28.04.2007
1933 - 2007
Le 30 janvier 1933, le destin de l'humanité bascule. Hindenburg nomme Adolf Hitler, chancelier de l'Allemagne.
Comment une grande nation développée, riche de deux millénaires de culture, d'histoire et de progrès a t'elle pu en arriver là ?
Nous pouvons discerner quelques éléments clefs et constater que des dynamiques similaires se matérialisent aujourd'hui en France autour de la candidature de N. Sarkozy comme elles se concrétisaient en 2000 pour l'élection de Georges Walker Bush.
Crise économique :
A l'issue de la première guerre mondiale et avec le reflux des capitaux américains suite à la crise de 1929, l'Allemagne est exsangue, le chômage et la pauvreté atteignent des niveaux records.
Si l'on se penche sur la situation de la France et que l'on va au-delà des statistiques officielles sur l'inflation et sur le chômage (dont le trucage des résultats est un exemple supplémentaire de propagande et de recul démocratique), force est de constater que la précarité et la pauvreté se cont considérablement accrus.
Depuis des années, la véritable inflation est largement supérieure à la croissance, la richesse totale s'accroit peu et elle est de plus en plus inégalement répartie, le pouvoir d'achat de la majorité des français ne cesse de s'éroder.
Nous nous retrouvons donc avec de plus en plus d'exclus (chômeurs, rmistes, sdf) mais aussi avec des salariés qui souffrent également de pauvreté.
Cette donnée est un élément nécessaire à l'établissement d'un régime ponérologique. Plus la pression est forte, plus la situation est désespérée, plus les peuples sont susceptibles de croire à l'archétype du sauveur, aux discours hystérisants et aux politiques populistes.
Echecs répétés des gouvernements précédents :
La république de Weimar comme la Ve république n'ont pas constitué des âges d'or pour les nations concernées. Incompétences, rivalités, instabilités, difficultés conjoncturelles ont progressivement sapé les valeurs qui constituent les fondations d'un régime démocratique. Progressivement le crédit accordé par les électeurs aux régimes classiques et à leurs représentants a diminué. Laissant une place grandissante aux extrêmes.
Immobilisme et marasme caractéristiques des fins de régimes. Les citoyens se lassent, élections après élections les mêmes problèmes perdurent. Les taux d'abstention et le désespoir augmentent. Jusqu'à ce que le citoyen en arrive à souhaiter le changement pour le changement, le changement à tout prix, même s'il quitte Charybde pour mieux se jeter dans les bras de Scylla.
Cela ne vous rappelle rien ? L'alternance gauche-droite et toujours les mêmes problèmes, la montée de l'abstentionisme, la poussée des extrêmes, en 2002 la présence de Jean-Marie le Pen au 2e tour et aujourd'hui un candidat autoritaire et xénophobe en tête des sondages pour le 2e tour.
Progressivement les manières changent : moins de tempérance, moins de scrupules, moins de recul. Les pratiques évoluent aussi, constitution de milices politiques, intimidations, menaces, insultes,...
Création du candidat diabolique :
Cette croissance des extrêmes amène sur le devant de la scène de nouvelles idéologies et de nouveaux candidats souvent peu recommandables. Les communistes et Adolf Hitler vont devenir des forces de plus en plus présentes au cours des élections précédant 1933.
Toutefois, le peuple allemand va être progressivement amené à croire que la seule mouvance politique diabolique est le communisme. Le point d'orgue de cette manipulation sera constitué par l'incendie du parlement allemand en 1934 où les nazis instrumentaliseront un communiste pyromane notoire finalisant ainsi la diabolisation du communisme.
Ainsi, le peuple allemand croit fermement que le communisme incarne le mal. Cette croyance n'est en l'occurence pas forcément erronée eu égard ce que l'on peut apprendre de l'histoire de la Russie par exemple. La manipulation est plus subtile. En jouant sur l'intellec distributif de l'être humain celui-ci est entrainé vers de fausses conclusions : les communistes sont diaboliques donc tous les autres ne sont pas diaboliques.
Revenons en France, depuis des décennies Jean Marie Le Pen est diabolisé (et généralement à juste titre). La grande majorité des français en est venue à croire légitimement que JM Le Pen est une menace, c'est un candidat fasciste.
Mais cette analyse juste entraine une généralisation erronée : JM Le Pen est une menace, c'est LE SEUL candidat fasciste.
Stigmatisation des peurs
Un des thèmes centraux du candidat Hitler était la stigmatisaiton des menaces (plus fantasmées que réelles) qui planaient sur le peuple allemand. Celui-ci était la cible des communistes, des francs-maçons, des juifs, des grandes nations occidentales qui complotaient contre l'excellence germanique.
Pour qu'un candidat fasciste soit élu, il faut que le peuple atteigne une masse critique de peur. A partir d'un certain niveau d'angoisse, l'être humain devient hautement susceptible, influençable. Il pert ses capacités d'analyse et de recul. Il est aveuglé par ses peurs, son instinct de préservation prend le pas sur les autres fonctions.
Ici, le candidat fasciste entre en scène et joue le chant des sirènes mainte fois entendu au cours des heures les plus noires de l'humanité. Tu te sens menacé ? Tu as peur ? Ne t'inquiète pas, je suis là, je vais te protéger, rentre dans cette prison et tu n'auras plus rien à craindre.
Ici se joue un des actes les plus importants de la tragédie humaine, où, aveuglé par ses peurs, l'homme va opter pour l'illusion de la sécurité en échange de ce qu'il a de plus précieux, sa liberté.
Cela vous rappelle peut être quelque chose, non ? La stigmatisation de la racaille, des brûleurs de voitures, la publication des chiffres de la délinquance catégorie par catégorie et mois par mois, l'hystérie collective et entretenue par les médias autour des pseudo-pédophiles d'Outreau, l'augmentation des budgets de la sécurité, l'augmentation des effectifs de la police, l'hypermédiatisation des crimes sanglants et des arrestations sensationnelles, les fichages ADN, la fin du secret professionnel,...
Georges Bush a eu son 11 septembre pour promulguer le Patriot Act et asservir le peuple américain, Hitler a eu son incendie du Reichstag pour interdire les partis politiques et les syndicats. Qu'est ce qui attend Nicolas Sarkozy, s'il est élu le 6 mai ?
Nous en avons peut être un avant-goût avec ces quatre attentats qui ont eu lieu en Corse juste avant le 1er tour.
Au fait, quel a été le résultat du vote en Corse ? 37% des voix pour Nicolas Sarkozy.
Politique xénophobe du bouc émissaire
Les régimes fascistes sont fondamentalement corporatistes. c'est à dire qu'ils divisent la population pour mieux régner, et qu'ils désignent en même temps une certaine partie de la population comme responsable de toute les maux que connait la nation.
Il ya donc les citoyens normaux, (les Aryens en Allemagne, les riches aux USA, les bons français dans l'idéologie sarkozienne) et puis il y a les autres (les juifs en Allemagne, les pauvres aux USA, les racailles dans la France sarkozienne).
Cette division de la population est essentielle quant à la pérennisation d'un régime fasciste, pour plusieurs raisons :
* c'est la raison d'être de ce régime par rapport aux autres régimes.
* le gouvernement n'est plus responsable des maux de la nation, c'est la faute du bouc émissaire.
* la population est divisé et dispose donc de moins de capacités à s'unir et à comprendre.
* la peur et la haine sont entretenues, entretenant ainsi l'aveuglement et l'ignorance. Les peuples sous le joug fasciste sont des esclaves consentants, le jour où ils réalisent qu'il n'y a pas de monstre dehors, alors la prison ne sert plus à rien.
Soutien des milieux d'affaires
Si Hindenburg a nommé Adolf Hitler chancelier de l'Allemagne en 1933, c'est aussi en raison du soutien de grands industriels et financiers (comme Fritz Thissen, Max Warburg ou même Prescott Bush).
Georges Walker Bush, descendant de ce même Prescott Bush a accédé à la présidence des Etats-Unis grace à une mobilisation très importante des secteurs financiers, pétroliers et militaires (et il leur a bien rendu).
Il est intéressant de noter les accointances de Nicolas Sarkozy avce les grands patrons français.
"Etonnament", nombre de ces patrons oeuvrent dans le secteur des médias.
Martin Bouygues, patron du groupe TF1 (TF1, LCI, TPS...).
Bernard Arnault possède des titres comme La Tribune, Investir ou Radio Classique.
Serge Dassault propriétaire de la Socpresse, 1er groupe de presse français, publiant notamment Le Figaro.
Arnaud Lagardère contrôle des grandes radios (Europe 1, Europe 2, RFM...) et des magazines d’actualités (Paris Match...).
Les régimes fascistes sont construits sur la peur et l'ignorance d'un peuple. Le seul antidote à cet aveuglement est la connaissance, qui ne peut être acquise qu'à travers la prise d'information. Et c'est là le problème de la France : dans son isolationnisme, sa "fierté" dans l' exception culturelle qui le conduit à rejeter l'utilisation de la langue anglaise, le peuple français se prive ainsi d'une somme importante d'informations indisponibles dans sa langue natale : ouvrages de psychologie uniquement disponibles en langue anglaise et pourtant cruciaux pour notre édification - notamment les ouvrages de Martha Stout et de Cleckley sur la psychopathie - heureusement, l'ouvrage de Lobaczewski, Political Ponerology, vient d'être traduit en français : Ponérologie Politique - regards plus critiques et objectifs des médias internationaux et plus particulièrement anglo-saxons sur la politique française, connaissance de la situation aux Etats-Unis, avec la mainmise de Bush et la corruption de son administration - ces informations auraient pu servir de base de réflexion aux Français, et auraient permis de dresser un parallèle instructif entre le chaos dans lequel Bush a mis son pays, et ce qui nous attend si Sarkozy est élu
Un dirigeant fasciste qui contrôle toutes les sources d'information devient quasiment indétronable
Adolf Hitler a eu ses autodafés, son département de la censure et son chef de la propagande Goebbels.
Nicolas Sarkozy ou Georges Walker Bush eux ont pactisés avec les barons des médias de masse.
Est ce un hasard si ces mêmes individus militent pour le contrôle d'Internet ?
De même, l'avant dernière étape du passage d'un régime démocratique à un régime fasciste est la dénonciation et l'arrestation des dissidents d'opinion en tant que traîtres. Cela ne vous rappelle rien ? Nicolas Sarkozy : "on est avec moi ou contre moi" ou "aller contre moi, c'est aller contre l'opinion publique". Cette tendance populiste : je parle pour le Peuple, je suis sa Voix, je le protégerai" est le propre d'un dictateur. On ne pourra pas dire que cette fois, on ne savait pas ! On pense notamment aux personnes âgées qui ont vu l'accession d'Hitler au pouvoir, la Seconde Guerre mondiale, l'occupation allemande, et qui pourtant votent Sarkozy. Il faudrait bien qu'elles comprennent que personne à l'époque n'avait prévu qu'Hitler imposerait une société fasciste, que sous ses airs débonnaires de "bon père protecteur" se cachait un fou dangereux. Au départ, un fasciste n'a pas l'air d'un fasciste. Tous les signes sont actuellement présents, il nous suffit de les lire et d'en tirer les conséquences.16:25 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Bush, goebbels, sarkozy, lagardere, arnault, bouygues, censure



Commentaires
Ce parallèle est vraiment effrayant et donne à réfléchir !
Finalement, on a la mémoire la courte, en plus d'une paire d'oeillères et de boules quiès...
A croire que la seule politique que suivent tous les français, c'est celle de l'autruche.
Sans doute pense-t-on qu'on aura toujours le choix, et qu'une situation totalitaire ne peut pas arriver en France.
On voit pourtant que nos libertés individuelles s'amenuisent de jour en jour. Et ce n'est pas seulement la faute à Bruxelles !
Il serait peut-être temps de faire de la prévention dans le bon sens du terme et d'éviter le pire.
Ecrit par : Alex | 29.04.2007
Alex bonjour,
Tu soulignes l'essentiel. L'issue de cette élection (et de nombreux autres problèmes) réside dans la capacité de l'être humain à voir, comprendre et connaitre.
Si le peuple français améliorait ce discernement, il verrait le vrai visage de Sarkozy et nul doute que celui-ci n'aurait même pas atteint le second tour.
Ecrit par : Georges Matus | 29.04.2007
Ce parallèle entre 1933 et 2007 est correct.
Hitler a obtenu le pouvoir de façon légale, puis de l'intérieur s'est servi des failles.
Reichstag: une émeute providentielle. La loi d'exception est promulguée; quel est l'objet réel de cette loi? Etendre les pouvoirs de police en amenuisant le contrôle sur ses activités; possibilité LEGALE de censure des journaux. Tous les pouvoirs seront aux mains d'une m^me couleur politique: Assemblée, Sénat, Conseil Constitutionnel, Csa, etc,etc.
Le discours sur la repentance, sur la fierté de mr Sarkozy vise à ceci: suspendre la conscience morale individuelle. Cela me fait songer à cette phrase de Delon alors qu'il lit un journal dans 'mr Klein': "Pierre a raison, on prépare l'opinion à de grandes choses". Cette grande chose, c'est la rafle du Vel' d'Hiv' qui va se dérouler de la façon la plus calme possible, LEGALE, NORMALE, BONNE, VOULUE, NECESSAIRE. Delon/Klein encore: "je suis un bon Français, j'ai confiance dans les institutions". Le problème posé est celui de la distinction entre LEGALITE [la loi] et LEGITIMITE [la LOI, l'Esprit qui inspire les lois].
Une pensée fasciste, totalitaire présuppose l'existence d'un "inassimilable". L'opinion ne croit pas à ce fascisme en tant que possible, avéré, ou accidentel. [il se pourrait en effet que mr Sarkozy si bête ignore ce qu'il a délivré!]. Elle se base sur le visible pour déterminer cela, sur les faits genre: "mr Sarkozy ne dit pas que tel partie de la population sera éliminée". Il faut savoir que la solution finale ne fut jamais clairement exprimée; elle existait en tant qu'implicite; le fait qu'elle ne soit pas exprimée n'a nullement empêché sa sinistre exécution; au contraire, on peut dire QUE CELA L'A FACILITE parce que l'individu, agissant, ne connait pas les conséquences globales de ses actes. Ceux-ci sont légitimés à ses yeux par la loi, le silence et la dissimulation, le dévoiement NON RECONNU de la légitimité qui doit présider à la loi. C'est la théorie du "j'obéis aux ordres", soit "j'exécute puisque c'est la loi.". Mr Sarkozy a défini cet "inassimilable"; c'est la racaille évidemment, mais pas seulement. C'est celui qui est du côté de la racaile qui fraude, celui qui est du côté des fraudeurs, soit m^me mme Royal, même mr Bayrou!!! Leurs électeurs, bien sûr. Et il a propagé dans l'inconscient collectif un nouvel amalgame: cela, CE QUI N'EST QUE LA PENSEE REPUBLICAINE, c'est la pensée "soixante-huitiste". Il a réduit la République à mai 1968, lui donnant l'étiquette "mal absolu".
Comme j'écris, j'écoute la radio. On débat des diatribes récentes de mr Sarkozy sur mai 68. Il est bien temps à trois jours du second tour. Depuis des années, cet inassimilable a été propagé dans les consciences par des médias lâches, complices, vénaux, corrompus. Cette complaisance va se payer très cher. Car c'est la légalité qui va d'un coup fermé la nasse qui va prendre au piège et étouffer.
L'hypothèse fasciste présuppose deux choses. Le sentiment d'égarement au sein de la population et la survenue du guide. Caudillo, conducatore, duce, Führer. Il suffit de lire les discours de mr Sarkozy. Les implicitices délivrés tout au long de ses discours, MARTELES, sont ceux-ci: messianisme, apocalyptisme, connaissance ésotérique de la vérité une. Cette vérité une est donc celle de l'inassimilable, du responsable. L'"élimination" de celui-ci permettra le ..."bohneur" - sic. Discours d'investiture: par un implicite, mr Sarkozy se compare à certains grands hommes; ces hommes se sont révélés grands dans le danger, l'agression. Ce qui passe donc dans l'inconscient, c'est: la France est en danger [par l'"inassimilable" qu'il décrit par fragment sans le nommer, sans concept nominatif], je suis moi celui-là. Directement, il assort ceci par l'idée très religieuse qu'il est la fatalité; c'est le Destin. Cette idée de destin, de fatalité revient également au sujet de l'"ennemi": avec les propos sur la pédophilie et plus largement sur les comportements humains ["je suis hétérosexuel de naissance"], c'est l'idée de fixité, et donc d'incapacité à changer les choses [= négation de la politique qui présuppose la liberté humaine, la capacité à faire son propre destin] qui est propagé.
Moralité: tous les ingrédients sont là.
Ecrit par : y | 01.05.2007
Article interessant. Pas totalement infonde, mais demago et tire par les cheveux (surtout au debut).
-non, le parallele entre la situation economique de l'Allemagne apres la crise de 29 et la France d'aujourd'hui n'est absolument pas pertinent: pas les memes causes, pas les memes effets, pas les memes moyens de retablissement de la croissance.
1 argument, un seul : la crise de 29 en Allemagne fut d'abord monetaire, se caracterisant par une fuite des capitaux etrangers (en particulier americains), car ces capitaux etaient par nature instables et volatiles. Ensuite, comme ce fut le cas lors des nombreuses crises financieres du 20 siecle (au dernier rang desquelles la crise asiatique de 98), la crise a quitte la sphere monetaire pour rejoindre la sphere "reelle". Les capitaux aujourd'hui en France ne sont pas volatiles et instables. Un seul chiffre: la France et le 5eme pays mondial en termes d'IDE recus (les IDE sont ce qui tirent le peu de croissance de notre pays depuis une 30aine d'annnes).
La reference a l'inflation ne fait des lors pas sens non plus. A considerer que l'inflation est un phenomene purement monetaire (qui donc serait logiquement une consequence d'une crise monetaire de grande ampleur), 1) Elle est devenue une donne quasi exogene car le fait est que la France n'a plus de moyen macro economique de reguler l'inflation. 2) Si inflation il y a en France, elle n'est pas le resultat direct de l'activite economique, mais d'une politique monetaire. Or a ce niveau, tout passe par les decisions (en particulier taux d'interets) de la BCE. Et la politique de rigueur de la BCE permet de limiter l'inflation, au detriment certes d'une relance economique par la demande et l'endettement. C'est justement le probleme qui a ete longtemps souleve, et qui l'est surement encore.
-la reference a un etat de "minorite" (pour reprendre une expression de Kant, car j'ai bien l'impression que c'est sur le philosophe que vous avez fonde votre analyse) est sympathique. Effectivement la peur, l'ignorance et la paresse sont peut etre ce qui incite certaines personnes a se placer en etat de "minorite" et de se soumettre a un "tuteur" qui, des lors, aura loisir de dicter les comportements.
Vous evoquez (a juste titre, je pense) cette France qui a peur et qui s'isole, perdue dans le souvenir de la grande Nation qu'elle etait... il y a 4 siecles. Cette France qui refuse obstinement la cooperation, qui fuit l'Europe et la mondialisation tout a la fois.
Mais vous dites aussi que "le citoyen en arrive a souhaiter le changement par le changement". Or je pense que vous auriez gagne a creuser cette idee de changement. Vous etes trop dur, trop pessimiste et surtout votre reflexion porte en elle meme une contradiction assez fatale.
Deja, que signifie donc cette expression "changement pour le changement?" Que le changement devient une finalite en soi, sans que l'on ne se demande quelles en seront les consequences? C'est vraiment alors que vous avez une bien pietre opinion de vos concitoyens.
En outre, votre expression sous entend qu'il y a de bonnes raisons de changer et de mauvaises raisons de vouloir le changement. Corollaire 1: qu'est ce qui, d'apres vous, est une bonne raison de vouloir changer, et une mauvaise? Refutation: quand bien meme vous ne seriez pas d'accord avec les raisons pour lesquels le changement est voulu, n'est-ce tout de meme pas la la preuve qu'une bonne partie du pays refuse l'immobilisme, l'infantilisme et l'etat de minorite? Je ne sais pas ce que dit la pensee kantienne a cet egard, mais dire "Non!", n'est ce pas justement ce qui prouve que l'on est adulte?
Et plus fondamentalement, n'y aurait-il pas tout de meme une partie des Francais qui souhaiterait le changement non pas "pour le changement", mais parce que justement ils sentent que la France decline et qu'il faut reagir? N'y a t il pas la prise de conscience, dans l'expression de ce besoin de changement, que les choses vont mal, que si l'on continue sur cette voie, la France, encore dans le top 5 des puissances economiques mondiales, sera inexorablement rattrapee par des pays infiniment plus dynamiques? N'avez vous pas l'impression, tout de meme, que tout le monde a bien conscience que nous sommes a la croiser des destins? N'avez vous pas le sentiment, qui est le mien en tout cas, et qui doit etre partage par plusieurs autres personnes, que les Francais ont bien realise maintenant que le pays va mal?
-j ai bien compris que vous ne pensez pas que Sarkozy soit capable de relever les defis de la France. Et je ne vous donne par forcement tord. Effectivement, Sarkozy developpe des idees qui vont a l'encontre de l'ideal republicain "a la francaise" tel qu'il a ete herite des Lumieres. Mais de la a stigmatiser Sarkozy comme un dictateur en puissance, il y a un gouffre que vous depasser avec beaucoup de demagogie. Votre texte pourrait etre un discours d'Arlette Laguiller. Ou meme, encore plus ironiquement: a part la partie "soutien des milieux d'affaires", tout votre texte pourrait etre utiliser pour expliquer en quoi Arlette Laguiller, pour parler d'elle, pourrait etre elle aussi un dictateur en puissance...
-finalement, vous etes un peu pris a votre propre jeu. "une tentatitve d'analyse politique objective", dites-vous? votre texte est tout sauf objectif, votre ton alarmiste pourrait etre renvoye contre vous: n'etes vous pas en train d'essayer de faire peur a ceux qui vous lisent?...
CCL: meme si sur le fond vos propos sont interessants, ils ne servent a rien. Trop demagogiques, presque "manicheens" parfois. Combien de fois ai-je entendu ce discours, comme quoi Sarkozy etait un dictateur en puissance? Alors qu'il faudrait enfin se decider a passer a l'action, a se tourner vers l'avenir avec confiance, espoir et ambition, QUELQUE SOIT LE PROCHAIN PRESIDENT, car c'est une question de "vie ou de mort", vous aussi finalement faites le choix de la peur, de la defiance et d'un l'immobilisme engonce dans une perpetuelle reference et comparaison au passe. Ce n'est pas de cela dont on a besoin, pas plus que de gens qui stygmatisent la soi disante incompetence de Royal.
La voici donc notre "intelligentsia" francaise: sympathique, mais inutile, si ce n'est insupportable a certains egards.
PS: veuillez m'excuser pour les accents, je suis a l'etranger et je n'ai pas de clavier francais sous la main.
Ecrit par : Bendari | 06.05.2007
Bendari:
Personnellement, je me me moque un peu de Sarkozy, je ne vote pas, je n'ai pas affaire avec l'Etat. C'est intéressant toutefois d'analyser ce à quoi un peuple est sensible et c'est là, déjà, où cela ne va pas: un supposé démocrate manie des choses dangereuses pour la démocratie. Peut-être est-il inconscient au sens propre ou figuré, cynique, arriviste,etc. Je n'aime guère le manichéisme, quant à moi, je ne considère pas mr Sarkozy come mauvais, il existe. Sarkozy se place dans une continuité historique, ce n'est pas un hasard s'il arrive maintenant, s'il est élu, etc. Quoi qu'il en soit, c'est un "représentant" du peuple. C'est marrant mais je viens de lire un article dans "le monde" où il est écrit qu'on disait à l'époque "De Gaulle fasciste" et donc, implicitement, que Sarkozy ne pourrait l'être puisque De Gaulle ne l'a pas été. Ce qui revient à dire - par exemple - que Hitler était démocrate puisqu'il arriva au pouvoir de façon légale dans un pays sous régime démocratique. Vous admettrez donc bel et bien que pour détecter un supposé fascisme il faut plutôt chercher du côté des principes que du côté des choses.
Votre propos m'apparait suspect pour cette raison que vous avez jugé avant d'écrire, de penser. En fait, (vous n'allez pas lu Nietzsche sans doute?), vous êtes là juge et partie. Et donc forcément vous développez une argumentation devant prouver votre opinion préalable. Vous pratiquez la même chose que ce que vous reprochez à l'auteur de ce billet.: lui écrit selon vous pour fair peur A SON PROFIT (ou celui de son parti) et vous, vous écrivez de même pour le vôtre. J'a icru comprendre que le vôtre est celui de ceux qui ne se résignent pas, qui se figurent maîtriser leur destin, etc, etc. Ce n'est jamais là qu'opinion contre opinion. Ce n'est pas là la pensée.
Au sujet de la République, ne doit-elle pas mourir un jour puisqu'elle est née? Au sujet de flots de sang qui de loin en loin rougissent les rues des cités, n'y a t-il pas là nécessité? Au sujet d'un destin malheureux, tragique, n'en faut-il pas? L'ennui, c'est que tout le monde veut mourir gentiment dans son lit, sans souffrir, mais cela se passe très rarement ainsi! C'est du reste ce que je pense au sujet du sarkozysme, baptisant ainsi et faisant trop d'honneur à ce qui n'est qu'une pesnée foutraque et criarde: effroi de la vie, du déclin, etc. Peur de la mort, en fait, et donc tentative ridicule d'exorciser celle-là. Que m'importe à moi, par exemple, que la France "décline"? Et là aussi, votre propos est très révélateur: si la France est l'idéal humaniste de 1789, il n'a pas besoin de matière pour vivre, cela se passe dans le coeur, qu'importe que l'individu ou la nation tout entière occupe tel rang sur le plan de la richesse matérielle. En revanche... Et c'est là où vous êtes grillé: on vient en effet de solder un grand idéal contre une promesse d'enrichissement virtuelle. Je vous fais noter ceci cependant: cette cinquième place n'a rien de virtuel et nous y sommes arrivés par la Justice; si nous déclinons, c'est nécessairement du manque de cette Justice et non de sa faute. Votre intuition, celle de mr Sarkozy en fait, est fausse; vous pouvez accabler votre avarice pour le coup et discerner un peu l'avenir: accroissement de ce à quoi vous croyez remédier. Ce n'est du reste pas la première fois que j'entends cette argumentation de la part de libéraux; ainsi: il y a trop de dirigisme en France, cela bride l'économie, il faut réduire l'Etat; mais les 30 glorieuses? Le rapport de cause à effet est simplement faux. La simple réalité pour laquelle la République périclite, c'est que les gens tels que vous ne sont pas républicains. Ce n'est nullement un reproche, je remarque et n'y voit guère d'inconvénient.
Très amusant aussi votre axiome qui signifie: qu'importe qu'il y ait dictature pourvu qu'on ne meure pas! Surtout assorti de la figure de l'intellectuel "inutile", soit l'inassimilable, assorti de l'histoire tout aussi "inutile", sauf re-écrite de façon commode et mensongère. C'est le doute que vous ne supportez pas, soit la tendance au totalitarisme, à la vérité unique et dogmatique. Vous êtes très précisément un fasciste, mr, vous en avez tous les symptômes, un fasciste qui s'ignore! Mais là aussi, n'imaginez pas que je désapprouve, loin de là. Je vous regarde simplement plonger dans le gouffre, entraînant ce peuple.
Ecrit par : y | 07.05.2007
Tiens, je suis en verve, ce soir. Cette victoire m'enchante, quelque part, mais pas pour les mêmes raisons que vous, Bendari.
Ce que nous vivons aujourd'hui, c'est très précisément la mort de quelque chose qui est né au XVIII e siècle et qui s'appelle le politique. Nul ne le sait à part moi, je crois. Le politique, cela signifie: l'homme est libre de son destin et il peut organiser la vie. Autrefois, on mettait en pratique la parole du dieu. Aujourd'hui, c'est le marché et suite à ce suicide de l'ultime nation qui vient de se dérouler ce soir, son empire est maintenant total. Ce que à quoi ce pays s'est adonné ces temps derniers, je n'appelle pas cela la politique quant à moi mais la caricature de la politique. Il n'y a pas de théoricien derrière les candidats, la gauche dite socialiste n'a rien de socialiste, le candidat de droite a brodé un joli patchwork, collant de façon très esthétique des morceaux de tissus idéologiques allant de l'extrême-droite à la gauche vraie de vraie, celle qu'est morte. Le tout mis en scène pour la télévision, régalant une populace abrutie par le confort et la perte du sens réel. La société du spectacle dans toute sa splendeur. L'ennui viendra lorsque le principe de réalité se rappellera à nous.
C'est précisément pour cette raison que mr Nicolas Sarkozy entrera dans une Histoire qui n'aura pas besoin d'être écrite: parce qu'il aura fermé à jamais la seule issue encore possible.
Ecrit par : y | 07.05.2007
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