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30.07.2007

Criminalisation du mouvement anti guerre

Ordre Exécutif de Bush : Criminaliser le Mouvement Anti Guerre – Par Pr. Michel Chossudovsky

« J'ai établi un Ordre Exécutif bloquant les biens de personnes dont il a été déterminé qu'ils ont commis, ou qui pose un risque significatif de commettre, un acte ou des actes de violence qui ont pour but ou effet de menacer la paix ou la stabilité de l'Irak ou du gouvernement de l'Irak ou de saper les efforts pour promouvoir la reconstruction économique et la réforme politique en Irak ou fournir une aide humanitaire au peuple irakien. »



Ordre Exécutif de Bush : Criminaliser le Mouvement Anti Guerre – Par le Prof Michel Chossudovsky


Global Research 20 juillet 2007

L'Ordre Exécutif intitulé « bloquer les biens de certaines personnes qui menacent les efforts de stabilisation en Irak « fournit au Président l'autorité pour confisquer les avoirs de quiconque s'oppose à la guerre menée par les US.

Un Ordre Exécutif présidentiel établi le 17 juillet révoque d'un trait de plume le droit de contester et de s'opposer à l'agenda militaire du Pentagon en Irak.

L'Ordre Exécutif intitulé "bloquer les biens de certaines personnes qui menacent les efforts de stabilisation en Irak" fournit au président l'autorité pour confisquer les avoirs de "certaines personnes" qui s'opposent à la guerre menée par les US en Irak.

« J'ai établi un Ordre Exécutif bloquant les biens de personnes dont il a été déterminé qu'ils ont commis, ou qui pose un risque significatif de commettre, un acte ou des actes de violence qui ont pour but ou effet de menacer la paix ou la stabilité de l'Irak ou du gouvernement de l'Irak ou de saper les efforts pour promouvoir la reconstruction économique et la réforme politique en Irak ou fournir une aide humanitaire au peuple irakien. »

En substance, selon cet ordre exécutif, s'opposer à la guerre devient un acte illégal.

L'Ordre Exécutif criminalise le mouvement anti guerre. Il vise à « bloquer les biens » des citoyens US et des organisations activement impliquées dans le mouvement pour la paix. Il autorise le Département de la Défense à interférer dans des affaires financières et donne instruction au Trésor Public de « bloquer les biens » et/ou de confisquer/geler les avoirs de « Certaines Personnes » impliquées dans des activités anti guerre. Il cible ces « Certaines Personnes « en Amérique, inclus des organisations de la société civile qui s'opposent au programme de « paix et stabilité » de l'administration Bush en Irak, caractérisé en anglais simple, par une occupation illégale et le meurtre continuel d'innocents civils.

L'Ordre Exécutif vise aussi ces « Certaines Personnes » qui « sapent les efforts pour promouvoir la reconstruction économique », ou qui, de nouveau en anglais simple, sont opposé à la confiscation et à la privatisation des ressources en pétrole de l'Irak, pour le compte des géants pétroliers anglo-américains.

L'Ordre vise également toute personne qui s'oppose au programme de Bush de « reforme politique en Irak » en d'autres mots, qui met en doute la légitimité du « gouvernement » irakien installé par les forces d'occupation.

De plus, ces personnes ou organisations non gouvernementales (ONG) qui fournissent gratuitement une aide humanitaire aux civils irakiens et qui ne sont pas approuvées par l'armée américaine et ses laquais dans le gouvernement fantoche irakien sponsorisé par les US risquent également de voir leurs avoirs financiers confisqués.

L'Ordre Exécutif viole les Premier, Quatrième et Cinquième Amendements de la Constitution Américaine. Il révoque l'un des principes fondamentaux de la démocratie US, qui est le droit à la libre expression et à contester. L'ordre n'a pas fait l'objet d'une discussion au Congres US. Jusqu'à présent, le mouvement anti guerre US ne s'en est pas préoccupé en terme de communiquée formel.

Mis à part une dépêche terne de l'Associated Press qui présente l'Ordre Exécutif comme « l'autorisation d'utiliser des sanctions financières » il n'y a eu aucune couverture médiatique ou commentaire de la décision présidentielle qui frappe au cœur de la Constitution US.

Implications plus étendues.

La criminalisation de l'état c'est quand un président en exercice et le vice président utilisent et abusent de leur autorité par le biais d'ordres exécutifs, de directives présidentielles ou autrement pour définir « qui sont les criminels » quand en fait ce sont eux qui sont les criminels.

Ce dernier ordre exécutif criminalise le mouvement pour la paix. Il doit être vu en relation avec différentes parties de législation « anti terroriste » toute la gamme de directives présidentielles et sécuritaires, etc… qui visent finalement à révoquer le gouvernement institutionnel et installer la loi martiale en cas d' « urgence nationale ».

Les criminels de guerre en hauts lieux ont l'intention de réprimer toutes les formes de contestation qui mettent en question la légitimité de la guerre en Irak.

L'ordre exécutif combiné avec l'actuelle législation anti terroriste a finalement pour but d'être utilisé contre les mouvements anti guerre et ceux pour la défense des droits civiques. Il peut être utilisé pour saisir les avoirs des groupes anti guerre en Amérique de même que de bloquer les biens et activités d'organisations humanitaires non gouvernementales fournissant de l'aide en Irak, saisir les avoirs des medias alternatifs qui rapportent la vérité sur ce qui se passe dans la guerre menée par les US, etc…

En mai 2007, Bush a promulgué une directive de Sécurité Nationale présidentielle majeure (National Security and Homeland Security Presidential Directive NSPD 51/HSPD 20), qui suspendrait le gouvernement constitutionnel et installerait des pouvoirs dictatoriaux étendus sous loi martiale dans le cas d'une « urgence catastrophique » (e.g Secondes Attaques de type 11 septembre).

Le 11 juillet 2007, la CIA a publié son « Estimation du Renseignement National » qui pointait l'imminence d'une attaque Al Qaeda sur l'Amérique, un deuxième 11 septembre qui, selon les termes de la NSPD 51, serait immédiatement suivie de la suspension du gouvernement constitutionnel et de l'instauration de la loi martiale sous l'autorité du Président et du Vice Président.

NSPD 51 accorde des pouvoirs sans précédent à la Présidence et au Département de la Sécurité Nationale, annulant le gouvernement Constitutionnel. Elle autorise le président en exercice à déclarer une « urgence nationale » sans l'approbation du Congres. L'application de la NSPD 51 conduira à la fermeture de facto de la Législature et la militarisation de la justice et de l'application de la loi.

« Le Président devra conduire les activités du gouvernement fédéral pour assurer le gouvernement constitutionnel… »

Si la NSPD 51 devait être invoquée, le Vice Président Dick Cheney qui constitue le réel pouvoir derrière l'exécutif, assurerait principalement et de facto des pouvoirs dictatoriaux à la fois au Congres US et sur le plan judiciaire, en continuant à utiliser le président George W. Bush comme figure de proue proxy.

NSPD 51 tout en contournant la Constitution, envisage néanmoins des procédure très précises garantissant les pouvoirs du Vice Président Dick Cheney en relation avec les fonctions pour la « continuité du gouvernement » sous loi martiale.

« Cette directive devra être appliquée de façon consistante avec, et facilitant l'application effective, des dispositions de la Constitution concernant la succession à la Présidence ou l'exercice de ses pouvoirs, et le Presidential Succession Act of 1947 (3 U.S.C. 19), avec consultation du Vice Président et, comme approprié, d'autres impliqués. Les chefs des départements exécutifs et les agences devront s'assurer que le soutien au Vice Président et d'autres impliqués est disponible, comme une nécessité pour se préparer à tout moment à appliquer ces dispositions.»( (NSPD 51, op cit.).

L'ordre exécutif pour confisquer les avoirs des activistes anti guerre/de la paix est largement consistant avec la NSPD 51. Il pourrait être déclenché même en l'absence d' « Urgence Catastrophique » comme envisagé dans la NSPD 51. Il révoque la démocratie. Il fait un pas de plus en avant dans la « criminalisation « de toutes formes d'opposition et de contestation à la guerre menée par les US et à l'agenda de la « Sécurité Nationale ».


Voir l'article original en anglais

Copyright Michel Chossudovsky.

Michel Chossudovsky est l'auteur du livre America « War on Terrorism », Deuxième Edition, Global Research, 2005. Il est professeur d'économie à l'Université d'Ottawa et directeur du Centre de Recherche sur la Mondialisation.

Traduction Mireille Delamarre pour planetenonviolence.org

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