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30/04/2007

Nicolas Sarkozy, la victime.

Le Nouvel Observateur dans son édition Internet du 27 avril 2007 nous fait part de toutes les maux dont Nicolas Sarkozy semble faire l'objet. 

Le Nouvel Observateur - 27/4/2007

Nicolas Sarkozy a dénoncé vendredi le "délit de faciès" et le "délit d'opinion" de ses adversaires à son encontre suite aux accusations sur des pressions de sa part pour empêcher le débat entre François Bayrou et Ségolène Royal.

Voici donc en préambule que Monsieur Karcher, stigmatiseur de racaille, se retrouve être, selon ses dires, la cible d'un délit de faciès. Au moins nous pouvons lui accorder qu'il sait de quoi il parle. Etait il animé de ce même auveuglement lorsqu'il insultait Azouz Begag ? 

La déclaration suivante permet d'illustrer un peu mieux la relation paradoxale de N. Sarkozy au délit de faciès(extrait de l'émission de TF1 "J'ai une question à vous poser"  qui n'a pu être mise en ligne sur le site de TF1 en raison de problèmes d'encodage (!) )

"On respecte ses règles, c'est-à-dire qu'on n'est pas polygame, on ne pratique pas l'excision sur ses filles, on n'égorge pas le mouton dans son appartement et respecte les règles républicaines"


"C'est plus fort que le procès stalinien", s'est insurgé le candidat de l'UMP lors d'une réunion publique devant quelque 10.000 militants à Cournon-d'Auvergne (Puy-de-Dôme).
 
N. Sarkozy n'a pas peur des grands mots et parle désormais de procès stalinien. Là aussi nous ne pouvons douter de l'expertise de l'intéressé dans le domaine : souvenez vous en novembre 2005, Julie Decroix et Maël de Calan, les deux responsables de la formation ’Jeunes populaires de Paris’ de l’UMP, décident de quitter la structure, faisaient connaître publiquement les pressions qui ont été exercées sur eux. Ils furent suivis de Marie Guévenoux, présidente de cette formation, qui fut peu de temps après également forcée à la démission pour être remplacée par quelqu’un de plus coopératif. Ils ont ouvert le forum Cybermilitant.org pour communiquer librement sur ce qui se passait au sein de l’organisation. Avec plus de 3000 membres il devient rapidement le forum de référence pour les jeunes militants UMP qui souhaitaient émettrent des avis critiques. La direction de l’UMP a obtenu sa fermeture quelques mois plus tard.

 

 "Certains me disent: 'nous sommes persuadés que vous avez fait pression sur le CSA pour empêcher que Mme Royal aille débattre avec M. Bayrou. Je n'ai pas de preuve, je n'ai pas d'indice, je n'ai rien qui me permette d'étayer ce que j'avance mais ça ne fait rien. Je suis sûr que c'est vrai parce que votre tête ne me revient pas et parce que vos idées ne me plaisent pas'", a remarqué M. Sarkozy.

Ici N. Sarkozy utilise un procédé de manipulation bien connu. Il commence une citation avec des extraits authentiques : "nous sommes persuadés que vous avez fait pression sur le CSA pour empêcher que Mme Royal aille débattre avec M. Bayrou" et il poursuit sa "citation" avec des termes issu de sa propre imagination :  "je n'ai rien qui me permette d'étayer ce que j'avance mais ça ne fait rien. Je suis sûr que c'est vrai parce que votre tête ne me revient pas et parce que vos idées ne me plaisent pas".

En paralléle Nicolas Sarkozy ajoute un raisonnement pseudo logique : l'absence de preuve (François Bayrou n'a pas d'élément prouvant les pressions exercées sur Canal+) entrainerait selon le raisonnement sciemment erroné de Nicolas Sarkozy la preuve de l'absence (il n'y a donc pas eu de pression exercée sur Canal+) 

 

"Le délit de faciès et le délit d'opinion sont à la mode chez les bien-pensants", a ajouté le candidat de l'UMP. "Bientôt, tous ceux qui ne sont pas d'accord avec eux seront des fascistes. Cela leur permettra de trouver le point commun qui leur manque pour entrer en coalition avec le parti communiste et avec l'extrême gauche".

Ici aussi Nicolas Sarkozy semble particulièrement bien qualifié pour parler du fascisme. N'oublions pas que le père de N. Sarkozy est issu d'une famille de hobereaux hongrois (les bien-pensants de l'époque), qui ont fourni les principaux cadres des règimes fascistes et nazis qui gouvernèrent la Hongrie de 1920 a 1945.

Il semble que N. Sarkozy en ait conservé les atavismes. Voici une sélection de quelques censures fascisantes caractérisées qui illustrent les talents de la descendance :

  •  Raphaëlle Picard, pigiste à l’AFP est frappée d’interdiction professionnelle pour avoir relaté l’intervention policière du 4 octobre 2006 dans la cité des Mureaux. Elle rapportait les témoignages des habitants qui ont été violentés et braqués par les forces de l’ordre, dont de très jeunes enfants.
  • En août 2005, Paris Match avait publié une photo montrant l’épouse du ministre de l’Intérieur, Cécilia Sarkozy, en compagnie de son amant, le président d’origine marocaine de Publicis Events Worldwide, Richard Attias. Le ministre de l’Intérieur avait alors demandé à son ami et directeur du journal, Arnaud Lagardère, le licenciement du directeur de la publication Alain Genestar, ce qui sera fait en juin 2006. Peu après son renvoi, l’émission I Match, présentée par Alain Genestar sur I Télé fut également supprimée faute de budget.
  • Serge Portelli, magistrat, vice-président au tribunal de Paris, président de la 12e Chambre correctionnelle, venait de rédiger un nouvel ouvrage : ’Ruptures’, dressant le bilan des cinq ans de Sarkozy passé au gouvernement. Au dernier moment, l’éditeur a renoncé à publier ce texte, ne laissant plus le temps à un nouvel éditeur de le faire paraître avant l’élection présidentielle. 

 

"En fait, il s'agit toujours de la même chose. Il s'agit d'escamoter le peuple, de l'empêcher de décider, de le tenir à l'écart, de le manipuler", a poursuivi M. Sarkozy, dénonçant "la coalition des rancoeurs et des déceptions", "le front commun des haines et des intolérances", "les petites manoeuvres politiciennes du temps où triomphait le régime des partis".

Manipulation rancoeur, haine, déception, intolérance. N. Sarkozy n'est pas à court de qualificatifs. On se demande quand ce flot va s'arrêter. Cela rappelle les logorrées soulignées par M. Onfray. Un flot émotionnel fruit d'une hystérie paranoïaque débridée.

Souvenons nous toutefois que le fond de cette affaire concerne tout simplement la plainte de F. Bayrou concernant des pressions exercées (avec succès) par le camp de N. Sarkozy pour annuler le débat de Canal+ 

 

Selon lui, "les adeptes de la pensée unique n'ont pas supporté le premier tour". "Le peuple a choisi et ce n'est pas conforme à la pensée unique", a estimé le candidat UMP, fort de ses 31,18% du premier tour.

N. Sarkozy stigmatise la pensée unique chez ses adversaires. Là aussi nous pouvons faire confiance à l'intéressé, il sait de quoi il parle. Quoi de plus efficace qu'une collusion avec les médias pour s'assurer de la mise en avant de la pensée unique, la sienne bien sûr. Dans la liste des proches de N. Sarkozy nous retrouvons entre autres :

  • Martin Bouygues, patron du groupe TF1 (TF1, LCI, TPS...). 
  • Bernard Arnault possède  des titres comme La Tribune, Investir ou Radio Classique.  
  • Serge Dassault propriétaire de la Socpresse, 1er groupe de presse français, publiant notamment Le Figaro.   
  • Arnaud Lagardère contrôle des grandes radios (Europe 1, Europe 2, RFM...) et des magazines d’actualités (Paris Match...)

 

"Le peuple s'est levé. Et maintenant on veut le faire rasseoir. On veut le remettre à l'écart. On veut l'ensevelir sous une avalanche de faux débats. On veut que plus personne ne puisse lui parler", a dénoncé M. Sarkozy.

Le peuple. N'éxagérons rien : 31% des 80% de votants parmi les 44.5 millions d'électeurs ça ne fait jamais que 11 miliions de français soit moins d'un cinquième de la popluation  française. Vu ainsi il semble abusif voire manipulateur de se permettre de parler au nom du peuple français.

 

"Parce qu'en réalité on ne veut pas que le peuple soit libre. On le préfère ignorant, parce que l'ignorant n'est pas libre".

Qui est ce "on" ?  Qui préfère garder le peuple ignorant grace à l'action de ses amis grands patrons des médias lobotomisateurs ? Bien entendu N. Sarkozy veut que le peuple soit libre et pour arriver à ses fins il a une manière bien particulière exposée dans le  Journal de 20h sur France 2, le 29 mars 2005 : "Le travail libère l'individu. (...) Le travail est une valeur de libération". Rappelons que l'inscription à l'entrée du camp d'Auschwitz était  "Arbeit macht frei" ("le travail rend libre").

 

Le candidat de l'UMP a promis d'être le "candidat du peuple français" face à Ségolène Royal, "candidate des partis et des combinaisons".

et gardons à l'esprit que les promesses n'engagent que ceux qui y croient. Surtout quand celles-ci sont proférées par des psychopathes. 

Notons les déviances dont Nicolas Sarkozy a accusé ses adversaires (tout cela en l'espace d'une seule intervention)

  • procès stalinien
  • délits de faciès 
  • manipulation
  • intolérance
  • pensée unique
  • ...

L'objectif des chapitres précédents était de démontrer que Nicolas Sarkozy est loin d'être innocent de chacun des maux dont il accuse ses adversaires.

Ici apparait donc un procédé subtil et dévastateur abondamment utilisé par les psychopathes : la pensée inversive.

Tout au long de sa déclaration, Nicolas Sarkozy a pratiqué ouvertement la pensée inversive. Il a acccusé sans preuve ses adversaires des déviances dont il est lui même coupable (comme les faits en attestent).

Il s'est plaint, a revêtu la robe de la victime alors qu'il est lui-même le bourreau. 

Mais alors comment un individu autant plongé dans l'aveuglement, tenant des propos aussi incohérents pourrait il convaincre des électeurs ?

 Andrev Lobaczewsky nous fournit dans Ponérologie Politique un indice essentiel : 

"C'est la société elle-même qui, en pratiquant un processus de "pensée inversive", a recours à la terrorisation de la pensée. Il n'est dès lors plus besoin de censurer la presse, le théâtre, les émissions de radio ou de télévision, puisque les citoyens se conduisent eux-mêmes en censeurs pathologiques et hypersensibles"

Le 6 mai, ce ne sera donc pas seulement le candidat Sarkozy qui sera testé mais aussi et surtout la société française. Sa capacité à l'analyse objective, sa capacité à faire le distingo entre ses désirs et la réalité, sa capacité à préserver son libre-arbitre et sa liberté.

 

Commentaires

Excellent article, merci beaucoup c'est très éclairant. Avec cela, nous avons tous les éléments sous les yeux pour qualifier Sarkozy de menteur et manipulateur (au mieux). Il faut être aveugle ou soi-même menteur et manipulateur pour vouloir ce type comme président !
Vous savez, même ses proches sont des plus corrompus. Quand on pense à la "bonne blague" de sa porte-parole sur les kärchers (http://www.latelelibre.fr/index.php/2007/04/exclusif-la-bonne-blague-de-rachida-dati), on se dit que c'est pas possible que ces gens veuillent notre bien, celui du peuple ! Ah, ils doivent plaisanter sec entre eux sur la misère de ce peuple que Sarko veut tant protéger. Comme dit cette connaissance de Sarko dans l'article de Marianne, "si les gens savaient qui il était vraiment, il n'y en a pas 5% qui voteraient pour lui". Tout est dit. Et puis bon, 31% de votes c'est bien gentil, mais vous avez vu qui votent pour lui ? Pratiquement que des PDG ou des directeurs quelconques (voir la liste de signataires sur le blog du Sarko fan Loic lemeur). Quelle belle représentation du peuple!

Écrit par : Prayers | 30/04/2007

Tres bon article!

Continue le bon Travail.

Écrit par : Aeneas | 02/05/2007

Les commentaires sont fermés.