à la justice. Ceci explique pourquoi le Département de la Défense va autoriser la publication d’informations soi-disant compromettantes au sujet de Guantanamo - des images d’hommes dans des cages, par exemple - tout en menant des actions pour faire disparaître des photographies du genre de celles qui se sont échappées d’Abou Ghraïb. Et cela pourrait aussi expliquer pourquoi le Pentagone a approuvé la publication du dernier livre d’un ancien traducteur militaire, qui inclut des passages sur l’humiliation sexuelle de prisonniers, tout en lui interdisant de mentionner l’utilisation généralisée de chiens d’attaque. Cette utilisation stratégique des fuites d’informations, combinées avec des démentis officiels, induit un état d’esprit décrit par les Argentins comme le « savoir/ne pas savoir », un vestige de leur « sale guerre ».

« Manifestement, on encourage les agents des renseignements à cacher l’utilisation de méthodes illégales », selon Jameel Jaffer de l’ACLU [Union Américaine des Libertés Civiles - American Civil Liberties Union]. « D’un autre côté, quand ils utilisent la "restitution" et la torture comme menaces, il est indéniable qu’ils bénéficient, d’une certaine façon, du fait que les gens savent que les agents des renseignements sont prêts à agir illégalement. Ils bénéficient du fait que les gens comprennent la menace et la jugent crédible. »

Et les menaces ont bien été comprises. Dans une déclaration sous serment enregistrée dans le cadre d’une remise en question de la section 215 du Patriot Act déposée par l’ACLU, Nazih Hassan, président de l’Association de la Communauté Musulmane d’Ann Arbor, au Michigan, décrit ce nouveau climat. Les inscriptions et la participation ont baissé, les donations ont dégringolé, des membres de la direction ont démissionné - Hassan dit que ses membres craignent de faire quoi que ce soit qui pourrait leur valoir l’inscription de leur nom sur une liste. Un membre a témoigné anonymement qu’il a « cessé de s’exprimer sur des sujets politiques ou sociaux », parce qu’il ne veut pas attirer l’attention.

Voici le vrai but de la torture : de terroriser - pas seulement les personnes qui sont dans les cages de Guantanamo ou dans les cellules d’isolement de Syrie, mais aussi, et surtout, l’ensemble de la communauté qui est informée de ces abus. La torture est une machine créée pour briser la volonté de résister - la volonté du prisonnier et la volonté collective.

Cette affirmation n’est pas controversée. En 2001, l’ONG américaine des Médecins pour les Droits de l’Homme a publié un manuel sur la manière de traiter les survivants de la torture, qui notait : « Les tortionnaires essayent souvent de justifier leurs actes de torture et de mauvais traitements par leur besoin de rassembler des informations. De telles conceptualisations voilent le but réel de la torture... Le but de la torture est de déshumaniser la victime, briser sa volonté et en même temps, en faire un exemple horrifiant pour ceux qui sont en contact avec la victime. De cette manière, la torture peut briser ou porter atteinte à la volonté et la cohésion de communautés entières. »

Cependant, malgré ces connaissances, on continue de débattre de la torture aux États-Unis comme s’il s’agissait seulement d’une méthode moralement questionnable d’extraire de l’information, et non pas d’un instrument de terreur de l’État. Mais il y a un problème : Personne n’affirme que la torture est un outil d’enquête efficace - surtout pas les personnes qui la pratiquent. La torture « ne marche pas. Il y a de meilleures façons de gérer les détenus », comme le disait le directeur de la CIA Porter Goss à la Commission de Renseignement du Sénat le 16 février. Et un rapport récemment déclassé par un officiel du FBI à Guantanamo affirme que la coercition extrême n’a produit « rien de plus que ce que le FBI a obtenu en utilisant de simples techniques d’interrogatoires. » Le propre manuel de terrain de l’armée sur les interrogatoires affirme que la force « peut pousser la personne interrogée à dire n’importe quelle chose qu’elle pense que l’interrogateur veut entendre ».

Et malgré cela, les abus continuent - l’Ouzbékistan est maintenant le nouveau point chaud pour les extraditions ; le « modèle El Salvador » importé en Irak. Finalement, la seule explication rationnelle de la popularité persistante de la torture vient d’une source inattendue. On a demandé à Lynndie England, la bouc émissaire pour Abou Ghraïb, à l’occasion de son procès expédié, pourquoi elle et ses collègues ont forcé des prisonniers nus à former une pyramide humaine. « C’était un moyen pour les contrôler », a-t-elle répliqué.

Exactement. Comme outil d’interrogatoires, la torture est un échec complet. Mais quand il s’agit de contrôle social, rien ne marche aussi bien que la torture.

Arche de Zoé : que faisaient Nicolas, Cécilia et François dans cette galère ?

Extrait de Voltairenet.org, par Thierry Meyssan*,c6e0642320fff54e3e6c5eca20a23a17.jpg

 

Des citoyens français intoxiqués par la propagande atlantiste ont été convaincus qu’un génocide se déroulait au Darfour et qu’ils pouvaient sauver des enfants d’une mort certaine. Ils ont financé l’équipée de « l’Arche de Zoé » qui a tenté d’enlever des enfants au Tchad. Étrangement, lorsque la presse s’est emparée de cette affaire, le président Sarközy n’est pas venu au secours des enfants victimes, ni des familles d’accueil abusées, mais des voleurs d’enfants. Pour protéger qui ?

La presse française ne manque pas un éditorial pour brocarder le président tchadien Idriss Déby qui a accusé sans retenue l’association humanitaire l’Arche de Zoé d’avoir tenté d’enlever des enfants pour satisfaire des pédophiles et se livrer à un trafic d’organes. Simultanément, elle loue le président français Nicolas Sarközy, qui s’est immédiatement déplacé au Tchad pour faire baisser la tension et rapatrier plusieurs prévenus.

L’ombre de Cécilia

Le Figaro s’est fait l’écho de la colère de la nièce d’un des bénévoles de l’Arche de Zoé incarcéré au Tchad : ce sapeur-pompier aurait été abusé par les dirigeants de l’association qui lui aurait fait croire que l’opération de sauvetage des enfants était patronnée par Cécilia Sarközy [1].

Mais le quotidien n’indique pas de quelle manière les dirigeants de l’Arche de Zoé avaient pu convaincre les bénévoles d’un tel patronage s’il n’existait pas.

Et si ce patronage était imaginaire, pourquoi le président Sarközy s’est-il cru obligé de monter immédiatement en première ligne ? [2]

Un Sarközy peut en cacher un autre

L’objet social de l’association l’Arche de Zoé est d’« intervenir en faveur des enfants victimes du tsunami du 26 décembre 2004, à Banda Aceh (Sumatra, Indonésie) pour leur permettre de retrouver des conditions de vie décentes par des programmes sanitaires, sociaux et éducatifs ; développer, mettre en œuvre et coordonner des programmes de réhabilitation de l’environnement familial et social de ces enfants ; développer tout programme en adéquation avec les besoins des enfants et de leur environnement de manière à favoriser le retour à l’autonomie, de façon plus générale ; mettre en œuvre toute action permettant de venir en aide aux enfants en difficulté, en détresse ou victimes de catastrophes naturelles ». Comme ne le laisse pas deviner cet énoncé humanitaire, l’association est une initiative d’un organisme semi-public français, Paris Biotech Santé. Celui-ci a été fondé conjointement par l’Université Paris-V Descartes, l’INSERM, l’École centrale de Paris, et l’ESSEC, et dispose de tous les agréments officiels nécessaires. Son objet est de soutenir des projets de création d’entreprises dans le domaine du médicament, des dispositifs médicaux et des services aux malades [3]. Paris Biotech Santé gère un immeuble de 3 200 m², dont 2 500 m² de laboratoires, à l’hôpital Cochin. Ces installations ont été inaugurées en grande pompe, il y a trois semaines par le maire de Paris, Bertrand Delanoë, le président de la région Île-de-France, Jean-Paul Huchon, et le président de l’université Paris-V Descartes, Jean-François Dhainaut [4].

Il résulte de ce montage que la finalité ultime de l’Arche de Zoé est de tester des programmes sanitaires sur des enfants en difficulté dans le tiers-monde en vue de leur développement commercial.

Les liens organiques de l’Arche de Zoé et de Paris Biotech Santé sont attestés par l’avis de création de l’association publiée au Journal officiel de la République française du 2 juillet 2005. Il précise : « Siège social : 23, rue Hallé, 75014 Paris. Courriel : lefebvre.s@parisbiotech.org ».
Au demeurant, Stéphanie Dhainaut-Lefèbvre, contact légal de l’Arche de Zoé est aussi la directrice adjointe de Paris Biotech Santé et l’épouse du président de l’université.
En outre, l’Arche de Zoé est la déclinaison française de la Zoe’s Ark Foundation Inc. (154 A’Becket Street, Melbourne 3000, Victoria, Australie). Malgré le communiqué de la Fondation assurant n’avoir aucun lien avec l’association homonyme française, tous les responsables français sont membres de l’organisation-mère australienne, y compris Paris Biotech Santé qui figure parmi la liste fiscale en notre possession.

Contacté par téléphone, Paris Biotech Santé indique que seul son directeur, le professeur Olivier Amedée-Manesme, est habilité à répondre à la presse et que celui-ci n’est pas joignable. C’est dommage car il aurait été en mesure d’indiquer quel avis le Comité d’évaluation de Paris Biotech Santé a émis sur le programme Arche de Zoé ; un Comité d’évaluation où siège le docteur François Sarközy, médecin pédiatre. Contacté à son tour par téléphone, le secrétariat de François Sarközy nous assure qu’il transmet notre question et nous rappelera.

François Sarközy est politiquement proche de son frère aîné, le président Nicolas Sarközy, au point que celui-ci, lorsqu’il était maire de Neuilly et ministre de l’Intérieur, l’avait fait nommer médiateur dans le conflit social de l’hôpital américain de Neuilly [5].

Le Figaro le présentait au lendemain de l’élection présidentielle comme l’une des 100 personnalités qui compteraient désormais « au coeur de la future équipe de France » [6]. Le média sarközyste (excusez le pléonasme) précisait : « Ce pédiatre de 48 ans, vice-président du Conseil de surveillance d’une société de biopharmaceutique, s’est beaucoup rapproché de son grand frère Nicolas lors de la campagne, notamment à l’occasion de séjours brefs mais studieux dans la maison de François, en Provence. » De son côté, Le Nouvel Observateur indique : « Autant Nicolas Sarkozy entretient des relations orageuses avec son frère aîné Guillaume, un temps vice-président du Medef, autant il se sent proche de François, un pédiatre devenu manager. C’est chez lui que Sarkozy a reçu ses amis, le soir de son discours “fondateur” du 14 janvier, et c’est dans sa maison du Midi qu’il s’est parfois réfugié pendant la campagne » [7]. Le Monde note : « Le frère cadet de M. Sarkozy a été beaucoup vu au cours de la campagne. C’est chez lui, dans sa maison des Alpilles, que l’ex-ministre a passé de nombreux week-ends ces derniers mois. En l’absence de Mme Sarkozy - qui n’a été officiellement présente au côté de son mari que le 14 janvier et le 22 avril, et enfin dimanche 6 mai sur le podium dressé place de la Concorde, à Paris, au soir de la victoire -, il a symbolisé une présence familiale autour du candidat. Interrogé un jour sur le sens de sa présence, François Sarkozy, soucieux de lever toute ambiguïté, avait précisé : “Je ne le soutiens pas, je l’accompagne”. » [8]

François Sarközy est aussi une personnalité influente des médias. Ainsi Libération lui a attribué un rôle dans l’éviction de Robert Namias de la direction de TF1 au lendemain de l’élection présidentielle [9].

À la rubrique « François SARKÖZY de NAGY-BOCSA », le Who’s Who in France indique : « Interne des Hôpitaux de Paris en pédiatrie (1983-85 et 1987-89), Assistant au laboratoire de physiologie respiratoire de l’hôpital Trousseau à Paris (1989-90) ; aux laboratoires Roussel-Uclaf : Chef de projet international pour les antibiotiques (1990-93), Directeur du développement clinique international (1994-95), Responsable du développement international (1995) ; au groupe Hoechst Marion Roussel : Vice-président, Directeur de la gestion du portefeuille et des projets en développement international à Bridgewater (États-Unis) (1996-98), Directeur médical et pharmaceutique pour la France (1998-99) ; Président-directeur général du Centre international de toxicologie (1998-99) ; Directeur médical pour la France à Aventis (1999-2000), Associé du Cabinet de conseil en stratégie et en organisation devenu AEC Partners (depuis 2001), Président d’AEC Partners Inc. (depuis 2006) ; Vice-président, Membre du conseil de surveillance de BioAlliance Pharma (depuis 2005) »

Bio Alliance Pharma termine ses expérimentations humaines pour le lancement de médicaments luttant contre des maladies opportunistes du cancer et du HIV, Loramyc, Lauriad et Transdrug [10].

Le monde étant petit, en 2006, le principal client de François Sarközy à AEC Partners est le syndicat français de l’industrie pharmaceutique (LEEM), lequel emploie aussi Stéphanie Lefebvre de Paris Biotech Santé et de l’Arche de Zoé, via LEEM-Recherche.

Le président Idriss Déby ne s’est certainement pas exprimé à la légère. Le rapatriement des journalistes et des hôtesses de l’air impliqués dans cette opération a dû être chèrement négocié. Au demeurant, le Tchad, en traduisant en justice les responsables de l’Arche de Zoé, conserve un moyen de pression non-négligeable sur le président français.

 

[1] « La nièce d’un des Français détenus dénonce les mensonges de l’association », par Angélique Négroni, Le Figaro, 3 novembre 2007.

[2] « Nicolas Sarkozy en première ligne dans l’affaire de l’Arche de Zoé », AFP, 4 novembre 2007.

[3] « Paris Biotech : un cocon protecteur pour jeunes entreprises de la santé », AFP, 3 octobre 2006.

[4] « Inauguration de la pépinière d’entreprises Paris Santé Cochin », AFP, 17 octobre 2007.

[5] « Fin de la grève du personnel de nuit à l’Hôpital américain de Neuilly » et « Accord direction/personnel de nuit à l’Hôpital américain de Neuilly », AFP, 17 et 28 février 2006.

[6] « Les 100 noms qui vont compter » par Yves Derai, Le Figaro, 12 mai 2007.

[7] « Aujourd’hui, ce sont eux qui incarnent la fameuse "rupture" - Les 100 de Sarkozy », par Hervé Algalarrondo, Le Nouvel Observateur, 10 mai 2007.

[8] « Eux aussi ont fait gagner Sarkozy », Le Monde, 8 mai 2007.

[9] « ...Des rides, et c’est pas fini » par Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, Libération du 22 mai 2007.

[10] « BioAlliance Pharma Names Francois Sarkozy as Vice-Chairman of its Supervisory Board ; Healthcare Industry Professional Brings Further Operational and International Experience to Specialty Pharma Company », Business Wire, 5 janvier 2006.

22.11.2007

Les cheminots résistent à la trahison programmée par les syndicats

Article issu du site "Solidarité Ouvrière

 

Jeudi, au troisième jour de la grève, massivement suivie, contre les attaques sur les retraites préparées par le gouvernement gaulliste du président Nicolas Sarkozy, des assemblées générales de cheminots se sont tenues dans toute la France et ont voté, à une écrasante majorité, la reconduction et l’amplification de la lutte.

Note de P&P : Avez-vous lu ou entendu dans les medias de masse que la grève avait été massivement suivie et que la reconduction avait été voté avec une écrasante majorité ? Rien de tout cela, les médias officiels reprennent en choeur la version officielle écrite par l'Elysée : "actes de sabotages", "taux de grèviste en baisse" et "fin du mouvement imminente"

 

Ces votes sont l’expression du rejet des trois piliers principaux de la réforme: l’allongement de la durée de cotisation, de 37,5 annuités à 40, pour pouvoir jouir d’une retraite à taux plein, la décote en cas de retraite anticipée et l’indexation des retraites sur les prix et non plus sur les salaires, ce qui était plus avantageux.

Les travailleurs qui participaient à ces assemblées générales ont exprimé une grande méfiance vis-à-vis des actions entreprises par les directions syndicales et un ressentiment tout particulier envers la proposition de Bernard Thibaut, secrétaire général de la CGT (Confédération générale du travail) qu’il y ait des négociations branche par branche dans le cadre de la réforme. Cette proposition revient, de fait, à reconnaître la destruction des régimes spéciaux (retraites spéciales accordées de longue date aux travailleurs dans des métiers particulièrement pénibles) et à collaborer à la mise en place de la réforme de Sarkozy.

Note de P&P : Comme Andrew Lobaczewski l'a justement décrit, la ponérisation touche progressivement tous les pans de la société : les médias, les sphères juridiques et judiciaires mais aussi les travailleurs et les syndicats.

La vérité est douloureuse mais riche en enseignement. Les dirigeants syndicaux à l'instar de nos chers "élus" ne sont pas au service du bien commun malgré ce qu'ils affirment mais oeuvrent à l'intérêt de leur petit groupe.

Les syndicats qui pouvaient apparaitre comme le dernier rempart contre la barbarie ultralibéraliste, ont vendu pour 30 pièces d'argent la dignité des plus faibles qu'ils étaient sensés défendre.

 

Le WSWS a participé à une assemblée générale de grévistes à la Gare du Nord, à Paris. Il s’y trouvait des conducteurs de train, du personnel d’accueil, des contrôleurs et aussi une délégation des ateliers Le Landy de la Seine-Saint-Denis, au nord de Paris.

Etaient présents des membres de la CGT (syndicat majoritaire chez les cheminots), Sud Rail et Force ouvrière, respectivement les second et troisième syndicats, ainsi que des membres de l’UNSA (Union nationale des syndicats autonomes, proche du Parti socialiste) et des travailleurs non syndiqués.

Lecture a été faite des comptes-rendus des différents sites de la région parisienne, où entre 60 et 100 pour cent de travailleurs étaient en grève. 

Nazima de la CGT, qui joue un rôle important dans l’organisation des assemblées générales, a dit qu’elle avait reçu un coup de fil de l’Université de Tolbiac, où les étudiants sont en grève contre l’ouverture des universités aux entreprises privées, appelant les cheminots à ne pas abandonner la lutte. Elle a exprimé sa révolte quant à l’envoi de CRS la veille pour disperser les étudiants de l’Université de Nanterre à coups de matraque, qualifiant cet acte de « grosse erreur du gouvernement. » 

Note de P&P : En résumé, le complexe médiatico-politique censure l'ampleur du mouvement étudiant et utilise parallélement la violence pour le neutraliser. C'est finalement très similaire à la manière dont le mouvement pour la paix est traité aux USA.   

 

L’assemblée générale a voté la poursuite de la grève jusqu’au lendemain. Il y a eu trois abstentions.

L’assemblée a aussi voté la mise en place d’un comité de grève dont la tâche serait d’organiser les piquets de grève et d’amplifier le mouvement, notamment auprès des travailleurs de la RATP (Régie autonome des transports parisiens, bus et métro) et des travailleurs de EDF et GDF (Electricité et Gaz de France) dont les régimes spéciaux de retraite sont également attaqués par le gouvernement. 

Le comité travaillerait aussi à gagner le soutien du public et à contrer la machine de propagande de Sarkozy, qui jouit du soutien entier des médias.

Note de P&P : Effectivement la propagande sarkosienne tourne à plein régime. Au cours des derniers jours les grévistes ont été traités de "minorité", de "privilégiés", de "preneur d'otages", de "saboteurs",... Voilà un aspect classique de la pensée psychopathique : l'utilisation de l'insulte et du langage émotionnel... "Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelquechose."

 

La veille, les grévistes de la Gare du Nord avaient voté à l’unanimité une motion qui a ensuite largement circulé dans toute la France et qui a été adoptée dans de nombreuses assemblées générales. Cette motion a été soumise une nouvelle fois pour servir de base de réponse à une lettre envoyée par Xavier Bertrand, le ministre du travail, le 14 novembre, invitant les syndicats à des négociations. La lettre de Bertrand a été rejetée par tous les intervenants à l’assemblée générale car elle ne propose aucunement le retrait des trois piliers de la réforme.

Au sujet de la proposition faite au gouvernement par le leader de la CGT, Bernard Thibaut, un travailleur a fait remarquer : « Qu’est-ce cela nous apporte ces négociations tripartites [entre la direction des entreprises publiques, les syndicats et des représentants du gouvernement] ?  Il n’y a aucune garantie. »

Ce qui est très significatif, c’est la décision prise de faire parvenir cette motion à tous les cheminots de France, mais aussi de l’envoyer aux dirigeants des syndicats de cheminots qui se réunissaient à 16h30 jeudi après-midi pour discuter des suites à donner à l’invitation de Bertrand.

La motion déclare : « Nous refusons le passage de 37.5 ans à 40 ans de cotisations, les décotes et l’indexation des pensions sur les prix plutôt que sur les salaires. »

La motion insiste pour que les directions syndicales ne signent pas d’accords avec le gouvernement sans le consentement de la base. « Nous exigeons d’être consultés pour toute décision qui engagerait notre avenir et d’être informés du contenu des discussions à chaque étape », dit la motion. « Nous nous déclarons opposés à toute négociation entreprise par entreprise. » 

Note de P&P : Et voici la bonne vieille tactique du "diviser pour mieux régner" qui ressurgit. Le mouvement populaire gagne une forte ampleur, découpons-le branche par branche pour mieux l'écraser.

Certes cette maneuvre a une saveur particulière lorsqu'elle est initiée par un dirigeant syndical sensé défendre l'intérêt des plus modestes. Mais finalement si tel était vraiment son objectif serait-il encore à la tête d'une organisation syndicale ?

 

Plusieurs participants au débat ont fait remarquer que la lettre de Bertrand proposait des négociations dans les différentes entreprises sur une durée d’un mois laissant entendre que la grève se prolongerait d’autant, et ce, afin d’épuiser le mouvement. 

Note de P&P : La classique mais toujours efficace tactique du pourrissement. Avec en ligne de mire des perspectives illusoires de négociations.

Il faut être deux pour négocier. A ce jour les travailleurs sont seuls face à un état hypocrite qui fait miroiter des négociations mais qui oeuvre en sous-main à la destruction du mouvement via la violence policière, la propagande relayée par les médias de masse et le noyautage des directions syndicales.

 

Monique a critiqué la direction de la CGT pour vouloir négocier entreprise par entreprise quand « le gouvernement n’a rien cédé sur les trois points essentiels. Un mois de négociations, c’est un mois de grève pour rien. » Elle a fait remarquer qu’« il y a un divorce entre les syndicats et la base qui veut se bagarrer et qui veut le retrait de la réforme. »

Un travailleur qui ne portait pas de badge syndical a dit : « Je m’attendais à ce que les directions syndicales organisent quelque chose de plus costaud. La manifestation d’hier a été organisée au dernier moment.

Note de P&P :  Souvenez vous des mots de FD Roosevelt : "En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un événement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ainsi".

N'en doutons pas, les dirigeants de médias, d'organisations politiques, de syndicats comprennent très bien ce qui se passe actuellement et mieux que la plupart d'entre nous.

S'ils feignent l'ignorance, les dissensions internes, ils oeuvrent en concertation à la pérennisation de leur statut qui ne peut se faire qu'à travers l'exploitation toujours grandissante des plus faibles.

Croyez-vous vraiment que cette organisation à la dernière minute soit due au hasard ? Pourtant si un syndicat doit bien savoir faire une chose c'est organiser une grève non ?

Voilà en tout cas une excellente manière de détruire un mouvement de l'intérieur en toute dicrétion. Et si vous êtes pointé du doigt vous pourrez toujours invoqué la maladresse, le manque de temps, le manque de ressources ou le stress.

 

Nous sommes aujourd’hui dans une situation charnière. Sarkozy joue aux chaises musicales avec les syndicats. La seule solution : il faut communiquer. Les AG sont souveraines. Il faut gagner la population et leur dire : “Nous sommes dans la bataille avec vous sur le pouvoir d’achat. Nous ne sommes pas des privilégiés.” » 

Note de P&P : Et ici se trouve une des clefs du combat actuel. Ne plus croire en ces peurs, en ces divisions, en ces mensonges, en cette propagande.

Au sein de la société française croyez-vous vraiment que les privilégiés soient les cheminots ?

Ne voyez-vous pas la réalité ? Le peuple français comme tous les peuples du monde est toujours plus manipulé, asservi, écrasé. Le vrai schisme ne se trouve pas entre les cheminots et les non-cheminots. Tous sont esclaves d'une élite psychopatique minoritaire qui a contaminé chaque facette de notre société et qui a besoin de notre sang, de notre sueur, de notre vie pour mener une existence de nabab. 

 

Il s’est opposé au blocage des TGV (Train à grande vitesse) disant que cela faisait le jeu de ceux qui voulaient représenter les cheminots comme des Khmers rouges.

D’autres travailleurs ont fait remarquer qu’il était essentiel de faire des piquets de grève pour empêcher la reprise du travail et de stopper les trains afin d’amplifier le mouvement. Un guichetier a dit qu’ils avaient déjà mis en place un piquet de grève à 6 heures du matin pour que les bureaux restent fermés.

Le WSWS a parlé avec Monique, représentante de la CGT conducteurs, avant l’assemblée générale. Elle a dit, « Nous on veut vraiment contrôler le mouvement.  Hier c’était entre 70 pour cent à 80 pour cent de taux de grévistes et aujourd’hui c’est le même taux. Ce que nous essayons maintenant, c’est de faire la jonction avec le maximum de monde et faire que le mouvement ne soit pas dispersé. On n’accepte pas d’être appauvris. Ce qu’on veut, c’est qu’il n’y ait pas de négociations en douce dans notre dos. »

 « Moi, je veux bien respecter la direction de la CGT, mais il faut aussi qu’ils nous respectent et on n’est pas une masse de main-d’œuvre.  Nous ne voulons pas aider Sarkozy à mettre sa réforme en place. Aujourd’hui, il y a des étudiants, la RATP, EDF-GDF. Nous ne voulons pas d’entourloupe et qu’on casse le mouvement. »

Note de P&P : Sarkozy a fait de la non-négociation et du passage à tous prix de sa réforme un enjeu personnel, symbolique et idéologique. En révélant au grand jour la véritable identité des directions syndicales, N. Sarkozy prend un risque.

Il semble oublier qu'un despote n'existe que grace au soutien de sa cour qui, en échange de privilèges variés, relaye servilement auprès de la population l'illusion de sa légitimité.

La cour de Sarkozy est constituée de financiers, de patrons des médias, de politiques, d'intellectuels, de dirigeants syndicaux. Si les véritables objectifs de ces derniers sont percés à jour, si le peuple entraperçoit les pieds derrière le rideau alors l'illusion s'évanouit.

 

 « Nous n’arrêterons pas jusqu’à ce qu’on ait le retrait de la réforme. Bernard Thibault a dit qu’il ne négocierait pas dans le cadrage du gouvernement. J’espère qu’il ne change pas. S’il discute, cela ne peut pas être sur la base d’accepter les 40 ans et la décote. C’est inacceptable. Il ne faut absolument pas qu’il cède sur cela. »

René-Claude, travailleur non syndiqué sur les trains de banlieue de la SNCF a dit : « L’élément auquel je suis le plus opposé, c’est la décote. Les syndicats ne comprennent pas ce qui se passe à la base. On a l’impression que les fédérations, elles font ce qu’elles veulent et que la base brasse de l’air. C’est inacceptable de voir qu’on nous entend à peine. » 

Note de P&P : Et voici certainement la clef du succès. Les peuples sont trahis depuis des siècles par leurs syndicats, par leurs partis politiques, par leurs médias, par leurs employeurs...

La réussite réside dans un mouvement uni et solidaire, rassemblant l'immense majorité des français qui souffre un peu plus chaque jour, un mouvement affranchi des composantes les plus ponérisées de notre société, un mouvement qui oeuvre dans la transparence et l'échange permanent d'information pour éviter les noyautages et les intrumentalisations. Un mouvement qui va au-delà des censures et des propagandes orchestrées par les médias de masse et qui offre une information objective sur la réalité via les médias alternatifs. Un mouvement qui a conscience de la vraie problématique à lauqlle il doit faire face : la ponérisation de nos sociétés.

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