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07/11/2007

Sarkozy, pilier dans l'âme

Note de P&P : Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui Pouvoir et Psychopathie va traiter de sport. Voilà un thème qui peut sembler bien éloigné de nos préoccupations habituelles. A vrai dire pas tant que ça.

Vous trouverez ci-dessous une interview de Frédéric Michalak réalisée par Europsport (Frédéric Michalak un des joueurs de l'équipe de France de rugby). Certains passages vous rappeleront peut être la Roumanie de Ceaucescu,  où à ces pays d'Europe de l'Est dans les années 70-80 où les athlètes étaient des relais politiques, véritables émissaires de l'excellence nationale et de leurs illustrissimes dictateurs.

Coupe du Monde - Michalak : "Dire les vérités" -  7/11/7.

    Dans le quotidien Le Monde, l'ouvreur tricolore Frédéric Michalak fait le point sur son départ en Afrique du Sud où il explique partir à la recherche d'un "nouveau Fred", et revient sur son désaccord avec la stratégie de Bernard Laporte pendant la Coupe du monde.

    L'ancien enfant chéri du rugby français n'a pas la langue dans sa poche. Il l'a déjà montré par le passé et le prouve une nouvelle fois. Dans le Monde daté du 6 novembre, il fait le point avant son départ en Afrique du Sud. Sur son exil, sur son désir de "trouver un nouveau Fred" là-bas où il n'aura pas besoin de "se protéger". Sur Bernard Laporte et les Bleus surtout.

    Alors qu'il avait été le premier (le seul) à affirmer son désaccord avec la stratégie du sélectionneur après la demi-finale contre l'Angleterre, il en remet une couche dans le quotidien français. "Il faut dire les vérités : quand je dis que stratégiquement c'était pauvre, c'est que c'était vrai, explique-t-il sans détour. On est arrivé à certains matchs avec des stratégies très faibles. Sur le terrain, on n'avait pas de solution. Par rapport au potentiel de l'équipe, je pense qu'on aurait pu faire mieux. Je ne pense pas que notre place c'était quatrièmes comme j'entends certains le dire. Notre place, c'était premiers."

    "L'impression qu'on nous disait de jouer pour le Président de la République"

    L'ancien Toulousain ose le dire : le discours du sélectionneur ne passait plus. "Tu ne peux pas dire que les équipes ne font rien en face." Il va même plus loin en remettant en cause les rapports entre Laporte, Sarkozy et l'équipe de France, très étroits pendant ce Mondial. "Des fois, sur certains trucs, on avait l'impression qu'on nous disait qu'il fallait jouer pour le président de la République !, affirme-t-il aujourd'hui. Ça a dû être difficile pour le coach aussi. Parce que ce n'est pas facile d'être ministre en même temps. Ça n'a pas dû être très cool pour lui. Je ne pense pas qu'il a pu évoluer dans des conditions où il pouvait vraiment se lâcher, avec une caméra qui nous suivait tout le temps... Tu ne peux pas faire deux choses en même temps."

    Le joueur ne souhaite pas régler ses comptes :" C'est vrai que ce sont les joueurs qui sont sur le terrain, et c'est pour ça que j'en veux plus à nous-mêmes qu'aux entraîneurs." Mais il ne peut pas garder ses regrets pour lui. "Moi je joue pour les gens, pour des choses qui sont vraies, je joue pour la France d'en bas, qui galère, parce que je viens de là... Je ne vais pas jouer parce que le président a réussi à être président de la République. Lui, il a réussi, alors, nous, il faut qu'on y arrive... A un moment donné, c'est ce discours-là que je ne comprenais plus trop. Nous, les joueurs, on connaît nos motivations, on est capables de dissocier les choses, mais à un moment donné, tu n'écoutes plus. Faut pas tout mélanger." Michalak part en Afrique du Sud le coeur léger, mais il a une nouvelle fois remué le rugby français.

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