30.04.2007
Communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme
28 avril 2007 - Election présidentielle
Le 6 mai, barrons la route à l’autoritarisme, votons pour défendre les droits et les libertés.
Communiqué de la LDH (Ligue des Droits de l'Homme)
Contre-pouvoir et association civique luttant contre l'arbitraire, l'injustice et l'intolérance, la Ligue des droits de l’Homme n’intervient dans le débat électoral que si le bon fonctionnement de la démocratie, l'effectivité de la citoyenneté et le respect des principes de liberté, d'égalité et de fraternité sont en jeu.
Nous venons de vivre cinq années de régression des libertés, de l’égalité et de la fraternité. Tous les pouvoirs ont été accaparés par un seul courant politique. L’autoritarisme, le recours aux moyens d’exception ont accompagné le renforcement du contrôle social, le choix du tout répressif, le recul des droits des justiciables, les attaques contre l’indépendance des juges. L’insécurité sociale a été renforcée pour les plus faibles, la protection sociale fragilisée, la précarité du travail encouragée. Les « marginaux », les « différents », les jeunes des quartiers défavorisés, ont été traités en boucs émissaires, les étrangers traqués jusque dans les écoles maternelles, les familles les plus démunies sanctionnées pour leur pauvreté.
Si Nicolas Sarkozy se voyait confier la plus haute charge de l’Etat, nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas : loi durcissant encore la répression pénale, nouvelle loi anti-étrangers, contrat de travail « unique » se substituant au CDI, sans parler du ministère de l’« identitaire » et de l’immigration… Il est de notre devoir d’alerter les citoyennes et les citoyens de ce pays : la poursuite et l’amplification de la politique menée depuis cinq ans ne serait pas un «rêve» mais un cauchemar. Nous ne voulons pas d’une démocratie muselée qui, parce qu’elle laisserait sur le bord de la route des millions de personnes, attiserait le communautarisme, le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie et ouvrirait la voie aux révoltes sociales.
Nous voulons une autre France : fière de sa diversité, soucieuse que chacun puisse réaliser ses aspirations, porteuse des libertés et rénovant sa démocratie. La France n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle met ses actes en accord avec son ambition séculaire de voir tous les droits valoir pour tous. Pendant qu’il en est temps, la LDH appelle les électeurs à choisir la solidarité et non la peur, le respect et non les menaces, l’égalité et non les discriminations.
La Ligue des droits de l’Homme appelle à voter et à faire voter, le 6 mai 2007, pour Ségolène Royal.
Paris, le 28 avril 2007.
Note de Pouvoir et Pscyhopathie : Comme le souligne justement la LDH, nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.
19:31 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : communiqué, LDH, Ligue des droits de l'homme, sarkozy, royal
Nicolas Sarkozy, la victime.
Le Nouvel Observateur dans son édition Internet du 27 avril 2007 nous fait part de toutes les maux dont Nicolas Sarkozy semble faire l'objet.
Le Nouvel Observateur - 27/4/2007
Nicolas Sarkozy a dénoncé vendredi le "délit de faciès" et le "délit d'opinion" de ses adversaires à son encontre suite aux accusations sur des pressions de sa part pour empêcher le débat entre François Bayrou et Ségolène Royal.
Voici donc en préambule que Monsieur Karcher, stigmatiseur de racaille, se retrouve être, selon ses dires, la cible d'un délit de faciès. Au moins nous pouvons lui accorder qu'il sait de quoi il parle. Etait il animé de ce même auveuglement lorsqu'il insultait Azouz Begag ?
La déclaration suivante permet d'illustrer un peu mieux la relation paradoxale de N. Sarkozy au délit de faciès(extrait de l'émission de TF1 "J'ai une question à vous poser" qui n'a pu être mise en ligne sur le site de TF1 en raison de problèmes d'encodage (!) )
"On respecte ses règles, c'est-à-dire qu'on n'est pas polygame, on ne pratique pas l'excision sur ses filles, on n'égorge pas le mouton dans son appartement et respecte les règles républicaines"
"C'est plus fort que le procès stalinien", s'est insurgé le candidat de l'UMP lors d'une réunion publique devant quelque 10.000 militants à Cournon-d'Auvergne (Puy-de-Dôme).
N. Sarkozy n'a pas peur des grands mots et parle désormais de procès stalinien. Là aussi nous ne pouvons douter de l'expertise de l'intéressé dans le domaine : souvenez vous en novembre 2005, Julie Decroix et Maël de Calan, les deux responsables de la formation ’Jeunes populaires de Paris’ de l’UMP, décident de quitter la structure, faisaient connaître publiquement les pressions qui ont été exercées sur eux. Ils furent suivis de Marie Guévenoux, présidente de cette formation, qui fut peu de temps après également forcée à la démission pour être remplacée par quelqu’un de plus coopératif. Ils ont ouvert le forum Cybermilitant.org pour communiquer librement sur ce qui se passait au sein de l’organisation. Avec plus de 3000 membres il devient rapidement le forum de référence pour les jeunes militants UMP qui souhaitaient émettrent des avis critiques. La direction de l’UMP a obtenu sa fermeture quelques mois plus tard.
"Certains me disent: 'nous sommes persuadés que vous avez fait pression sur le CSA pour empêcher que Mme Royal aille débattre avec M. Bayrou. Je n'ai pas de preuve, je n'ai pas d'indice, je n'ai rien qui me permette d'étayer ce que j'avance mais ça ne fait rien. Je suis sûr que c'est vrai parce que votre tête ne me revient pas et parce que vos idées ne me plaisent pas'", a remarqué M. Sarkozy.
Ici N. Sarkozy utilise un procédé de manipulation bien connu. Il commence une citation avec des extraits authentiques : "nous sommes persuadés que vous avez fait pression sur le CSA pour empêcher que Mme Royal aille débattre avec M. Bayrou" et il poursuit sa "citation" avec des termes issu de sa propre imagination : "je n'ai rien qui me permette d'étayer ce que j'avance mais ça ne fait rien. Je suis sûr que c'est vrai parce que votre tête ne me revient pas et parce que vos idées ne me plaisent pas".
En paralléle Nicolas Sarkozy ajoute un raisonnement pseudo logique : l'absence de preuve (François Bayrou n'a pas d'élément prouvant les pressions exercées sur Canal+) entrainerait selon le raisonnement sciemment erroné de Nicolas Sarkozy la preuve de l'absence (il n'y a donc pas eu de pression exercée sur Canal+)
"Le délit de faciès et le délit d'opinion sont à la mode chez les bien-pensants", a ajouté le candidat de l'UMP. "Bientôt, tous ceux qui ne sont pas d'accord avec eux seront des fascistes. Cela leur permettra de trouver le point commun qui leur manque pour entrer en coalition avec le parti communiste et avec l'extrême gauche".
Ici aussi Nicolas Sarkozy semble particulièrement bien qualifié pour parler du fascisme. N'oublions pas que le père de N. Sarkozy est issu d'une famille de hobereaux hongrois (les bien-pensants de l'époque), qui ont fourni les principaux cadres des règimes fascistes et nazis qui gouvernèrent la Hongrie de 1920 a 1945.
Il semble que N. Sarkozy en ait conservé les atavismes. Voici une sélection de quelques censures fascisantes caractérisées qui illustrent les talents de la descendance :
- Raphaëlle Picard, pigiste à l’AFP est frappée d’interdiction professionnelle pour avoir relaté l’intervention policière du 4 octobre 2006 dans la cité des Mureaux. Elle rapportait les témoignages des habitants qui ont été violentés et braqués par les forces de l’ordre, dont de très jeunes enfants.
- En août 2005, Paris Match avait publié une photo montrant l’épouse du ministre de l’Intérieur, Cécilia Sarkozy, en compagnie de son amant, le président d’origine marocaine de Publicis Events Worldwide, Richard Attias. Le ministre de l’Intérieur avait alors demandé à son ami et directeur du journal, Arnaud Lagardère, le licenciement du directeur de la publication Alain Genestar, ce qui sera fait en juin 2006. Peu après son renvoi, l’émission I Match, présentée par Alain Genestar sur I Télé fut également supprimée faute de budget.
- Serge Portelli, magistrat, vice-président au tribunal de Paris, président de la 12e Chambre correctionnelle, venait de rédiger un nouvel ouvrage : ’Ruptures’, dressant le bilan des cinq ans de Sarkozy passé au gouvernement. Au dernier moment, l’éditeur a renoncé à publier ce texte, ne laissant plus le temps à un nouvel éditeur de le faire paraître avant l’élection présidentielle.
"En fait, il s'agit toujours de la même chose. Il s'agit d'escamoter le peuple, de l'empêcher de décider, de le tenir à l'écart, de le manipuler", a poursuivi M. Sarkozy, dénonçant "la coalition des rancoeurs et des déceptions", "le front commun des haines et des intolérances", "les petites manoeuvres politiciennes du temps où triomphait le régime des partis".
Manipulation rancoeur, haine, déception, intolérance. N. Sarkozy n'est pas à court de qualificatifs. On se demande quand ce flot va s'arrêter. Cela rappelle les logorrées soulignées par M. Onfray. Un flot émotionnel fruit d'une hystérie paranoïaque débridée.
Souvenons nous toutefois que le fond de cette affaire concerne tout simplement la plainte de F. Bayrou concernant des pressions exercées (avec succès) par le camp de N. Sarkozy pour annuler le débat de Canal+
Selon lui, "les adeptes de la pensée unique n'ont pas supporté le premier tour". "Le peuple a choisi et ce n'est pas conforme à la pensée unique", a estimé le candidat UMP, fort de ses 31,18% du premier tour.
N. Sarkozy stigmatise la pensée unique chez ses adversaires. Là aussi nous pouvons faire confiance à l'intéressé, il sait de quoi il parle. Quoi de plus efficace qu'une collusion avec les médias pour s'assurer de la mise en avant de la pensée unique, la sienne bien sûr. Dans la liste des proches de N. Sarkozy nous retrouvons entre autres :
- Martin Bouygues, patron du groupe TF1 (TF1, LCI, TPS...).
- Bernard Arnault possède des titres comme La Tribune, Investir ou Radio Classique.
- Serge Dassault propriétaire de la Socpresse, 1er groupe de presse français, publiant notamment Le Figaro.
- Arnaud Lagardère contrôle des grandes radios (Europe 1, Europe 2, RFM...) et des magazines d’actualités (Paris Match...)
"Le peuple s'est levé. Et maintenant on veut le faire rasseoir. On veut le remettre à l'écart. On veut l'ensevelir sous une avalanche de faux débats. On veut que plus personne ne puisse lui parler", a dénoncé M. Sarkozy.
Le peuple. N'éxagérons rien : 31% des 80% de votants parmi les 44.5 millions d'électeurs ça ne fait jamais que 11 miliions de français soit moins d'un cinquième de la popluation française. Vu ainsi il semble abusif voire manipulateur de se permettre de parler au nom du peuple français.
"Parce qu'en réalité on ne veut pas que le peuple soit libre. On le préfère ignorant, parce que l'ignorant n'est pas libre".
Qui est ce "on" ? Qui préfère garder le peuple ignorant grace à l'action de ses amis grands patrons des médias lobotomisateurs ? Bien entendu N. Sarkozy veut que le peuple soit libre et pour arriver à ses fins il a une manière bien particulière exposée dans le Journal de 20h sur France 2, le 29 mars 2005 : "Le travail libère l'individu. (...) Le travail est une valeur de libération". Rappelons que l'inscription à l'entrée du camp d'Auschwitz était "Arbeit macht frei" ("le travail rend libre").
Le candidat de l'UMP a promis d'être le "candidat du peuple français" face à Ségolène Royal, "candidate des partis et des combinaisons".
et gardons à l'esprit que les promesses n'engagent que ceux qui y croient. Surtout quand celles-ci sont proférées par des psychopathes.
Notons les déviances dont Nicolas Sarkozy a accusé ses adversaires (tout cela en l'espace d'une seule intervention)
- procès stalinien
- délits de faciès
- manipulation
- intolérance
- pensée unique
- ...
L'objectif des chapitres précédents était de démontrer que Nicolas Sarkozy est loin d'être innocent de chacun des maux dont il accuse ses adversaires.
Ici apparait donc un procédé subtil et dévastateur abondamment utilisé par les psychopathes : la pensée inversive.
Tout au long de sa déclaration, Nicolas Sarkozy a pratiqué ouvertement la pensée inversive. Il a acccusé sans preuve ses adversaires des déviances dont il est lui même coupable (comme les faits en attestent).
Il s'est plaint, a revêtu la robe de la victime alors qu'il est lui-même le bourreau.
Mais alors comment un individu autant plongé dans l'aveuglement, tenant des propos aussi incohérents pourrait il convaincre des électeurs ?
Andrev Lobaczewsky nous fournit dans Ponérologie Politique un indice essentiel :
"C'est la société elle-même qui, en pratiquant un processus de "pensée inversive", a recours à la terrorisation de la pensée. Il n'est dès lors plus besoin de censurer la presse, le théâtre, les émissions de radio ou de télévision, puisque les citoyens se conduisent eux-mêmes en censeurs pathologiques et hypersensibles"
Le 6 mai, ce ne sera donc pas seulement le candidat Sarkozy qui sera testé mais aussi et surtout la société française. Sa capacité à l'analyse objective, sa capacité à faire le distingo entre ses désirs et la réalité, sa capacité à préserver son libre-arbitre et sa liberté.
28.04.2007
1933 - 2007
Le 30 janvier 1933, le destin de l'humanité bascule. Hindenburg nomme Adolf Hitler, chancelier de l'Allemagne.
Comment une grande nation développée, riche de deux millénaires de culture, d'histoire et de progrès a t'elle pu en arriver là ?
Nous pouvons discerner quelques éléments clefs et constater que des dynamiques similaires se matérialisent aujourd'hui en France autour de la candidature de N. Sarkozy comme elles se concrétisaient en 2000 pour l'élection de Georges Walker Bush.
Crise économique :
A l'issue de la première guerre mondiale et avec le reflux des capitaux américains suite à la crise de 1929, l'Allemagne est exsangue, le chômage et la pauvreté atteignent des niveaux records.
Si l'on se penche sur la situation de la France et que l'on va au-delà des statistiques officielles sur l'inflation et sur le chômage (dont le trucage des résultats est un exemple supplémentaire de propagande et de recul démocratique), force est de constater que la précarité et la pauvreté se cont considérablement accrus.
Depuis des années, la véritable inflation est largement supérieure à la croissance, la richesse totale s'accroit peu et elle est de plus en plus inégalement répartie, le pouvoir d'achat de la majorité des français ne cesse de s'éroder.
Nous nous retrouvons donc avec de plus en plus d'exclus (chômeurs, rmistes, sdf) mais aussi avec des salariés qui souffrent également de pauvreté.
Cette donnée est un élément nécessaire à l'établissement d'un régime ponérologique. Plus la pression est forte, plus la situation est désespérée, plus les peuples sont susceptibles de croire à l'archétype du sauveur, aux discours hystérisants et aux politiques populistes.
Echecs répétés des gouvernements précédents :
La république de Weimar comme la Ve république n'ont pas constitué des âges d'or pour les nations concernées. Incompétences, rivalités, instabilités, difficultés conjoncturelles ont progressivement sapé les valeurs qui constituent les fondations d'un régime démocratique. Progressivement le crédit accordé par les électeurs aux régimes classiques et à leurs représentants a diminué. Laissant une place grandissante aux extrêmes.
Immobilisme et marasme caractéristiques des fins de régimes. Les citoyens se lassent, élections après élections les mêmes problèmes perdurent. Les taux d'abstention et le désespoir augmentent. Jusqu'à ce que le citoyen en arrive à souhaiter le changement pour le changement, le changement à tout prix, même s'il quitte Charybde pour mieux se jeter dans les bras de Scylla.
Cela ne vous rappelle rien ? L'alternance gauche-droite et toujours les mêmes problèmes, la montée de l'abstentionisme, la poussée des extrêmes, en 2002 la présence de Jean-Marie le Pen au 2e tour et aujourd'hui un candidat autoritaire et xénophobe en tête des sondages pour le 2e tour.
Progressivement les manières changent : moins de tempérance, moins de scrupules, moins de recul. Les pratiques évoluent aussi, constitution de milices politiques, intimidations, menaces, insultes,...
Création du candidat diabolique :
Cette croissance des extrêmes amène sur le devant de la scène de nouvelles idéologies et de nouveaux candidats souvent peu recommandables. Les communistes et Adolf Hitler vont devenir des forces de plus en plus présentes au cours des élections précédant 1933.
Toutefois, le peuple allemand va être progressivement amené à croire que la seule mouvance politique diabolique est le communisme. Le point d'orgue de cette manipulation sera constitué par l'incendie du parlement allemand en 1934 où les nazis instrumentaliseront un communiste pyromane notoire finalisant ainsi la diabolisation du communisme.
Ainsi, le peuple allemand croit fermement que le communisme incarne le mal. Cette croyance n'est en l'occurence pas forcément erronée eu égard ce que l'on peut apprendre de l'histoire de la Russie par exemple. La manipulation est plus subtile. En jouant sur l'intellec distributif de l'être humain celui-ci est entrainé vers de fausses conclusions : les communistes sont diaboliques donc tous les autres ne sont pas diaboliques.
Revenons en France, depuis des décennies Jean Marie Le Pen est diabolisé (et généralement à juste titre). La grande majorité des français en est venue à croire légitimement que JM Le Pen est une menace, c'est un candidat fasciste.
Mais cette analyse juste entraine une généralisation erronée : JM Le Pen est une menace, c'est LE SEUL candidat fasciste.
Stigmatisation des peurs
Un des thèmes centraux du candidat Hitler était la stigmatisaiton des menaces (plus fantasmées que réelles) qui planaient sur le peuple allemand. Celui-ci était la cible des communistes, des francs-maçons, des juifs, des grandes nations occidentales qui complotaient contre l'excellence germanique.
Pour qu'un candidat fasciste soit élu, il faut que le peuple atteigne une masse critique de peur. A partir d'un certain niveau d'angoisse, l'être humain devient hautement susceptible, influençable. Il pert ses capacités d'analyse et de recul. Il est aveuglé par ses peurs, son instinct de préservation prend le pas sur les autres fonctions.
Ici, le candidat fasciste entre en scène et joue le chant des sirènes mainte fois entendu au cours des heures les plus noires de l'humanité. Tu te sens menacé ? Tu as peur ? Ne t'inquiète pas, je suis là, je vais te protéger, rentre dans cette prison et tu n'auras plus rien à craindre.
Ici se joue un des actes les plus importants de la tragédie humaine, où, aveuglé par ses peurs, l'homme va opter pour l'illusion de la sécurité en échange de ce qu'il a de plus précieux, sa liberté.
Cela vous rappelle peut être quelque chose, non ? La stigmatisation de la racaille, des brûleurs de voitures, la publication des chiffres de la délinquance catégorie par catégorie et mois par mois, l'hystérie collective et entretenue par les médias autour des pseudo-pédophiles d'Outreau, l'augmentation des budgets de la sécurité, l'augmentation des effectifs de la police, l'hypermédiatisation des crimes sanglants et des arrestations sensationnelles, les fichages ADN, la fin du secret professionnel,...
Georges Bush a eu son 11 septembre pour promulguer le Patriot Act et asservir le peuple américain, Hitler a eu son incendie du Reichstag pour interdire les partis politiques et les syndicats. Qu'est ce qui attend Nicolas Sarkozy, s'il est élu le 6 mai ?
Nous en avons peut être un avant-goût avec ces quatre attentats qui ont eu lieu en Corse juste avant le 1er tour.
Au fait, quel a été le résultat du vote en Corse ? 37% des voix pour Nicolas Sarkozy.
Politique xénophobe du bouc émissaire
Les régimes fascistes sont fondamentalement corporatistes. c'est à dire qu'ils divisent la population pour mieux régner, et qu'ils désignent en même temps une certaine partie de la population comme responsable de toute les maux que connait la nation.
Il ya donc les citoyens normaux, (les Aryens en Allemagne, les riches aux USA, les bons français dans l'idéologie sarkozienne) et puis il y a les autres (les juifs en Allemagne, les pauvres aux USA, les racailles dans la France sarkozienne).
Cette division de la population est essentielle quant à la pérennisation d'un régime fasciste, pour plusieurs raisons :
* c'est la raison d'être de ce régime par rapport aux autres régimes.
* le gouvernement n'est plus responsable des maux de la nation, c'est la faute du bouc émissaire.
* la population est divisé et dispose donc de moins de capacités à s'unir et à comprendre.
* la peur et la haine sont entretenues, entretenant ainsi l'aveuglement et l'ignorance. Les peuples sous le joug fasciste sont des esclaves consentants, le jour où ils réalisent qu'il n'y a pas de monstre dehors, alors la prison ne sert plus à rien.
Soutien des milieux d'affaires
Si Hindenburg a nommé Adolf Hitler chancelier de l'Allemagne en 1933, c'est aussi en raison du soutien de grands industriels et financiers (comme Fritz Thissen, Max Warburg ou même Prescott Bush).
Georges Walker Bush, descendant de ce même Prescott Bush a accédé à la présidence des Etats-Unis grace à une mobilisation très importante des secteurs financiers, pétroliers et militaires (et il leur a bien rendu).
Il est intéressant de noter les accointances de Nicolas Sarkozy avce les grands patrons français.
"Etonnament", nombre de ces patrons oeuvrent dans le secteur des médias.
Martin Bouygues, patron du groupe TF1 (TF1, LCI, TPS...).
Bernard Arnault possède des titres comme La Tribune, Investir ou Radio Classique.
Serge Dassault propriétaire de la Socpresse, 1er groupe de presse français, publiant notamment Le Figaro.
Arnaud Lagardère contrôle des grandes radios (Europe 1, Europe 2, RFM...) et des magazines d’actualités (Paris Match...).
Les régimes fascistes sont construits sur la peur et l'ignorance d'un peuple. Le seul antidote à cet aveuglement est la connaissance, qui ne peut être acquise qu'à travers la prise d'information. Et c'est là le problème de la France : dans son isolationnisme, sa "fierté" dans l' exception culturelle qui le conduit à rejeter l'utilisation de la langue anglaise, le peuple français se prive ainsi d'une somme importante d'informations indisponibles dans sa langue natale : ouvrages de psychologie uniquement disponibles en langue anglaise et pourtant cruciaux pour notre édification - notamment les ouvrages de Martha Stout et de Cleckley sur la psychopathie - heureusement, l'ouvrage de Lobaczewski, Political Ponerology, vient d'être traduit en français : Ponérologie Politique - regards plus critiques et objectifs des médias internationaux et plus particulièrement anglo-saxons sur la politique française, connaissance de la situation aux Etats-Unis, avec la mainmise de Bush et la corruption de son administration - ces informations auraient pu servir de base de réflexion aux Français, et auraient permis de dresser un parallèle instructif entre le chaos dans lequel Bush a mis son pays, et ce qui nous attend si Sarkozy est élu
Un dirigeant fasciste qui contrôle toutes les sources d'information devient quasiment indétronable
Adolf Hitler a eu ses autodafés, son département de la censure et son chef de la propagande Goebbels.
Nicolas Sarkozy ou Georges Walker Bush eux ont pactisés avec les barons des médias de masse.
Est ce un hasard si ces mêmes individus militent pour le contrôle d'Internet ?
De même, l'avant dernière étape du passage d'un régime démocratique à un régime fasciste est la dénonciation et l'arrestation des dissidents d'opinion en tant que traîtres. Cela ne vous rappelle rien ? Nicolas Sarkozy : "on est avec moi ou contre moi" ou "aller contre moi, c'est aller contre l'opinion publique". Cette tendance populiste : je parle pour le Peuple, je suis sa Voix, je le protégerai" est le propre d'un dictateur. On ne pourra pas dire que cette fois, on ne savait pas ! On pense notamment aux personnes âgées qui ont vu l'accession d'Hitler au pouvoir, la Seconde Guerre mondiale, l'occupation allemande, et qui pourtant votent Sarkozy. Il faudrait bien qu'elles comprennent que personne à l'époque n'avait prévu qu'Hitler imposerait une société fasciste, que sous ses airs débonnaires de "bon père protecteur" se cachait un fou dangereux. Au départ, un fasciste n'a pas l'air d'un fasciste. Tous les signes sont actuellement présents, il nous suffit de les lire et d'en tirer les conséquences.16:25 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Bush, goebbels, sarkozy, lagardere, arnault, bouygues, censure
27.04.2007
Décryptage d'un discours de N. Sarkozy
Q : Comment allez-vous vous adresser aux électeurs de François Bayrou ? R : Les électeurs n'appartiennent pas davantage à François Bayrou qu'à Ségolène Royal, à Jean Marie Le Pen ou à Nicolas Sarkozy. Je n'ai pas cette vision patrimoniale du corps électoral. Si tel était le cas, j'aurais du faire campagne non pas devant 44 millions d'électeurs, mais avec quatre personnes dans une pièce : Le Pen, Bayrou, Royal et moi.
Euh… Ne serait-ce plutôt que les électeurs n’appartiennent à personne, en principe ? Ce sont plutôt les candidats et ce qu’ils son censés représenter, qui appartiennent aux électeurs.
Ne réduisez pas les électeurs à leur choix d'un tour ! Ce qui a fonctionné au premier tour doit fonctionner au second.
Comme le résultat obtenu grâce au machines à voter, par exemple ?
Je veux dire aux électeurs de gauche qui croient à l'ordre dans le mouvement, que je suis le candidat du mouvement alors que Ségolène Royal veut le statu quo.
Le candidat du mouvement, et donc, de l’ordre ? N. Sarkozy joue beaucoup avec les mots. L’ordre dans le mouvement, comme faire marcher les français au pas de l’oie ?
Quand et comment organisez-vous la constitution de ces pôles : avant le second tour ? Combien de circonscriptions réserverez-vous à l'UDF ? Je ne rentre pas dans la négociation partisane. Je dis simplement que tout élu de l'UDF qui soutiendra ma candidature, avant le 6 mai, sera dans la majorité présidentielle et recevra l'investiture de cette majorité. L'UDF a toute sa place dans la majorité présidentielle. Je vais plus loin : ceux qui viendront de la gauche dans le cadre d'un contrat de gouvernement y auront également leur place.
Ferez-vous à l'UDF une offre de rééquilibrage au regard des 18 % obtenus par François Bayrou ? On peut très bien en parler. C'est une discussion qu'auront les partis politiques au lendemain de l'élection présidentielle.
Autrement dit, avant pas de dialogue entre les partis. Après, une fois qu’il sera l’autorité, on peut admettre le dialogue… s’il va dans son sens. Quand on sait comment Azouz Begag, ministre UMP a été traité par N. Sarkozy, nous pouvons envisager le pire pour d'éventuels ministres UDF (si ceux ci n'obtiennent jamais un tel mandat)
Si un jour il devait y avoir une ouverture à l'Assemblée nationale, cela ne pourrait se faire que par la suppression d'un certain nombre de postes de députés élus dans les circonscriptions. En revanche, je proposerai la ratification des principales nominations de fonctionnaires ou d'autorités par les commissions compétentes de l'Assemblée,
En d'autres termes, N. Sarkozy propose des nominations dont il se sera assuré de la déférence et en propose le vote par les commissions parlementaires qu'il contrôle.
afin qu'elles ne soient plus le produit de la connivence mais de la compétence.
Cette dernière phrase est ambigüe. Compétence en quoi ? Connivence avec qui ?
Je créerai un statut de l'opposition
En plus de contrôler ses propres troupes d'une main d'acier, N. Sarkozy ambitionne d'être celui qui définit le statut de l'opposition.
et, si je suis élu, je recevrai régulièrement les leaders de l'opposition.
Les recevoir pour les menacer comme Azouz Begag ? Pour essayer de les humilier comme Michel Onfray ?
En outre, je ne serai pas choqué que la présidence de la commission des finances soit confiée à un élu de l'opposition.
Ceci ne tient pas la route. Si c’est lui qui décide qui seront ces principaux nominés, il ne s’agit pas d’un processus démocratique. En outre le cas Besson, ex PS ayant rallié l'UMP sur le tard démontre que le fait d'être étiqueté opposition ne constitue en rien une garantie quant à la véritable orientation poltique de l'intéressé.
Comment concilier cette ouverture avec le discours que vous tenez en direction des électeurs du Front national ? Je m'inscris en faux sur la prétendue droitisation du débat politique. D'un candidat de la droite républicaine qui fait campagne sur le pouvoir d'achat et va dans les usines, on pourrait aussi bien dire qu'il va à gauche. Le pouvoir d'achat, c'était le thème du Parti communiste; les usines, celui de l'extrême gauche. Les ouvriers attendent de moi que je résolve le problème du pouvoir d'achat, que je lutte contre les délocalisations, que je pose le problème de la concurrence loyale, que j'affirme la préférence communautaire. Cela n'a rien à voir avec la droitisation. Bien sûr, j'ai parlé de l'identité et de l'immigration, mais tous les Français se sentent concernés. Et mon premier thème c'est le travail.
Ceci constitue une technique particulièrement habile. Ses visites aux usines ne sont que destinées qu'à l’image et à la propagande. Tout le monde connaît ses lien avec les grands patrons. Il est évident que son intention est de favoriser les actionnaires les plus puissants.
Avez-vous des valeurs communes avec le FN ? Mes valeurs sont les valeurs de la République : travail, mérite récompense, fraternité, autorité, exigence, récompense. Vu ce qu'a dit Le Pen de moi dans la campagne, chacun comprend qu'il y a de très grandes différences entre nous. Il est allé jusqu'à dire que, pour être candidat à la présidence de la République, il fallait être issu de deux générations de Français. C'est le statut de 1940, celui de Pétain ! Mais je ne veux pas dire à quelqu'un qui a voté FN qu'il est un mauvais Français. Vous n'interdisez pas votre journal aux électeurs de M. Le Pen. Pourquoi ne devrai-je pas leur parler ?
Il semblerait que Sarkozy a un peu modifié les valeurs de la république. « Travail » = plus, plus et plus de la part des employés, qu’ils aiment leur travail ou non pour, in fine, plus de profit et de dividende pour le lobby qui le soutient. « Mérite récompense » = déterminée par qui ? « Fraternité » = au moins il en reprend un. Mais nous ne sommes pas sûrs qu’il attribue le même sens que nous à ce mot. Pour s'en faire le coeur net il suffit de se pencher sur la manière dont il a trahi Jacques Chirac en 1995, drôle de manière de traiter ses proches. « Autorité » Evidement, cela ne pouvait pas manquer dans une démocratie aussi juste… « Exigence » Mais bien sûr, plus, plus, et une main de fer. Rien de mieux pour les petits moutons. Et les limites de cette exigence ? Il faudrait peut-être pouvoir les poser avant de s'accorder le droit d’avoir des exigences… « Récompense » : seulement si vous êtes sages, les enfants.
Mais on vous accuse de reprendre ses idées… En 2002, des centaines de milliers de gens ont manifesté aux cris de "Le Pen ne passera pas". Aujourd'hui, alors qu'il a perdu un million de voix, c'est contre moi qu'il faudrait manifester. Au fond, il y a toujours une part de l'opinion, notamment à gauche, qui considère illégitime ceux qui n'ont pas ses idées. Cela s'appelle le sectarisme.
Non. Cela s’appelle liberté. Mais le « tout sauf Sarko » est une construction médiatique parfaitement artificielle. Agiter cet argument c'est insulter les 11,5 millions personnes qui ont voté pour moi. C'est les présenter soit comme des attardés, soit comme des fascistes. Avoir des idées différentes de quelqu'un c'est l'insulter ? Ce type de raisonnement s’appelle paramoralisme : La conviction qu’il existe des valeurs morales et que certaines actions violent des règles morales est un phénomène tellement commun et ancien qu’il semble avoir quelque substrat au niveau du patrimoine instinctif (encore qu’il ne soit certainement pas entièrement adéquat dans le cadre de la vérité morale), et qu’il ne fait pas que représenter des siècles d’expérience, de culture, de religion et de socialisation. Dès lors, toute insinuation infiltrée dans des slogans moraux est toujours suggestive, même quand les critères “moraux” utilisés ne sont que pure invention ad hoc. N’importe quel acte peut donc être vu comme immoral ou moral par le biais de paramoralismes et de la suggestion active; il se trouvera toujours des gens pour tomber dans le panneau de ce genre de raisonnements.[…] Les déclarations et suggestions pseudo-morales accompagnent si souvent diverses formes de mal qu’elles semblent irremplaçables. Malheureusement, il est devenu très fréquent que des individus, des groupes de pression, ou des systèmes pathocratiques inventent de nouveaux critères moraux dans leur propre intérêt. […] C’est peut-être le moment de se dire que la vraie morale naît et existe indépendamment de nos jugements à cet égard, et même de notre capacité à la reconnaître. L’attitude requise pour comprendre cela est donc scientifique, et non créatrice: il nous faut humblement soumettre notre esprit à la réalité perçue. C’est ce qui se passe quand nous découvrons l’homme dans sa vérité: ses faiblesses et ses qualités; elle nous montre ce qui est convenable et approprié par rapport à autrui et aux autres sociétés. (Ponérologie Politique, A. LOBAZCEWSKI.) Revenons au discours :
Sur le travail, comment promettre une hausse de pouvoir d'achat alors que la rigueur économique paraît nécessaire pour regagner de la compétitivité ? Je ne veux pas une politique de sacrifices, car elle ne mène à rien. On ne réduit pas les déficits et l'endettement avec des sacrifices. Je veux une politique fondée sur l'effort et le travail, ce qui n'a rien à voir.
Ah bon ? Apparemment M. Sarkozy n'a pas bien compris ce qui se passe chez les ouvriers qu'il dit rencontrer si fréquemment. Peut être que des fonctions de notable à Neuilly ne nécessitent pas de sacrifices mais aujourd'hui la vie de la plupart des smicards est une succession de sacrifices. Pour en revenir à la question que N. Sarkozy a habilement esquivée, qui va déterminer l'équilibre entre pouvoir d'achat et rigueur, travail et rétribution Nicolas Sarkozy et ses amis du CAC 40 ?
19:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, le monde, ponérologie, décryptage, paramoralisme, le pen, législatives
Sarkozy, psychopathe même avec celui dont il a le plus besoin
26 avril 2007 - PARIS (Reuters)
«La campagne dans la campagne imposée par François Bayrou dans l'entre-deux tours tourne à l'aigre : l'ex-candidat centriste a accusé vendredi Nicolas Sarkozy d'avoir empêché son débat avec Ségolène Royal, ce que l'UMP dément, dénonçant une entreprise de calomnie. "Lorsque j'ai tenu une conférence de presse mercredi j'ai parlé de la part de Nicolas Sarkozy d'intimidation et de menace. C'est exactement là où on en est", a affirmé François Bayrou sur RTL, précisant toutefois n'avoir qu'une "certitude".»
Il est clair que Sarkozy a fait pression pour empêcher tout débat Royal/Bayrou. Et c'est lui qui vient nous parler de liberté de pensée et de liberté d'expression. Double langage typique des menteurs dans son genre ?
Quelques mots du personnage : «Voltaire, pour ne citer que lui, continuera si je suis élu à être enseigné dans les écoles françaises, il continuera à être dans les programmes des examens, il continuera à être joué librement dans les théâtres qui le souhaitent et je ne tolérerai pas que quiconque tente de s’y opposer par la violence. Parce que pour moi la liberté de l’esprit c’est la première valeur de la culture française et la première qualité de l’intelligence humaine. Si nous voulons une société de liberté, si nous voulons contribuer à faire de nos enfants des hommes libres, si nous voulons former des âmes libres, il nous faut protéger et encourager la liberté» «Je veux défendre la liberté de conscience. Je veux défendre la liberté d’expression.»
Comme c'est beau... et faux
«"Il se trouve que ce débat a été annulé en arguant, ou en prétendant, qu'il y avait des règles du CSA et une demande du CSA qui empêcherait la tenue du débat. Ceci est absolument faux", a-t-il ajouté.Canal+, qui avait proposé de retransmettre samedi matin un débat entre Ségolène Royal et François Bayrou, a retiré son offre jeudi faisant valoir le respect des règles du temps de parole imposées par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Le CSA a démenti être intervenu auprès de la chaîne cryptée pour annuler la tenue du débat."Ici, par toute une série de réseaux (...), qui rapprochent de très grandes puissances financières et de très grandes puissances médiatiques autour de Nicolas Sarkozy, des interventions directes sont faites auprès des rédactions, sont faites auprès des chaînes, de manière que l'information se trouve verrouillée", a avancé François Bayrou."On est en train de choisir le chemin d'une régression immense qui met en cause le droit élémentaire des Français à être informés", a poursuivi le dirigeant centriste."Et songez que Nicolas Sarkozy n'est pas encore élu. Alors, qu'en sera-t-il s'il est élu? a-t-il lancé"»
Tout juste M. Bayrou, et il est crucial pour la nation de tout faire le 6 mai pour empêcher ça ! Attention: sarkozysme rime avec fascisme
Intimidation, menaces, réseaux, informations verrouillées,... Nous commençons a être familiers de ce mode opératoire. Une fois de plus Nicolas Sarkozy révèle sa véritable nature alors qu'il a encore besoin d'entretenir l'illusion aux yeux des français en revêtant son masque de salubrité mentale.
Combien d'excès seront encore nécessaires pour que les françaises et les français prennent conscience de la véritable nature du candidat Sarkozy.
Et comme le souligne très justement François Bayrou : "songez que Nicolas Sarkozy n'est pas encore élu. Alors, qu'en sera-t-il s'il est élu?"
«"UN COUP MONTÉ"
L'UMP a répliqué par la voix de Claude Guéant, directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, qui s'est ému de "la violence des propos" de François Bayrou. "C'est de la calomnie, de l'insinuation calomnieuse. Il est extrêmement grave de tenir des propos comme ça. C'est un procédé stalinien. Affirmer des choses sans preuve, c'est gravissime", a-t-il dit à Reuters, mettant les allégations du président de l'UDF sur le compte de "l'amertume, de la tristesse et de la déception". »
Amertume, tristesse et déception ? C'est la première fois que l'UDF rassemble autant de voix, plus de 6 millions de Français ont voté pour Bayrou ! Au contraire il a l'air plus primesautier et combattif que jamais, le Bayrou. Calomnie, procédé stalinien ? Qui interdit le débat ici, qui est stalinien ? Il est typique d'accuser l'adversaire de ce dont on est soi-même coupable.
«"François Bayrou est un mauvais perdant", a estimé pour sa part François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, sur BFM TV/RMC-Info. Le candidat centriste, arrivé en troisième position au premier tour de l'élection présidentielle, a recueilli 18,57% des suffrages, soit plus de 6,8 millions d'électeurs dont le candidat de l'UMP et la candidate du Parti socialiste se disputent les faveurs pour le second tour du 6 mai. La polémique actuelle est "un coup monté par François Bayrou pour continuer à garder les projecteurs braqués sur lui alors qu'il n'est plus au second tour", a estimé François Fillon. "Maintenant, il faut que François Bayrou se retire, que François Bayrou attende (...) et qu'il laisse les deux finalistes s'exprimer".»
Evidemment, un vrai débat démocratique et pluraliste, ça leur fait peur !
«Le duel télévisé entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal est prévu le mercredi 2 mai à 21h00 sur TF1 et France 2. Interrogé sur RTL à la suite de l'interview de François Bayrou, Rodolphe Belmer, directeur général délégué de Canal+, a "récusé formellement toute pression". "Canal+ est une chaîne totalement indépendante. On le prouve tous les jours".»
Ah ah ah, je pouffe... indépendante Canal + ? J'irais bien demander son avis à Pierre Carles, dont le documentaire "Pas vu à la télé" sur les accointances entre le Pouvoir et les Médias - on ne peut plus d'actualité - fut censuré il y a quelques années. Heureusement, Internet est encore libre (à nous de voir si on veut que ça continue) et nous pouvons encore nous régaler de cette perle :
Vidéo Pas vu pas pris, 1ère partie
«Après l'hebdomadaire Marianne jeudi, le quotidien Libération propose vendredi d'organiser le débat Royal-Bayrou, "n'étant pas assujetti aux règles" d'égalité du CSA.»
J'attends ce débat avec impatience. Sarkozy vient de démontrer une fois de plus sa dangerosité : avec lui, on peut dire adieu à la liberté d'expression et bonjour à la pathocratie
13:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pressions, bayrou, royal, canal plus, canal +, débat, csa
De la démocratie à un régime fasciste
Ce ne sont pas les doutes qui tuent, ce sont les certitudes.
Une certitude qui menace le peuple français est celle de la démocratie éternelle et indestructible.
Comment la nation mère de la Déclaration des Droits de l'Homme, berceau d'une révolution populaire, modèle de démocratie à de nombreux égards pourrait devenir une dictature ?
C'est certainement la certitude que nourrissaient de nombreux américains jusqu'en 2000. Comment les Etats Unis, nation libre, démocratie exemplaire, fille des pères fondateurs, victorieuse de sa guerre d'indépendance, animée par le 2e amendement pourraient devenir une dictature ?
L'article qui suit décrit comment au cours des huit dernières années l'impensable s'est réalisé. Etapes après étapes, jour après jour, imperceptiblement la démocratie étasunienne s'est érodée pour laisserplace à une vraie dictature avec ses goulags, ses milices, ses tortures, son contrôles de la presse, son fichages des citoyens, sa spirale de délation.
Nous peuples français disposons d'une chance rare, celle de pouvoir étudier, comprendre ce qui vient de se passer aux Etats Unis au cours des dernières années et de ne pas reproduire la même fatale erreur.
Mardi 24 avril 2007 - The Guardian http://www.guardian .co.uk/usa/ story/0,, 2064157,00. html
L’Amérique fasciste, en dix mesures faciles
De Hitler à Pinochet et après, l’histoire montre qu’il y a certaines mesures que tout dictateur en puissance doit prendre pour détruire les libertés constitutionnelles. Et selon Noami Wolf, George Bush et son administration semblent toutes les prendre.
L’automne dernier, il y a eu un coup d’état militaire en Thaïlande. Les leaders du coup d’état ont pris un certain nombre de mesures, plutôt systématiquement, comme s’ils avaient une liste d’achats. En un sens, c’est ce qu’ils avaient. En quelques jours, la démocratie a été supprimée : les chefs du coup d’état ont décrété la loi martiale, envoyé des soldats en armes dans les zones résidentielles, pris en main les stations de radio et de télévision, et mis des activistes patentés en détention.
Ils ne comprenaient pas ces choses à mesure qu’elles progressaient. Si vous regardez l’histoire, vous pouvez voir qu’il y a essentiellement un plan pour transformer une société libre en une dictature. Ce plan a été utilisé à maintes reprises en versant plus ou moins de sang, de manières plus ou moins terrifiantes. Mais c’est toujours efficace. Il est très difficile et ardu de créer et maintenir une démocratie – mais l’histoire montre qu’en supprimer une est bien plus simple. Vous n’avez qu’à être disposé à prendre les dix mesures.
Aussi difficile que ce soit à contempler, il est clair, si vous êtes disposé à regarder, que chacune de ces 10 mesures a déjà été initiée aujourd’hui aux Etats-Unis par l’administration Bush.
Parce que les Américains comme moi sont nés dans la liberté, nous avons du mal à considérer même qu’il est possible pour nous de devenir aussi peu libres – au sein du pays – que beaucoup d’autres nations. Parce que nous n’apprenons plus beaucoup nos droits et notre système de gouvernement – le devoir de connaître la constitution a été retiré de la propriété des citoyens pour devenir le domaine des professionnels comme les juristes et les professeurs – nous reconnaissons rarement le système d’équilibre des pouvoirs que les fondateurs ont mis en place, même s’ils sont systématiquement démantelés. Parce que nous n’apprenons plus l’histoire européenne, la mise sur pied d’un département de sécurité de la « patrie » - rappelez-vous qui d’autre était enthousiaste du mot « patrie » - n’a pas déclenché le signal d’alarme qu’elle aurait dû.
J’affirme que, sous notre nez, George Bush et son administration utilisent des tactiques éprouvées pour supprimer notre société libre. Il est temps pour nous de consentir à penser à l’impensable – comme l’auteur et le journaliste politique Joe Conason a dit que ça peut arriver ici. Et que nous sommes plus avancés que nous n’en avons conscience.
Conason a averti de manière éloquente du danger de l’autoritarisme américain. Je prétends que nous avons besoin aussi de regarder les leçons du fascisme européen et d’autres pour comprendre la gravité potentielle des événements que nous découvrons aux Etats-Unis.
- Invoquer un ennemi interne et externe terrifiant
Après avoir été frappés le 11 septembre 2001, nous fûmes dans un état de choc national. Moins de six semaines plus tard, le 26 octobre 2001, le Patriot Act des Etats-Unis fut adopté par le Congrès qui a eu peu d’occasions d’en débattre ; beaucoup ont dit qu’ils ont eu à peine le temps de le lire. On nous a dits que nous étions maintenant sur un « pied de guerre » ; nous étions dans une « guerre mondiale » contre un « califat mondial » ayant l’intention de « balayer la civilisation. » Il y a eu d’autres temps de crise dans lesquels les Etats-Unis ont accepté des limites sur les libertés civiles, comme durant la guerre de Sécession quand Lincoln a décrété la loi martiale ; durant la seconde guerre mondiale, quand des milliers de citoyens américano-japonais furent internés. Mais cette situation est sans précédent, comme le note Bruce Fein de l’American Freedom Agenda : toutes nos autres guerres avaient un point final, donc le balancier était capable de revenir vers la liberté ; cette guerre est définie comme illimitée dans le temps et sans frontières nationales dans l’espace – la Terre elle-même est le champ de bataille. « Cette fois, » dit Fein, « il n’y aura pas de fin définie. »
Créer une menace terrifiante – comme une hydre secrète et malfaisante – est un vieux truc. Il peut être basé, comme l’invocation d’Hitler d’une menace communiste contre la sécurité de la nation, sur des événements réels (un universitaire du Wisconsin a été confronté à des appels à démissionner parce qu’il a noté, parmi d’autres choses, que l’incendie criminel soi-disant communiste, l’incendie du Reichstag de février 1933, fut rapidement suivi dans l’Allemagne nazie par les pleins pouvoirs [accordés à Hitler - NdT], qui remplacèrent la loi constitutionnelle par un état d’urgence illimité). Ou bien la menace terrifiante peut être basée sur un mythe, comme l’évocation nationale-socialiste de la « conspiration globale du judaïsme mondial. »
Ce n’est pas que le terrorisme islamique mondial ne soit pas un danger grave ; bien sûr qu’il l’est. Je prétends plutôt que le langage utilisé pour transférer la nature de la menace est différent dans un pays comme l’Espagne – qui a aussi souffert d’attaques terroristes violentes – de celui en Amérique. Les citoyens espagnols savent qu’ils font face à une grave menace de la sécurité ; ce que nous croyons, en tant que citoyens américains, est que nous sommes menacés potentiellement par la fin de la civilisation telle que nous la connaissons. Evidemment, cela nous rend encore plus enclins à accepter des restrictions de nos libertés.
- Créer un goulag
Une fois que vous avez terrorisé tout le monde, la prochaine mesure est de créer un système de prison en dehors de la loi (comme Bush le dit, il voulait que le centre de détention américain de Guantanamo Bay soit situé dans un « espace extérieur » légal) – où la torture a lieu.
Au début, les gens qui sont envoyés là sont vus par les citoyens comme des étrangers : agitateurs, espions, « ennemis du peuple » ou « criminels. » Initialement, les citoyens tendent à soutenir le système de prison secret ; il les fait se sentir plus en sécurité et ils ne s’identifient pas avec les prisonniers. Mais suffisamment tôt, les leaders de la société civile – des membres de l’opposition, des activistes du travail, membres du clergé et journalistes – sont arrêtés et envoyés là également.
Ce processus a lieu dans des dérives fascistes et des prises de mesures sérieuses antidémocratiques allant de l’Italie et l’Allemagne dans les années 1920 et 1930 jusqu’aux coups d’état de l’Amérique latine des années 1970 et après. C’est une pratique usuelle de supprimer une société libre ou d’écraser un soulèvement pro démocratique.
Avec ses prisons en Irak et en Afghanistan et bien sûr, Guantanamo à Cuba, où les détenus subissent des sévices, et sont gardés indéfiniment sans jugement et sans accès à un procès légal, l’Amérique a maintenant certainement son goulag. Bush et ses alliés au Congrès ont annoncé récemment qu’ils ne diffuseraient aucune information sur les prisons secrètes des « sites noirs » de la CIA dans le monde, qui sont utilisées pour incarcérer des gens qui ont été arrêtés dans la rue.
Les goulags dans l’histoire tendent à se répandre, devenant toujours plus grands et plus secrets, toujours plus meurtriers et officialisés. Nous savons de récits, photos, vidéos et documents gouvernementaux de première main que des gens, innocents et coupables, ont été torturés dans les prisons gérées par les Etats-Unis que nous connaissons et celles que nous ne pouvons investiguer de manière adéquate.
Mais les Américains supposent toujours que ce système et que les sévices des détenus concernent seulement des gens basanés inquiétants avec lesquels ils ne s’identifient généralement pas. C’était courageux de la part du spécialiste conservateur William Safire de citer le pasteur anti-nazi Martin Niemöller, qui avait été arrêté comme prisonnier politique : « D’abord ils sont venus pour les Juifs. » La plupart des Américains ne comprennent pas encore que la destruction de la règle de la loi à Guantanamo établit un dangereux précédent pour eux aussi.
D’ailleurs, l’établissement des tribunaux militaires qui refusent un procès légal aux prisonniers tend à arriver tôt dans une dérive fasciste. Mussolini et Staline ont créé de tels tribunaux. Le 24 avril 1934, les Nazis, aussi, ont créé le Tribunal du Peuple, qui contournait aussi le système judiciaire : les prisonniers étaient gardés indéfiniment, souvent isolés, et torturés, sans être accusés de fautes, et étaient sujets à des procès-spectacles. En fin de compte, les Tribunaux Spéciaux sont devenus un système parallèle qui met la pression sur les tribunaux réguliers pour abandonner la règle de la loi en faveur de l’idéologie nazie dans la prise de décisions.
- Développer une caste de voyous
Quand les leaders qui cherchent ce que j’appelle une « dérive fasciste » veulent supprimer une société libre, ils envoient des groupes paramilitaires de jeunes hommes effrayants pour terroriser les citoyens. Les Chemises Noires erraient dans la campagne italienne en frappant les communistes ; les Chemises Brunes tenaient des réunions violentes dans toute l’Allemagne. Cette force paramilitaire est particulièrement importante dans une démocratie : vous avez besoin des citoyens pour craindre la violence des voyous et donc vous avez besoin de voyous qui peuvent agir en toute impunité.
Les années qui suivirent le 11 septembre se sont avérées être une mine d’or pour les entreprises travaillant dans le domaine de la sécurité en Amérique, avec l’administration Bush épuisant les zones de travail qui incombaient généralement à l’armée américaine. Dans le processus, des contrats se chiffrant en centaines de millions de dollars ont été passés pour des travaux de sécurité par des mercenaires dans le pays et à l’étranger. En Irak, certains de ces contractants ont été accusés d’implication dans la torture des prisonniers, le harcèlement des journalistes et le tir contre des civils irakiens. Sous l’Ordre 17, donné aux contractants réguliers en Irak par l’administrateur américain à Bagdad, Paul Bremer, ces contractants sont protégés de toutes poursuites.
Oui, mais c’est en Irak, vous pouvez dire ; cependant, après l’ouragan Katrina, le département de la Sécurité de la Patrie a engagé et déployé des centaines de gardes de sécurité privés armés à la Nouvelle-Orléans. Le journaliste d’investigation Jeremy Scahill a interviewé un garde anonyme qui a tiré, selon les rapports, sur des civils non armés dans la ville. C’était un désastre naturel qui était à l’origine de cet épisode – mais la guerre sans fin contre le terrorisme de l’administration signifie une étendue continue pour ce qui se trouve être dans les faits des armées sous contrats privés pour ramener la gestion de crise et d’urgence au pays dans les villes américaines.
Des voyous en Amérique ? Des groupes de jeunes Républicains en colère, habillé en chemises et pantalons identiques, ont menacé des scrutateurs comptant les votes en Floride en 2000. Si vous lisez l’histoire, vous pouvez imaginer que ce peut être un besoin d’ « ordre public » le prochain jour d’élection. Disons qu’il y a des protestations, ou une menace, le jour d’une élection ; l’histoire n’exclurait pas la présence d’une société de sécurité privée à un bureau de vote « pour rétablir l’ordre public. »
- Mettre en place un système de surveillance
Dans l’Italie de Mussolini, dans l’Allemagne nazie, dans l’Allemagne de l’Est communiste, dans la Chine communiste – dans toute société fermée – la police secrète espionne les gens ordinaires et encourage les voisins à espionner leurs voisins. La Stasi n’avait besoin de garder sous surveillance qu’une minorité des Allemands de l’Est pour convaincre une majorité qu’ils étaient eux-mêmes surveillés.
En 2005 et 2006, quand James Risen et Eric Lichtblau ont écrit dans le New York Times sur un programme d’Etat secret pour mettre les citoyens sur écoute téléphonique, lire leurs e‑mails et suivre les transactions financières internationales, il est devenu clair aux Américains ordinaires qu’ils pouvaient être aussi sous la surveillance de l’Etat.
Dans les sociétés fermées, cette surveillance est créée comme étant pour la « sécurité nationale » ; la véritable fonction est de garder les citoyens dociles et inhiber leur activisme et leur dissidence.
5 . Harceler les groupes de citoyens
La cinquième chose que vous faites est liée à la 4e mesure – vous infiltrez et harcelez les groupes de citoyens. Ce peut être insignifiant : une église à Pasadena, dont le pasteur prêchait que Jésus était en faveur de la paix, s’est retrouvée investiguée par l’Internal Revenue Service (Service du Revenu Intérieur – NdT), tandis que les églises qui envoyaient voter des Républicains, ce qui est également illégal sous la loi des impôts américaine, ont été laissées tranquilles.
Un autre harcèlement est plus grave : l’American Civil Liberties Union rapporte que des milliers d’Américains ordinaires pacifistes, pour l’environnement et d’autres groupes ont été infiltrés par des agents : une base de données secrète du Pentagone comprend plus de quatre douzaines de meetings, rallyes et marches anti-guerre pacifiques par des citoyens américains dans sa catégorie des 1 500 « incidents suspects. » L’agence de Counterintelligence Field Activity (Cifa) du département de la Défense, également secrète, a rassemblé des informations sur des organisations intérieures engagées dans des activités politiques pacifiques : la Cifa est supposée traquer des « menaces terroristes potentielles » quand elle surveille les citoyens américains ordinaires activistes. Une nouvelle peu remarquée a redéfini comme du « terrorisme » l’activisme tel que les protestations pour les droits des animaux.
La définition de « terroriste » s’étend donc lentement pour inclure l’opposition.
- S’engager dans des détentions et des libérations arbitraires
Cela fait peur aux gens. C’est un genre de jeu du chat et de la souris. Nicholas D Kristof et Sheryl WuDunn, les reporters d’investigation qui ont écrit la Chines’éveille : la lutte pour l’âme d’une puissance montante, décrivent les activistes pro démocratiques en Chine, tels que Wei Jingsheng, qui sont arrêtés et relâchés de nombreuses fois. Dans une société qui se ferme ou qui est fermée il y a une « liste » de dissidents et de chefs de l’opposition : vous êtes visé de cette manière, et une fois que vous êtes sur la liste, et il est difficile d’en sortir.
En 2004, l’administration de la Sécurité des Transports de l’Amérique a confirmé qu’elle avait une liste de passagers qui étaient visés pour des recherches de sécurité ou pire s’ils essayaient de se sauver. Les gens qui se sont trouvés sur la liste ? Deux femmes d’âge moyen activistes pour la paix à San Francisco ; le sénateur libéral Edward Kennedy ; un membre du gouvernement du Venezuela – après avoir critiqué le président Bush ; et des milliers de citoyens américains ordinaires.
Le professeur Walter F Murphy est professeur émérite à l’université de Princeton ; il est un des érudits de la constitution les plus importants dans la nation et auteur du classique Constitutional Democracy. Murphy est aussi un ancien Marine décoré, et il n’est même pas particulièrement libéral politiquement. Mais en mars de cette année, on lui a refusé une carte d’embarquement à Newark, « parce que j’étais sur la liste de surveillance des terroristes. »
« Avez-vous été dans des marches pour la paix ? Nous interdisons à un tas de gens de prendre l’avion à cause de ça, » a demandé l’employé de la compagnie aérienne.
« J’ai expliqué, » a dit Murphy, « que je n’avais pas participé mais j’avais donné en septembre 2006 une conférence à Princeton, télévisée et mise sur Internet, hautement critique de George Bush pour ses nombreuses violations de la constitution. »
« Ca doit être ça, » a dit l’homme.
Marcheur pour la paix ? Terroriste potentiel. Soutient la constitution ? Terroriste potentiel. L’histoire montre que les catégories des « ennemis du peuple » tendent à s’étendre toujours plus profondément dans la vie civile.
James Yee, un citoyen américain, était l’aumônier musulman à Guantanamo qui fut accusé de mauvaise gestion des documents classifiés. Il fut harcelé par l’armée américaine avant que les accusations contre lui ne soient abandonnées. Yee a été en détention et relâché plusieurs fois. Il est toujours un objet d’intérêt.Brandon Mayfield, un citoyen américain et avocat en Oregon, fut identifié par erreur comme un terroriste possible. Sa maison fut cambriolée secrètement et son ordinateur réquisitionné. Bien qu’il soit innocent de l’accusation portée contre lui, il est toujours sur la liste.
C’est une pratique standard des sociétés fascistes qu’une fois que vous êtes sur la liste, vous ne pouvez en sortir.
- Viser les individus clefs
Menacer de licenciement les fonctionnaires, artistes et universitaires s’ils ne suivent pas la ligne. Mussolini poursuivit les recteurs des universités d’Etat qui ne se conformaient pas à la ligne fasciste ; Goebbels a fait de même, qui purgeait les universitaires qui n’étaient pas pro-Nazis ; Augusto Pinochet a fait de même ; Le Politburo communiste chinois a fait de même en punissant les étudiants et les professeurs pro-démocratie.
L’Académie est un lieu explosif de l’activisme, donc ceux cherchant une dérive fasciste punissent les universitaires et les étudiants par des pertes d’emplois s’ils ne se « coordonnent » pas idéologiquement, selon les termes de Goebbels. Puisque les fonctionnaires sont le secteur de la société la plus vulnérable pour être licencié par un régime donné, ils sont aussi un groupe que les fascistes « coordonnent » dès le début : la loi du Reich pour le rétablissement d’un service civil professionnel fut adoptée le 7 avril 1933.
Les supporters de Bush dans les législatures de plusieurs Etats ont mis la pression sur les régents dans les universités d’Etat pour pénaliser ou licencier les universitaires qui avaient été critiques envers l’administration. En ce qui concerne les fonctionnaires, l’administration Bush a fait dérailler la carrière d’un avocat militaire qui parlait de procès honnêtes pour les détenus, tandis qu’un fonctionnaire de l’administration intimidait publiquement les sociétés juridiques qui représentent les détenus pro Bono en menaçant d’appeler à ce que leurs clients d’entreprises majeures les boycottent.
D’autre part, une contractante de la CIA qui a dit dans un blog fermé que « le waterboarding est de la torture » fut privée de son certificat de sécurité dont elle avait besoin pour faire son travail.
Très récemment, l’administration a licencié huit procureurs américains pour ce qui semble être une loyauté politique insuffisante. Quand Goebbels a purgé le service civil en avril 1933, les procureurs furent « coordonnés » également, une mesure qui facilitait le chemin des lois de plus en plus brutales qui allaient suivre.
- Contrôler la presse
L’Italie dans les années 1920, l’Allemagne dans les années 1930, l’Allemagne de l’Est dans les années 1950, la Tchécoslovaquie dans les années 1960, les dictatures de l’Amérique latine dans les années 1970, la Chine dans les années 80 et 90 – toutes les dictatures et les dictateurs en puissance visaient les journaux et les journalistes. Ils les menacent et les harcèlent dans des sociétés plus libres qu’ils cherchent à fermer, et ils les arrêtent et font pire dans les sociétés qui ont déjà été fermées.
Le Comité pour la protection des journalistes dit que les arrestations de journalistes américains sont à un niveau jamais atteint : Josh Wolf (pas de relation), un blogger de San Francisco, a été incarcéré pour un an pour avoir refusé de transmettre une vidéo d’une manifestation pacifiste ; la Sécurité de la Patrie a porté plainte contre le reporter Greg Palast, prétendant qu’il avait menacé « l’infrastructure critique » quand lui et un producteur de télévision filmaient des victimes de l’ouragan Katrina en Louisiane. Palast avait écrit un best-seller critique de l’administration Bush.
D’autres reporters et écrivains ont été condamnés d’autres manières. Joseph C Wilson a accusé Bush, dans un éditorial du New York Times, de mener le pays à la guerre sur la base d’une fausse accusation disant que Saddam Hussein s’était procuré de l’uranium au Niger. Sa femme, Valerie Plame, fut renvoyée comme espionne de la CIA – une forme de représaille qui a mis fin à sa carrière.
La persécution et la perte d’emploi ne sont rien, cependant, comparés à la manière dont les Etats-Unis traitent les journalistes cherchant à couvrir d’une manière impartiale le conflit en Irak. Le comité de protection des journalistes a documenté de multiples comptes rendus de l’armée américaine en Irak tirant sur ou menaçant de tirer sur des reporters et des caméramans indépendants d’organisations allant de Al-Jazeera à la BBC. Bien que les occidentaux puissent mettre en doute les compte rendus de Al-Jazeera, ils devraient faire attention aux comptes rendus des reporters tels que Kate Adie de la BBC. Dans certains cas, les reporters ont été blessés ou tués, y compris Terry Lloyd de ITN en 2003. A la fois CBS et l’Associated Press en Irak eurent des membres capturés par l’armée américaine et emmenés dans des prisons violentes ; les entreprises de reporters étaient incapables de voir l’évidence contre leurs membres.
Au fil du temps dans les sociétés cloisonnées, les nouvelles réelles sont supplantées par de fausses nouvelles et de faux documents. Pinochet a montré aux citoyens chiliens des documents falsifiés pour soutenir sa revendication que des terroristes avaient été sur le point d’attaquer la nation. La charge d’uranium, aussi, était basée sur de faux documents.
Vous n’aurez pas un arrêt des nouvelles dans l’Amérique moderne – ce n’est pas possible. Mais vous pouvez avoir, comme Frank Rich et Sidney Blumenthal l’ont fait remarquer, un flot continu de mensonges polluant bien les nouvelles. Ce que vous avez déjà est une Maison Blanche dirigeant un flot de fausses informations qui est si implacable qu’il est de plus en plus difficile de séparer la vérité du mensonge. Dans un système fasciste, ce ne sont pas les mensonges qui comptent mais le fait de rendre les choses confuses. Quand les citoyens ne peuvent plus discerner les vraies nouvelles des fausses, ils abandonnent leurs réclamations de responsabilité morceau par morceau.
- Différence d’opinion égale trahison
Présenter la différence d’opinion comme de la « trahison » et la critique comme de « l’espionnage ». Toute société cloisonnée fait cela, tout comme elle élabore des lois qui criminalisent de plus en plus certains types de discours, et élargissent la définition « d’espion » et de « traître ». Lorsque Ben Keller, l’éditeur du New York Times, publia les histoires de Lichtblau/Risen, Bush qualifia de « scandaleuses » la divulgation par le Times de ces informations classées, tandis que les républicains au Congrès réclamaient que Keller soit inculpé de trahison et que les commentateurs de droite et les médias continuaient leur matraquage sur la « trahison ». Certains commentateurs, fit remarquer Conason, rappelèrent aux lecteurs d’un ton suffisant que l’une des peines prévues pour la violation de la Loi sur l’Espionnage était l’exécution.
Conason fait bien de noter à quel point cette attaque représentait une menace sérieuse. Il est également important de se rappeler que le procès spectacle de 1938 à Moscou accusa l’éditeur d’Izvestia, Nikolaï Boukharine, de trahison ; et Boukharine fut, en effet, exécuté. Et il est important de rappeler aux Américains que lorsque la Loi de 1917 sur l’Espionnage fut pour la dernière fois largement invoquée lors des tristement célèbres Raids Palmer de 1919, des activistes de gauche furent arrêtés sans mandat d’arrêt au cours de grandes rafles, maintenus en prison pendant cinq mois, et « battus, affamés, suffoqués, torturés et menacés de mort », selon l’historienne Myra MacPherson. Après cela, la différence d’opinion fut réduite au silence en Amérique, pendant une décennie.
Dans l’Union soviétique de Staline, les dissidents étaient « les ennemis du peuple ». Les national-socialistes qualifiaient de « traîtres de novembre » ceux qui soutenaient la démocratie de Weimar.
Et c’est là que le cercle se referme : la plupart des Américains ne se rendent pas compte que depuis septembre dernier – lorsque le Congrès a, à tort et de façon stupide, passé la Loi de 2006 sur les commissions militaires – le président a le pouvoir de qualifier tout citoyen américain de « combattant ennemi ». Il a le pouvoir de définir ce que signifie « combattant ennemi ». Le président peut aussi conférer le droit à quiconque, dans la branche exécutive, de définir « combattant ennemi » de la façon dont il ou elle le souhaite, et ensuite de faire arrêter des Américains sur cette base.
Même si vous et moi sommes des citoyens américains, même s’il s’avère que nous sommes complètement innocents de ce dont il nous accuse, il a le pouvoir de nous faire arrêter dès demain, alors que nous changeons d’avion à Newark, ou de nous embarquer d’un simple coup frappé à notre porte ; de nous envoyer, vous et moi, sur un vaisseau de la marine ; et de nous maintenir, vous et moi, dans l’isolation, peut-être pendant des mois, en attendant d’être jugé. (L’isolation prolongée, comme le savent les psychiatres, déclenche une psychose chez des prisonniers normalement sains mentalement. C’est pourquoi le goulag de Staline comprenait une cellule d’isolation, comme celui de Guantanamo, dans chaque prison satellite. Le camp 6, l’installation la plus récente et la plus brutale de Guantanamo, ne jure que par les cellules d’isolation).
En tant que citoyens américains, nous finirons par être jugés – pour l’instant. Mais les activistes des droits civiques du Centre pour les droits constitutionnels disent que l’administration Bush tente de plus en plus, de façon agressive, de trouver des moyens de contourner le droit des citoyens américains à un procès équitable. Le statut de « combattant ennemi » est un délit de statut – ce n’est même pas quelque chose que l’on doit avoir fait. « Nous sommes complètement passés à un modèle de détention préventive – vous avez l’air de quelqu’un qui pourrait faire quelque chose de mal, vous pourriez faire quelque chose de mal, alors on va vous garder à vue », raconte une porte-parole du CDC.
Il est sûr que la plupart des Américains ne comprend pas cela… pas encore. Pas étonnant : c’est difficile à croire, même si c’est vrai. Dans toutes les sociétés cloisonnées, à un certain stade, des arrestations ont lieu – habituellement celles de leaders de l’opposition, du clergé et des journalistes. Puis, tout se calme. Après ces arrestations, on trouve encore des journaux, des tribunaux, la TV et la radio, et la façade d’une société civile. C’est juste qu’il n’y a pas de véritable contestation. C’est juste qu’il n’y a pas de liberté. Si on regarde l’Histoire, nous en sommes actuellement au point se situant juste avant ces arrestations.
- Suspension de l’ autorité de la loi
La Loi John Warner de 2007 sur l’autorisation de la défense a donné au président de nouveaux pouvoirs sur la garde nationale. Cela signifie qu’en cas d’urgence nationale - le président a maintenant le pouvoir de déclarer un état d’urgence – il peut envoyer la milice du Michigan pour renforcer un état d’urgence qu’il a déclaré dans l’Oregon, passant outre les objections du gouverneur de l’État et de ses citoyens.
Même au moment où les Américains étaient focalisés sur les malheurs de Britney Spears et la question du père du bébé d’Anna Nicole Smith, le New York Times exprima une opinion sur ce glissement : « Un phénomène récent et inquiétant à Washington est que les lois qui frappent au cœur de la démocratie américaine ont été passées en pleine nuit… Au-delà d’une réelle insurrection, le président peut maintenant utiliser des troupes militaires comme force de police intérieure en réponse à un désastre naturel, une épidémie, une attaque terroriste ou toute « autre condition ».
Les critiques voient cela comme une violation flagrante de la Loi Posse Comitatus – dont le but était de restreindre l’utilisation par le gouvernement fédéral de l’armée pour faire imposer la loi civile. Le sénateur démocrate Patrick Leahy dit que la loi encourage un président à déclarer la loi martiale fédérale. Elle viole aussi la raison même pour laquelle les fondateurs élaborèrent ce système particulier de gouvernement : ayant vu des citoyens menacés par les soldats d’un monarque, les fondateurs étaient tout à fait terrifiés par ce type de concentration du pouvoir des milices, pouvoir exercé sur le peuple américain entre les mains d’une faction directoriale ou oppressive.
Bien sûr, les Etats-Unis ne risquent pas l’effondrement violent et total du système qui suivit l’entrée de Mussolini dans Rome ni la rafle des prisonniers politiques par Hitler. Nos habitudes démocratiques sont trop résistantes, et notre système judiciaire trop indépendant, pour imaginer ce genre de scénario.
En fait, ainsi que le remarquent d’autres critiques, notre essai dans la démocratie risquerait plutôt de s’effondrer par un processus d’érosion.
Il est erroné de penser qu’au début d’un glissement fasciste, on voit se dessiner contre le ciel le contour des fers barbelés. Les premiers temps, tout semble normal à la surface ; les paysans célébraient les festivités des récoltes en Calabre en 1922 ; les gens faisaient du shopping et allaient au cinéma à Berlin en 1931. Au début, tel que le décrit W.H. Auden, l’horreur est toujours ailleurs – pendant qu’une personne se fait torturer, les enfants font du patin à roulettes, les bateaux naviguent sur l’eau : « les chiens continuent à mener leur vie de chien… comme tout se détourne/De la catastrophe sans se presser ».
Tandis que les Américains se détournent sans se presser, se consacrant au shopping sur Internet et à American Idol, les fondations de la démocratie se détériorent de façon irréversible. Quelque chose a changé profondément, quelque chose qui nous affaiblit comme jamais auparavant : nos traditions démocratiques, notre système judiciaire indépendant et la presse libre font aujourd’hui leur travail dans un contexte « de guerre », une « longue guerre » - une guerre sans fin, sur un champ de bataille décrit comme le globe terrestre, dans un contexte qui donne au président – sans que les citoyens américains ne le réalisent encore – le pouvoir de liberté ou de longue incarcération solitaire sur ces mêmes citoyens, parce que lui seul l’a décidé.
Cela signifie qu’un vide est en train de s’étendre sous les fondations de toutes ces institutions qui ont encore l’apparence de liberté – et ces fondations peuvent céder sous certaines pressions. Afin de prévenir une telle issue, il nous faut penser en termes de « et si ».
Et si, dans un an et demi, il y a une autre attaque – disons, Dieu nous en préserve, une méchante bombe ? L’exécutif peut déclarer un état d’urgence. L’Histoire montre que n’importe quel leader, de n’importe quel parti, sera tenté de maintenir les pleins pouvoirs après la crise. Avec la destruction des freins et contrepoids traditionnels, nous ne sommes pas moins en danger avec une présidente Hillary qu’avec un président Giuliani – parce que n’importe quel exécutif sera tenté d’imposer sa volonté par des décrets plutôt que par le processus ardu et incertain de la négociation et du compromis démocratiques.
Et si l’éditeur d’un grand journal US était inculpé de trahison ou d’espionnage, ce dont un effort venu de la droite semblait menacer Keller l’an dernier ? Et s’il est condamné à 10 ans de prison ? À quoi ressembleraient les journaux le lendemain ? À en juger par l’Histoire, leur publication ne s’interromprait pas ; mais ils deviendraient soudainement très polis.
À l’heure actuelle, seule une poignée de patriotes tentent de retenir la vague de tyrannie pour le reste d’entre nous – le personnel du Centre des Droits Constitutionnels, qui a subi des menaces de mort pour avoir représenté les détenus, a pourtant tenu bon jusqu’à la Cour suprême ; les activistes de l’Union des libertés civiles américaines ; et des conservateurs éminents tentant de réduire les nouvelles lois destructrices, sous la bannière d’un nouveau groupe du nom d’American Freedom Agenda. Cette petite collection disparate de gens a besoin de l’aide de tous, y compris de celle des Européens et des autres nations du monde désireuses de mettre la pression sur l’administration, parce qu’ils voient ce qu’une Amérique non bridée par une véritable démocratie interne peut signifier pour le reste du monde.
Nous devons regarder l’Histoire et faire face aux « et si ». Car si nous continuons sur cette pente, la « fin de l’Amérique » pourrait survenir pour chacun d’entre nous de manière différente, à un moment différent ; chacun de nous pourrait à un moment différent être forcé de regarder en arrière et de penser : avant, c’était comme ça – et maintenant, c’est comme ça.
« L’accumulation de tous les pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire, entre les mêmes mains… est la définition même de la tyrannie », écrivait James Madison. Nous avons encore le choix de stopper la descente ; nous pouvons tenir notre position et nous battre pour notre nation, et reprendre la bannière que les fondateurs nous demandèrent de porter.
Le livre de Naomi Wolf, The End of America : A Letter of Warning to a Young Patriot (La Fin de l’Amérique : une Lettre d’Avertissement à un Jeune Patriote) sera publié par Chelsea Green en septembre.
12:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Démocratie, fascisme, Bush, Sarkozy, Guardian, Guantanamo, goulag
26.04.2007
Ce qu'a fait Sarkozy contre les libertés, en moins de 4 ans
Fichage généralisé
Le Système de Traitement des Infractions Constatées (STIC) de la police et le système Judiciaire de Documentation et d’Exploitation (JUDEX) de la gendarmerie sont deux fichiers nationaux, en plus du casier judiciaire, regroupant procédures, infractions, individus, victimes et objets mis en cause. En tout ce sont près de 22 millions de personnes qui y sont référencées. Ces fichiers peuvent être consultés lors d’une enquête administrative ou lors du recrutement pour certains emplois (sécurité, défense...). Leur fusion est prévue pour décembre 2007 en un seul et unique fichier : ARIANE, pour un coût de 15 millions d’euros. Vient s’ajouter les fichiers des Renseignements Généraux (RG), Système d’Information Schengen (SIS) et du Système d’information d’Europol (TECS).
La Commission Nationale Informatique et des Libertés (CNIL), la Fédération Informatique et Libertés (FIL), la Commission Nationale
Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) et d’autres dénoncent le nombre considérable d’erreurs parfois très graves (la victime devient le coupable, etc…) contenues dans ces fichiers (environ 25%) et la quasi-impossibilité pour les personnes de faire valoir leurs droits. La CNIL a ainsi supprimé 36% des fichiers Schengen (SIS) et 44% des fichiers STIC qu’elle a été amenée à contrôler en 2005, parce qu’ « erronés, manifestement non justifiés ou dont le délai de conservation était expiré ».
Fichage ADN en cas d’infraction à la loi
Lionel Jospin avait mis en place le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG) pour recueillir l’ADN des délinquants sexuels jugés coupables. La loi du 18 mars 2003 sur la sécurité intérieure a étendu le prélèvement à l’intégralité des personnes ayant affaire à la police (coupables comme suspects) quel que soit le type de délit (vols à la tire, tags, manifestations...), à la seule exception des délits financiers. Un prélèvement ADN coûte 400 €, celui-ci est conservé quarante ans.__Carte nationale d’identité et passeport biométriques__
Conformément à ce que recommande l’Union européenne et à ce que réclament les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001, la France va se doter d’une carte nationale d’identité obligatoire et payante contenant des informations biométriques sur son porteur. Elle contiendra les empreintes digitales et l’image faciale numérisée des ressortissants français. Ce dernier fichier permettra grâce aux logiciels de reconnaissance faciale le contrôle d’identité par vidéosurveillance. De plus le contrôle d’identité pourra se faire par un lecteur à distance, donc à l’insu des individus.
La finalité du projet est d’instaurer une carte universelle intégrant l’identité, les informations médicales et sociales et la capacité de
réaliser des transactions monétaires.
Abolition du secret professionnel
Le projet de loi sur la ‘prévention de la délinquance’ propose le « secret professionnel partagé » permettant aux maires d’accéder aux informations médicales, psychiatriques, sociales et scolaires de leurs concitoyens. Ils pourront les utiliser pour gérer les allocations des familles ‘déviantes’.
Service Citoyen Volontaire
Vient d’être instauré dans dix régions pilotes le Service Citoyen Volontaire (SCV). Il s’agit pour les citoyens qui le souhaitent de s’engager en tant que bénévoles pour aider les forces de l’ordre à assurer la sécurité publique. Les volontaires seront recrutés à l’issue d’un entretien et d’une enquête administrative. Ils pourront participer « à des actions de soutien et de renforcement de l’autorité parentale, d’accueil et de suivi des victimes, de prévention, de médiation et d’explication de la loi dans le cadre de structures scolaires ». Dans le cadre de leurs fonctions ils bénéficieront de l’immunité policière. Les postulants sont invités à retirer un dossier d’inscription au commissariat le plus proche.
Taser : une arme de plus pour les forces de l’ordre
Le Taser est un pistolet infligeant une décharge électrique de 50 000 volts et de 2 milliampères jusqu’à une distance de 10 mètres. La personne se voit neutralisée par la paralysie de son système nerveux pendant 5 secondes. Après une phase de test commencée depuis janvier 2004 sur 130 personnes, 1 000 policiers et 1 000 gendarmes ont été équipés de Taser en 2006. À terme, chaque voiture de police devrait en être équipée, soit 10 000 véhicules. Un Taser coûte 1000 euros. Le Taser ne laisse pas de traces, crée des souffrances aiguës et est susceptible d’être utilisé pour intimider, humilier, torturer ou faire parler des suspects, détenus, prisonniers ou simples citoyens. Ainsi, ce pistolet s’apparente à un objet de torture au sens de la Convention des Nations unies contre la torture de 1984 (la France a signé ce protocole le 16 septembre 2005 et ne l’a toujours pas ratifié).Cette arme qui a déjà fait plus de 200 morts aux Etats-Unis est interdite en Belgique, en Italie, aux Pays-bas, au Danemark, en Norvège, en Serbie, à Hong Kong, au Japon, en Malaisie, en Nouvelle Zélande et au Pakistan.__Conservation des données Internet et téléphoniques__
Après six mois de débat, les députés européens ont adopté la directive proposée par la Commission qui rend obligatoire la conservation par les opérateurs téléphoniques et les fournisseurs d’accès à Internet, les données de connexion de leurs abonnés. Cela concerne les appels passés par les téléphones fixes et mobiles, les SMS et les e-mails. Il s’agit de pouvoir déterminer qui a communiqué avec qui, quand et combien de temps. La durée de rétention de ces données pourra aller de six mois à deux ans selon le souhait des Etats.
En décembre 2005, le Sénat après l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi contre le terrorisme : tous les fournisseurs d’accès à Internet devront conserver nos données de connexion jusqu’à un an.
Prime au mérite pour les agents de police
Le 21 juillet 2004 une prime de résultats exceptionnels à titre individuel ou collectif pour toutes les catégories d’agents de la police nationale a été instaurée. Cette « rémunération au mérite » récompense la performance des agents calculée en fonction de leurs résultats.Le montant de cette prime était de 5 millions d’euros en 2004, il atteindra les 20 millions d’euros en 2007. Plus de 17 000 primes on été attribuées en 2004 d’un montant moyen de 290 euros. En 2006, plus 36 000 primes on été attribuées d’un montant moyen de 370 euros.
Ses relations avec les grands patrons et les médias
Nicolas Sarkozy décrit son témoin de mariage, Martin Bouygues comme « son meilleur ami ». Ce dernier dirige le groupe Bouygues coté aux CAC 40 qui regroupe trois grands secteurs : la téléphonie mobile avec Bouygues Telecom ; la construction d’infrastructures publiques : autoroutes, ponts, complexes, mais également les dernières prisons pour mineurs commandées par le ministre de l’Intérieur ; et les médias avec TF1, LCI, Eurosport International…Il est très proche des deux plus gros fabricants d’armes français et principaux propriétaires de presse : Arnaud Lagardère (entreprise d’armement propriétaire de Elle, Jeune et jolie, Europe 1, Europe 2, Radio RFM, Fayard, Grasset, Hachette, Hatier, Nathan, Nice Matin, Paris match, Pariscope, Télé7jours... et président du conseil d’administration d’EADS qui possède 7,5% du capital d’Airbus) et Serge Dassault (entreprise d’armement possédant Le Figaro, TV Magazine, L’Express, L’Expansion).
Les deux prin


